
Tolkien est né à Bloemfontein, en Afrique du Sud, mais, en raison d’une santé fragile, sa mère le ramène en Angleterre à l’âge de 3 ans. Son enfance est marquée par des lectures qui suscitèrent sans doute son intérêt pour les contes de fées : la série des Curdie de George MacDonald, les anthologies d’Andrew Lang et surtout le Red Fairy Book. Élevé dans une école catholique, Tolkien apprend le grec, le français, l’allemand et commence à manifester de l’intérêt pour la philologie, autrement dit la science qui traite d'une langue d'un point de vue historique, à partir de documents écrits. Il découvre aussi les poèmes épiques en vieil anglais comme le Beowulf ou Sire Gauvain et le chevalier vert. Avec sa cousine Mary Incledon, il invente une langue nouvelle, le Nevbosh, puis, seul, un langage qu’il appelle Naffarin. À l’Université d’Oxford, il apprend le finnois et commence à travailler sur un langage inventé plus complexe, le quenya, qui va devenir la langue des Elfes.


Son idée de départ est d’introduire un nouveau personnage, Frodon, le fils de Bilbo Baggins, et de traiter comme thème, le retour de l’anneau magique, donné à Bilbo par Gollum. À ce moment, Tolkien n’est certain que d’une chose : sa nouvelle histoire va s’insérer de façon plus étroite dans la vaste mythologie, qu’il est en train de construire. Il ne lui faut pas moins de douze années pour mener à bien la rédaction de son roman. Celui-ci paraît finalement chez Allen & Unwin découpé, en raison de sa taille, en trois volumes : La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi (1954-1955).
À ce troisième volume est d’ailleurs jointe une série d’appendices comprenant l’histoire du Troisième Âge (époque où se déroule l’action du Seigneur des Anneaux), les arbres généalogiques des familles régnantes, le calendrier de la Terre du Milieu, les cartes du pays, les langues et les alphabets des peuples qui l’habitent. Or, ces appendices montrent avec quelle précision Tolkien a bâti non seulement son histoire, mais aussi tout l’arrière-plan de celle-ci.
À ce troisième volume est d’ailleurs jointe une série d’appendices comprenant l’histoire du Troisième Âge (époque où se déroule l’action du Seigneur des Anneaux), les arbres généalogiques des familles régnantes, le calendrier de la Terre du Milieu, les cartes du pays, les langues et les alphabets des peuples qui l’habitent. Or, ces appendices montrent avec quelle précision Tolkien a bâti non seulement son histoire, mais aussi tout l’arrière-plan de celle-ci.
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Illustration de John Howe |
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Illustration d'Alan Lee |
Ce voyage, qui reprend à l’envers celui du Graal, va mener ce petit homme vers la reconnaissance, le faisant mûrir comme avant lui Arthur. D’autre part, Tolkien met en scène, non pas un personnage, mais plusieurs. L’une des grandes caractéristiques de la plupart des fantasy est l’accent mis sur un groupe de héros, même si un personnage conserve l’avantage, du fait que c’est à lui, que la mission est confiée. Avec Tolkien l’enjeu est si important, qu’un seul personnage ne peut réussir. Il lui faut des compagnons qui l’aideront tout au long de sa quête, surtout que souvent le chargé de mission est décrit comme très jeune, faible et inexpérimenté, comme c’est le cas de Frodon. Par ailleurs, la quête du Seigneur des Anneaux conduit les membres de la communauté à parcourir un long itinéraire les conduisant dans des contrées imaginaires à la géographie précise. L’invention d’univers imaginaires constitue une autre grande caractéristique de la plupart des courants de fantasy.
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Illustration d'Alan Lee |
À la lumière de cette analyse, il apparaît clair que Tolkien a emprunté aussi bien aux littératures anciennes, comme la mythologie ou le conte merveilleux, qu’aux écrivains considérés comme les précurseurs de la fantasy. Cependant, il faut lui reconnaître que même s’il n’est pas l’inventeur de tels éléments, c’est bien lui, qui, en les réunissant dans un seul et même récit et en les développant à un tel degré, a jeté les bases qui forment la trame de nombreux récits de fantasy.
Fantasy à la carte
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