L'influence du "gaming" à la littérature

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30/06/2026

Josépha Juillet, L'Univers des Chuchoteuses, T.2, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, L'Univers des Chuchoteuses,
 T.2, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Terre des Ombres est une trilogie de Josépha Juillet dont le premier tome, La Nation des Bulles, est paru en version reliée chez Olympe éditions en début d'année. 

C'est en avril que le deuxième volet qui s'intitule L'Univers des Chuchoteuses, a rejoint les étals des librairies. 

Après avoir eu un gros coup de cœur pour le tome 1, je ne vous cache pas ma hâte de lire la suite. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je renouvelle mes remerciements à Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse qui m'a permis de ne pas rester sur ma faim. 

Résumé :

Maintenant que les dons de Chuchoteuse d'Adèle se sont manifestés et qu'elle a perdu son meilleur appui au sein des Bulles, la vie de la jeune femme n'a jamais été autant menacée. En effet, la voici presque accusée de meurtre sans oublier qu'elle est jetée en pâture sous les feux des projecteurs médiatiques. Sa vie est observée, ses faits et gestes sont décortiqués et jugés. Alors qu'elle poursuit sa formation tout en essayant de démasquer le ou les coupables du meurtre de Morgan, elle  doit également apprendre à maîtriser ses émotions et gérer ses relations personnelles. L'exercice s'avère d'ailleurs d'autant plus délicat face à des personnalités plutôt horripilantes. Parviendra-t-elle à mener sa quête sans en perdre la tête ? 

Mon avis :

Avec L'Univers des Chuchoteuses, Josépha Juillet poursuit l'exploration de ce monde qu'elle a imaginé dans Terre des Ombres. Maintenant que le décor et l'intrigue sont posés, elle peut se consacrer sur le mystère que représentent les Ombres. On en apprend donc plus sur leur existence, sur leurs interactions avec les humains ainsi que sur le rôle central des Chuchoteuses. A travers toutes ces révélations, l'autrice laisse la fantasy s'exprimer car dans Terre des Ombres, c'est avant tout la modernité qui rencontre le merveilleux. 

En sus de ce fil directeur qu'est cette guerre qui oppose depuis des temps - semble-t-il immémoriaux - les humains aux Ombres, Josépha Juillet a donc ajouté d'autres arcs narratifs qui viennent enrichir son texte comme la romance et l'enquête. 

Aussi dans ce second volet, l'autrice prend le temps de développer le relationnel de ses personnages. Des histoires d'amour germent lentement et viennent accompagner l'intrigue en lui instillant quelques notes de douceur. 

En outre, un meurtre est commis rappelant la dangerosité de côtoyer le pouvoir de si près. Il est donc aussi question de résoudre un crime tout en vengeant les morts. 

Dans L'Univers des Chuchoteuses, la magie explose car on rentre littéralement en communion avec ces Ombres. Or, le meilleur moyen qu'a trouvé Adèle pour les comprendre est la danse. La fluidité et la grâce des mouvements lui permettent d'entrer en résonance avec elles. Ces dernières s'expriment en transmettant des émotions et des sentiments. Cette magie qui naît sous la plume de Josépha Juillet passe par la compréhension jusqu'à faire corps avec l'autre. Le message que l'autrice transmet à travers cette expression insolite du merveilleux est juste très beau. Il est finalement question d'un vivre ensemble plutôt que de céder à la peur et à la violence. Le spectacle de voir ses Ombres s'agiter autour des Chuchoteuses est enchanteur. C'est un véritable balai artistique qui dégage une telle élégance nous emportant jusqu'à nous faire perdre pied. 

Dans Terre des Ombres, les protagonistes ne sont pas lisses. Ils ont leurs zones d'ombre, leur complexité et leurs failles. Les portraits sont bien travaillés. Chacun exprime un caractère bien trempé promettant des échanges verbaux drôles et divertissants. 

La plume de Josépha Juillet est d'une telle fluidité qu'elle nous emporte dans un maelström d'émotions et de rebondissements particulièrement bien amenés. 

Complots politiques, romance et investigations sont les maîtres mots de cette saga très immersive. 

Mon intérêt pour elle n'a donc pas faibli avec ce second tome. La poésie des mots de l'autrice, la force des sentiments liant les personnages et les secrets qui s'accumulent rendent cette lecture particulièrement addictive. 

Pour conclure :

Cette trilogie est une pure réussite. Mon plaisir de lecture était encore au rendez-vous. Alors vivement le final !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mon avis sur La Nation des Bulles

Informations

Josépha Juillet
L'Univers des Chuchoteuses
T.2
Terre des Ombres
9782073108609
574 pages
Editions Olympe

Lien vers le site



23/06/2026

Josépha Juillet, La Nation des Bulles, T.1, Terre des Ombres, éditions Olympe

Josépha Juillet, La Nation des Bulles
T.1, Terre des Ombres
éditions Olympe 

Josépha Juillet est une autrice française d'imaginaire. Sa plume, je l'ai découverte avec Mutation paru chez ActuSF en 2025. C'est un récit postapocalyptique à destination d'un public youngadult qui m'avait d'emblée convaincue de la grande qualité de cette nouvelle signature d'imaginaire. 

Alors la retrouver dans une série plus adulte m'a tout de suite emballée. Après avoir été autoéditée, sa trilogie Terre des Ombres a rejoint le catalogue des éditions Olympe lui impulsant ainsi une nouvelle destinée. On ne peut d'ailleurs que s'en féliciter. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie très chaleureusement Pascal Godbillon pour sa confiance renouvelée. 

Résumé:

Suite à l'apparition des Ombres, les humains n'ont pas eu d'autres choix que d'ériger des bulles de verre pour s'en prémunir. En effet, le moindre contact avec l'une d'elles peut s'avérer fatale. Ainsi, la lumière doit éclairer le moindre recoin sous peine de voir les Ombres gagner du terrain d'où la nécessité des bulles. Seules les Chuchoteuses sont capables de comprendre leur langage et peut-être de mettre fin à cette guerre qui dure depuis trop longtemps. Seulement celles-ci ont disparu et l'espoir de revivre en paix s'est éteint jusqu'à ce qu'une certaine Adèle se découvre être l'une d'elles. Pour la jeune femme, cette révélation va complètement chambouler sa vie car elle ne va plus être maîtresse de son propre destin. La voici donc contrainte d'en apprendre plus sur les Chuchoteuses aux côtés du très insupportable archiviste Ben tout en devant se former aux techniques de combat avec le très séduisant Léo. Côtoyer ces deux hommes va maintenant rythmer ses journées et l'entraîner sur un chemin de vérité qu'elle n'est pas encore prête à accepter. En outre, arrivera-t-elle à ramener cette paix que tous semblent appeler de leurs vœux ? 

Mon avis :

Avec La Nation des Bulles, Josépha Juillet inaugure une saga mêlant habilement dystopie et fantasy. L'autrice nous entraîne dans un monde marqué par un conflit opposant les humains aux Ombres. Or, pour répondre à cette menace des bulles de verre ont été érigées obligeant les humains qui y résident à vivre sous une lumière permanente et sous le contrôle de l'armée. En effet, pour répondre à cette menace, un état d'urgence permanent a été mis en place. Les populations sont régulièrement soumis à des contrôles. Les survivants se répartissent entre les Bulles et les Villages autour. Ce sont d'ailleurs ces derniers qui assurent le ravitaillement pour tous de toutes les denrées et autres produits de première nécessité. Leur existence est primordiale même si la vie là-bas est loin d'être complètement sécurisée. En effet, le danger rôde plus facilement dès que la lumière du jour faiblit. Les habitants ne disposent pas des mêmes moyens pour s'en protéger. 

Sous la plume de Josépha Juillet, le pouvoir est entre les mains d'une impératrice qui est entourée d'Officiels chargés de l'aider à administrer ses sujets. La gouvernance est ici militaire et elle a instauré une société de surveillance régit par des règles et un cadre stricte. Enfreindre la loi, c'est encourir une peine extrême car ici nécessité fait loi. 

Instaurer un régime totalitaire comme la seule réponse possible à une menace mortelle inscrit donc de facto ce récit dans un cadre dystopique. 

En outre, l'origine des Ombres demeure une inconnue majeure de ce premier tome. Celles-ci peuvent autant être le fruit d'une expérience scientifique qui aurait mal tourné qu'une manifestation magique que l'on pourrait qualifier de fantômes classant ainsi ce texte aussi bien en fantasy qu'en science-fiction. Leur existence exerce sur le lecteur comme sur les protagonistes de ce livre une certaine fascination. Elles dégagent un vrai onirisme et sont un mystère qu'on ne demande qu'à percer. 

Terre des Ombres est un récit politique qui parle aussi bien de lutte des classes que de régime totalitaire sous couvert du bien commun. 

L'autrice questionne donc le pouvoir et ses dérives notamment lorsque soumis à une menace le modèle social tombe dans les extrêmes. Elle y met à jour les mensonges et les manipulations utilisés pour raison d'État. Elle interroge également le rôle de l'information lorsqu'elle prend les atours de la propagande. L'histoire n'en est que plus prenante car on y retrouve tous les ingrédients d'un bon livre, à savoir des secrets, des complots et du mystère. 

Le cadre est hyper immersif. Dès les premiers chapitres, on est bien dans l'histoire, totalement captivés par le destin plutôt tourmenté de ses personnages. 

Terre des Ombres repose sur une communauté de personnages dont Adèle et Ben. Bien que formatée par le discours tenu dans les Bulles, Adèle se révèle plus imprévisible que prévue. Elle a conscience de ses faiblesses mais demeure pour autant une femme forte qui cherche toujours à compenser par ses atouts. Elle incarne ici la figure de l'élue chargée de mener à bien une quête. A travers elle, Josépha Juillet reprend un motif traditionnel en littérature de l'imaginaire. Pour autant, Adèle n'est point une héroïne convenue. Elle est loin d'être un simple pion dans l'escarcelle de l'impératrice mais se révèle davantage comme une épine. D'ailleurs son caractère rebelle se révèle surtout au contact de Ben. En effet, celui-ci l'exaspère tant qu'elle ne cesse de se réaffirmer dans son statut de Chuchoteuse. Sa froideur apparente, ses sauts d'humeur et son humour font de Ben un personnage plutôt mystérieux. Il s'abrite derrière une armure d'indifférence glaciale, la vérité est qu'il est un personnage très complexe et totalement attachant. Ce ne sont pas les prétendants qui manquent dans le sillage d'Adèle. A elle de faire son choix final. Pour ma part, je sais déjà quel team je vais soutenir et vous ? 

Pour conclure :

Avec La Nation des Bulles, j'ai goûté à un récit aussi surprenant que prenant. Et ce n'est pas le cliffhanger concluant ce premier tome qui va me dissuader de continuer, bien au contraire. Josépha Juillet a mis la barre haute avec ce premier volet alors j'ai trop hâte de découvrir jusqu'où elle compte nous emmener. Rendez-vous donc très bientôt pour la suite !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Mutation

Informations

Josépha Juillet
La Nation des Bulles
T.1
Terre des Ombres
2073108555
464 pages
Editions Olympe

Lien vers le site

19/06/2026

Isabelle Bauthian, Landor, T.4, Les Rhéteurs, éditions ActuSF

Isabelle Bauthian, 
Landor
T.4, 
Les Rhéteurs
éditions ActuSF 

Les Rhéteurs est une série de littérature fantasy qu'Isabelle Bauthian a inaugurée en 2016 avec la sortie d'Anasterry. Il est suivi par Grish-Mère publié en 2017 et par Montès en 2021. 

La parution de Landor en avril dernier vient donc compléter cette riche saga prévue initialement en 5 tomes. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Musicienne de profession, Céleste Armanville est également un membre d'une puissante société secrète. Son but étant de venir en aide aux apatrides. Alors qu'elle se retrouve coincée dans un château situé dans la campagne de Landor en plein hiver partageant la compagnie de ses nobles hôtes, un horrible meurtre est commis. Avec sa consœur et amie Lanny, également présente au château, elles vont mener l'enquête. Entre membres de la famille et personnalités de marque, leurs investigations promettent déjà d'être épineuses. Alors arriveront-elles à résoudre cette énigme sans y perdre des plumes au passage ? 

Mon avis :

Landor prend la suite de cet univers des Rhéteurs qu'Isabelle Bauthian se plaît à enrichir à chaque volume. Point de grande fresque épique entre ces lignes mais un cadre solide qui nous entraîne d'une cité à l'autre, toujours attachés aux pas de personnages mystérieux et bien souvent hauts en couleurs. 

Comme dans ses précédents romans, Isabelle Bauthian fait place à l'art et à l'éloquence. 

Il n'est donc point question de magie explosive ici mais d'un beau verbiage. 

Isabelle Bauthian privilégie ici une fantasy des mœurs à la grande épopée. Le récit n'en est d'ailleurs que plus intimiste. 

Il faut dire que dans Landor, l'ambiance feutrée est accentuée par ce choix de proposer une enquête à huis clos. L'isolement de la demeure combinée à la saison hivernale très enneigée sous cette latitude s'y prête parfaitement. Les résidents de cette noble demeure sont peu nombreux et confinés. Dans ces conditions, les esprits s'échauffent vite et la situation peut rapidement déraper, comme c'est le cas ici avec la survenue d'un premier assassinat. 

Voilà que ce roman prend les atours du cosy mystery à travers ce meurtre à résoudre. Poison ou arme blanche ? Nos deux enquêtrices se posent la question de la cause de la mort car le meurtrier a clairement cherché à brouiller les pistes. Isabelle Bauthian s'est donc inspirée des règles du Cluedo pour construire son intrigue, tout du moins pour les parties concernant le meurtre. En outre, elle ne lésine pas sur les fausses pistes pour corser la résolution de l'enquête. 

Le récit est plutôt captivant d'autant qu'il y mêle également des histoires de famille complexes. 

Fort de tous ces éléments notables, Landor relance bien l'intérêt du lecteur pour cette série qui s'écrit sur la longue durée. 

L'alchimie prend et la fantasy s'exprime surtout ici à travers l'existence de ce peuple de mi-hommes contraints de fuir leur terre pour tenter de trouver la sécurité ailleurs. 

Comme les tomes précédents, Isabelle Bauthian nous propose un texte politique et social qui aborde la question des flux migratoires et de ses terribles conséquences, notamment sur les peuples déracinés. 

L'autrice y met en exergue les violences faites sur ces minorités. En effet, elles sont chassées, exploitées, abusées et assassinées. En réaction à ces actes innommables, un réseau clandestin s'est mis en place pour exfiltrer et tenter de sauver des griffes de leurs bourreaux le plus d'apatrides possibles. Les membres de cette organisation anonyme se font appeler les Savants. Ils œuvrent dans l'ombre avec le plus grand secret et sont issus de toutes les origines. Ils sont d'ailleurs recrutés sur leur conviction et leurs compétences. Chacun d'eux agit selon le code d'honneur qui lui est propre usant de tous les moyens possibles pour faire avancer la cause. Un postulat qui promet des retournements de situation plutôt inattendus et un final qui se révèle extrêmement surprenant. Les notions d'intolérance, et d'utopie sont donc des thématiques majeures à ce récit. 

En outre, Landor s'appuie sur une communauté de personnages dont Céleste Armanville prend la tête puisque c'est notamment elle qui mène les investigations. C'est une artiste de talent doublée d'un esprit rusé. Personnalité entière qui voue un amour sans limite à son frère jumeau. Or, dans cette histoire, elle va vite se retrouver écartelée entre sa dévotion pour son frère, et son devoir pour la cause pour laquelle elle s'est engagée. Elle est dotée d'un fort caractère toujours animée par de nobles sentiments. Elle incarne le petit plus qui donne de la force à ce texte le rendant encore plus immersif. Céleste Armanville se révèle très attachante. Elle s'écrit d'ailleurs un destin des plus étonnants. C'est clairement le plus noble des protagonistes de cette histoire. 

Pour conclure :

Avec Landor, Isabelle Bauthian signe un nouveau récit toujours aussi engagé mêlant gravité et noblesse. 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur Anasterry, Grish-Mère et Montès

Informations

Isabelle Bauthian
Landor
T.4
Les Rhéteurs
9782376867296
376 pages
Editions ActuSF

Lien vers le site

17/06/2026

Dominique Monféry & Jean-Laurent Del Socorro, Une pour Toutes, éditions Rue de Sèvres

Dominique Monféry & Jean-Laurent Del Socorro, 
Une pour Toutes
éditions Rue de Sèvres 

Une pour Toutes est un roman jeunesse de Jean-Laurent Del Socorro paru en 2022 aux éditions L'école des loisirs

Il nous y conte l'incroyable destin de Julie d'Aubigny, escrimeuse, actrice et cantatrice qui a vécu au 17e siècle. 

En 2024, l'œuvre de Jean-Laurent Del Socorro est adaptée en bande dessinée par Dominique Monféry qui croque avec beaucoup de talent la vie de cette trépidente jeune femme. 

Rencontré à l'occasion des Mystériales, Jean-Laurent Del Socorro m'a donné envie de découvrir l'histoire de cette personnalité haute en couleurs qu'il a revisité sous la forme d'un roman, puis d'une bande dessinée. 

Résumé :

Julie de Maupin est la fille de Gaston d'Aubigny. Secrétaire du comte d'Armagnac, il a donné à sa fille unique une éducation à la fois féminine et masculine lui permettant notamment d'apprendre l'escrime. Plus tard, elle débute une carrière d'actrice à l'opéra tout en amusant le public dans des tavernes par ses duels à l'épée avec son partenaire et amant du moment. Mais suite à un différend avec un certain Méphistophélès, elle se fait remarquer d'un lieutenant de police l'obligeant à quitter Paris pour se faire oublier. Elle est poursuivie de ville en ville par les assiduités du démoniaque Méphisto qui souhaite lui faire signer un contrat en échange d'un coup de pouce pour améliorer sa vie, mais s'y refuse toujours préférant vivre ce qu'elle a à vivre sans rien demander à personne. Sa route promet d'être semée d'embûches. La question va être de savoir comment elle va se sortir de toutes ces difficultés qui ne manqueront pas de surgir au détour du chemin ? 

Mon avis :

Une pour Toutes prend cadre sous le règne de Louis XIV, en 1688. Jean-Laurent Del Socorro nous attache aux pas d'une femme qui fut tour à tour comédienne, fine lame et cantatrice. De duels en représentations, on la suit dans toute ses aventures la menant aussi bien à la cour du roi que dans des tavernes aux quatre coins du royaume de France, en passant par un couvent pour exfiltrer son amante. 

Sa vie est un véritable roman et Jean-Laurent Del Socorro n'a donc pas eu besoin de beaucoup la romancer pour écrire son récit. 

Il est à noter qu'il y a juste ajouté une touche de fantastique en introduisant le personnage de Méphistophélès qui va souvent croiser la route de la jeune femme. 

C'est un démon issu du folklore allemand qui se rattache à la légende de Faust. Pour Goethe, il est le symbole du démon intellectuel qui procure à l'homme l'illusion de tout comprendre et de tout dominer. Sous la plume de Jean-Laurent Del Socorro, il se fait tour à tour adversaire ou allié de Julie de Maupin cherchant surtout à la séduire pour la lier à lui par un contrat. Mais la jeune femme se révèle plus coriace que prévu, et ne se laisse pas démonter par toutes les difficultés rencontrées préférant trouver ses propres solutions plutôt que de céder à la facilité. 

Cette figure de Méphistophélès est là pour ajouter un peu de sel à une histoire qui était déjà naturellement pimentée.

14/06/2026

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire

Jean-Laurent Del Socorro, Je suis fille de rage, éditions Albin Michel Imaginaire 

Après une première édition en 2020 chez ActuSF, Je suis fille de rage de Jean-Laurent Del Socorro fait son grand retour en grand format. 

Cette nouvelle édition parue chez Albin Michel Imaginaire a fini de me convaincre d'enfin me plonger dans les temps forts de cette guerre de sécession revisités ici par l'une des voix incontournables de l'imaginaire français actuel. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Dans Je suis fille de rage, on suit tour à tour des figures historiques de l'époque et des anonymes entraînés dans le feu de la guerre. Aussi on retrouve le président Abraham Lincoln dans l'intimité de son bureau en pleine conversation avec la Mort en personne lui décomptant les pertes au fil de ce conflit meurtrier. Ainsi que les généraux Lee et Grant que l'on suit dans leurs décisions. Sans oublier les hommes et les femmes qui ont pris les armes pour faire sécession avec les États-Unis d'Amérique ou au contraire se ranger du côté des abolitionnistes. Même si l'on sait déjà comment cette guerre va tourner, voyons quelle destinée Jean-Laurent Del Socorro va donner à tous ses personnages ?

Mon avis :

Je suis fille de rage prend cadre en pleine guerre de sécession qui opposa le gouvernement fédéral des États-Unis d'Amérique regroupant les états situés au Nord et présidé par Abraham Lincoln aux états confédérés du Sud et gouverné par le président sudiste Jefferson Davis entre 1861 et 1865. 

Abraham Lincoln était profondément opposé à l'esclavage et souhaitait son abolition. Sa victoire aux élections présidentielles en 1860 a entraîné une première sécession de sept États du Sud esclavagistes. 

Mais, le combat a réellement commencé par l'attaque d'une installation militaire de l'union à Fort Sumter par les forces confédérées le 12 avril 1861. 

Dès lors deux armées vont s'opposer, celle de la Confédération commandée par le général en chef de l'armée confédérée Robert E. Lee et celle de l'Union dirigée par leur commandant en chef, Ulysses Grant. Si le début du conflit est marqué par quelques victoires du général Lee, il enchaîne ensuite les défaites au Maryland et en Pennsylvanie. Les batailles d'usure menées par Ulysses Grant conduisent à la réédition de Lee et porte un coup presque fatale à la résistance confédérée. Mais, il faudra attendre la fin de l'année 1865 pour voir le conflit s'éteindre. 

Au fil des pages de son roman, Jean-Laurent Del Socorro revisite les temps forts de cette guerre civile sanglante à travers des lettres, des titres et extraits de journaux, des dialogues entre certains de ses personnages qu'ils soient réels ou fictifs. 

Les chapitres sont courts et s'enchaînent vite. Ils dégagent une vraie dynamique. D'autant que la manière choisie par Jean-Laurent Del Socorro pour construire son récit est particulièrement immersive. 

05/06/2026

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante

Martha Wells, Reine Démone, éditions L'Atalante 

Reine Démone est le tome 2 de la nouvelle série de fantasy, L'Aube du Monde, de Martha Wells. Il prend la suite de Roi Sorcier paru chez L'Atalante en 2024. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Depuis leur réveil, le démon Kaiisteron et la sorcière Ziede n'ont eu de cesse de se battre pour libérer le monde de la terrible emprise des Hiérarques, ces sorciers nécromanciens, à l'origine de bien des génocides. La lutte est difficile et l'enjeu, énorme. Bien que puissant chacun à leur manière, arriveront-ils pour autant à bout de cet indicible ennemi ? 

Mon avis :

Avec L'Aube du Monde, Martha Wells renoue avec une fantasy épique de très haut vol. Celle-ci prend cadre dans un monde crépusculaire marqué par l'extinction d'une civilisation sous le joug d'une autre. Le décor planté est donc surtout empreint de ruines. 

En outre, la magie qui imprègne les pages de ce livre est flamboyante et inventive. Pour rappel, ce monde est peuplé de sorcières, de démons et de bien d'autres créatures dotées de puissants pouvoirs. Celui-ci se manifeste d'ailleurs de bien des manières. Ainsi, les sorcières puisent dans les esprits qui habitent la terre, le vent et l'eau, tandis que celles désignées comme étant les sorcières de poussière se nourrissent plutôt de décomposition. Les démons, eux, se servent de la douleur pour puiser leur pouvoir. Enfin, les autres créatures dites immortelles telles les Hiérarques ou les exégètes obtiennent du pouvoir en tuant des mortels. Celui-ci est d'ailleurs emmagasiné dans des puits de souffrance et de mort. 

Le monde qui naît sous la plume de Martha Wells est complexe et foisonnant. Il n'est ni blanc ni noir mais juste tout en nuances. 

La magie est également très efficace. 

L'autrice nous conduit avec une belle habileté dans son récit de quête de liberté. Reine Démone est une réécriture de la géopolitique actuelle à travers les tensions religieuses qui touchent le continent africain et notamment, le Proche-Orient. On retrouve bien entre ces lignes les mêmes conflits armés ainsi que les génocides au nom d'idéaux ou de croyances religieuses. C'est intense, âpre et violent ! 

Le tout étant ici encensé de magie pour ajouter une touche de spectaculaire au récit. 

En outre, Reine Demone brasse de nombreuses thématiques tournant autour du colonialisme, de la notion de sacrifice et de survie. Ce tome est particulièrement dynamique grâce aux batailles mises en scène ainsi qu'aux nombreuses intrigues politiques qui fleurissent au gré des chapitres. 

Reine Démone se révèle encore plus immersif que le précédent livre. Il est vrai qu'il est nettement plus facile de se couler dans un décor familier en compagnie de protagonnistes connus. Toutefois, j'ai trouvé que la qualité de l'intrigue de ce roman est telle que ma lecture n'en a été que meilleure.