L'influence du "gaming" à la littérature

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28/07/2026

Laurent Mantese, Ithaque, livre premier, éditions Albin Michel Imaginaire

Laurent Mantese, Ithaque, éditions Albin Michel Imaginaire

Romancier et nouvelliste, Laurent Mantese compte déjà une dizaine de titres dans sa bibliographie. 

Son style se nourrit des faits divers ou s'inspire tout simplement des auteurs de référence en littératures de l'Imaginaire. 

Ainsi, est paru précédemment chez Albin Michel Imaginaire, La Sonde et la Taille, où il offrait à un Conan vieillissant une ultime aventure. 

Quant à son nouveau roman, Ithaque, il inaugure une série qui revisite l'illustre texte d'Homère, L'Odyssée

Cette publication vient d'ailleurs faire écho au film de Christopher Nolan, L'Odyssée actuellement au cinéma. Un film évènement déjà taxé d'être un beau succès. 

Mais il est à noter qu'il y a eu d'autres notables sorties littéraires portant sur  les pérégrinations du célèbre Ulysse comme Tu ne sais rien de la guerre de Troie de Victor Fleury paru chez Critic ou encore l'édition collector de L'Odyssée proposée par les éditions Callidor

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après avoir défait les Troyens par la ruse, Ulysse et ses hommes ont repris la mer. Sur la route du retour, ils vont, notamment, se laisser aveugler par leur haine et saccager la ville d'Ismaros, restée fidèle à Troie. Mais devant tant de sauvagerie, le doute s'immisce dans l'esprit de plus en plus confus du roi d'Ithaque. Et s'il était tout simplement maudit des dieux et que le retour chez lui était devenu impossible ? Dès lors, qu'adviendra-t-il de lui et de ses hommes ? 

Mon avis :

Avec Ithaque, Laurent Mantese revisite donc L'Odyssée d'Homère. Aussi, comme le récit original, dans ce texte, Ulysse et ses compagnons reprennent la route pour tenter de rentrer chez eux. Laurent Mantese a donc repris les codes du roman d'aventure dans lequel les héros doivent surmonter bien des embûches pour survivre. Seulement la version proposée ici est nettement plus sombre. Ulysse et ses compagnons d'infortune enchaînent les rencontres funestes. Or, il y a quelque chose d'horrifique dans chacune des interactions que font ces Grecs de retour du champs de bataille. Le monde dépeint est inquiétant et crépusculaire. La magie est bien présente et s'exprime, par exemple, par la survenue des géants ou du cyclope, Polyphème. Pour autant, elle semble pervertie, exhalant même quelque chose de pourri. 

Laurent Mantese reste bien fidèle à l'œuvre ne lui dénaturant pas sa part d'onirisme. Pour autant, il a pris des libertés dans le portrait qu'il nous brosse de ces personnages mythiques. En effet, point de héros dans la vision qu'il nous transmet ici. Bien au contraire, l'auteur a choisi plutôt de nous mettre face à des guerriers grisés par le meurtre, le viol et le rapt. Le récit est très viril. Coupés de leur patrie d'origine depuis bien trop longtemps, Ulysse et ses hommes ont perdu leur humanité dans cette guerre de Troie. Le meurtre et la violence sont leurs uniques réponses à toutes les difficultés qu'ils peuvent rencontrer. 

Avec Ithaque, Laurent Mantese ne nous épargne pas et explore les méandres tortueux de l'âme humaine qui a goûté au sang la faisant progressivement tomber en perdition. Dans ce récit, on côtoie donc la folie, la perversion et le point de non retour. 

Cette réécriture est l'occasion pour l'auteur de nous parler des ravages de la guerre sur l'esprit des soldats. A la lecture de ce roman, on appréhende d'autant mieux le stress post-traumatique que ressent chaque soldat de retour du front. En temps de guerre, la frontière entre le bien et le mal n'existe tout simplement plus. Le meurtre semble être la seule réponse pour s'en sortir. 

Il n'y a donc rien d'héroïque chez Ulysse dont les décisions sont d'ailleurs contestées au point de se voir retirer le rôle de chef. Cette odyssée prend des allures de débandade sous la plume de Laurent Mantese mais cette version n'est-elle pas plus crédible ? Car que feraient des guerriers sur la route du retour, si ce n'est continuer à assassiner et piller tout en se bouffant le nez quant au meilleur chemin à emprunter pour rentrer plus vite ? 

Ithaque est donc une version ténébreuse de L'Odyssée dans laquelle les trahisons et les manipulations vont bon train. 

A voir maintenant la suite que Laurent Mantese donnera à son œuvre, notamment s'il fera une place à de notables personnages féminins, à l'image de Pénélope, par exemple. Ce texte manque cruellement de protagonistes féminins principaux mais tel est le choix de l'auteur qui a préféré se consacrer entièrement à Ulysse et à son introspection personnelle quant au bien fondé de ses choix dans cette guerre de Troie et ses conséquences.

Pour conclure :

Il n'y a donc plus qu'à attendre le tome 2 pour voir ce qu'il nous a réservé pour la suite. 

Fantasy à la Carte

Informations

Laurent Mantese
Ithaque
Livre premier
9782226512512
416 pages
Editions Albin Michel Imaginaire

Lien vers le site

24/07/2026

Rebecca Yarros, Iron Flame, T.2, The Empyrean, éditions Hugo Poche

Rebecca Yarros, Iron Flame
T.2, The Empyrean
éditions Hugo Poche

Iron Flame est le tome qui prend la suite de Fourth Wing. Après le succès retentissant du premier volet et un plaisir de lecture certain, j'avais hâte de continuer les aventures de Violet et Xaden. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Violet entre en deuxième année à Basgiath, Xaden, lui, est diplômé. Cela a pour conséquence directe, son affectation à la protection des frontières impliquant ainsi son départ de l'école militaire. Toutefois le fait que leurs dragons soient liés les oblige à se retrouver chaque semaine. Une relation à distance qui les met à rude épreuve surtout lorsque beaucoup de non-dits subsistent entre eux. Mais en dépit de cette situation parfois houleuse, Violet doit faire face à bien d'autres difficultés au sein de l'école. Entre ses laborieuses recherches pour en apprendre plus sur les protections magiques qui défendent la Navarre et les nombreuses tentatives de meurtres auxquelles elle doit échapper, elle n'a guère le temps de soupirer après l'absence ou le mauvais caractère de Xaden. Si intégrer Basgiath n'a pas été sans mal, continuer d'y survivre lui promet un avenir encore plutôt incertain surtout au vu des révélations qui s'enchaînent et viennent perturber son quotidien. Alors quel avenir ce monde de mensonges et de faux-semblants va-t-il lui réserver ? 

Mon avis :

Dans Iron Flame, on continue l'exploration du monde riche et complexe né sous la plume de Rebecca Yarros. Aussi, ici on découvre une autre facette des dragons. Ils ne sont donc pas seulement les compagnons des cavaliers formés à Basgiath. En effet, leur puissante magie alimente bien davantage que le pouvoir des élus choisis pour les chevaucher. 

C'est toute l'ingéniosité de ce système de magie qui donne corps à un monde crédible et fonctionnel. 

En outre, Rebecca Yarros s'est réappropriée bien des créatures fantastiques pour nous en livrer parfois une version très originale venant nourrir son univers avec beaucoup d'intelligence. 

En sus de ce décor très immersif, l'autrice y a ajouté un cadre historique bien travaillé infusé aux mensonges d'Etat et aux mythes peut-être pas si irréels que cela. 

Les intrigues sont bien menées et tiennent en haleine que ce soit sur l'évolution des personnages dans les révélations que l'autrice nous fait que dans le fil directeur de l'histoire qui constitue le nœud de l'intrigue, à propos des vérités qui mettent à mal la sécurité de l'Empyree. 

Dans Iron Flame, Rebecca Yarros explore la force de l'amitié, teste les liens de la famille et met l'amour à rude épreuve. 

Le récit demeure passionnant même si subsistent quelques longueurs, notamment dans la première partie. Aussi, il faut attendre la seconde moitié du livre pour que les évènements s'accélèrent prenant une tournure plus critique. A nouveau, l'autrice fait grimper la tension en jouant sur nos nerfs et en nous faisant ressentir mille et une émotions. 

Captivant et prenant sont donc les maîtres mots de cette saga de romantasy

L'autre point fort de cette saga réside dans la construction du texte. Rebecca Yarros a choisi de nous raconter cette histoire exclusivement du point de vue de Violet, excepté pour le dernier chapitre qui se recentre toujours sur celui de Xaden afin de conclure sur un plot twist bien souvent insoutenable. Aussi, chaque conclusion de tome est là pour retourner la tête des lecteurs et à ce jeu, Rebecca Yarros est très forte. 

Enfin, même si on est très attaché à la relation que Violet et Xaden entretiennent, on ne reste pas pour autant insensible aux personnages secondaires. Ils sont d'ailleurs nombreux à venir prêter mains fortes à nos deux tourtereaux. Et comment resté de marbre aux facéties de Ridoc, à la gauche timidité de Sawyer ou à l'indéfectible amitié de Rhiannon pour Violet.  

Ainsi, avec Iron Flame, on prend conscience qu'il ne s'agit pas ici que de la destinée de Xaden et de Violet car bien des vies sont en jeu et on voudrait tant tous les sauver. Seulement le pire est sans doute à venir car on ne peut combattre le mal sans y laisser des plumes. 

Pour conclure :

On le sait et ce n'est pas le cliffangher de fin de ce tome qui nous fera croire le contraire. Alors préparez-vous donc à vous brûler en lisant la suite !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Fourth Wing

Informations

Rebecca Yarros
Iron Flame
T.2
The Empyrean
9782755681505
1340 pages
Editions Hugo Poche

15/07/2026

Rebecca Yarros, Fourth Wing, T.1, The Empyrean, éditions Hugo Poche

Rebecca Yarros, Fourth Wing
T.1, The Empyrean
éditions Hugo poche

Rebecca Yarros est une autrice américaine de romances à succès. En 2023 paraît Fourth Wing, le premier tome qui inaugure The Empyrean, sa saga la plus connue. Elle s'est d'ailleurs vendue à plus de 2 millions d'exemplaires dès novembre 2023.

Initialement prévue en cinq tomes, chaque volet est attendu avec ferveur par ses millions de fans à travers le monde. 

Très souvent recommandée sur de nombreux comptes d'influenceurs littéraires, je ne vous cache pas que cet engouement a suscité ma curiosité de me plonger à mon tour dans cette série.

Or, quoi de mieux que de les enchaîner au format poche pendant cette période estivale. C'est donc tout naturellement que la lecture de cette saga s'est imposée à moi pour pimenter mon été. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Violet a toujours rêvé d'intégrer le quadrant des scribes, sa mère, l'inflexible générale Sorrengail l'a contraint à rejoindre le quadrant des cavaliers comme son frère et sa sœur ainsi qu'elle-même. Seulement elle est une intellectuelle de faible constitution qui se destinait à suivre les traces de son père et ne s'imaginait donc pas à devoir chevaucher un dragon et se lier à lui dans le but ultime de protéger les frontières du royaume. D'ailleurs, en est-elle seulement capable? Elle en doute fortement sans parler de tous les coups bas que ses camarades de promotion ne manqueront pas de lui réserver car à l'académie de guerre de Basgiath, tout est permis pour survivre, y compris le meurtre. Cette année s'annonce donc extrêmement dangereuse et elle est loin du compte quant à l'avenir que les Dieux lui ont réservé. 

Mon avis :

Fourth Wing est une dark academy dont l'intrigue se déroule dans le royaume de Navarre et plus particulièrement au sein de l'académie militaire de Basgiath. Aussi, afin de protéger le royaume sans cesse menacé, tous les enfants sont obligés d'intégrer cette académie en rejoignant les rangs des scribes, des cavaliers, des fantassins ou des guérisseurs. L'intérêt étant de conserver une armée puissante capable de se défendre contre toutes sortes d'attaques.

Rebecca Yarros a imaginé un univers très codifié dans lequel les dragons occupent une place prépondérante. Ils sont des alliés aux humains pour protéger le royaume de Navarre. C'est la raison pour laquelle certains se lient à eux permettant aux élus de les chevaucher tout en leur transmettant des pouvoirs. Ils deviennent ainsi de véritables armes de guerre laissant que peu d'espoir de survie aux ennemis. Seulement ce lien s'instaure selon des rituels strictes et s'accompagne toujours d'une grande violence. Être choisi par un dragon implique de grandes responsabilités et un sens du sacrifice car si l'un meurt l'autre aussi car tel est le prix à payer pour approcher ces terrifiantes créatures ailées et obtenir d'elles une puissance sans commune mesure. Entre les murs de Basgiath lorsque l'on est destiné à devenir un cavalier, on apprend à se battre mais aussi à tuer. 

Ainsi, l'univers qui prend vie sous la plume de Rebecca Yarros est implacable et mortel. Il n'y a donc aucune place pour les faibles. Tout est question de stratégie pour triompher des obstacles. Le quadrant des cavaliers est le plus prestigieux mais aussi le plus mortifère pour les étudiants qui l'intègrent. En effet, ceux qui arrivent à se lier à un dragon obtiennent de ce dernier un sceau autrement dit un pouvoir qu'ils se doivent de maîtriser. Mais la pression demeure énorme sur leurs frêles épaules car nul ne peut savoir quand celui-ci va se manifester ni à quoi il va consister. Or, certains sont prohibés par l'état entraînant de facto la mort du porteur. Ainsi, choisir le quadrant des cavaliers rime bien souvent avec la mort. 

Ce décor ténébreux et cruel est à l'image des intrigues qui se pressent entre ces lignes. En effet, l'autrice a beaucoup tablé dans ce premier tome sur des mensonges et des manipulations qui viennent allègrement pimenter le texte. Les protagonistes sont pleins de secrets qu'ils gardent jalousement par-devers eux pour nous tenir en haleine et nous surprendre au détour d'un chapitre. 

Fourth Wing est un récit d'action où des notes de romance se mêlent progressivement.  Ainsi, en sus d'une dark academy, ce livre est également une romantasy plutôt bien construite. 

Dans ce premier tome, on apprécie d'ailleurs que la romance ne prenne pas le pas sur la fantasy. En dépit d'une certaine hypersexualisation du protagoniste masculin principal présente pour répondre à l'attente de certaines lectrices, la construction de l'univers n'est pas mise de côté pour autant. Voici un fait très appréciable pour les lecteurices de fantasy qui affectionnent particulièrement ce genre littéraire. Les notes sentimentales qui viennent se greffer à l'histoire adoucissent l'intrigue âpre de ce premier roman

Dans Fourth Wing, on retrouve la quête d'identité d'une héroïne qui cherche à trouver sa place dans ce monde impitoyable tout en essayant de décrypter les ombres qu'on lui dissimulent depuis trop longtemps. 

Mais, Rebecca Yarros brasse pas mal d'autres thématiques tournant autour de l'amitié, de la sororité ou de la solidarité qu'elle confronte bien volontiers à des sentiments plus sombres que l'on peut ressentir lorsque l'on est rivaux. En effet, il faut garder en mémoire que Fourth Wing met avant tout en scène une compétition entre les étudiants où chacun d'eux doit rivaliser d'ingéniosité mais aussi de bassesses pour triompher des terribles épreuves que leurs instructeurs leur ont réservées. Le ton est belliqueux. La tension est bien souvent à son comble. 

La plume de Rebecca Yarros dégage une vraie fluidité permettant aux lecteurs de rentrer immédiatement dans l'histoire sans trop se poser de questions. Les pages défilent vite en dépit de leur nombre conséquent. Fourth Wing est le genre de roman qui nous fait tout oublier nous laissant simplement bouche bée devant le destin tortueux de ses deux personnages principaux. 

D'ailleurs, on ne peut pas trouver de protagonistes plus aux antipodes que Violet et Xaden. Alors qu'elle est douce et altruiste, lui est ténébreux et secret. L'adage des contraires qui s'attirent ne s'est jamais aussi bien appliqué qu'avec ces deux-là. Mais les apparences sont vite trompeuses dans ce roman. Aussi la froideur et la suffisance qu'arborent plus que de raison Xaden dissimulent peut-être une profondeur et une sensibilité insoupçonnée. Quant à la faiblesse que présente Violet, n'est-elle pas là pour tromper ses adversaires qui auront tendance à la sous-estimer. Violet et Xaden sont en réalité deux feux brûlants qui nous promettent un incendie émotionnel. 

Alors accrochez-vous bien car leur aventure ne fait que commencer et la suite promet de mettre le feu à notre cœur, soyez-en sûrs. A suivre !

Fantasy à la Carte

informations

Rebecca Yarros
Fourth Wing
T.1
The Empyrean
9782755681444
992 pages
Editions Hiugo Poche

Lien vers le site

10/07/2026

Josépha Juillet, La Dynastie Puyvallée, T.3, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, La Dynastie Puyvallée
T.3, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Avec la parution de La Dynastie Puyvallée, Josépha Juillet met un point final à sa trilogie de fantasy, Terre des Ombres

En librairie depuis le 4 juin, j'avais hâte de me plonger dans la conclusion de cette saga déjà chère à mon cœur tout en étant triste de devoir bientôt dire adieu à cet univers fabuleux et à ses personnages si attachants. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Grâce aux rituels pour renforcer leurs liens, Adèle et Yuni sont sans doute devenues les Chuchoteuses les plus puissantes que la nation des Bulles est connue jusque-là. Mais ce pouvoir n'est pas au goût de tous et surtout pas à celui des Officiels et de l'impératrice qui sont prêts à user des pires menaces pour les faire obéir. Le temps n'est donc plus à la tergiversation mais plutôt à l'action afin de décider de la place qu'elles souhaitent occuper au sein de cette société. Laisseront-elle le gouvernement continuer à agir comme il l'entend ou au contraire, l'heure serait-elle au coup d'État? 

Mon avis:

La Dynastie Puyvallée est le 3ème et dernier volet de la saga Terre des Ombres de Josépha Juillet. Or qui dit conclusion dit dévoilements en pagaille. Le temps est donc à la levée des mystères qui entourent notamment l'existence des Ombres mais pas que. L'autrice a bien travaillé sa copie pour nous proposer des révélations autant sur l'univers imaginé que sur la présence de certains personnages ainsi que sur certains passés ou liens familiaux inattendus. Tout est bien amené pour cueillir le lecteur tout en le maintenant dans un suspense quasiment total jusque dans les dernières pages de ce tome. 

Sans vous en révéler de trop sur cet univers insolite et gâcher votre plaisir de lecture, je peux juste vous dire que Josépha Juillet distille la bonne dose d'informations pour étancher notre curiosité tout en laissant planer la petite pointe de mystère qui va bien. 

Terre des Ombres est un récit enlevé qui répond bien à toutes ses promesses de départ. 

La force de ce récit s'exprime autant par les thématiques abordées que par la profondeur de ses personnages. 

Clairement Terre des Ombres est un récit engagé autant du point de vue politique que de la question sociale. Josépha Juillet y décortique les manigances d'une élite fomentées au détriment du peuple par soif de pouvoir ou simple endoctrinement. Les mots employés sont forts et les situations mises en scène percutantes. 

La plume de Josépha Juillet est incisive pour pointer les failles d'un monde injuste et clivant. 

Mais son engagement, elle le montre à plus d'un titre. Celui-ci commence déjà dans la description de certains de ses personnages. Point d'héroïne décrite comme étant sublime ici, même si - il faut bien le dire - Adèle est sacrément badasse à sa manière. Pourtant au premier regard on y voit surtout une jeune femme de petite taille au caractère discret. Elle se fait peu remarquer. Il en va de même avec Ben, l'archiviste. Rien de clinquant chez lui et point de musculature ostentatoire. Pour autant tous les deux dégagent un charme fou qui emporte rapidement l'intérêt des lecteurs car finalement chacun peut plus facilement s'identifier en l'un ou l'autre. Voilà qui casse avec ce que l'on peut retrouver habituellement en romantasy et cela n'est pas pour me déplaire. 

En outre, l'esprit critique de l'autrice est très appréciable car elle ne nous livre pas ici une énième romance navet archi vue et revue. Bien au contraire, avec Terre des Ombres, elle nous délivre plutôt une histoire piquante et immersive auréolée de plaisants chassés-croisés amoureux. 

C'est un régal à lire. Elle a également piqué son texte d'une romance queer enrichissant davantage sa série même si elle est juste évoquée entre ces lignes. 

Josépha Juillet a vraiment pris le temps de faire grandir les sentiments de ses protagonistes et n'a donc mis aucune précipitation dans le développement de leur relation. Ce choix de prendre son temps renforce la crédibilité de cet univers et l'attachement ressenti vis-à-vis de tous ces héros qui portent si bien cette histoire. 

Il faut bien reconnaître que l'autre tour de force de l'autrice est d'arriver à nous faire apprécier même ses personnages secondaires. 

Avec Terre des Ombres, tout est pensé pour contenter un lectorat en quête de mystères et d'action. 

Pour conclure :

Ce dernier volet ne m'a pas déçue, il a été à la hauteur des deux premiers romans. Puissant et efficace. A vous de voir maintenant si vous allez oser vous confronter aux Bulles ? 

Terre des Ombres a été comme When The Monon Hatched, une excellente lecture qui confirme ma première impression sur les éditions Olympe. Leur catalogue contient de belles pépites. Il serait donc dommage de passer à côté, vous ne trouvez pas ?

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur La Nation des Bulles et L'Univers des Chuchoteuses

Informations

Josépha Juillet
La Dynastie Puyvallée
T.3
Terre des Ombres
9782073108654
576 pages
Editions Olympe

Lien vers le site

03/07/2026

Auriane Velten, Liminal, éditions Mnémos

Auriane Velten, Liminal, éditions Mnémos 

Dès sa première parution, Auriane Velten s'est distinguée par la singularité de ses textes. Rappelez-vous que son premier roman, After a remporté de suite le prix Utopiales. Ce qui en dit long sur le niveau de cette plume de l'imaginaire. 

Bien que n'ayant lu jusque-là qu'un seul de ses romans avec C'est-comme-ça, je sais combien ses récits peuvent être déconcertants. Je n'avais donc aucun mal à imaginer que son nouveau roman, Liminal, était pensé et écrit comme tel. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Haru est pilote de Mécha qui lutte au quotidien avec ses deux équipiers contre les kaijus qui menacent le monde. Sakura est une lycéenne promise à une carrière de chanteuse à succès. Jin est une onryō seulement animée par un perpétuel désir de vengeance. Voici trois destins de femmes que tout semble opposer. Pour autant, quelque chose va les lier au point de les orienter sur un autre chemin ? La question est de savoir quoi et surtout pour les mener où ? 

Mon avis :

Dans Liminal, Auriane Velten nous immerge dans un cadre à la fois contemporain et futuriste agrémenté d'éléments du folklore asiatique. 

Le titre de ce roman résume à lui seul la singularité de l'univers imaginé par l'autrice. "Liminal", n'est-ce pas un terme sibyllin ? D'ailleurs que désigne-t-il ici? Un espace blanc, cotonneux aux frontières indistinctes ? Mais encore ? Liminal nous apparaît ici comme une sorte de dispositif permettant de passer d'un livre à un autre. C'est en tout cas ce dont sont capables les protagonistes d'Auriane Velten qui revivent presque à l'infini des scènes de leur vie afin d'impulser à celle-ci une autre trajectoire ou de se transporter carrément dans une autre histoire. 

C'est-comme-ça nous avait déjà prouvé combien Auriane Velten a à cœur de jouer avec le patrimoine littéraire, notamment en réécrivant le destin de figures mythologiques. Elle récidive avec Liminal en se servant de différents mangas comme support pour changer la trajectoire de vie de ses trois personnages. 

L'étrangeté du concept a l'intérêt de mettre en lumière ce genre littéraire propre au Japon qu'est le manga. Ce roman est d'ailleurs une ode à la culture japonaise. Elle intervient par de multiples petits détails. Déjà l'action se déroule en partie à Tokyo. En outre, à travers la carrière de chanteuse que tous attendent de Sakura, il y a une référence au courant culturel et musical K-pop qui est apparu en Corée. Sans parler de l'introduction du Kaiju comme menace du monde et qui emprunte directement à la mythologie asiatique. Ce sont ni plus ni moins des monstres toujours décrits comme des créatures gigantesques capables de réduire en cendre les plus grandes centres urbains. 

En sus d'un univers foisonnant et une plume plutôt qualitative, Liminal cherche aussi et surtout à mettre en exergue des portraits de femmes fortes qui cherchent à s'émanciper de leur destin. Aussi, elle rejoue sans relâche leur partition pour mieux l'améliorer, quitte à tromper les règles en sautant dans d'autres livres car quoi de mieux pour trouver sa place. 

Ce récit est déroutant mais aborde des thématiques importantes tournant autour du féminisme, et de la sororité. Celles-ci s'expriment à travers ces trois femmes qui se veulent solaires chacune à leur manière. Elles sont combatives et cherchent à s'affranchir des règles de la société notamment en terme de liberté sexuelle ou de genre. 

Liminal comme ses autres romans témoignent de son soucis de représentation. Il y a une diversité dans sa communauté de personnages. 

La quête de soi est également au cœur des enjeux de ce texte. Il faut dire que cette dernière est bien souvent inhérente aux littératures de l'imaginaire. 

Étrange, surprenant et singulier, bien des adjectifs peuvent qualifier ce roman. Mais une chose est certaine, Liminal aura été pour moi une lecture déstabilisante, m'obligeant à sortir de ma zone de confort. 

On ne peut renier l'imaginaire fouillé de l'autrice et la poésie de ses mots. Clairement les grands amateurs de science-fiction s'y retrouveront car tel est le talent de cette voix montante de l'imaginaire français. 

Pour conclure :

Pour ma part, bien que le pitch m'ait plus, l'alchimie n'a pourtant pas pris. Tout ne peut pas plaire à tous les coups et je ne suis sans doute la bonne cible pour cette œuvre. Mais qu'à cela ne tienne, je retenterais l'aventure avec cette signature qui n'a sans doute pas fini de faire parler d'elle. 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur C'est-comme-ça. 

Informations 

Auriane Velten
Liminal
9782382672648
346 pages
Editions Mnémos

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30/06/2026

Josépha Juillet, L'Univers des Chuchoteuses, T.2, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, L'Univers des Chuchoteuses,
 T.2, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Terre des Ombres est une trilogie de Josépha Juillet dont le premier tome, La Nation des Bulles, est paru en version reliée chez Olympe éditions en début d'année. 

C'est en avril que le deuxième volet qui s'intitule L'Univers des Chuchoteuses, a rejoint les étals des librairies. 

Après avoir eu un gros coup de cœur pour le tome 1, je ne vous cache pas ma hâte de lire la suite. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je renouvelle mes remerciements à Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse qui m'a permis de ne pas rester sur ma faim. 

Résumé :

Maintenant que les dons de Chuchoteuse d'Adèle se sont manifestés et qu'elle a perdu son meilleur appui au sein des Bulles, la vie de la jeune femme n'a jamais été autant menacée. En effet, la voici presque accusée de meurtre sans oublier qu'elle est jetée en pâture sous les feux des projecteurs médiatiques. Sa vie est observée, ses faits et gestes sont décortiqués et jugés. Alors qu'elle poursuit sa formation tout en essayant de démasquer le ou les coupables du meurtre de Morgan, elle  doit également apprendre à maîtriser ses émotions et gérer ses relations personnelles. L'exercice s'avère d'ailleurs d'autant plus délicat face à des personnalités plutôt horripilantes. Parviendra-t-elle à mener sa quête sans en perdre la tête ? 

Mon avis :

Avec L'Univers des Chuchoteuses, Josépha Juillet poursuit l'exploration de ce monde qu'elle a imaginé dans Terre des Ombres. Maintenant que le décor et l'intrigue sont posés, elle peut se consacrer sur le mystère que représentent les Ombres. On en apprend donc plus sur leur existence, sur leurs interactions avec les humains ainsi que sur le rôle central des Chuchoteuses. A travers toutes ces révélations, l'autrice laisse la fantasy s'exprimer car dans Terre des Ombres, c'est avant tout la modernité qui rencontre le merveilleux. 

En sus de ce fil directeur qu'est cette guerre qui oppose depuis des temps - semble-t-il immémoriaux - les humains aux Ombres, Josépha Juillet a donc ajouté d'autres arcs narratifs qui viennent enrichir son texte comme la romance et l'enquête. 

Aussi dans ce second volet, l'autrice prend le temps de développer le relationnel de ses personnages. Des histoires d'amour germent lentement et viennent accompagner l'intrigue en lui instillant quelques notes de douceur. 

En outre, un meurtre est commis rappelant la dangerosité de côtoyer le pouvoir de si près. Il est donc aussi question de résoudre un crime tout en vengeant les morts. 

Dans L'Univers des Chuchoteuses, la magie explose car on rentre littéralement en communion avec ces Ombres. Or, le meilleur moyen qu'a trouvé Adèle pour les comprendre est la danse. La fluidité et la grâce des mouvements lui permettent d'entrer en résonance avec elles. Ces dernières s'expriment en transmettant des émotions et des sentiments. Cette magie qui naît sous la plume de Josépha Juillet passe par la compréhension jusqu'à faire corps avec l'autre. Le message que l'autrice transmet à travers cette expression insolite du merveilleux est juste très beau. Il est finalement question d'un vivre ensemble plutôt que de céder à la peur et à la violence. Le spectacle de voir ses Ombres s'agiter autour des Chuchoteuses est enchanteur. C'est un véritable balai artistique qui dégage une telle élégance nous emportant jusqu'à nous faire perdre pied. 

Dans Terre des Ombres, les protagonistes ne sont pas lisses. Ils ont leurs zones d'ombre, leur complexité et leurs failles. Les portraits sont bien travaillés. Chacun exprime un caractère bien trempé promettant des échanges verbaux drôles et divertissants. 

La plume de Josépha Juillet est d'une telle fluidité qu'elle nous emporte dans un maelström d'émotions et de rebondissements particulièrement bien amenés. 

Complots politiques, romance et investigations sont les maîtres mots de cette saga très immersive. 

Mon intérêt pour elle n'a donc pas faibli avec ce second tome. La poésie des mots de l'autrice, la force des sentiments liant les personnages et les secrets qui s'accumulent rendent cette lecture particulièrement addictive. 

Pour conclure :

Cette trilogie est une pure réussite. Mon plaisir de lecture était encore au rendez-vous. Alors vivement le final !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mon avis sur La Nation des Bulles

Informations

Josépha Juillet
L'Univers des Chuchoteuses
T.2
Terre des Ombres
9782073108609
574 pages
Editions Olympe

Lien vers le site



23/06/2026

Josépha Juillet, La Nation des Bulles, T.1, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, La Nation des Bulles
T.1, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Josépha Juillet est une autrice française d'imaginaire. Sa plume, je l'ai découverte avec Mutation paru chez ActuSF en 2025. C'est un récit postapocalyptique à destination d'un public youngadult qui m'avait d'emblée convaincue de la grande qualité de cette nouvelle signature d'imaginaire. 

Alors la retrouver dans une série plus adulte m'a tout de suite emballée. Après avoir été autoéditée, sa trilogie Terre des Ombres a rejoint le catalogue des éditions Olympe lui impulsant ainsi une nouvelle destinée. On ne peut d'ailleurs que s'en féliciter. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie très chaleureusement Pascal Godbillon pour sa confiance renouvelée. 

Résumé:

Suite à l'apparition des Ombres, les humains n'ont pas eu d'autres choix que d'ériger des bulles de verre pour s'en prémunir. En effet, le moindre contact avec l'une d'elles peut s'avérer fatale. Ainsi, la lumière doit éclairer le moindre recoin sous peine de voir les Ombres gagner du terrain d'où la nécessité des bulles. Seules les Chuchoteuses sont capables de comprendre leur langage et peut-être de mettre fin à cette guerre qui dure depuis trop longtemps. Seulement celles-ci ont disparu et l'espoir de revivre en paix s'est éteint jusqu'à ce qu'une certaine Adèle se découvre être l'une d'elles. Pour la jeune femme, cette révélation va complètement chambouler sa vie car elle ne va plus être maîtresse de son propre destin. La voici donc contrainte d'en apprendre plus sur les Chuchoteuses aux côtés du très insupportable archiviste Ben tout en devant se former aux techniques de combat avec le très séduisant Léo. Côtoyer ces deux hommes va maintenant rythmer ses journées et l'entraîner sur un chemin de vérité qu'elle n'est pas encore prête à accepter. En outre, arrivera-t-elle à ramener cette paix que tous semblent appeler de leurs vœux ? 

Mon avis :

Avec La Nation des Bulles, Josépha Juillet inaugure une saga mêlant habilement dystopie et fantasy. L'autrice nous entraîne dans un monde marqué par un conflit opposant les humains aux Ombres. Or, pour répondre à cette menace des bulles de verre ont été érigées obligeant les humains qui y résident à vivre sous une lumière permanente et sous le contrôle de l'armée. En effet, pour répondre à cette menace, un état d'urgence permanent a été mis en place. Les populations sont régulièrement soumis à des contrôles. Les survivants se répartissent entre les Bulles et les Villages autour. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui assurent le ravitaillement pour tous de toutes les denrées et autres produits de première nécessité. Leur existence est primordiale même si la vie là-bas est loin d'être complètement sécurisée. En effet, le danger rôde plus facilement dès que la lumière du jour faiblit. Les habitants ne disposent pas des mêmes moyens pour s'en protéger. 

Sous la plume de Josépha Juillet, le pouvoir est entre les mains d'une impératrice qui est entourée d'Officiels chargés de l'aider à administrer ses sujets. La gouvernance est ici militaire et elle a instauré une société de surveillance régit par des règles et un cadre stricte. Enfreindre la loi, c'est encourir une peine extrême car ici nécessité fait loi. 

Instaurer un régime totalitaire comme la seule réponse possible à une menace mortelle inscrit donc de facto ce récit dans un cadre dystopique. 

En outre, l'origine des Ombres demeure une inconnue majeure de ce premier tome. Celles-ci peuvent autant être le fruit d'une expérience scientifique qui aurait mal tourné qu'une manifestation magique que l'on pourrait qualifier de fantômes classant ainsi ce texte aussi bien en fantasy qu'en science-fiction. Leur existence exerce sur le lecteur comme sur les protagonistes de ce livre une certaine fascination. Elles dégagent un vrai onirisme et sont un mystère qu'on ne demande qu'à percer. 

Terre des Ombres est un récit politique qui parle aussi bien de lutte des classes que de régime totalitaire sous couvert du bien commun. 

L'autrice questionne donc le pouvoir et ses dérives notamment lorsque soumis à une menace le modèle social tombe dans les extrêmes. Elle y met à jour les mensonges et les manipulations utilisés pour raison d'État. Elle interroge également le rôle de l'information lorsqu'elle prend les atours de la propagande. L'histoire n'en est que plus prenante car on y retrouve tous les ingrédients d'un bon livre, à savoir des secrets, des complots et du mystère. 

Le cadre est hyper immersif. Dès les premiers chapitres, on est bien dans l'histoire, totalement captivés par le destin plutôt tourmenté de ses personnages. 

Terre des Ombres repose sur une communauté de personnages dont Adèle et Ben. Bien que formatée par le discours tenu dans les Bulles, Adèle se révèle plus imprévisible que prévue. Elle a conscience de ses faiblesses mais demeure pour autant une femme forte qui cherche toujours à compenser par ses atouts. Elle incarne ici la figure de l'élue chargée de mener à bien une quête. A travers elle, Josépha Juillet reprend un motif traditionnel en littérature de l'imaginaire. Pour autant, Adèle n'est point une héroïne convenue. Elle est loin d'être un simple pion dans l'escarcelle de l'impératrice mais se révèle davantage comme une épine. D'ailleurs son caractère rebelle se révèle surtout au contact de Ben. En effet, celui-ci l'exaspère tant qu'elle ne cesse de se réaffirmer dans son statut de Chuchoteuse. Sa froideur apparente, ses sauts d'humeur et son humour font de Ben un personnage plutôt mystérieux. Il s'abrite derrière une armure d'indifférence glaciale, la vérité est qu'il est un personnage très complexe et totalement attachant. Ce ne sont pas les prétendants qui manquent dans le sillage d'Adèle. A elle de faire son choix final. Pour ma part, je sais déjà quel team je vais soutenir et vous ? 

Pour conclure :

Avec La Nation des Bulles, j'ai goûté à un récit aussi surprenant que prenant. Et ce n'est pas le cliffhanger concluant ce premier tome qui va me dissuader de continuer, bien au contraire. Josépha Juillet a mis la barre haute avec ce premier volet alors j'ai trop hâte de découvrir jusqu'où elle compte nous emmener. Rendez-vous donc très bientôt pour la suite !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Mutation

Informations

Josépha Juillet
La Nation des Bulles
T.1
Terre des Ombres
2073108555
464 pages
Editions Olympe

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19/06/2026

Isabelle Bauthian, Landor, T.4, Les Rhéteurs, éditions ActuSF

Isabelle Bauthian, 
Landor
T.4, 
Les Rhéteurs
éditions ActuSF 

Les Rhéteurs est une série de littérature fantasy qu'Isabelle Bauthian a inaugurée en 2016 avec la sortie d'Anasterry. Il est suivi par Grish-Mère publié en 2017 et par Montès en 2021. 

La parution de Landor en avril dernier vient donc compléter cette riche saga prévue initialement en 5 tomes. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Musicienne de profession, Céleste Armanville est également un membre d'une puissante société secrète. Son but étant de venir en aide aux apatrides. Alors qu'elle se retrouve coincée dans un château situé dans la campagne de Landor en plein hiver partageant la compagnie de ses nobles hôtes, un horrible meurtre est commis. Avec sa consœur et amie Lanny, également présente au château, elles vont mener l'enquête. Entre membres de la famille et personnalités de marque, leurs investigations promettent déjà d'être épineuses. Alors arriveront-elles à résoudre cette énigme sans y perdre des plumes au passage ? 

Mon avis :

Landor prend la suite de cet univers des Rhéteurs qu'Isabelle Bauthian se plaît à enrichir à chaque volume. Point de grande fresque épique entre ces lignes mais un cadre solide qui nous entraîne d'une cité à l'autre, toujours attachés aux pas de personnages mystérieux et bien souvent hauts en couleurs. 

Comme dans ses précédents romans, Isabelle Bauthian fait place à l'art et à l'éloquence. 

Il n'est donc point question de magie explosive ici mais d'un beau verbiage. 

Isabelle Bauthian privilégie ici une fantasy des mœurs à la grande épopée. Le récit n'en est d'ailleurs que plus intimiste. 

Il faut dire que dans Landor, l'ambiance feutrée est accentuée par ce choix de proposer une enquête à huis clos. L'isolement de la demeure combinée à la saison hivernale très enneigée sous cette latitude s'y prête parfaitement. Les résidents de cette noble demeure sont peu nombreux et confinés. Dans ces conditions, les esprits s'échauffent vite et la situation peut rapidement déraper, comme c'est le cas ici avec la survenue d'un premier assassinat. 

Voilà que ce roman prend les atours du cosy mystery à travers ce meurtre à résoudre. Poison ou arme blanche ? Nos deux enquêtrices se posent la question de la cause de la mort car le meurtrier a clairement cherché à brouiller les pistes. Isabelle Bauthian s'est donc inspirée des règles du Cluedo pour construire son intrigue, tout du moins pour les parties concernant le meurtre. En outre, elle ne lésine pas sur les fausses pistes pour corser la résolution de l'enquête. 

Le récit est plutôt captivant d'autant qu'il y mêle également des histoires de famille complexes. 

Fort de tous ces éléments notables, Landor relance bien l'intérêt du lecteur pour cette série qui s'écrit sur la longue durée. 

L'alchimie prend et la fantasy s'exprime surtout ici à travers l'existence de ce peuple de mi-hommes contraints de fuir leur terre pour tenter de trouver la sécurité ailleurs. 

Comme les tomes précédents, Isabelle Bauthian nous propose un texte politique et social qui aborde la question des flux migratoires et de ses terribles conséquences, notamment sur les peuples déracinés. 

L'autrice y met en exergue les violences faites sur ces minorités. En effet, elles sont chassées, exploitées, abusées et assassinées. En réaction à ces actes innommables, un réseau clandestin s'est mis en place pour exfiltrer et tenter de sauver des griffes de leurs bourreaux le plus d'apatrides possibles. Les membres de cette organisation anonyme se font appeler les Savants. Ils œuvrent dans l'ombre avec le plus grand secret et sont issus de toutes les origines. Ils sont d'ailleurs recrutés sur leur conviction et leurs compétences. Chacun d'eux agit selon le code d'honneur qui lui est propre usant de tous les moyens possibles pour faire avancer la cause. Un postulat qui promet des retournements de situation plutôt inattendus et un final qui se révèle extrêmement surprenant. Les notions d'intolérance, et d'utopie sont donc des thématiques majeures à ce récit. 

En outre, Landor s'appuie sur une communauté de personnages dont Céleste Armanville prend la tête puisque c'est notamment elle qui mène les investigations. C'est une artiste de talent doublée d'un esprit rusé. Personnalité entière qui voue un amour sans limite à son frère jumeau. Or, dans cette histoire, elle va vite se retrouver écartelée entre sa dévotion pour son frère, et son devoir pour la cause pour laquelle elle s'est engagée. Elle est dotée d'un fort caractère toujours animée par de nobles sentiments. Elle incarne le petit plus qui donne de la force à ce texte le rendant encore plus immersif. Céleste Armanville se révèle très attachante. Elle s'écrit d'ailleurs un destin des plus étonnants. C'est clairement le plus noble des protagonistes de cette histoire. 

Pour conclure :

Avec Landor, Isabelle Bauthian signe un nouveau récit toujours aussi engagé mêlant gravité et noblesse. 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur Anasterry, Grish-Mère et Montès

Informations

Isabelle Bauthian
Landor
T.4
Les Rhéteurs
9782376867296
376 pages
Editions ActuSF

Lien vers le site

14/06/2026

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire 

Après une première édition en 2020 chez ActuSF, Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro fait son grand retour en grand format. 

Cette nouvelle édition parue chez Albin Michel Imaginaire a fini de me convaincre d'enfin me plonger dans les temps forts de cette guerre de sécession revisités ici par l'une des voix incontournables de l'imaginaire français actuel. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Dans Je suis fille de rage, on suit tour à tour des figures historiques de l'époque et des anonymes entraînés dans le feu de la guerre. Aussi on retrouve le président Abraham Lincoln dans l'intimité de son bureau en pleine conversation avec la Mort en personne lui décomptant les pertes au fil de ce conflit meurtrier. Ainsi que les généraux Lee et Grant que l'on suit dans leurs décisions. Sans oublier les hommes et les femmes qui ont pris les armes pour faire sécession avec les États-Unis d'Amérique ou au contraire se ranger du côté des abolitionnistes. Même si l'on sait déjà comment cette guerre va tourner, voyons quelle destinée Jean-Laurent Del Socorro va donner à tous ses personnages ?

Mon avis :

Je suis fille de rage prend cadre en pleine guerre de sécession qui opposa le gouvernement fédéral des États-Unis d'Amérique regroupant les états situés au Nord et présidé par Abraham Lincoln aux états confédérés du Sud et gouverné par le président sudiste Jefferson Davis entre 1861 et 1865. 

Abraham Lincoln était profondément opposé à l'esclavage et souhaitait son abolition. Sa victoire aux élections présidentielles en 1860 a entraîné une première sécession de sept États du Sud esclavagistes. 

Mais, le combat a réellement commencé par l'attaque d'une installation militaire de l'union à Fort Sumter par les forces confédérées le 12 avril 1861. 

Dès lors deux armées vont s'opposer, celle de la Confédération commandée par le général en chef de l'armée confédérée Robert E. Lee et celle de l'Union dirigée par leur commandant en chef, Ulysses Grant. Si le début du conflit est marqué par quelques victoires du général Lee, il enchaîne ensuite les défaites au Maryland et en Pennsylvanie. Les batailles d'usure menées par Ulysses Grant conduisent à la réédition de Lee et porte un coup presque fatale à la résistance confédérée. Mais, il faudra attendre la fin de l'année 1865 pour voir le conflit s'éteindre. 

Au fil des pages de son roman, Jean-Laurent Del Socorro revisite les temps forts de cette guerre civile sanglante à travers des lettres, des titres et extraits de journaux, des dialogues entre certains de ses personnages qu'ils soient réels ou fictifs. 

Les chapitres sont courts et s'enchaînent vite. Ils dégagent une vraie dynamique. D'autant que la manière choisie par Jean-Laurent Del Socorro pour construire son récit est particulièrement immersive. 

05/06/2026

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante 

Reine Démone est le tome 2 de la nouvelle série de fantasy, L'Aube du Monde, de Martha Wells. Il prend la suite de Roi Sorcier paru chez L'Atalante en 2024. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Depuis leur réveil, le démon Kaiisteron et la sorcière Ziede n'ont eu de cesse de se battre pour libérer le monde de la terrible emprise des Hiérarques, ces sorciers nécromanciens, à l'origine de bien des génocides. La lutte est difficile et l'enjeu, énorme. Bien que puissant chacun à leur manière, arriveront-ils pour autant à bout de cet indicible ennemi ? 

Mon avis :

Avec L'Aube du Monde, Martha Wells renoue avec une fantasy épique de très haut vol. Celle-ci prend cadre dans un monde crépusculaire marqué par l'extinction d'une civilisation sous le joug d'une autre. Le décor planté est donc surtout empreint de ruines. 

En outre, la magie qui imprègne les pages de ce livre est flamboyante et inventive. Pour rappel, ce monde est peuplé de sorcières, de démons et de bien d'autres créatures dotées de puissants pouvoirs. Celui-ci se manifeste d'ailleurs de bien des manières. Ainsi, les sorcières puisent dans les esprits qui habitent la terre, le vent et l'eau, tandis que celles désignées comme étant les sorcières de poussière se nourrissent plutôt de décomposition. Les démons, eux, se servent de la douleur pour puiser leur pouvoir. Enfin, les autres créatures dites immortelles telles les Hiérarques ou les exégètes obtiennent du pouvoir en tuant des mortels. Celui-ci est d'ailleurs emmagasiné dans des puits de souffrance et de mort. 

Le monde qui naît sous la plume de Martha Wells est complexe et foisonnant. Il n'est ni blanc ni noir mais juste tout en nuances. 

La magie est également très efficace. 

L'autrice nous conduit avec une belle habileté dans son récit de quête de liberté. Reine Démone est une réécriture de la géopolitique actuelle à travers les tensions religieuses qui touchent le continent africain et notamment, le Proche-Orient. On retrouve bien entre ces lignes les mêmes conflits armés ainsi que les génocides au nom d'idéaux ou de croyances religieuses. C'est intense, âpre et violent ! 

Le tout étant ici encensé de magie pour ajouter une touche de spectaculaire au récit. 

En outre, Reine Demone brasse de nombreuses thématiques tournant autour du colonialisme, de la notion de sacrifice et de survie. Ce tome est particulièrement dynamique grâce aux batailles mises en scène ainsi qu'aux nombreuses intrigues politiques qui fleurissent au gré des chapitres. 

Reine Démone se révèle encore plus immersif que le précédent livre. Il est vrai qu'il est nettement plus facile de se couler dans un décor familier en compagnie de protagonnistes connus. Toutefois, j'ai trouvé que la qualité de l'intrigue de ce roman est telle que ma lecture n'en a été que meilleure. 

29/05/2026

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess, tome 1, collection Stardust, éditions Hugo

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess,
tome 1, collection Stardust, 
éditions Hugo

Après sa duologie dystopique The Girl Soul, Morgan H. Owen inaugure une nouvelle série dont le premier tome est paru le 4 février 2026 dans la collection Stardust des éditions Hugo

Lu dans le cadre d'un partenariat avec la maison d'édition, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A la mort de son frère, Gia accepte de rejoindre l'école de gladiateurs pour marcher dans ses pas et réaliser son rêve de gosse. Mais son choix n'est pas du goût de tous, pas même à celui de sa mère qui souffre déjà de la perte de son époux et de ses deux fils. Pourtant Gia va persister, elle va apprendre à se battre auprès d'un ancien gladiateur et mener ses premiers combats. Ainsi, c'est sous le nom de Viatrix la Victorieuse qu'elle aligne ses premières victoires se faisant remarquer par la princesse Claudia. Sans réellement le vouloir, elle a lancé une mode donnant envie aux femmes de suivre sa voie. Mais voir des femmes s'émanciper de la sorte en se choisissant son propre destin mécontente la caste des plus aisés. Le frère de Claudia, appelé à devenir le prochain empereur souhaite étouffer dans l'œuf cette initiative en se débarrassant de Gia. Dans ce monde hostile, comment va-t-elle surmonter les obstacles et éviter les chausse-trappes pour mener à bien sa quête?

Mon avis : 

Dans Gladiator, Goddess, Morgan H. Owen signe une romantasy historique qui prend cadre au temps de l'empire romain. L'autrice nous entraîne à Pompéi en 79 avant Jésus-Christ peu de temps avant l'éruption du Vésuve. On évolue au milieu des gladiateurs. Ils sont là pour assurer le divertissement lors des nombreux jeux dont s'enorgueillissait l'empire romain. Pour beaucoup ils étaient des esclaves qui se battaient dans l'espoir bien souvent vain d'obtenir leur liberté. Les combats y étaient violents et mortels. Morgan H. Owen retranscrit d'ailleurs bien cette atmosphère lourde et fébrile lorsque ses protagonistes s'affrontent dans l'arène. C'est sanglant et impitoyable. 

En outre, au-delà du spectacle se dessinent des intrigues politiques. L'empereur étant mourant, les potentiels candidats à sa succession dont ses propres enfants intriguent dans l'ombre pour prendre sa place. 

Toutefois dans Gladiator, Goddess deux histoires s'écrivent. Celle des mortels qui cherchent à survivre ou à gagner en gloire et en pouvoir et celle des Dieux qui s'affrontent cherchant pour certaines divinités à contrer le pouvoir suprême de Jupiter. Les dieux et les déesses sont donc omniscients dans ce récit. Ils interviennent allègrement dans la vie des mortels en façonnant leur existence et en orientant leur destin. Leur seul présence donne au récit son caractère onirique exhalant une certaine magie. En outre, leurs interventions inopinées apportent au récit des renversements de situation inattendus dynamisant ainsi la lecture. 

Morgan H. Owen maîtrise parfaitement les codes de la romantasy. La romance proposée ici se passe entre deux femmes. 

Toutefois le texte s'avère plutôt riche car il ne s'agit pas simplement d'une histoire d'amour même si celle-ci demeure le fil directeur. L'autrice a également parsemé son roman d'un propos féministe en mettant en scène une femme gladiatrice qui tente de s'imposer dans ce monde d'hommes. Sans réellement le chercher elle initie un mouvement parmi les femmes de sa cité qui cherchent également à s'émanciper de leur condition par le combat dans l'arène. En outre, il est également question d'alcoolisme, de deuil, de reconstruction dans ce livre. 

Finalement Gladiator, Goddess coche donc toutes les cases d'un young-adult réussi. 

Nous découvrons cette histoire du point de vue de Gia qui, malgré son jeune âge, se démarque par son caractère. Elle est une femme forte qui se dessine un destin à la seule force de ses bras grâce à ses victoires dans l'arène. Elle s'impose à ce monde d'hommes, à cette société très politisée et divisée selon différentes castes. Elle est touchante dans cet amour qu'elle porte d'abord à sa famille puis à la princesse. C'est une personnalité entière qui fait fi des obstacles pour atteindre les buts qu'elle s'est fixés. 

A contrario, Claudia demeure un personnage plus mystérieux car rempli de secrets. Elle est une héritière qui a bénéficié de facilités dans sa vie. Pour autant celle-ci est loin d'être enviable car elle a des responsabilités qui la conduisent parfois à l'indicible. Couple improbable de par leur naissance, sauront-elles passer outre pour s'aimer au grand jour ? 

Pour conclure:

En choisissant pour décor la Rome antique, Morgan H. Owen table sur un univers différent de ce qu'on peut lire généralement en romantasy. Point de faes ou de vampires entres ces lignes mais des héroïnes fortes qui tentent de s'extraire de leurs conditions tout en s'affranchissant du diktat des dieux. Ce postulat ne manque pas de sel. A voir maintenant quelle suite va donner Morgan H. Owen à sa série ? 

Fantasy à la Carte

Informations

Morgan H. Owen
Gladiator, Goddess
T.1
9791042904050
497 pages
Collection Stardust 
Editions Hugo