L'influence du "gaming" à la littérature

Google console

accueil2

accueil2

17/06/2026

Dominique Monféry & Jean-Laurent Del Socorro, Une pour Toutes, éditions Rue de Sèvres

Dominique Monféry & Jean-Laurent Del Socorro, 
Une pour Toutes
éditions Rue de Sèvres 

Une pour Toutes est un roman jeunesse de Jean-Laurent Del Socorro paru en 2022 aux éditions L'école des loisirs

Il nous y conte l'incroyable destin de Julie d'Aubigny, escrimeuse, actrice et cantatrice qui a vécu au 17e siècle. 

En 2024, l'œuvre de Jean-Laurent Del Socorro est adaptée en bande dessinée par Dominique Monféry qui croque avec beaucoup de talent la vie de cette trépidente jeune femme. 

Rencontré à l'occasion des Mystériales, Jean-Laurent Del Socorro m'a donné envie de découvrir l'histoire de cette personnalité haute en couleurs qu'il a revisité sous la forme d'un roman, puis d'une bande dessinée. 

Résumé :

Julie de Maupin est la fille de Gaston d'Aubigny. Secrétaire du comte d'Armagnac, il a donné à sa fille unique une éducation à la fois féminine et masculine lui permettant notamment d'apprendre l'escrime. Plus tard, elle débute une carrière d'actrice à l'opéra tout en amusant le public dans des tavernes par ses duels à l'épée avec son partenaire et amant du moment. Mais suite à un différend avec un certain Méphistophélès, elle se fait remarquer d'un lieutenant de police l'obligeant à quitter Paris pour se faire oublier. Elle est poursuivie de ville en ville par les assiduités du démoniaque Méphisto qui souhaite lui faire signer un contrat en échange d'un coup de pouce pour améliorer sa vie, mais s'y refuse toujours préférant vivre ce qu'elle a à vivre sans rien demander à personne. Sa route promet d'être semée d'embûches. La question va être de savoir comment elle va se sortir de toutes ces difficultés qui ne manqueront pas de surgir au détour du chemin ? 

Mon avis :

Une pour Toutes prend cadre sous le règne de Louis XIV, en 1688. Jean-Laurent Del Socorro nous attache aux pas d'une femme qui fut tour à tour comédienne, fine lame et cantatrice. De duels en représentations, on la suit dans toute ses aventures la menant aussi bien à la cour du roi que dans des tavernes aux quatre coins du royaume de France, en passant par un couvent pour exfiltrer son amante. 

Sa vie est un véritable roman et Jean-Laurent Del Socorro n'a donc pas eu besoin de beaucoup la romancer pour écrire son récit. 

Il est à noter qu'il y a juste ajouté une touche de fantastique en introduisant le personnage de Méphistophélès qui va souvent croiser la route de la jeune femme. 

C'est un démon issu du folklore allemand qui se rattache à la légende de Faust. Pour Goethe, il est le symbole du démon intellectuel qui procure à l'homme l'illusion de tout comprendre et de tout dominer. Sous la plume de Jean-Laurent Del Socorro, il se fait tour à tour adversaire ou allié de Julie de Maupin cherchant surtout à la séduire pour la lier à lui par un contrat. Mais la jeune femme se révèle plus coriace que prévu, et ne se laisse pas démonter par toutes les difficultés rencontrées préférant trouver ses propres solutions plutôt que de céder à la facilité. 

Cette figure de Méphistophélès est là pour ajouter un peu de sel à une histoire qui était déjà naturellement pimentée.

14/06/2026

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire 

Après une première édition en 2020 chez ActuSF, Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro fait son grand retour en grand format. 

Cette nouvelle édition parue chez Albin Michel Imaginaire a fini de me convaincre d'enfin me plonger dans les temps forts de cette guerre de sécession revisités ici par l'une des voix incontournables de l'imaginaire français actuel. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Dans Je suis fille de rage, on suit tour à tour des figures historiques de l'époque et des anonymes entraînés dans le feu de la guerre. Aussi on retrouve le président Abraham Lincoln dans l'intimité de son bureau en pleine conversation avec la Mort en personne lui décomptant les pertes au fil de ce conflit meurtrier. Ainsi que les généraux Lee et Grant que l'on suit dans leurs décisions. Sans oublier les hommes et les femmes qui ont pris les armes pour faire sécession avec les États-Unis d'Amérique ou au contraire se ranger du côté des abolitionnistes. Même si l'on sait déjà comment cette guerre va tourner, voyons quelle destinée Jean-Laurent Del Socorro va donner à tous ses personnages ?

Mon avis :

Je suis fille de rage prend cadre en pleine guerre de sécession qui opposa le gouvernement fédéral des États-Unis d'Amérique regroupant les états situés au Nord et présidé par Abraham Lincoln aux états confédérés du Sud et gouverné par le président sudiste Jefferson Davis entre 1861 et 1865. 

Abraham Lincoln était profondément opposé à l'esclavage et souhaitait son abolition. Sa victoire aux élections présidentielles en 1860 a entraîné une première sécession de sept États du Sud esclavagistes. 

Mais, le combat a réellement commencé par l'attaque d'une installation militaire de l'union à Fort Sumter par les forces confédérées le 12 avril 1861. 

Dès lors deux armées vont s'opposer, celle de la Confédération commandée par le général en chef de l'armée confédérée Robert E. Lee et celle de l'Union dirigée par leur commandant en chef, Ulysses Grant. Si le début du conflit est marqué par quelques victoires du général Lee, il enchaîne ensuite les défaites au Maryland et en Pennsylvanie. Les batailles d'usure menées par Ulysses Grant conduisent à la réédition de Lee et porte un coup presque fatale à la résistance confédérée. Mais, il faudra attendre la fin de l'année 1865 pour voir le conflit s'éteindre. 

Au fil des pages de son roman, Jean-Laurent Del Socorro revisite les temps forts de cette guerre civile sanglante à travers des lettres, des titres et extraits de journaux, des dialogues entre certains de ses personnages qu'ils soient réels ou fictifs. 

Les chapitres sont courts et s'enchaînent vite. Ils dégagent une vraie dynamique. D'autant que la manière choisie par Jean-Laurent Del Socorro pour construire son récit est particulièrement immersive. 

05/06/2026

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante 

Reine Démone est le tome 2 de la nouvelle série de fantasy, L'Aube du Monde, de Martha Wells. Il prend la suite de Roi Sorcier paru chez L'Atalante en 2024. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Depuis leur réveil, le démon Kaiisteron et la sorcière Ziede n'ont eu de cesse de se battre pour libérer le monde de la terrible emprise des Hiérarques, ces sorciers nécromanciens, à l'origine de bien des génocides. La lutte est difficile et l'enjeu, énorme. Bien que puissant chacun à leur manière, arriveront-ils pour autant à bout de cet indicible ennemi ? 

Mon avis :

Avec L'Aube du Monde, Martha Wells renoue avec une fantasy épique de très haut vol. Celle-ci prend cadre dans un monde crépusculaire marqué par l'extinction d'une civilisation sous le joug d'une autre. Le décor planté est donc surtout empreint de ruines. 

En outre, la magie qui imprègne les pages de ce livre est flamboyante et inventive. Pour rappel, ce monde est peuplé de sorcières, de démons et de bien d'autres créatures dotées de puissants pouvoirs. Celui-ci se manifeste d'ailleurs de bien des manières. Ainsi, les sorcières puisent dans les esprits qui habitent la terre, le vent et l'eau, tandis que celles désignées comme étant les sorcières de poussière se nourrissent plutôt de décomposition. Les démons, eux, se servent de la douleur pour puiser leur pouvoir. Enfin, les autres créatures dites immortelles telles les Hiérarques ou les exégètes obtiennent du pouvoir en tuant des mortels. Celui-ci est d'ailleurs emmagasiné dans des puits de souffrance et de mort. 

Le monde qui naît sous la plume de Martha Wells est complexe et foisonnant. Il n'est ni blanc ni noir mais juste tout en nuances. 

La magie est également très efficace. 

L'autrice nous conduit avec une belle habileté dans son récit de quête de liberté. Reine Démone est une réécriture de la géopolitique actuelle à travers les tensions religieuses qui touchent le continent africain et notamment, le Proche-Orient. On retrouve bien entre ces lignes les mêmes conflits armés ainsi que les génocides au nom d'idéaux ou de croyances religieuses. C'est intense, âpre et violent ! 

Le tout étant ici encensé de magie pour ajouter une touche de spectaculaire au récit. 

En outre, Reine Demone brasse de nombreuses thématiques tournant autour du colonialisme, de la notion de sacrifice et de survie. Ce tome est particulièrement dynamique grâce aux batailles mises en scène ainsi qu'aux nombreuses intrigues politiques qui fleurissent au gré des chapitres. 

Reine Démone se révèle encore plus immersif que le précédent livre. Il est vrai qu'il est nettement plus facile de se couler dans un décor familier en compagnie de protagonnistes connus. Toutefois, j'ai trouvé que la qualité de l'intrigue de ce roman est telle que ma lecture n'en a été que meilleure.