L'influence du "gaming" à la littérature

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29/05/2026

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess, tome 1, collection Stardust, éditions Hugo

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess,
tome 1, collection Stardust, 
éditions Hugo

Après sa duologie dystopique The Girl Soul, Morgan H. Owen inaugure une nouvelle série dont le premier tome est paru le 4 février 2026 dans la collection Stardust des éditions Hugo

Lu dans le cadre d'un partenariat avec la maison d'édition, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A la mort de son frère, Gia accepte de rejoindre l'école de gladiateurs pour marcher dans ses pas et réaliser son rêve de gosse. Mais son choix n'est pas du goût de tous, pas même à celui de sa mère qui souffre déjà de la perte de son époux et de ses deux fils. Pourtant Gia va persister, elle va apprendre à se battre auprès d'un ancien gladiateur et mener ses premiers combats. Ainsi, c'est sous le nom de Viatrix la Victorieuse qu'elle aligne ses premières victoires se faisant remarquer par la princesse Claudia. Sans réellement le vouloir, elle a lancé une mode donnant envie aux femmes de suivre sa voie. Mais voir des femmes s'émanciper de la sorte en se choisissant son propre destin mécontente la caste des plus aisés. Le frère de Claudia, appelé à devenir le prochain empereur souhaite étouffer dans l'œuf cette initiative en se débarrassant de Gia. Dans ce monde hostile, comment va-t-elle surmonter les obstacles et éviter les chausse-trappes pour mener à bien sa quête?

Mon avis : 

Dans Gladiator, Goddess, Morgan H. Owen signe une romantasy historique qui prend cadre au temps de l'empire romain. L'autrice nous entraîne à Pompéi en 79 avant Jésus-Christ peu de temps avant l'éruption du Vésuve. On évolue au milieu des gladiateurs. Ils sont là pour assurer le divertissement lors des nombreux jeux dont s'enorgueillissait l'empire romain. Pour beaucoup ils étaient des esclaves qui se battaient dans l'espoir bien souvent vain d'obtenir leur liberté. Les combats y étaient violents et mortels. Morgan H. Owen retranscrit d'ailleurs bien cette atmosphère lourde et fébrile lorsque ses protagonistes s'affrontent dans l'arène. C'est sanglant et impitoyable. 

En outre, au-delà du spectacle se dessinent des intrigues politiques. L'empereur étant mourant, les potentiels candidats à sa succession dont ses propres enfants intriguent dans l'ombre pour prendre sa place. 

Toutefois dans Gladiator, Goddess deux histoires s'écrivent. Celle des mortels qui cherchent à survivre ou à gagner en gloire et en pouvoir et celle des Dieux qui s'affrontent cherchant pour certaines divinités à contrer le pouvoir suprême de Jupiter. Les dieux et les déesses sont donc omniscients dans ce récit. Ils interviennent allègrement dans la vie des mortels en façonnant leur existence et en orientant leur destin. Leur seul présence donne au récit son caractère onirique exhalant une certaine magie. En outre, leurs interventions inopinées apportent au récit des renversements de situation inattendus dynamisant ainsi la lecture. 

Morgan H. Owen maîtrise parfaitement les codes de la romantasy. La romance proposée ici se passe entre deux femmes. 

Toutefois le texte s'avère plutôt riche car il ne s'agit pas simplement d'une histoire d'amour même si celle-ci demeure le fil directeur. L'autrice a également parsemé son roman d'un propos féministe en mettant en scène une femme gladiatrice qui tente de s'imposer dans ce monde d'hommes. Sans réellement le chercher elle initie un mouvement parmi les femmes de sa cité qui cherchent également à s'émanciper de leur condition par le combat dans l'arène. En outre, il est également question d'alcoolisme, de deuil, de reconstruction dans ce livre. 

Finalement Gladiator, Goddess coche donc toutes les cases d'un young-adult réussi. 

Nous découvrons cette histoire du point de vue de Gia qui, malgré son jeune âge, se démarque par son caractère. Elle est une femme forte qui se dessine un destin à la seule force de ses bras grâce à ses victoires dans l'arène. Elle s'impose à ce monde d'hommes, à cette société très politisée et divisée selon différentes castes. Elle est touchante dans cet amour qu'elle porte d'abord à sa famille puis à la princesse. C'est une personnalité entière qui fait fi des obstacles pour atteindre les buts qu'elle s'est fixés. 

A contrario, Claudia demeure un personnage plus mystérieux car rempli de secrets. Elle est une héritière qui a bénéficié de facilités dans sa vie. Pour autant celle-ci est loin d'être enviable car elle a des responsabilités qui la conduisent parfois à l'indicible. Couple improbable de par leur naissance, sauront-elles passer outre pour s'aimer au grand jour ? 

Pour conclure:

En choisissant pour décor la Rome antique, Morgan H. Owen table sur un univers différent de ce qu'on peut lire généralement en romantasy. Point de faes ou de vampires entres ces lignes mais des héroïnes fortes qui tentent de s'extraire de leurs conditions tout en s'affranchissant du diktat des dieux. Ce postulat ne manque pas de sel. A voir maintenant quelle suite va donner Morgan H. Owen à sa série ? 

Fantasy à la Carte

Informations

Morgan H. Owen
Gladiator, Goddess
T.1
9791042904050
497 pages
Collection Stardust 
Editions Hugo

25/05/2026

C. S. E. Cooney, Desdemona, collection RéciFs, éditions Argyll

C. S. E. Cooney, Desdemona, collection RéciFs, 
éditions Argyll 

Poétesse et novelliste, C. S. E. Cooney se plaît à explorer les mondes fantastiques. Bon nombre de ses textes ont d'ailleurs déjà été récompensés par quelques prestigieux prix tel le World Fantasy Award pour son recueil Bone Swan en 2016 ou le prix Rysling pour son poème "The Sea King's Second Bride" en 2011. 

Finaliste des prix Locus et World Fantasy, son roman Desdemona et les profondeurs vient d'être édité en français par les éditions Argyll sous le simple titre, Desdemona

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Issue d'une riche famille d'industriels, Desdemona enchaîne les soirées mondaines avec son ami Chaz, un passionné d'art qui est toujours sur ses talons. Après une énième fête tapageuse, Desdemona rentre à la maison familiale et surprend une étrange conversation entre son père et un mystérieux inconnu. Choquée par ce qu'elle entend de la bouche de son paternel qui est en train de passer un odieux marché avec le roi des kobolds visant à échanger la vie de 36 mineurs contre un gisement plus intéressant, elle décide d'agir. La voici donc en route pour Bana l'Os afin de passer son propre marché avec le roi des Kobolds et ainsi récupérer ses pauvres mineurs sacrifiés. Le chemin promet d'être semé d'embûches et il n'est pas dit que cette privilégiée parvienne à ses fins. 

Mon avis :

Avec Desdemona, C. S. E. Cooney signe une fantasy insolite et flamboyante qui donne vie à un monde qui se partage entre trois royaumes, celui des mortels que l'on appelle ici Athe, celui des bien-nés connu sous le nom de Valwode et Bana l'Os qui correspond à celui des kobolds. L'ensemble formait un tout que l'on appelait communément la Fleur-Monde jusqu'à ce que l'harmonie soit rompue et les frontières entre eux définitivement fermées. Pour autant la possibilité de passer de l'un à l'autre demeure faisable moyennant quelques ajustements comme le démontre Desdemona. Aussi, elle accuse quelques métamorphoses pour s'ajuster à ces univers si différents du sien et survivre à l'hostilité ambiante. Au fil de sa quête, elle va donc rencontrer un tas de créatures fantastiques : gobelins, goules, kobolds...ect. 

L'univers qui prend forme sous la plume de C. S. E. Cooney est étagé. Les plus nantis demeurent dans la lumière pendant que les plus pauvres s'enfoncent dans les ombres. L'autrice dessine ici les contours d'une sorte de paradis et d'un enfer en donnant vie à un monde âpre où tout est monnayable, même la vie. En effet, la fortune de la famille Mannering s'est faite d'abord sur l'industrie minière, et maintenant sur l'industrie pétrolière grâce à des marchés passés avec le monde d'en-bas, celui gouverné par le roi des kobolds. 

Ainsi, Desdemona est un texte engagé riche d'une critique politique et sociétale dénonçant un modèle économique destructeur autant du point de vue de l'environnement que sur la question sanitaire. La maladie se propage vite parmi les castes les plus modestes, succombant à des pollutions et des empoisonnements de plus en plus violents. 

C. S E. Cooney a donc habilement mêlé ici des éléments de fantasy à des problématiques contemporaines pour questionner en profondeur notre société sur ses dérives et ses dangers. 

En outre, entre ces lignes, on retrouve des personnages queers permettant à l'autrice d'aborder la question du genre et de la liberté sexuelle. 

Desdemona c'est aussi la quête de rédemption d'une riche héritière qui veut racheter les fautes de son père mais aussi se libérer du consumérisme qui caractérise son environnement familiale. Elle draine dans son sillage une certaine sororité, de la solidarité et un sens du sacrifice puisqu'elle est prête à mettre en jeu sa liberté et sa vie dorée contre la vie d'une poignée d'inconnus, victimes des magouilles de son père. 

C. S. E. Cooney explore la psychologie humaine en mettant à nu les âmes pour mieux les analyser. 

Vous l'aurez compris, dans cette novella, tout tourne autour de cette héritière pourrie gâtée qui s'est lancée un défi purement désintéressé qui va lui ouvrir les yeux sur son monde et sur les conséquences des choix faits par les plus puissants par pure égoïsme et intérêt. C'est donc dans une quête d'apprentissage que Desdemona s'est engagée afin de se défaire de son image de personne futile au profit d'une vie utile aux autres. 

Pour conclure :

Desdemona, c'est un univers dense et suffocant qui oscille entre ombre et lumière. La plume de C. S. E. Cooney est incisive nous entraînant dans une aventure aussi baroque qu'introspective. Mais êtes-vous réellement prêt à vous enfoncer dans les méandres de la Fleur-Monde ?

Fantasy à la Carte

Informations

C.S.E. Cooney
Desdemona
9782488126397
224 pages
Editions Argyll

Lien vers le site

22/05/2026

Clément Bouhélier, L'Épée et le Glaive, éditions Critic

Clément Bouhélier, L'Épée et le Glaive
éditions Critic 

Clément Bouhélier est un touche-à-tout. Après s'être essayé à de la fantasy sociale, à du thriller fantastique et à de l'horrifique, le voici qui remonte le temps pour nous entraîner en pleine guerre des Gaules dans une épopée de fantasy historique qui vous couper le souffle. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

De retour à Bibracte, en Gaule, après avoir passé quatre années en terre romaine auprès de Quintus Cicéron, les jumeaux Beli et Adrettio doivent faire face à une terrible nouvelle qui va chambouler leur avenir. Des tensions éclatent en Celtique et des animosités s'installent, notamment vis-à-vis de Rome et d'un certain Jules César. Dans cette atmosphère de méfiance et de traîtrise, quel avenir le destin a réservé aux jumeaux ? 

Mon avis :

L'Épée et le Glaive prend cadre à deux moments-clés dans l'Histoire de la Gaule. En effet, le récit s'ouvre d'abord en 58 avant Jésus-Christ au début de la Guerre des Gaules marquée par la bataille de Bibracte où César a battu les Helvètes les renvoyant sur leur terre après leur tentative avortée de migration. Puis, Clément Bouhélier fait un bond dans le temps pour nous mener directement à l'année décisive de 52 avant Jésus-Christ au cours de laquelle le chef des Arvernes, Vercingétorix a mis en échec César à Gergovie mais s'est retrouvé ensuite par un concours de circonstances piégé et trahi lors du siège d'Alésia. 

Ce contexte historique est tellement chargé en tensions qu'il se prête parfaitement à accueillir cette fiction baignée d'onirisme par la seule présence des dieux celtes qui accompagnent la destinée des personnages de Clément Bouhélier.  

On retrouve l'ombre de certains d'entre eux qui interagissent directement avec eux en leur soufflant, par exemple, les décisions qu'ils doivent prendre. Sans parler de la présence des druides et des oracles dont la seule existence instille une aura merveilleuse au texte. 

Bien que cette épisode majeur ne soit pas  en reste de figures historiques aux noms inoubliables, l'auteur a pourtant choisi de nous conter ces événements de manière plus intimiste à travers le regard d'un frère et de d'une sœur emportés bien malgré eux dans le tumulte de leur époque. 

Aussi entre ces lignes, le lecteur n'est pas un simple observateur mais bien un acteur des événements prenant part aux côtés des jumeaux à certaines décisions ou à d'illustres batailles qui furent décisives. Ce choix narratif est particulièrement immersif car finalement l'auteur instaure de suite une proximité entre ses protagonistes et les lecteurs sans parler de l'attachement que l'on peut éprouver pour chacun d'eux. 

En effet, derrière L'Épée et le Glaive se dessine une touchante histoire de famille et une puissante relation fusionnelle entre un frère et une sœur. L'histoire n'en est donc que plus prenante. En outre, au milieu de ces complots et autres renversements de pouvoir qui animaient les personnalités de l'époque, Clément Bouhélier aborde également quelques thématiques importantes tournant notamment autour du handicap et de la violence intra-familiale. Il est également bien entendu question de révolte et de résistance portées par ces Gaulois et Gauloises qui ont refusé le joug de César. 

15/05/2026

Salomé Han, Le Sabre de Nuit, tome 2, Les Sabres Sacrés, éditions Albin Michel Imaginaire

Salomé Han, Le Sabre de Nuit
T.2, Les Sabres Sacrés
éditions Albin Michel Imaginaire 

Après le succès de son premier roman, Le Sabre de Neige, Salomé Han a fait une entrée remarquée dans le paysage des littératures de l'imaginaire. La sortie du tome 2 de sa saga, Les Sabres Sacrés était donc très attendue. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie très chaleureusement Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Aya, la porteuse du sabre sacré de la Nuit vient de se réveiller d'un profond sommeil qui a duré deux siècles. Elle n'a qu'une obsession, c'est de retrouver Akito afin d'en finir avec son grand ennemi une bonne fois pour toutes. Seulement elle va croiser la route d'Hoshi, une chamane qui semble bien décidé à l'emprisonner car elle la croit être une simple sorceresse maléfique. Dans ces conditions, arrivera-t-elle à assouvir sa vengeance ? 

Mon avis :

Avec Le Sabre de Nuit, on continue l'exploration de l'univers japonisant imaginé par Salomé Han. L'autrice nous propulse cette fois-ci aux côtés de l'immortelle Aya afin de nous dévoiler les mystères autour de l'existence des Sabres Sacrés et de leurs porteurs. La légende raconte que ce sont les Kamis qui ont accordé à une poignée d'élus le droit de recevoir ces artefacts magiques d'un autre âge. Mais, la réalité se révèle plus complexe que prévu. Ses lames sacrées sont forgées au prix du sang, elles se nourrissent des vies qu'elles ôtent, et notamment de la souffrance qu'elles prodiguent. Elles sont le fruit de la fusion entre la matière et son porteur qui doit emprunter la Voie de la lame au prix de bien des sacrifices. 

Plus que de la suivre dans sa quête du présent, on goûte également aux souvenirs d'Aya qui nous dévoile un pan sombre de l'histoire de l'empire sous la dynastie Tashô. Ce règne est entaché par la guerre et où l'empereur s'est entouré de presque tous les Sabres Sacrés par pure paranoïa d'être assassiné. A travers le regard de la jeune Aya, on partage donc le quotidien des soldats, ainsi que celui des femmes rejetées par leur communauté qui se retrouvent à accompagner les convois de guerriers d'un champ de bataille à un autre. 

En jouant sur plusieurs temporalités, l'autrice nous propose un récit très tumultueux nous plongeant à la fois dans une ambiance trouble marquée par des intrigues politiques nourries à la trahison et de l'onirisme apportée par toutes les créatures surnaturelles qui se pressent entre ces pages sortant tout droit du bestiaire merveilleux asiatique. 

Cette série des Sabres Sacrés s'appuie sur la mythologie et les légendes d'Asie pour donner un cadre envoûtant à cette très prenante histoire. 

09/05/2026

Geneva Lee, Filthy Rich Fae, T.1, éditions Hugo Roman

Geneva Lee, Filthy Rich Fae
T.1, éditions Hugo Roman

Geneva Lee est une autrice américaine à succès de romances. Sa bibliographie déborde déjà de plus d'une trentaine de livres. La plupart d'entre eux figurent sur les listes des best-sellers du New York Times et de USA Today

Sa série la plus marquante s'intitule The Royal Saga et elle s'est d'ailleurs vendue à quatre millions d'exemplaires dans le monde entier. 

Pour sa nouvelle saga, Filthy Rich Fae, elle a finalement repris le même modèle que Filthy Rich Vampires, parue précedemment, mais en nous attachant cette fois-ci aux pas de faes. Le premier tome est paru au mois de février chez Hugo Roman

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Cate Holloway est infirmière à l'hôpital Gage Memorial à la Nouvelle-Orléans. Un établissement qui appartient à la puissante famille Gage comme tout ce qui existe d'ailleurs dans la ville et que Cate s'est promis de ne jamais approcher. Malheureusement pour elle, son frère vient d'être admis aux urgences pour blessure par balle et lorsqu'elle découvre que la fusillade qu'il vient d'essuyer a un rapport avec le chef du clan Gage en personne, son sang ne fait qu'un tour et elle décide d'aller affronter ce prince ténébreux. Lachlan Gage est un fae aussi beau qu'insupportable. Pour preuve, il va lui proposer un dangereux marché, celui d'échanger son âme contre celle de son frère. Mais aura-t-elle le cran d'accepter ? Et si oui, où cela va-t-il l'entraîner ?

Mon avis :

Avec Filthy Rich Fae, Geneva Lee signe un nouveau roman de fantasy urbaine qui mêle pouvoir, complots et romance. Le monde qui prend vie sous la plume de cette autrice est peuplé de créatures surnaturelles qui se sont parfaitement bien intégrées à la société contrôlant même de vastes territoires et les villes. Ils sont les propriétaires d'établissements de luxe, profitent de trafics diverses qui leur assurent de colossales fortunes. Ils vivent à la fois dans notre monde et dans l'Autremonde où le temps s'écoule différemment et où l'espace pourrait s'apparenter au paradis, au vu de la magnificence des lieux. 

La société des Faes s'organise d'ailleurs en différentes cours, la Cour des Limbes, la Cour des Ombres, la Cour des Enfers... ect. Chacune d'elles est gouvernée par les princes et princesses héritiers dans une relative entente puisque les faes sont des créatures cruelles n'hésitant pas à supprimer les têtes couronnées pour renverser le pouvoir en place. C'est la raison pour laquelle chaque prince possède un double de pénombre qui le suit dès sa naissance afin de veiller sur lui et de le protéger des assassinats. Ce monde féérique est géré par des lois et des règles strictes. Les enfreindre, c'est devenir la cible de la Chasse Sauvage et donc rencontrer un destin funeste. 

Avec Filthy Rich Fae, Geneva Lee nous offre un univers plutôt intéressant. Assimiler des familles de faes à des clans mafieux qui font la loi sur le monde fonctionne bien. Il y a de bonnes idées et des éléments intéressants qu'il faudrait même développer davantage pour rendre l'univers encore plus crédible. 

Filthy Rich Fae est un premier tome qui pose le décor. Le ton est de suite donné à cette romance qui va évoluer dans un monde violent et âpre. Flingues, sexe, drogue et argent sont les maîtres mots de cette nouvelle saga. Comme l'autrice y expose des rivalités de cours, à travers des négociations de marchés épineuses et des passés dissimulant bien des ombres, le récit n'en que plus additif. C'est assez rythmé surtout passé la moitié du roman où les évènements s'accélèrent jusqu'à prendre un tournant inattendu, voir insupportable. Ce n'est pas pour rien que Geneva Lee est qualifiée de reine du cliffangher. Attendez-vous donc à de la frustration en fin de roman mais rappelez-vous aussi que c'est également la force d'un bon livre que de tenir en haleine. 

En outre, l'autrice a piqué son récit de nombreuses thématiques autour de la drogue, des addictions, du viol et de maltraitance des enfants. Le texte est donc parfois émotionnellement dur mais on peut féliciter Geneva Lee de mettre des mots sur les maux, à travers le portrait de personnages qui sont loin d'être lisses. 

03/05/2026

Sarah A. Parker, When The Moon Hatched, tome 1, Moonfall, éditions Olympe

Sarah A. Parker, When The Moon Hatched
T.1, 
Moonfall,
 éditions L'Olympe

Sarah A. Parker est une autrice de romantasy. Sa première trilogie s'intitule Crystal Bloom. Elle est parue chez Olympe entre 2024 et 2025. 

En librairie depuis le 2 avril dernier, son nouveau roman, When The Moon Hatched inaugure une nouvelle série de romantasy de haute volée

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Raeve travaille pour le compte des Fìur du Ath en éliminant les cibles qu'on lui désigne grâce à son don d'entendre le chant élémentaire de l'air. Sa routine est plutôt bien rodée jusqu'à ce qu'elle se fasse prendre par un dangereux chasseur de primes, bien décidé à la faire emprisonner, pour être jugée pour ses crimes. Mais alors qu'elle se croit condamnée, un séduisant et énigmatique homme se propose de lui venir en aide. Sorti de nulle part, il semble en savoir beaucoup sur elle alors qu'elle ne pense pas le connaître. Mais acceptera-t-elle ce coup de pouce inattendu qu'il lui propose pour se sortir de ce mauvais pas, elle qui ne fait confiance à personne ?

Mon avis :

L'univers qui prend forme sous la plume de Sarah A. Parker dans When The Moon Hatched se construit autour d'une solide mythologie. En effet, ce monde prend forme grâce à l'existence des Créateurs qui sont ici au nombre de cinq. Le premier d'entre eux est Caëlis, le dieu de l'éther, qui donna vie à l'espace vide où se forme la matière. Puis vient, Cayhü, le dieu de la terre qui façonna la terre où se sont épanouis de nombreux royaumes. Par amour pour lui, apparue sur cette terre, Plüy, la déesse de l'eau qui déversa toutes ses larmes afin de laisser exprimer les sentiments dont il l'emplissait. Elle entraîna d'ailleurs dans son sillage sa sœur Blizz, la déesse de l'air qui, contrairement à elle, n'est que folie. Une indomptabilité que même le dieu du feu, Ignos, qui se consume pour elle n'arrive pas à maîtriser. 

Il est à noter que quatre de ces élémentaires émettent un chant sauf le dieu de l'éther puisqu'il représente le silence. Or, ces chants sont parfois perçus par les êtres qui peuplent ce monde leur conférant un pouvoir plus ou moins puissant qui leur assure un ascendant sur les autres. 

Mais la plus belle et surtout la plus dangereuse des créatures imaginées ici par ces élémentaires reste le dragon qui a été créé pour dominer les cieux de cette terre. Plumelunes, fauchesabres ou mâchefeux s'égayaient donc librement jusqu'à ce que certains hommes arrivent à se lier à eux pour en faire de redoutables montures afin de mener des guerres contre leurs voisins. 

L'univers imaginé par Sarah A. Parker est donc largement dominé par ces sublimes créatures ailées qu'elle nous décrit parfois comme les compagnons de certains de ses protagonistes. Mais son bestiaire merveilleux ne se limite pas au dragon car bien des créatures prennent vie entre ces lignes et la plupart sortent tout droit de son propre imaginaire. 

Le cadre posé n'en est que plus immersif car chaque élément a été minutieusement pensé pour donner une vraie consistance à cette incroyable fresque de fantasy

En outre, en plus d'une carte représentant les trois royaumes, du Roussi, de L'Estompe et de L'Ombre où se déroule cette histoire, un glossaire a été glissé en début d'ouvrage. Celui-ci nous détaille notamment le vocabulaire employé, les lieux, le bestiaire et les personnages. Un guide de prononciation a également été ajouté. 

Voici autant d'éléments nécessaires à la pleine compréhension de la genèse de ce monde et de l'histoire qui nous y est conté sans parler de l'immersion qui s'avère pleinement réussie. 

Il faut dire que le worldbuilding de ce roman est juste incroyable. Le travail de l'autrice est remarquable car on est clairement sur un récit de fantasy de grande qualité qui accueille en son sein une romance. 

L'histoire d'amour se découvre d'ailleurs en filigrane. Elle constitue l'un des fils narratifs de ce roman sans pour autant en être le principal. 

L'intrigue de When The Moon Hatched tourne avant tout autour de la thématique de la vengeance. Sarah A. Parker met en scène une héroïne forte qui s'est construite dans la violence, le sang et les larmes. Elle est considérée comme une Insignifiante autrement dit une personne qui n'entend aucun des chants élémentaires. Ce qui est faux car elle en perçoit deux faisant d'elle une tueuse à gages hors pair mais peu le savent donc chut ! Malheureusement sa dernière mission ne va pas tourner comme elle l'imagine et elle va se retrouver avec un chasseur de primes collé à ses basques. Prêt à tout pour la faire sortir des ombres, quitte à tuer si nécessaire, celui-ci va lui enlever un être cher. Elle n'aura donc de cesse d'inverser la traque pour assouvir sa soif de sang. Le texte est donc sombre et âpre car elle est une héroïne implacable. 

Mais cette sanglante mission dans laquelle elle s'est lancée va l'entraîner à renouer avec un passé qu'elle préférait oublier. Tout le sel de ce roman réside dans le fait que Sarah A. Parker nous propulse dans un récit à trous remplis de mystères et de secrets que l'on a juste hâte de découvrir. 

Ce roman est donc particulièrement prenant. D'autant qu'un jeu du chat et de la souris s'installe entre les deux personnages principaux conférant à ce texte un côté "enemies to lovers". Toutefois, l'intrigue se révèle beaucoup plus complexe que ce qu'on aurait pu penser au départ et la relation qui lie Raeve et Kaan est plus intense et plus touchante. Il n'est donc pas question ici que d'une simple séduction.