M. L. Wang est une jeune romancière spécialisée dans les littératures de l'imaginaire.
Elle se fait d'ailleurs l'autrice d'histoires toujours très poignantes à l'image de The Sword of Kaigen paru chez Calix en 2025 ou encore de Blood Over Bright Haven sorti chez le même éditeur au mois de février.
Ayant beaucoup tourné sur les réseaux et après avoir entendu Emmanuel Chastellière, son traducteur, en parler en termes forts élogieux, j'avoue avoir ma curiosité de lectrice être piquée.
En outre, pour être tout à fait transparente avec vous, le livre a rejoint ma PAL depuis un moment, il me fallait juste trouver le temps de le sortir.
Résumé :
A Tiran, Sciona a travaillé dur pour devenir la première mage femme de l'Histoire. Or, maintenant qu'elle a réussi l'examen, le plus difficile reste pourtant à faire car elle était loin d'imaginer combien travailler en compagnie d'hommes arrogants va s'avérer compliqué sans parler des terribles découvertes que ses recherches vont dévoiler. Alors sera-t-elle quoi faire de ce lourd héritage pour tenter de changer le monde ? N'est-ce pas d'ailleurs à croire à l'impossible ?
Mon avis :
Blood Over Bright Haven prend cadre dans la cité de Tiran. C'est d'ailleurs le berceau de la magie voulue par le dieu éponyme lui-même, d'après les textes sacrés. Elle est administrée par un haut magistère où siègent des hauts mages, nantis pour la plupart, qui sont en charge de maintenir les protections magiques autour de la ville afin de la prémunir des effets de la Souillure. Derrière Tiran se dessine une société de castes où l'injustice prédomine. En effet, la ville accueille en son sein des Kwens qui, pour échapper à la Souillure, ont réussi à trouver refuge à Tiran. En échange de cette protection, ils subissent une vie misérable servant les Tiranais et vivant dans la pauvreté et le dénuement le plus total en périphérie de la cité.
L'univers qui prend forme sous la plume de M. L. Wang s'inspire de l'industrialisation du XIXe siècle où toutefois le progrès ne résulte pas ici des avancées de la machinerie mais est plutôt due à la magie qui va puiser dans des sources d'énergie pour faire avancer les trains ou les automobiles, pour alimenter l'éclairage de la ville ou encore pour faire fonctionner les armes des gardes ou des mages.
La magie imaginée par M. L. Wang se révèle très ingénieuse. Les sorts sont réalisés par l'entremise d'un appareil appelé icantographe permettant de cartographier un espace pour procéder au siphonnage et ainsi aspirer tout ce qui se trouve dans cet espace et le transformer en énergie. L'expression du pouvoir se pare de notes steampunk alliant ici ingénierie et surnaturel.
Ainsi, la fantasy de M. L. Wang est particulièrement crédible et demeure un point fort au roman. Mais ce n'est pas le seul car outre l'originalité de l'univers, l'autrice met en exergue de nombreuses thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres.


