L'influence du "gaming" à la littérature

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09/03/2026

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link est une nouvelliste de fantasy, de science-fiction et d'horreur qui a déjà une belle renommée. 

En effet, certains de ses textes ont remporté de nombreuses distinctions, parmi les plus prestigieuses comme les prix Hugo et Locus, pour ne citer qu'eux, qui ont notamment récompensé, "Le Sac à mains féérique". 

The Book of Love est son premier roman. Il vient de paraître en français aux éditions Albin Michel Imaginaire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Laura, Daniel, Mo et un certain Bowie viennent de revenir à la vie. Aucun d'eux ne sait comment il est mort et surtout pourquoi il a été ressuscité et par qui? En revanche, ils connaissent la prophétie qui annonce que "quatre sont revenus d'entre les morts. Deux resteront. Deux retrouveront le néant." Celle-ci est donc - on ne peut plus - explicite. Maintenant la question est de savoir qui restera et qui disparaîtra ? 

Mon avis :

The Book of Love est un récit contemporain piqué d'éléments fantaisistes et magiques. 

Outre le fait que des disparus reviennent mystérieusement à la vie, l'ombre d'une déesse déchue plane sur cet univers et ses étonnants personnages. Diminuée et incomplète, elle cherche à retrouver sa puissance. Or, pour être à nouveau elle-même et remettre la main sur la partie d'elle manquante, elle a lancé le défi à ces jeunes revenants de le lui retrouver en échange d'un avenir. 

Pour nourrir son univers, Kelly Link a emprunté des éléments à de nombreuses mythologies. Parmi lesquelles on peut citer la mythologie grecque à travers sa réappropriation des Enfers, non plus gardés ici par Hadès et son célèbre chien à trois têtes mais plutôt par un étrange personnage maudit rêvant de céder sa place à d'autres. 

L'Asie a également influencé ce texte puisque l'on retrouve un peu de la légende de la lune et du soleil qui s'aiment sans jamais réussir à se retrouver. En effet, dans ce roman, il est aussi question d'un amour impossible condamnant deux êtres à ne pouvoir se voir et se parler.

Il en ressort un univers riche et déjanté car cette histoire est pour le moins loufoque. 

La magie imprègne chaque page de ce roman. Elle constitue parfois l'essence même de certains protagonistes. Faux-semblants et illusions trompent d'ailleurs le lecteur autant que les héros de cette histoire. 

La magie est partout, elle transparait même dans les notes de musique égrenées par les personnages donnant à ce récit une dimension poétique. D'ailleurs ce récit est très musical, piqué de paroles de chansons et de nombreuses références musicales lui donnant ainsi une ambiance singulière cherchant à envoûter les lecteurs.

Comme le titre l'indique, The Book of Love parle beaucoup d'amour quelque soit la forme qu'il prend. Amour filial, amical ou charnel, ce puissant sentiment transcende l'humanité depuis la nuit des temps. Il est autant question ici de sexe que de la construction d'une relation. Dans ce roman, jouissance et frustration se télescopent dans un maelström de sentiments. 

En miroir avec toute cette thématique sentimentale, Kelly Link aborde des sujets empreints d'une plus grande gravité comme le deuil, le sentiment de perte, l'acceptation ou encore la reconstruction de soi. 

L'intrigue de ce roman est à l'image de l'univers, c'est-à-dire très riche. Cela part dans tous les sens nous plongeant parfois dans des situations ubuesques pour maintenir un effet de surprise quasi permanent. 

The Book of Love est un roman choral qui conte la destinée de nombreux personnages tantôt déjantés, tantôt touchants. Derrière certaines histoires se cachent des souffrances et des failles qui peuvent faire écho en nous. 

Aussi des personnalités sont plus attachantes que d'autres. Kelly Link explore toutes les facettes de l'humanité à travers sa communauté très hétéroclite de personnages. On retrouve un peu toutes les figures. Il y a celle de la femme forte, à l'image de Laura qui s'impose face à cette déesse déchue et compte bien lui tenir tête quoi qui lui en coûte. Daniel se révèle être un garçon sensible très attaché aux siens, faisant passer le bonheur de sa famille avant le sien. Il s'avère gauche quant à dévoiler ses sentiments mais demeure un roc sur qui on peut toujours compter. Quant à Mo, il est clairement une âme à vif. De retour à la vie, il se découvre orphelin. Son profond attachement à sa grand-mère et sa volonté de la retrouver font de ce garçon, un être à part qu'on ne peut qu'aimer. 

A travers tous ses personnages, Kelly Link fait preuve d'un vrai souci de représentation car la diversité est bien représentée dans ce roman. 

Pour conclure :

The Book of Love est finalement un récit singulier, un conte moderne qui nous fait emprunter des chemins insolites pour nous délivrer une analyse fine de l'âme humaine. 

Fantasy à la Carte

A lire sur la blogosphère l'avis des Blablas de Tachan

Informations 

Kelly Link
The Book of Love
9791035422844
734 pages
Éditions Albin Michel Imaginaire

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27/02/2026

Christian Clément, Dark Gravity, éditions Pocket Imaginaire

Christian Clément, Dark Gravity,
 éditions Pocket Imaginaire 

Christian Clément est un auteur français de science-fiction. Dark Gravity est son premier roman. D'abord publié en grand format chez Michel Lafon en 2023, il vient d'être réédité en poche chez Pocket Imaginaire

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Suite à un terrible cataclysme, la terre voit sa gravité s'inverser. Alors que l'heure est à la survie, Hélène, une jeune alpiniste française, escalade les immeubles dans l'espoir de retrouver son fils. Chemin faisant, elle va croiser la route de certaines personnes dont l'arrogant scientifique Mattis Magnusson qui a justement besoin de ses compétences pour l'aider à regagner son laboratoire et tenter d'inverser la situation. Enfin si cela est encore possible? 

Mon avis :

Dark Gravity est un roman postapocalyptique qui nous propulse à New-York après un terrible cataclysme. Si les auteurs de science-fiction nous ont surtout habitué à des récits de fin du monde suite à des bouleversements climatiques ou à des virus mortels, Christian Clément, lui, a fait un autre choix. 

En effet, passionné par les sciences et notamment la physique, il a plutôt imaginé des recherches sur la compréhension et la maîtrise de la gravité qui auraient échappé à tout contrôle conduisant à un terrible désastre. 

Aussi, la Terre est sans dessus dessous car tout ce qui était à la surface se retrouve la tête en bas. Or, sous la pression de la gravité, les constructions finissent par se décrocher, toutes les canalisations sautent les unes après les autres noyant peu à peu les espaces, les fils électriques sont arrachés plongeant l'humanité dans le noir. Les morts se comptent sans doutent par milliards et ne cessent de croître avec le temps car aucun refuge n'est sûr. Tout peut vite s'avérer être un piège. Même l'espace n'est pas un endroit enviable car l'inversion de la gravité se révèle un danger mortel pour les vaisseaux en orbite autour de la terre qui sont repoussés toujours toujours plus loin de l'attraction terrestre. 

Le décor est posé et il est cauchemardesque. L'univers s'appuie sur un progrès scientifique réaliste et inquiétant tout en nous livrant à un chaos inévitable lorsque les repères disparaissent. 

Les codes du postapocalyptique sont donc bien au rendez-vous entre une humanité en partie décimée, des rescapés réduits à leurs plus bas instincts, ou encore un paysage de ruines et de désolation. 

Dark Gravity aborde des aspects scientifiques mais aussi psychologiques car ce livre questionne autant l'avancée des sciences que l'humanité dans ses comportements face à l'inimaginable. 

Dans ce genre de roman, la survie est au cœur des enjeux. Mais on parle également de lutte contre toute forme de dangers, de résilience et de reconstruction pour continuer à vivre en dépit du monde qui a changé. 

En faisant le choix d'un monde bouleversé à cause d'agissements humains, Christian Clément rappelle les dangers que les avancée scientifiques et technologiques peuvent exercer et le rôle de protecteur que les savants et les sachants de ce monde doivent toujours endosser. 

Il est important de toujours garder en tête que de grands pouvoirs génèrent de grandes responsabilités. 

Or, par le truchement de certains de ses personnages, l'auteur pointe du doigt les méfaits de l'hybris avec cet effet pervers lorsque la créature dépasse le maître. Ici la poignée d'humains responsables de ce cataclysme se retrouvent démunis lorsque leur découverte leur échappe. Si certains en tirent une leçon, ce n'est pas le cas chez tous car la démesure grise tellement les esprits qu'elle empêche toute réflexion pondérée et fait même fi de l'instinct de survie. 

Dark Gravity est un roman choral qui multiplie les points de vue pour donner de la hauteur à ce récit catastrophe. L'intérêt d'un tel choix est de dynamiser la lecture d'autant qu'ici on change souvent de plans passant de la Terre à l'espace. Cela rend donc le récit plus intéressant. 

Pour autant, je trouve qu'il y a beaucoup trop de personnages. Il n'a donc pas été aisé de rentrer dedans et d'éprouver des émotions vis-à-vis de cette communauté s'avérant très hétéroclite. Même si bien évidemment, certains sortent du lot, qu'on les aime ou les déteste d'ailleurs. 

Pour ma part, j'ai eu un petit faible pour Hélène et Jack qui ont réussi à apporter une note de douceur au milieu du chaos. Hélène incarne une femme de courage. Alpiniste professionnelle, elle dispose d'une force de caractère qui lui est utile pour affronter cette situation dramatique. Quant à Jack, il renvoie l'image de la sérénité malgré les dangers et l'adversité. Souffrant d'une maladie handicapante, il fait montre d'un mental solide pour affronter ce qui l'attend. En outre, il demeure un personnage très intéressant car il permet d'aborder la thématique importante de l'handicap et de sa réception dans la mentalité des gens. 

Pour conclure :

Dark Gravity est un roman dense où l'intrigue se déroule lentement. Christian Clément a pris son temps pour poser le décor et dévoiler l'ensemble des enjeux de son roman. L'action survient par intermittence pour créer la surprise et donner du rythme. En outre, l'originalité réside dans les causes de la catastrophe. Les amateurs du genre y trouveront sans doute leur compte dans le sens qu'il y a du spectaculaire et une certaine tension. A bon entendeur ! 

Fantasy à la Carte

Informations

Christian Clément
Dark Gravity
9782266356565
582 pages
Editions Pocket Imaginaire

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24/02/2026

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, Le Laboratoire des Ombres, éditions Maison Pop

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, 
Le Laboratoire des Ombres
éditions Maison Pop

Romancier et scénariste français, David S. Khara est l'auteur de quelques succès comme Le projet Bleiberg, Une nuit éternelle ou encore Atomes crochus

Son dernier roman s'intitule Embraser le Monde. Il inaugure une série mêlant uchronie et espionnage du nom du Laboratoire des Ombres

Lu dans le cadre d'une Masse Critique Babelio, je remercie toute l'équipe ainsi que les éditions Maison Pop pour l'envoi de ce livre. 

Résumé:

Londres, 1841. Après le meurtre d'un fonctionnaire, Ashton, agent secret britannique, est chargé d'enquêter sur cette épineuse affaire touchant à la sécurité de l'État ainsi qu'à la paix mondiale. Ses investigations le conduisent à approcher l'inventeur Michael Faraday car ses fabuleuses découvertes sembleraient être détournées par quelques esprits machiavéliques semblant vouloir en faire une arme létale. Ensemble, ils décident d'unir leurs forces pour mettre ce criminel hors d'état de nuire et ainsi espérer éviter le pire. 

Mon avis :

Avec Le Laboratoire des Ombres, David S. Khara inaugure une très bonne série historique empruntant les codes du roman d'espionnage. 

Le récit prend cadre au moment stratégique de la convention de Londres, aussi appelée convention des Détroits en 1841 qui fut signée par les cinq puissances de l'époque : la Grande-Bretagne, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie. Son intérêt était de permettre à l'Empire ottoman de fermer le Bosphore et les Dardanelles à tous les vaisseaux de guerre, y compris en temps de paix, et à contrario, de choisir de laisser passer ses alliés. Instant crucial de géopolitique repris ici par l'auteur comme un enjeu de paix à préserver coûte que coûte face à une menace terroriste. En effet, David S. Khara utilise les progrès de l'époque, notamment les découvertes scientifiques de Michael Faraday autour de l'induction électromagnétique qu'il détourne pour en faire des armes de destruction. Le décor est posé. Il mêle habilement la politique et le progrès scientifique de l'époque pour nous plonger dans une aventure immersive où plane l'ombre d'un danger constant. 

David S. Khara s'est donc réapproprié l'illustre Michael Faraday pour l'entrainer dans une aventure trépidante où il en va de la sûreté nationale, et même internationale. L'univers est très réussi empruntant au roman d'espionnage, à travers l'introduction d'un protagoniste se révélant être un espion et agissant pour le compte du gouvernement britannique afin de percer les secrets qui menacent l'empire et ses alliés. 

Tous les deux forment un duo étonnant laissant naître peu à peu une solide amitié, à la manière de Sherlock Holmes et du docteur Watson. 

Embraser le Monde se révèle être un livre très riche. Il n'est pas un simple divertissement nous entraînant dans les dédales d'un Londres historique, parcourant autant les beaux quartiers que les bas-fonds. En effet, il aborde bien des sujets tournant bien évidemment autour des idéaux politiques, de l'anarchisme et du terrorisme dont peuvent user certains groupuscules pour déstabiliser le pouvoir en place. 

Mais ce récit est également engagé en proposant un personnage féminin incarnant une femme forte, libérée et indépendante évoluant dans une société où le carcan social est encore très présent. Il y a un propos féministe fort intéressant. 

En outre, le parti pris d'utiliser la science à des fins politiques est également intéressant

La plume est d'une grande fluidité et nous entraîne dans un maelström de rebondissements très prenants. Le Laboratoire des Ombres est un texte riche en actions et en suspense qui contentera un public avide de sensations. 

Les personnages sont d'emblée attachants. David S. Khara s'appuie essentiellement ici sur trois protagonistes. Il y a la douce et intelligente Elvina qui cherche à s'extraire de sa condition de femme. Avide de savoirs, elle est pétillante et s'impose à sa manière à ce monde masculin très impitoyable vis-à-vis de la gente féminine. L'énigmatique Ashton cache, quant à lui, un lourd secret qui en fait un personnage surprenant mais si intéressant à suivre. Enfin, on retrouve entre ces pages, le fameux Michael Faraday, génie de son époque. L'auteur a fait de ce visionnaire, un esprit à la fois éclairé et épris de justice. Tous trois donnent à ce récit toute sa singularité et contribuent à le rendre encore plus palpitant. 

Pour conclure :

Avec Embraser le Monde, David S. Khara signe un premier tome de très grande qualité qui excelle à nous distraire tout en nous offrant un nouveau regard sur le passé. 

Fantasy à la Carte

Informations

David S. Khara
Embraser le Monde
Tome 1 
Le Laboratoire des Ombres
9782488201407
304 pages
Editions Maison Pop

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17/02/2026

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos 

Après s'être essayée à la nouvelle, notamment dans Memoria, l'anthologie fêtant les 30 ans des éditions Mnémos, Renée Zachariou rejoint les pépites de l'imaginaire avec un format légèrement plus long. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Moira n'a jamais cru aux pouvoirs divinatoires de sa mère. Alors lorsque celle-ci décède, elle ne pense qu'à trier ses affaires et à fermer son agence de médium afin d'oublier son passé. Sauf que la découverte d'un étrange objet sur le bureau de sa mère va modifier ses plans et l'entraîner dans une aventure marquée par la survenue de visions dérangeantes et par des rencontres divines dont elle se serait bien passée. Et si sa mère avait réellement eu des pouvoirs ? 

Mon avis :

Mœdium est un roman contemporain piqué de notes d'imaginaire. En effet, un soupçon de magie vient télescoper ce présent accablé par le décès d'un proche. Elle prend bien des formes. Tout d'abord, celle d'un étonnant artefact ressemblant à un œuf et semblant dispenser d'incontrôlables visions. Don ou malédiction, la question se pose pour Moira qui se retrouve vite dépassée par la situation. Son existence est, d'ailleurs, intimement liée à la présence d'un duo d'êtres divins prénommés Trophonios et Agamida. Ils sont l'incarnation des deux fameux frères architectes de la mythologie grecque. Tantôt fils du roi de Béotie, Erginos ou celui d'Apollon, Trophonios a marqué les mémoires pour les nombreux temples qu'il aurait édifiés dont celui situé à Delphes en l'honneur d'Apollon. La légende lui a attribué un frère Agamède, architecte comme lui que Renée Zachariou a féminisé en Agamida. 

Ils nous apparaissent comme des divinités à part entière plutôt que comme des personnages légendaires qui cherchent simplement à continuer à exister. En effet, c'est la croyance en leur existence qui renforce le mythe et donne vie à leurs corps. 

Avec Mœdium, Renée Zachariou signe un univers moderne infusée d'une mythologie grecque revisitée. Ainsi, elle a déposé un vernis d'étrangeté sur le quotidien très lisse et routinier de son personnage principal. Moira se retrouve contrainte à devoir prendre la relève de sa mère afin de continuer à entretenir la mémoire autour de ces deux dieux par l'intermédiaire d'un œuf magique. 

Justement la mémoire demeure le fil directeur de ce court récit. L'autrice y met en exergue l'importance des souvenirs et du passé qui sont nécessaires pour avancer. Aussi, le temps d'un décès est souvent l'occasion de revenir en arrière, d'une mise au point pour laisser place à une introspection sur soi, sur ses choix et sur l'avenir que l'on se souhaite. 

La question de la famille est bien entendu au cœur des enjeux de ce texte à travers l'exploration du lien mère-fille que l'autrice fait. La famille y est donc abordée dans toute sa complexité entre amour et détestation, ou compréhension et incompréhension. 

Par des situations décalées et des personnages insolites, Renée Zachariou signe une fantasy urbaine singulière, tantôt drôle, tantôt poignante. 

Ce récit ne manque donc pas d'émotions. Le deuil étant un sujet faisant partie de la vie mais que peu n'arrive à accepter. Clairement, ce livre n'aura donc aucun mal à trouver un écho en chacun de nous. 

En outre, la mythologie présente entre ces pages est également l'occasion pour l'autrice d'introduire la thématique de la religion, encore très présente dans nos sociétés actuelles. Elle nous y rappelle que celle-ci n'a d'existence que par l'intermédiaire des croyances en telles ou telles figures divines et met en lumière toute sa fragilité. 

Mœdium est un court récit qui nous attache aux pas d'une jeune femme prénommée Moira. Bien ancrée dans son époque, elle a peine à croire en l'indicible. Trop terre à terre pour croire en la magie, sa rencontre avec deux êtres étranges va bouleverser toutes ses certitudes renversant ses repères. Moira incarne la figure de Madame tout le monde. Aucune âme d'héroïne ne sommeille en elle. Pourtant elle va devoir affronter un inconnu déstabilisant et à peine croyable. Renée Zachariou va l'entraîner dans une succession de situations allant du plus burlesque au plus dramatique. N'hésitant pas à la malmener dans le but de faire passer ses lecteurs par tout un panel d'émotions variées. Au regard de l'évolution de ce personnage, le défi est clairement relevé.

Lorsque l'on referme ce livre, on est finalement chamboulé comme son protagoniste principal car les sentiments mis à jour ici sont autant dérangeants que nécessaires. 

Pour conclure :

Avec Mœdium, Renée Zachariou se fait l'autrice d'un texte de fantasy à la saveur insolite. Finalement, cette plume atypique incarne cette nouvelle garde d'auteurs et d'autrices qui viennent admirablement bien renouveler le genre. Voilà une pépite de l'imaginaire qui va laisser une empreinte toute particulière sur les littératures de l'imaginaire. Rendez-vous en librairie le 18 février 2026. 

Fantasy à la Carte

Informations

Renée Zachariou
Mœdium
9782382672402
208 pages
Editions Mnémos

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13/02/2026

Benoit Dahan & Cyril Lieron, Le Cauchemar du Loch Leathan, partie 1, Dans la tête de Sherlock Holmes, éditions Ankama

Benoit Dahan & Cyril Lieron, 
Le Cauchemar du Loch Leathan
partie 1, 
Dans la tête de Sherlock Holmes
éditions Ankama 

Pour le plus grand plaisir des amateurs du plus célèbre des détectives, Sherlock Holmes, dont je suis fière de faire partie, Cyril Lieron et Benoît Dahan poursuivent leur travail sur la série intitulée Dans la tête de Sherlock Holmes

En effet, le 5 décembre dernier est paru le volume 3 intitulé Le Cauchemar du Loch Leathan, partie 1, toujours chez Ankama

Reçu en cadeau de Noël comme ce fut le cas avec les précédents tomes, je remercie, à nouveau, mon amie Mathilde pour ce merveilleux cadeau. 

Résume :

Après avoir reçu une étrange lettre partiellement effacée et plutôt abscons si ce n'est qu'il y est question d'un grand danger, Sherlock Holmes décide de se rendre sur place, en Écosse, avec son ami, le docteur Watson, afin de comprendre de quoi il retourne. Arrivés sur les lieux, ils sont accueillis plutôt froidement car dans ce petit village des Highlands, personne n'apprécie de voir ses secrets être dévoilés. Mais comme à l'accoutumée, ce n'est pas un peu de mauvaise humeur et beaucoup de froideur qui vont démonter le grand Sherlock Holmes. Bien au contraire, sa curiosité piquée, il est bien décidé à résoudre cette nouvelle énigme. 

Mon avis :

Dans Le Cauchemar du Loch Leathan, on quitte Londres pour goûter à l'Écosse, et en particulier à ses mystères et à sa brume. Clin d'œil au célèbre Loch Ness et à sa légende, nous voici près d'un autre Loch tout aussi étrange et enténébré. Ainsi, Sherlock Holmes et le docteur Watson vont se frotter à une légende locale d'un monstre sortant des eaux et semblant s'attaquer aux pauvres bougres traînant à proximité. Voilà qui a de quoi ravir les amateurs de Nessy et nourrir une atmosphère pesante tirant sur l'horrifique à travers des noyades inexpliquées ou des folies soudaines. 

Le choix des couleurs répond d'ailleurs bien à l'ambiance mystérieuse désirée par les auteurs. 

En outre, celles-ci déposent une certaine patine à la bande dessinée lui conférant une élégance doublée d'une certaine intemporalité. 

En sus du vernis policier propre à l'enquête, il y a également une aura merveilleuse qui s'exprime à travers l'existence de cette créature dont on ignore si elle relève du mythe ou si elle est bien réelle. Un élément qui contribue à pimenter le scénario en installant un doute certain sur ce que l'on pense être le responsable de ces morts atroces. 

L'intrigue est très riche. Plus que divertissante, les auteurs y ont même glissé quelques thématiques intéressantes tournant, par exemple, autour du patriarcat et de la misogynie. Mais ils évoquent également le sectarisme et la manipulation des esprits. C'est particulièrement foisonnant, notamment dans les parallèles à faire avec notre époque actuelle.

Construit comme la première histoire, à savoir en deux parties, les auteurs ont trouvé le parfait procédé pour nous tenir en haleine avec un premier volet qui se conclut toujours sur un cliffhanger. Ils délivrent la juste dose d'éléments pour donner matière à réfléchir tout se réservant le loisir de nous surprendre par des révélations inattendues à venir tout à la fin. 

Benoit Dahan redonne vie à Sherlock Holmes et à son illustre acolyte avec beaucoup de talent. A travers eux, c'est également toute une époque qui renaît sous les crayons de cet incroyable dessinateur qui a su capturer et retranscrire l'esthétisme de ce siècle. 

J'apprécie tout particulièrement l'aspect vieilli que dégagent les pages de ces bandes dessinées. Elles rappellent le papier journal et apparaissent comme un clin d'œil aux journaux ou aux revues illustrées dans lesquels des extraits de bandes dessinées étaient publiés. Les dessins y sont remarquables. Benoit Dahan est très soucieux du détail aussi bien dans le choix des couleurs, la finesse du trait pour représenter la nature et l'expression des personnages. Chaque double page est une découverte, un jeu de pistes à la recherche d'indices pour tenter de résoudre le crime à la manière de Sherlock Holmes. 

Cette série est tout simplement prodigieuse aussi bien dans la complexité des intrigues que dans la qualité du produit fini. 

Pour conclure :

Benoit Dahan et Cyril Lieron nous offrent donc un fabuleux écrin à la hauteur de l'œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Qu'on se le dise cette réappropriation est très réussie ! 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur L'Affaire du Ticket Scandaleux : vol. 1 et 2

Informations

Benoit Dahan 
Cyril Lieron
Le Cauchemar du Loch Leathan
Partie 1
Dans la tête de Sherlock Holmes
9791033518044
51 pages
Editions Ankama

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