L'influence du "gaming" à la littérature

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24/10/2026

Rebecca Yarros, Threshing Day, éditions Hugo

Rebecca Yarros, Threshing Day, 
éditions Hugo

Alors que toute la communauté des lecteurs de la première heure attendent le 4e opus de la saga, The Empyrean, avec beaucoup d'impatience, Rebecca Yarros en a décidé autrement. Ainsi, la sortie du tome 4, initialement prévue en 2026, n'aura donc pas lieu. 

Toutefois, elle nous propose un petit amuse-bouche qui vient juste de sortir en librairie, histoire de patienter jusqu'à la publication du saint graal. 

C'est un recueil de 14 nouvelles qui s'intitule Threshing Day et s'ouvre sur un préambule introductif d'un colonel prodiguant des conseils aux professeurs de dragonologie à transmettre aux étudiants du quadrant des cavaliers.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse. 

Mon avis :

Threshing Day signifie le jour du battage, autrement dit, la journée la plus importante pour un futur cavalier qui va se lier à jamais à un dragon ou mourir, voire être recalé. Cette consécration pour celles et ceux qui réussissent méritait bien que l'autrice s'y intéresse de plus près. 

Aussi, Rebecca Yarros nous propose de lire 13 nouvelles correspondant au jour du battage de 13 élèves de Basgiath. 

Il est à noter que certains de ses textes dévoilent des éléments de l'intrigue de la saga, notamment lorsqu'elle nous partage les souvenirs d'élèves intégrés l'année d'après l'entrée de Violet Sorrengail.

Mais d'autres datent d'avant sa propre arrivée comme les nouvelles correspondant au jour du battage de son frère et de sa sœur, Brennan et Mira. 

Plus que le plaisir de retrouver ce plaisant univers, l'intérêt d'une telle publication est de prendre de la hauteur par rapport à la saga originelle pour nous éclairer sur certains des choix scénaristiques qu'a pu faire Rebecca Yarros au fil de ses romans. 

D'ailleurs, beaucoup de ses nouvelles évoquent de près ou de loin le personnage principal de The Empyrean. En effet, sans la croiser directement, il est souvent question de Violet Sorrengail nous rappelant ainsi combien elle joue un rôle important dans plus d'une destinée. 

Toutefois il n'est pas question ici de rentrer dans les détails de chaque battage et vous spoiler ainsi le plaisir de la découverte. 

Mais ayez tout de même à l'esprit que chacun des textes est porteur d'émotions. Certaines rencontres vous feront très certainement mourir de rire, à l'image de celle de Ridoc et d'Aotrom, d'autres, au contraire, vous mettront les larmes aux yeux. Cela est inhérent à la personnalité ou au passé de chacun d'eux.

Chacune de ces nouvelles est un moment intime que l'autrice nous partage. Il ne s'agit pas seulement d'une rencontre explosive, parfois mortelle entre un dragon et un humain, mais plutôt d'en apprendre plus sur chacun des personnages secondaires, pour la plupart, notamment sur leurs peurs les plus profondes ou sur l'origine des liens qui les unissent. 

Ainsi, j'ai trouvé très réconfortant de lire les nouvelles concernant Garrick et Liam autant pour leur proximité avec Xaden que, soyons honnêtes, parce qu'ils sont particulièrement attachants. Chacun à leur manière nous dévoile finalement une autre facette de l'inflexible Xaden, à travers un aperçu de son passé remontant bien avant Basgiath. 

C'est tout bonnement récréatif que de prendre le temps de lire tous ces textes qui nous replongent avec délice dans les intrigues agitant le royaume de Navarre et son académie militaire. 

Ce moment suspendu est même trop court puisque Threshing Day ne comporte que 224 pages alors si je peux me permettre un conseil, savourez-en chaque ligne car ça se lit bien trop vite.

Enfin avant de conclure, je ne peux pas faire l'impasse sur l'objet-livre en lui même qui est très beau. Outre le joli jaspage piqué d'ombres de dragons, les éditions Hugo ont glissé au début de chaque texte une illustration du dragon avec lequel s'est lié le cavalier dont Rebecca Yarros nous partage ici l'histoire. On retrouve également en pages de garde, un autre magnifique dessin représentant une haie d'honneur de dragons et de leur cavalier. 

Les illustrations sont signées Joe Requeza et sont clairement la valeur ajoutée de ce livre en le transformant en objet précieux renforçant l'immersion. 

Threshing Day s'adresse avant tout aux lecteurs de la saga à cause des nombreuses références à la série originelle. Je vous déconseille donc de le lire avant comme si c'était une porte d'entrée sur cet incroyable univers car vous passeriez à côté de certaines subtilités. 

Pour conclure :

Enfin, même si la lecture de ce livre n'est pas nécessaire à la compréhension de l'histoire, il serait tout aussi regrettable de passer à côté de ce divertissant tête à tête avec les plus beaux personnages de ce cycle de romantasy. A bon entendeur!

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Fourth Wing, Iron Flame et Onyx Storm. 

informations

Rebecca Yarros
Threshing Day
9791042909536
224 pages
Editions Hugo

Lien vers le site

20/10/2026

Guy Gavriel Kay, De l'encre dans la nuit, éditions L'Atalante

Guy Gavriel Kay, De l'encre dans la nuit, 
éditions L'Atalante

Octobre marque le retour du mois de l'Imaginaire. Or, pour l'occasion, sur les étals des librairies fleurissent de très belles parutions. Aussi au programme du mois, les éditions L'Atalante nous ont réservé la très attendue sortie du nouveau titre de Guy Gavriel Kay. 

Voilà de quoi ravir les amateurs de ce désormais grand nom de l'imaginaire. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les édition L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Poète de taverne, Thierry Villar ne pensait pas se retrouver un jour à côtoyer de très près le pouvoir. Et pourtant le voilà contraint à devoir enquêter sur l'effroyable assassinat du frère du roi. Un meurtre, révélateur des luttes intestines pour le trône de Ferrière qui agitent autant les vieilles familles rivales que les ennemis de longue date. A Thierry de la jouer fine en nouant les bonnes alliances pour survivre à ce complot aux conséquences s'annonçant déjà très retentissantes. 

Mon avis :

Avec De l'encre dans la nuit, Guy Gavriel Kay signe à nouveau une très belle fresque de fantasy historique réhaussée d'un soupçon de magie. 

Son récit prend cadre en pleine guerre de Cent Ans qui a opposé les Français aux Anglais de 1337 à 1453. Conflit de 116 ans auquel s'est ajouté une lutte intestine entre deux familles rivales : les Bourguignons et les Armagnacs se traduisant par une véritable guerre civile qui a profondément affaibli la France. 

Guy Gavriel Kay fait débuter son histoire au moment de l'assassinat du frère du roi, Louis Ier d'Orleans, commandité par Jean sans Peur pour permettre aux Bourguignons de regagner en influence. Un jeu de pouvoir dû à la folie du roi Charles VI. 

L'auteur s'appuie sur ces éléments clés pour nourrir son intrigue tout en se jouant de l'Histoire. 

En effet, le récit se pare donc de notes uchroniques car l'auteur y multiplie les rencontres entre certaines figures de l'Histoire qui n'ont pas eu lieu dans la réalité mais viennent habilement servir son intrigue ici. 

Aussi, Jeanne d'Arc vient dans ce roman en aide à Charles VI en lui redonnant sa raison plutôt qu'à Charles VII pour lui remettre le trône. L'intérêt étant ici de rebattre les cartes pour donner aux évènements une toute autre saveur.  

D'autant qu'une certaine magie œuvre entre ces lignes. Celle-ci est d'ailleurs intimement liée à l'entremonde et donne quelques dons divinatoires à certains protagonistes. La manifestation de ce pouvoir est discrète mais bien utile pour servir les faits relatés dans ce roman et expliquer la tournure que Guy Gavriel Kay a choisie de donner à certains épisodes historiques. 

Derrière l'Histoire que met en exergue De l'encre dans la nuit, l'auteur nous plonge avant toute chose dans une enquête piquée de secrets d'État et de complots. 

Le récit n'en est que plus passionnant surtout en raison des nombreux dangers qu'encourt le héros. Hissé au rang d'enquêteur, ce poète de taverne n'a pas vraiment les épaules pour endosser un tel rôle et pourtant lui laisse-t-on un autre choix ? Côtoyer le pouvoir n'est pas de tout repos comme Thierry Villar en fera les frais plus d'une fois. 

La plume de Guy Gavriel Kay est à nouveau incisive pour tailler dans le tumulte de l'époque mais aussi très poétique pour nous livrer des morceaux choisis de poésie portés par la verve de son héro atypique. 

Le style est enlevé et entraînant ne laissant finalement aucun temps mort au lecteur. 

Guy Gavriel Kay y distille suffisamment de mystères et de suspense pour tenir ses lecteurs en haleine. 

Pour qui aime l'Histoire, c'est immersif et divertissant car ce livre joue beaucoup avec notre rapport au passé. 

L'auteur nous démontre que l'Histoire ne tient qu'à une succession de détails et que si l'un vient à manquer ou à intervenir à un autre moment, les évènements prennent donc une toute autre direction. 

Pour conclure :

Avec De l'encre dans la nuit, Guy Gavriel Kay s'est réapproprié une époque trouble avec beaucoup d'habileté pour nous en livrer une version intelligente et palpitante. Du grand art ! 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur : Voile vers Sarance, Le Seigneur des Empereurs, Tigane, Les Derniers Feux du Soleil et Comme un Diamant dans ma Mémoire. 

Informations

Guy Gavriel Kay
De l'encre dans la nuit
97910360002755
368 pages
Editions L'Atalante

15/10/2026

Stéphane Arnier, Voraces, T.2, La Dernière Transhumance, éditions Mnémos

Stéphane Arnier, 
Voraces, 
T.2, 
La Dernière Transhumance, 
éditions Mnémos

Avec la parution de Voraces, le tome 2 de la duologie de Stéphane Arnier, La Dernière Transhumance, l'heure du final a donc sonné.

En librairie depuis le 16 septembre, il était temps que je m'attelle à cette lecture. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Kaisu a enfin retrouvé sa fille Norda, son petit-fils Aslak, lui, est entre les mains des Vårks envahisseurs menés par le terrible Jarl, Måns. Chacun devra donc lutter coûte que coûte pour survivre surtout face à la menace grandissante des vitaux voraces que nul ne peut plus ignorer. Pour Kaisu et les siens, le temps est venu de s'engager dans un voyage périlleux sur les traces de ces vitaux migrateurs afin d'en comprendre les mystères et de trouver peut-être un remède au péril funeste qui les attend au bout du chemin. 

Mon avis :

Avec sa duologie, La Dernière Transhumance, Stéphane Arnier signe un récit de low fantasy poétique qui nous plonge dans une lente odyssée piquée de dangers et de révélations.

Point d'épique entre ses lignes mais un véritable héroïsme de la part de certains personnages. 

C'est un univers tourné sur une nature qui s'avère à la fois grandiose et inquiétante. Entre ces lignes la nature se pare des couleurs chatoyantes de l'automne annonçant le retour de l'hiver avec ses premiers frimas. Les descriptions sont très immersives et favorisent l'installation d'une atmosphère à la saveur toute particulière surtout qu'une magie est à l'œuvre. 

Si celle-ci était fugace dans le premier tome, elle est beaucoup plus marquée dans ce second volet. Intiment liée à la faune et à la flore, elle s'exprime par la perception de ces petits organismes aériens et colorés qui virevoltent dans l'air et s'accrochent aux végétaux et aux animaux. Si la majorité d'entre eux sont inoffensifs, les rouges appelés les voraces rendent littéralement fous ses porteurs en développant des appétits inassouvissables. Ces organismes colonisateurs transforment donc ses hôtes en véritables tueurs. Dans ce récit, la magie est pervertie rendant l'environnement dangereux car les humains et les animaux peuvent devenir d'impitoyables ennemis pour autrui.

Ce surnaturel permet à Stéphane Arnier d'explorer notamment la figure du monstre car le vorace exacerbe les plus bas instincts de son hôte. Si certains tentent de lui résister au mieux, d'autres y succombent avec délectation et sans la moindre honte. Ces voraces apparaissent finalement comme une métaphore du pouvoir qui saoule et fait perdre pied. Ils renvoient donc à la soif de possession et de domination. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si ces voraces s'épanouissent si facilement dans le cœur des colonisateurs les plus acharnés. 

Ce second tome est un tantinet plus sombre car piqué de scènes pour le moins horrifiques. La folie est si développée chez certains individus que la raison n'a plus sa place.