L'influence du "gaming" à la littérature

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31/12/2024

Pierre Pevel, Stéphane Créty & Jérôme Maffre, L'épéiste, T.1, Gueule Cuir, éditions Drakoo

Pierre Pevel, Stéphane Créty & Jérôme Maffre, L'épéiste, T.1, 
Gueule de Cuir
éditions Drakoo 

Des univers de Pierre Pevel, le plus célèbre est sans aucun doute Le Paris des Merveilles qu'il a décliné en romans, en nouvelles et en bandes dessinées

Toutefois, la Belle Époque n'est pas la seule période historique qui a sa faveur car situer ses intrigues à la cour de Louis XIII ne lui déplaît pas non plus si l'on croit son excellente trilogie, Les Lames du Cardinal.

Or, pour sa nouvelle bande dessinée Gueule de Cuir, il a réinvesti ce siècle pour lui servir de décor.

Reçu en cadeau à mon anniversaire, je remercie à nouveau mon amie Mathilde qui sait toujours comment enchanter mes lectures. 

Résumé :

1633. Un redoutable Nécromant étend son influence sur les bas-fonds de Paris et le seul à même semblant pouvoir arrêter cette menace est celui que l'on appelle l'Épéiste désigné par la Veuve et l'Oiseleur selon le Zodiaque du Diable. Mais acceptera-t-il d'endosser le masque et de combattre les forces du mal ? 

Mon avis :

Dans ce premier volume, on découvre un Paris populaire, celui des bas quartiers, essentiellement de nuit afin de donner corps au mystère et aux ténèbres propices à cet étrange protagoniste se faisant appeler le Nécromant. Assimilé au diable, il laisse derrière lui un sillage de morts parmi les plus modestes et sa présence inquiète jusqu'à la cour du roi. Son existence semble être liée au Zodiaque du Diable autour duquel gravitent des factions et bien d'autres étonnantes figures, à l'image de la Veuve, de l'Oiseleur et de l'Épéiste. 

De toute évidence une sombre magie est à l'œuvre au sein de ces planches et elle est le fruit de puissants alchimistes, à n'en pas douter ! 

Mais toute l'originalité de cet univers est que Pierre Pevel emprunte au mythe du super-héros faisant de ce masque la singularité de cette histoire. Puissant artefact qui confère à son porteur de grands pouvoirs en donnant une grande force, de la rapidité ou encore davantage d'agilité. 

Gueule de Cuir, c'est tout simplement le croisement du mousquetaire avec le super-heros des comics. Voilà qui donne à ce récit se déroulant au 17e siècle autant de répondant que de panache. 

Pierre Pevel y signe un scénario piqué d'actions et de rebondissements où les duels à l'épée s'enchaînent en duo ou à plusieurs sans temps mort. Point de place à l'ennui dans ces bulles car les évènements s'y précipitent sans même laisser le temps au personnage principal de reprendre son souffle. 

Ce premier tome est là pour poser le décor, faire connaissance avec les personnages et identifier les enjeux. 

Intrigues politiques, malédiction et magie noire sont les ingrédients du succès réunis ici par Pierre Pevel pour notre plus grand plaisir. 

Côté personnage, on peut citer le duelliste puisque tout va tourner autour de lui au fil des volumes. Sous les atours du mousquetaire, il en partage clairement les valeurs, au moins pour l'honneur qu'il porte tel un étendard, lui qui s'est juré de défendre les plus faibles. Fin bretteur, sa vie et les missions qu'il s'est assignées répondent bien à un code qui en fait le porteur parfait de ce masque afin d'accomplir de grandes choses et en tentant de tenir au loin les ombres.

Pour illustrer cette incroyable histoire, c'est Stéphane Créty qui est aux manettes et je dois dire qu'il a fait des merveilles pour donner vie à ce Paris si bien connu des lecteurs. En tournant les pages, on se sent en territoire familier au milieu des illustres bâtiments ou en compagnie de certains grands noms de l'Histoire. Les dessins sont très beaux et forts réalistes. Ils exhalent un certain mystère, ainsi que le danger et les rebondissements voulus par l'auteur.  Beaux ou laids, les héros de Pierre Pevel s'animent sous le crayon de Stéphane Créty avec beaucoup d'intelligence car il a un vrai talent pour croquer les émotions et les retransmettre. 

Pour conclure :

Gueule de Cuir est une bande dessinée haute en couleurs très divertissante où les hommes d'influence et les complots politiques croisent le fer avec la ténébreuse alchimie. Voilà de quoi contenter un lectorat en manque d'action. 

Fantasy à la Carte

Sur le blog, vous pouvez notamment retrouver mes avis sur les autres publications de Pierre Pevel chez Drakoo : Les Enchantements d'Ambremer volume 1 et 2, ainsi que Les Artilleuses

Informations 

Pierre Pevel
Stéphane Créty 
Jérôme Maffre 
L'épéiste 
T.1
Gueule de Cuir
9782382331460
68 pages
Editions Drakoo

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29/12/2024

Cyril Lieron & Benoît Dahan, L'Affaire du Ticket Scandaleux, T.1, Dans la tête de Sherlock Holmes, éditions Ankama

Cyril Lieron & Benoît Dahan, L'Affaire du Ticket Scandaleux, T.1, 
Dans la tête de Sherlock Holmes
éditions Ankama

Dans la tête de Sherlock Holmes est une excellente bande dessinée composée pour le moment de deux volumes. Elle est le fruit de deux hommes talentueux, Cyril Lieron et Benoît Dahan qui se sont associés pour en écrire le scénario. Quant à la mise en images, seul Benoît Dahan s'y est collé avec beaucoup de talent. 

Le résultat est bluffant car l'intrigue est digne des récits d'Arthur Conan Doyle. On y retrouve bien le mystérieux fort apprécié de cet auteur. Personnages incontournables de la littérature, c'est un réel plaisir que de retrouver Sherlock Holmes et son acolyte le docteur Watson dans une nouvelle aventure.

Je ne peux que remercier très chaleureusement mon amie Mathilde qui a toujours les plus belles attentions pour me faire plaisir.

Résumé :

Dans L'Affaire du Ticket Scandaleux, une nouvelle enquête vient frapper à la porte de Baker Street et prend la forme d'un confrère du docteur Watson répondant au nom d'Herbert Fowler qui s'est retrouvé à errer dans les rues complètement hagard ne se souvenant pas de sa soirée de la veille. Voilà de quoi sortir notre bon vieux Sherlock Holmes de sa léthargie en lui faisant travailler ses méninges.

Mon avis :

Pour cette nouvelle aventure, Cyril Lieron et Benoît Dahan ont eu la bonne idée de nous conter les faits du point de vue de Sherlock Holmes lui-même en suivant son cheminement intérieur pour résoudre les énigmes. C'est d'ailleurs le fil directeur de cette bande dessinée autant du point de vue du script que de la mise en page graphique car on remonte visuellement la piste des indices que relève notre célèbre détective au fil de ses observations ainsi que les déductions qu'il en fait. 

Les auteurs nous entraînent donc ici dans un véritable jeu de pistes des plus passionnants où le mystère et peut-être bien l'ésotérisme s'invitent. C'est tout le but de cette œuvre que de plonger dans la tête de Sherlock Holmes au sens propre du terme et ce dès la couverture de la bande dessinée. Celle-ci est, d'ailleurs, remarquable. Elle attire le regard des lecteurs et capte immédiatement leur attention puisqu'on y voit la silhouette de la tête du détective littéralement découpée dans le cartonné de l'ouvrage. Mieux encore, elle se fond dans le paysage des immeubles londoniens, se découpant même dans la toiture de l'un d'eux. le résultat est remarquablement ingénieux et lui vaut même d'avoir été primé par le BDGest'Arts 2019. 

D'ailleurs, la bande dessinée elle-même a reçu de nombreux prix, parmi lesquels le prix SNCF du polar 2020, le prix du public d'Angoulême, le prix Mor Vran de la BD du Goëlan Masqué à Penmarch ou encore le prix Bédéis causa en 2020 du Festival Québec. C'est peu dire que de répéter que le graphisme autant que l'intrigue ont plu. 

Les auteurs ont su retranscrire toute l'essence de l'univers d'Arthur Conan Doyle et se sont emparés avec beaucoup de virtuosité de son duo de personnages. 

Les dessins sont splendides et illustrent très bien cette époque victorienne pleine d'élégance et de ténèbres. Les silhouettes sont toutes en pointes ou en arrondies et donnent à ces illustres figures de la littératures policières une identité visuelle très reconnaissable et fort à-propos. En outre, rien de criard dans la colorisation des planches, tout est gris, beige, ou cyan pour maintenir une ambiance feutrée propice à l'époque.

Pour conclure :

Dans la tête de Sherlock Holmes, Cyril Lieron et Benoît Dahan vous attachent si habilement aux pas de deux grands noms de l'imaginaire populaire que vous n'avez plus envie de les quitter. Et ce n'est pas avec un tel final que les choses vont s'arranger. Elémentaire, mes chers lecteurs !

Fantasy à la Carte

Informations

Cyril Lieron & Benoît Dahan
L'Affaire du Ticket Scandaleux
Tome 1
Dans la tête de Sherlock Holmes
Editions Ankama

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27/12/2024

Robert Jackson Bennett, La Cité des Lames, T.2, Les Cités Divines, éditions Albin Michel Imaginaire

Robert Jackson Bennett, La Cité des Lames
T.2, Les Cités Divines
éditions Albin Michel Imaginaire 

Pour terminer cette nouvelle année de lectures, j'ai choisi de retourner dans la saga, Les Cités Divines de Robert Jackson Bennett en m'attaquant au tome 2 publié au mois d'octobre. 

Pour rappel, il s'agit du récit préquel à celui des Maîtres Enlumineurs dont on déjà longuement parlé sur ce blog.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Après les horreurs de Bulikov, la générale Turyin Mulaghesh n'aspire qu'à vivre en paix loin des conflits. Mais c'est sans compter la pugnacité de Shara Komayd devenue entre temps Première Ministre qui la somme d'effectuer une dernière mission afin de pouvoir toucher ses émoluments de retraite. Sous couvert d'inspecter des installations militaires, elle est chargée d'enquêter sur la mystérieuse disparition d'une agente qui pourrait potentiellement être liée à un nouveau minerai récemment découvert dans la cité des lames, ancienne demeure de la déesse de la guerre et des massacres. Mais au vu des enjeux, la présence de la générale risque bien d'en gêner plus d'un qui chercheront à la mettre hors jeu par tous les moyens, n'en doutons pas !

Mon avis : 

Dans La Cité des Lames, on retrouve l'univers postapocalyptique marqué par la disparition des dieux de Robert Jackson Bennett. On plonge donc dans un monde en reconstruction fortement meurtri et où demeure un héritage divin très prégnant. Celui-ci est autant vénéré qu'il est honni. Sa puissance en fait une magie dévastatrice fortement convoitée entre ces lignes. A chaque cité explorée, une nouvelle facette est découverte. Ainsi, dans La Cité des Lames, elle s'incarne surtout dans des épées qui renferment les âmes des disparus. Il s'agit ici surtout de guerriers du passé qui refusent que leurs sacrifices soient oubliés. Ceux-ci constituent un formidable réservoir de pouvoir fort utile pour la divinité qui souhaiterait reprendre le pouvoir par le truchement de la guerre et des massacres qu'elle a toujours incarnés.

Robert Jackson Bennett laisse donc s'exprimer une magie envoûtante pour colorer son univers d'un puissant enchantement. Ingénieux et insolite, le pouvoir qui prend cadre dans ce décor est pour le moins explosif. 

Il a également l'intérêt de mettre en lumière des problématiques très actuelles. La première d'entre elles n'est pas des moindres puisqu'il s'agit de la guerre qui semble totalement inhérente à l'histoire de l'humanité et à la construction des sociétés. 

Robert Jackson Bennett émet une critique acerbe des ravages des conflits influencés par des politiques répondant bien trop souvent à des intérêts individuels. Il évoque également les dangers des conflits mondiaux faisant clairement référence à la Troisième Guerre mondiale qui nous guette. 

En outre, en choisissant de donner la primeur à une haut gradée de l'armée qui reprend du service, l'auteur nous parle autant du sujet des vétérans que de la vieillesse. Il casse volontairement les codes du genre qui se plaît à toujours employer de jeunes et fringants protagonistes pour mener la quête et privilégie plutôt ici des personnages nettement plus expérimentés avec un riche passé. Cela donne une vraie profondeur à l'histoire. Il y est, d'ailleurs, pas mal question de douleur et des limites notamment du corps, mais aussi de maturité et de sagesse. C'est un texte qui fait la part belle aux souvenirs et à l'importance de les transmettre. La mémoire est un savoir précieux qui permet de progresser surtout si on ne répète pas les mêmes erreurs. 

La Cité des Lames nous offre une errance dans le passé pour mieux préparer l'avenir et ne pas se laisser distraire par le chant des sirènes louangeant un soi-disant glorieux passé.

Plus que d'avoir imaginer un monde qui bruisse d'une vraie singularité, Robert Jackson Bennett a parsemé son récit de réflexions sociétales et environnementales fort intéressantes. 

D'autre part, on apprécie bien volontiers cette nouvelle protagoniste très nature et au caractère bien trempé. Elle est rafraîchissante presque malgré elle car sa franchise la rend finalement fort attachante. Pleine de courage et de droiture, elle est une femme à poigne qui sait se faire entendre quand il faut et a suffisamment de ténacité pour mener à bien les missions qu'elle s'est fixées ou qu'on lui a assignées. 

Pour conclure : 

Avec La Cité des Lames, Robert Jackson Bennett continue de nous régaler avec des intrigues tissées de complots ayant pour cadre un monde décadent. C'est une série très réussie !

Fantasy à la Cart

A lire sur le blog mon avis sur La Cité des Marches, Les Maîtres Enlumineurs, Le Retour du Hiérophante et Les Terres Closes

Informations 

Robert Jackson Bennett 
La Cité des Lames
T.2
Les Cités Divines 
9782226485915
575 pages
Éditions Albin Michel Imaginaire 

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