L'influence du "gaming" à la littérature

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12/06/2020

Emmanuel Chastellière, La Piste des Cendres, éditions Critic

Emmanuel Chastellière, La Piste des Cendres, éditions Critic

En mars sortait La Piste des Cendres d'Emmanuel Chastellière aux éditions Critic. Depuis lors, les chroniques positives à son propos se sont enchaînées sur la toile. A juste titre, s'il est écrit dans la même veine que L'Empire du Léopard que j'ai lu dans le cadre du "Mois de" organisé par Book en Stock. J'avais très envie de retrouver l'univers de son premier roman. 

25 ans se sont écoulées depuis la chute de l'empire du Léopard. Une disparition qui a mis momentanément fin à toute velléité d'indépendance dans la colonie de la Lune d'Or. Après des années de paix relative, une nouvelle ère s'annonce. Et c'est dans ce climat qui se tend à nouveau que l'on rencontre Azel. Fils d'un grand propriétaire du Nord et d'une domestique indigène, Azel a grandit dans l'indifférence paternelle et en but à la mesquinerie de ses demi-frères. Très jeune, il quitte la maison familiale pour embrasser la profession de chasseur de primes, le condamnant ainsi à une vie de loup solitaire, errant sur les routes au gré de ses missions.  Mais le retour de sa belle-mère venue lui demander son aide va changer la donne. Il se laisse convaincre pour mettre en sûreté des réfugiés indigènes. Il l'ignore encore mais, de nombreuses épreuves l'attendent. Renouer avec son passé ne sera pas exempt de souffrance, d'autant que des tensions réapparaissent au Nouveau Coronado. Les grands propriétaires du Nord réclament leur indépendance, le peuple indigène souhaite sa liberté. La révolte gronde. La reine du Coronado aura donc fort à faire pour mater à nouveau ce territoire fier et sauvage. 

Dans La Piste des Cendres, Emmanuel Chastellière renoue avec son univers du Coronado et de sa colonie de la Lune d'Or. Derrière ce monde fictif, on peut y retrouver un peu de l'Eldorado tant convoité par les conquistadors. Beaucoup d'habitants du Conorado ont espéré faire fortune dans cette colonie. Bercés par les promesses de richesse avec l'Orichalque, beaucoup s'y sont cassés les dents. Pourtant cette terre n'est pas exempt de richesse. Ses sols sont exploités, la découverte de puits de pétrole a même fait la fortune de certains. La population locale a été matée et sert de domestiques aux colons. Les lignes de chemin de fer s'étendent toujours plus loin sur le territoire. 

Dans ce monde post-industriel, l'auteur explore de nouveaux destins qu'il mêle avec de vieilles connaissances. Après Cérès Orkatz, c'est Azel qui a repris le flambeau. Personnage principal de ce nouveau récit, il en est le fil directeur. Il incarne ici une figure de liberté. Noble et courageux, il attire la sympathie des gens qu'il croise, même si lui préférait se réfugier dans sa solitude. Azel est un personnage attachant. Tourmenté, il est pourtant doté d'un caractère bien trempé. Avec sa personnalité, il est le héros que l'on est en droit d'attendre dans un texte de fantasy. Dans ce récit, les rencontres marquantes ne vont pas manquer, des retrouvailles aussi, puisque Artemis Cortellan y fait son grand retour. Principal adversaire d'Azel, on apprécie sa faconde et sa duperie qui ont forgé sa légende. Si Azel n'hésite pas à se sacrifier, Artemis, lui, n'agit que dans son propre intérêt, quitte à user de toutes les ruses possibles. Il est le petit grain qui donne à ce texte sa saveur épicée. 

Si dans L'Empire du Léopard il était beaucoup question de colonisation, ce nouveau roman d'Emmanuel Chastellière traite plutôt de révolte populaire. Réaction inévitable lorsque l'on annexe des territoires par la force en réduisant sa population à l'esclavage et en exploitant ses ressources. En outre, enlever la liberté à un peuple ne peut que conduire à l'insurrection populaire. Ainsi, dans La Piste des Cendres, l'auteur brosse le portrait des héros de la liberté. On y voit comment la colère conduit à la rébellion et comment des hommes et des femmes se soulèvent contre un système autoritaire et brutal. C'est un roman de fantasy où la lutte contre le mal prend un tout autre sens. Grandeur et décadence se disputent la première place dans ce livre.  

Ainsi, depuis l'extinction de la magie avec la disparition des fées qui ne semblent exister que dans les souvenirs de certains, les conflits se règlent surtout à coup de poudre. L'arme à feu a donc pris le pas sur le pouvoir magique dans cette fantasy

Avec La Piste des Cendres, Emmanuel Chastellière se fait l'auteur d'un roman palpitant au suspense maîtrisé qui vous coupe le souffle. J'en ai apprécié chaque mot et je me suis délectée de cette histoire qui monte en puissance au fil des chapitres. 

C'est un énorme coup de cœur pour moi, peut-être même plus grand encore que pour son précédent livre, alors je ne peux que vous en recommander la lecture. 

Fantasy à la Carte
A lire aussi sur le blog mes avis sur L'Empire du Léopard et Céléstopol.

Emmanuel Chastellière
La Piste des Cendres
Editions Critic


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