Étienne Cunge est déjà l'auteur de quatre romans de science-fiction. Son dernier en date vient tout juste de rejoindre les rayonnages des librairies.
Il s'agit de La REP qui vient donc de paraître aux éditions Critic.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse.
Résumé :
Après l'ère ténébreuse marquée par l'effondrement des sociétés, l'humanité a tout de même survécu et s'est organisée d'une autre manière. C'est ainsi qu'est née la REP formant le dernier bastion de la technologie où chaque individu peut disposer d'une IA personnelle implantée dans son cerveau s'il le souhaite. Mais certains lui ont préféré l'appel des grands espaces rejoignant ainsi les rangs des peuples nomades. Depuis longtemps, un statu quo a été établi entre les deux basé sur des échanges de biens. Seulement tout bascule lorsque l'un des camps nomades se retrouve la cible de drones armés. Un épisode sanglant qui met à mal les relations et menace même la survie de tous. Un échappatoire est-il donc encore possible face au désastre annoncé ?
Mon avis :
Avec La REP, Étienne Cunge signe un roman de science-fiction mêlant dystopie et utopie. En effet, il a choisi d'inscrire son intrigue dans un monde en reconstruction après l'effondrement des sociétés et une réduction drastique des populations.
Dans son roman, il confronte deux modèles de société qui ont tout de même réussi à établir des relations basées sur du troc. Pour autant on en sait pas beaucoup plus sur les origines de ce fonctionnement, tout du moins au départ du roman.
La REP, ou nouvelle république s'est donc bâtie sur les avancées technologiques. L'IA est omniprésente dans chaque individu et est même devenue un précieux allié dans la gestion du quotidien. Tout est rationné, un salaire universel a été instauré, et des espaces de cultures ont été régénérés. Mais pour que ce système soit viable, il doit se conformer à des règles et des lois strictes. Aussi, un contrôle de la natalité a été également mis en place. La liberté de vivre est finalement conditionnée ici à de nombreux devoirs.
Quant aux peuples nomades, ils ont plutôt choisi de se confronter aux dangers des grands espaces. Ils ont appris à décrypter leur environnement et à lire le ciel pour orienter leurs déplacements. D'ailleurs, leur savoir ancestral se transmet oralement par le biais de chansons et d'haïkus.
Entre ses lignes, Étienne Cunge met en exergue deux manières de vivre en y soulignant que chaque mode de vie a ses avantages et ses limites. Ainsi, de ce livre se dégage toute une réflexion autour de la meilleure approche pour aborder l'avenir. L'auteur y exploite des idées intéressantes mais qui se heurtent finalement aux travers de l'humanité. Cette soif de conquête semble ancrer dans l'ADN de certains de nos semblables. Ici, elle sert aussi à alimenter l'intrigue puisqu'elle est l'élément perturbateur pour faire basculer l'équilibre.
Les mensonges d'État se confrontent une réalité du terrain bien différente. Ainsi, ceux-ci viennent pimenter le texte en lui donnant de la tension et du relief.
Comme à son habitude, l'auteur appréhende le futur avec beaucoup de justesse. Chacun de ses textes porte une réflexion prospective sur les enjeux environnementaux, économiques et humains. Ils sonnent toujours très justes et demeurent aussi passionnants qu'inquiétants.
La plume d'Étienne Cunge nous offre le bon dosage entre le récit immersif et l'analyse critique et documentée de l'avenir.
Il y a toute une réflexion sur la disparition et l'évolution des espèces ainsi que sur la pertinence de l'intervention humaine ou encore celle de la généralisation des IA.
La Rep est un roman choral où l'on suit plusieurs points de vue. Aussi, Étienne Cunge nous attache aux pas d'une adolescente qui se retrouve brutalement en position de chef à devoir prendre des décisions pour l'avenir des clans, d'un citoyen désabusé rêvant de grands espaces et d'aventures pour casser sa routine ou encore d'une scientifique légèrement idéaliste qui aspire à marquer son époque grâce à de grandes découvertes. Tous sont pris dans la toile d'une machination dont ils sortiront, à coup sûr, profondément changés surtout qu'ils se sont retrouvés propulsés sur le devant de la scène sans l'avoir rééllement demandé. Il est donc intéressant de voir ils s'en sortent au final.
Pour conclure :
Avec La REP, Étienne Cunge se fait à nouveau l'auteur d'un récit implacable et prenant. A chacun de ses textes, cet auteur sait trouver les mots justes pour embarquer sans mal les lecteurs dans ses histoires. La REP est un savant mélange entre réflexion et évasion. A mettre entre toutes les mains !
Fantasy à la Carte
A lire sur le blog mes avis sur : Symphonie Atomique et Antarcticas.
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