L'influence du "gaming" à la littérature

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15/10/2026

Stéphane Arnier, Voraces, T.2, La Dernière Transhumance, éditions Mnémos

Stéphane Arnier, 
Voraces, 
T.2, 
La Dernière Transhumance, 
éditions Mnémos

Avec la parution de Voraces, le tome 2 de la duologie de Stéphane Arnier, La Dernière Transhumance, l'heure du final a donc sonné.

En librairie depuis le 16 septembre, il était temps que je m'attelle à cette lecture. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Kaisu a enfin retrouvé sa fille Norda, son petit-fils Aslak, lui, est entre les mains des Vårks envahisseurs menés par le terrible Jarl, Måns. Chacun devra donc lutter coûte que coûte pour survivre surtout face à la menace grandissante des vitaux voraces que nul ne peut plus ignorer. Pour Kaisu et les siens, le temps est venu de s'engager dans un voyage périlleux sur les traces de ces vitaux migrateurs afin d'en comprendre les mystères et de trouver peut-être un remède au péril funeste qui les attend au bout du chemin. 

Mon avis :

Avec sa duologie, La Dernière Transhumance, Stéphane Arnier signe un récit de low fantasy poétique qui nous plonge dans une lente odyssée piquée de dangers et de révélations.

Point d'épique entre ses lignes mais un véritable héroïsme de la part de certains personnages. 

C'est un univers tourné sur une nature qui s'avère à la fois grandiose et inquiétante. Entre ces lignes la nature se pare des couleurs chatoyantes de l'automne annonçant le retour de l'hiver avec ses premiers frimas. Les descriptions sont très immersives et favorisent l'installation d'une atmosphère à la saveur toute particulière surtout qu'une magie est à l'œuvre. 

Si celle-ci était fugace dans le premier tome, elle est beaucoup plus marquée dans ce second volet. Intiment liée à la faune et à la flore, elle s'exprime par la perception de ces petits organismes aériens et colorés qui virevoltent dans l'air et s'accrochent aux végétaux et aux animaux. Si la majorité d'entre eux sont inoffensifs, les rouges appelés les voraces rendent littéralement fous ses porteurs en développant des appétits inassouvissables. Ces organismes colonisateurs transforment donc ses hôtes en véritables tueurs. Dans ce récit, la magie est pervertie rendant l'environnement dangereux car les humains et les animaux peuvent devenir d'impitoyables ennemis pour autrui.

Ce surnaturel permet à Stéphane Arnier d'explorer notamment la figure du monstre car le vorace exacerbe les plus bas instincts de son hôte. Si certains tentent de lui résister au mieux, d'autres y succombent avec délectation et sans la moindre honte. Ces voraces apparaissent finalement comme une métaphore du pouvoir qui saoule et fait perdre pied. Ils renvoient donc à la soif de possession et de domination. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si ces voraces s'épanouissent si facilement dans le cœur des colonisateurs les plus acharnés. 

Ce second tome est un tantinet plus sombre car piqué de scènes pour le moins horrifiques. La folie est si développée chez certains individus que la raison n'a plus sa place. 

10/10/2026

Étienne Cunge, La REP, éditions Critic

Étienne Cunge, La REP, éditions Critic

Étienne Cunge est déjà l'auteur de quatre romans de science-fiction. Son dernier en date vient tout juste de rejoindre les rayonnages des librairies. 

Il s'agit de La REP qui vient donc de paraître aux éditions Critic. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après l'ère ténébreuse marquée par l'effondrement des sociétés, l'humanité a tout de même survécu et s'est organisée d'une autre manière. C'est ainsi qu'est née la REP formant le dernier bastion de la technologie où chaque individu peut disposer d'une IA personnelle implantée dans son cerveau s'il le souhaite. Mais certains lui ont préféré l'appel des grands espaces rejoignant ainsi les rangs des peuples nomades. Depuis longtemps, un statu quo a été établi entre les deux basé sur des échanges de biens. Seulement tout bascule lorsque l'un des camps nomades se retrouve la cible de drones armés. Un épisode sanglant qui met à mal les relations et menace même la survie de tous. Un échappatoire est-il donc encore possible face au désastre annoncé ?  

Mon avis :

Avec La REP, Étienne Cunge signe un roman de science-fiction mêlant dystopie et utopie. En effet, il a choisi d'inscrire son intrigue dans un monde en reconstruction après l'effondrement des sociétés et une réduction drastique des populations. 

Dans son roman, il confronte deux modèles de société qui ont tout de même réussi à établir des relations basées sur du troc. Pour autant on en sait pas beaucoup plus sur les origines de ce fonctionnement, tout du moins au départ du roman. 

La REP, ou nouvelle république s'est donc bâtie sur les avancées technologiques. L'IA est omniprésente dans chaque individu et est même devenue un précieux allié dans la gestion du quotidien. Tout est rationné, un salaire universel a été instauré, et des espaces de cultures ont été régénérés. Mais pour que ce système soit viable, il doit se conformer à des règles et des lois strictes. Aussi, un contrôle de la natalité a été également mis en place. La liberté de vivre est finalement conditionnée ici à de nombreux devoirs. 

Quant aux peuples nomades, ils ont plutôt choisi de se confronter aux dangers des grands espaces. Ils ont appris à décrypter leur environnement et à lire le ciel pour orienter leurs déplacements. D'ailleurs, leur savoir ancestral se transmet oralement par le biais de chansons et d'haïkus. 

Entre ses lignes, Étienne Cunge met en exergue deux manières de vivre en y soulignant que chaque mode de vie a ses avantages et ses limites. Ainsi, de ce livre se dégage toute une réflexion autour de la meilleure approche pour aborder l'avenir. L'auteur y exploite des idées intéressantes mais qui se heurtent finalement aux travers de l'humanité. Cette soif de conquête semble ancrer dans l'ADN de certains de nos semblables. Ici, elle sert aussi à alimenter l'intrigue puisqu'elle est l'élément perturbateur pour faire basculer l'équilibre. 

06/10/2026

Maria Levski, La Malédiction de Waterdown, tome 1, éditions Château d'âmes

Maria Levski, 
La Malédiction de Waterdown, 
tome 1, 
éditions Château d'âmes

Maria Levski est une jeune autrice de romances contemporaines teintées de magie. La Malédiction de Waterdown est son deuxième roman. Il est paru aux éditions Château d'âmes en 2025. 

Découverte fortuite en librairie, j'ai immédiatement été séduite par la beauté du livre-objet et par le pitch très prometteur. 

Résumé :

Alyson, Skye et Margaret sont trois sœurs qui se sont un peu perdues de vue jusqu'au décès de leur grand-mère les obligeant à revenir à Waterdown en Écosse. Bien qu'elles y ont passé leur enfance, elles n'ont que peu de souvenirs du domaine. Mais l'hostilité des habitants de cette petite ville leur font bien ressentir que leur présence dérange, sans parler de la puissante famille Graham qui semble tenir la ville et détenir également des secrets sur leur propre famille. Mais peuvent-elles seulement leur faire confiance et répondre à la dernière volonté de leur aïeule sans le regretter au bout du compte ? 

Mon avis :

Avec La Malédiction de Waterdown, Maria Levski signe un récit où s'invite du réalisme magique. L'histoire prend cadre dans la cité fictive de Waterdown, située en plein cœur de l'Écosse. Un parti pris géographique qui a l'intérêt de voir fleurir ici et là des manoirs peuplés de fantômes et de secrets. Ce cadre est propice à instaurer une ambiance mystérieuse tirant peut-être même vers l'horrifique, qui sait ! 

On est informé dès le début qu'une malédiction pèse sur la lignée des Balfour. Celle-ci semble d'ailleurs être liée à un mythe local parlant d'une sorcière et d'un vagabond. Ainsi, une certaine magie plane sur ce livre, notamment à travers les découvertes que font les trois héroïnes sur leurs ancêtres. En outre, chacune à leur manière se découvre certaines prédispositions pour se connecter à leur passé familial. Que ce soit sous forme de visions ou de rêves, la magie du sang est à l'œuvre entre ces lignes et s'est réveillée depuis leur retour aux sources. 

Qui dit malédiction, dit menace. Aussi un danger s'installe progressivement au fil du récit. Celui-ci se manifeste notamment à travers le retour d'inquiétantes disparitions. Bien que palpable, le danger demeure non identifié. L'omniprésence de la fratrie des Graham n'est pas non plus pour rassurer car leurs intentions demeurent floues. 

Pour autant certains éléments auraient pu être davantage développés, comme le caractère inquiétant de cette famille Graham en jouant davantage sur les secrets que ses membres dissimulent. Ce genre d'intrigue se prête à une ambiance ténébreuse et pourtant ici il n'en est rien. L'autrice aurait pu davantage travailler le doute sur les intentions bonnes ou mauvaises des Graham vis-à-vis des sœurs Balfour, par exemple. Cela aurait eu le mérite de donner davantage de rythme à ce premier opus. 

Bien évidemment, il s'agit ici que d'un premier tome qui est surtout là pour poser le décor et les enjeux. Ce que Maria Levski fait. Toutefois, il m'a manqué ce petit quelque chose pour me captiver complètement d'autant que tous les éléments d'un bon roman sont là : les secrets familiaux, la vieille demeure, une ancienne magie, une malédiction et de l'amour impossible. 

Avec ce tome 1 de La Malédiction de Waterdown, Maria Levski signe donc une mise en bouche qui ne demande qu'à s'épanouir.