L'influence du "gaming" à la littérature

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11/03/2022

Fabien Lyraud nous parle de...


Créé en 2007, Pulp Factory est un éditeur des littératures de l'Imaginaire qui privilégie la littérature populaire d'aventures. Son directeur a bien voulu répondre aux questions de Fantasy à la Carte afin de mieux comprendre sa politique éditoriale et ses projets à venir. 


1/ Pourquoi avoir créé cette maison d’édition spécialisée dans les littératures de l’Imaginaire ?

J'étais au chômage depuis plusieurs années et ça me trottait dans la tête depuis pas mal de temps. J'avais déjà dirigé deux anthologies (Arcanes chez Voy'el et Dimension Ecologies étrangères chez Rivière Blanche), je voulais passer à la vitesse supérieure. J'ai d'abord démarché plusieurs maisons d'édition. Une bonne vingtaine. Mais seulement 3 réponses, négatives. Donc j'ai réduit la voilure du projet et je me suis lancé en microentreprise.


2/ Pouvez-vous nous parler plus en détails de vos collections ?

J'ai trois collections :

Aventures Imaginaires : collections de SF et de fantasy classique. On y trouve du space opera, du planet opera, de la sword and sorcery et même de la fantasy steampunk...

Geek Fiction : les inclassables d'une part et les romans qui dialoguent avec les autres médias.

Aventures paranormales : de la fantasy urbaine.


3/ Comment sélectionnez-vous les textes que vous allez publier ? Organisez-vous des appels à textes ?

J'ai deux manières de procéder : d'une part je sollicite des auteurs et je leur demande des textes. Il se trouve que j'avais un bon réseau, niveau auteurs, ce qui m'a permis de publier assez vite justement. D'autre part je reçois des manuscrits par mail. Et là je publie les coups de cœur. C'est par exemple ce qui s'est passé avec Valreal de Nicolas Lefebvre, notre meilleure vente.


4/ Pouvez-vous nous parler de vos prochaines parutions ?

En avril le deuxième roman de Gemme chez nous David, le premier tome des chroniques de la Dame Grise, l'univers étendu du roman publié l'an dernier. En juillet Peine et Prière, le deuxième roman d'Antoine Lencou dans l'univers de la Confédération Noire. En octobre, Mécanarchie de Paul Fichtre qui nous permettra de retrouver le trio de bras cassés intergalactiques découvert dans Masse Vectorielle.


5/ Où peut-on trouver vos romans ? Site internet ? Librairies spécialisées et/ou généralistes ?

Déjà sur la boutique en ligne. Sur notre site internet : http://pulp-factory.ovh.

Nous avons deux diffuseurs également : Myosiris diffusion, qui nous diffuse en Nouvelle Aquitaine essentiellement. Mais qui assure aussi les commandes spontanées.

Banquises et Comètes qui nous diffuse dans le grand ouest et qui fait également des salons pour nous.

Fantasy à la Carte

09/03/2022

Karine Rennberg, Meute, collection Bad Wolf, éditions ActuSF

Karine Rennberg, Meute, collection Bad Wolf, éditions ActuSF

Pépite de l'Imaginaire des éditions ActuSF, Meute est le second roman de Karine Rennberg. Après une poignée de nouvelles et un premier roman, Spirites, imprégné de magie, l'autrice change de registre en s'intéressant, cette fois-ci, au mythe du loup-garou. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Devenu lycantrophe par la force, Nathanaël est rappelé par son ancienne meute afin de garder un œil sur un jeune loup pendant l'absence des autres membres. Touché par la grande détresse de ce loupiot, tout grand dur qu'il est, Nathanaël pourrait bien se laisser déstabiliser par la situation. Or, le moment est plutôt mal choisi avec la menace des chasseurs qui rôdent, d'autant que des loups-garous ont mystérieusement disparu. Heureusement pour lui, son ami Val veille. Mais est-ce que cela empêchera la situation de déraper ? 

Glamorisé par la littérature et le cinéma de ces dernières années, la figure du loup-garou s'est éloignée du mythe originel. Or, avec Meute, Karine Rennberg casse l'image véhiculée par les séries littéraires comme Anita Blake de Laurell Kaye Hamilton ou Mercy Thompson de Patricia Briggs pour nous en brosser un portrait plus crédible. En effet, elle nous immerge ici au sein d'une meute et nous y explique son fonctionnement, les liens qui unissent ses membres les uns avec les autres, tout en s'intéressant à la relation intime que l'humain noue avec son loup intérieur. Un postulat qui confère au récit un ton volontairement intimiste, renforcé par la narration à la deuxième personne du singulier qui crée une vraie proximité avec le lecteur. Passé la surprise pour ce choix inhabituel, ce dernier s'attache d'emblée aux protagonistes de cette histoire en partageant notamment avec eux leurs émotions, leurs questionnements et leurs sentiments. 

En outre, Meute prend cadre dans un univers post-apocalyptique même si Karine Rennberg s'attarde peu sur la question en se contentant de donner quelques éléments indicatifs comme la mention de la rareté et la cherté de certaines denrées ou encore la généralisation de panneaux solaires et le rationnement de l'énergie produite pour les castes les plus pauvres. Les héros de cette histoire évoluent dans un monde âpre les contraignant à vendre leurs services aux gangs locaux, voire à les intégrer pleinement. Sous la plume de Karine Rennberg, certains de ses personnages participent à des combats dans des arènes afin de tirer profit de leurs prestations, au risque d'en ressortir gravement blessés, voire morts. 

04/03/2022

André David, Les Naufragés de l'Institut Fermi, éditions Critic

André David, Les Naufragés de l'Institut Fermi, éditions Critic

Chez Critic, Jean Krug a passé le flambeau à André David qui débarque ce mois-ci dans leur catalogue avec un premier roman de science-fiction. Une fois n'est pas coutume, avec Les Naufragés de l'Institut Fermi, on ne va pas parler de fantasy même s'il n'en demeure pas moins un livre porteur d'un propos passionnant. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie, une nouvelle fois, Eric Marcellin pour l'envoi de ce service de presse. 

Île de Brehat, 2392, Louis Maine est un dériveur, chargé par l'institut Fermi de retourner au XIXe siècle pour y modifier l'Histoire et ainsi tenter de sauver l'humanité. Un voyage rendu possible grâce au patrimoine génétique qu'il partage avec ses ancêtres. Aussi, c'est sa conscience qui fait un bond dans le passé et non son corps. A contrario, ceux que l'on appelle les voyageurs qui viennent d'encore plus loin dans le futur dont Gwen fait partie, se déplacent réellement dans le temps grâce à une technologie avancée. Leur but à eux, c'est de mettre des bâtons dans les roues des dériveurs car ils sont la conséquence néfaste de leurs agissements et souhaitent à tout prix les en empêcher. Seulement, au détour d'une rencontre fortuite, Louis et Gwen pourraient bien voir leurs certitudes ébranlées. Et s'ils se trompaient depuis le début ? 

L'intrigue des Naufragés de l'Institut Fermi repose sur le paradoxe de Fermi qui interroge les raisons sur la non manifestation d'une vie extraterrestre. Cela s'explique soit, parce que les civilisations ont un temps de vie très court et s'autodétruisent avant d'avoir pu mettre au point un système leur permettant de rentrer en contact, soit au contraire, poussées par cette volonté de conquête de la galaxie, ces civilisations maîtrisent le voyage interstellaire mais ont plutôt choisi d'autres planètes que la nôtre. Or, c'est cette théorie du paradoxe que va exploiter André David dans son livre. Même s'il ne s'agira pas ici d'emprunter le voyage interstellaire pour partir à la rencontre d'autres civilisations mais plutôt pour remonter le temps par bonds successifs afin de sauver l'humanité de son autodestruction. 

Derrière ce roman de science-fiction qui repose sur un principe mathématique tout en mettant en scène une technologie avancée, transformant l'homme en clone, entouré d'automates pilotés par l'intelligence artificielle, l'auteur aborde également la notion de collapsologie. En effet, à force d'influencer le passé, les dériveurs ont profondément modifié le futur au point d'entraîner l'effondrement de la biodiversité. La terre est totalement dévastée, devenue hostile et dénuée de toute vie où finalement seule subsiste une civilisation de pâles copies d'humains qui ne rêvent que de retrouver ce que les générations d'avant leur ont volé. 

En confrontant deux camps, André David confère à son récit un peu de l'ambiance du roman d'espionnage à travers l'intervention des voyageurs dans les missions d'infiltration des dériveurs pour les empêcher de réussir. Ici, les dériveurs nous apparaissent comme des agents sous couverture lorsqu'ils prennent possession de leur double pour mener à bien leurs tâches d'altération de l'Histoire. Cela donne du rythme au récit car très vite les personnages d'André David s'engagent dans un contre la montre pour devancer l'autre et parvenir à sauver l'humanité. Entre chapitres relativement courts et alternances de points de vue, André David se fait l'auteur d'un récit haletant. 

L'autre facette de ce roman est qu'il aborde son propos sous l'angle uchronique nous immergeant dans des épisodes décisifs de l'Histoire, tels le siège de Sébastopol qui a marqué la guerre de Crimée durant neuf mois et fut des plus meurtrier, ou encore la bataille de Camerone opposant une compagnie de la légion étrangère aux troupes mexicaines en 1863. On perçoit ces événements à travers le regard de Louis Maine lorsqu'il incarne le militaire français Louis Philippe Maine. L'auteur a poussé le soucis du détail en glissant en annexes de son livre les états de service de ce caporal, ainsi que la copie d'une lettre signée de sa main. Voici autant d'éléments qui contribuent à légitimer son récit.