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13/04/2021

Gabriel Katz, La Part des Ombres, tome 1, éditions Scrineo

Gabriel Katz, La Part des Ombres, tome 1, éditions Scrineo

Après avoir beaucoup écrit pour les autres, Gabriel Katz enchaîne enfin des romans signés de son pseudonyme qui ont l'ambition de construire un univers de fantasy très développé. Ainsi, La Part des Ombres est la quatrième oeuvre qu'il publie aux éditions Scrineo

Ayant reçu le tome 1 lors de la dernière Masse Critique "Mauvais genres", j'ai enfin pu m'intéresser à cette plume dont j'ai beaucoup entendu parler. Je remercie donc toute l'équipe de Babelio, ainsi que les éditions Scrineo pour l'envoi de ce service de presse. 

Dans La Part des Ombres, on rejoint la Goranie qui vit sous la domination des Traceurs depuis plus de dix ans. Une décennie de terreur et de violence qui est ébranlée par l'arrivée d'un mystérieux Fantôme. C'est le nom sous lequel le chef des rebelles se fait appeler. Meurtres, sabotages et enlèvements, ce dernier ne semble reculer devant rien pour mettre en déroute ces terribles guerriers de la Trace. Pour tous, il est là pour libérer le peuple, mais en vérité, il ne rêve que d'accomplir sa vengeance personnelle. Point de rédemption ni pour lui ni pour ses ennemis car tel est le sanglant chemin sur lequel il a décidé de s'engager. 

La Part des Ombres vient donc étoffer l'univers de Gabriel Katz. Néanmoins, il a écrit chacun de ses romans de manière indépendante afin que les lecteurs puissent les lire dans n'importe quel ordre. 

Mais, parfois, Gabriel Katz apprécie de balader certains de ses héros d'une oeuvre à l'autre. C'est, d'ailleurs, le cas dans ce diptyque puisque l'on retrouve trois de ses personnages déjà rencontrés auparavant. 

La Part des Ombres est clairement un récit sombre qui s'écrit à l'encre de sang. En effet, on part ici à la rencontre d'un peuple guerrier qui a assis sa domination dans le sang et la violence. Il ne respecte rien, même pas les rites locaux. Or, c'est la violation d'une cérémonie de mariage qui va être l'élément déclencheur de cette vengeance, servant de fil directeur à ce récit. Dès le premier chapitre, l'auteur entre de suite dans le vif du sujet et donne immédiatement le ton impitoyable de son texte. 

La Part des Ombres enchaîne des chapitres courts et rythmés où l'écriture y est nerveuse. Ici, Gabriel Katz alterne les points de vue de ses héros pour mieux nous les attacher. Tour à tour, on passe du temps aux côtés d'un homme meurtri par la disparition de ses proches, d'un bel âtre rattrapé par ses vices, d'un bretteur arrogant ou encore d'une maîtresse de guerre solitaire. Ils ont tous une histoire qui s'est écrite dans la douleur et les larmes. En cela, ils ne sont pas lisses et sont donc très intéressants à suivre. Aujourd'hui, ils sont réunis pour accomplir un même but : renverser les pouvoirs en place. En leur compagnie, on infiltre un royaume et on participe à leur travail de sape. Ils incarnent la résistance de ce pays assiégé. L'auteur a insufflé un vent de rébellion sur son diptyque où la liberté se conquiert par la ruse et le rapport de force. La puissance de ce texte réside aussi dans cette ambiance de peur, de doute et de suspicion que l'auteur s'est plu à développer. La surveillance accrue mise en place par les Traceurs y est sans doute pour quelque chose car ils n'hésitent pas à multiplier les mesures liberticides pour contraindre la population et traquer les rebelles : couvre-feu, laissez-passer, assassinats pour l'exemple... ect. 

Avec La Part des Ombres, Gabriel Katz se fait l'auteur d'une fantasy âpre et addictive. Mené tambour battant, ce récit est si immersif qu'il est douloureux de s'en détacher. Pire encore, le cliffhanger sur lequel cette première partie s'achève ne fait que nous frustrer en attendant de pouvoir lire le final.  

Fantasy à la Carte

Informations

Gabriel Katz
La Part des Ombres
Tome 1
9-782367-404431
318 pages
Editions Scrineo

1 commentaire:

  1. Bel avis :)
    Je l'ai lu aussi dans le cadre de la Masse Critique et j'ai beaucoup aimé.
    Personnellement, je n'ai pas trop réussi à m'attacher aux personnages. Mais j'ai beaucoup aimé l'univers.

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