L'influence du "gaming" à la littérature

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13/05/2022

Christophe Guillemain, La Marche de l'Enfant-Saule, éditions Kelach

Christophe Guillemain & Nadia M, La Marche de l'Enfant-Saule, éditions Kelach

Alors que son roman L'Enterrement des Etoiles a été publié par les éditions Mnémos, dans le cadre des pépites de l'Imaginaire des Indés de l'Imaginaire, Christophe Guillemain est également l'auteur d'un roman jeunesse. Il s'agit de La Marche de l'Enfant-Saule qui, lui, a été édité par les éditions Kelach, en décembre 2021. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Kelach, je remercie Frédéric Gobillot pour l'envoi de ce service de presse. 

A Essdonc, Vitor vit paisiblement avec ses parents et ses sœurs jusqu'au jour où l'impensable survient en l'apparition d'une étrange bosse au sommet de son crâne se transformant bien vite en une jeune pousse de saule. Pour le médecin, le diagnostic est sans appel, il souffre de l'errance. Une seule solution s'impose, celle de s'engager sur le sentier de la guérison qui traverse la forêt d'Ulwenn. Mais pour un si jeune garçon, quitter les siens et affronter l'inconnu n'est pas chose aisée d'autant que les dangers ne manqueront pas de survenir. 

La Marche de l'Enfant-Saule est un conte qui nous attache aux pas d'un jeune garçon, propulsé dans une aventure semé d'embûches. Sur le modèle du récit initiatique, Christophe Guillemain en a repris le motif de la quête puisque Vitor, atteint d'un mal terrible, doit affronter mille épreuves au fil de ses pérégrinations sur ce chemin de la guérison. 

Dans ce livre, l'auteur nous plonge dans un univers imaginaire peuplé de créatures et de phénomènes merveilleux. Cette histoire prend cadre dans une forêt mystérieuse dans laquelle les personnages de Christophe Guillemain sont notamment amenés à traverser un labyrinthe, à découvrir une gare qui ne mène nulle part, à visiter une demeure hantée ou encore à mettre la main sur le seigneur des lieux. 

Christophe Guillemain emprunte certains éléments à d'autres contes, glisse ici ou là des références littéraires pour instaurer un jeu de pistes valable autant pour ses protagonistes que pour ses lecteurs. 

Tout comme son roman, L'Enterrement des Etoiles, La Marche de l'Enfant-Saule dégage la même poésie propre à cette plume. En effet, on retrouve ici une musicalité des mots typique des contes. D'ailleurs, ce n'est pas la seule chose que ces deux textes partagent puisque l'on retrouve certains personnages qui passent de l'un à l'autre. De même que l'on avait fait connaissance de l'existence d'enfants atteints du même mal que Vitor même si Christophe Guillemain n'avait que peu expliqué ce phénomène. Au contraire de La Marche de l'Enfant-Saule qui place l'errance au cœur des enjeux narratifs. Pour l'auteur, c'est l'occasion d'explorer la thématique de la maladie, notamment lorsqu'elle touche un enfant. Derrière son histoire, il s'intéresse à la meilleure manière de l'appréhender, de l'accepter et de la vaincre grâce au soutien, à l'espoir et à la foi en soi. Il met également en exergue l'importance du regard que l'autre porte sur ladite maladie, aussi un regard bienveillant est une aide précieuse, contrairement à l'indifférence, l'incompréhension et le rejet. 

09/05/2022

Samantha Shannon, Saison d'Os, tome 1, Bone Seasons, éditions J'ai Lu Imaginaire

Samantha Shannon, Saison d'os, tome 1, 
Bone Season, éditions J'ai Lu Imaginaire

Alors que son roman de fantasy, Le prieuré de l'oranger est un phénomène en librairies, Samantha Shannon est également l'autrice d'un autre cycle. Il s'agit de Bone Season, une dystopie déjà très remarquée et dont une adaptation est prévue prochainement.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions J'ai Lu, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse.

A Scion-Londres, Paige a intégré la pègre des clairvoyants. Dans ce monde où les gens comme elle, sont traqués car considérés comme anormaux, elle se sent enfin à sa place et appréhende mieux son don.  Elle est une marcherêve, autrement dit, elle a la capacité de pénétrer dans l'esprit des gens pour y récolter des informations. Un jour, alors qu'elle a l'imprudence d'emprunter le métro pour aller chez son père, son wagon est contrôlé. Très vite, cela dégénère, elle se défend en se servant de son don, tue l'un des contrôleurs et met l'autre hors service. Mais pas le temps de s'appesantir davantage, elle prend la fuite et trouve refuge chez son père. Néanmoins, dans une société de surveillance, on n'échappe pas longtemps aux autorités. Elle est donc arrêtée peu après et transférée dans la colonie pénitentiaire d'Oxford pour y être officiellement rééduquée. Maintenant, elle n'a plus qu'un seul but, celui de s'enfuir. 

Dans Bone Season, Samantha Shannon nous immerge dans le Londres d'un futur proche, en 2056, contrôlé par une organisation tentaculaire nommée Scion qui a également la main mise sur de nombreuses autres capitales européennes.

Dans ce monde technologique, vit également de manière clandestine une communauté de clairvoyants, des hommes et des femmes ayant la capacité d'interagir avec l'éther. Parmi eux, sept catégories se distinguent : les devins, les augures, les médiums, les sensoriels, les gardiens, les furies et les sauteurs. Si les devins et les augures prédisent l'avenir, les sensoriels, eux, peuvent canaliser l'éther et les gardiens sont les mieux placés pour maîtriser les esprits. Quant aux furies, ils rejoignent les rêves par l'entremise de l'éther, tout comme les sauteurs qui peuvent même avoir une grande influence dessus. On les reconnait grâce à la couleur de leur aura qui est propre à leur don. Traqués par les employés de Scion, ils doivent faire profil bas pour échapper à leur vigilance. Or, pour se ménager une plus grande chance de survie, ils peuvent aussi rejoindre le réseau mafieux qui quadrille Scion-Londres et qui recrute les clairvoyants les plus prometteurs. Sous la houlette de son seigneur-mime, Jaxon Hall, Paige y évolue en eaux troubles, flirtant perpétuellement avec le danger, jusqu'à son arrestation. 

Conduite à Oxford, une colonie pénitentiaire où les clairvoyants sont censés être éduqués par des Rephaïms, des individus venus d'ailleurs qui orchestrent chaque année un rapt des anormaux afin d'en faire leurs esclaves, des amuseurs pour certains, des réservoirs à pouvoirs pour d'autres, ainsi que des boucliers chargés de défendre la cité en cas d'attaques émim pour le reste. Sous la plume de Samantha Shannon, Oxford est devenu un lieu terrifiant où cette minorité de personnes aux pouvoirs extraordinaires est exploitée et retenue captifs. Beaucoup y meurent soit des mauvais traitements subis, soit parce que les Rephaïms les vident littéralement de leur substance. C'est là que débarque la jeune Paige. Elle est immédiatement placée sous la surveillance du gouverneur Arcturus qui est en charge de l'aider à développer ses talents. Une considération qui en étonne plus d'un et lui vaut même l'animosité de certains car l'éminent gouverneur n'a pas l'habitude de s'impliquer dans la formation des nouvelles recrues. 

Saison d'os pose les bases d'un univers âpre et sombre qui nous dessine les contours d'un avenir inquiétant. Dans un monde dominé par une caste, la vie des citoyens est réglementée et la différence est traquée afin que jamais elle ne vienne remettre en cause leurs pouvoirs suprêmes. L'autrice a également ajouté à son texte une bonne couche de merveilleux qui s'exprime à travers les dons extraordinaires que possèdent certains de ses personnages. Des pouvoirs que l'autrice a volontairement entouré de mystères quant à leurs origines, tout comme celle des Réphaims, d'ailleurs, censés venir de l'Outre-Monde. 

Saison d'os inaugure un cycle addictif riche d'une intrigue originale et captivante. L'écriture y est ciselée, le style, lui, est d'une grande fluidité. On est happé dès les premières lignes sans jamais y trouver l'ennui. 

01/05/2022

David Bry, La Princesse au Visage de Nuit, éditions Pocket Imaginaire

David Bry, La Princesse au Visage de Nuit, éditions Pocket Imaginaire

Alors qu'il vient d'intégrer le label des Etoiles Montantes de l'Imaginaire des éditions Pocket, David Bry s'est déjà fait remarqué en 2019 en étant le coup de cœur des Imaginales

D'ailleurs, son roman, La Princesse au Visage de Nuit vient de recevoir le prix Imaginales des lycéens de 2022. Une première distinction qui en appellera d'autres tant les récits proposés par cet auteur sont de haute volée.

En ce mois de mai, on a la chance de le retrouver à l'honneur chez Book en Stock pour leur célèbre rendez-vous du "Mois de" qui offre l'opportunité de mettre en lumière de belles plumes de l'Imaginaire francophone. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Book en Stock, je remercie Phooka et Dupinette pour ma participation, ainsi que les éditions Pocket Imaginaire pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Dans La Princesse au Visage de Nuit, on fait la connaissance de Hugo Pelletier qui doit retourner dans son village natal qu'il a fui enfant, pour enterrer ses parents, décédés d'un accident de la route. Vingt ans plus tôt, ses amis ont mystérieusement disparu dans la forêt qui jouxte le village. Lui seul a survécu. Mais de ce drame, il n'en a nul souvenir. Retrouvé sain et sauf, il a été placé en famille d'accueil par les autorités dès qu'elles ont découvert les sévices que ses parents lui faisaient subir. De retour au village, rien n'a changé, les souvenirs remontent petit à petit à la surface. Que s'est il passé cette nuit-là ? Et si ses amis avaient réussi à rejoindre la Princesse de Nuit ? Et si ce n'était pas qu'une légende locale ? 

Mon avis :

La Princesse au Visage de Nuit est un roman contemporain parsemé de touches fantastiques. En effet, David Bry a disséminé dans son texte de nombreuses références au conte qui s'exprime de bien des manières. 

Aussi, certains habitants de cet étrange village ressemblent à s'y méprendre  à des figures archétypales comme celle de la sorcière avec Christiane Lisenne, cette vieille folle qui hante le cimetière pour y nourrir les chats errants ou encore celle de l'ogre à travers le très inquiétant Auguste Trière qui rôde partout comme dans l'attente d'un mauvais coup à perpétrer.

Sans parler de cette forêt qui borde le village et que l'on dit hantée tant de folles rumeurs courent sur son compte. La plus importante d'entre elles est sans aucun doute celle concernant l'existence de La Princesse au Visage de Nuit. Avéré ou imaginaire, cet être est censé exaucer les vœux des enfants malheureux

Les manifestations oniriques se multiplient au fil des pages entre les sensations fugaces d'une présence, la mystérieuse réapparition d'objets que l'on croyait perdus, ou encore la perception de prénoms chuchotés par le vent. A travers tous ces éléments, l'auteur confère à son récit une aura de mystère installant le doute dans le cœur des lecteurs sur la réalité tangible des faits relatés. La frontière entre le réel et l'imaginaire est volontairement floutée afin de maintenir le suspense d'un bout à l'autre du roman. L'univers décrit entre ces lignes est totalement immersif et instille des sentiments contradictoires de fascination et de répulsion.

Derrière le récit de La Princesse au Visage de Nuit, bien des destins nous sont contés. Tous sont douloureux. Sous le regard meurtri de Hugo, on prend conscience des drames qui ont jalonné chaque vie de cette petite communauté. Il n'y a donc pas que le narrateur principal qui ait souffert d'une enfance difficile. 

Enfant battu et maltraité, on prend d'ailleurs la mesure de l'étendu de sa souffrance au fil des chapitres. Il est un survivant qui malgré, les traumatismes vécus, a réussi à les surmonter. Il veut même profiter de son retour pour tourner définitivement la page en comprenant enfin ce qui lui est arrivé dans cette forêt, il y a vingt ans. Autour de lui gravite une poignée d'amis qui sont à son image, cabossées par la vie.