L'influence du "gaming" à la littérature

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17/03/2026

Benjamin Lupu, Les Voix de Canaé, T.2, Le Solstice des Ombres, éditions Mnémos

Benjamin Lupu, Les Voix de Canaé,
 T.2, Le Solstice des Ombres
éditions Mnémos 

Les Voix de Canaé est le second volet qui vient clôturer la duologie de Benjamin Lupu, Le Solstice des Ombres

En librairie depuis le 18 février dernier, je dois vous avouer que j'attendais sa sortie avec une certaine impatience. Il faut dire que le premier tome s'est montré si immersif que j'avais très envie d'en connaître le dénouement. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après l'attaque du camp de la Veuve misère, Héskarias et ses hommes ont réussi à tirer des griffes de leurs ennemis la baronne d'Achantar et le jeune moine, Umbrod. Pour l'heure, l'urgence est de se mettre à l'abri dans la cité de Canaé auprès de la haute maèr'vi. Pour autant les lieux ne sont pas sûrs depuis que le puissant baron Storic Farnostari s'est mis en tête de s'emparer du cœur de pouvoir orostrate, n'hésitant pas à organiser un siège en usant des moyens les plus abjects pour faire plier les volontés les plus farouches. Il n'est d'ailleurs pas la seule menace car bien des ambitions s'agitent dans l'ombre n'augurant rien de bon pour l'avenir de tous.

Mon avis :

Avec Le Solstice des Ombres, Benjamin Lupu signe un univers sombre fort bien réussi tissé d'intrigues de cour, de course au pouvoir et d'une puissante magie en partie oubliée. 

Entre ces lignes, plusieurs camps s'affrontent au nom d'idéaux religieux ou par simple opportunisme, donnant à ce texte le goût âcre du sang et l'amertume du prix de la trahison. 

Dès les premières pages, l'auteur nous entraîne au cœur des combats. On avance donc dans notre lecture au son du fracas des armes. En effet, le dénouement étant proche, chacun se prépare à l'affrontement final qui promet d'être apocalyptique. Véritable roman d'action, Benjamin Lupu distille ses révélations ici ou là faisant monter la tension crescendo. Le temps est à la préparation d'un siège. Pendant que les uns cherchent à trouver les moyens de tenir bon, les autres réfléchissent à la faille pour pénétrer ces murs semblant impénétrables. 

L'intrigue est bien construite amenant les évènements de manière ingénieuse afin de tenir les lecteurs en haleine d'un bout à l'autre. 

En outre, la magie qui imprègne cette duologie est inventive. Elle est liée à des divinités. Du fait de sa dangerosité, elle a été étouffée, mise sous clé et cachée afin qu'elle ne tombe pas entre de mauvaises mains et n'éradique pas le monde sous le feu de sa puissance. Seulement la réalité de son existence intrigue. Aussi, certains cherchent à percer le secret des Saintes Écritures et à accéder ainsi au pouvoir divin. En outre, des reliques sont également dépositaires d'un grand pouvoir, à l'image de la pyriale qui permet à son porteur de manipuler le feu. 

Dans Le Solstice des Ombres, Benjamin Lupu a inventé une mythologie habile doublée d'un système de magie pertinent, ce qui donne une vraie valeur ajoutée à son univers. 

L'intrigue intègre tous les éléments que j'apprécie de retrouver en littérature fantasy. Tout tourne autour de la lutte pour le pouvoir. Les trahisons fleurissent un peu partout et les manipulations sont pléthores. Certaines sont le fruit d'une vengeance longuement ourdie, d'autres répondent à une soif de conquête et de domination. Il en ressort un récit particulièrement palpitant pour lequel j'ai eu un énorme coup de cœur. 

Benjamin Lupu est parfaitement maître de son jeu. Intrigue politique, jeux d'influence, croyances religieuses et revanche sont les maîtres mots de cette série s'avérant finalement très épique. 

Le Solstice des Ombres est un roman choral qui met en scène de nombreux personnages. A la base, je n'apprécie pas lorsqu'il y en a de trop car je trouve qu'on s'y perd vite, oubliant finalement rapidement qui et qui. Mais ici, rien de déconcertant. Bien au contraire car on accroche de suite avec chacune des destinées qui nous est contée. 

Mais je ne saurais vous dire si cela tient au charisme des personnages, à la variété des histoires ou aux émotions qu'ils dégagent mais une chose est certaine, l'alchimie a parfaitement bien pris entre eux et moi. Vous aussi - j'en suis sûre - vous saurez vous attacher au moine soldat répondant à son code d'honneur, à l'élu ingénu démontrant une grande force morale le moment venu ou encore à la religieuse intrigante tissant sa toile pour sauver les siens de l'arrivisme et de l'ambition de certains hommes. 

Pour conclure :

En refermant Les Voix de Canaé, bien des émotions me traversent. Je suis à la fois enchantée d'avoir découvert cette histoire et triste de dire adieu à cet univers et à ses personnages inoubliables. Alors, je ne peux donc que vous recommander de lire cette duologie, d'autant qu'elle est complète. Point t'excuse de ne pas vous y mettre. Foncez en librairie !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Sœurs de Haine

informations

Benjamin Lupu
Les Voix de Canaé
T.2
Le Solstice des Ombres
Editions Mnémos

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13/03/2026

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, éditions ActuSF

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, 
éditions ActuSF 

Jeune auteur de bande dessinée, Alexandre Decrauze vient de signer sa toute première œuvre chez Les Nouvelles éditions ActuSF. Celle-ci s'intitule Les Mille Verbes et rejoint Fahrenheit 451 de Victor Santos au sein de la collection Ithaque

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Mécréant, Claude Horville a des rêves de grandeur. En effet, il se voit riche avec un titre de noblesse. Et pour atteindre ses objectifs, il est prêt à tout, y compris voler et assassiner si cela s'avère nécessaire. Mais sa vie bascule le jour où il se retrouve maudit. Dès lors, il n'a pas d'autre choix que de se lancer dans une course contre la montre pour retrouver la bohémienne, à l'origine du sort le condamnant à mort lorsque son millième mot sera prononcé. Mais arrivera-t-il à la retrouver à temps ?

Mon avis :

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze nous propulse au 18e siècle, période trouble marquée par la Révolution française. Le contexte est donc propice à la violence dont use et abuse, d'ailleurs, le personnage principal de cette bande dessinée. Le décor posé est sombre et sanglant. En outre, une certaine magie s'éveille entre ces pages et prend la forme d'une malédiction aussi originale qu'inéluctable pour le personnage maudit. En effet, Alexandre Decrauze a imaginé que celle-ci prenait la forme d'un nombre de mots limités à prononcer et lorsque le dernier serait atteint, cela signerait le glas pour le maudit. 

Voilà qui ne manque pas d'insolite -  vous en conviendrez - et pousse le protagoniste principal à rivaliser d'ingéniosité pour tenter de remédier à l'inéluctable. Tout va donc y passer, la violence et la menace pour retrouver la donzelle, ou la décision radicale de faire vœu de silence en rentrant dans les ordres. 

Seulement ne dit-on pas que la nature revient toujours au galop et que nul ne peut échapper son destin ? 

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze signe une bande dessinée tournée vers l'action et le suspense. Aussi, Claude de Horville ne connaît aucun répit et nous entraîne à bride abattue à travers la France pour remonter la piste, plutôt froide au demeurant, de la fameuse bohémienne, responsable de tous ses tracas. Il en ressort un scénario très bien rythmé. Aucun temps mort entre ces planches car l'enjeu est grand, en tout cas pour le héros. 

A travers ce personnage de Claude de Horville, Alexandre Decrauze table d'ailleurs sur la figure de l'anti-héros. En effet, contrairement au schéma que l'on retrouve bien souvent en littérature, il ne s'agit pas ici de mettre en scène un méchant en quête de rédemption. Bien au contraire Claude de Horville demeure un mauvais garçon jusqu'au bout de l'aventure. Bien que responsable de sa situation, il ne cherche pas à se racheter mais juste à trouver le moyen de contourner la réalité pour tirer profit des situations et finalement réussir à se sortir de ce mauvais pas sans rien assumer de ses actes. 

Seulement est-ce que le destin lui laissera ce loisir ? 

Les Mille Verbes est une jolie bande dessinée qui nous offre une grande aventure piquée de bagarres, de rebondissements et de mystères. 

Construite à la manière d'une pièce de théâtre, l'histoire se déroule quatre actes avant que le rideau ne tombe. L'approche est originale et plutôt divertissante. Le graphisme est épuré. L'auteur joue beaucoup sur les ombres et les silhouettes. L'écrin est beau, notamment par ce choix d'une couverture très chatoyante qui capte le regard et suscite l'intérêt immédiatement. 

C'est encore une fois une très jolie bande dessinée qui rejoint cette collection Ithaque. Notons qu'il s'agit d'un grand format de 220 pages permettant à l'intrigue de s'épanouir. 

Les Mille Verbes reste un hymne à la littérature et aux belles lettres. L'auteur nous y propose un savant mélange entre subtilités graphiques et jeux de mots. Le talent est bien au rendez-vous même si je ne suis pas plus sensible que cela aux dessins. 

Par le truchement de son personnage principal, Alexandre Decrauze évoque le poids des erreurs et du passé. A travers cette malédiction qui pèse sur lui, c'est la mise en exergue de toute une philosophie autour du destin et des choix de vie dont il faut assumer toutes les conséquences même les plus néfastes et les plus inattendues. 

Pour conclure :

Avec Les Mille Verbes, la collection Ithaque s'enrichit d'un nouveau titre aussi insolite que récréatif. 

L'auteur y maintient une tension narrative tout au long de ses planches qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière bulle grâce à un personnage hauts en couleurs que l'on n'est finalement pas prêt d'oublier. 

Fantasy à la Carte

Informations

Alexandre Decrauze
Les Mille Verbes
9782376867180
232 pages
Collection Ithaque
Editions ActuSF

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09/03/2026

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link est une nouvelliste de fantasy, de science-fiction et d'horreur qui a déjà une belle renommée. 

En effet, certains de ses textes ont remporté de nombreuses distinctions, parmi les plus prestigieuses comme les prix Hugo et Locus, pour ne citer qu'eux, qui ont notamment récompensé, "Le Sac à mains féérique". 

The Book of Love est son premier roman. Il vient de paraître en français aux éditions Albin Michel Imaginaire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Laura, Daniel, Mo et un certain Bowie viennent de revenir à la vie. Aucun d'eux ne sait comment il est mort et surtout pourquoi il a été ressuscité et par qui? En revanche, ils connaissent la prophétie qui annonce que "quatre sont revenus d'entre les morts. Deux resteront. Deux retrouveront le néant." Celle-ci est donc - on ne peut plus - explicite. Maintenant la question est de savoir qui restera et qui disparaîtra ? 

Mon avis :

The Book of Love est un récit contemporain piqué d'éléments fantaisistes et magiques. 

Outre le fait que des disparus reviennent mystérieusement à la vie, l'ombre d'une déesse déchue plane sur cet univers et ses étonnants personnages. Diminuée et incomplète, elle cherche à retrouver sa puissance. Or, pour être à nouveau elle-même et remettre la main sur la partie d'elle manquante, elle a lancé le défi à ces jeunes revenants de le lui retrouver en échange d'un avenir. 

Pour nourrir son univers, Kelly Link a emprunté des éléments à de nombreuses mythologies. Parmi lesquelles on peut citer la mythologie grecque à travers sa réappropriation des Enfers, non plus gardés ici par Hadès et son célèbre chien à trois têtes mais plutôt par un étrange personnage maudit rêvant de céder sa place à d'autres. 

L'Asie a également influencé ce texte puisque l'on retrouve un peu de la légende de la lune et du soleil qui s'aiment sans jamais réussir à se retrouver. En effet, dans ce roman, il est aussi question d'un amour impossible condamnant deux êtres à ne pouvoir se voir et se parler.

Il en ressort un univers riche et déjanté car cette histoire est pour le moins loufoque. 

La magie imprègne chaque page de ce roman. Elle constitue parfois l'essence même de certains protagonistes. Faux-semblants et illusions trompent d'ailleurs le lecteur autant que les héros de cette histoire. 

La magie est partout, elle transparait même dans les notes de musique égrenées par les personnages donnant à ce récit une dimension poétique. D'ailleurs ce récit est très musical, piqué de paroles de chansons et de nombreuses références musicales lui donnant ainsi une ambiance singulière cherchant à envoûter les lecteurs.

Comme le titre l'indique, The Book of Love parle beaucoup d'amour quelque soit la forme qu'il prend. Amour filial, amical ou charnel, ce puissant sentiment transcende l'humanité depuis la nuit des temps. Il est autant question ici de sexe que de la construction d'une relation. Dans ce roman, jouissance et frustration se télescopent dans un maelström de sentiments. 

En miroir avec toute cette thématique sentimentale, Kelly Link aborde des sujets empreints d'une plus grande gravité comme le deuil, le sentiment de perte, l'acceptation ou encore la reconstruction de soi. 

L'intrigue de ce roman est à l'image de l'univers, c'est-à-dire très riche. Cela part dans tous les sens nous plongeant parfois dans des situations ubuesques pour maintenir un effet de surprise quasi permanent. 

The Book of Love est un roman choral qui conte la destinée de nombreux personnages tantôt déjantés, tantôt touchants. Derrière certaines histoires se cachent des souffrances et des failles qui peuvent faire écho en nous. 

Aussi des personnalités sont plus attachantes que d'autres. Kelly Link explore toutes les facettes de l'humanité à travers sa communauté très hétéroclite de personnages. On retrouve un peu toutes les figures. Il y a celle de la femme forte, à l'image de Laura qui s'impose face à cette déesse déchue et compte bien lui tenir tête quoi qui lui en coûte. Daniel se révèle être un garçon sensible très attaché aux siens, faisant passer le bonheur de sa famille avant le sien. Il s'avère gauche quant à dévoiler ses sentiments mais demeure un roc sur qui on peut toujours compter. Quant à Mo, il est clairement une âme à vif. De retour à la vie, il se découvre orphelin. Son profond attachement à sa grand-mère et sa volonté de la retrouver font de ce garçon, un être à part qu'on ne peut qu'aimer. 

A travers tous ses personnages, Kelly Link fait preuve d'un vrai souci de représentation car la diversité est bien représentée dans ce roman. 

Pour conclure :

The Book of Love est finalement un récit singulier, un conte moderne qui nous fait emprunter des chemins insolites pour nous délivrer une analyse fine de l'âme humaine. 

Fantasy à la Carte

A lire sur la blogosphère l'avis des Blablas de Tachan

Informations 

Kelly Link
The Book of Love
9791035422844
734 pages
Éditions Albin Michel Imaginaire

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27/02/2026

Christian Clément, Dark Gravity, éditions Pocket Imaginaire

Christian Clément, Dark Gravity,
 éditions Pocket Imaginaire 

Christian Clément est un auteur français de science-fiction. Dark Gravity est son premier roman. D'abord publié en grand format chez Michel Lafon en 2023, il vient d'être réédité en poche chez Pocket Imaginaire

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Suite à un terrible cataclysme, la terre voit sa gravité s'inverser. Alors que l'heure est à la survie, Hélène, une jeune alpiniste française, escalade les immeubles dans l'espoir de retrouver son fils. Chemin faisant, elle va croiser la route de certaines personnes dont l'arrogant scientifique Mattis Magnusson qui a justement besoin de ses compétences pour l'aider à regagner son laboratoire et tenter d'inverser la situation. Enfin si cela est encore possible? 

Mon avis :

Dark Gravity est un roman postapocalyptique qui nous propulse à New-York après un terrible cataclysme. Si les auteurs de science-fiction nous ont surtout habitué à des récits de fin du monde suite à des bouleversements climatiques ou à des virus mortels, Christian Clément, lui, a fait un autre choix. 

En effet, passionné par les sciences et notamment la physique, il a plutôt imaginé des recherches sur la compréhension et la maîtrise de la gravité qui auraient échappé à tout contrôle conduisant à un terrible désastre. 

Aussi, la Terre est sans dessus dessous car tout ce qui était à la surface se retrouve la tête en bas. Or, sous la pression de la gravité, les constructions finissent par se décrocher, toutes les canalisations sautent les unes après les autres noyant peu à peu les espaces, les fils électriques sont arrachés plongeant l'humanité dans le noir. Les morts se comptent sans doutent par milliards et ne cessent de croître avec le temps car aucun refuge n'est sûr. Tout peut vite s'avérer être un piège. Même l'espace n'est pas un endroit enviable car l'inversion de la gravité se révèle un danger mortel pour les vaisseaux en orbite autour de la terre qui sont repoussés toujours toujours plus loin de l'attraction terrestre. 

Le décor est posé et il est cauchemardesque. L'univers s'appuie sur un progrès scientifique réaliste et inquiétant tout en nous livrant à un chaos inévitable lorsque les repères disparaissent. 

Les codes du postapocalyptique sont donc bien au rendez-vous entre une humanité en partie décimée, des rescapés réduits à leurs plus bas instincts, ou encore un paysage de ruines et de désolation. 

Dark Gravity aborde des aspects scientifiques mais aussi psychologiques car ce livre questionne autant l'avancée des sciences que l'humanité dans ses comportements face à l'inimaginable. 

Dans ce genre de roman, la survie est au cœur des enjeux. Mais on parle également de lutte contre toute forme de dangers, de résilience et de reconstruction pour continuer à vivre en dépit du monde qui a changé. 

En faisant le choix d'un monde bouleversé à cause d'agissements humains, Christian Clément rappelle les dangers que les avancée scientifiques et technologiques peuvent exercer et le rôle de protecteur que les savants et les sachants de ce monde doivent toujours endosser. 

Il est important de toujours garder en tête que de grands pouvoirs génèrent de grandes responsabilités. 

Or, par le truchement de certains de ses personnages, l'auteur pointe du doigt les méfaits de l'hybris avec cet effet pervers lorsque la créature dépasse le maître. Ici la poignée d'humains responsables de ce cataclysme se retrouvent démunis lorsque leur découverte leur échappe. Si certains en tirent une leçon, ce n'est pas le cas chez tous car la démesure grise tellement les esprits qu'elle empêche toute réflexion pondérée et fait même fi de l'instinct de survie. 

Dark Gravity est un roman choral qui multiplie les points de vue pour donner de la hauteur à ce récit catastrophe. L'intérêt d'un tel choix est de dynamiser la lecture d'autant qu'ici on change souvent de plans passant de la Terre à l'espace. Cela rend donc le récit plus intéressant. 

Pour autant, je trouve qu'il y a beaucoup trop de personnages. Il n'a donc pas été aisé de rentrer dedans et d'éprouver des émotions vis-à-vis de cette communauté s'avérant très hétéroclite. Même si bien évidemment, certains sortent du lot, qu'on les aime ou les déteste d'ailleurs. 

Pour ma part, j'ai eu un petit faible pour Hélène et Jack qui ont réussi à apporter une note de douceur au milieu du chaos. Hélène incarne une femme de courage. Alpiniste professionnelle, elle dispose d'une force de caractère qui lui est utile pour affronter cette situation dramatique. Quant à Jack, il renvoie l'image de la sérénité malgré les dangers et l'adversité. Souffrant d'une maladie handicapante, il fait montre d'un mental solide pour affronter ce qui l'attend. En outre, il demeure un personnage très intéressant car il permet d'aborder la thématique importante de l'handicap et de sa réception dans la mentalité des gens. 

Pour conclure :

Dark Gravity est un roman dense où l'intrigue se déroule lentement. Christian Clément a pris son temps pour poser le décor et dévoiler l'ensemble des enjeux de son roman. L'action survient par intermittence pour créer la surprise et donner du rythme. En outre, l'originalité réside dans les causes de la catastrophe. Les amateurs du genre y trouveront sans doute leur compte dans le sens qu'il y a du spectaculaire et une certaine tension. A bon entendeur ! 

Fantasy à la Carte

Informations

Christian Clément
Dark Gravity
9782266356565
582 pages
Editions Pocket Imaginaire

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24/02/2026

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, Le Laboratoire des Ombres, éditions Maison Pop

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, 
Le Laboratoire des Ombres
éditions Maison Pop

Romancier et scénariste français, David S. Khara est l'auteur de quelques succès comme Le projet Bleiberg, Une nuit éternelle ou encore Atomes crochus

Son dernier roman s'intitule Embraser le Monde. Il inaugure une série mêlant uchronie et espionnage du nom du Laboratoire des Ombres

Lu dans le cadre d'une Masse Critique Babelio, je remercie toute l'équipe ainsi que les éditions Maison Pop pour l'envoi de ce livre. 

Résumé:

Londres, 1841. Après le meurtre d'un fonctionnaire, Ashton, agent secret britannique, est chargé d'enquêter sur cette épineuse affaire touchant à la sécurité de l'État ainsi qu'à la paix mondiale. Ses investigations le conduisent à approcher l'inventeur Michael Faraday car ses fabuleuses découvertes sembleraient être détournées par quelques esprits machiavéliques semblant vouloir en faire une arme létale. Ensemble, ils décident d'unir leurs forces pour mettre ce criminel hors d'état de nuire et ainsi espérer éviter le pire. 

Mon avis :

Avec Le Laboratoire des Ombres, David S. Khara inaugure une très bonne série historique empruntant les codes du roman d'espionnage. 

Le récit prend cadre au moment stratégique de la convention de Londres, aussi appelée convention des Détroits en 1841 qui fut signée par les cinq puissances de l'époque : la Grande-Bretagne, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie. Son intérêt était de permettre à l'Empire ottoman de fermer le Bosphore et les Dardanelles à tous les vaisseaux de guerre, y compris en temps de paix, et à contrario, de choisir de laisser passer ses alliés. Instant crucial de géopolitique repris ici par l'auteur comme un enjeu de paix à préserver coûte que coûte face à une menace terroriste. En effet, David S. Khara utilise les progrès de l'époque, notamment les découvertes scientifiques de Michael Faraday autour de l'induction électromagnétique qu'il détourne pour en faire des armes de destruction. Le décor est posé. Il mêle habilement la politique et le progrès scientifique de l'époque pour nous plonger dans une aventure immersive où plane l'ombre d'un danger constant. 

David S. Khara s'est donc réapproprié l'illustre Michael Faraday pour l'entrainer dans une aventure trépidante où il en va de la sûreté nationale, et même internationale. L'univers est très réussi empruntant au roman d'espionnage, à travers l'introduction d'un protagoniste se révélant être un espion et agissant pour le compte du gouvernement britannique afin de percer les secrets qui menacent l'empire et ses alliés. 

Tous les deux forment un duo étonnant laissant naître peu à peu une solide amitié, à la manière de Sherlock Holmes et du docteur Watson. 

Embraser le Monde se révèle être un livre très riche. Il n'est pas un simple divertissement nous entraînant dans les dédales d'un Londres historique, parcourant autant les beaux quartiers que les bas-fonds. En effet, il aborde bien des sujets tournant bien évidemment autour des idéaux politiques, de l'anarchisme et du terrorisme dont peuvent user certains groupuscules pour déstabiliser le pouvoir en place. 

Mais ce récit est également engagé en proposant un personnage féminin incarnant une femme forte, libérée et indépendante évoluant dans une société où le carcan social est encore très présent. Il y a un propos féministe fort intéressant. 

En outre, le parti pris d'utiliser la science à des fins politiques est également intéressant

La plume est d'une grande fluidité et nous entraîne dans un maelström de rebondissements très prenants. Le Laboratoire des Ombres est un texte riche en actions et en suspense qui contentera un public avide de sensations. 

Les personnages sont d'emblée attachants. David S. Khara s'appuie essentiellement ici sur trois protagonistes. Il y a la douce et intelligente Elvina qui cherche à s'extraire de sa condition de femme. Avide de savoirs, elle est pétillante et s'impose à sa manière à ce monde masculin très impitoyable vis-à-vis de la gente féminine. L'énigmatique Ashton cache, quant à lui, un lourd secret qui en fait un personnage surprenant mais si intéressant à suivre. Enfin, on retrouve entre ces pages, le fameux Michael Faraday, génie de son époque. L'auteur a fait de ce visionnaire, un esprit à la fois éclairé et épris de justice. Tous trois donnent à ce récit toute sa singularité et contribuent à le rendre encore plus palpitant. 

Pour conclure :

Avec Embraser le Monde, David S. Khara signe un premier tome de très grande qualité qui excelle à nous distraire tout en nous offrant un nouveau regard sur le passé. 

Fantasy à la Carte

Informations

David S. Khara
Embraser le Monde
Tome 1 
Le Laboratoire des Ombres
9782488201407
304 pages
Editions Maison Pop

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