L'influence du "gaming" à la littérature

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06/10/2026

Maria Levski, La Malédiction de Waterdown, tome 1, éditions Château d'âmes

Maria Levski, 
La Malédiction de Waterdown, 
tome 1, 
éditions Château d'âmes

Maria Levski est une jeune autrice de romances contemporaines teintées de magie. La Malédiction de Waterdown est son deuxième roman. Il est paru aux éditions Château d'âmes en 2025. 

Découverte fortuite en librairie, j'ai immédiatement été séduite par la beauté du livre-objet et par le pitch très prometteur. 

Résumé :

Alyson, Skye et Margaret sont trois sœurs qui se sont un peu perdues de vue jusqu'au décès de leur grand-mère les obligeant à revenir à Waterdown en Écosse. Bien qu'elles y ont passé leur enfance, elles n'ont que peu de souvenirs du domaine. Mais l'hostilité des habitants de cette petite ville leur font bien ressentir que leur présence dérange, sans parler de la puissante famille Graham qui semble tenir la ville et détenir également des secrets sur leur propre famille. Mais peuvent-elles seulement leur faire confiance et répondre à la dernière volonté de leur aïeule sans le regretter au bout du compte ? 

Mon avis :

Avec La Malédiction de Waterdown, Maria Levski signe un récit où s'invite du réalisme magique. L'histoire prend cadre dans la cité fictive de Waterdown, située en plein cœur de l'Écosse. Un parti pris géographique qui a l'intérêt de voir fleurir ici et là des manoirs peuplés de fantômes et de secrets. Ce cadre est propice à instaurer une ambiance mystérieuse tirant peut-être même vers l'horrifique, qui sait ! 

On est informé dès le début qu'une malédiction pèse sur la lignée des Balfour. Celle-ci semble d'ailleurs être liée à un mythe local parlant d'une sorcière et d'un vagabond. Ainsi, une certaine magie plane sur ce livre, notamment à travers les découvertes que font les trois héroïnes sur leurs ancêtres. En outre, chacune à leur manière se découvre certaines prédispositions pour se connecter à leur passé familial. Que ce soit sous forme de visions ou de rêves, la magie du sang est à l'œuvre entre ces lignes et s'est réveillée depuis leur retour aux sources. 

Qui dit malédiction, dit menace. Aussi un danger s'installe progressivement au fil du récit. Celui-ci se manifeste notamment à travers le retour d'inquiétantes disparitions. Bien que palpable, le danger demeure non identifié. L'omniprésence de la fratrie des Graham n'est pas non plus pour rassurer car leurs intentions demeurent floues. 

Pour autant certains éléments auraient pu être davantage développés, comme le caractère inquiétant de cette famille Graham en jouant davantage sur les secrets que ses membres dissimulent. Ce genre d'intrigue se prête à une ambiance ténébreuse et pourtant ici il n'en est rien. L'autrice aurait pu davantage travailler le doute sur les intentions bonnes ou mauvaises des Graham vis-à-vis des sœurs Balfour, par exemple. Cela aurait eu le mérite de donner davantage de rythme à ce premier opus. 

Bien évidemment, il s'agit ici que d'un premier tome qui est surtout là pour poser le décor et les enjeux. Ce que Maria Levski fait. Toutefois, il m'a manqué ce petit quelque chose pour me captiver complètement d'autant que tous les éléments d'un bon roman sont là : les secrets familiaux, la vieille demeure, une ancienne magie, une malédiction et de l'amour impossible. 

Avec ce tome 1 de La Malédiction de Waterdown, Maria Levski signe donc une mise en bouche qui ne demande qu'à s'épanouir. 

Elle y aborde quelques thématiques intéressantes, telles le deuil, la famille dysfonctionnelle, la quête d'identité ou encore les relations intra-familiales conflictuelles. 

Ce roman est construit sur trois points de vue puisqu'on y suit tour à tour Alyson, Skye et Margaret. Elles ont des personnalités différentes, ce qui provoque quelques étincelles parfois et donne au récit un certain relief. Si Skye incarne la figure de rebelle, Alyson, elle, demeure un électron libre et indépendant. Quant à Margaret, sa position d'aînée la conditionne au rôle plus pondéré de l'adulte ayant la tête sur les épaules. En nous dressant le portrait de personnages si différents, Maria Levski permet à chacun de ses lecteurs de trouver de quoi s'identifier. 

Pour conclure :

Dans La Malédiction de Waterdown, Maria Levski y réunit tous les ingrédients d'une bonne histoire. Mais seul l'avenir nous dira si l'alchimie prend pleinement. A suivre au prochain épisode. En tout cas, par certains empreints, on retrouve des clins d'œil à Charmed, ce qui n'a pas été pour me déplaire car j'éprouve un réel attachement à cette série qui a marqué ma jeunesse. 

Fantasy à la Carte

Informations

Maria Levki
La Malédiction de Waterdown
360 pages
9782940787081
Editions Château d'âmes

Lien vers le site

29/09/2026

Alexiane Thill, Ombre noire, tome 4, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill, 
Ombre noire, 
T.4, 
Le Dernier Conte, 
éditions Hugo poche

La parution d'Ombre noire marque le point final de cette série au long cours écrit en quatre tomes. 

Si dans le tome précédent, les révélations se pressaient entre ses pages pour nous donner les clés de cet incroyable univers, le quatrième volet, lui, va davantage se consacrer à l'ultime et nécessaire affrontement entre l'ensemble des protagonistes du Dernier Conte qu'ils soient Héros ou non. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie à nouveau Olivia pour sa confiance renouvelée. 

Résumé :

Après avoir découvert la vérité sur les Contes, Warren et Ariane se retrouvent séparés. Alors que lui est de retour dans les Basses-Terres chargé de la mission d'informer les Monarques sur les véritables desseins de Marraine, elle, doit affronter la bonne fée et le machiavélique Pan afin de les empêcher ou tout du moins les ralentir dans l'accomplissement de leur ignoble projet. Affaiblis et ébranlés, trouveront-ils la force nécessaire pour triompher de leur némésis ? 

Mon avis :

En puisant dans les contes de fées pour construire son univers, Alexiane Thill nous rappelle la richesse et surtout le précieux trésor que représentent toutes ces histoires compilées au fil du temps qui nourrissent l'imaginaire collectif. 

La fantasy se nourrie clairement des mythes, des légendes et des contes que les auteurices reconnaissent ou non ces emprunts dans les mondes qui prennent vie sous leur plume. Or, dès les premières lignes de son récit, Alexiane Thill, elle, revendique cette héritage culturel qu'elle a grandement retravaillé pour nous immerger dans un véritable jeu de pistes afin d'identifier les contes mis en valeur ici et d'apprécier ou non ce qu'elle en a fait. 

C'est ce choix qui rend ce récit particulièrement immersif incitant à la réflexion et à l'introspection dans ses souvenirs de lectures. 

Le Dernier Conte nous entraîne dans un monde parallèle où l'on rencontre des trolls, des sirènes, des léviathans, des ogres, des fées, des sorcières... bref tout une communauté surnaturelle qui nous permet d'identifier directement l'environnement fantasy dans lequel on est propulsé. 

L'autrice mélange tous les tropes que l'on aime retrouver dans ce genre : les créatures chimériques, la lutte entre le bien et le mal, des batailles épiques, de la magie, des protagonnistes "grumpy sunshine" et même de la romance slow burn. 

Toutefois, ce quatrième opus nous rappelle que l'univers des Contes est parallèle au nôtre et que la fin va incomber le retour de Warren d'où il vient car il n'est pas originaire de là. 

26/09/2026

Alexiane Thil, Perle bleue, tome 3, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill,
Perle bleue,
 T.3,
Le Dernier Conte,
éditions Hugo poche

En signant sa saga du Dernier Conte, Alexiane Thill offre à ses lecteurs un voyage totalement dépaysant au pays des contes de fées. 

Personnellement, j'ai dévoré chaque page de Pomme d'or et de Rose rouge. Il n'était donc pas question de retarder ma lecture de Perle bleue d'autant que l'autrice a la fâcheuse habitude de conclure ses romans sur d'insoutenables cliffhangers. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Cherchant toujours un moyen pour empêcher la Nuit d'advenir, Warren et Ariane ont l'idée de s'unir. Toutefois la cérémonie est interrompue par la survenue des troupes de Blanche-Neige qui cherchent toujours à leur mettre la main dessus. Or, pour leur échapper, ils n'ont pas d'autre choix que de prendre la direction de la côte. Là-bas, ils retrouvent une vieille ennemie de la fée et s'associent à un pirate pour tenter de franchir la Barrière d'Écume et atteindre Neverland car c'est leur dernier espoir d'y trouver une solution. Mais ne vont-ils pas juste se mettre dans la gueule du loup ? 

Mon avis :

Comme dans ses tomes précédents, Alexiane Thill explore de nouveaux contes car ils sont les pièces maîtresses de cet univers foisonnant de fantasy. Or, en voyant ses protagonistes se rapprocher de la côte et embarquer à bord d'un navire, on devine de suite le conte qui sera, dans un premier temps, mis à l'honneur ici, à savoir La Petite Sirène. 

D'ailleurs, il est à noter qu'Alexiane Thill demeure plutôt fidèle au conte d'Hans Christian Andersen. Ainsi, cette version du conte s'est bien accomplie et les personnages du Dernier Conte en subissent les conséquences et tentent de dénouer les fils de l'histoire pour s'en servir à leur avantage. 

La plume d'Alexiane Thill se montre à nouveau très ingénieuse dans les emprunts qu'elle fait pour tricoter sa propre histoire. 

Après la forêt maudite et les marais, elle nous embarque donc en pleine mer à la rencontre de nouvelles créatures. Elle a, à nouveau, lâché la bride à son imagination pour donner vie à des êtres aussi incroyables que ténébreux. En variant les décors qui servent d'écrin à son histoire, l'écrivaine conforte notre évasion tout en renforçant l'atmosphère horrifique qu'elle a impulsée à son univers dès le premier roman. La corruption qui s'est lentement installée dans les différents mondes est juste glaçante. Aussi, l'ambiance est de plus en plus lourde et dérangeante. 

Dans Perle bleue, l'action est à son comble surtout lorsque le navire sur lequel ont embarqué les héros du Dernier Conte chevauche une mer déchaînée remplie de créatures monstrueuses qui ne ressemblent en rien au dessin animé naïf de Walt Disney. En effet, les sirènes d'Alexiane Thill sont effrayantes, diaboliques et puissantes. Le conte étant perverti, on en attendait pas moins de l'autrice que de nous brosser le portrait de créatures à nous flanquer la chair de poule. 

C'est un tome riche en batailles très épiques. L'autrice emprunte bien volontiers au roman de piraterie pour piquer son récit d'affrontements maritimes très immersifs. Le spectaculaire est donc de la partie, tout comme les révélations qui commencent à fleurir surtout à travers les souvenirs d'Ariane car ces derniers refont surface de plus en plus rapidement. 

Dans ce troisième volet, l'autrice joue sur nos nerfs en soufflant le froid et le chaud, ce qui met d'ailleurs nos cœurs à rude épreuve. La tension monte crescendo dans ce tome en raison de duels aussi inattendus qu'ébouriffants. 

En outre, Alexiane Thill se montre très habile pour faire le lien entre les deux contes mis en lumière ici puisque tout repose sur l'introduction d'un personnage dont le passé familial et une déconvenue de son présent assurent la connexion entre les deux. C'est brillant et bien vu ! 

Dans Le Dernier Conte, l'autrice se plaît à montrer l'envers du décor, à mettre en avant les réalités qui se cachent derrière les histoires. 

Or, c'est au Pays Imaginaire que tout semble se jouer, ou tout du moins qu'une vérité attend d'être découverte.