L'influence du "gaming" à la littérature

Google console

accueil2

accueil2

30/08/2015

Matthieu Wauthoz, IL, La Statue-Dragon, tome 1

IL est le premier tome d’une série originale de romans évoluant dans un univers d’heroic fantasy s'intitulant La Statue-Dragon.

Il y est question de la destinée exceptionnelle d’un soldat dont la vie était pourtant bien ordinaire jusque-là. L’histoire démarre en plein champs de bataille. Alors que le jeune guerrier Arkes est gravement blessé, il se sent irrésistiblement attiré par une voix féminine qui l’entraîne jusqu’à une mystérieuse statue en forme de dragon, posée là au milieu de nulle part. Quel étrange objet ? A qui appartient cette voix de femme ? Pourquoi vouloir l’inciter à s’emparer de la statue ? Ainsi, se trouvant devant l’incapacité de se soustraire à l’attraction, le soldat saisit l’artefact. Or, ce qui l’ignore à ce moment, c’est tout le chamboulement et les catastrophes qu’un tel acte va engendrer. 

En effet, par ce simple geste, Arkes se voit doté d’étonnants pouvoirs. Il y a d’abord ce tatouage qui apparaît sur son épaule. Pas un simple tatouage d’ailleurs, puisqu’au moindre danger, il a la capacité de s’étendre sur tout le corps du jeune homme afin de former une carapace protectrice. Cela va donc lui donner une certaine invincibilité, ajoutée à sa nouvelle aptitude de déplacements fulgurants. Ainsi doté, Arkes devient en quelque sorte un super-héros des temps médiévaux. 

Désorienté par ses nouveaux pouvoirs, le jeune homme part se réfugier auprès de son ami Dialène afin de trouver des réponses à ce qu’il vient de vivre. Mais l’horreur l’y attend, un être maléfique encapuchonné s’est emparé de l’homme d’église et le menace. Impuissant, Arkes voit son ami se faire assassiner sous ses yeux par cet homme que Dialène décrit comme le diable en personne.

Après cette mort tragique, Arkes décide de se venger. Dès lors, c’est dans une quête initiatique que s’engage le jeune homme afin de comprendre ce qu’il est devenu et de qui il doit se venger. Pour accomplir sa mission, il sera accompagné d’une étrange jeune femme, qui semble sorti tout droit de son imagination, et dont il ignore si elle est une amie ou une ennemie. 

Matthieu Wauthoz nous immerge dans un univers médiéval revisité qui se divise en différents pays constitués de provinces, gouvernées par de puissants seigneurs. A travers les pérégrinations d’Arkes et de sa compagne de voyage, on découvre cet univers merveilleux formé de paysages uniques à couper le souffle comme seule la littérature fantasy sait nous donner. 

En associant des éléments incontournables au genre, agrémentés de touches personnelles, Matthieu Wauthoz nous place d’ores et déjà dans un cycle d’heroic fantasy plein de promesses comme peut d’ailleurs en témoigner la conclusion surprenante de ce premier tome. 

Si l’envie vous prend de plonger au cœur de panoramas grandioses, de participer à des combats spectaculaires, de vous enivrer de magie ou encore de suivre le destin héroïque de personnages hauts en couleur, n’attendez plus et ouvrez La Statue-Dragon, vous ne serez pas déçus. Lecture coup de cœur assuré. 


Fantasy à la carte

23/08/2015

Robin Hobb, Les pillards, Les cités des anciens, tome 6

Il y a longtemps que le Mataf est reparti se réapprovisionner et avec lui, son capitaine, dont Alise se languit de plus en plus. Mais la vie à Kelsingra doit continuer coûte que coûte. Les dragons grandissent peu à peu et commencent à prendre forme. Mais trop lentement au goût de certains, comme la dragonne Sintara qui, à force d’essayer, finit par réussir à voler à son tour.

La cité elle-même commence à révéler les trésors qu’elle renferme. Alors que tous la pensait en ruine, des découvertes fortuites de Kanaï et de Thymara vont montrer qu’elle est bien vivante. Et oui, le merveilleux sous la plume de Robin Hobb ne prend pas seulement la forme de ces magnifiques créatures ailées, elle réside également dans cette cité des Anciens miraculeusement conservée. Et c’est Sintara qui va réveiller la magie enfouie en ses murs. Tout comme ses personnages, on est fasciné par cette prodigieuse cité, on meurt d’envie de parcourir les rues, de pousser les portes pour voir quel mystère se cache derrière. A l’image des dragons qui savent se montrer hypnotiques, Kelsingra est toute aussi envoûtante. Il est donc primordial que les dragons passent de l’autre côté du fleuve afin qu’ensemble, gardiens en phase de devenir Anciens et dragons s’allient pour que la cité retrouve sa splendeur d’antan.


Du côté de Cassaric, le capitaine Leftrin vient d’accoster et le moment est venu pour lui d’ouvrir les négociations avec les marchands. Il doit récupérer la paie de chacun des gardiens, des membres de l'équipage ainsi que la sienne puisque le contrat a été honoré. Seulement, les roublards de marchands veulent des preuves, ils souhaitent que tout leur soit révélé avant de verser le moindre centime. Les choses se corsent de ce côté-là, sans parler de l’arrivée inopinée de Malta et Reyn Khuprus qui va précipiter et changer la donne.


Un tome 6 qui relance l’action et noue de nouvelles intrigues apportant ainsi un nouveau souffle à cette aventure. Des éléments sont mis en place et aiguillonnent le lecteur sur ce qui va suivre. Les pillards apparaissent comme un amuse-bouche annonçant un final, qui à mon sens sera impétueux avec cette menace chalcédienne de plus en plus prégnante.


Fantasy à la carte

16/08/2015

James Tollum, Les tribulations d'un Nâga

Pour rappel, James Tollum a inséré son histoire fantasy dans un univers imaginaire de son cru se divisant en deux espaces distincts avec d’un côté les terres d’Antyras et de l’autre, les terres d’Avalyn. C’est justement au sein des terres d’Avalyn que se déroule l’intrigue de cette courte nouvelle des Tribulations d’un Nâga. Ce territoire, on le sait, est peuplé de créatures fantasmagoriques tirées pour la plupart du bestiaire merveilleux. Et parmi elle, figure en bonne place dans l’histoire, le Nâga. Cet être mythique de l’hindouisme est souvent décrit comme étant un serpent à tête d’homme. Dans la croyance hindoue, il est un gardien et un protecteur, un médiateur entre ciel et terre, autrement dit entre le monde des vivants et celui des morts. On le surnomme le gardien des trésors de la terre. Or, justement dans cette courte histoire, James Tollum s’inspire de ces caractéristiques. Déjà son héros Lashmar a pour habitude de récolter et collectionner tous les objets qui lui passent entre les mains. Ce sont ses trésors qu’il garde jalousement. Jusqu’au jour où il convoite le bien d’un autre au point d’user de violence pour l’obtenir. Ce terrible forfait lui vaudra le bannissement de son clan pendant un an.

Ne pouvant supporter la proximité des siens sans avoir le droit de les approcher et en étudiant un vieux parchemin qui traînait parmi ses trésors, Lashmar est pris d’une folle idée. Celle de se rendre dans les Sables de feu afin de trouver dans le temple lunaire une statue à l’effigie d’Elanörin dont le front est ceint d’une pierre magique qui aurait le pouvoir d’invisibilité. Or, c’est cette pierre que vise le Nâga. Elle sera son prochain trésor à ajouter à sa collection. Et quelle puissance, elle lui apporterait.

Le voici donc parti ce jeune Nâga insouciant, croyant à sa bonne fortune s’il la trouvait. Chemin faisant, il fera d’étonnantes rencontres qui l’amèneront à destination sans trop d’encombres. Seulement, les choix qu’il fait aujourd’hui pourraient avoir des répercussions sur tout son peuple. Si seulement, on savait ce que l’avenir nous réserve…

James Tollum nous propose ici, une nouvelle bien à-propos pour comprendre comment tout un peuple a pu se retrouver maudit par une déesse. Avec Les tribulations d’un Nâga, l’auteur lève le voile sur la prophétie qui est à l’origine de la destinée du jeune Ethan, héros du cycle La prophétie des éléments. Un texte qui apparaît comme un préquel d'un cycle de fantasy française extraordinaire.
Fantasy à la carte