L'influence du "gaming" à la littérature

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03/03/2025

Salomé Han, Le Sabre de Neige, T.1, Les Sabres Sacrés, éditions Albin Michel Imaginaire

Salomé Han, Le Sabre de Neige, T.1, 
Les Sabres Sacrés
éditions Albin Michel Imaginaire 

Scénariste et réalisatrice, Salomé Han est la première étrangère diplômée de la Korean Academy of Films Arts. Elle est également l'autrice de la trilogie, Les Sabres Sacrés, dont le premier tome, Le Sabre de Neige, est sorti le 29 janvier dernier.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Isao est l'unique disciple du Héron Blanc qui n'est autre que l'un des Porteurs de Sabres Sacrés, qui selon la légende, servent la volonté des Kami et procurent une extraordinaire longévité. Leur existence suscite bien des convoitises dont celle de l'Empereur lui-même. A cause de cela, Isao et maître Shiro vivaient dissimulés au cœur d'une forêt sacrée jusqu'au jour où leur refuge est menacé d'être découvert les obligeant à prendre la fuite. Malheureusement leurs routes vont se séparer et pour Isao, cela va marquer le début d'une aventure périlleuse au goût amer de la perte et du manque. Bien que déterminé à le retrouver, y parviendra-t-il ?

Mon avis :

Le Sabre de Neige prend cadre dans un Japon médiéval romantisé et infusé au folklore. Aussi, Salomé Han donne vie à un univers merveilleux peuplé notamment de Yokai, ces démons ou esprits se montrant tantôt menaçants, tantôt malicieux et prenant d'ailleurs moult formes selon les croyances. 

L'intrigue se concentre autour du katana, célèbre sabre japonais, que l'autrice a transformé ici en artefact magique, conférant à son porteur une certaine immortalité au prix du sang de ses ennemis. Ces sabres sacrés, au nombre de quatre, sont l'obsession du chef suprême de ce monde qui se voit déjà régner pour l'éternité. 

Dans son roman, Salomé Han nous attache aux pas d'un apprenti Kenshi qui se forme à l'art de l'épée auprès d'un maître et doit donc se conformer aux préceptes de la Voie, aussi bien dans la technique des arts martiaux que dans les réflexions philosophiques. Tout est donc affaire d'équilibre entre la maîtrise du combat et la méditation dans ce roman. 

Avec Le Sabre de Neige, Salomé Han signe un roman très immersif qui mutualise les ambiances puisque l'on passe d'un récit assez contemplatif à une explosion de péripéties au fil de l'évolution du personnage principal. 

Le Sabre de Neige pose les bases d'un univers ensorcelant riche d'une intrigue qui monte en puissance au fil des pages dissimulant ses secrets jusqu'au bout. 

Il est vrai qu'une certaine langueur se dégage de ce texte qui peut, de prime abord, ennuyer mais celle-ci est nécessaire à l'apprentissage du personnage principal car il passe progressivement d'un état passif à un rôle très actif. En effet, il va lui falloir du temps et bien des épreuves pour révéler sa vraie nature et accepter son destin. 

24/02/2025

Claire Krust, Le Golem de Pierre, éditions Mnémos

Claire Krust, Le Golem de Pierre, éditions Mnémos 

Voix montante de l'Imaginaire, Claire Krust  est de retour en librairie avec un nouveau titre paru cette fois-ci aux éditions Mnémos. Connue pour sa fantasy japonisante, elle change complètement de registre avec Le Golem de Pierre qui s'inscrit davantage dans une ambiance celtique.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Tandis que Yaée ne rêve que d'émancipation et d'indépendance, Almay, lui, est accablé par un bien lourd fardeau depuis sa plus tendre enfance. Il entend les voix des esprits faisant de lui un être à part l'obligeant à commencer son noviciat auprès des moines pour apprendre à maîtriser son don et ne pas sombrer dans la folie. Mais l'arrivée inopinée d'une inconnue au village va bouleverser la vie des jumeaux bien au-delà de ce qu'ils auraient pu imaginer. Mais pouvait-il en aller autrement avec une personne déterminée à faire revivre la légende des golems ? 

Mon avis :

Avec Le Golem de Pierre, Claire Krust nous immerge dans un univers d'inspiration médiévale empruntant à la mythologie yiddish à travers la figure emblématique du golem. En effet, ce géant d'argile est au centre de ce livre, il est même la clé de toutes ses intrigues. C'est une créature fascinante si peu usitée dans les littératures de l'Imaginaire que c'est un vrai plaisir de la retrouver entre ces lignes. Aussi Claire Krust réemprunte au mythe le caractère artificiel de cet être incapable de parole et dépourvu de libre-arbitre, façonné afin d'assister ou défendre son créateur. Ici on est face à une créature fait d'un élément, à savoir la pierre mais qui, contrairement à la légende, est dépourvu de mots placés dans la bouche ou sur la tête. L'autrice a donc juste conservé cette notion de serviteur crée par l'homme. Le golem qui prend vie sous la plume de Claire Krust est le fruit d'un savoir secret, jalousement gardé dans une bibliothèque qui a été exhumé et vendu à un groupe de sorcières renégates afin qu'il sert leurs desseins.

La magie qui habite les pages de ce livre s'exprime par le biais des andas, autrement dit des esprits peuplant la nature et que certains entendent et peuvent même maîtriser, à l'image de l'un des personnages principaux. Dans son récit, Claire Krust ne se laisse donc pas aller à une explosion de pouvoirs privilégiant une magie plus discrète mais fort envoûtante. Sa réinterprétation de la figure du golem est d'ailleurs très intéressante. 

17/02/2025

Veronica Roth, Poster Girl, éditions Pocket Imaginaire

Veronica Roth, Poster Girl, 
éditions Pocket Imaginaire 

Connue pour sa célèbre trilogie Divergente, Veronica Roth est également l'autrice d'une dizaine d'autres romans. Parmi lesquels, on peut citer Poster Girl, sorti en grand format en 2022 et plus récemment en poche, au mois de novembre dernier. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Sonya Kantor est enfermée dans à L'Objectif, une ville-prison, depuis plus de dix ans, après la chute de la Délégation suite à la prise de pouvoir par les rebelles. Son crime est que son visage ait été utilisé sur des affiches de propagande sous l'ancien régime. Elle a donc rejoint les autres enfants condamnés pour les crimes de leurs parents à un enfermement à perpétuité. Mais une lueur d'espoir surgit dans la vie de Sonya sous les traits d'un ancien ennemi qui vient lui proposer un marché qu'elle ne peut décemment refuser. Ainsi, on la charge de retrouver une adolescente disparue en échange de sa libération. Bien qu'elle flaire le piège, la tentation est trop forte pour y renoncer. 

Avec Poster Girl, Veronica Roth  signe une nouvelle dystopie glaçante explorant les rouages du totalitarisme. En effet, dans son roman, l'autrice a imaginé l'effondrement de la société marqué par un changement de régime. Elle s'inspire clairement des pires gouvernances autoritaires pour donner corps au modèle politique de la Délégation basé sur la  surveillance de masse par l'intermédiaire d'une technologie très avancée d'implants appelée ici la Perception. Ce système mêlant artificiel et organique est composé de cellules humaines afin que l'organisme ne le rejette pas. C'est une invention d'une grande ingéniosité qui donne la chair de poule car il apparait comme le parfait outil de dressage des populations par le biais de récompenses ou de punitions délivré par l'implant en fonction des comportements. Totalement connectés à leur Perception, les gens n'ont pas conscience des manipulations dont ils sont victimes et voient ce progrès comme un bienfait nécessaire à l'évolution de l'humanité. Or, la survenue d'une rébellion va changer la donne en remplaçant ce régime par un autre. Certains parleront de libération mais pas pour tous puisque a été construite une cité-prison à destination des enfants par représailles pour la collaboration de leurs parents. 

Veronica Roth nous propulse donc dans une société sombre et despotique où la liberté a perdu tout son sens. A travers son récit dystopique, l'autrice s'intéresse à l'après tyrannie. L'histoire débute alors que la dictature est tombée libérant une grande partie de la population de leur implant par des interventions chirurgicales. Pour autant la nouvelle politique menée est-elle juste ? L'existence de cette prison peut nous faire douter car en quoi punir les enfants va racheter les erreurs des parents? C'est toute la réflexion émise par Veronica Roth qui montre les difficultés de se défaire des réflexes du despotisme. Ainsi, l'endoctrinement demeure quelque soit le nom que porte le parti politique en place et les mensonges d'Etat restent l'arme secrète utilisée à l'encontre des peuples pour les maintenir dans l'ignorance et la tromperie.