L'influence du "gaming" à la littérature

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12/06/2015

Céline Landressie, La floraison, Rose Morte, tome 1

Le mariage, il faut toujours qu’il soit question de mariage…

Ça, Eileen Rosamund Greer, alias Rose, en sait quelque chose. La jeune femme âgée de 28 ans a bien conscience qu’un jour ou l’autre, elle devra en passer par là. D’autant plus que ses parents ne sont pas en reste question prétendants. Mais voilà, éprise de libertés et d’aventures, elle ne peut se résoudre à l’idée de perdre tout ça. Alors lorsque son père, lord Edmund veut la voir épouser le vicomte de Chaumontel, c’en est trop pour la jeune femme. Dans ces conditions, avec sa meilleure amie Charlotte de Carville, elles fomentent un stratagème qui satisferait les deux demoiselles. Car au vu de la réputation du promis, Charlotte serait quant à elle, plutôt encline à l’épouser. Ainsi, au bal parisien organisé chez le marquis de Jouars, Rose se montrera charmante comme elle l’a promis à son père mais sa meilleure amie fera tout pour séduire le vicomte. Et contre toute attente, leur plan va fonctionner.

Ce bal ne va pas seulement sceller le destin de Charlotte mais aussi celui de Rose. En effet, la jeune femme y fait la connaissance d’Artus de Janlys, un noble absolument irrésistible. En fait, il est aussi mystérieux qu’attirant. Ne pourrait-il pas être le partenaire, l’amant, et peut-être le mari qu’elle cherchait depuis tout ce temps ?

En tout cas, le bougre sait se faire désirer en disparaissant pendant plus d’un mois sans un mot. Il est clair qu’il est passé maître dans l’art de souffler le chaud et le froid.

Parallèlement Paris est secoué par d’affreux crimes. Des hommes ont été retrouvés éviscérés. Des meurtres horribles, sanglants et inhumains qui perturbent profondément Rose. Il n’est pas bon de sortir la nuit. Les routes sont encore moins sûres qu’à l’accoutumée.
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Cependant tout à sa joie de retrouver le comte de Janlys, elle met de côté ses inquiétudes enfin jusqu’à ce que ce dernier ne lui propose que des rendez-vous nocturnes. Le comte est un homme secret et Rose aimerait savoir ce qu’il lui cache. Surtout des comportements étranges la troublent. Déjà, n’est-ce pas bizarre que le jeune frère du comte se fasse passer pour ce dernier afin de régler certaines affaires ? Et où disparaît Artus ? Pourquoi ne se montre-t-il qu’à la nuit tombée ?


Il se pourrait que monsieur le comte lève le voile sur un monde insoupçonné pour Rose. Un monde dans lequel ces abominations trouveraient une explication. Mais, sera-t-elle prête à pleinement l’accepter au moment voulu ?

C’est sur fond de guerre de religions que Céline Landressie insère son récit en 1598 au moment où la France et l’Espagne signent la paix de Vervins. Cette paix qui vise à l’adoption par Henri IV de l’édit de Nantes, un édit de tolérance vis-à-vis des protestants afin de mettre un terme aux conflits. Rose vit dans ce contexte instable. Alors qu’elle n’était qu’un nourrisson, ses parents de confession catholique ont dû fuir l’Angleterre et le règne d’Elisabeth Ier, fervente protestante.

Néanmoins, il n’est pas seulement question de la lutte entre catholiques et protestants car Céline Landressie dessine en filigrane de son récit une autre lutte tout aussi sombre, sanglante, mortelle. En fait, l’auteure donne à son écrit des éléments fantasmagoriques. Ainsi, elle propose un univers fait d’ombres, de secrets, de créatures démoniaques et confère même à certains de ses personnages une force inhumaine et des capacités surnaturelles.

Toute la magie de son roman réside dans le fait que l’on ne sait pas réellement à quoi s’attendre, même si de nombreuses idées nous traversent l’esprit. Les éléments de l’intrigue se mettent en place lentement pour ne prendre tout son sens que dans les derniers moments du livre.

Mettre en scène les créatures de la nuit n’est pas un thème novateur en terme, de littérature fantasy. En revanche, les insérer dans une période historique trouble est moins courant et s’avère finalement très judicieux. Il est vrai qu’à l’heure actuelle, il y a un réel engouement pour mettre en scène ces immortels dans nos sociétés modernes.

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De plus, le récit est clair et rédigé avec une telle fluidité qu’il est facile de se laisser emporter dans les aventures de notre intrépide héroïne. Allier fantasy et Histoire, quelle combinaison appropriée. Voilà deux ingrédients qui, pour la passionnée que je suis, ne pouvaient que donner naissance à un nouveau coup de cœur littéraire. Enfin, en arborant une si belle couverture, les éditions de l’Homme Sans Nom s’assurent l’intérêt d’un public certain. Car qui n’aurait pas envie de percer les mystères de cette belle rousse ?

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