L'influence du "gaming" à la littérature

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30/04/2026

Sofia Samatar, La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, collection RéciFs, éditions Argyll

Sofia Samatar, La Pratique, L'Horizon et La Chaîne
collection RéciFs, 
éditions Argyll 

Sofia Samatar est une autrice américano-somalienne de fantasy et de science-fiction. Son premier roman, Un Étranger en Olondre est un succès et remporte les World et British Fantasy Award

D'autres titres, notamment de courts récits, viennent enrichir sa bibliographie au fil du temps. 

Les éditions Argyll apprécient ses textes et ont déjà publié trois d'entre eux. Le dernier en date a d'ailleurs rejoint leur collection de novellas engagées, RéciFs, aux côtés de Hard Mary. Il s'intitule La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, un titre - on ne peut plus évocateur -, vous en conviendrez !

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Au cœur de l'espace évolue une flotte composée de nombreux vaisseaux qui errent inlassablement à la recherche des ressources nécessaires à leur survie. Chacun de ces vaisseaux disposent d'une Cale où sont enchaînés des milliers de personnes considérées comme quantités négligeables par les castes supérieurs évoluant près du commandement. Parmi les enchaînés se trouve un jeune garçon dont le talent de dessinateur va se faire remarquer par les élites. Arraché à tout ce qui a constitué son univers jusque-là pour lui permettre d'étudier à l'université du Vaisseau, il va devoir s'adapter et prendre de nouvelles marques. Mais quelle vérité va-t-il y découvrir ? 

Mon avis :

Avec La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, Sofia Samatar signe une novella de science-fiction. Le cadre proposé prend la forme d'une sorte de cité volante qui a instauré une hiérarchie où les plus démunis se retrouvent relégués à fond de cale, enchaînés, juste là pour servir les élites. C'est là que grandit le personnage principal, apprenant auprès d'un ancien qui lui partage bien volontiers son savoir. 

On le comprend très vite mais seule la connaissance permet de s'élever dans cette société de castes comme va l'expérimenter d'ailleurs fort amèrement ce jeune garçon. Il faut reconnaître que de se retrouver coupé de ses repères en compagnie d'étrangers est très déstabilisant. 

L'apprentissage ne prend d'ailleurs pas la même saveur car peut-on réellement apprendre sous la contrainte ? 

Mais les chaînes peuvent prendre bien des formes entre ces lignes puisque celles-ci se trouvent remplacées ici par le port d'un bracelet. Outil de contrôle par excellence, la liberté promise a donc ici ses limites. 

Sofia Samatar s'est d'ailleurs employée à nous le démontrer à travers son récit de space-opera qui prend très vite les atours d'une dystopie plutôt glaçante. L'esclavagisme et l'oppression sont toujours d'actualité enchaînant de pauvres gens pour servir l'élite au pouvoir. Le récit n'en est donc que plus âpre

À travers La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, Sofia Samatar met en exergue les failles de la société qui s'avère comme toujours dysfonctionnelle créant plus d'injustice et d'inégalité que d'équilibre. 

Cette réalité est d'ailleurs noyée sous une propagande que seules les plus basses couches populaires, à l'image de ce jeune garçon, sont capables de voir au-delà du discours idéologique. C'est l'arme des plus forts. Mais l'innocence et la spontanéité de ce garçon sont semblables à des outils en mesure de déciller les yeux des plus aveuglés par ces mensonges. 

En s'appuyant sur une jeune âme pour porter une parole de liberté, ce texte nous apparait encore plus percutant. Surtout que Sofia Samatar y questionne beaucoup l'humain à travers des thématiques fortes telles la solidarité, la résilience, la résistance ou encore l'esprit critique. 

Comme à son accoutumée, elle signe un univers sombre et singulier mais où une douce lumière semble vouloir percer à travers certains de ses personnages qui gardent au fond de leur cœur l'espoir d'un autre monde. 

Pour conclure :

Le voyage proposé par Sofia Samatar promet d'être tumultueux, intense et dérangeant parfois mais n'est-ce pas le propre des littératures de l'Imaginaire que de s'interroger sur tous les possibles tout en espérant éviter le pire. 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Un Etranger en Olondre

Informations

Sofia Samatar
La Pratique, L'Horizon et La Chaîne
Collection RéciFs
9782488126441
124 pages
Editions Argyll

Lien vers le site

26/04/2026

Victor Fleury, Tu ne sais rien de la guerre de Troie, éditions Critic

Victor Fleury, Tu ne sais rien de la guerre de Troie, éditions Critic 

Victor Fleury fait partie de cette nouvelle garde d'auteurs qui ont marqué les littératures de l'imaginaire ces dernières années. Il compte déjà plusieurs titres dans bibliographie dont deux séries notables. L'une est une uchronie steampunk qui s'intitule L'Empire électrique et l'autre, est de la fantasy nous propulsant autant de la Mésopotamie antique avec La Croisade éternelle

Le 6 mai prochain, il rejoint le catalogue des éditions Critic avec un nouveau roman de fantasy qui a pour décor La Grèce antique. Son titre s'avère des plus évocateurs puisqu'il s'agit de Tu ne sais rien de la guerre de Troie. Le programme promet donc d'être prometteur. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service presse. 

Résumé :

Cassandre maudite par le dieu Apollon lui-même pour s'être refusée à lui tombe sous le charme d'un certain Achille qu'elle a vu en vision. N'écoutant que son cœur, elle décide de le ramener dans sa cité, à Troie, pour qu'il devienne son époux. Après bien des difficultés elle parvient à s'unir à lui. Malheureusement leur relation n'est pas au goût de tous surtout pas du père d'Achille, le roi Pélée qui compte remettre la main sur son fils, quitte à venir plaider sa cause auprès du roi Priam. Seulement ses manigances vont se solder par un échec dont va se servir le Roi des Rois, le fameux Agamemnon qui voit dans cette discorde l'occasion d'anéantir Troie. L'heure est à la guerre mais la fière cité ne compte pas sans laisser compter au point de laisser s'installer des années de siège. Alors que le conflit semble s'enliser, la moindre étincelle pourrait tout faire basculer. La question sera de savoir qui triomphera à la fin ? Mais, croyez moi ou non, la réponse n'est pas si simple. 

Mon avis :

Tu ne sais rien de la guerre de Troie est une réécriture d'un épisode légendaire de la mythologie grecque, à savoir la fameuse guerre de Troie qui opposa les Achéens, autrement dit les Grecs aux Troyens. 

Victor Fleury s'appuie bien entendu sur certains éléments notables tel le siège de la cité troyenne, les combats épiques où trouvent la mort certains grands guerriers, à l'image d'Hector ou encore l'ingénieuse invention d'Ulysse qui a, d'ailleurs, fait sa renommée de grand stratège, le célèbre cheval de Troie. 

Toutefois l'auteur nous en propose ici un tout autre déroulé. En effet, il n'est donc plus question entre ces lignes de l'enlèvement d'Hélène par Pâris alors que cette dernière est mariée au roi de Sparte, Ménélas obligeant celui-ci à déclarer la guerre à Troie grâce au soutien de son frère, Agamemnon. C'est Achille qui s'avère être le véritable déclencheur de ce conflit. En épousant Cassandre, la fille du roi Priam, le héros de la Grèce antique a également embrasser la cause troyenne et se fait un ardent défenseur de la cité aux côtés de son beau-frère Hector. Ensemble ils vont faire un malheur dans les rangs des Achéens. Mais sa présence n'est pas au goût de son père, le roi Pélée qui arrive à convaincre ses alliés de l'aider à récupérer son rejeton. Pour le Roi des Rois, il s'agira surtout de répondre à une question d'égo. Jalousant la prospérité de la cité troyenne, il y voit là l'occasion de la mettre à terre. Dans cette version alternative que nous propose Victor Fleury, Achille n'est donc pas dans le même camp. 

Mais le fait le plus notable est que l'auteur a surtout centré son récit autour du personnage de Cassandre. Pour rappel, c'est une figure plutôt mal-aimée de la mythologie grecque car porteuse de mauvaises nouvelles que personne ne croit suite à la malédiction qu'Apollon lui a lancée. Mais sous la plume de Victor Fleury, elle passe outre cet handicap pour devenir pleinement actrice de son destin. Elle incarne une femme forte qui non seulement va chercher elle-même l'homme qui lui est destiné mais joue également un rôle majeur dans cette mythique discorde. Elle décide d'y prendre part à sa façon pour tenter d'inverser le cours des événements car elle a bien compris qu'il ne sert à rien de partager ses visions que personne ne prend au sérieux. Bien que les héros se pressent entre les pages de ce roman, elle demeure la véritable grande héroïne de cette tragédie. Elle pourrait même se révéler être l'élément qui fera la différence face à l'inéluctable, qui sait ! 

En outre, l'autre a piqué cette épopée d'une pointe de magie. Celle-ci se manifeste autant à travers la présence de certains dieux de l'Olympe que par le don divinatoire et de métamorphose que possède Cassandre. Cela ancre davantage ce récit dans le merveilleux et classe donc ce livre au rayon fantasy

Tu ne sais rien de la guerre de Troie partage ce même ton épique que l'on retrouve dans les poèmes d'Homère : L'Iliade et L'Odyssée. Cela en fait, d'ailleurs, un récit très immersif et fort récréatif. 

Mais dans son roman, Victor Fleury nous propose une introspection des personnages, nous invitant parfois à porter un tout autre regard sur certains d'entre eux, comme Ulysse. Il n'est point ici le noble héros d'Homère qui vit pléthore d'aventures. Il est surtout un homme très rusé prêt à tromper pour servir ses intérêts, aussi nobles soient-ils. Il n'en demeure pas moins un guerrier prêt à abattre l'ennemi. 

Tu ne sais rien sur la guerre de Troie nous fait donc prendre de la hauteur sur ces événements pour les apprécier autrement. 

En outre, Victor Fleury y a introduit pas mal de thématiques tournant autour du féminisme, de la sororité, du sacrifice ou de la loyauté. 

Ce roman est également une magnifique histoire d'amour qui fait fleurir bien des émotions dans nos cœurs de lecteurs. On parle d'ailleurs de toutes les formes que l'amour peut prendre. La notion de la famille est également bien mis en valeur ici, notamment la relation entre parents et enfants. 

Enfin, c'est aussi un texte politique qui met en scène de nombreuses traîtrises, histoire de bien pimenter l'intrigue et occasionner au besoin quelques renversements de situation. 

Pour l'avoir découverte dans La Croisade éternelle, j'ai pris grand plaisir à retrouver la très élégante plume de Victor Fleury. C'est un auteur de talent qui maîtrise son sujet pour nous entraîner avec grande fluidité dans sa version du mythe et même nous surprendre. 

Pour conclure :

Que vous aimez ou non les récits mythologiques, vous apprécierez ce roman qui se lit comme une très bonne fresque de fantasy. Rendez-vous en librairie le 6 mai prochain.

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mon avis sur La Prêtresse esclave

Informations

Victor Fleury
Tu ne sais rien de la guerre de Troie
9782375793572
480 pages
Editions Critic

Lien vers le site

19/04/2026

Stéphane Arnier, Vitaux, T.1, La Dernière Transhumance, éditions Mnémos

Stéphane Arnier, Vitaux, T.1, La Dernière Transhumance
éditions Mnémos 

Stéphane Arnier est une nouvelle voix de l'imaginaire français que j'ai pris plaisir à découvrir avec la parution en mai 2025 de La Brume l'emportera

Pour autant, il était déjà l'auteur d'une série publiée en autoédition de 2015 à 2021 qui s'intitule Mémoires du Grand Automne

Le 22 avril prochain sort son nouveau roman. C'est le premier tome d'une duologie qui paraît chez Mnémos sous le titre de La Dernière Transhumance

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Dans les terres reculées du Nord vivent Kaisu et sa tribu. A la tête de son troupeau de rennes, elle s'apprête à partir en transhumance accompagnée des membres de sa famille. Ce sera sans doute sa dernière vu son âge avancé. Seulement l'irruption d'un étranger parmi eux va bouleverser l'expédition tout en faisant remonter des souvenirs enfouis qu'elle aurait préférés oublier. Mais il ne sera pas le seul élément perturbateur car sa présence sonne également le retour d'anciens ennemis qui semblent bien décidé à assouvir leur grande avidité. La nature est agitée et signe un mauvais présage. Nul ne sait comment les évènements vont tourner mais le pire reste sans doute à craindre. 

Dans La Dernière Transhumance, Stéphane Arnier nous entraîne sur les terres sauvages du Grand Nord à la suite d'une famille issue d'un peuple nomade vivant au gré du cycle des saisons de leur troupeau de rennes. Il donne vie ici à un univers qui se révèle très réaliste. Et pour cause, l'auteur s'inspire du peuple autochtone des Samis qui vit au nord de la Finlande, de la Norvège et de la Suède ainsi qu'en Laponie. Ces derniers ont vu leur mode de vie menacé en raison d'une législation permettant l'exploitation des ressources présentes sur leurs terres. 

Dans son récit, Stéphane Arnier s'est donc emparé de cette menace à travers les raids des Vårks qui souhaitent mettre la main sur les richesses se trouvant dans les sols inars, d'où l'exploitation des mines. D'ailleurs, aveuglés par leur avidité, ils vont même jusqu'à enlever les Inars pour les faire travailler de force dans leurs fameuses mines. 

Mais La Dernière Transhumance, c'est aussi la confrontation avec une famille qui cherche à maintenir leur héritage ancestral en reproduisant les mêmes gestes, et en suivant les mêmes routes que leurs aïeux. Les legs du passé doivent être préservés. Ils ont un lien très fort avec la nature au point d'être les seuls à percevoir ces êtres, invisibles pour beaucoup de personnes, que l'on appelle les vitaux. Leur seul présence ancre ce récit dans une certaine magie. Insaisissables et évanescents, ces organismes arborent bien des couleurs signalant leur degré de dangerosité. Aussi, les rouges sont à éviter rendant les porteurs avec qui ils ont fusionnés complètement fous. Leur présence exerce une certaine fascination mais deviennent vite dérangeants laissant s'installer une atmosphère plutôt oppressante. Cette pesanteur est même accentuée lorsque certains chiens vårks sont contaminés à leurs tours et deviennent incontrôlables. Ils ressemblent un peu à la bête du Gévaudan et leur seule présence met la chair de poule. 

Le cadre proposé par l'auteur est particulièrement original n'empruntant en rien à la mythologie viking. C'est une autre approche qui se veut au plus près de la nature. Entre ces pages, l'équilibre est rompu rendant la faune et la flore dangereuses pour l'homme. Les animaux, tels les cerfs, les biches ou les rennes sont comme pris de folie, obnubilés par une soif qui semble inextinguible. C'est à la fois inquiétant et déroutant. 

La Dernière Transhumance est un roman d'ambiance assez immersif. Mais attention aux âmes sensibles, notamment à la cause animale, je tiens à vous prévenir que l'auteur n'épargne pas les animaux dans son livre. Pour ma part, j'en comprends la nécessité mais je dois reconnaître que certaines scènes m'ont parfois dérangées, voire heurtées. 

Néanmoins je dois dire que la plume de Stéphane Arnier est incroyablement belle. Elle dégage une vraie poésie pour parler d'écologie, de sauvegarde des traditions et de respect de la nature. 

Derrière cette odyssée, l'auteur redéfinit les priorités que l'humanité devrait viser autant dans son rapport à l'environnement qu'à autrui. Cette famille ignare qui est mise en scène ici incarne à elle-seule un message de tolérance. En effet, il ne cherche qu'à vivre en communion avec ce qui les entoure, contrairement à d'autres qui ne semblent n'avoir fait vœu que de destruction. 

En outre, en prônant cette volonté de perpétuer ce semi-nomadisme, Stéphane Arnier alerte sur la nécessité de respecter les communautés autochtones qui ont choisi de vivre à contre courant d'une modernité prédatrice. Elles incarnent la lutte d'une minorité contre une industrialisation galopante et destructrice. 

Le texte est clairement engagé et se révèle comme un hommage à la nature et à la famille. 

Comme dans La Brume l'emportera, l'importance de la mémoire y occupe une place centrale. Le personnage qui illustre le mieux ce fait est la doyenne Kaisu. Arrivée à l'automne de sa vie, elle se bat encore pour préserver les rites de son clan et maintenir une cohésion parmi les siens. Elle est une lionne prête à défendre ses enfants sans la moindre hésitation car finalement eux-seuls importent. 

La Dernière Transhumance est une histoire tragique que l'on découvre sous des angles différents. En effet, Stéphane Arnier multiplie les points de vue. L'intérêt étant ici de nous donner la hauteur nécessaire pour pleinement apprécier cette intrigue. C'est intéressant d'avoir réuni dans une même aventure deux êtres issus de cultures différentes afin de voir comment tous les deux vont s'appréhender et peut-être réussir à se comprendre. 

La Dernière Transhumance est un récit en deux parties. Aussi, ce premier tome n'a fait qu'effleurer les enjeux narratifs qui au vu du final, promettent encore bien des rebondissements. Alors, on se donne rendez-vous en octobre prochain pour découvrir la suite !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur La Brume l'emportera

informations

Stéphane Arnier
Vitaux 
T.1
La Dernière Transhumance
9782382672525
352 pages
Editions Mnémos

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14/04/2026

Nesrine Ammari, Le Chant de la Tempête, collection Stardust, éditions Hugo

Nesrine Ammari, Le Chant de la Tempête
tome 1, collection Stardust, 
éditions Hugo

Nesrine Ammari est une autrice algérienne qui s'épanouit dans l'écriture d'intrigues politiques prenant cadre dans de sombres univers de fantasy

Sa bibliographie compte pour le moment trois titres dont Les Trônes Trahis, paru initialement chez Hugo Stardust, puis au Livre de Poche et Comédie Carmine, publié chez HEA éditions, en 2024. 

Le Chant de la Tempête est donc son troisième roman. Il est en librairie depuis le 21 janvier 2026 et est sorti chez Hugo Stardust. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Kelsey Marlowe a intégré depuis quelques années l'institut dans l'espoir d'être formée afin de rejoindre les rangs de la marine royale. Il s'agit ni plus ni moins de l'armée chargée de protéger l'empire d'Oderion des dangers venus de l'océan. Ambitieuse, la jeune Kelsey l'est sans doute mais elle n'imaginait tout de même pas attirer si vite l'attention de l'impératrice en personne suite à un dangereux tournoi. Après que ce dernier ait pris fin, elle la charge de récupérer une boussole magique avec le concours du dernier prince du Peuple de l'Eau, retenu captif depuis la fin de la guerre. Bien que celui-ci ait ses pouvoirs rendus inoffensifs, sa proximité lui met littéralement les nerfs à vif, lui faisant ressentir des émotions qu'elle souhaite juste étouffer. Mais il est souvent difficile, voire impossible de renier sa nature et ses sentiments, n'est-ce pas ! 

Mon avis :

Le Chant de la Tempête débute comme un récit de dark académie pour évoluer vers une fantasy plus ténébreuse. En effet, ce roman s'ouvre sur le quotidien d'une jeune adulte qui en intégrant l'institut, souhaite embrasser une carrière de soldat afin de défendre l'empire. Ici le temps n'est plus aux cours mais à une série d'épreuves auxquelles doivent se soumettre les élus tirés au sort afin de tester leur bravoure et leur intellect. Voilà un cadre qui n'est pas sans rappeler le célèbre tournoi de la coupe du feu tirée de l'univers d'Harry Potter de J.K. Rowling, ne serait-ce dans le destin funeste de certains compétiteurs. Puis, l'autrice embraye sur l'intrigue politique à proprement dit qui nous plonge directement dans ce monde sombre et merveilleux peuplé de sirènes, de nymphes et de bien d'autres créatures oniriques marines. Ils forment ce que l'on appelle ici le Peuple de l'Eau et sont très liés à la famille Zephyr qui se partageaient les quatre îles suivantes : Ydra, Dylea, Melyos et Walorya. 

Tous vivaient en bonne intelligence jusqu'à ce que la guerre éclate suite à un renversement de pouvoir au sein de l'empire d'Oderion. En effet, la nouvelle impératrice Marcella Deloros s'est mise en tête de reconquérir toutes les îles et de tuer tous les représentants du Peuple de l'Eau, y compris les membres de la famille Zephyr. Le but étant d'étouffer la moindre étincelle de pouvoir qui viendrait la faire chuter de son trône. Toutefois, une exception a été faite, puisque le dernier de la fratrie est retenu captif à la forteresse Impériale lorsqu'elle y siège et que l'on retrouve dans son sillage à chacune de ses sorties. En effet, le port d'un collier et de deux bracelets brident littéralement ses pouvoirs le rendant inoffensif tout en le faisant terriblement souffrir. De la magie coule donc dans ses veines car tel est son héritage qu'il détient du Peuple de l'Eau et qui lui donnerait d'ailleurs la capacité d'interagir avec les éléments s'il n'était pas prisonnier. 

Nesrine Ammari s'appuie beaucoup sur le mythe de la sirène pour nourrir son univers. Bien que disparue au début de l'histoire, son ombre plane sur ce récit à travers toutes les légendes que ces créatures drainent. On parle notamment de leur chant hypnotique et de leur capacité à se transformer en humain les nuits de pleine lune. 

L'autrice surfe donc sur ce folklore pour construire un univers captivant. 

Leur existence se mêle d'ailleurs à l'introduction de furtifs bateaux voguant sous pavillon noir. La piraterie s'invite donc en ces lieux, ce qui n'est pas pour me déplaire car cela promet quelques scènes de combats spectaculaires sur un océan que l'on imagine déjà déchaîné. 

En outre, le récit est tissé de nombreuses intrigues politiques nourries par des complots et des trahisons. En effet, les petites bassesses ne manquent pas entre ces lignes et viennent pas mal pimenter l'histoire. 

Nesrine Ammari balaie également beaucoup de thématiques dans son roman, nous parlant aussi bien de révolte, de xénophobie que de guerre. En outre, la famille, l'amour et l'amitié égrènent pas mal les pages de ce livre. Enfin, il y est également question d'esclavagisme, de propagande politique et de deuil

Il en ressort une intrigue prenante qui prend finalement cadre dans un environnement immersif et très crédible. 

Le Chant de la Tempête est une histoire qui nous est contée à deux voix. Il y a celle de Kelsey Marlowe, une jeune femme marquée par l'opprobre de la trahison de son oncle qui lui vaut mépris et brimades au sein de l'école. Mais entêtée et courageuse, elle ne se laisse pas faire et demeure bien décidée à montrer qui elle est vraiment. Seulement sa rencontre avec Calder Zephyr va quelque peu la déstabiliser car il est détenteur d'une vérité qu'elle n'est sans doute pas prête à entendre. Elle est clairement une guerrière car elle possède une certaine trempe. Aussi, elle espère mener la mission qui lui a été confiée à son terme mais elle est loin d'imaginer que celle-ci va revêtir les atours d'une quête d'identité. Quant à Calder Zephyr, il est meurtri par un destin tragique. Il sort de cette infâme guerre, orphelin et prisonnier. Il s'entoure d'une aura mystérieuse ne révélant à Kelsey et à nous-mêmes que peu d'éléments. Pourtant il n'est pas simplement le beau ténébreux que Nesrine Ammari veut bien nous faire croire au début du roman. En effet, c'est un être complexe et torturé qui est marqué par de profondes blessures physiques et mentales. Profondément traumatisé d'avoir perdu les siens et frustré par sa terrible condition, une sombre colère sommeille en lui et ne demande qu'à s'exprimer. Il lui faudra simplement trouver l'étincelle qui le libérera de ses chaînes, au sens propre comme au figuré afin qu'il reprenne la main sur son destin et retrouve la place dans ce monde qui lui revient. 

Bien qu'une attirance certaine semble animer ces deux-là, Nesrine Ammari ne va pas pour autant trop vite en besogne en jetant immédiatement ses deux protagonistes dans une folle passion. Quelque chose se noue progressivement entre ces deux êtres et seul le temps permettra aux sentiments forts de s'exprimer. 

Le choix de faire de cette histoire une duologie est habile car cela nous laisse le temps d'apprécier autant l'univers qui s'avère plutôt généreux que la romance qui prend le temps de se construire. 

Pour conclure :

Le Chant de la Tempête est un récit très prometteur. L'action et les révélations sont distillées à la bonne dose pour maintenir le suspense et rendre la lecture purement addictive. Vivement la sortie du tome 2. 

Fantasy à la Carte

Informations

Nesrine Ammari
Le Chant de la Tempête 
Tome 1
Collection Stardust
9791042902803
464 pages
Editions Hugo

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07/04/2026

Richard Canal, Colla Scura, éditions Critic

Richard Canal, Colla Scura, éditions Critic 

Auteur de science-fiction, de roman noir et de littérature générale, Richard Canal compte une trentaine de romans et plus du double de nouvelles dans sa bibliographie. 

Son dernier livre vient d'ailleurs de paraître aux éditions Critic sous le titre de Colla Scura. C'est un récit à la croisée des genres mêlant fort habilement le thriller au fantastique en passant par la science-fiction. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie très chaleureusement Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Les membres de la famille Malaterre ont un pouvoir particulier, celui d'emmagasiner du temps, au point de les rendre quasi immortels. Seulement les sources auxquelles ces derniers s'approvisionnent pour se recharger sont en voie d'extinction. Il faut dire qu'ils ne sont pas les seuls à être ainsi dotés et vont même vite devenir les cibles d'ennemis invisibles cherchant à s'emparer des fameux sabliers que chacun d'eux possède. L'heure est donc à la survie. Pour y parvenir seront-ils en mesure de faire taire les vieilles rancœurs afin de mutualiser leurs efforts pour trouver de nouvelles sources ? 

Mon avis :

Dans Colla Scura, Richard Canal excelle à mélanger les genres pour proposer un texte original et - il faut bien le dire - qui en envoie. Ce récit contemporain nous entraîne donc à perdre haleine aux quatre coins du monde dans une folle course contre la montre pour dégoter ce que les protagonistes appellent ici des spots. En effet, dans l'univers imaginé par Richard Canal existent des endroits spéciaux que seuls quelques élus sont capables de détecter en ressentant la puissante chaleur qu'ils dégagent sans pour autant s'y brûler. Ces endroits mystérieux constituent des réserves de temps permettant aux time-hoppers puisque c'est ainsi que sont qualifiés ces hommes et ces femmes si particuliers, de pouvoir traverser les époques sans que l'âge n'est prise sur eux. Ils défient donc la mort en embrassant une immortalité fragile car elle dépend de l'existence de ces fameuses réserves. 

L'univers imaginé par Richard Canal repose donc sur les secrets de l'espace-temps nourris à la théorie quantique et à l'existence potentielle d'univers parallèles. Celui-ci s'enracine dans une science-fiction qui s'intéresse à l'écoulement du temps et aux folles hypothèses scientifiques qui en ont découlé. 

Mais Colla Scura est aussi un thriller fantastique car des morts violentes surviennent entre ces lignes poussant certains des personnages à mener l'enquête pour sauver leur peau. Un ennemi invisible agit dans l'ombre et frappe là où on ne l'attend pas. Richard Canal n'hésite pas à faire tomber quelques têtes dans son roman, histoire de faire monter la pression. Ce roman exhale d'ailleurs un petit quelque chose du célèbre Da Vinci Code de Dan Brown. La référence tient sans doute aux investigations menées par deux des personnages de ce roman, les mettant sur la trace d'inventeurs de génie de la Renaissance pour comprendre notamment le fonctionnement des mystérieux artefacts en leur possession. Découvertes archéologiques et exploration du passé s'invitent dans ce contre la montre sanglant. 

L'écriture de Richard Canal est nerveuse et s'accorde bien avec la tension propre au polar. Colla Scura est un livre plutôt immersif et très bien rythmé. Danger et mystère se côtoient pour nous maintenir dans un suspense exaltant. 

En outre, l'auteur a inscrit son texte dans un questionnement intéressant tournant autour de l'immortalité et de l'humanité. Il y confronte la quête de la jeunesse éternelle menée par certains aux limites de l'éternité donnant naissance à l'ennui et à la lassitude. Derrière cette obsession se cache bien entendu la peur viscérale de mourir. Aussi, les personnages de Richard Canal ont affronté bien des dangers, ont survécu aux heures les plus sombres de l'Histoire pour autant sont-ils dans le vrai ? C'est toute la réflexion que porte l'un d'entre eux donnant ainsi matière à réfléchir sur le réel intérêt de vivre longtemps. 

Colla Scura est un roman choral qui ne fait pas dans la dentelle. Bien des voix portent cette histoire insolite. Chaque protagoniste a ses secrets. Certains sont clairement plus intrigants que d'autres. La gitane Analisa Dalla Costa est particulièrement charismatique. Du fait de sa longue vie, elle se doit d'être forcément la plus stratège de tous. Il ne faut pas se fier à son allure de grand-mère car c'est en réalité une dame de fer, au caractère implacable. Elle tire les ficelles de cette histoire et se targue bien souvent d'avoir toujours un coup d'avance sur les autres. Mais comme tous, elle n'est pas à l'abri malgré tout le savoir qu'elle a emmagasiné depuis siècles. Retors et pugnace, on s'attache à elle car elle incarne le personnage qui nous promet le plus de retournements de situation. En dépit des apparences, Anton, lui, n'est pas un simple play-boy. Victime d'une machination, on le suit avec plaisir dans sa quête de vérité. Son ingéniosité et sa spiritualité en font un personnage-clé de ce roman.

Pour conclure : 

Ainsi, avec Colla Scura, Richard Canal signe un roman qui répond à la promesse d'un divertissement mordant. Avec lui, vous n'allez pas vous ennuyer, vous pouvez me croire !

Fantasy à la Carte

Informations

Richard Canal
Colla Scura
9782375793534
546 pages
Editions Critic

Lien vers le site

03/04/2026

Jonathan Brychcy, Fragments d'un dieu mourant, collection Nagori, éditions ActuSF

Jonathan Brychcy Fragments d'un dieu mourant, collection Nagori, 
éditions ActuSF 

Jonathan Brychcy est un jeune auteur d'imaginaire. Fragments d'un dieu mourant est son premier texte publié. Il inaugure d'ailleurs avec d'autres, la nouvelle collection dédiée au format court des éditions ActuSF et qui s'intitule Nagori

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Dans un monde crépusculaire, un garde royal tente de sauver son roi de la profonde dépression dans laquelle ce dernier s'enfonce progressivement. C'est la raison pour laquelle, il s'est lancé dans la quête un peu désespérée de retrouver la déesse de ce monde qui, il l'espère, sauvera la vie de son souverain qu'il aime plus que tout. L'enjeu est de taille, mais sera-t-il à la hauteur pour autant ? 

Mon avis :

Avec Fragments d'un dieu mourant, Jonathan Brychcy signe une novella de fantasy très originale. En effet, la singularité de cet univers tient au fait que le monde qui prend vie sous la plume de Jonathan Brychcy dépend de la volonté du seigneur de ce lieu. Aussi, il est soumis aux émotions de ce dernier. La tristesse entraîne donc ici bien des désordres climatiques. 

Toute son intrigue repose sur une mythologie insolite donnant vie à une déesse dont l'antre se dissimule au cœur d'un jardin, décrit tel un paradis. C'est elle qui choisit celui qui est appelé à devenir l'élu et à venir gouverner ce monde. 

En quelques pages, Jonathan Brychcy a planté son décor tissé de songes et d'émotions. Aussi fabuleux qu'inquiétant, ce monde sombre peu à peu dans la folie dû au déchaînement des éléments. 

Fragments d'un dieu mourant nous conte donc le destin de deux hommes sans nom. En effet, leur identité se résume à leur fonction, l'un est roi, l'autre, garde royal. Entre ces lignes, on goûte autant à la détresse du premier qu'à la force et au courage du second. Ils forment un duo improbable mais lié par le puissant sentiment de l'amour. Celui-ci semble d'ailleurs avoir donné des ailes au garde royal qui n'hésite pas à se lancer dans une quête salvatrice, quitte à donner sa vie en échange de celle de l'être aimé. Tous deux drainent une puissance puisant dans des sentiments tantôt destructeurs, tantôt bienfaisants. L'un se doit d'être stratège tout en veillant à servir d'exemple aux autres tandis que l'autre revêt les atours du guerrier, toujours prêt à défendre son maître. Pourtant derrière les masques que tous deux arborent se cachent une profonde sensibilité se révélant telle une faille pour l'un et une force pour l'autre. Ils sont si différents l'un de l'autre mais se complètent au final si bien. 

Fragments d'un dieu mourant est construit à la manière d'un puzzle. En effet, ce livre est constitué d'une multitude d'extraits choisis pour reconstituer cette histoire aussi belle que tragique. L'amour et le dévouement sont au cœur des enjeux de ce texte. Le récit est passionnel, voir même charnel car l'auteur y explore la relation fusionnelle entre deux hommes. Certains passages sont intenses, et parfois très épicés. L'intérêt étant de mettre ici en exergue la puissance de ce sentiment. Tout n'est pas toujours qu'une question de sexe car passés les premiers émois du début d'une relation, s'installe un profond attachement et une fidélité sans faille. D'ailleurs, le plus bel exemple que Jonathan Brychcy nous délivre ici est le sens du sacrifice de l'un de ses protagonistes pour son autre. C'est à la fois beau et touchant. 

A mi chemin entre le conte et le poème, Fragments d'un dieu mourant est un récit troublant et poignant à la fois. L'auteur y bouleverse les codes pour mieux nous surprendre et nous entraîner dans une aventure à la saveur douce amère. 

Pour conclure :

Avec un tel récit, cette nouvelle voix de l'Imaginaire laisse déjà son empreinte sur un genre qui ne demande qu'à se renouveler. 

Fantasy à la Carte

Informations

Jonathan Brychcy
Fragments d'un dieu mourant
9782376867197
Collection Nagori
Editions ActuSF

Lien vers le site

29/03/2026

Aurélie Luong, L'Envol des Sables, éditions Argyll

Aurélie Luong, L'Envol des Sables, éditions Argyll 

Cette année, les éditions Argyll fêtent leur 5 ans d'existence. Et pour l'occasion, ils nous proposent un livre anniversaire signé par une très belle plume féminine. Il s'agit de L'Envol des Sables d'Aurélie Luong.

Or, il fallait bien une telle sortie pour marquer l'événement surtout de la part d'un éditeur qui nous a habitués depuis sa toute première parution à sélectionner des textes toujours très engagés et d'une grande qualité. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Tanger, VIIIe siècle. Ahmed et son "presque frère" Tariq combattent dans les rangs des Omeyyades depuis qu'ils ont été exclus de leur clan. Leur rencontre avec un seigneur renégat d'Hispania va leur donner l'idée de traverser la Méditerranée à la tête d'une petite armée pour conquérir des terres d'al-Andalus en leur nom afin d'offrir aux Amazighs, un refuge les mettant à l'abri du joug omeyyade. Seulement on ne double pas impunément le Calife et espérer échapper à ses représailles. Alors que les ennemis surgissent de toutes parts, dans un pays inconnu et hostile, comment ses deux guerriers prodiges vont-ils faire pour s'en sortir ? 

Mon avis :

L'Envol des Sables est une fantasy historique de haut vol qui nous entraîne au temps de l'hégémonie des Omeyyades. C'est une dynastie arabe qui a dominé le monde musulman entre 661 et 750, puis l'an-Andalus entre 756 et 1031. Or, pour nous conter cet incroyable épisode de conquête, Aurélie Luong a choisi de se concentrer sur un personnage historique en particulier aussi renommé que mystérieux, à savoir Tariq ibn Ziyad. Les nombreuses zones d'ombre qui courent autour de cette figure historique se révèlent comme autant d'invitations à venir combler les vides par des hauts faits mêlés de notes ésotériques puisant dans la mythologie berbère. 

En effet, ce roman s'enorgueillit de la présence des jinns qui accompagnent la quête du narrateur. Ils font bien entendu référence à ces créatures surnaturelles issues de la mythologie arabique préislamique connues pour être capables d'influencer spirituellement ou physiquement les hommes. Dans le cas d'Ahmed, elles lui permettent de maîtriser ses pouvoirs, notamment sur les éléments tel le vent. Non seulement il est capable de les voir mais en plus les jinns lui accroissent sa puissance. 

Tous les emprunts à la mythologie nord-africaine que fait Aurélie Luong s'imbriquent parfaitement à son intrigue historique rendant son univers particulièrement immersif et ensorcelant. 

Aussi, l'alchimie prend dès les premières pages du roman grâce à la plume envoûtante de cette conteuse hors-pair. Clairement, on se laisse facilement entraîner au cœur de cette conquête de terres et de liberté à la suite d'un duo de protagonistes aussi charismatiques qu'inoubliables

L'incroyable amour qui lie ces deux hommes est si touchant qu'il nous bouleverse au plus profond de notre âme. Ahmed et Tariq ne sont pas frères de sang mais se considèrent comme tels. La relation qu'ils ont nouée depuis leur plus tendre enfance est si fusionnelle, que cela les rend encore plus attachants. L'Envol des Sables est donc avant tout une belle histoire d'amitié. 

On découvre leur histoire essentiellement à travers le regard d'Ahmed qui voue une admiration sans bornes à Tariq. Il occupe même presque le rang d'un dieu au plus profond de son cœur. C'est un général de grande valeur, un fin stratège et un guerrier émérite. Tariq est un meneur capable de fédérer de nombreux hommes autour d'une quête. Il a marqué son époque et Aurélie Luong a voulu lui rendre hommage à travers le portrait qu'elle nous brosse ici. Il est un héros sorti des ombres dont on ne sait que peu de choses permettant à l'autrice de lui modeler un passé et un futur selon ses envies. Il incarne ici la figure du guerrier laissant un sillage sanglant rempli de bruit et de fureur. Mais il est aussi un formidable protecteur au courage sans faille. Tariq nous apparaît presque comme un mirage. On le suit pas à pas, on découvre ses hauts faits et ses défaites mais peut-on réellement affirmer le connaître vraiment ? Il garde par devers lui cette aura de mystère propre à ce personnage historique. 

Quant à Ahmed, il possède autant de force et de courage que celui qu'il vénère. Personnage humble qui est autant narrateur qu'acteur de cette histoire. Il est l'homme de confiance de Tariq. Il possède cette même force de caractère propre aux grands guerriers. Tous deux sont des enfants nés de la violence. Issus des clans, ils ont été élevés pour déferler, piller et tuer. Ils se ressemblent pour bien des choses. Pourtant Ahmed personnifie la conscience de Tariq. Avec beaucoup de discrétion et d'humilité, il accompagne Tariq dans ses choix et le conseille autant qu'il le peut. Ils sont tout l'un pour l'autre, enfermés dans une relation forte telles deux âmes sœurs. 

24/03/2026

Christian Léourier, Les Anges de Nyrheim, collection Déclic, éditions Critic

Christian Léourier, Les Anges de Nyrheim
collection Déclic, 
éditions Critic

Grand auteur de science-fiction, Christian Léourier est notamment connu pour son cycle de Lanmeur ou sa série jeunesse, Jarvis

En février dernier, sa bibliographie s'est enrichie d'un nouveau titre, paru dans la collection jeunesse, Déclic, des éditions Critic

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Depuis bien des décennies, les humains ont réussi à coloniser d'autres planètes, à l'image de Nyrheim. Pourtant des espaces demeurent encore vierges et hostiles à l'homme. C'est pourquoi des expéditions scientifiques sont organisées pour partir à la découverte de ces lieux inhospitalers. Agdis, une jeune cultivatrice est la seule survivante de sa colonie. Retrouvée par hasard par l'une de ses expéditions, elle se retrouve bien malgré elle embarquée dans l'aventure. Seulement aucun membre de cet étrange équipage n'aura été préparé à ce qu'ils s'apprêtent à vivre. D'ailleurs, peuvent-ils seulement espérer en revenir vivants? 

Mon avis :

Les Anges de Nyrheim est un planet opera destiné à la jeunesse. En effet, depuis des décennies l'humanité a réussi à installer plusieurs colonies tout en poursuivant son exploration de cette terre parfois très hostile à l'homme. Aussi des expéditions scientifiques sont financées pour pousser toujours plus loin leur expansion. Sur Nyrheim, les colons ont reproduit une société de castes séparant les cultivateurs des têtes pensantes. A leur siège celui que l'on appelle le Commandeur incarne la figure d'autorité qui édicte la marche à suivre. Toute personne émettant des doutes ou critiquant les règles est d'ailleurs considéré comme un déviant. Bien entendu il n'est pas bon d'être traité comme tel sous peine d'être frappé d'ostracisme. 

Dans son roman, Christian Léourier nous dépeint un monde rude autant du point de vue de l'hostilité de la faune et de la flore locale qui réagit vivement à cette présence humaine trop intrusive que de cette gouvernance finalement très dictatoriale. 

En quelques pages, l'auteur a posé son décor. Il est nourri par un imaginaire foisonnant inventant des espèces animales et végétales, ainsi que des paysages inédits. 

Ici, l'ambiance est à la découverte et à la survie. En outre, on prend vite conscience des non-dits quant à cette vie possible sur Nyrheim. 

Plus qu'un récit d'aventure, l'auteur a également tissé une trame politique à travers des mensonges d'État, dissimulant bien des vérités. Aussi, pour l'héroïne, il s'agira pour elle de mener à la fois une quête de survie et d'identité. Le passé la rattrape bien malgré elle l'obligeant à faire face à une réalité qu'elle n'était pas prête à comprendre ni à accepter. Ce monde est étouffé par des secrets tuant bien des protagonistes et transformant cette expédition en véritable cauchemar. 

On est vite happé par l'intrigue qui se veut plutôt immersive. 

Christian Léourier a piqué son texte de thèmes intéressants questionnant la société dans ses choix politiques et environnementaux. 

20/03/2026

Pierre Cuvelier, Un Orage sur Saturne, éditions 1115

Pierre Cuvelier, Un Orage sur Saturne, éditions 1115

Novelliste et poète, Pierre Cuvelier est déjà l'auteur de quelques textes d'imaginaire publiés dans Faeries, Brins d'éternité ou Traversées

Avec Un Orage sur Saturne, il s'essaye à un format un peu plus long puisqu'il s'agit d'une novella dont la publication est prévue pour le 27 mars prochain aux éditions 1115. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions 1115, je remercie Frédéric Dupuy pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Elle, est une artiste-peintre usant des techniques ancestrales pour produire ses œuvres, lui est un astrologisticien parcourant les planètes du système solaire. Rien ne les prédestinait à se rencontrer. Le hasard les réunit à multiples reprises sur Mars ou en orbite autour de Saturne. Pour lui, ce sont autant de rencontres qui vont profondément le changer même s'il ignore encore jusqu'à quel point. 

Mon avis :

Un Orage sur Saturne est un récit de science-fiction qui prend cadre dans l'espace. En effet, ici le voyage spatial est maîtrisé et les planètes du système solaire sont devenue des colonies de la Terre. 

Dans sa novella, Pierre Cuvelier nous attache aux pas d'un homme qui voyage de planète en planète. L'ambiance est aux nouvelles technologies permettant le développement de vaisseaux performants, réduisant notamment les temps de déplacement d'une planète à l'autre. Le futur nous est dépeint sous le signe d'un immense progrès. 

Toutefois de la nostalgie habite ces pages. Elle s'exprime par le prisme de l'art et plus exactement par celui de la peinture à l'huile. En effet, par le truchement de l'une de ses protagonistes, Pierre Cuvelier rend hommage au peintre Joseph Vernet dont elle partage le patronyme mais aussi cette volonté d'utiliser les mêmes techniques picturales sans pour autant peindre les mêmes sujets. Il faut s'adapter aux lieux. L'intérêt étant de laisser une trace des paysages de l'espace, et une vue d'en-haut des autres planètes. 

L'importance toute particulière que l'auteur accorde à l'art est intéressante car elle donne une saveur très particulière à sa science-fiction. Contrairement à ce qu'on pourrait s'attendre, il ne s'agit pas ici d'un space-opera nous entraînant dans une aventure à bord de vaisseaux spatiaux à la conquête du système solaire. 

Pierre Cuvelier table davantage sur un récit plus intimiste tournant autour de la rencontre de deux personnages et surtout de leurs interactions qui demeurent le fil conducteur de cette histoire. 

Au format d'une novella, il n'y a pas la place pour nous plonger dans un univers très développé alors l'auteur s'est recentré sur l'essentiel, à savoir une réflexion philosophique portant sur l'intérêt de la vie humaine et des orientations que l'on choisit de lui donner. En évoquant un artiste du passé, c'est repenser à toute une époque, et notamment à la vie sur Terre, aux proches laissés derrière soi. Le temps est à l'introspection pour le personnage principal. Il y a des rencontres qui changent tout, qui bouleversent même les idées reçues. Il va en faire l'expérience et en ressortir profondément marqué et un tantinet changé, notamment sur sa manière d'aborder l'avenir. 

Un Orage sur Saturne, c'est donc la rencontre de deux âmes contraires qui auraient pu emprunter le même chemin et avancer ensemble mais qui finalement n'en font rien. 

17/03/2026

Benjamin Lupu, Les Voix de Canaé, T.2, Le Solstice des Ombres, éditions Mnémos

Benjamin Lupu, Les Voix de Canaé,
 T.2, Le Solstice des Ombres
éditions Mnémos 

Les Voix de Canaé est le second volet qui vient clôturer la duologie de Benjamin Lupu, Le Solstice des Ombres

En librairie depuis le 18 février dernier, je dois vous avouer que j'attendais sa sortie avec une certaine impatience. Il faut dire que le premier tome s'est montré si immersif que j'avais très envie d'en connaître le dénouement. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après l'attaque du camp de la Veuve misère, Héskarias et ses hommes ont réussi à tirer des griffes de leurs ennemis la baronne d'Achantar et le jeune moine, Umbrod. Pour l'heure, l'urgence est de se mettre à l'abri dans la cité de Canaé auprès de la haute maèr'vi. Pour autant les lieux ne sont pas sûrs depuis que le puissant baron Storic Farnostari s'est mis en tête de s'emparer du cœur de pouvoir orostrate, n'hésitant pas à organiser un siège en usant des moyens les plus abjects pour faire plier les volontés les plus farouches. Il n'est d'ailleurs pas la seule menace car bien des ambitions s'agitent dans l'ombre n'augurant rien de bon pour l'avenir de tous.

Mon avis :

Avec Le Solstice des Ombres, Benjamin Lupu signe un univers sombre fort bien réussi tissé d'intrigues de cour, de course au pouvoir et d'une puissante magie en partie oubliée. 

Entre ces lignes, plusieurs camps s'affrontent au nom d'idéaux religieux ou par simple opportunisme, donnant à ce texte le goût âcre du sang et l'amertume du prix de la trahison. 

Dès les premières pages, l'auteur nous entraîne au cœur des combats. On avance donc dans notre lecture au son du fracas des armes. En effet, le dénouement étant proche, chacun se prépare à l'affrontement final qui promet d'être apocalyptique. Véritable roman d'action, Benjamin Lupu distille ses révélations ici ou là faisant monter la tension crescendo. Le temps est à la préparation d'un siège. Pendant que les uns cherchent à trouver les moyens de tenir bon, les autres réfléchissent à la faille pour pénétrer ces murs semblant impénétrables. 

L'intrigue est bien construite amenant les évènements de manière ingénieuse afin de tenir les lecteurs en haleine d'un bout à l'autre. 

En outre, la magie qui imprègne cette duologie est inventive. Elle est liée à des divinités. Du fait de sa dangerosité, elle a été étouffée, mise sous clé et cachée afin qu'elle ne tombe pas entre de mauvaises mains et n'éradique pas le monde sous le feu de sa puissance. Seulement la réalité de son existence intrigue. Aussi, certains cherchent à percer le secret des Saintes Écritures et à accéder ainsi au pouvoir divin. En outre, des reliques sont également dépositaires d'un grand pouvoir, à l'image de la pyriale qui permet à son porteur de manipuler le feu. 

Dans Le Solstice des Ombres, Benjamin Lupu a inventé une mythologie habile doublée d'un système de magie pertinent, ce qui donne une vraie valeur ajoutée à son univers. 

13/03/2026

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, éditions ActuSF

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, 
éditions ActuSF 

Jeune auteur de bande dessinée, Alexandre Decrauze vient de signer sa toute première œuvre chez Les Nouvelles éditions ActuSF. Celle-ci s'intitule Les Mille Verbes et rejoint Fahrenheit 451 de Victor Santos au sein de la collection Ithaque

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Mécréant, Claude Horville a des rêves de grandeur. En effet, il se voit riche avec un titre de noblesse. Et pour atteindre ses objectifs, il est prêt à tout, y compris voler et assassiner si cela s'avère nécessaire. Mais sa vie bascule le jour où il se retrouve maudit. Dès lors, il n'a pas d'autre choix que de se lancer dans une course contre la montre pour retrouver la bohémienne, à l'origine du sort le condamnant à mort lorsque son millième mot sera prononcé. Mais arrivera-t-il à la retrouver à temps ?

Mon avis :

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze nous propulse au 18e siècle, période trouble marquée par la Révolution française. Le contexte est donc propice à la violence dont use et abuse, d'ailleurs, le personnage principal de cette bande dessinée. Le décor posé est sombre et sanglant. En outre, une certaine magie s'éveille entre ces pages et prend la forme d'une malédiction aussi originale qu'inéluctable pour le personnage maudit. En effet, Alexandre Decrauze a imaginé que celle-ci prenait la forme d'un nombre de mots limités à prononcer et lorsque le dernier serait atteint, cela signerait le glas pour le maudit. 

Voilà qui ne manque pas d'insolite -  vous en conviendrez - et pousse le protagoniste principal à rivaliser d'ingéniosité pour tenter de remédier à l'inéluctable. Tout va donc y passer, la violence et la menace pour retrouver la donzelle, ou la décision radicale de faire vœu de silence en rentrant dans les ordres. 

Seulement ne dit-on pas que la nature revient toujours au galop et que nul ne peut échapper son destin ? 

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze signe une bande dessinée tournée vers l'action et le suspense. Aussi, Claude de Horville ne connaît aucun répit et nous entraîne à bride abattue à travers la France pour remonter la piste, plutôt froide au demeurant, de la fameuse bohémienne, responsable de tous ses tracas. Il en ressort un scénario très bien rythmé. Aucun temps mort entre ces planches car l'enjeu est grand, en tout cas pour le héros. 

A travers ce personnage de Claude de Horville, Alexandre Decrauze table d'ailleurs sur la figure de l'anti-héros. En effet, contrairement au schéma que l'on retrouve bien souvent en littérature, il ne s'agit pas ici de mettre en scène un méchant en quête de rédemption. Bien au contraire Claude de Horville demeure un mauvais garçon jusqu'au bout de l'aventure. Bien que responsable de sa situation, il ne cherche pas à se racheter mais juste à trouver le moyen de contourner la réalité pour tirer profit des situations et finalement réussir à se sortir de ce mauvais pas sans rien assumer de ses actes. 

Seulement est-ce que le destin lui laissera ce loisir ? 

Les Mille Verbes est une jolie bande dessinée qui nous offre une grande aventure piquée de bagarres, de rebondissements et de mystères. 

09/03/2026

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link est une nouvelliste de fantasy, de science-fiction et d'horreur qui a déjà une belle renommée. 

En effet, certains de ses textes ont remporté de nombreuses distinctions, parmi les plus prestigieuses comme les prix Hugo et Locus, pour ne citer qu'eux, qui ont notamment récompensé, "Le Sac à mains féérique". 

The Book of Love est son premier roman. Il vient de paraître en français aux éditions Albin Michel Imaginaire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Laura, Daniel, Mo et un certain Bowie viennent de revenir à la vie. Aucun d'eux ne sait comment il est mort et surtout pourquoi il a été ressuscité et par qui? En revanche, ils connaissent la prophétie qui annonce que "quatre sont revenus d'entre les morts. Deux resteront. Deux retrouveront le néant." Celle-ci est donc - on ne peut plus - explicite. Maintenant la question est de savoir qui restera et qui disparaîtra ? 

Mon avis :

The Book of Love est un récit contemporain piqué d'éléments fantaisistes et magiques. 

Outre le fait que des disparus reviennent mystérieusement à la vie, l'ombre d'une déesse déchue plane sur cet univers et ses étonnants personnages. Diminuée et incomplète, elle cherche à retrouver sa puissance. Or, pour être à nouveau elle-même et remettre la main sur la partie d'elle manquante, elle a lancé le défi à ces jeunes revenants de le lui retrouver en échange d'un avenir. 

Pour nourrir son univers, Kelly Link a emprunté des éléments à de nombreuses mythologies. Parmi lesquelles on peut citer la mythologie grecque à travers sa réappropriation des Enfers, non plus gardés ici par Hadès et son célèbre chien à trois têtes mais plutôt par un étrange personnage maudit rêvant de céder sa place à d'autres. 

L'Asie a également influencé ce texte puisque l'on retrouve un peu de la légende de la lune et du soleil qui s'aiment sans jamais réussir à se retrouver. En effet, dans ce roman, il est aussi question d'un amour impossible condamnant deux êtres à ne pouvoir se voir et se parler.

Il en ressort un univers riche et déjanté car cette histoire est pour le moins loufoque. 

La magie imprègne chaque page de ce roman. Elle constitue parfois l'essence même de certains protagonistes. Faux-semblants et illusions trompent d'ailleurs le lecteur autant que les héros de cette histoire. 

La magie est partout, elle transparait même dans les notes de musique égrenées par les personnages donnant à ce récit une dimension poétique. D'ailleurs ce récit est très musical, piqué de paroles de chansons et de nombreuses références musicales lui donnant ainsi une ambiance singulière cherchant à envoûter les lecteurs.

Comme le titre l'indique, The Book of Love parle beaucoup d'amour quelque soit la forme qu'il prend. Amour filial, amical ou charnel, ce puissant sentiment transcende l'humanité depuis la nuit des temps. Il est autant question ici de sexe que de la construction d'une relation. Dans ce roman, jouissance et frustration se télescopent dans un maelström de sentiments. 

27/02/2026

Christian Clément, Dark Gravity, éditions Pocket Imaginaire

Christian Clément, Dark Gravity,
 éditions Pocket Imaginaire 

Christian Clément est un auteur français de science-fiction. Dark Gravity est son premier roman. D'abord publié en grand format chez Michel Lafon en 2023, il vient d'être réédité en poche chez Pocket Imaginaire

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Suite à un terrible cataclysme, la terre voit sa gravité s'inverser. Alors que l'heure est à la survie, Hélène, une jeune alpiniste française, escalade les immeubles dans l'espoir de retrouver son fils. Chemin faisant, elle va croiser la route de certaines personnes dont l'arrogant scientifique Mattis Magnusson qui a justement besoin de ses compétences pour l'aider à regagner son laboratoire et tenter d'inverser la situation. Enfin si cela est encore possible? 

Mon avis :

Dark Gravity est un roman postapocalyptique qui nous propulse à New-York après un terrible cataclysme. Si les auteurs de science-fiction nous ont surtout habitué à des récits de fin du monde suite à des bouleversements climatiques ou à des virus mortels, Christian Clément, lui, a fait un autre choix. 

En effet, passionné par les sciences et notamment la physique, il a plutôt imaginé des recherches sur la compréhension et la maîtrise de la gravité qui auraient échappé à tout contrôle conduisant à un terrible désastre. 

Aussi, la Terre est sans dessus dessous car tout ce qui était à la surface se retrouve la tête en bas. Or, sous la pression de la gravité, les constructions finissent par se décrocher, toutes les canalisations sautent les unes après les autres noyant peu à peu les espaces, les fils électriques sont arrachés plongeant l'humanité dans le noir. Les morts se comptent sans doutent par milliards et ne cessent de croître avec le temps car aucun refuge n'est sûr. Tout peut vite s'avérer être un piège. Même l'espace n'est pas un endroit enviable car l'inversion de la gravité se révèle un danger mortel pour les vaisseaux en orbite autour de la terre qui sont repoussés toujours toujours plus loin de l'attraction terrestre. 

Le décor est posé et il est cauchemardesque. L'univers s'appuie sur un progrès scientifique réaliste et inquiétant tout en nous livrant à un chaos inévitable lorsque les repères disparaissent. 

Les codes du postapocalyptique sont donc bien au rendez-vous entre une humanité en partie décimée, des rescapés réduits à leurs plus bas instincts, ou encore un paysage de ruines et de désolation. 

Dark Gravity aborde des aspects scientifiques mais aussi psychologiques car ce livre questionne autant l'avancée des sciences que l'humanité dans ses comportements face à l'inimaginable. 

Dans ce genre de roman, la survie est au cœur des enjeux. Mais on parle également de lutte contre toute forme de dangers, de résilience et de reconstruction pour continuer à vivre en dépit du monde qui a changé. 

En faisant le choix d'un monde bouleversé à cause d'agissements humains, Christian Clément rappelle les dangers que les avancée scientifiques et technologiques peuvent exercer et le rôle de protecteur que les savants et les sachants de ce monde doivent toujours endosser. 

Il est important de toujours garder en tête que de grands pouvoirs génèrent de grandes responsabilités.