L'influence du "gaming" à la littérature

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24/01/2026

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche 

Angel Arekin a une bibliographie déjà bien remplie peuplée de titres de fantasy, de romantasy, de romance contemporaine ou encore de suspense. Son imaginaire s'avère donc débordant car il a déjà exploré de nombreux rivages. 

Après le succès de sa saga, Le Porteur de Mort, une épopée de fantasy déjà très remarquée, parue en grand format chez Plume Blanche, elle a récidivé en 2025 avec un one shot. Celui-ci s'intitule Dieu & Sorcière et est une romantasy

L'ayant acheté il y a peu de temps, j'avais très envie de le lire au vue des nombreux retours positifs à son sujet. Je dois avouer que je n'ai pas été déçue et vous confirme que la qualité est bien au rendez-vous

Résumé :

Lifren Morgeline est la dernière sorcière de sa lignée capable de retenir dans sa prison le Roi Fantôme, le maître du Monde Souterrain. Mais l'arrivée du ténébreux Aren venu se réfugier dans son vieil hôtel en bravant les fantômes de la forêt qui l'entoure va bouleverser toutes ses certitudes, l'interrogeant notamment sur la justesse de sa quête ? Et si on l'avait trompée depuis sa plus tendre enfance? Quel chemin adoptera-t-elle à la lumière de cette terrible vérité ? 

Mon avis : 

Dieu & Sorcière est une romantasy de grande qualité car elle s'appuie sur un univers richement construit. En effet, le récit s'insère au cœur d'une mythologie originale empruntant autant à la mythologie grecque que nordique. 

Entre ses lignes, les personnages d'Angel Arekin sont les pions des dieux qui se livrent une guerre sans merci. Ainsi, le Dieu de la Mort est victime d'un puissant sort l'enchaînant à sa prison souhaité par Neith le dieu de la nature par pure vengeance pour s'être uni avec sa sœur Sekmet, aujourd'hui disparue. Tous deux nous apparaissent un peu comme les pendants de Zeus et d'Hadès, deux frères ennemis qui luttent pour étendre leurs pouvoirs. 

Mais l'autrice emprunte également d'autres figures divines, à l'image de la célèbre Hekat. Elle en a fait la mère des lignées de sorcières qui malheureusement sont en voie d'extinction, à l'exception de Lifren Morgeline, la dernière représentante de ses pairs. 

Les sources sont d'ailleurs multiples car derrière Guerre, Maladie et Vieillesse, on peut y voir les personnifications des Cavaliers de l'Apocalypse mentionnés dans le Nouveau Testament. 

Quant à l'Arbre de Vie présent dans ce roman, comment ne pas l'associer au fameux Yggdrasil, l'arbre monde de la mythologie nordique. 

Il en ressort un univers d'une grande richesse, minutieusement élaboré pour accueillir une intrigue infusée de trahisons et de manipulations. 

L'histoire est particulièrement passionnante car derrière la romance qui se dessine en filigrane, il est surtout question de relations familiales complexes, de reconstruction de soi et d'expiation. 

Dans Dieu & Sorcière, Angel Arekin a surtout cherché à explorer l'âme humain, à travers des personnages écorchés vifs, marqués par le deuil et l'abandon. 

Les émotions se bousculent entre ces pages pour nous tordre les tripes car comme souvent en dark romance, le personnage masculin n'est pas qu'un simple bad boy. Victime d'une enfance difficile, orphelin depuis sa naissance, il est une âme perdue jusqu'à sa rencontre avec sa rédemption qui prend les traits d'une jeune femme puissante. Pour autant, aucun des personnages d'Angel Arekin n'est véritablement blanc. Chacun a sa part de noirceur car responsable de ses actes qu'aucune noble cause ne peut véritablement justifier. Il est donc beaucoup question dans ce roman de pardon et de reconnaissance de ses erreurs.

Dieu & Sorcière est un récit envoûtant qui nous embarque dans un imbroglio d'intrigues bien ficelées, mais est également puissant de par la diversité des thèmes abordés. 

C'est un texte qui cherche surtout à mettre l'âme humaine à nu. L'humanité y est donc beaucoup questionnée ainsi que la figure du monstre. 

Angel Arekin table sur des personnages plutôt en demie teinte. Si Aren incarne au premier abord l'image du mauvais garçon cherchant à se faire oublier au milieu d'une forêt réputée comme étant hantée, la vérité se révèle plus complexe. Il n'est finalement pas qu'un simple assassin. Ancien gamin des rues devenu un tueur dans le but de survivre à l'adversité que le destin lui a réservé. Pourtant au fil des chapitres on va se rendre compte que ses origines en font un être exceptionnel qui s'ignore. Il dispose de grands pouvoirs et va devoir apprendre à les maîtriser tout comme à en assumer les grandes responsabilités qui vont avec. C'est un personnage irrévérencieux, drôle et ténébreux à la fois. A ses côtés se tient la belle Lifren Morgeline. Elle est à la fois forte et fragile. Enfermée dans ses certitudes, sa rencontre avec Aren va profondément l'ébranler. Elle qui pensait se servir de lui comme d'un rouage nécessaire à son plan d'action va vite se retrouver désemparée face à tout ce qu'il réveille d'incroyables en elle. Elle est une puissante sorcière incarnant la force et l'indépendance. Pourtant elle est la dernière de sa lignée faisant d'elle un être à part, à protéger. En tout cas, c'est la mission qu'Aren s'est adjoint. Pour autant, il n'est pas dit que Lifren le laisse faire. Voici deux êtres que tout oppose mais dont les âmes vont s'entremêler. Alors succomberont-ils à leur plus simple désir ? Et que peut-il naître du chaos? 

Pour conclure :

Avec Dieu & Sorcière, j'ai pu goûter à la plume enchanteresse d'une autrice de fantasy qui a déjà laissé sa marque dans le paysage des littératures de l'imaginaire. La grandeur des personnages et l'authenticité de l'univers font de ce roman, une romantasy digne de ce nom. Il n'est point question ici d'une romance prenant cadre dans un décor de fantasy mais bien d'un récit de fantasy de qualité agrémentée d'une romance touchante. Voilà qui change de ce que la romantasy a l'habitude d'offrir à ses lecteurs. Je ne peux donc que vous recommander de vous emparer de cette histoire pour lire enfin une romantasy de belle facture. A bon entendeur ! 

Fantasy à la carte

Informations

Angel Arekin
Dieu & Sorcière
9782381991351
684 pages
Editions Plume Blanche

Lien vers le site

07/01/2026

Freya Marske, A Marvellous Light, T.1, The Last Binding, éditions Bragelonne

Freya Marske, A Marvellous Light, T.1,
 The Last Binding
éditions Bragelonne 

A Marvellous Light est le premier roman de Freya Marske. Il inaugure une trilogie de fantasy historique de grande qualité. 

Parue aux éditions Bragelonne, cette saga nous est proposée en deux versions : brochée et reliée avec un beau jaspage sur la tranche du livre. 

Je le reconnais bien volontiers, j'ai cédé à l'appel de ce bel écrin pour me lancer dans cette série. Je n'ai aucune volonté mais avouez qu'il est juste trop beau ce premier tome ?

Résumé :

Suite à une erreur administrative, le jeune noble Robin Blyth rejoint le gouvernement britannique après la disparition subite de son prédécesseur. Mais en acceptant ce poste il était loin de se douter qu'il deviendrait un agent de liaison avec une société magique secrète. Toutefois lorsqu'il se retrouve frappé d'une malédiction manquant de le tuer, il prend conscience du danger mortel qui le guette et n'a d'autre choix que de s'associer à son homologue magicien, Edwin Courcey pour l'aider à se sortir de ce mauvais pas. Pour autant, arriveront-ils à s'entendre pour résoudre cette énigme et ainsi rester en vie ? 

Mon avis :

A Marvellous Light est donc une fantasy historique qui nous transporte dans une Angleterre edwardienne alternative. En effet, la magie existe, elle est même l'apanage de certaines familles. Toutefois, son existence n'est pas connue du grand public. Les magiciens vivent donc dans le secret et lorsque celles-ci est révélée, on parle de "déboisselage". C'est une sorte de rituel de vérité. De même que lorsque le moment est venu de faire oublier cette fracassante révélation aux simples humains, les magiciens peuvent avoir recours au léthé-menthe. C'est une combinaison très efficace pour oblitérer les souvenirs. En outre, la magie qui prend vie dans cet univers se nourrit aussi du sang et est surtout liée à la terre et au domaine. Certaines demeures dégagent une telle puissance qu'elles renforcent le pouvoir de ses propriétaires, notamment à travers des rituels de sang qui viennent sustenter la terre et donne en retour un soutien inattendu et puissant.

Derrière A Marvellous Light se dessine un univers riche et complexe qui emprunte autant au folklore qu'à la mythologie grecque. Le cadre historique est très immersif notamment grâce à cette pointe de merveilleux. 

En outre, il permet à l'autrice d'introduire des thématiques intéressantes autour des droits des femmes par l'accès à l'université. La période edwardienne est marquée par des avancées avec, par exemple, l'engagement des suffragettes. 

Dans le roman de Freya Marske, on fréquente la bonne société. On goûte même aux mesquineries de certains nobles qui aiment tout particulièrement martyriser les non-mages. C'est en tout cas le cas de la famille de l'un des personnages principaux qui en a presque fait sa marque de fabrique. L'intérêt étant ici, en plus d'explorer l'âme tortueuse de certains humains, de s'intéresser à la toxicité des relations familiales à travers la figure d'un protagoniste qui sert de souffre douleur à son frère et à sa sœur. 

A Marvellous Light met à jour une machination visant à asseoir le pouvoir d'une caste sur le reste du monde. Cela met en lumière la lutte des classes qui étouffe bien des sociétés. Freya Marske y questionne donc avec beaucoup d'habileté les notions de liberté et d'humanité. 

02/01/2026

Jérémy Angelo, La librairie des poèmes infusés, éditions Twinkle

Jérémy Angelo, La librairie des poèmes infusés
éditions Twinkle 

Jeremy Angelo est un auteur d'imaginaire dont la bibliographie compte une dizaines de titres. Beaucoup de ses romans sont d'ailleurs parus chez Twinkle éditions qui a la spécificité de publier de très beaux livres reliés et ornés d'un beau jaspage.

Chaque année, ils éditent des romances de saison. 

Aussi, pour marquer cette fin d'année 2025, ils nous ont proposé un nouveau roman de Jérémy Angelo qui s'intitule La librairie des poèmes infusés. 

Résumé :

Après le décès de leur parent, Salomé et sa sœur Maëlle sont parties vivre en Écosse chez leur grand-père. En dépit de son immense chagrin, Salomé espère toujours devenir Maîtresse infuseuse. Or, en se renseignant auprès de la bibliothécaire du coin, elle a appris que le plus grand Maître infuseur d'Écosse vivait non loin, dans les Highlands. Prenant donc son courage à deux mains, elle décide de se rendre auprès de lui pour qui la prenne comme apprentie. Mais l'accueil qu'il lui réserve sur place est pour le moins glacial. Alors dans ces conditions, arrivera-t-elle, quand même, à atteindre son but de devenir Maîtresse infuseuse ? 

Mon avis :

La librairie des poèmes infusés est un roman contemporain coloré d'un léger merveilleux. Jérémy Angelo nous transporte en Écosse, une terre bercée par les légendes dont il nourrit son texte. Le décor est majestueux et mystérieux propre aux Highlands. On prend plaisir à parcourir entre ces pages cette terre sauvage et à rencontrer ses chaleureux habitants. 

Toute l'originalité du texte réside dans cette pointe fantastique qui associe le rituel du thé à de la poésie, le tout accompagné d'un soupçon de magie. 

La librairie des poèmes infusés n'est donc pas qu'une simple romance. En fait, c'est une ode à la littérature et à la poésie par l'entremise de la magie. Mais c'est également une déclaration d'amour pour ce pays magnifique qu'est l'Écosse. Les lieux décrits dégagent à eux seuls une vraie magie par le mysticisme ambiant

La lecture n'en est donc que plus envoûtante surtout à travers la présence de tous ces livres, le froissement du vieux papier ou encore l'atmosphère feutré propre au cottage. L'univers est immersif et plaisant. 

Romance oblige, on y retrouve tous les clichés mais l'histoire reste belle et agréable à lire. En effet, un être bourru, écorché par son passé qui tombe sous le charme d'une plaisante jeune femme, on n'est point surpris par la trame du récit. Toutefois, l'intrigue est efficace et on se laisse facilement emporter. 

En outre, le récit est enrichi de thématiques intéressantes tournant autour du deuil mais aussi de la reconstruction de soi après un échec ou une terrible perte. Jérémy Angelo y juxtapose la solidarité dont les humains peuvent faire parfois preuve au commérage et au jugement porté par des âmes à la langue bien trop pendue. C'est le revers de la médaille des petites communautés où tout le monde se connaît et où les jugements vont bon train. 

L'amour est bien entendu le fil conducteur dans ce livre auquel s'ajoute l'amitié et la fraternité. 

29/12/2025

Mickaël Brun-Arnaud, Les souvenirs de Ferdinand Taupe, T.1, Mémoires de la forêt, éditions L'école des loisirs

Mickaël Brun-Arnaud, Les souvenirs de Ferdinand Taupe, T.1, 
Mémoires de la forêt
éditions L'école des loisirs 

Vendue à plus de 300 000 exemplaires, la série Mémoires de la forêt de Mickaël Brun-Arnaud est un véritable succès. 

Noël approchant, les éditions L'école des loisirs ont eu la bonne idée de lui offrir un second écrin faisant du premier tome, Les souvenirs de Ferdinand Taupe, un cadeau incontournable de cette fin d'année. En tout cas, personnellement je n'ai pas résisté plus longtemps avec cette nouvelle édition qui a fini de me convaincre de me lancer enfin dans la lecture de cette saga déjà fort plébiscitée. 

Mieux encore, je me suis même félicitée d'avoir attendu au regard de la beauté de ce livre-objet. Entre sa couverture rigide rehaussée de dorures à chaud et le jaspage sur la tranche, ce livre est un émerveillement visuelle.  

Élégante et luxueuse, cette édition est parfaite pour accueillir ce fabuleux récit magnifiquement illustré par la talentueuse Sanoe. Le petit plus est le carnet de croquis glissé en fin d'ouvrage qui nous donne un aperçu du travail de l'illustratrice et nous régale les yeux et l'âme. 

Résumé :

Archibald Renard tient la célèbre librairie de Bellécorce. Elle est dans sa famille depuis de nombreuses générations et fait sa fierté. Il se targue de toujours satisfaire sa clientèle par des conseils de lectures avisés. Seulement, la demande inattendue d'un habitué de l'établissement va ébranler ses certitudes. En effet, Ferdinand Taupe souhaite récupérer son livre déposé des décennies auparavant alors qu'Archibald vient tout juste de le vendre à une personne dont il ne garde aucun souvenir. Face à la déconfiture de son fidèle client, Archibald décide d'accompagner Ferdinand afin de remettre la main sur son livre mais aussi et surtout retrouver la trace de son épouse Maude, portée disparue. Le voyage s'annonce déjà mouvementé car les indices sont maigres. Mais qu'à cela ne tienne, Archibald est bien décidé à aider son ami alors en route, il n'y a plus de temps à perdre. 

Mon avis :

Dans Mémoires de la forêt, on plonge dans un univers anthropomorphique où les animaux de la forêt tiennent le premier rôle. Aussi, entre ces pages ils se comportent et s'habillent comme des humains. Le récit prend cadre dans un décor enchanteur où l'on visite par exemple une merveilleuse librairie nichée dans un arbre et où l'on séjourne dans une ravissante maison d'hôtes tenue par une poule. 

Toute la magie est là. Il est à noter que vous ne trouverez pas dans ce livre une explosion de pouvoirs mais plutôt un merveilleux réconfortant. La magie s'exprime donc davantage par les mots de Mickaël Brun-Arnaud et les illustrations de Sanoe. Rien d'ostentatoire mais un envoûtement complet. 

Mémoires de la forêt est une véritable ode à la nature. L'auteur y magnifie l'habitat des animaux. Tout y est verdoyant et apaisant. La forêt y est décrite comme un havre de paix à préserver d'autant qu'il y est question à un moment du récit d'un incendie ravageur. C'est une manière pour l'auteur de rappeler l'inconséquence ou la malveillance humaine. Il y a donc une petite pointe écologique derrière cet amour que Mickaël Brun-Arnaud semble vouer à la nature et particulièrement à la forêt. 

Mais la richesse de ce texte va beaucoup plus loin car l'auteur y traite de nombreuses thématiques. La première d'entre elles est bien entendu la maladie d'Alzheimer. Elle est même centrale au récit à travers le mal de l'oubli-tout qui touche l'un des principaux protagonistes de l'histoire. Il traite ce sujet délicat avec beaucoup d'intelligence et démontre combien tout l'entourage est impacté et insiste sur la souffrance qui en découle pour tout le monde. L'important est de l'aborder avec bienveillance et patience pour ne pas aggraver la souffrance des patients. Le texte est touchant et d'une grande perspicacité, idéal pour un jeune public qui serait notamment confronté à Alzheimer ou à toute autre maladie. 

23/12/2025

Pierre Pevel, Étienne Willem & Capia, L'Elixir de l'oubli, partie 1, Le Paris des Merveilles, éditions Drakoo

Pierre Pevel, Étienne Willem & Capia, L'Elixir d'Oubli
partie 1, 
Le Paris des Merveilles
éditions Drakoo 

Le grand projet d'Étienne Willem était de mettre en images le célèbre Paris des Merveilles de Pierre Pevel. C'est chose faite depuis 2022 avec la parution de la toute première bande dessinée de cette série éditée chez Drakoo

Pour mémoire, Le Paris des Merveilles est une trilogie signée Pierre Pevel. Mais l'adapter en bande dessinée a nécessité des partis pris. Le premier d'entre eux a été de partir sur deux volumes par tome. 

Aussi, Les Enchantements d'Ambremer sont déjà parus en 2022 et 2023. La disparition prématurée d'Étienne Willem a mis un coup d'arrêt, chaque lecteur pensant que l'aventure s'arrêterait là. Mais c'est sans compter l'amour que voue le directeur éditorial de Drakoo, Christophe Arleston et Pierre Pevel à cette série dans ce format-ci, sans parler de leur amitié pour le dessinateur. Et quel meilleur hommage que de continuer à faire vivre ce superbe projet qui lui tenait tant à cœur.

C'est donc la dessinatrice Capia qui a pris la relève d'Étienne Willem et comme elle le dit elle-même en interview, son challenge a donc été de respecter au maximum le style du dessinateur. 

Résumé :

Dans L'Elixir d'Oubli, Louis Denizart Hipolyte Griffont poursuit ses investigations sur le meurtre d'un antiquaire. Ce qui le ramène à une autre vieille affaire lorsqu'il était encore un jeune capitaine de cavalerie et que l'existence de l'Outremonde n'était pas encore connu de tous jusqu'à ce que la guerre entre les dragons et les Fées poussent bien des créatures à se réfugier sur terre. Des souvenirs qui lui rappellent notamment sa rencontre avec la délicieuse mais non moins intrépide baronne Saint-Gil avec laquelle il a partagé plus que de l'amitié. Ce fut également le temps où les cercles de mages ont vu le jour, notamment pour se prémunir des débordements de ce conflit magique. 

Mon avis :

Ce premier album respecte bien le roman initial. On y retrouve toute l'essence de l'intrigue imaginée par Pierre Pevel. 

Mais, plus que de replonger dans un récit captivant, on retourne dans le passé des personnages pour mieux comprendre les liens qui les unissent. 

En outre, en jouant avec les époques du XVIIIe et du XXe siècle, Pierre Pevel réaffirme sa volonté d'écrire une uchronie de fantasy. Aussi, le monde dans lequel évoluent les protagonistes est influencée par la magie. Les figures historiques voient donc leur destin prendre une autre tournure. 

Le décor est posé et il forme un écrin fort divertissant pour mettre en valeur une enquête riche en révélations et en rebondissements. 

Le Paris des Merveilles est une trilogie riche en action. Un fait que les dessinateurs ont bien intégré car les scènes choisies dégagent une vraie énergie. C'est particulièrement rythmé et fait honneur aux romans. 

Capia n'a en rien dénaturé le travail d'Étienne Willem pour faire vivre ce Paris utopique influencé par le steampunk. 

Franchement c'est un énorme plaisir que de lire ces bandes dessinées. Elles sont divertissantes, drôles et prenantes. C'est pour moi devenu un rendez-vous incontournable de fin d'année grâce à mon amie Mathilde qui prend plaisir à me les offrir à mon anniversaire ou à Noël. Je la remercie ici pour ses choix et son bon goût.

Il est à noter que le scénario a conservé ce même humour présent des les deux premiers volets. La patte de Pierre Pevel est donc bien là ainsi que l'esprit d'Étienne Willem. 

En outre, les illustrations sont toujours aussi belles. Il y a une vraie cohérence avec le travail réalisé précédemment par Étienne Willem. Point de rupture donc entre toutes ces bandes dessinées qui partagent ce même esthétisme qui a fait le succès de la série. 

19/10/2025

Cécile Guillot & Nora Lake, Les Filles de Witch Hazel House, collection Naos, éditions Mnémos

Cécile Guillot & Nora Lake, 
Les Filles de Witch Hazel House
collection Naos, 
éditions Mnémos 

A l'heure où les feuilles des arbres se parent de chaudes couleurs orangées, il est temps de mettre mes lectures au diapason de cette ambiance automnale. Voilà pourquoi j'ai sorti de ma PAL le sublime roman, Les Filles de Witch Hazel House, signé à 4 mains par Cécile Guillot et Nora Lake. 

Ce roman est de bon ton, vous en conviendrez rien qu'en admirant sa très belle couverture que l'on doit à Selcha Uni. 

Résumé :

Après avoir été exclue de son ancien lycée suite à quelques difficultés, Lark espère un nouveau départ en intégrant Witch Hazel House pour suivre un programme spécial dédié à la littérature. Elle y rencontre trois autres filles avec lesquelles le courant semble bien passer tout de suite. En tout cas, elle l'espère fortement d'autant que Violette avec qui elle partage sa chambre ne semble pas lui reprocher ses petites manies qui la rassurent tant. Lark souffre de TOC, ce qui lui a valu d'être rejeté par le passé, y compris par sa propre famille qui a du mal à la comprendre. Très vite une routine réconfortante s'installe dans cette belle demeure jusqu'à cette étrange soirée au cours de laquelle Violette a décidé d'organiser une séance de spiritisme. Malheureusement la situation va vite déraper car les filles semblent avoir dérangé une entité qui n'a rien de bienveillant. Aussi après cette soirée des phénomènes étranges se produisent mettant les filles de plus en plus danger. Pour elles, il est temps de choisir de partir ou de rester afin d'enquêter pour comprendre ce qui hante la maison. Alors, que vont-elles décider? 

Mon avis :

Les Filles de Witch Hazel House est un récit contemporain teinté d'ésotérisme. Cécile Guillot et Nora Lake posent un décor de maison hantée obligeant les protagonistes à investiguer pour comprendre les drames survenus entre ses murs par le passé. Pourtant la maison n'avait rien d'inquiétant au début du roman. En effet, elle était plutôt décrite comme un refuge, un lieu réconfortant où l'on se sent bien jusqu'à  ce qu'une séance de spiritisme dérange les fantômes prisonniers des murs et attisent leur colère. 

Les manifestations violentes se succèdent avec toujours plus d'ampleur et une pesanteur s'installe progressivement alourdissant ainsi l'ambiance. 

Dans Les Filles de Witch Hazel House, le cosy mystery se dispute donc à l'horrifique

Cécile Guillot et Nora Lake introduisent d'ailleurs fort habilement la figure de la sorcière. Ses pouvoirs se manifestent de manière inattendue mais qui s'accordent tellement bien à la société d'aujourd'hui et reflètent fort judicieusement ses condamnations hâtives.

Les Filles de Witch Hazel House est un roman court mais efficace. Les autrices y abordent des thématiques très actuelles. Elles évoquent notamment les troubles obsessionnels compulsifs. C'est vraiment intéressant de voir ce sujet être abordé entre ces lignes pour mettre en lumière les conséquences de l'anxiété. La société d'aujourd'hui peut vite être toxique dans ce qu'elle génère de stress. Cécile Guillot et Nora Lake insistent sur la nécessité de la confiance dans les autres qui passe par la bienveillance, l'écoute, l'entraide et le non jugement.

05/09/2025

Éric Fouassier, Le Bureau des Affaires Occultes, éditions Le Livre de Poche

Éric Fouassier, Le Bureau des Affaires Occultes, éditions Le Livre de Poche

Docteur en droit et en pharmacie et professeur à l'université, Éric Fouassier est également un auteur de romans policiers historiques. 

Sa bibliographie compte une quinzaine de romans et de nombreuses nouvelles. Ses récits ont pour beaucoup déjà été primés, à l'image du Bureau des Affaires Occultes, premier titre de sa série éponyme qui a raflé cinq prix dont le Prix Griffe noire du meilleur roman historique de l'année

Or, de tous ses romans, c'est le premier que j'avais envie de lire et qui m'attendait depuis un bon moment dans ma PAL. Il était donc temps de le sortir. 

Résumé :

Fraîchement muté à la brigade de la sûreté, le jeune inspecteur Valentin Verne est chargé de résoudre une affaire délicate, celle de l'étrange décès du fils du député Charles-Marie Dauvergne. Tous s'accordent à conclure au suicide mais les circonstances de sa mort demeurent troublantes et interpellent notre fringant policier. Tout en investiguant du côté de la bonne société, il continue de pister un dangereux criminel connu sous le nom du Vicaire qui s'en prend aux jeunes enfants. Mais arrivera-t-il à le mettre hors d'état de nuire une bonne fois pour toutes ? Et résoudra-t-il son énigme sans se mettre à dos les hauts placés du pays ? Cela reste à voir. 

Mon avis :

Le Bureau des Affaires Occultes prend cadre en 1830 juste après les journées révolutionnaires de juillet poussant le peuple de Paris à l'insurrection suite aux décisions liberticides prises par le roi Charles X. Contraint à abdiquer, il est remplacé par Louis-Philippe jusqu'en 1848. Or, ce dernier doit faire face aux nombreuses oppositions politiques qui secouent la France et déstabilisent le pouvoir entre les Républicains, les Bonapartistes, les Légitimistes et les Socialistes. C'est donc dans ce Paris fortement troublé et propice aux complots qu'investigue l'inspecteur Verne. 

En outre, ce XIXe siècle est également marqué par un essor scientifique grâce au développement de nombreuses techniques bouleversant le modèle économique de l'époque. S'ensuivent d'ailleurs des grèves pour contester l'industrialisation qui marque ce siècle transformant la société en profondeur et donnant, par la même occasion naissance au paupérisme à cause de la précarité induite. 

Mais ce siècle connaît aussi un véritable engouement pour les sciences occultes comme le spiritisme. Voilà qui dégage une atmosphère toute particulière permettant à Éric Fouassier de jouer sur la frontière entre le fantastique et l'ordinaire. Toute l'habileté de l'auteur est de s'appuyer sur les progrès scientifiques et médicales pour expliquer ici l'étrange. L'ambiance est à l'ésotérisme et au mystère donnant à ce récit une saveur singulière. 

Le Bureau des Affaires Occultes est une uchronie policière très réussie. L'auteur maîtrise bien les codes du genre pour nous entraîner dans un Paris agité, tantôt crasseux, tantôt feutré sur les traces de plusieurs assassins. 

Plus que de nous plonger dans la tête de tueurs, Éric Fouassier nous parle aussi et surtout des victimes. Le témoignage est terriblement glaçant. Le récit est très psychologique et s'intéresse beaucoup à la reconstruction mentale après des abus et des sévices. Il est notamment question dans ce livre de rapts d'enfants, de séquestrations et de viols. C'est un texte émotionnel très dur car il touche à l'enfant, aux traumatismes physiques et mentaux et à la perte de l'innocence. 

En outre, le pédophile mis en scène dans cette série se fait appeler le Vicaire, ce qui permet à l'auteur de dénoncer les abus perpétrés par les hommes d'Église et la complaisance dont ils bénéficient. 

C'est une histoire prenante dont on ne sort clairement pas indemne. 

A côté de ces horreurs, l'auteur a également inséré dans son roman des meurtres à visée politique. On est propulsé en plein complot qui vient servir des idéaux politiques. C'est fort bien amené et s'intègre habilement au contexte historique. 

Ce récit est immersif et troublant. On est happé dès les premières pages et tenu en haleine jusque dans les dernières lignes. C'est le tour de force de cet auteur de faire monter la tension crescendo jusqu'à l'insoutenable. 

Enfin il nous attache aux pas d'un personnage atypique et particulièrement attachant. De prime abord on le prend pour un fringant inspecteur, bel homme et si sûr de lui que l'on trouverait presque antipathique. Pourtant il n'en est rien car il est tellement plus que ça ce Valentin Verne. C'est un ténébreux qui cache de profondes blessures et un passé tragique et poignant. Avec lui, on n'est pas au bout de nos surprises. Il porte brillamment cette histoire incroyable et inquiétante. 

Pour conclure :

Le Bureau des Affaires Occultes est un roman particulièrement palpitant rempli de mystères qui vous met la chair de poule tant l'auteur y met à nu l'âme humaine dans toute sa complexité et sa férocité. Très belle découverte que ce roman et cette plume. Je vais continuer à le lire, c'est certain !

Fantasy à la Carte

Informations

Eric Fouassier
Le Bureau des Affaires Occultes
9782253107729
448 pages
Editions Le Livre de Poche

Lien vers le site

23/07/2025

Estelle Faye, Les Ombres de Willowthorne, éditions Rageot

Estelle Faye, Les Ombres de Willowthorne, éditions Rageot

Les Ombres de Willowthorne est le dernier roman d'Estelle Faye. Sorti chez Rageot il y a quelque temps, je l'ai enfin sorti de ma pile à lire et je ne regrette pas mon choix. 

En effet, comme souvent avec les livres de cette autrice, je ne suis pas déçue car la plume est toujours aussi belle et le récit est encore une fois très immersif. 

Résumé :

Liam O'Connor a grandi dans le quartier défavorisé de Whitechapel avec sa mère et ses deux sœurs d'adoption. Tout change, le jour où il est attaqué et sauvé par un sorcier sorti de nulle part venu lui annoncer qu'il est le fils illégitime du duc d'Harbone et que celui-ci a décidé de lui léguer une part de son héritage à la seule condition de ressortir diplômé de la très aristocrate université de magie. Arrivé sur place, les mystères ne manquent pas tout comme l'hostilité à son égard. Alors que tout semble joué d'avance, peut-il seulement triompher de ce défi et mettre définitivement ses proches à l'abri du besoin? 

Mon avis :

Les Ombres de Willowthorne est un roman de fantasy qui prend cadre dans l'Angleterre du XIXe siècle. La magie existe, elle est l'apanage des classes aisées et est même enseignée à l'école. C'est d'ailleurs à la faculté de Willowthorne que cette histoire se déroule. C'est un lieu emblématique et mystérieux. Au-delà des enseignements à caractère ésotérique qui y sont dispensés, l'université est soumis à un puissant enchantement faisant régner en ce lieu un automne permanent. 

En outre, les secrets ne manquent pas par ici. Il y a même des endroits interdits, à l'image de cette aile condamnée à l'hiver où il ne faut pas aller sous peine d'y trouver la mort. 

L'univers dépeint est plein de charme et dégage un vrai standing. Ici, la beauté et l'émerveillement côtoient le meurtre et l'horrifique. En effet, des crimes ont été perpétrés entre ces murs et des âmes en peine continuent d'errer en attendant de trouver le repos éternel. 

L'ambiance des Ombres de Willowthorne est également très scolaire puisqu'on suit l'intégration d'un jeune homme dans une prestigieuse école qui n'est pas de son milieu. Dès l'instant où ses origines sont découvertes, il y subit mépris et moqueries par certains de ses camarades, mais aussi soutien et solidarité de la part d'autres. Des cours de magie y sont dispensés mais celle-ci s'exprime surtout autour des saisons et également à travers ce glamour, faisant référence à ce lointain héritage laissé par les fées. Entre ces murs l'automne se dispute donc à l'hiver et donne à ce texte une saveur toute particulière, fort ensorcelante. 

En plus de cet univers immersif, Estelle Faye nous attache aux pas de personnages particulièrement intéressants. Clairement, on apprécie autant de suivre Liam, Jade que Wendy. Leurs portraits sont bien travaillés, on découvre au fil des pages leur force et leurs faiblesses. On les suit dans leur cheminement de vie, leur apprentissage, leur quête d'identité. Ils permettent à l'autrice de balayer de nombreuses thématiques propres au Young-Adult à travers l'affirmation de soi, la recherche de vérité, la liberté d'être et de penser. En outre, Estelle Faye démontre une nouvelle fois son soucis de représentation en introduisant des personnages LGBT. De même que ses protagonistes plus sombres lui permettent d'aborder le harcèlement. Elle joue sur des personnages qui oscillent entre ombre et lumière et donnent à son récit une vraie profondeur propre aux histoires inoubliables. 

Forte de sa plume de qualité, Estelle Faye a su s'imposer dans le paysage des littératures de l'imaginaire pour un public adulte ou jeune adulte. Elle est pour moi une valeur sûre qui nous offre à chacun de ses romans un véritable voyage littéraire. 

Pour conclure :

Apres Les Seigneurs de Bohen et Widjigo, Les Ombres de Willowthorne rejoint mon top 3 des romans de cette autrice que je préfère. 

Je vous le recommande chaudement surtout si vous aimez les ambiances mystérieuses mêlant secrets et meurtres. 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Les Seigneurs de Bohen, Les Révoltés de Bohen, Widjigo, Un Eclat de Givre, Un Reflet de Givre et Hollywood Monsters

Informations

Estelle Faye
Les Ombres de Willowthorne
9782700282672
528 pages
Editions Rageot

30/05/2025

Cyril Lieron & Benoit Dahan, L'Affaire du Ticket Scandaleux, volume 2, Dans la tête de Sherlock Holmes, éditions Ankama

Cyril Lieron & Benoit Dahan, L'Affaire du Ticket Scandaleux
volume 2, Dans la tête de Sherlock Holmes
éditions Ankama

Après avoir bien apprécié le premier album de L'Affaire du Ticket Scandaleux, je me suis enfin plongée dans la suite avec une certaine délectation.

J'en profite pour remercier à nouveau mon amie Mathilde qui sait toujours  comment me faire plaisir et m'a offert ce second album

Il est signé par Cyril Lieron et Benoît Dahan et répond tellement bien à mon gros faible pour le personnage de Sherlock Holmes. 

Je suis aux anges car j'ai eu un énorme coup de cœur pour le premier album. Les auteurs ont fait un excellent travail sur la construction de cette bande dessinée alors j'avais hâte de lire la suite. 

Résumé :

On y retrouve Sherlock Holmes et le docteur Watson toujours à la poursuite de l'instigateur des disparitions survenues auparavant. Ils remontent la piste du fameux ticket Scandaleux qui les met sur les traces d'un étrange cirque. Seulement l'adversaire est coriace et il ne compte pas se laisser démasquer. Alors qui sera le plus fort ? 

Mon avis :

Dans ce volume 2, les évènements s'accélèrent car Sherlock Holmes met tout en œuvre pour obliger le ou les coupables à se révéler. Lui seul a la clé de cette énigme et il nous entraîne dans les dédales de Londres pour nous en dévoiler tous les secrets. 

L'histoire est passionnante et tient bien en haleine jusque dans les dernières pages de cet album. Il faut dire que l'intrigue est bien ficelée et le dénouement est très intéressant. 

C'est une bande dessinée pleine d'action, très punchy autant dans les rebondissements que dans le visuel des bulles. 

J'apprécie énormément l'esthétique de cette bande dessinée qui met en images le cheminement de pensée de notre illustre détective. Au risque de me répéter je trouve le procédé ingénieux, il sert de fil d'ariane en reliant les bulles entre elles et facilite le sens de la lecture. 

Cette série est superbe et particulièrement immersive. Les auteurs empruntent au mystère des romans d'Arthur Conan Doyle pour nourrir leur série d'une atmosphère très envoûtante. Ici, ils introduisent le "freak show", faisant référence à cette mode d'exhiber des êtres humains aux caractéristiques difformes qui a eu cours entre le milieu du XIXe et le milieu du XXe siècle et le détournent ici pour critiquer l'impérialisme britannique. 

Aussi, le scénario se pare de notes politiques en dénonçant les abus et les dérives du colonialisme. D'ailleurs, quoi de mieux que de choquer les esprits pour tirer des leçons du passé. 

Dans cette série Dans la tête de Sherlock Holmes, on est sensible autant au fond qu'à la forme. 

Il faut dire que les auteurs ont soigné leur écrin qui dégage un réel esthétisme. De plus, ils ont nourri leur scénario de thématiques qui viennent questionner intelligemment la société de l'époque et même éclairer notre propre actualité.

Dans la tête de Sherlock Holmes est une vraie pépite que vous soyez ou non amateur du détective car c'est vraiment du bel ouvrage dont on admire chaque double page avec un certain contentement. 

Pour conclure :

Il n'y a plus qu'à espérer maintenant que l'aventure ne s'arrête pas là car on sait combien l'investissement est important pour réaliser de telles merveilles. Mais quel dommage de ne pas continuer quand même. A suivre !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur le volume 1

Informations

Cyril Lieron
Benoit Dahan
L'Affaire du Ticket Mystérieux
Volume 1
Dans la Tête de Sherlock Holmes
9791033512547
48 pages
Editions Ankama

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29/12/2024

Cyril Lieron & Benoît Dahan, L'Affaire du Ticket Scandaleux, T.1, Dans la tête de Sherlock Holmes, éditions Ankama

Cyril Lieron & Benoît Dahan, L'Affaire du Ticket Scandaleux, T.1, 
Dans la tête de Sherlock Holmes
éditions Ankama

Dans la tête de Sherlock Holmes est une excellente bande dessinée composée pour le moment de deux volumes. Elle est le fruit de deux hommes talentueux, Cyril Lieron et Benoît Dahan qui se sont associés pour en écrire le scénario. Quant à la mise en images, seul Benoît Dahan s'y est collé avec beaucoup de talent. 

Le résultat est bluffant car l'intrigue est digne des récits d'Arthur Conan Doyle. On y retrouve bien le mystérieux fort apprécié de cet auteur. Personnages incontournables de la littérature, c'est un réel plaisir que de retrouver Sherlock Holmes et son acolyte le docteur Watson dans une nouvelle aventure.

Je ne peux que remercier très chaleureusement mon amie Mathilde qui a toujours les plus belles attentions pour me faire plaisir.

Résumé :

Dans L'Affaire du Ticket Scandaleux, une nouvelle enquête vient frapper à la porte de Baker Street et prend la forme d'un confrère du docteur Watson répondant au nom d'Herbert Fowler qui s'est retrouvé à errer dans les rues complètement hagard ne se souvenant pas de sa soirée de la veille. Voilà de quoi sortir notre bon vieux Sherlock Holmes de sa léthargie en lui faisant travailler ses méninges.

Mon avis :

Pour cette nouvelle aventure, Cyril Lieron et Benoît Dahan ont eu la bonne idée de nous conter les faits du point de vue de Sherlock Holmes lui-même en suivant son cheminement intérieur pour résoudre les énigmes. C'est d'ailleurs le fil directeur de cette bande dessinée autant du point de vue du script que de la mise en page graphique car on remonte visuellement la piste des indices que relève notre célèbre détective au fil de ses observations ainsi que les déductions qu'il en fait. 

Les auteurs nous entraînent donc ici dans un véritable jeu de pistes des plus passionnants où le mystère et peut-être bien l'ésotérisme s'invitent. C'est tout le but de cette œuvre que de plonger dans la tête de Sherlock Holmes au sens propre du terme et ce dès la couverture de la bande dessinée. Celle-ci est, d'ailleurs, remarquable. Elle attire le regard des lecteurs et capte immédiatement leur attention puisqu'on y voit la silhouette de la tête du détective littéralement découpée dans le cartonné de l'ouvrage. Mieux encore, elle se fond dans le paysage des immeubles londoniens, se découpant même dans la toiture de l'un d'eux. le résultat est remarquablement ingénieux et lui vaut même d'avoir été primé par le BDGest'Arts 2019. 

D'ailleurs, la bande dessinée elle-même a reçu de nombreux prix, parmi lesquels le prix SNCF du polar 2020, le prix du public d'Angoulême, le prix Mor Vran de la BD du Goëlan Masqué à Penmarch ou encore le prix Bédéis causa en 2020 du Festival Québec. C'est peu dire que de répéter que le graphisme autant que l'intrigue ont plu. 

Les auteurs ont su retranscrire toute l'essence de l'univers d'Arthur Conan Doyle et se sont emparés avec beaucoup de virtuosité de son duo de personnages. 

Les dessins sont splendides et illustrent très bien cette époque victorienne pleine d'élégance et de ténèbres. Les silhouettes sont toutes en pointes ou en arrondies et donnent à ces illustres figures de la littératures policières une identité visuelle très reconnaissable et fort à-propos. En outre, rien de criard dans la colorisation des planches, tout est gris, beige, ou cyan pour maintenir une ambiance feutrée propice à l'époque.

Pour conclure :

Dans la tête de Sherlock Holmes, Cyril Lieron et Benoît Dahan vous attachent si habilement aux pas de deux grands noms de l'imaginaire populaire que vous n'avez plus envie de les quitter. Et ce n'est pas avec un tel final que les choses vont s'arranger. Elémentaire, mes chers lecteurs !

Fantasy à la Carte

Informations

Cyril Lieron & Benoît Dahan
L'Affaire du Ticket Scandaleux
Tome 1
Dans la tête de Sherlock Holmes
Editions Ankama

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16/08/2024

Jeanne Mariem Corrèze, Le Chant des Cavalières, éditions Les Moutons électriques

Jeanne Mariem Corrèze, Le Chant des Cavalières
éditions Les Moutons électriques 

Alors que son nouveau roman, Nous serions l'incendie, vient juste de rejoindre, ce 14 août, les rayonnages des librairies, je me suis dit qu'il était plus que temps d'exhumer de ma PAL, le premier livre de Jeanne Mariem Corrèze, Le Chant des Cavalières.

Comme les deux récits partagent le même univers, autant faire les choses bien en les lisant dans l'ordre. 

Résumé :

La jeune Sophie se rêve écuyère mais pour le devenir, elle doit attendre le premier sang car c'est la condition pour être liée à un dragon. Pendant ce temps, les évènements se précipitent au sein de l'ordre des Cavalières, une nouvelle Matriarche est nommée. Et c'est elle qui va devenir la maîtresse de Sophie. Seulement occupée à ses petites affaires, elle n'a que peu de temps à accorder à la jeune fille qui va pourtant devoir embrasser son destin et bien choisir ses alliés. Alors quel chemin empruntera-t-elle ? 

Mon avis :

Avec Le Chant des Cavalières, Jeanne Mariem Corrèze nous propose un texte de fantasy très soigné. Elle y a bâti un univers solide et envoûtant en empruntant notamment à la mythologie arthurienne. Elle se l'est d'ailleurs réappropriée avec beaucoup d'habileté en l'abordant sous un angle féministe car ici l'héritage des Pendragon échoue aux femmes. De même que l'on croise entre ces lignes le célèbre Myrddyn sous le masque d'un mage puissant et rusé. Il incarne les légendes oubliées et une magie ancestrale qui renaît sous la plume de Jeanne Mariem Corrèze. Celle-ci embrase les pages de ce livre et se mêle à la nature pour mieux la magnifier. Mais, l'onirisme se manifeste de bien des manières au sein de ce roman. Aussi, il peut intervenir à travers les rêves qui habitent les nuits de certains protagonistes cherchant à leur montrer le chemin même si celui-ci paraît obscur. Enfin, il y a également l'omniprésence des dragons, fabuleuses créatures issues du bestiaire merveilleux que la littérature fantasy adopte bien volontiers et que l'autrice a choisi ici d'en faire de fidèles montures à ses cavalières. 

Dans Le Chant des Cavalières, on parcourt donc le royaume de Sarda, essentiellement à dos de dragons. Depuis la Grande Guerre, la défaite de la reine Maude et la réédition du royaume à Sabès, celui-ci vit dans une paix relative. Le pouvoir est entre les mains d'un prince et d'un condottiere. L'Ordre des Cavalières est réparti au sein des quatre citadelles : Nordeau, Estari, Ousterre et Soufeu. Mais, ces guerrières d'antan ne sont plus que l'ombre d'elles-mêmes, davantage rompues aux intrigues de cour qu'aux véritables combats. Seulement une effervescence semble agiter les couloirs du pouvoir. Tandis que certains s'accrochent aux paroles d'une prophétie annonçant le retour des Reines, d'autres ont des velléités d'indépendance ou rêvent d'une autre gouvernance. 

L'autrice donne donc vie à un univers magistral qu'elle a pris le temps d'explorer dans ce premier roman afin d'offrir à son récit un très bel écrin qu'elle pourra au demeurant réutiliser ultérieurement.

Mais c'est aussi le décor idéal pour tisser les nombreuses intrigues politiques qui tapissent les pages de ce livre car Le Chant des Cavalières est avant tout un roman politique. L'action relève davantage de manipulations et de trahisons que de véritables combats en dépit que l'on parle beaucoup de guerre au fil des chapitres. En effet, on découvre les évènements loin du champ de bataille, à l'abri des salons et des cours où circulent les mensonges, les secrets, le fiel et l'amertume. Ils sont propices pour donner à cette intrigue tout son suspense. 

Certains verront sans doute dans l'absence de batailles, un manque de rythme, pour autant cette histoire demeure agréable à lire. Il est vrai que la présence des dragons enflamme notre imaginaire d'affrontements épiques et flamboyants, il n'en est rien ici mais cela ne veut pas dire que cela n'adviendra pas plus tard car au regard de ce livre, Jeanne Mariem Corrèze n'en a clairement pas encore fini avec son univers. 

Dans Le Chant des Cavalières, l'autrice reprend le motif de la quête initiatique, à travers une héroïne qui refuse de n'être que le pièce maîtresse d'une prophétie pilotée par d'autres. En la rencontrant très jeune, on va la suivre dans sa quête d'identité, dans sa compréhension de ses origines et dans ses choix de vie. Bien que ce soit un schéma narratif classique, l'autrice arrive à surprendre en lui faisant emprunter des chemins inattendus. 

Le Chant des Cavalières dégage une grande sororité. L'autrice a articulé son histoire autour de femmes de pouvoir qui cherchent à reprendre pleinement leur indépendance et leur liberté. pour cela, elles vont beaucoup intriguer, chacune derrière le dos de l'autre. Chacune dispose de sa propre puissance sans pour autant faire tout exploser sur son passage. Jeanne Mariem Corrèze nous dépeint des protagonistes féminins forts, sensibles et auxquelles il est facile de s'identifier. Elles sont toutes différentes et apportent sa singularité au texte. Entre Sophie qui va apprendre de son inexpérience pour se tracer le chemin qu'elle aura elle-même choisi, Frêne, l'aïeule herboriste qui n'hésite pas à prendre sous son aile les jeunes pousses afin de leur transmettre force et savoirs et enfin Eliane qui affiche une dureté implacable pour mieux dissimuler le dessein qu'elle vise. 

Pour conclure :

Bien que Le Chant des Cavalières reprenne les motifs habituels de la fantasy à travers la quête et la lutte pour le pouvoir, Jeanne Mariem Corrèze donne à sa geste une puissante singularité. Sa plume très travaillée et pleine de poésie se révèle être un véritable atout pour porter le destin de ses personnages qui n'a pas fini d'être conté. Affaire à suivre !

Fantasy à la Carte

A lire sur la blogosphère, les avis de : Le Bibliocosme et Just A Word

Informations

Jeanne Mariem Corrèze
Le Chant des Cavalières
9782361836412
320 pages
Editions Les Moutons électriques

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13/08/2024

Pierre Pevel & Etienne Willem, Les Artilleuses, éditions Drakoo

Pierre Pevel & Etienne Willem, Les Artilleuses, éditions Drakoo

Avant d'adapter en bande dessinée la saga du Paris des Merveilles, Pierre Pevel et Etienne Willem avaient déjà collaboré ensemble à une autre série en 3 volumes, intitulée Les Artilleuses

Il s'agit ici d'une intrigue inédite qui prend également cadre dans ce fameux Paris des Merveilles, "un Paris qui n'est ni tout à fait le nôtre, ni tout à fait un autre". 

Je ne l'ai pas lu à sa sortie mais j'ai fini par craquer pour son coffret en édition limitée vendu avec trois superbes ex-libris. Il était donc temps que je m'attelle à la lecture. 

Résumé :

Lady Remington, Miss Winchester et Mam'zelle Gatling forment un trio de monte-en-l'air fort explosif. Elles viennent d'accepter une dernière mission avant de raccrocher défectivement et espèrent bien terminer sur un coup de maître. Il s'agit du casse d'une banque afin d'y dérober une précieuse relique, la Sigillaire. Seulement à peine le hold-up accompli, elles se retrouvent avec les Brigades du Tigre et les services secrets du Kaiser aux fesses, sans parler des nombreuses tentatives d'assassinat auxquelles elles tentent d'échapper. Elles ont bien conscience que ce vol risque de leur coûter cher, si elles ne découvrent pas vite le commanditaire. Les voici donc propulsées dans une course contre-la-montre à l'issue incertaine en espérant échapper au sort funeste qui les guette. 

Mon avis :

Avec Les Artilleuses, on retrouve l'univers enchanteur du Paris des Merveilles où l'Outremonde exerce une grande influence sur notre monde. Ainsi, les rencontres oniriques sont devenues monnaie courante, les dragonnets ont envahi le ciel, les elfes tiennent commerces, les gargouilles prennent vie et les faunes sont même à la tête de trafics. C'est dans ce monde cher aux inconditionnels de Pierre Pevel que ce dernier a inséré son histoire de cambriolage mêlé à des affaires d'Etat. L'intrigue s'insère dans le contexte politique houleux de l'époque à travers les relations difficiles entre la France et la Prusse et l'essor d'un réseau d'espionnage sur tout le territoire. 

Entre intrigues politiques, investigations et tirs nourris, le scénario est tout feu, tout flamme. C'est rythmé, drôle et riche en carambolages. Pierre Pevel n'a pas fait dans la dentelle en mettant en scène un trio de donzelles à la gâchette sensible. En effet, il table sur trois héroïnes fort badasses pour porter son histoire. Trois femmes qui sont d'ailleurs bien représentatives de son univers avec notamment une magicienne et une fée dans leur rang. Collé à leurs basques, on n'est pas déçu du voyage car elles nous en font voir de toutes les couleurs. Elles mènent leurs affaires tambour battant et ont plus d'un tour dans leur sac pour se sortir des pires ornières. Très différentes les uns des autres, l'auteur joue sur leurs différences pour pimenter son histoire. Ainsi, Audrey Remington est le cerveau de la bande. Aristocrate, cette magicienne mène son monde à la baguette. Elle sait ce qu'elle veut et ne se laisse pas facilement impressionnée. Sous ses airs de grande dame se cache une puissante magicienne qui n'hésite pas à user de ses pouvoirs lorsque la situation l'exige. Kathryn Winchester, elle, est américaine. Tireuse hors pair, elle joue autant des coups que de son charme. C'est une belle femme qui connaît ses atouts et sait s'en servir en temps utile. Enfin, Louison Gatling est une fée qui ne s'épanouit qu'à Paris. Son péché mignon, les explosifs. Ils lui sont nécessaires pour régler bien des problèmes. Avec son allure de mécanicienne, on la prendrait facilement pour un garçon manqué mais il ne faut pas s'y fier car ce petit bout de fille en a sous le capot pour se sortir des mauvais pas. Ensemble elles font bien souvent tout péter et donnent ainsi à cette série tout son sel. 

Pour mettre en images Les Artilleuses, on retrouve le très talentueux Etienne Willem aux mannettes. Comme à son habitude, il donne vie à ce merveilleux Paris avec beaucoup d'élégance, l'habillant de féérie et de touches steampunk très modernes. Je reste admirative de la qualité du graphisme. Les dessins sont si réussis. Les créatures féériques sont fort bien réalisées. Il a su s'approprier l'univers pour nous livrer un Paris extraordinaire plein de mystères et de raffinement. Le trait est délicat et les couleurs sont chatoyantes. Ca a été un réel plaisir que de se plonger dans cette bande dessinée à l'intrigue bien ficelée. Etienne Willem était un grand artiste. Il avait ce don pour donner à la fantasy toute sa noblesse. Sa disparition laisse un immense vide dans nos cœurs. 

Pour conclure :

Les Artilleuses, c'est une série pleine d'actions dans laquelle l'ennui n'est pas de mise, et à laquelle s'ajoute une petite touche d'humour bienvenu. Je vous la donc recommande chaudement.

Fantasy à la Carte

A lire aussi sur le blog, mes avis sur Le Paris des Merveilles, volume 1 et 2

Informations

Pierre Pevel 
Etienne Willem
Les Artilleuses
9782382330203
Editions Drakoo

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21/01/2024

Sangu Mandanna, La Société très secrète des Sorcières extraordinaires, éditions Lumen

Sangu Mandanna, La Société très secrète des Sorcières extraordinaires
éditions Lumen

Autrice britannique de fantasy, Sangu Mandanna aime parler de magie et de mythes dans ses histoires. Sa bibliographie compte déjà deux cycles et quelques romans isolés. 

La Société très secrète des Sorcières extraordinaires est son premier livre traduit en France. Après l'avoir beaucoup vu passer sur les réseaux sociaux, c'est l'avis de Pikiti Bouquine qui a fini de me convaincre de le lire à mon tour.

Résumé :

Mika Moon est une sorcière, seulement personne ne doit le savoir, si ce n'est ses consœurs bien sûr ! Terriblement frustrée de ne pas se montrer telle qu'elle est aux autres, elle a lancé une chaîne Youtube où elle se fait passer pour une fausse sorcière. Ce n'est pas vraiment enfreindre les règles si personne ne la prend au sérieux, n'est ce pas ? Seulement, un jour elle reçoit une bien étrange offre d'emploi où il est question de devenir la professeure particulière de trois jeunes sorcières domiciliées dans le Norfolk. Or, il est interdit pour les sorcières de vivre sous le même toit sous peine de courir à la catastrophe. Intriguée, elle répond favorablement à l'annonce, se rend sur les lieux et en dépit des risques, elle accepte cette étonnante proposition. Bien entendu, elle n'imagine pas combien sa vie va basculer surtout lorsqu'elle va partager les secrets de ses curieux employeurs.

Mon avis :

Classé feel good, La Société très secrète des Sorcières extraordinaires est un cosy fantasy qui partage l'ambiance réconfortante de ce genre littéraire. Sous la plume de Sangu Mandanna, la magie est entre les mains d'une poignée de sorcières soumises à une malédiction les condamnant à être orphelines. Elles ne peuvent donc pas vivre ensemble et leurs rencontres doivent demeurer épisodiques pour limiter les concentrations de pouvoir qui attireraient obligatoirement l'attention. Le pouvoir se manifeste d'ailleurs par un scintillement qui les irradie. Certaines ont des prédispositions pour l'élaboration de potions tandis que d'autres ont la maîtrise des sorts complexes de protection. Elles vivent selon des règles strictes qui les obligent à maintenir un anonymat. Alors quand l'héroïne débarque dans la Maison de Nulle Part, les codes sont bouleversés puisqu'elle découvre trois jeunes sorcières partageant le même toit et entourées de personnes sans pouvoir ayant connaissance de leurs capacités. 

La Société très secrète des Sorcières extraordinaires nous immerge dans un monde contemporain infusé par une magie secrète. Le récit est extrêmement rafraîchissant, plein des secrets dont s'entoure quasiment chacun des personnages de cette histoire. Il se présente à la fois comme un roman d'apprentissage à travers l'éducation à la magie que le personnage principal doit dispenser aux trois fillettes, mais aussi comme une romance entre certains protagonistes et enfin comme un mystère à résoudre autour des non-dits pour Mika Moon. Il en ressort un roman d'autant plus riche car derrière la légèreté de ton qui transperce entre ces lignes, Sangu Mandanna questionne beaucoup la notion de famille car celle-ci ne se construit pas exclusivement sur la base du partage de gènes. Aucune des personnes vivant dans la Maison de Nulle Part ne possèdent le même sang et pourtant elles se considèrent toutes comme appartenant au même noyau familial. Elles sont même prêtes à enfreindre la loi et à risquer tous les périls pour maintenir leurs liens. Mais, bien d'autres sujets ponctuent ce texte puisque l'autrice nous y parle aussi bien de solitude affective, de deuil, de dépression parentale, d'harcèlement et de brimades que de construction de soi. 

Or, quoi de mieux pour s'exprimer sur toutes ces thématiques que de s'appuyer sur une communauté de personnages aussi hétéroclites qu'attachants. Chacun d'entre eux dégage ce petit quelque chose qui les rend inoubliables. Aussi, chez Mika Moon, on va être sensible à son manque affectif qu'elle va chercher à combler par des interactions sociales. Et que de dire de sa personnalité solaire si ce n'est que ses sourires et sa bonne humeur enchantent littéralement les pages de ce livre. Les jeunes sorcières, quant à elles, sont d'une grade perspicacité, en dépit de leur jeune âge. Si deux d'entre elles sont surtout à la recherche d'une figure maternelle que l'absence de Lillian n'a pas su combler, la troisième, elle, demeure surtout défiante vis à vis de cette nouvelle venue qui est susceptible de perturber leur équilibre familial. Le couple d'octogénaires formé par Ian et Ken est délicieusement charmant. Leur différence de caractère forme un tel contraste qu'on est obligé de fondre en les découvrant. Si Ian est curieux et entremetteur sur les bords, Ken est plutôt discret et joue les tampons plus souvent qu'à son tour. Et enfin Jamie, il est aussi séduisant que détestable. Rabat-joie, critique et méfiant, il est le protagoniste le plus difficile à apprivoiser mais qui mérite sans doute autant notre attention, ne croyez-vous pas ?

Pour conclure :

La Société très secrète des Sorcières extraordinaires m'a fait passer un merveilleux moment de lecture. J'ai adoré retrouver ses personnages à chacun de mes retours dans le roman. C'est clairement le genre de livre qui s'accompagne d'un bon thé pour un parfait moment cocooning. Je vous le recommande, alors le lirez-vous ? 

Fantasy à la Carte

Informations

Sangu Mandanna
La Société très secrète des Sorcières extraordinaires
9782371024137
407 pages
Editions Lumen

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