L'influence du "gaming" à la littérature

24/06/2015

Olivier Peru

Olivier Peru
Olivier Peru, né à Montpellier en 1977, est à la fois un romancier, un illustrateur, un scénariste et un dessinateur.

Avant de se lancer dans l’écriture de romans, et notamment de romans fantasy, il signe plusieurs bandes dessinées à caractère fantasy, mythologique et fantastique. Parmi elles, on peut citer Zombie, Oracle, Lancelot, Les Elfes, Mjöllnir, In Nomine, Nosferatu, La Guerre des Orcs, Assassin ou encore Shaman.

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En 2010, il publie son premier roman fantasy, Druide aux éditions Eclipse qui est récompensé par le prix de la révélation de l’année 2011 aux Futuriales, et qui reçoit en 2013 le prix Imaginales des lycéens.

Avec Patrick McSpare, également écrivain, illustrateur et scénariste, il coécrit une série de cinq romans fantasy destinés à la jeunesse, Les Hauts-Conteurs. Il s’agit ici de l’odyssée d’un jeune garçon, qui en recueillant les dernières paroles d’un Haut-Conteur mourant, se retrouve propulser pour son plus grand plaisir dans des grandes aventures qui le mèneront jusqu’au célèbre Vlad le vampire. Ce cycle est l’occasion pour nos deux auteurs de raconter leur version de la vie du plus célèbre des vampires créé par Bram Stoker.
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Face au succès de Druide, Olivier Peru se lance dans une nouvelle trilogie de fantasy plus sombre encore, intitulée Martyrs. C’est la destinée de deux frères assassins vivant dans la clandestinité de la plus grande cité du royaume de Palerkan. Ils s’y croyaient à l’abri jusqu’à ce que leur passé sanglant les rattrape… Au cœur d’un monde sur le point de s’embraser, ils vont devoir choisir leur camp. Ce qu’ils ignorent alors, c’est que leur martyre ne fait que commencer…
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druide
Auteur aux multiples facettes, artiste à part entière, Olivier Peru démontre avec son premier roman, quel brillant écrivain de fantasy il est. Druide, c’est l’histoire d’un monde menacé par les ténèbres. C’est la quête de vérité d’un homme ou plutôt d’un druide qui va tout faire pour comprendre qui est derrière une série d’odieux meurtres menaçant de faire éclater à nouveau la guerre entre les hommes.

Pour mener à bien sa mission salvatrice, le druide Obrigan sera assisté par ses deux jeunes apprentis Tobias et Kesher, mais aussi par la druidesse Arkantia et l’héritier du Rahimir, Jarekson. Des alliés de taille car le chemin sera long et dangereux jusqu’à l’ultime vérité et l’affrontement final.

La lutte entre le Bien et le Mal se dessine clairement dès les premières lignes de ce roman. Une entité, de sombres assassins que personne n’a vu, agissent dans l’ombre et déciment les hommes dans un bain de sang. Pour quelles raisons ? Quel est leur but ? C’est à Obrigan de le découvrir et il a 21 jours pour y réussir car passé ce délai, la guerre entre les hommes sera à nouveau déclarée. Ainsi, le druide va lutter aussi bien contre le roi Yllias du Sonrygar pour lui faire comprendre que le royaume du Rahimir n’est pour rien dans ces massacres, que contre les monstres assoiffés de sang qui tuent implacablement chaque être se trouvant sur leur route.

Olivier Peru propose un univers minutieux qu’il a lui-même dessiné comme l’illustre la carte glissée au début du livre. De ce fait, on distingue une nette délimitation au sein des Terres des Tribus Unies avec les royaumes des deux principales familles régnantes du Sonrygar et du Rahimir séparés par La Cicatrice, une profonde crevasse. C’est donc là où vivent les hommes. Et La Forêt, province sacrée où vivent les druides. A l’Est de La Forêt est érigé le mur du Rôdeur, une barrière magique qui protège toutes les terres de la terrible abomination qu’est le Rôdeur et de sa horde de monstres, bannis il y a des millénaires.
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La magie réside dans les pouvoirs que détiennent les druides. Ceux-ci sont aussi bien au centre de l’univers créé par l’écrivain qu’au centre du roman-même. Ils se subdivisent en quatre ordres différents : les loups, les cerfs, les corbeaux et les ombres. Tous possèdent le don de communier avec la nature qui leur permet d’avoir une meilleure perception des choses et d’aider les hommes au mieux. Ils ont le pouvoir de rentrer dans l’esprit de l’animal, emblème de leur ordre propre, et ainsi de commander cette bête à faire ce qu’ils veulent, tout en la respectant. En effet, les druides sont des pacifistes ; ils ont un grand respect pour la nature, la faune et la flore. D’ailleurs, ils ont une parfaite connaissance des plantes leur permettant de soigner au besoin. 

En intégrant de la magie, une quête à mener, une communauté de héros, une cartographie précise d’un univers fabuleux, Olivier Peru inscrit son roman dans une littérature assurément high fantasy.
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Néanmoins, le génie dont il fait preuve réside dans le fait de présenter sa fantasy comme un polar. En effet, dans ce récit il est question de meurtres et d’enquête avant tout car on l’a bien compris, Obrigan a 21 jours pour résoudre ces crimes. Or, plus on avance dans la lecture et plus on s’enfonce dans un thriller sombre avec toute la violence, le sanguinolent qu’un tel genre peut générer. D’autant plus, que l’auteur nous entraîne dans cette histoire à tambour battant puisque le roman se divise en 21 chapitres qui correspond au temps imparti laissé au druide pour mener à bien cette investigation. Peu de chapitres mais dans lesquels l’écrivain fait monter crescendo la tension et le suspense avec des assassins agissant comme des ombres et frappant de plus en plus souvent. Il est clair que le fait d’ignorer l’identité du ou des tueurs, et la raison de tels crimes rendent ces actes encore plus effrayants et oppressants. Ainsi, plus on avance dans le livre, plus l’étau se resserre autour d’Obrigan et on en est même à se demander jusque dans les dernières lignes du roman s’il va réussir ou faillir à sa mission.

L’écriture d’un texte de si grande qualité ne pouvait qu’offrir une place de choix parmi les auteurs de fantasy surtout au sein d’une littérature qui a tendance à s’essouffler en France. De ce fait, Olivier Peru apparaît d’ores et déjà comme très prometteur pour le genre français.

Fantasy à la carte

4 commentaires:

  1. Je viens de terminer le Livre 1 de Martyrs et c'est fascinant l'aisance qu'à Olivier Peru a à nous tenir en haleine jusqu'à la dernière page ! Je vais bien sûr enchaîner sur le Livre 2. Sympa ton blog au passage.

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  2. Merci Zety trickyboy. Je partage complètement ton opinion sur Olivier Peru. Il est doué pour nous rendre accro de ses univers. A chaque fois, c'est quasi impossible de se détacher de ses livres. Martyrs, c'est la même chose. Le final du 1 est waouh et je ne te parle même pas du 2. Je te laisse découvrir cette merveille. Vivement le 3.

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  3. J'aimerai beaucoup le trouver sous le sapin aussi :-)

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