L'influence du "gaming" à la littérature

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11/09/2026

Stacey McEwan, Les Artisans, T.1, A Forbidden Alchemy, éditions Olympe

Stacey McEwan, Les Artisans
T.1, 
A Forbidden Alchemy
éditions Olympe

Après une première trilogie de romantasy intitulée Glace, Stacey McEwan a repris la plume pour nous livrer le premier tome d'une nouvelle série de fantasy qui s'annonce déjà exceptionnelle. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A douze ans, les enfants des villages miniers de Fosse Belvère sont envoyés à la capitale, Belville afin de tester leurs capacités magiques. Pour Nina de Cachot, c'est l'occasion rêvée de s'extraire de sa condition en devenant une puissance magicienne au service du pouvoir. Pour le jeune Patrick de Claircoteau, c'est la crainte d'être éloigné des siens s'il était choisi. Ensemble, ils vont faire une découverte inattendue qui va faire basculer leur destin à tout jamais. Bien des années plus tard, alors que la révolte gronde, Nina recroise la route de Patrick qui lui propose un étrange marché. Mais peut-elle réellement lui faire confiance après toutes ces années? 

Mon avis :

A Forbidden Alchemy est une romantasy dotée d'un worldbuilding très riche. En effet, Stacey McEwan s'est inspirée du XIXe siècle à travers l'essor de l'exploitation minière et notamment l'extraction du charbon qui bat son plein pour donner un cadre fort crédible à son récit. 

L'univers qu'elle a imaginé s'appelle Fosse Belvère et est peuplé de villages miniers où le charbon est extrait au prix du sang par les Façonniers et est dominé par la capitale, Belville où siègent les Artisans, seuls détenteurs de la magie. 

Or, pour tenter d'améliorer leurs conditions de vie et de travail, les Façonniers multiplient les mouvements de grève. Mais chacune de leurs manifestations est violemment réprimée par le pouvoir en place. Dès lors une coalition se forme. 

A sa tête les membres d'une famille qui tiennent leur petit monde dans une poigne de fer n'hésitant pas user, à leur tour, de violence si nécessaire afin de se faire entendre et craindre. 

Ils sont d'ailleurs volontairement comparés à des gangsters par la chambre des Lords et nous rappelle la série Peaky Blinders car l'autrice y emprunte la même esthétique. 

L'univers dépeint est particulièrement immersif oscillant entre ombre et lumière. Le dur labeur, la saleté et la peur de mourir font le quotidien des Façonniers au cœur des mines, tandis que les plus aisés évoluent en pleine lumière dans l'opulence et la magie. 

Entre ces lignes, cette dernière se retrouve entre les mains de quelques élus capables de commander à l'eau, à la terre ou au feu, par exemple. On les appelle ici des charmeurs mais leur prédisposition est conditionnée à la prise d'une substance rare et précieuse, l'idium, que seuls les alchimistes sont capables de produire. 

Ce système de magie est fort ingénieux et s'intègre habilement à l'intrigue tissée de lutte et de mensonges d'État. 

Dès les premières lignes, on perçoit le propos social porté par l'autrice qui met ici en exergue une lutte féroce des classes. On retrouve d'ailleurs les mêmes leviers utilisés par les classes populaires pour obtenir des avancées sociales, à savoir la grève. 

Dans son roman, Stacey McEwan dénonce les injustices perpétrées au nom du profit des castes dites supérieurs. En outre, elle met à jour les mensonges et les manipulations utilisés par le pouvoir pour se maintenir en place. Enfin, il y a tout un questionnement sur les moyens utilisés pour faire gagner la cause. Finalement, le fil directeur de ce livre est de savoir si tout peut être permis pour renverser le pouvoir lorsque celui-ci est inique et injuste ? 

A Forbidden Alchemy est un récit engagé qui parle d'idéaux et de valeurs tout en confrontant l'âme humaine à ses pires dilemmes. 

On y suit tour à tour Nina et Patrick, deux âmes broyées par le système. Elle souhaite devenir une Artisane et s'affranchir ainsi de ses origines modestes. Pour y parvenir, elle réussit à intégrer l'institut après la cérémonie des prélèvements et devient une puissante charmeuse de terre. Mais Nina est vite rattrapée par les évènements et lorsqu'on lui demande de choisir son camp, elle prend la fuite. Tiraillée entre deux mondes, Nina va mûrir dans le sang et les larmes pour embrasser un destin où elle pourrait être l'étincelle qui fait la différence. Patrick lui s'est dessiné un autre destin. Secret et mystérieux, il a le mental d'un meneur d'hommes. Son charisme et son autorité naturelle font de lui un être à part. Aussi inquiétant qu'attirant, nul ne reste insensible à son charme ténébreux, surtout pas Nina qui tombe bien malgré elle dans sa toile. Incandescent, il incarne certaines valeurs mais son intransigeance pourrait bien lui faire tout incendier. 

Pour conclure :

Avec A Forbidden Alchemy, les éditions Olympe accueillent dans leur catalogue un nouveau récit de très grande qualité riche de thématiques variées et une fluidité dans le récit fort appréciable. Alors, je ne peux que vous recommander de le glisser dans vos PALs d'automne et autre Pumpkin Autumn Challenge. La DA du livre s'y prête sans parler des thématiques : alchimie, école, secrets...ect. Foncez donc en librairie car il vous y attend déjà !

Fantasy à la Carte

Informations

Stacey McEwan
Les Artisans
T.1
A Forbidden Alchemy
9782073124807
570 pages
Editions Olympe

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31/08/2026

Robert Jackson Bennett, Une Larme de Poison, T.1, À L'Ombre du Léviathan, éditions Albin Michel Imaginaire

Robert Jackson Bennett, 
Une Larme de Poison
T.1, 
À L'Ombre du Léviathan
éditions Albin Michel Imaginaire

Au fil de ses parutions, Robert Jackson Bennett est devenu un nom incontournable des rayons d'imaginaire. 

Sa bibliographie ne cesse de s'enrichir de titres toujours plus exceptionnels les uns que les autres. Il excelle d'ailleurs à nous inventer des systèmes de magie incroyables et à nous plonger dans des univers de fantasy très immersifs. 

Une Larme de Poison est son nouveau roman. Il rejoint le catalogue des éditions Albin Michel Imaginaire le 2 septembre prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Comme chaque année, l'arrivée de la saison des pluies est crainte dans tout l'Empire car elle signifie que les léviathans vont revenir attaquer les frontières. Alors que tout le monde est sur les dents, un meurtre est commis. Or, la victime est un haut fonctionnaire qui a été retrouvé dans une riche demeure, le corps littéralement traversé par un arbre. La plus excentrique des investigatrices, Ana Dolabra, est dépêchée pour mener l'enquête. Seulement, elle est aussi connue pour refuser de sortir de chez elle. Alors c'est son assistant Dinios qui va se charger d'être ses yeux et ses oreilles durant la durée de l'enquête afin de lui apporter toute la matière nécessaire à former ses déductions. Chemin faisant, Dinios va vite prendre conscience que la corruption règne en maître dans les plus hautes sphères du pouvoir. Beaucoup auront sans doute à perdre si la vérité venait à éclater. Alors jusqu'où le ou les assassins seront prêts à aller pour l'empêcher dans sa mission ? D'ailleurs, Ana et Dinios sont-ils réellement en sécurité ? 

Mon avis :

Avec Une Larme de Poison, Robert Jackson Bennett nous propose à nouveau un roman à la croisée des genres. Ainsi, ici il mêle le thriller au biopunk et nous entraîne aux confins de l'Empire Khanum pour y résoudre un premier meurtre. 

L'univers qui prend vie sous la plume de Robert Jackson Bennett se teinte de biotechnologie augmentant les humains par l'intermédiaire de greffons entraînant ainsi des transformations corporelles dans le but de survivre et de s'adapter aux changements environnementaux. Ainsi le vivant s'en trouve profondément changé fusionnant, par exemple, le végétal aux cellules humaines. 

En dépit de cette évolution, la sécurité de tous n'est pas certaine surtout avec la saison des pluies. En effet, celle-ci s'accompagne toujours du retour des léviathans qui viennent se heurter aux fortifications protégeant l'Empire. Il est de notoriété que leur sang empoisonne les chairs et les esprits. Alors les détruire semble la seule alternative à la survie. 

Toutefois le roman laisse planer beaucoup de mystères autour de leur existence et le choix de cette gigantesque et monstrueuse créature marine issue de la mythologie du Proche-Orient ancien n'est clairement pas le fruit du hasard. En effet, face à cette monstruosité symbolisant le chaos, l'État semble le seul moyen pour garantir la paix et la sécurité. En échange de cette protection, chacun a renoncé à ses libertés individuelles pour vivre selon les codes et les lois édictés par le pouvoir en place. La société est donc régit en castes où chacun a sa place sans pouvoir y déroger. 

Or, une série d'odieux meurtres va ébranler le système dévoilant ses failles en mettant en exergue les trahisons des plus hauts placés dans la société. 

Une Larme de Poison est un récit d'une grande richesse. Il est d'abord politique en nous dévoilant des secrets d'État mettant en lumière ce que certains sont prêts à sacrifier au nom de la prospérité et de la conservation des privilèges. 

Mais, ce texte est aussi social et sociétal car l'auteur y porte un point de vue très engagé. En effet, les mutations que certains individus acceptent de faire subir à leur corps n'est pas sans danger ni souffrance comme le rappelle Robert Jackson Bennett entre ces lignes. Les greffes sont synonymes de pouvoirs mais aussi de faiblesses car elles sont loin d'être parfaitement maîtrisées. L'auteur nous en démontre d'ailleurs ses limites. Elles peuvent handicaper autant le corps que l'esprit. La question de la santé mentale est également abordée dans ce roman. 

Robert Jackson Bennett nous rappelle que la biotechnologie comme toute science doit revêtir une notion d'éthique. Or, dans son roman, certains protagonnistes ont tendance à l'oublier au nom de leurs intérêts personnels. Il est donc facile de verser dans les dérives faisant fi du danger. 

L'enquête qui voit le jour dans ce roman est particulièrement passionnante car elle touche à des secrets d'État. 

Or, pour mener les investigations, l'auteur s'est inspiré du duo formé par Sherlock Holmes et le docteur Watson. Ici, le célèbre détective britannique prend les traits de l'investigatrice Ana Dolabra et son acolyte, ceux de l'apprenti Dinios Kol. Ana partage la même excentricité qu'Holmes sans parler de sa capacité à déduire les faits à partir des indices relevés par son apprenti sur les scènes de crimes. A l'image de son homologue, elle résout les crimes de la même manière en pratiquant des petites expériences dans le plus grand secret. 

Quant à Dinios Kol, il est très observateur faisant de lui un excellent assistant. En effet, en acceptant d'être altéré magiquement, il a développé des capacités pour retranscrire dans les moindres détails ses souvenirs. Au même titre qu'Ana Dolabra, il est un être singulier dissimulant quelques secrets et démontrant une certaine trempe face à l'adversité. Sa jeunesse est tout bonnement rafraîchissante surtout qu'il ne se laisse pas impressionner par Ana et lui tient tête lorsque la situation l'exige. Leurs échanges sont parfois savoureux. Alors les suivre dans leur enquête est proprement divertissant. 

Pour conclure :

Avec Une Larme de Poison, Robert Jackson Bennett se fait à nouveau l'auteur d'un récit intriguant qui prend cadre dans un univers extraordinaire. Le suspense se mêle habilement au merveilleux pour nous tenir en haleine jusque dans les dernières lignes. Brillant ! 

Informations

A lire sur le blog mes avis sur : Les Maîtres Enlumineurs, Le Retour du Hiérophante, Les Terres Closes, La Cité des Marches, La Cité des Lames et La Cité des Miracles

Robert Jackson Bennett
Une Larme de Poison
T.1
A L'Ombre du Léviathan
9782226493583
504 pages
Editions Albin Michel Imaginaire

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26/08/2026

Louise Roullier, Oceano Nox, éditions Critic

Louise Roullier, Oceano Nox, éditions Critic

Pour avoir lu Grain de Sable, je connais déjà l'originalité de la plume de Louise Roullier. Elle fait partie des voix montantes de l'imaginaire francophone et témoigne déjà d'une maturité dans la publication de textes imposants. 

Oceano Nox est son nouveau roman. Il paraît chez Critic le 2 septembre prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

L'écrivain Pinto Bem s'est embarqué comme comptable sur la galéasse San Creador dans le conflit qui oppose la cité des mages, Maravilhès et l'empire jambhai. À bord, il découvre très vite qu'une étrange épidémie sévit. Certains passagers semblent se laisser mourir. En interrogeant l'une des victimes, celle-ci commence à lui narrer un récit bien singulier. En effet, le malade se déclare être habité par un dieu et propose de lui conter son histoire. Bien qu'à peine croyable, il se laisse peu à peu envoûter par ce qu'il entend. Et s'il disait la vérité ? 

Mon avis :

Dans Oceano Nox, Louise Roullier nous immerge au cœur d'une fantasy d'inspiration historique nous contant un conflit armée opposant deux puissances, incarnées par Maravilhès, la cité des mages d'un côté, et l'empire jambhai de l'autre côté. Cette guerre est sans surprise le fruit de désirs expansionnistes et d'intolérances religieuses. 

Ce roman nous décrit plusieurs batailles maritimes, à l'image de la célèbre bataille de Lépante qui se déroula en 1571 et opposa la flotte ottomane à celle de la Sainte-Ligue, dont l'autrice nous confie d'ailleurs dans son avant-propos s'en être nourrie pour donner corps et crédit à ses descriptions. 

Ainsi, au fil des chapitres, on partage le quotidien de nombreux acteurs ou victimes collatérales de ce terrible conflit en passant du rameur cantonné à la chiourme à la capitaine de l'armada ou encore à la simple servante. 

Oceano Nox est une fantasy très épique dans laquelle on prend part au combat par intermittence. C'est toute l'originalité de la plume de Louise Roullier qui a pris le parti de nous faire découvrir son histoire façon kaléidoscope en nous faisant passer d'un camp à l'autre au gré des rencontres d'un dieu. On ne s'enlise donc pas dans des descriptions de combats à n'en plus finir. 

Le style choisi est de suite plus poétique et le récit très captivant. Ici, il nous est impossible de prendre fait et cause pour l'une ou l'autre des parties car il n'y a pas de réels méchants entre ces lignes, mais juste des âmes broyées par la marche de l'Histoire. C'est à la fois exaltant et terrifiant car il n'y a nul gagnant dans ce livre, juste beaucoup de sacrifices pour finalement aucun bénéfice. 

En outre, des mages prennent part à cette guerre. Les sorts fusent. La magie née de l'imaginaire de Louise Roullier ne manque pas d'ingéniosité, à travers l'usage de papiers à sorts pour réaliser le prodige souhaité. On pourrait d'ailleurs penser que la présence de mages et autres enchanteurs sur les navires de guerre vont faire basculer le conflit. Il n'en est rien. Même s'ils sont un atout indéniable pour Maravilhès, il ne faut pas sous-estimer la force brute et la détermination de l'empire. 

Et puis que dire de l'omniprésence d'un dieu déchu, on ne peut pas faire plus surnaturel, n'est-ce pas ? 

Guerre et magie se confrontent au fil des chapitres pour nous entraîner dans un maelström d'émotions. 

Oceano Nox se révèle être une histoire passionnante par le choix que fait Louise Roullier en nous y immergeant par l'entremise d'une correspondance épistolière témoignant des souvenirs d'une divinité. La lecture n'en ai que plus intense où les émotions sont exacerbées. 

Louise Roullier a construit Oceano Nox autour d'instantannés de vie d'un certain nombre de personnages. Certains épisodes sont courts d'autres plus longs. On y suit tour à tour des hommes et des femmes dans des destins tous plus tragiques les uns que les autres. Certaines destinées sont d'ailleurs plus touchantes que d'autres. C'est le cas, par exemple, de Sundar et Jai devant mettre leur amour à l'épreuve de la caste sociale et du jugement, ou encore de Salini qui incarne la fraîcheur et l'espoir de ce roman. 

Pour conclure :

Avec ce nouveau roman, Louise Roullier affiche son indéniable talent de conteuse. Gros coup de cœur pour ce texte autant sur le fond que la forme. L'autrice a bien travaillé sa copie pour écrire une fresque de fantasy aussi puissante qu'inoubliable. A ne pas manquer à la rentrée !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Grain de Sable

Informations

Louise Roullier
Oceano Nox
9782375793633
456 pages
Editions Critic

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22/08/2026

Jean Krug, Nos Éclats de Souvenirs, éditions Critic

Jean Krug, Nos Éclats de Souvenirs
éditions Critic

Au fil des années, Jean Krug s'est imposé comme une voix incontournable de la science-fiction française. 

Nos Éclats de Souvenirs est son dernier roman. Il paraît chez Critic le 26 août prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Kelgran semble être le dernier bastion de l'humanité. Les gens s'y sont réfugiés pour se protéger du froid se gavant des données émises par les millions de supports silicium abandonnés un peu partout et par le vaste datacenter qui domine le sommet de cette forteresse d'acier. Hanté par son passé, Ark tente de trouver de l'aide auprès des résistants. Sa rencontre avec Cosma va l'entraîner dans un road trip infernal à la recherche d'une vérité qu'il n'est pas très sûr d'accepter. 

Mon avis :

Avec Nos Éclats de Souvenirs, Jean Krug signe une nouvelle dystopie au rythme enlevé. 

Dans ce nouveau roman d'anticipation, l'auteur a imaginé une humanité retranchée dans une cité verticale emprisonnée dans la glace où les gens sont répartis en fonction de leur statut social. Sans surprise, les plus aisés se trouvent en haut de cette forteresse de béton et d'acier. Là où siège un immense data center. 

Dans ce récit, avoir le contrôle des données, c'est dominer le monde. Mais l'imaginaire de Jean Krug anticipe l'évolution technologique en nous décrivant une société où chaque humain possède une puce greffée dans leur cerveau. Ces puces permettent non seulement d'échanger les données mais donnent un accès direct aux souvenirs. Ainsi, les humains sont reprogrammables à l'infini jusqu'à finir par en perdre leur identité. 

En outre, entre ces lignes la donnée devient une source d'énergie que tous cherchent à s'approprier. En effet, l'abandon de millions de puces devenues obsolètes, voire corrompues se sont accumulées au fil des décennies au point de rendre ces données volatiles et capables d'émettre de la chaleur. Omniprésentes dans ce monde, elles s'immiscent partout et sont donc devenues un véritable enjeu. 

Dans ce présent devenu âpre, la survie tient finalement à peu de choses. D'ailleurs, faire pousser la moindre denrée alimentaire est difficile relevant presque du don réservé à certains élus. 

L'univers qui prend vie dans ce livre est marqué par les désastreuses conséquences de l'égoïsme des humains qui, au fil des siècles, n'a su que surexploiter une nature au point de la mettre à l'os. Les bouleversements climatiques se sont enchaînés au point d'enfermer le monde dans une gangue de glace. L'humanité y est déchue et doit vivre dans une obsolescence technologique rendue dangereuse. 

Pour autant, les mêmes erreurs semblent se reproduire à l'infini, à travers une éternelle lutte des classes que quelques âmes résistantes tentent d'abolir. 

Comme à son habitude la plume de Jean Krug est abrupte. Il aborde le futur sans ambages ni naïveté. Bien que l'espoir soit toujours porté par quelques résistants comme c'est le cas à chaque crise, il nous rappelle que le pire reste toujours à venir si cette même inertie ambiante perdure. 

Dans la lignée de ses précédents romans, la question environnementale demeure au cœur de son propos. Même si une poignée d'hommes et de femmes s'adaptent et sont capables de survivre à des conditions extrêmes, la majorité est tout de même sacrifiée et disparaît. 

Le modèle sociale est aussi questionné à travers une humanité qui reproduit les mêmes schémas et où le pouvoir de l'argent corrompt et détruit la vie. 

Mais, plus qu'un récit de science-fiction, Nos Éclats de Souvenirs est aussi un thriller bien rythmé qui nous emporte dans la course poursuite engagée par les deux personnages principaux de Jean Krug afin de retrouver leur identité volée. Le récit est très prenant et se lit très vite comme un page-turner au vu de la gravité des évènements relatés. 

Thriller et science-fiction matchent bien ensemble rendant la lecture purement additive. 

Même si une communauté de protagonistes évoluent autour d'eux, l'histoire repose surtout autour d'Ark et de Cosma. Si elle est une résistante plutôt badasse capable de se sortir des situations les plus critiques, ce n'est pas son cas à lui. Il est un simple jardinier semblant pris au piège d'une situation qu'il ne comprend pas. Pourtant l'un comme l'autre ne sont au final pas ce qu'ils paraissent. Entre non-dits et révélations, les deux héros de Jean Krug nous promettent une aventure surprenante, voir même dérangeante car on peut se demander jusqu'où ira le progrès pour tracer l'avenir de la planète. 

Pour conclure :

Avec Nos Éclats de Souvenirs, Jean Krug nous offre une aventure rugueuse où se glissent des notes cyberpunk pour nous faire goûter à un futur aussi amer que perturbant. A bon entendeur !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur les autres romans de l'auteur : Le Chant de Glace, La Cité d'Ivoire et La Couloir du Froid.

Informations

Jean Krug
Nos Éclats de Souvenirs
                                                                                                           9782375793718
                                                                                                                    360 pages
Editions Critic

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15/08/2026

Rebecca Yarros, Onyx Storm, T.3, éditions Hugo poche

Rebecca Yarros, Onyx Storm, T. 3, éditions Hugo Poche

Lire la saga The Empyrean de Rebecca Yarros aura été mon challenge de l'été. 

Louangée par certains et critiquée par d'autres, cette romantasy ne laisse clairement pas indifférent. 

Et pour cause, maintenant que j'ai mis mon nez dedans, je peux vous confirmer que cette romance "enemies to lovers"  a de quoi plaire entre un univers de fantasy richement construit, une fluidité du texte, des relations humaines complexes, des amours contrariés, un ennemi omniprésent et des trahisons et révélations en pagaille, tout est réuni pour envoûter et tenir en haleine. 

Après avoir bien accroché aux deux premiers volets, j'avais hâte sans pour autant être si pressée de m'attaquer au tome 3. 

Étant donné que la suite n'est pas prête de paraître car écrire une telle série prend du temps - vous vous en doutez - je pressentais déjà la frustration à venir. Commençant à bien connaître la plume de Rebecca Yarros, il n'y avait aucune chance que je me trompe.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Bien que Violet entame sa troisième année à Basgiath, l'heure est moins aux études et à la préparation du diplôme de fin d'année qu'à la recherche d'une solution pour contrer un ennemi de plus en plus prégnant. Aussi, elle s'apprête,  en compagnie de certains de ses camarades, à franchir les protections affaiblies d'Aretia pour essayer de trouver des alliés à la Navarre afin d'aider à vaincre les venins tout en cherchant les membres de la famille d'Andarna. La mission promet d'être dangereuse, pire encore, il n'est pas certain qu'elle soit couronnée de succès. Mais ont-ils un autre choix ? 

Mon avis :

Dans Onyx Storm, Rebecca Yarros poursuit l'exploration de son univers en nous entraînant au-delà des frontières de la Navarre et de Tyrrendor, à la rencontre d'autres peuples et à la découverte d'autres cultures. Ainsi, la magie se révèle être absente de certains lieux laissant nos manieurs de pouvoirs bien souvent démunis et où les dragons demeurent des curiosités à admirer voir des menaces à éviter. 

Dans ce troisième volet, on prend de la hauteur pour mieux comprendre le monde né sous la plume de Rebecca Yarros. Le récit commence à nous donner quelques clés de compréhension levant ainsi le voile sur le passé et notamment l'apparition des Venins. 

Onyx Storm est un récit de voyage et d'aventure dans lequel certains personnages de Rebeccas Yarros doivent mener une quête. Ce tome donne aussi l'occasion à chacun des manieurs de pouvoirs de développer leurs sceaux. Certains tenus encore secrets auparavant sortent au grand jour et s'avèrent des plus utiles au moment propice. 

Le texte est piqué de nombreuses révélations et des secrets familiaux sont mêmes révélés. 

Au fil des chapitres de ce roman, l'autrice nous prépare à un affrontement sans précédent avec l'ennemi. On le sait depuis le début, et on le craint au vu des implications de certains. Rebecca Yarros a bien préparé le terrain en faisant monter la tension crescendo. Elle prend même son temps pour amener cette terrible bataille qui, on l'imagine, nous laissera sans voix. 

Après l'exploration, place à l'action dans Onyx Storm qui se traduit par une conclusion explosive nous promettant du grand spectacle et une frustration extrême. 

En outre, ce tome 3 permet à l'autrice de développer certains protagonistes secondaires, en s'intéressant autant à leur relationnel qu'à leur passé. Il n'y a donc pas que Xaden et Violet qui sont détenteurs d'une histoire forte, les autres, aussi, et celle-ci ne demande qu'à être dévoilée. Cela a notamment l'intérêt de donner une réelle profondeur à cet univers. Chacun de ses personnages  a de la valeur à nos yeux au point de rendre leur disparition insoutenable. 

Voilà qui fait la force de la saga imaginée par Rebecca Yarros, ce sont donc aussi les personnages qui peuplent cette histoire. Tragédie oblige, certains sont sacrifiés car c'est un mal nécessaire pour faire grandir les survivants. 

Le deuil, la perte et l'absence accompagnent donc ce récit. L'autrice y ajoute le sens du sacrifice où l'intérêt collectif doit primer sur l'intérêt personnel. Un dogme d'ailleurs pas toujours facile à appliquer. 

Comme dans ses précédents romans, on retrouve la même intensité qu'affectionne Rebecca Yarros pour nous faire passer par tout un panel d'émotions fortes. Entre ces lignes, on passe donc facilement du rire aux larmes. 

C'est une saga facile à lire qui reste un plaisir de lecture, en dépit des frustrations volontairement voulues par l'autrice. 

Bien que moins épais que le tome 2, Onyx Storm reste tout de même long car l'autrice prend le temps d'expliquer certaines choses en amenant ses personnages sur des terrains précis. Le récit demeure malgré tout immersif et prenant tout du long. 

Maintenant avec une telle conclusion on reste sur notre faim. Or, ce qui est d'autant insoutenable est de ne pas savoir quand sortira le tome 4 qui est toujours en cours d'écriture. 

En outre, on se demande bien où Rebecca Yarros compte nous emmener puisque cette série est finalement prévue en 5 livres. 

Pour conclure :

L'attente promet d'être longue. Armons-nous donc de patience en rongeant notre frein. Il n'y a plus que cela à faire !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Fourth Wing et Iron Flame

Informations

Rebecca Yarros
Onyx Storm
T.3
The Empyrean
9791042905231
1165 pages
Editions Hugo Poche

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04/08/2026

Thibault Lafargue, Le Bouffon de la Couronne, T.2, éditions ActuSF

Thibault Lafargue, Le Bouffon de la Couronne
T.2, 
éditions ActuSF

En signant son premier tome du Bouffon de la Couronne, Thibault Lafargue s'est immédiatement inscrit comme un auteur à suivre en littératures de l'imaginaire.

Pour avoir eu un gros coup de cœur l'année dernière sur ce début de saga fort prometteur, j'avais hâte de me plonger dans la suite. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que le souverain Guillon Saintelarme a donné en épousailles sa fille Lysiane au fils du sultan, il charge parallèlement son bouffon Tirelangue de l'accompagner en Levance, rejoindre la cour du sultan. L'intérêt étant à la fois de protéger cette dernière tout en trouvant le moyen de pénétrer dans la bibliothèque de Marv'Dash afin de traduire le mystérieux poème de Mnémor. Seulement rien ne va se passer comme prévu et Tirelangue va vite se retrouver prisonnier du harem du sultan, aux prises avec les bassesses des énuques et les manigances des odalisques. Alors comment va-t-il pouvoir se sortir de cette impasse ? 

Mon avis :

Ce tome 2 du Bouffon de la Couronne s'ouvre sur un tout autre cadre puisque nous voici propulsé dans un décor très oriental où les protagonistes sont invités à évoluer au sein du palais du sultan et tout particulièrement au cœur de son harem. 

L'atmosphère y est aussi suave que piquante. Tout y est opulent. La richesse des lieux est indéniable mais derrière le vernis du luxe se dissimule une pesanteur alourdie par la drogue exhalée par les narguilés qui alanguie les corps et les esprits des résidents. 

L'ambiance de ce tome 2 est très étouffante et contribue à donner à ce récit une aura singulière nourrie par les peurs et les dangers. 

Ce tome 2 est tout aussi immersif que le premier volet car Thibault Lafargue réussit le tour de force de reprendre les mêmes ingrédients, à savoir les secrets et les trahisons mais en y ajoutant une petite dose d'horrifique à dessein.

En effet, dans ce tome 2, il a notamment pris le parti de mettre en valeur la difficile condition féminine passé et présent, à travers la thématique de la traite des femmes et des enfants. 

Par le prisme du harem, l'auteur nous parle donc d'esclavage, d'abus sexuel, de rapt, et de torture. 

Ce texte est violent. Il met à nu avec une certaine crudité toutes les horreurs faites aux femmes derrière les hauts murs de ces lieux de plaisir masculin. Les sévices sont autant physiques que morales. Les femmes y sont mises en concurrence pour plaire au sultan et obtenir la place de favorite. Sans surprise, les jeux de séduction y sont cruels. La jeunesse et la beauté y priment. A contrario, la vieillesse et la laideur sont reléguées au rebut. 

Pour autant, il n'y a pas que l'innommable qui s'invite entre ces murs car la plume de Thibault Lafargue est particulièrement sensible et nous introduit de la sororité. 

Il y a de la solidarité qui s'installe entre certaines femmes au nom de leur émancipation. Aussi ce récit fait souffler un vent d'espoir sur les âmes emprisonnées pour reconquérir leur vie et leur liberté. 

Ce tome 2 est puissant et riche en émotions. 

Thibault Lafargue nous y brosse de nombreux portraits de femmes tous plus touchants les uns que les autres. Ainsi, en filigrane des destins de Tirelangue, de Lysiane ou de Savyévane que l'on connait déjà très bien, on fait la rencontre de nombreux autres protagonistes féminins auxquels on ne résiste pas. Il faut dire qu'elles cachent toutes des histoires bouleversantes, à l'image de Malaïk'ha, cette femme en peine à la recherche de son âme sœur perdue. 

Ce second volet est finalement un kaléidoscope de petites histoires qui viennent enrichir l'intrigue et lui donner toutes les émotions que l'on apprécie de retrouver et de ressentir dans un roman. 

L'amour, l'amitié et la solidarité se confrontent ici à la monstruosité et à l'horreur.

Pour conclure :

Dans ce deuxième tome, Thibault Lafargue fait monter la tension crescendo jusqu'à sa conclusion qui nous laisse tout simplement pantois. Le plus dur - vous allez vite le comprendre - sera donc d'attendre le final. Rendez-vous l'année prochaine !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur le tome 1

informations

Thibault Lafargue
Le Bouffon de la Couronne
Tome 2
8782376867326
698 pages
Editions ActuSF

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28/07/2026

Laurent Mantese, Ithaque, livre premier, éditions Albin Michel Imaginaire

Laurent Mantese, Ithaque, éditions Albin Michel Imaginaire

Romancier et nouvelliste, Laurent Mantese compte déjà une dizaine de titres dans sa bibliographie. 

Son style se nourrit des faits divers ou s'inspire tout simplement des auteurs de référence en littératures de l'Imaginaire. 

Ainsi, est paru précédemment chez Albin Michel Imaginaire, La Sonde et la Taille, où il offrait à un Conan vieillissant une ultime aventure. 

Quant à son nouveau roman, Ithaque, il inaugure une série qui revisite l'illustre texte d'Homère, L'Odyssée

Cette publication vient d'ailleurs faire écho au film de Christopher Nolan, L'Odyssée actuellement au cinéma. Un film évènement déjà taxé d'être un beau succès. 

Mais il est à noter qu'il y a eu d'autres notables sorties littéraires portant sur  les pérégrinations du célèbre Ulysse comme Tu ne sais rien de la guerre de Troie de Victor Fleury paru chez Critic ou encore l'édition collector de L'Odyssée proposée par les éditions Callidor

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après avoir défait les Troyens par la ruse, Ulysse et ses hommes ont repris la mer. Sur la route du retour, ils vont, notamment, se laisser aveugler par leur haine et saccager la ville d'Ismaros, restée fidèle à Troie. Mais devant tant de sauvagerie, le doute s'immisce dans l'esprit de plus en plus confus du roi d'Ithaque. Et s'il était tout simplement maudit des dieux et que le retour chez lui était devenu impossible ? Dès lors, qu'adviendra-t-il de lui et de ses hommes ? 

Mon avis :

Avec Ithaque, Laurent Mantese revisite donc L'Odyssée d'Homère. Aussi, comme le récit original, dans ce texte, Ulysse et ses compagnons reprennent la route pour tenter de rentrer chez eux. Laurent Mantese a donc repris les codes du roman d'aventure dans lequel les héros doivent surmonter bien des embûches pour survivre. Seulement la version proposée ici est nettement plus sombre. Ulysse et ses compagnons d'infortune enchaînent les rencontres funestes. Or, il y a quelque chose d'horrifique dans chacune des interactions que font ces Grecs de retour du champs de bataille. Le monde dépeint est inquiétant et crépusculaire. La magie est bien présente et s'exprime, par exemple, par la survenue des géants ou du cyclope, Polyphème. Pour autant, elle semble pervertie, exhalant même quelque chose de pourri. 

Laurent Mantese reste bien fidèle à l'œuvre ne lui dénaturant pas sa part d'onirisme. Pour autant, il a pris des libertés dans le portrait qu'il nous brosse de ces personnages mythiques. En effet, point de héros dans la vision qu'il nous transmet ici. Bien au contraire, l'auteur a choisi plutôt de nous mettre face à des guerriers grisés par le meurtre, le viol et le rapt. Le récit est très viril. Coupés de leur patrie d'origine depuis bien trop longtemps, Ulysse et ses hommes ont perdu leur humanité dans cette guerre de Troie. Le meurtre et la violence sont leurs uniques réponses à toutes les difficultés qu'ils peuvent rencontrer. 

Avec Ithaque, Laurent Mantese ne nous épargne pas et explore les méandres tortueux de l'âme humaine qui a goûté au sang la faisant progressivement tomber en perdition. Dans ce récit, on côtoie donc la folie, la perversion et le point de non retour. 

Cette réécriture est l'occasion pour l'auteur de nous parler des ravages de la guerre sur l'esprit des soldats. A la lecture de ce roman, on appréhende d'autant mieux le stress post-traumatique que ressent chaque soldat de retour du front. En temps de guerre, la frontière entre le bien et le mal n'existe tout simplement plus. Le meurtre semble être la seule réponse pour s'en sortir. 

Il n'y a donc rien d'héroïque chez Ulysse dont les décisions sont d'ailleurs contestées au point de se voir retirer le rôle de chef. Cette odyssée prend des allures de débandade sous la plume de Laurent Mantese mais cette version n'est-elle pas plus crédible ? Car que feraient des guerriers sur la route du retour, si ce n'est continuer à assassiner et piller tout en se bouffant le nez quant au meilleur chemin à emprunter pour rentrer plus vite ? 

Ithaque est donc une version ténébreuse de L'Odyssée dans laquelle les trahisons et les manipulations vont bon train. 

A voir maintenant la suite que Laurent Mantese donnera à son œuvre, notamment s'il fera une place à de notables personnages féminins, à l'image de Pénélope, par exemple. Ce texte manque cruellement de protagonistes féminins principaux mais tel est le choix de l'auteur qui a préféré se consacrer entièrement à Ulysse et à son introspection personnelle quant au bien fondé de ses choix dans cette guerre de Troie et ses conséquences.

Pour conclure :

Il n'y a donc plus qu'à attendre le tome 2 pour voir ce qu'il nous a réservé pour la suite. 

Fantasy à la Carte

Informations

Laurent Mantese
Ithaque
Livre premier
9782226512512
416 pages
Editions Albin Michel Imaginaire

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24/07/2026

Rebecca Yarros, Iron Flame, T.2, The Empyrean, éditions Hugo Poche

Rebecca Yarros, Iron Flame
T.2, The Empyrean
éditions Hugo Poche

Iron Flame est le tome qui prend la suite de Fourth Wing. Après le succès retentissant du premier volet et un plaisir de lecture certain, j'avais hâte de continuer les aventures de Violet et Xaden. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Violet entre en deuxième année à Basgiath, Xaden, lui, est diplômé. Cela a pour conséquence directe, son affectation à la protection des frontières impliquant ainsi son départ de l'école militaire. Toutefois le fait que leurs dragons soient liés les oblige à se retrouver chaque semaine. Une relation à distance qui les met à rude épreuve surtout lorsque beaucoup de non-dits subsistent entre eux. Mais en dépit de cette situation parfois houleuse, Violet doit faire face à bien d'autres difficultés au sein de l'école. Entre ses laborieuses recherches pour en apprendre plus sur les protections magiques qui défendent la Navarre et les nombreuses tentatives de meurtres auxquelles elle doit échapper, elle n'a guère le temps de soupirer après l'absence ou le mauvais caractère de Xaden. Si intégrer Basgiath n'a pas été sans mal, continuer d'y survivre lui promet un avenir encore plutôt incertain surtout au vu des révélations qui s'enchaînent et viennent perturber son quotidien. Alors quel avenir ce monde de mensonges et de faux-semblants va-t-il lui réserver ? 

Mon avis :

Dans Iron Flame, on continue l'exploration du monde riche et complexe né sous la plume de Rebecca Yarros. Aussi, ici on découvre une autre facette des dragons. Ils ne sont donc pas seulement les compagnons des cavaliers formés à Basgiath. En effet, leur puissante magie alimente bien davantage que le pouvoir des élus choisis pour les chevaucher. 

C'est toute l'ingéniosité de ce système de magie qui donne corps à un monde crédible et fonctionnel. 

En outre, Rebecca Yarros s'est réappropriée bien des créatures fantastiques pour nous en livrer parfois une version très originale venant nourrir son univers avec beaucoup d'intelligence. 

En sus de ce décor très immersif, l'autrice y a ajouté un cadre historique bien travaillé infusé aux mensonges d'Etat et aux mythes peut-être pas si irréels que cela. 

Les intrigues sont bien menées et tiennent en haleine que ce soit sur l'évolution des personnages dans les révélations que l'autrice nous fait que dans le fil directeur de l'histoire qui constitue le nœud de l'intrigue, à propos des vérités qui mettent à mal la sécurité de l'Empyree. 

Dans Iron Flame, Rebecca Yarros explore la force de l'amitié, teste les liens de la famille et met l'amour à rude épreuve. 

Le récit demeure passionnant même si subsistent quelques longueurs, notamment dans la première partie. Aussi, il faut attendre la seconde moitié du livre pour que les évènements s'accélèrent prenant une tournure plus critique. A nouveau, l'autrice fait grimper la tension en jouant sur nos nerfs et en nous faisant ressentir mille et une émotions. 

Captivant et prenant sont donc les maîtres mots de cette saga de romantasy

L'autre point fort de cette saga réside dans la construction du texte. Rebecca Yarros a choisi de nous raconter cette histoire exclusivement du point de vue de Violet, excepté pour le dernier chapitre qui se recentre toujours sur celui de Xaden afin de conclure sur un plot twist bien souvent insoutenable. Aussi, chaque conclusion de tome est là pour retourner la tête des lecteurs et à ce jeu, Rebecca Yarros est très forte. 

Enfin, même si on est très attaché à la relation que Violet et Xaden entretiennent, on ne reste pas pour autant insensible aux personnages secondaires. Ils sont d'ailleurs nombreux à venir prêter mains fortes à nos deux tourtereaux. Et comment resté de marbre aux facéties de Ridoc, à la gauche timidité de Sawyer ou à l'indéfectible amitié de Rhiannon pour Violet.  

Ainsi, avec Iron Flame, on prend conscience qu'il ne s'agit pas ici que de la destinée de Xaden et de Violet car bien des vies sont en jeu et on voudrait tant tous les sauver. Seulement le pire est sans doute à venir car on ne peut combattre le mal sans y laisser des plumes. 

Pour conclure :

On le sait et ce n'est pas le cliffangher de fin de ce tome qui nous fera croire le contraire. Alors préparez-vous donc à vous brûler en lisant la suite !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Fourth Wing

Informations

Rebecca Yarros
Iron Flame
T.2
The Empyrean
9782755681505
1340 pages
Editions Hugo Poche

15/07/2026

Rebecca Yarros, Fourth Wing, T.1, The Empyrean, éditions Hugo Poche

Rebecca Yarros, Fourth Wing
T.1, The Empyrean
éditions Hugo poche

Rebecca Yarros est une autrice américaine de romances à succès. En 2023 paraît Fourth Wing, le premier tome qui inaugure The Empyrean, sa saga la plus connue. Elle s'est d'ailleurs vendue à plus de 2 millions d'exemplaires dès novembre 2023.

Initialement prévue en cinq tomes, chaque volet est attendu avec ferveur par ses millions de fans à travers le monde. 

Très souvent recommandée sur de nombreux comptes d'influenceurs littéraires, je ne vous cache pas que cet engouement a suscité ma curiosité de me plonger à mon tour dans cette série.

Or, quoi de mieux que de les enchaîner au format poche pendant cette période estivale. C'est donc tout naturellement que la lecture de cette saga s'est imposée à moi pour pimenter mon été. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Violet a toujours rêvé d'intégrer le quadrant des scribes, sa mère, l'inflexible générale Sorrengail l'a contraint à rejoindre le quadrant des cavaliers comme son frère et sa sœur ainsi qu'elle-même. Seulement elle est une intellectuelle de faible constitution qui se destinait à suivre les traces de son père et ne s'imaginait donc pas à devoir chevaucher un dragon et se lier à lui dans le but ultime de protéger les frontières du royaume. D'ailleurs, en est-elle seulement capable? Elle en doute fortement sans parler de tous les coups bas que ses camarades de promotion ne manqueront pas de lui réserver car à l'académie de guerre de Basgiath, tout est permis pour survivre, y compris le meurtre. Cette année s'annonce donc extrêmement dangereuse et elle est loin du compte quant à l'avenir que les Dieux lui ont réservé. 

Mon avis :

Fourth Wing est une dark academy dont l'intrigue se déroule dans le royaume de Navarre et plus particulièrement au sein de l'académie militaire de Basgiath. Aussi, afin de protéger le royaume sans cesse menacé, tous les enfants sont obligés d'intégrer cette académie en rejoignant les rangs des scribes, des cavaliers, des fantassins ou des guérisseurs. L'intérêt étant de conserver une armée puissante capable de se défendre contre toutes sortes d'attaques.

Rebecca Yarros a imaginé un univers très codifié dans lequel les dragons occupent une place prépondérante. Ils sont des alliés aux humains pour protéger le royaume de Navarre. C'est la raison pour laquelle certains se lient à eux permettant aux élus de les chevaucher tout en leur transmettant des pouvoirs. Ils deviennent ainsi de véritables armes de guerre laissant que peu d'espoir de survie aux ennemis. Seulement ce lien s'instaure selon des rituels strictes et s'accompagne toujours d'une grande violence. Être choisi par un dragon implique de grandes responsabilités et un sens du sacrifice car si l'un meurt l'autre aussi car tel est le prix à payer pour approcher ces terrifiantes créatures ailées et obtenir d'elles une puissance sans commune mesure. Entre les murs de Basgiath lorsque l'on est destiné à devenir un cavalier, on apprend à se battre mais aussi à tuer. 

Ainsi, l'univers qui prend vie sous la plume de Rebecca Yarros est implacable et mortel. Il n'y a donc aucune place pour les faibles. Tout est question de stratégie pour triompher des obstacles. Le quadrant des cavaliers est le plus prestigieux mais aussi le plus mortifère pour les étudiants qui l'intègrent. En effet, ceux qui arrivent à se lier à un dragon obtiennent de ce dernier un sceau autrement dit un pouvoir qu'ils se doivent de maîtriser. Mais la pression demeure énorme sur leurs frêles épaules car nul ne peut savoir quand celui-ci va se manifester ni à quoi il va consister. Or, certains sont prohibés par l'état entraînant de facto la mort du porteur. Ainsi, choisir le quadrant des cavaliers rime bien souvent avec la mort. 

Ce décor ténébreux et cruel est à l'image des intrigues qui se pressent entre ces lignes. En effet, l'autrice a beaucoup tablé dans ce premier tome sur des mensonges et des manipulations qui viennent allègrement pimenter le texte. Les protagonistes sont pleins de secrets qu'ils gardent jalousement par-devers eux pour nous tenir en haleine et nous surprendre au détour d'un chapitre. 

Fourth Wing est un récit d'action où des notes de romance se mêlent progressivement.  Ainsi, en sus d'une dark academy, ce livre est également une romantasy plutôt bien construite. 

Dans ce premier tome, on apprécie d'ailleurs que la romance ne prenne pas le pas sur la fantasy. En dépit d'une certaine hypersexualisation du protagoniste masculin principal présente pour répondre à l'attente de certaines lectrices, la construction de l'univers n'est pas mise de côté pour autant. Voici un fait très appréciable pour les lecteurices de fantasy qui affectionnent particulièrement ce genre littéraire. Les notes sentimentales qui viennent se greffer à l'histoire adoucissent l'intrigue âpre de ce premier roman

Dans Fourth Wing, on retrouve la quête d'identité d'une héroïne qui cherche à trouver sa place dans ce monde impitoyable tout en essayant de décrypter les ombres qu'on lui dissimulent depuis trop longtemps. 

Mais, Rebecca Yarros brasse pas mal d'autres thématiques tournant autour de l'amitié, de la sororité ou de la solidarité qu'elle confronte bien volontiers à des sentiments plus sombres que l'on peut ressentir lorsque l'on est rivaux. En effet, il faut garder en mémoire que Fourth Wing met avant tout en scène une compétition entre les étudiants où chacun d'eux doit rivaliser d'ingéniosité mais aussi de bassesses pour triompher des terribles épreuves que leurs instructeurs leur ont réservées. Le ton est belliqueux. La tension est bien souvent à son comble. 

La plume de Rebecca Yarros dégage une vraie fluidité permettant aux lecteurs de rentrer immédiatement dans l'histoire sans trop se poser de questions. Les pages défilent vite en dépit de leur nombre conséquent. Fourth Wing est le genre de roman qui nous fait tout oublier nous laissant simplement bouche bée devant le destin tortueux de ses deux personnages principaux. 

D'ailleurs, on ne peut pas trouver de protagonistes plus aux antipodes que Violet et Xaden. Alors qu'elle est douce et altruiste, lui est ténébreux et secret. L'adage des contraires qui s'attirent ne s'est jamais aussi bien appliqué qu'avec ces deux-là. Mais les apparences sont vite trompeuses dans ce roman. Aussi la froideur et la suffisance qu'arborent plus que de raison Xaden dissimulent peut-être une profondeur et une sensibilité insoupçonnée. Quant à la faiblesse que présente Violet, n'est-elle pas là pour tromper ses adversaires qui auront tendance à la sous-estimer. Violet et Xaden sont en réalité deux feux brûlants qui nous promettent un incendie émotionnel. 

Alors accrochez-vous bien car leur aventure ne fait que commencer et la suite promet de mettre le feu à notre cœur, soyez-en sûrs. A suivre !

Fantasy à la Carte

informations

Rebecca Yarros
Fourth Wing
T.1
The Empyrean
9782755681444
992 pages
Editions Hiugo Poche

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10/07/2026

Josépha Juillet, La Dynastie Puyvallée, T.3, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, La Dynastie Puyvallée
T.3, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Avec la parution de La Dynastie Puyvallée, Josépha Juillet met un point final à sa trilogie de fantasy, Terre des Ombres

En librairie depuis le 4 juin, j'avais hâte de me plonger dans la conclusion de cette saga déjà chère à mon cœur tout en étant triste de devoir bientôt dire adieu à cet univers fabuleux et à ses personnages si attachants. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Grâce aux rituels pour renforcer leurs liens, Adèle et Yuni sont sans doute devenues les Chuchoteuses les plus puissantes que la nation des Bulles est connue jusque-là. Mais ce pouvoir n'est pas au goût de tous et surtout pas à celui des Officiels et de l'impératrice qui sont prêts à user des pires menaces pour les faire obéir. Le temps n'est donc plus à la tergiversation mais plutôt à l'action afin de décider de la place qu'elles souhaitent occuper au sein de cette société. Laisseront-elle le gouvernement continuer à agir comme il l'entend ou au contraire, l'heure serait-elle au coup d'État? 

Mon avis:

La Dynastie Puyvallée est le 3ème et dernier volet de la saga Terre des Ombres de Josépha Juillet. Or qui dit conclusion dit dévoilements en pagaille. Le temps est donc à la levée des mystères qui entourent notamment l'existence des Ombres mais pas que. L'autrice a bien travaillé sa copie pour nous proposer des révélations autant sur l'univers imaginé que sur la présence de certains personnages ainsi que sur certains passés ou liens familiaux inattendus. Tout est bien amené pour cueillir le lecteur tout en le maintenant dans un suspense quasiment total jusque dans les dernières pages de ce tome. 

Sans vous en révéler de trop sur cet univers insolite et gâcher votre plaisir de lecture, je peux juste vous dire que Josépha Juillet distille la bonne dose d'informations pour étancher notre curiosité tout en laissant planer la petite pointe de mystère qui va bien. 

Terre des Ombres est un récit enlevé qui répond bien à toutes ses promesses de départ. 

La force de ce récit s'exprime autant par les thématiques abordées que par la profondeur de ses personnages. 

Clairement Terre des Ombres est un récit engagé autant du point de vue politique que de la question sociale. Josépha Juillet y décortique les manigances d'une élite fomentées au détriment du peuple par soif de pouvoir ou simple endoctrinement. Les mots employés sont forts et les situations mises en scène percutantes. 

La plume de Josépha Juillet est incisive pour pointer les failles d'un monde injuste et clivant. 

Mais son engagement, elle le montre à plus d'un titre. Celui-ci commence déjà dans la description de certains de ses personnages. Point d'héroïne décrite comme étant sublime ici, même si - il faut bien le dire - Adèle est sacrément badasse à sa manière. Pourtant au premier regard on y voit surtout une jeune femme de petite taille au caractère discret. Elle se fait peu remarquer. Il en va de même avec Ben, l'archiviste. Rien de clinquant chez lui et point de musculature ostentatoire. Pour autant tous les deux dégagent un charme fou qui emporte rapidement l'intérêt des lecteurs car finalement chacun peut plus facilement s'identifier en l'un ou l'autre. Voilà qui casse avec ce que l'on peut retrouver habituellement en romantasy et cela n'est pas pour me déplaire. 

En outre, l'esprit critique de l'autrice est très appréciable car elle ne nous livre pas ici une énième romance navet archi vue et revue. Bien au contraire, avec Terre des Ombres, elle nous délivre plutôt une histoire piquante et immersive auréolée de plaisants chassés-croisés amoureux. 

C'est un régal à lire. Elle a également piqué son texte d'une romance queer enrichissant davantage sa série même si elle est juste évoquée entre ces lignes. 

Josépha Juillet a vraiment pris le temps de faire grandir les sentiments de ses protagonistes et n'a donc mis aucune précipitation dans le développement de leur relation. Ce choix de prendre son temps renforce la crédibilité de cet univers et l'attachement ressenti vis-à-vis de tous ces héros qui portent si bien cette histoire. 

Il faut bien reconnaître que l'autre tour de force de l'autrice est d'arriver à nous faire apprécier même ses personnages secondaires. 

Avec Terre des Ombres, tout est pensé pour contenter un lectorat en quête de mystères et d'action. 

Pour conclure :

Ce dernier volet ne m'a pas déçue, il a été à la hauteur des deux premiers romans. Puissant et efficace. A vous de voir maintenant si vous allez oser vous confronter aux Bulles ? 

Terre des Ombres a été comme When The Monon Hatched, une excellente lecture qui confirme ma première impression sur les éditions Olympe. Leur catalogue contient de belles pépites. Il serait donc dommage de passer à côté, vous ne trouvez pas ?

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur La Nation des Bulles et L'Univers des Chuchoteuses

Informations

Josépha Juillet
La Dynastie Puyvallée
T.3
Terre des Ombres
9782073108654
576 pages
Editions Olympe

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