L'influence du "gaming" à la littérature

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30/06/2026

Josépha Juillet, L'Univers des Chuchoteuses, T.2, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, L'Univers des Chuchoteuses,
 T.2, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Terre des Ombres est une trilogie de Josépha Juillet dont le premier tome, La Nation des Bulles, est paru en version reliée chez Olympe éditions en début d'année. 

C'est en avril que le deuxième volet qui s'intitule L'Univers des Chuchoteuses, a rejoint les étals des librairies. 

Après avoir eu un gros coup de cœur pour le tome 1, je ne vous cache pas ma hâte de lire la suite. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je renouvelle mes remerciements à Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse qui m'a permis de ne pas rester sur ma faim. 

Résumé :

Maintenant que les dons de Chuchoteuse d'Adèle se sont manifestés et qu'elle a perdu son meilleur appui au sein des Bulles, la vie de la jeune femme n'a jamais été autant menacée. En effet, la voici presque accusée de meurtre sans oublier qu'elle est jetée en pâture sous les feux des projecteurs médiatiques. Sa vie est observée, ses faits et gestes sont décortiqués et jugés. Alors qu'elle poursuit sa formation tout en essayant de démasquer le ou les coupables du meurtre de Morgan, elle  doit également apprendre à maîtriser ses émotions et gérer ses relations personnelles. L'exercice s'avère d'ailleurs d'autant plus délicat face à des personnalités plutôt horripilantes. Parviendra-t-elle à mener sa quête sans en perdre la tête ? 

Mon avis :

Avec L'Univers des Chuchoteuses, Josépha Juillet poursuit l'exploration de ce monde qu'elle a imaginé dans Terre des Ombres. Maintenant que le décor et l'intrigue sont posés, elle peut se consacrer sur le mystère que représentent les Ombres. On en apprend donc plus sur leur existence, sur leurs interactions avec les humains ainsi que sur le rôle central des Chuchoteuses. A travers toutes ces révélations, l'autrice laisse la fantasy s'exprimer car dans Terre des Ombres, c'est avant tout la modernité qui rencontre le merveilleux. 

En sus de ce fil directeur qu'est cette guerre qui oppose depuis des temps - semble-t-il immémoriaux - les humains aux Ombres, Josépha Juillet a donc ajouté d'autres arcs narratifs qui viennent enrichir son texte comme la romance et l'enquête. 

Aussi dans ce second volet, l'autrice prend le temps de développer le relationnel de ses personnages. Des histoires d'amour germent lentement et viennent accompagner l'intrigue en lui instillant quelques notes de douceur. 

En outre, un meurtre est commis rappelant la dangerosité de côtoyer le pouvoir de si près. Il est donc aussi question de résoudre un crime tout en vengeant les morts. 

Dans L'Univers des Chuchoteuses, la magie explose car on rentre littéralement en communion avec ces Ombres. Or, le meilleur moyen qu'a trouvé Adèle pour les comprendre est la danse. La fluidité et la grâce des mouvements lui permettent d'entrer en résonance avec elles. Ces dernières s'expriment en transmettant des émotions et des sentiments. Cette magie qui naît sous la plume de Josépha Juillet passe par la compréhension jusqu'à faire corps avec l'autre. Le message que l'autrice transmet à travers cette expression insolite du merveilleux est juste très beau. Il est finalement question d'un vivre ensemble plutôt que de céder à la peur et à la violence. Le spectacle de voir ses Ombres s'agiter autour des Chuchoteuses est enchanteur. C'est un véritable balai artistique qui dégage une telle élégance nous emportant jusqu'à nous faire perdre pied. 

Dans Terre des Ombres, les protagonistes ne sont pas lisses. Ils ont leurs zones d'ombre, leur complexité et leurs failles. Les portraits sont bien travaillés. Chacun exprime un caractère bien trempé promettant des échanges verbaux drôles et divertissants. 

La plume de Josépha Juillet est d'une telle fluidité qu'elle nous emporte dans un maelström d'émotions et de rebondissements particulièrement bien amenés. 

Complots politiques, romance et investigations sont les maîtres mots de cette saga très immersive. 

Mon intérêt pour elle n'a donc pas faibli avec ce second tome. La poésie des mots de l'autrice, la force des sentiments liant les personnages et les secrets qui s'accumulent rendent cette lecture particulièrement addictive. 

Pour conclure :

Cette trilogie est une pure réussite. Mon plaisir de lecture était encore au rendez-vous. Alors vivement le final !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mon avis sur La Nation des Bulles

Informations

Josépha Juillet
L'Univers des Chuchoteuses
T.2
Terre des Ombres
9782073108609
574 pages
Editions Olympe

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23/06/2026

Josépha Juillet, La Nation des Bulles, T.1, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, La Nation des Bulles
T.1, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Josépha Juillet est une autrice française d'imaginaire. Sa plume, je l'ai découverte avec Mutation paru chez ActuSF en 2025. C'est un récit postapocalyptique à destination d'un public youngadult qui m'avait d'emblée convaincue de la grande qualité de cette nouvelle signature d'imaginaire. 

Alors la retrouver dans une série plus adulte m'a tout de suite emballée. Après avoir été autoéditée, sa trilogie Terre des Ombres a rejoint le catalogue des éditions Olympe lui impulsant ainsi une nouvelle destinée. On ne peut d'ailleurs que s'en féliciter. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie très chaleureusement Pascal Godbillon pour sa confiance renouvelée. 

Résumé:

Suite à l'apparition des Ombres, les humains n'ont pas eu d'autres choix que d'ériger des bulles de verre pour s'en prémunir. En effet, le moindre contact avec l'une d'elles peut s'avérer fatale. Ainsi, la lumière doit éclairer le moindre recoin sous peine de voir les Ombres gagner du terrain d'où la nécessité des bulles. Seules les Chuchoteuses sont capables de comprendre leur langage et peut-être de mettre fin à cette guerre qui dure depuis trop longtemps. Seulement celles-ci ont disparu et l'espoir de revivre en paix s'est éteint jusqu'à ce qu'une certaine Adèle se découvre être l'une d'elles. Pour la jeune femme, cette révélation va complètement chambouler sa vie car elle ne va plus être maîtresse de son propre destin. La voici donc contrainte d'en apprendre plus sur les Chuchoteuses aux côtés du très insupportable archiviste Ben tout en devant se former aux techniques de combat avec le très séduisant Léo. Côtoyer ces deux hommes va maintenant rythmer ses journées et l'entraîner sur un chemin de vérité qu'elle n'est pas encore prête à accepter. En outre, arrivera-t-elle à ramener cette paix que tous semblent appeler de leurs vœux ? 

Mon avis :

Avec La Nation des Bulles, Josépha Juillet inaugure une saga mêlant habilement dystopie et fantasy. L'autrice nous entraîne dans un monde marqué par un conflit opposant les humains aux Ombres. Or, pour répondre à cette menace des bulles de verre ont été érigées obligeant les humains qui y résident à vivre sous une lumière permanente et sous le contrôle de l'armée. En effet, pour répondre à cette menace, un état d'urgence permanent a été mis en place. Les populations sont régulièrement soumis à des contrôles. Les survivants se répartissent entre les Bulles et les Villages autour. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui assurent le ravitaillement pour tous de toutes les denrées et autres produits de première nécessité. Leur existence est primordiale même si la vie là-bas est loin d'être complètement sécurisée. En effet, le danger rôde plus facilement dès que la lumière du jour faiblit. Les habitants ne disposent pas des mêmes moyens pour s'en protéger. 

Sous la plume de Josépha Juillet, le pouvoir est entre les mains d'une impératrice qui est entourée d'Officiels chargés de l'aider à administrer ses sujets. La gouvernance est ici militaire et elle a instauré une société de surveillance régit par des règles et un cadre stricte. Enfreindre la loi, c'est encourir une peine extrême car ici nécessité fait loi. 

Instaurer un régime totalitaire comme la seule réponse possible à une menace mortelle inscrit donc de facto ce récit dans un cadre dystopique. 

En outre, l'origine des Ombres demeure une inconnue majeure de ce premier tome. Celles-ci peuvent autant être le fruit d'une expérience scientifique qui aurait mal tourné qu'une manifestation magique que l'on pourrait qualifier de fantômes classant ainsi ce texte aussi bien en fantasy qu'en science-fiction. Leur existence exerce sur le lecteur comme sur les protagonistes de ce livre une certaine fascination. Elles dégagent un vrai onirisme et sont un mystère qu'on ne demande qu'à percer. 

Terre des Ombres est un récit politique qui parle aussi bien de lutte des classes que de régime totalitaire sous couvert du bien commun. 

L'autrice questionne donc le pouvoir et ses dérives notamment lorsque soumis à une menace le modèle social tombe dans les extrêmes. Elle y met à jour les mensonges et les manipulations utilisés pour raison d'État. Elle interroge également le rôle de l'information lorsqu'elle prend les atours de la propagande. L'histoire n'en est que plus prenante car on y retrouve tous les ingrédients d'un bon livre, à savoir des secrets, des complots et du mystère. 

Le cadre est hyper immersif. Dès les premiers chapitres, on est bien dans l'histoire, totalement captivés par le destin plutôt tourmenté de ses personnages. 

Terre des Ombres repose sur une communauté de personnages dont Adèle et Ben. Bien que formatée par le discours tenu dans les Bulles, Adèle se révèle plus imprévisible que prévue. Elle a conscience de ses faiblesses mais demeure pour autant une femme forte qui cherche toujours à compenser par ses atouts. Elle incarne ici la figure de l'élue chargée de mener à bien une quête. A travers elle, Josépha Juillet reprend un motif traditionnel en littérature de l'imaginaire. Pour autant, Adèle n'est point une héroïne convenue. Elle est loin d'être un simple pion dans l'escarcelle de l'impératrice mais se révèle davantage comme une épine. D'ailleurs son caractère rebelle se révèle surtout au contact de Ben. En effet, celui-ci l'exaspère tant qu'elle ne cesse de se réaffirmer dans son statut de Chuchoteuse. Sa froideur apparente, ses sauts d'humeur et son humour font de Ben un personnage plutôt mystérieux. Il s'abrite derrière une armure d'indifférence glaciale, la vérité est qu'il est un personnage très complexe et totalement attachant. Ce ne sont pas les prétendants qui manquent dans le sillage d'Adèle. A elle de faire son choix final. Pour ma part, je sais déjà quel team je vais soutenir et vous ? 

Pour conclure :

Avec La Nation des Bulles, j'ai goûté à un récit aussi surprenant que prenant. Et ce n'est pas le cliffhanger concluant ce premier tome qui va me dissuader de continuer, bien au contraire. Josépha Juillet a mis la barre haute avec ce premier volet alors j'ai trop hâte de découvrir jusqu'où elle compte nous emmener. Rendez-vous donc très bientôt pour la suite !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Mutation

Informations

Josépha Juillet
La Nation des Bulles
T.1
Terre des Ombres
2073108555
464 pages
Editions Olympe

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19/06/2026

Isabelle Bauthian, Landor, T.4, Les Rhéteurs, éditions ActuSF

Isabelle Bauthian, 
Landor
T.4, 
Les Rhéteurs
éditions ActuSF 

Les Rhéteurs est une série de littérature fantasy qu'Isabelle Bauthian a inaugurée en 2016 avec la sortie d'Anasterry. Il est suivi par Grish-Mère publié en 2017 et par Montès en 2021. 

La parution de Landor en avril dernier vient donc compléter cette riche saga prévue initialement en 5 tomes. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Musicienne de profession, Céleste Armanville est également un membre d'une puissante société secrète. Son but étant de venir en aide aux apatrides. Alors qu'elle se retrouve coincée dans un château situé dans la campagne de Landor en plein hiver partageant la compagnie de ses nobles hôtes, un horrible meurtre est commis. Avec sa consœur et amie Lanny, également présente au château, elles vont mener l'enquête. Entre membres de la famille et personnalités de marque, leurs investigations promettent déjà d'être épineuses. Alors arriveront-elles à résoudre cette énigme sans y perdre des plumes au passage ? 

Mon avis :

Landor prend la suite de cet univers des Rhéteurs qu'Isabelle Bauthian se plaît à enrichir à chaque volume. Point de grande fresque épique entre ces lignes mais un cadre solide qui nous entraîne d'une cité à l'autre, toujours attachés aux pas de personnages mystérieux et bien souvent hauts en couleurs. 

Comme dans ses précédents romans, Isabelle Bauthian fait place à l'art et à l'éloquence. 

Il n'est donc point question de magie explosive ici mais d'un beau verbiage. 

Isabelle Bauthian privilégie ici une fantasy des mœurs à la grande épopée. Le récit n'en est d'ailleurs que plus intimiste. 

Il faut dire que dans Landor, l'ambiance feutrée est accentuée par ce choix de proposer une enquête à huis clos. L'isolement de la demeure combinée à la saison hivernale très enneigée sous cette latitude s'y prête parfaitement. Les résidents de cette noble demeure sont peu nombreux et confinés. Dans ces conditions, les esprits s'échauffent vite et la situation peut rapidement déraper, comme c'est le cas ici avec la survenue d'un premier assassinat. 

Voilà que ce roman prend les atours du cosy mystery à travers ce meurtre à résoudre. Poison ou arme blanche ? Nos deux enquêtrices se posent la question de la cause de la mort car le meurtrier a clairement cherché à brouiller les pistes. Isabelle Bauthian s'est donc inspirée des règles du Cluedo pour construire son intrigue, tout du moins pour les parties concernant le meurtre. En outre, elle ne lésine pas sur les fausses pistes pour corser la résolution de l'enquête. 

Le récit est plutôt captivant d'autant qu'il y mêle également des histoires de famille complexes. 

Fort de tous ces éléments notables, Landor relance bien l'intérêt du lecteur pour cette série qui s'écrit sur la longue durée. 

L'alchimie prend et la fantasy s'exprime surtout ici à travers l'existence de ce peuple de mi-hommes contraints de fuir leur terre pour tenter de trouver la sécurité ailleurs. 

Comme les tomes précédents, Isabelle Bauthian nous propose un texte politique et social qui aborde la question des flux migratoires et de ses terribles conséquences, notamment sur les peuples déracinés. 

L'autrice y met en exergue les violences faites sur ces minorités. En effet, elles sont chassées, exploitées, abusées et assassinées. En réaction à ces actes innommables, un réseau clandestin s'est mis en place pour exfiltrer et tenter de sauver des griffes de leurs bourreaux le plus d'apatrides possibles. Les membres de cette organisation anonyme se font appeler les Savants. Ils œuvrent dans l'ombre avec le plus grand secret et sont issus de toutes les origines. Ils sont d'ailleurs recrutés sur leur conviction et leurs compétences. Chacun d'eux agit selon le code d'honneur qui lui est propre usant de tous les moyens possibles pour faire avancer la cause. Un postulat qui promet des retournements de situation plutôt inattendus et un final qui se révèle extrêmement surprenant. Les notions d'intolérance, et d'utopie sont donc des thématiques majeures à ce récit. 

En outre, Landor s'appuie sur une communauté de personnages dont Céleste Armanville prend la tête puisque c'est notamment elle qui mène les investigations. C'est une artiste de talent doublée d'un esprit rusé. Personnalité entière qui voue un amour sans limite à son frère jumeau. Or, dans cette histoire, elle va vite se retrouver écartelée entre sa dévotion pour son frère, et son devoir pour la cause pour laquelle elle s'est engagée. Elle est dotée d'un fort caractère toujours animée par de nobles sentiments. Elle incarne le petit plus qui donne de la force à ce texte le rendant encore plus immersif. Céleste Armanville se révèle très attachante. Elle s'écrit d'ailleurs un destin des plus étonnants. C'est clairement le plus noble des protagonistes de cette histoire. 

Pour conclure :

Avec Landor, Isabelle Bauthian signe un nouveau récit toujours aussi engagé mêlant gravité et noblesse. 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur Anasterry, Grish-Mère et Montès

Informations

Isabelle Bauthian
Landor
T.4
Les Rhéteurs
9782376867296
376 pages
Editions ActuSF

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17/06/2026

Dominique Monféry & Jean-Laurent Del Socorro, Une pour Toutes, éditions Rue de Sèvres

Dominique Monféry & Jean-Laurent Del Socorro, 
Une pour Toutes
éditions Rue de Sèvres 

Une pour Toutes est un roman jeunesse de Jean-Laurent Del Socorro paru en 2022 aux éditions L'école des loisirs

Il nous y conte l'incroyable destin de Julie d'Aubigny, escrimeuse, actrice et cantatrice qui a vécu au 17e siècle. 

En 2024, l'œuvre de Jean-Laurent Del Socorro est adaptée en bande dessinée par Dominique Monféry qui croque avec beaucoup de talent la vie de cette trépidente jeune femme. 

Rencontré à l'occasion des Mystériales, Jean-Laurent Del Socorro m'a donné envie de découvrir l'histoire de cette personnalité haute en couleurs qu'il a revisité sous la forme d'un roman, puis d'une bande dessinée. 

Résumé :

Julie de Maupin est la fille de Gaston d'Aubigny. Secrétaire du comte d'Armagnac, il a donné à sa fille unique une éducation à la fois féminine et masculine lui permettant notamment d'apprendre l'escrime. Plus tard, elle débute une carrière d'actrice à l'opéra tout en amusant le public dans des tavernes par ses duels à l'épée avec son partenaire et amant du moment. Mais suite à un différend avec un certain Méphistophélès, elle se fait remarquer d'un lieutenant de police l'obligeant à quitter Paris pour se faire oublier. Elle est poursuivie de ville en ville par les assiduités du démoniaque Méphisto qui souhaite lui faire signer un contrat en échange d'un coup de pouce pour améliorer sa vie, mais s'y refuse toujours préférant vivre ce qu'elle a à vivre sans rien demander à personne. Sa route promet d'être semée d'embûches. La question va être de savoir comment elle va se sortir de toutes ces difficultés qui ne manqueront pas de surgir au détour du chemin ? 

Mon avis :

Une pour Toutes prend cadre sous le règne de Louis XIV, en 1688. Jean-Laurent Del Socorro nous attache aux pas d'une femme qui fut tour à tour comédienne, fine lame et cantatrice. De duels en représentations, on la suit dans toute ses aventures la menant aussi bien à la cour du roi que dans des tavernes aux quatre coins du royaume de France, en passant par un couvent pour exfiltrer son amante. 

Sa vie est un véritable roman et Jean-Laurent Del Socorro n'a donc pas eu besoin de beaucoup la romancer pour écrire son récit. 

Il est à noter qu'il y a juste ajouté une touche de fantastique en introduisant le personnage de Méphistophélès qui va souvent croiser la route de la jeune femme. 

C'est un démon issu du folklore allemand qui se rattache à la légende de Faust. Pour Goethe, il est le symbole du démon intellectuel qui procure à l'homme l'illusion de tout comprendre et de tout dominer. Sous la plume de Jean-Laurent Del Socorro, il se fait tour à tour adversaire ou allié de Julie de Maupin cherchant surtout à la séduire pour la lier à lui par un contrat. Mais la jeune femme se révèle plus coriace que prévu, et ne se laisse pas démonter par toutes les difficultés rencontrées préférant trouver ses propres solutions plutôt que de céder à la facilité. 

Cette figure de Méphistophélès est là pour ajouter un peu de sel à une histoire qui était déjà naturellement pimentée.

14/06/2026

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire 

Après une première édition en 2020 chez ActuSF, Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro fait son grand retour en grand format. 

Cette nouvelle édition parue chez Albin Michel Imaginaire a fini de me convaincre d'enfin me plonger dans les temps forts de cette guerre de sécession revisités ici par l'une des voix incontournables de l'imaginaire français actuel. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Dans Je suis fille de rage, on suit tour à tour des figures historiques de l'époque et des anonymes entraînés dans le feu de la guerre. Aussi on retrouve le président Abraham Lincoln dans l'intimité de son bureau en pleine conversation avec la Mort en personne lui décomptant les pertes au fil de ce conflit meurtrier. Ainsi que les généraux Lee et Grant que l'on suit dans leurs décisions. Sans oublier les hommes et les femmes qui ont pris les armes pour faire sécession avec les États-Unis d'Amérique ou au contraire se ranger du côté des abolitionnistes. Même si l'on sait déjà comment cette guerre va tourner, voyons quelle destinée Jean-Laurent Del Socorro va donner à tous ses personnages ?

Mon avis :

Je suis fille de rage prend cadre en pleine guerre de sécession qui opposa le gouvernement fédéral des États-Unis d'Amérique regroupant les états situés au Nord et présidé par Abraham Lincoln aux états confédérés du Sud et gouverné par le président sudiste Jefferson Davis entre 1861 et 1865. 

Abraham Lincoln était profondément opposé à l'esclavage et souhaitait son abolition. Sa victoire aux élections présidentielles en 1860 a entraîné une première sécession de sept États du Sud esclavagistes. 

Mais, le combat a réellement commencé par l'attaque d'une installation militaire de l'union à Fort Sumter par les forces confédérées le 12 avril 1861. 

Dès lors deux armées vont s'opposer, celle de la Confédération commandée par le général en chef de l'armée confédérée Robert E. Lee et celle de l'Union dirigée par leur commandant en chef, Ulysses Grant. Si le début du conflit est marqué par quelques victoires du général Lee, il enchaîne ensuite les défaites au Maryland et en Pennsylvanie. Les batailles d'usure menées par Ulysses Grant conduisent à la réédition de Lee et porte un coup presque fatale à la résistance confédérée. Mais, il faudra attendre la fin de l'année 1865 pour voir le conflit s'éteindre. 

Au fil des pages de son roman, Jean-Laurent Del Socorro revisite les temps forts de cette guerre civile sanglante à travers des lettres, des titres et extraits de journaux, des dialogues entre certains de ses personnages qu'ils soient réels ou fictifs. 

Les chapitres sont courts et s'enchaînent vite. Ils dégagent une vraie dynamique. D'autant que la manière choisie par Jean-Laurent Del Socorro pour construire son récit est particulièrement immersive. 

05/06/2026

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante 

Reine Démone est le tome 2 de la nouvelle série de fantasy, L'Aube du Monde, de Martha Wells. Il prend la suite de Roi Sorcier paru chez L'Atalante en 2024. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Depuis leur réveil, le démon Kaiisteron et la sorcière Ziede n'ont eu de cesse de se battre pour libérer le monde de la terrible emprise des Hiérarques, ces sorciers nécromanciens, à l'origine de bien des génocides. La lutte est difficile et l'enjeu, énorme. Bien que puissant chacun à leur manière, arriveront-ils pour autant à bout de cet indicible ennemi ? 

Mon avis :

Avec L'Aube du Monde, Martha Wells renoue avec une fantasy épique de très haut vol. Celle-ci prend cadre dans un monde crépusculaire marqué par l'extinction d'une civilisation sous le joug d'une autre. Le décor planté est donc surtout empreint de ruines. 

En outre, la magie qui imprègne les pages de ce livre est flamboyante et inventive. Pour rappel, ce monde est peuplé de sorcières, de démons et de bien d'autres créatures dotées de puissants pouvoirs. Celui-ci se manifeste d'ailleurs de bien des manières. Ainsi, les sorcières puisent dans les esprits qui habitent la terre, le vent et l'eau, tandis que celles désignées comme étant les sorcières de poussière se nourrissent plutôt de décomposition. Les démons, eux, se servent de la douleur pour puiser leur pouvoir. Enfin, les autres créatures dites immortelles telles les Hiérarques ou les exégètes obtiennent du pouvoir en tuant des mortels. Celui-ci est d'ailleurs emmagasiné dans des puits de souffrance et de mort. 

Le monde qui naît sous la plume de Martha Wells est complexe et foisonnant. Il n'est ni blanc ni noir mais juste tout en nuances. 

La magie est également très efficace. 

L'autrice nous conduit avec une belle habileté dans son récit de quête de liberté. Reine Démone est une réécriture de la géopolitique actuelle à travers les tensions religieuses qui touchent le continent africain et notamment, le Proche-Orient. On retrouve bien entre ces lignes les mêmes conflits armés ainsi que les génocides au nom d'idéaux ou de croyances religieuses. C'est intense, âpre et violent ! 

Le tout étant ici encensé de magie pour ajouter une touche de spectaculaire au récit. 

En outre, Reine Demone brasse de nombreuses thématiques tournant autour du colonialisme, de la notion de sacrifice et de survie. Ce tome est particulièrement dynamique grâce aux batailles mises en scène ainsi qu'aux nombreuses intrigues politiques qui fleurissent au gré des chapitres. 

Reine Démone se révèle encore plus immersif que le précédent livre. Il est vrai qu'il est nettement plus facile de se couler dans un décor familier en compagnie de protagonnistes connus. Toutefois, j'ai trouvé que la qualité de l'intrigue de ce roman est telle que ma lecture n'en a été que meilleure. 

29/05/2026

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess, tome 1, collection Stardust, éditions Hugo

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess,
tome 1, collection Stardust, 
éditions Hugo

Après sa duologie dystopique The Girl Soul, Morgan H. Owen inaugure une nouvelle série dont le premier tome est paru le 4 février 2026 dans la collection Stardust des éditions Hugo

Lu dans le cadre d'un partenariat avec la maison d'édition, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A la mort de son frère, Gia accepte de rejoindre l'école de gladiateurs pour marcher dans ses pas et réaliser son rêve de gosse. Mais son choix n'est pas du goût de tous, pas même à celui de sa mère qui souffre déjà de la perte de son époux et de ses deux fils. Pourtant Gia va persister, elle va apprendre à se battre auprès d'un ancien gladiateur et mener ses premiers combats. Ainsi, c'est sous le nom de Viatrix la Victorieuse qu'elle aligne ses premières victoires se faisant remarquer par la princesse Claudia. Sans réellement le vouloir, elle a lancé une mode donnant envie aux femmes de suivre sa voie. Mais voir des femmes s'émanciper de la sorte en se choisissant son propre destin mécontente la caste des plus aisés. Le frère de Claudia, appelé à devenir le prochain empereur souhaite étouffer dans l'œuf cette initiative en se débarrassant de Gia. Dans ce monde hostile, comment va-t-elle surmonter les obstacles et éviter les chausse-trappes pour mener à bien sa quête?

Mon avis : 

Dans Gladiator, Goddess, Morgan H. Owen signe une romantasy historique qui prend cadre au temps de l'empire romain. L'autrice nous entraîne à Pompéi en 79 avant Jésus-Christ peu de temps avant l'éruption du Vésuve. On évolue au milieu des gladiateurs. Ils sont là pour assurer le divertissement lors des nombreux jeux dont s'enorgueillissait l'empire romain. Pour beaucoup ils étaient des esclaves qui se battaient dans l'espoir bien souvent vain d'obtenir leur liberté. Les combats y étaient violents et mortels. Morgan H. Owen retranscrit d'ailleurs bien cette atmosphère lourde et fébrile lorsque ses protagonistes s'affrontent dans l'arène. C'est sanglant et impitoyable. 

En outre, au-delà du spectacle se dessinent des intrigues politiques. L'empereur étant mourant, les potentiels candidats à sa succession dont ses propres enfants intriguent dans l'ombre pour prendre sa place. 

Toutefois dans Gladiator, Goddess deux histoires s'écrivent. Celle des mortels qui cherchent à survivre ou à gagner en gloire et en pouvoir et celle des Dieux qui s'affrontent cherchant pour certaines divinités à contrer le pouvoir suprême de Jupiter. Les dieux et les déesses sont donc omniscients dans ce récit. Ils interviennent allègrement dans la vie des mortels en façonnant leur existence et en orientant leur destin. Leur seul présence donne au récit son caractère onirique exhalant une certaine magie. En outre, leurs interventions inopinées apportent au récit des renversements de situation inattendus dynamisant ainsi la lecture. 

Morgan H. Owen maîtrise parfaitement les codes de la romantasy. La romance proposée ici se passe entre deux femmes. 

Toutefois le texte s'avère plutôt riche car il ne s'agit pas simplement d'une histoire d'amour même si celle-ci demeure le fil directeur. L'autrice a également parsemé son roman d'un propos féministe en mettant en scène une femme gladiatrice qui tente de s'imposer dans ce monde d'hommes. Sans réellement le chercher elle initie un mouvement parmi les femmes de sa cité qui cherchent également à s'émanciper de leur condition par le combat dans l'arène. En outre, il est également question d'alcoolisme, de deuil, de reconstruction dans ce livre. 

Finalement Gladiator, Goddess coche donc toutes les cases d'un young-adult réussi. 

Nous découvrons cette histoire du point de vue de Gia qui, malgré son jeune âge, se démarque par son caractère. Elle est une femme forte qui se dessine un destin à la seule force de ses bras grâce à ses victoires dans l'arène. Elle s'impose à ce monde d'hommes, à cette société très politisée et divisée selon différentes castes. Elle est touchante dans cet amour qu'elle porte d'abord à sa famille puis à la princesse. C'est une personnalité entière qui fait fi des obstacles pour atteindre les buts qu'elle s'est fixés. 

A contrario, Claudia demeure un personnage plus mystérieux car rempli de secrets. Elle est une héritière qui a bénéficié de facilités dans sa vie. Pour autant celle-ci est loin d'être enviable car elle a des responsabilités qui la conduisent parfois à l'indicible. Couple improbable de par leur naissance, sauront-elles passer outre pour s'aimer au grand jour ? 

Pour conclure:

En choisissant pour décor la Rome antique, Morgan H. Owen table sur un univers différent de ce qu'on peut lire généralement en romantasy. Point de faes ou de vampires entres ces lignes mais des héroïnes fortes qui tentent de s'extraire de leurs conditions tout en s'affranchissant du diktat des dieux. Ce postulat ne manque pas de sel. A voir maintenant quelle suite va donner Morgan H. Owen à sa série ? 

Fantasy à la Carte

Informations

Morgan H. Owen
Gladiator, Goddess
T.1
9791042904050
497 pages
Collection Stardust 
Editions Hugo

25/05/2026

C. S. E. Cooney, Desdemona, collection RéciFs, éditions Argyll

C. S. E. Cooney, Desdemona, collection RéciFs, 
éditions Argyll 

Poétesse et novelliste, C. S. E. Cooney se plaît à explorer les mondes fantastiques. Bon nombre de ses textes ont d'ailleurs déjà été récompensés par quelques prestigieux prix tel le World Fantasy Award pour son recueil Bone Swan en 2016 ou le prix Rysling pour son poème "The Sea King's Second Bride" en 2011. 

Finaliste des prix Locus et World Fantasy, son roman Desdemona et les profondeurs vient d'être édité en français par les éditions Argyll sous le simple titre, Desdemona

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Issue d'une riche famille d'industriels, Desdemona enchaîne les soirées mondaines avec son ami Chaz, un passionné d'art qui est toujours sur ses talons. Après une énième fête tapageuse, Desdemona rentre à la maison familiale et surprend une étrange conversation entre son père et un mystérieux inconnu. Choquée par ce qu'elle entend de la bouche de son paternel qui est en train de passer un odieux marché avec le roi des kobolds visant à échanger la vie de 36 mineurs contre un gisement plus intéressant, elle décide d'agir. La voici donc en route pour Bana l'Os afin de passer son propre marché avec le roi des Kobolds et ainsi récupérer ses pauvres mineurs sacrifiés. Le chemin promet d'être semé d'embûches et il n'est pas dit que cette privilégiée parvienne à ses fins. 

Mon avis :

Avec Desdemona, C. S. E. Cooney signe une fantasy insolite et flamboyante qui donne vie à un monde qui se partage entre trois royaumes, celui des mortels que l'on appelle ici Athe, celui des bien-nés connu sous le nom de Valwode et Bana l'Os qui correspond à celui des kobolds. L'ensemble formait un tout que l'on appelait communément la Fleur-Monde jusqu'à ce que l'harmonie soit rompue et les frontières entre eux définitivement fermées. Pour autant la possibilité de passer de l'un à l'autre demeure faisable moyennant quelques ajustements comme le démontre Desdemona. Aussi, elle accuse quelques métamorphoses pour s'ajuster à ces univers si différents du sien et survivre à l'hostilité ambiante. Au fil de sa quête, elle va donc rencontrer un tas de créatures fantastiques : gobelins, goules, kobolds...ect. 

L'univers qui prend forme sous la plume de C. S. E. Cooney est étagé. Les plus nantis demeurent dans la lumière pendant que les plus pauvres s'enfoncent dans les ombres. L'autrice dessine ici les contours d'une sorte de paradis et d'un enfer en donnant vie à un monde âpre où tout est monnayable, même la vie. En effet, la fortune de la famille Mannering s'est faite d'abord sur l'industrie minière, et maintenant sur l'industrie pétrolière grâce à des marchés passés avec le monde d'en-bas, celui gouverné par le roi des kobolds. 

Ainsi, Desdemona est un texte engagé riche d'une critique politique et sociétale dénonçant un modèle économique destructeur autant du point de vue de l'environnement que sur la question sanitaire. La maladie se propage vite parmi les castes les plus modestes, succombant à des pollutions et des empoisonnements de plus en plus violents. 

C. S E. Cooney a donc habilement mêlé ici des éléments de fantasy à des problématiques contemporaines pour questionner en profondeur notre société sur ses dérives et ses dangers. 

En outre, entre ces lignes, on retrouve des personnages queers permettant à l'autrice d'aborder la question du genre et de la liberté sexuelle. 

Desdemona c'est aussi la quête de rédemption d'une riche héritière qui veut racheter les fautes de son père mais aussi se libérer du consumérisme qui caractérise son environnement familiale. Elle draine dans son sillage une certaine sororité, de la solidarité et un sens du sacrifice puisqu'elle est prête à mettre en jeu sa liberté et sa vie dorée contre la vie d'une poignée d'inconnus, victimes des magouilles de son père. 

C. S. E. Cooney explore la psychologie humaine en mettant à nu les âmes pour mieux les analyser. 

Vous l'aurez compris, dans cette novella, tout tourne autour de cette héritière pourrie gâtée qui s'est lancée un défi purement désintéressé qui va lui ouvrir les yeux sur son monde et sur les conséquences des choix faits par les plus puissants par pure égoïsme et intérêt. C'est donc dans une quête d'apprentissage que Desdemona s'est engagée afin de se défaire de son image de personne futile au profit d'une vie utile aux autres. 

Pour conclure :

Desdemona, c'est un univers dense et suffocant qui oscille entre ombre et lumière. La plume de C. S. E. Cooney est incisive nous entraînant dans une aventure aussi baroque qu'introspective. Mais êtes-vous réellement prêt à vous enfoncer dans les méandres de la Fleur-Monde ?

Fantasy à la Carte

Informations

C.S.E. Cooney
Desdemona
9782488126397
224 pages
Editions Argyll

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22/05/2026

Clément Bouhélier, L'Épée et le Glaive, éditions Critic

Clément Bouhélier, L'Épée et le Glaive
éditions Critic 

Clément Bouhélier est un touche-à-tout. Après s'être essayé à de la fantasy sociale, à du thriller fantastique et à de l'horrifique, le voici qui remonte le temps pour nous entraîner en pleine guerre des Gaules dans une épopée de fantasy historique qui vous couper le souffle. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

De retour à Bibracte, en Gaule, après avoir passé quatre années en terre romaine auprès de Quintus Cicéron, les jumeaux Beli et Adrettio doivent faire face à une terrible nouvelle qui va chambouler leur avenir. Des tensions éclatent en Celtique et des animosités s'installent, notamment vis-à-vis de Rome et d'un certain Jules César. Dans cette atmosphère de méfiance et de traîtrise, quel avenir le destin a réservé aux jumeaux ? 

Mon avis :

L'Épée et le Glaive prend cadre à deux moments-clés dans l'Histoire de la Gaule. En effet, le récit s'ouvre d'abord en 58 avant Jésus-Christ au début de la Guerre des Gaules marquée par la bataille de Bibracte où César a battu les Helvètes les renvoyant sur leur terre après leur tentative avortée de migration. Puis, Clément Bouhélier fait un bond dans le temps pour nous mener directement à l'année décisive de 52 avant Jésus-Christ au cours de laquelle le chef des Arvernes, Vercingétorix a mis en échec César à Gergovie mais s'est retrouvé ensuite par un concours de circonstances piégé et trahi lors du siège d'Alésia. 

Ce contexte historique est tellement chargé en tensions qu'il se prête parfaitement à accueillir cette fiction baignée d'onirisme par la seule présence des dieux celtes qui accompagnent la destinée des personnages de Clément Bouhélier.  

On retrouve l'ombre de certains d'entre eux qui interagissent directement avec eux en leur soufflant, par exemple, les décisions qu'ils doivent prendre. Sans parler de la présence des druides et des oracles dont la seule existence instille une aura merveilleuse au texte. 

Bien que cette épisode majeur ne soit pas  en reste de figures historiques aux noms inoubliables, l'auteur a pourtant choisi de nous conter ces événements de manière plus intimiste à travers le regard d'un frère et de d'une sœur emportés bien malgré eux dans le tumulte de leur époque. 

Aussi entre ces lignes, le lecteur n'est pas un simple observateur mais bien un acteur des événements prenant part aux côtés des jumeaux à certaines décisions ou à d'illustres batailles qui furent décisives. Ce choix narratif est particulièrement immersif car finalement l'auteur instaure de suite une proximité entre ses protagonistes et les lecteurs sans parler de l'attachement que l'on peut éprouver pour chacun d'eux. 

En effet, derrière L'Épée et le Glaive se dessine une touchante histoire de famille et une puissante relation fusionnelle entre un frère et une sœur. L'histoire n'en est donc que plus prenante. En outre, au milieu de ces complots et autres renversements de pouvoir qui animaient les personnalités de l'époque, Clément Bouhélier aborde également quelques thématiques importantes tournant notamment autour du handicap et de la violence intra-familiale. Il est également bien entendu question de révolte et de résistance portées par ces Gaulois et Gauloises qui ont refusé le joug de César. 

15/05/2026

Salomé Han, Le Sabre de Nuit, tome 2, Les Sabres Sacrés, éditions Albin Michel Imaginaire

Salomé Han, Le Sabre de Nuit
T.2, Les Sabres Sacrés
éditions Albin Michel Imaginaire 

Après le succès de son premier roman, Le Sabre de Neige, Salomé Han a fait une entrée remarquée dans le paysage des littératures de l'imaginaire. La sortie du tome 2 de sa saga, Les Sabres Sacrés était donc très attendue. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie très chaleureusement Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Aya, la porteuse du sabre sacré de la Nuit vient de se réveiller d'un profond sommeil qui a duré deux siècles. Elle n'a qu'une obsession, c'est de retrouver Akito afin d'en finir avec son grand ennemi une bonne fois pour toutes. Seulement elle va croiser la route d'Hoshi, une chamane qui semble bien décidé à l'emprisonner car elle la croit être une simple sorceresse maléfique. Dans ces conditions, arrivera-t-elle à assouvir sa vengeance ? 

Mon avis :

Avec Le Sabre de Nuit, on continue l'exploration de l'univers japonisant imaginé par Salomé Han. L'autrice nous propulse cette fois-ci aux côtés de l'immortelle Aya afin de nous dévoiler les mystères autour de l'existence des Sabres Sacrés et de leurs porteurs. La légende raconte que ce sont les Kamis qui ont accordé à une poignée d'élus le droit de recevoir ces artefacts magiques d'un autre âge. Mais, la réalité se révèle plus complexe que prévu. Ses lames sacrées sont forgées au prix du sang, elles se nourrissent des vies qu'elles ôtent, et notamment de la souffrance qu'elles prodiguent. Elles sont le fruit de la fusion entre la matière et son porteur qui doit emprunter la Voie de la lame au prix de bien des sacrifices. 

Plus que de la suivre dans sa quête du présent, on goûte également aux souvenirs d'Aya qui nous dévoile un pan sombre de l'histoire de l'empire sous la dynastie Tashô. Ce règne est entaché par la guerre et où l'empereur s'est entouré de presque tous les Sabres Sacrés par pure paranoïa d'être assassiné. A travers le regard de la jeune Aya, on partage donc le quotidien des soldats, ainsi que celui des femmes rejetées par leur communauté qui se retrouvent à accompagner les convois de guerriers d'un champ de bataille à un autre. 

En jouant sur plusieurs temporalités, l'autrice nous propose un récit très tumultueux nous plongeant à la fois dans une ambiance trouble marquée par des intrigues politiques nourries à la trahison et de l'onirisme apportée par toutes les créatures surnaturelles qui se pressent entre ces pages sortant tout droit du bestiaire merveilleux asiatique. 

Cette série des Sabres Sacrés s'appuie sur la mythologie et les légendes d'Asie pour donner un cadre envoûtant à cette très prenante histoire. 

09/05/2026

Geneva Lee, Filthy Rich Fae, T.1, éditions Hugo Roman

Geneva Lee, Filthy Rich Fae
T.1, éditions Hugo Roman

Geneva Lee est une autrice américaine à succès de romances. Sa bibliographie déborde déjà de plus d'une trentaine de livres. La plupart d'entre eux figurent sur les listes des best-sellers du New York Times et de USA Today

Sa série la plus marquante s'intitule The Royal Saga et elle s'est d'ailleurs vendue à quatre millions d'exemplaires dans le monde entier. 

Pour sa nouvelle saga, Filthy Rich Fae, elle a finalement repris le même modèle que Filthy Rich Vampires, parue précedemment, mais en nous attachant cette fois-ci aux pas de faes. Le premier tome est paru au mois de février chez Hugo Roman

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Cate Holloway est infirmière à l'hôpital Gage Memorial à la Nouvelle-Orléans. Un établissement qui appartient à la puissante famille Gage comme tout ce qui existe d'ailleurs dans la ville et que Cate s'est promis de ne jamais approcher. Malheureusement pour elle, son frère vient d'être admis aux urgences pour blessure par balle et lorsqu'elle découvre que la fusillade qu'il vient d'essuyer a un rapport avec le chef du clan Gage en personne, son sang ne fait qu'un tour et elle décide d'aller affronter ce prince ténébreux. Lachlan Gage est un fae aussi beau qu'insupportable. Pour preuve, il va lui proposer un dangereux marché, celui d'échanger son âme contre celle de son frère. Mais aura-t-elle le cran d'accepter ? Et si oui, où cela va-t-il l'entraîner ?

Mon avis :

Avec Filthy Rich Fae, Geneva Lee signe un nouveau roman de fantasy urbaine qui mêle pouvoir, complots et romance. Le monde qui prend vie sous la plume de cette autrice est peuplé de créatures surnaturelles qui se sont parfaitement bien intégrées à la société contrôlant même de vastes territoires et les villes. Ils sont les propriétaires d'établissements de luxe, profitent de trafics diverses qui leur assurent de colossales fortunes. Ils vivent à la fois dans notre monde et dans l'Autremonde où le temps s'écoule différemment et où l'espace pourrait s'apparenter au paradis, au vu de la magnificence des lieux. 

La société des Faes s'organise d'ailleurs en différentes cours, la Cour des Limbes, la Cour des Ombres, la Cour des Enfers... ect. Chacune d'elles est gouvernée par les princes et princesses héritiers dans une relative entente puisque les faes sont des créatures cruelles n'hésitant pas à supprimer les têtes couronnées pour renverser le pouvoir en place. C'est la raison pour laquelle chaque prince possède un double de pénombre qui le suit dès sa naissance afin de veiller sur lui et de le protéger des assassinats. Ce monde féérique est géré par des lois et des règles strictes. Les enfreindre, c'est devenir la cible de la Chasse Sauvage et donc rencontrer un destin funeste. 

Avec Filthy Rich Fae, Geneva Lee nous offre un univers plutôt intéressant. Assimiler des familles de faes à des clans mafieux qui font la loi sur le monde fonctionne bien. Il y a de bonnes idées et des éléments intéressants qu'il faudrait même développer davantage pour rendre l'univers encore plus crédible. 

Filthy Rich Fae est un premier tome qui pose le décor. Le ton est de suite donné à cette romance qui va évoluer dans un monde violent et âpre. Flingues, sexe, drogue et argent sont les maîtres mots de cette nouvelle saga. Comme l'autrice y expose des rivalités de cours, à travers des négociations de marchés épineuses et des passés dissimulant bien des ombres, le récit n'en que plus additif. C'est assez rythmé surtout passé la moitié du roman où les évènements s'accélèrent jusqu'à prendre un tournant inattendu, voir insupportable. Ce n'est pas pour rien que Geneva Lee est qualifiée de reine du cliffangher. Attendez-vous donc à de la frustration en fin de roman mais rappelez-vous aussi que c'est également la force d'un bon livre que de tenir en haleine. 

En outre, l'autrice a piqué son récit de nombreuses thématiques autour de la drogue, des addictions, du viol et de maltraitance des enfants. Le texte est donc parfois émotionnellement dur mais on peut féliciter Geneva Lee de mettre des mots sur les maux, à travers le portrait de personnages qui sont loin d'être lisses. 

03/05/2026

Sarah A. Parker, When The Moon Hatched, tome 1, Moonfall, éditions Olympe

Sarah A. Parker, When The Moon Hatched
T.1, 
Moonfall,
 éditions L'Olympe

Sarah A. Parker est une autrice de romantasy. Sa première trilogie s'intitule Crystal Bloom. Elle est parue chez Olympe entre 2024 et 2025. 

En librairie depuis le 2 avril dernier, son nouveau roman, When The Moon Hatched inaugure une nouvelle série de romantasy de haute volée

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Raeve travaille pour le compte des Fìur du Ath en éliminant les cibles qu'on lui désigne grâce à son don d'entendre le chant élémentaire de l'air. Sa routine est plutôt bien rodée jusqu'à ce qu'elle se fasse prendre par un dangereux chasseur de primes, bien décidé à la faire emprisonner, pour être jugée pour ses crimes. Mais alors qu'elle se croit condamnée, un séduisant et énigmatique homme se propose de lui venir en aide. Sorti de nulle part, il semble en savoir beaucoup sur elle alors qu'elle ne pense pas le connaître. Mais acceptera-t-elle ce coup de pouce inattendu qu'il lui propose pour se sortir de ce mauvais pas, elle qui ne fait confiance à personne ?

Mon avis :

L'univers qui prend forme sous la plume de Sarah A. Parker dans When The Moon Hatched se construit autour d'une solide mythologie. En effet, ce monde prend forme grâce à l'existence des Créateurs qui sont ici au nombre de cinq. Le premier d'entre eux est Caëlis, le dieu de l'éther, qui donna vie à l'espace vide où se forme la matière. Puis vient, Cayhü, le dieu de la terre qui façonna la terre où se sont épanouis de nombreux royaumes. Par amour pour lui, apparue sur cette terre, Plüy, la déesse de l'eau qui déversa toutes ses larmes afin de laisser exprimer les sentiments dont il l'emplissait. Elle entraîna d'ailleurs dans son sillage sa sœur Blizz, la déesse de l'air qui, contrairement à elle, n'est que folie. Une indomptabilité que même le dieu du feu, Ignos, qui se consume pour elle n'arrive pas à maîtriser. 

Il est à noter que quatre de ces élémentaires émettent un chant sauf le dieu de l'éther puisqu'il représente le silence. Or, ces chants sont parfois perçus par les êtres qui peuplent ce monde leur conférant un pouvoir plus ou moins puissant qui leur assure un ascendant sur les autres. 

Mais la plus belle et surtout la plus dangereuse des créatures imaginées ici par ces élémentaires reste le dragon qui a été créé pour dominer les cieux de cette terre. Plumelunes, fauchesabres ou mâchefeux s'égayaient donc librement jusqu'à ce que certains hommes arrivent à se lier à eux pour en faire de redoutables montures afin de mener des guerres contre leurs voisins. 

L'univers imaginé par Sarah A. Parker est donc largement dominé par ces sublimes créatures ailées qu'elle nous décrit parfois comme les compagnons de certains de ses protagonistes. Mais son bestiaire merveilleux ne se limite pas au dragon car bien des créatures prennent vie entre ces lignes et la plupart sortent tout droit de son propre imaginaire. 

Le cadre posé n'en est que plus immersif car chaque élément a été minutieusement pensé pour donner une vraie consistance à cette incroyable fresque de fantasy

En outre, en plus d'une carte représentant les trois royaumes, du Roussi, de L'Estompe et de L'Ombre où se déroule cette histoire, un glossaire a été glissé en début d'ouvrage. Celui-ci nous détaille notamment le vocabulaire employé, les lieux, le bestiaire et les personnages. Un guide de prononciation a également été ajouté. 

Voici autant d'éléments nécessaires à la pleine compréhension de la genèse de ce monde et de l'histoire qui nous y est conté sans parler de l'immersion qui s'avère pleinement réussie. 

Il faut dire que le worldbuilding de ce roman est juste incroyable. Le travail de l'autrice est remarquable car on est clairement sur un récit de fantasy de grande qualité qui accueille en son sein une romance. 

L'histoire d'amour se découvre d'ailleurs en filigrane. Elle constitue l'un des fils narratifs de ce roman sans pour autant en être le principal. 

L'intrigue de When The Moon Hatched tourne avant tout autour de la thématique de la vengeance. Sarah A. Parker met en scène une héroïne forte qui s'est construite dans la violence, le sang et les larmes. Elle est considérée comme une Insignifiante autrement dit une personne qui n'entend aucun des chants élémentaires. Ce qui est faux car elle en perçoit deux faisant d'elle une tueuse à gages hors pair mais peu le savent donc chut ! Malheureusement sa dernière mission ne va pas tourner comme elle l'imagine et elle va se retrouver avec un chasseur de primes collé à ses basques. Prêt à tout pour la faire sortir des ombres, quitte à tuer si nécessaire, celui-ci va lui enlever un être cher. Elle n'aura donc de cesse d'inverser la traque pour assouvir sa soif de sang. Le texte est donc sombre et âpre car elle est une héroïne implacable. 

Mais cette sanglante mission dans laquelle elle s'est lancée va l'entraîner à renouer avec un passé qu'elle préférait oublier. Tout le sel de ce roman réside dans le fait que Sarah A. Parker nous propulse dans un récit à trous remplis de mystères et de secrets que l'on a juste hâte de découvrir. 

Ce roman est donc particulièrement prenant. D'autant qu'un jeu du chat et de la souris s'installe entre les deux personnages principaux conférant à ce texte un côté "enemies to lovers". Toutefois, l'intrigue se révèle beaucoup plus complexe que ce qu'on aurait pu penser au départ et la relation qui lie Raeve et Kaan est plus intense et plus touchante. Il n'est donc pas question ici que d'une simple séduction. 

30/04/2026

Sofia Samatar, La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, collection RéciFs, éditions Argyll

Sofia Samatar, La Pratique, L'Horizon et La Chaîne
collection RéciFs, 
éditions Argyll 

Sofia Samatar est une autrice américano-somalienne de fantasy et de science-fiction. Son premier roman, Un Étranger en Olondre est un succès et remporte les World et British Fantasy Award

D'autres titres, notamment de courts récits, viennent enrichir sa bibliographie au fil du temps. 

Les éditions Argyll apprécient ses textes et ont déjà publié trois d'entre eux. Le dernier en date a d'ailleurs rejoint leur collection de novellas engagées, RéciFs, aux côtés de Hard Mary. Il s'intitule La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, un titre - on ne peut plus évocateur -, vous en conviendrez !

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Au cœur de l'espace évolue une flotte composée de nombreux vaisseaux qui errent inlassablement à la recherche des ressources nécessaires à leur survie. Chacun de ces vaisseaux disposent d'une Cale où sont enchaînés des milliers de personnes considérées comme quantités négligeables par les castes supérieurs évoluant près du commandement. Parmi les enchaînés se trouve un jeune garçon dont le talent de dessinateur va se faire remarquer par les élites. Arraché à tout ce qui a constitué son univers jusque-là pour lui permettre d'étudier à l'université du Vaisseau, il va devoir s'adapter et prendre de nouvelles marques. Mais quelle vérité va-t-il y découvrir ? 

Mon avis :

Avec La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, Sofia Samatar signe une novella de science-fiction. Le cadre proposé prend la forme d'une sorte de cité volante qui a instauré une hiérarchie où les plus démunis se retrouvent relégués à fond de cale, enchaînés, juste là pour servir les élites. C'est là que grandit le personnage principal, apprenant auprès d'un ancien qui lui partage bien volontiers son savoir. 

On le comprend très vite mais seule la connaissance permet de s'élever dans cette société de castes comme va l'expérimenter d'ailleurs fort amèrement ce jeune garçon. Il faut reconnaître que de se retrouver coupé de ses repères en compagnie d'étrangers est très déstabilisant. 

L'apprentissage ne prend d'ailleurs pas la même saveur car peut-on réellement apprendre sous la contrainte ? 

Mais les chaînes peuvent prendre bien des formes entre ces lignes puisque celles-ci se trouvent remplacées ici par le port d'un bracelet. Outil de contrôle par excellence, la liberté promise a donc ici ses limites. 

Sofia Samatar s'est d'ailleurs employée à nous le démontrer à travers son récit de space-opera qui prend très vite les atours d'une dystopie plutôt glaçante. L'esclavagisme et l'oppression sont toujours d'actualité enchaînant de pauvres gens pour servir l'élite au pouvoir. Le récit n'en est donc que plus âpre

À travers La Pratique, L'Horizon et La Chaîne, Sofia Samatar met en exergue les failles de la société qui s'avère comme toujours dysfonctionnelle créant plus d'injustice et d'inégalité que d'équilibre. 

Cette réalité est d'ailleurs noyée sous une propagande que seules les plus basses couches populaires, à l'image de ce jeune garçon, sont capables de voir au-delà du discours idéologique. C'est l'arme des plus forts. Mais l'innocence et la spontanéité de ce garçon sont semblables à des outils en mesure de déciller les yeux des plus aveuglés par ces mensonges. 

26/04/2026

Victor Fleury, Tu ne sais rien de la guerre de Troie, éditions Critic

Victor Fleury, Tu ne sais rien de la guerre de Troie, éditions Critic 

Victor Fleury fait partie de cette nouvelle garde d'auteurs qui ont marqué les littératures de l'imaginaire ces dernières années. Il compte déjà plusieurs titres dans bibliographie dont deux séries notables. L'une est une uchronie steampunk qui s'intitule L'Empire électrique et l'autre, est de la fantasy nous propulsant autant de la Mésopotamie antique avec La Croisade éternelle

Le 6 mai prochain, il rejoint le catalogue des éditions Critic avec un nouveau roman de fantasy qui a pour décor La Grèce antique. Son titre s'avère des plus évocateurs puisqu'il s'agit de Tu ne sais rien de la guerre de Troie. Le programme promet donc d'être prometteur. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service presse. 

Résumé :

Cassandre maudite par le dieu Apollon lui-même pour s'être refusée à lui tombe sous le charme d'un certain Achille qu'elle a vu en vision. N'écoutant que son cœur, elle décide de le ramener dans sa cité, à Troie, pour qu'il devienne son époux. Après bien des difficultés elle parvient à s'unir à lui. Malheureusement leur relation n'est pas au goût de tous surtout pas du père d'Achille, le roi Pélée qui compte remettre la main sur son fils, quitte à venir plaider sa cause auprès du roi Priam. Seulement ses manigances vont se solder par un échec dont va se servir le Roi des Rois, le fameux Agamemnon qui voit dans cette discorde l'occasion d'anéantir Troie. L'heure est à la guerre mais la fière cité ne compte pas sans laisser compter au point de laisser s'installer des années de siège. Alors que le conflit semble s'enliser, la moindre étincelle pourrait tout faire basculer. La question sera de savoir qui triomphera à la fin ? Mais, croyez moi ou non, la réponse n'est pas si simple. 

Mon avis :

Tu ne sais rien de la guerre de Troie est une réécriture d'un épisode légendaire de la mythologie grecque, à savoir la fameuse guerre de Troie qui opposa les Achéens, autrement dit les Grecs aux Troyens. 

Victor Fleury s'appuie bien entendu sur certains éléments notables tel le siège de la cité troyenne, les combats épiques où trouvent la mort certains grands guerriers, à l'image d'Hector ou encore l'ingénieuse invention d'Ulysse qui a, d'ailleurs, fait sa renommée de grand stratège, le célèbre cheval de Troie. 

Toutefois l'auteur nous en propose ici un tout autre déroulé. En effet, il n'est donc plus question entre ces lignes de l'enlèvement d'Hélène par Pâris alors que cette dernière est mariée au roi de Sparte, Ménélas obligeant celui-ci à déclarer la guerre à Troie grâce au soutien de son frère, Agamemnon. C'est Achille qui s'avère être le véritable déclencheur de ce conflit. En épousant Cassandre, la fille du roi Priam, le héros de la Grèce antique a également embrasser la cause troyenne et se fait un ardent défenseur de la cité aux côtés de son beau-frère Hector. Ensemble ils vont faire un malheur dans les rangs des Achéens. Mais sa présence n'est pas au goût de son père, le roi Pélée qui arrive à convaincre ses alliés de l'aider à récupérer son rejeton. Pour le Roi des Rois, il s'agira surtout de répondre à une question d'égo. Jalousant la prospérité de la cité troyenne, il y voit là l'occasion de la mettre à terre. Dans cette version alternative que nous propose Victor Fleury, Achille n'est donc pas dans le même camp. 

Mais le fait le plus notable est que l'auteur a surtout centré son récit autour du personnage de Cassandre. Pour rappel, c'est une figure plutôt mal-aimée de la mythologie grecque car porteuse de mauvaises nouvelles que personne ne croit suite à la malédiction qu'Apollon lui a lancée. Mais sous la plume de Victor Fleury, elle passe outre cet handicap pour devenir pleinement actrice de son destin. Elle incarne une femme forte qui non seulement va chercher elle-même l'homme qui lui est destiné mais joue également un rôle majeur dans cette mythique discorde. Elle décide d'y prendre part à sa façon pour tenter d'inverser le cours des événements car elle a bien compris qu'il ne sert à rien de partager ses visions que personne ne prend au sérieux. Bien que les héros se pressent entre les pages de ce roman, elle demeure la véritable grande héroïne de cette tragédie. Elle pourrait même se révéler être l'élément qui fera la différence face à l'inéluctable, qui sait ! 

En outre, l'autre a piqué cette épopée d'une pointe de magie. Celle-ci se manifeste autant à travers la présence de certains dieux de l'Olympe que par le don divinatoire et de métamorphose que possède Cassandre. Cela ancre davantage ce récit dans le merveilleux et classe donc ce livre au rayon fantasy

Tu ne sais rien de la guerre de Troie partage ce même ton épique que l'on retrouve dans les poèmes d'Homère : L'Iliade et L'Odyssée. Cela en fait, d'ailleurs, un récit très immersif et fort récréatif.