L'influence du "gaming" à la littérature

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27/10/2026

Eva Martin, Destinés, éditions Critic

Eva Martin, Destinés, éditions Critic

Après Miska et De l'or dans les mains, Eva Martin enchaîne avec un nouveau titre qui s'intitule Destinés. Il vient tout juste de paraître aux éditions Critic. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Valen tout juste âgé de 16 ans est le prince parfait d'un royaume florissant. Il semble cumuler toutes les qualité : courageux, gentil et honnête. C'est bien simple, tout le monde l'aime. Un jour, alors que sa fête d'anniversaire bat son plein et que son père vient de l'introniser comme son successeur officiel, un terrible fléau vient de s'abattre sur le royaume étouffant toute vie sur son passage, à l'exception de celle de Valen et d'une huluberlue surnommée Folasse. Tous deux n'ont pas d'autre choix que de s'unir pour survivre et trouver des réponses. Mais ce qu'ils ignorent encore, c'est que Valen est au cœur d'une partie de Destinée lancée entre deux divinités et qu'une troisième, nommée Tricheur a décidé de corser le jeu. Impossible pour Valen et Folasse de rester les bras ballants lorsque les difficultés les entravent de plus en plus les mettant même en danger. Bien au contraire, les voici en route pour prendre leur revanche. 

Mon avis :

Avec Destinés, Eva Martin change totalement de registre en nous proposant ici, non pas de la fantasy épique, mais plutôt humoristique. 

La voici qui, comme Terry Pratchett en son temps, a décidé de jouer avec les codes du genre pour nous délivrer une aventure aussi drôle que décalée. 

L'histoire prend cadre dans un univers inspiré de l'Antiquité. En effet, elle nous entraîne tantôt au cœur de la cité de Narras ressemblant à s'y méprendre aux villes méditerranéennes, tantôt au sein du domaine des dieux. D'ailleurs, Narras semble bénie des dieux tant il y fait bon vivre et où le climat y est toujours doux pendant que d'autres lieux concentrent tous les fléaux de la terre. C'est à croire que les immortels se sont concentrés sur ce petit bout de terre oubliant le reste du monde. 

Ce qui n'est pas faux puisque sous la plume d'Eva Martin, les dieux sont quelque peu désabusés, préférant se distraire à coup de dés sur le dos de certains humains plutôt que d'exaucer leurs prières. 

Entre ces lignes, les divinités se divertissent donc en jouant à Destinée, un jeu de plateau en vogue pour déité désenchantée. Évidemment, ils le font à l'insu des mortels qui continuent de croire en eux dans une certaine mesure. Sans surprise, à force de ne pas réaliser les vœux, les humains finissent par croire de moins en moins en leur existence. 

Dans ce roman, le panthéon des dieux est largement moqué car ces derniers y sont présentés sous le jour peu flatteur d'êtres mesquins, calculateurs, menteurs et feignants. Rien de glorieux chez les divinités d'Eva Martin car elles sont plutôt décrites ici comme des êtres abjectes n'agissant que dans leurs intérêts personnels puisqu'ils préfèrent se jouer des humains que de les sauver des difficultés du quotidien et des catastrophes naturelles. 

En plus de s'attaquer aux figures divines, Eva Martin s'est également intéressée à l'image du héros, à travers son personnage de Valen. Il nous apparaît comme le jeune homme parfait pétri des plus belles qualités qui est né pour vivre un grand destin puisque c'est ainsi que les dieux l'ont décidé. Sur le papier, le plan semblait parfait entre la quête à mener, la belle demoiselle en détresse à sauver, sans oublier l'épée magique qui attend d'être libérée par l'élu. 

Mais c'est sans compter sur la facétie de l'autrice qui en introduisant le personnage de Folasse rebat les cartes d'un plan si bien dessiné. Aussi, l'histoire prend une tournure où il n'y a plus personne à sauver si ce n'est les deux personnages principaux de l'histoire eux-mêmes et que l'épée fabuleuse est complètement déjantée. 

Sans surprise, il en ressort un texte piqué de scènes ubuesques où le héros d'hier est plus souvent dépassé qu'à son tour laissant sa compagne de voyage prendre les rênes d'une expédition prenant des allures d'un road trip au goût de revanche. 

En cela, Destinés nous promet des moments de lecture savoureux car l'autrice y a détourné tous les éléments  qui font le sel d'un récit classique de fantasy. C'est inattendu et cocasse à souhait. 

Le succès de ce récit repose bien évidemment sur son improbable duo de personnages. Alors que son destin était écrit depuis sa naissance, Valen se retrouve très vite dépassé par la situation. Son rôle de héros est vite remis en question dans ce livre à cause du personnage de Folasse qui finit par lui ouvrir les yeux sur une réalité qu'il a du mal à accepter. Pour autant, sera-t-il à même de s'écrire une nouvelle destinée sans l'aide du script. 

Quant à Folasse, elle incarne la vraie héroïne de l'histoire. Personnage irrévérencieux qui déboule dans le roman tel un grain de sable venant bloquer les rouages d'une histoire pourtant bien ficelée. Électron libre, elle dispose d'un don tout à fait particulier lui permettant de comprendre la volonté des dieux. Tous la prennent pour une folle mais la vérité est ailleurs. Aussi, elle va prendre les choses en mains pour contrer les plans diaboliques des entités supérieures quoi qui lui en coûte. Atypique et drôle, son franc parler secoue les croyances et le conformisme dans lesquels Valen a grandi. Elle incarne l'élément perturbateur du récit qui renverse la donne initiale pour s'emparer de la place d'héroïne à part entière.

Pour conclure :

Avec Destinés, on plonge dans une fantasy haute en couleurs nous offrant un moment de lecture fort rafraîchissant.  A lire sans modération !

Fantasy à la Carte

Informations

A lire sur le blog, mes avis sur Miska et De l'or dans les mains. 

Eva Martin
Destinés
9782375793671
300 pages
Editions Critic

24/10/2026

Rebecca Yarros, Threshing Day, éditions Hugo

Rebecca Yarros, Threshing Day, 
éditions Hugo

Alors que toute la communauté des lecteurs de la première heure attendent le 4e opus de la saga, The Empyrean, avec beaucoup d'impatience, Rebecca Yarros en a décidé autrement. Ainsi, la sortie du tome 4, initialement prévue en 2026, n'aura donc pas lieu. 

Toutefois, elle nous propose un petit amuse-bouche qui vient juste de sortir en librairie, histoire de patienter jusqu'à la publication du saint graal. 

C'est un recueil de 14 nouvelles qui s'intitule Threshing Day et s'ouvre sur un préambule introductif d'un colonel prodiguant des conseils aux professeurs de dragonologie à transmettre aux étudiants du quadrant des cavaliers.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse. 

Mon avis :

Threshing Day signifie le jour du battage, autrement dit, la journée la plus importante pour un futur cavalier qui va se lier à jamais à un dragon ou mourir, voire être recalé. Cette consécration pour celles et ceux qui réussissent méritait bien que l'autrice s'y intéresse de plus près. 

Aussi, Rebecca Yarros nous propose de lire 13 nouvelles correspondant au jour du battage de 13 élèves de Basgiath. 

Il est à noter que certains de ses textes dévoilent des éléments de l'intrigue de la saga, notamment lorsqu'elle nous partage les souvenirs d'élèves intégrés l'année d'après l'entrée de Violet Sorrengail.

Mais d'autres datent d'avant sa propre arrivée comme les nouvelles correspondant au jour du battage de son frère et de sa sœur, Brennan et Mira. 

Plus que le plaisir de retrouver ce plaisant univers, l'intérêt d'une telle publication est de prendre de la hauteur par rapport à la saga originelle pour nous éclairer sur certains des choix scénaristiques qu'a pu faire Rebecca Yarros au fil de ses romans. 

D'ailleurs, beaucoup de ses nouvelles évoquent de près ou de loin le personnage principal de The Empyrean. En effet, sans la croiser directement, il est souvent question de Violet Sorrengail nous rappelant ainsi combien elle joue un rôle important dans plus d'une destinée. 

Toutefois il n'est pas question ici de rentrer dans les détails de chaque battage et vous spoiler ainsi le plaisir de la découverte. 

Mais ayez tout de même à l'esprit que chacun des textes est porteur d'émotions. Certaines rencontres vous feront très certainement mourir de rire, à l'image de celle de Ridoc et d'Aotrom, d'autres, au contraire, vous mettront les larmes aux yeux. Cela est inhérent à la personnalité ou au passé de chacun d'eux.

Chacune de ces nouvelles est un moment intime que l'autrice nous partage. Il ne s'agit pas seulement d'une rencontre explosive, parfois mortelle entre un dragon et un humain, mais plutôt d'en apprendre plus sur chacun des personnages secondaires, pour la plupart, notamment sur leurs peurs les plus profondes ou sur l'origine des liens qui les unissent. 

Ainsi, j'ai trouvé très réconfortant de lire les nouvelles concernant Garrick et Liam autant pour leur proximité avec Xaden que, soyons honnêtes, parce qu'ils sont particulièrement attachants. Chacun à leur manière nous dévoile finalement une autre facette de l'inflexible Xaden, à travers un aperçu de son passé remontant bien avant Basgiath. 

C'est tout bonnement récréatif que de prendre le temps de lire tous ces textes qui nous replongent avec délice dans les intrigues agitant le royaume de Navarre et son académie militaire. 

Ce moment suspendu est même trop court puisque Threshing Day ne comporte que 224 pages alors si je peux me permettre un conseil, savourez-en chaque ligne car ça se lit bien trop vite.

Enfin avant de conclure, je ne peux pas faire l'impasse sur l'objet-livre en lui même qui est très beau. Outre le joli jaspage piqué d'ombres de dragons, les éditions Hugo ont glissé au début de chaque texte une illustration du dragon avec lequel s'est lié le cavalier dont Rebecca Yarros nous partage ici l'histoire. On retrouve également en pages de garde, un autre magnifique dessin représentant une haie d'honneur de dragons et de leur cavalier. 

Les illustrations sont signées Joe Requeza et sont clairement la valeur ajoutée de ce livre en le transformant en objet précieux renforçant l'immersion. 

Threshing Day s'adresse avant tout aux lecteurs de la saga à cause des nombreuses références à la série originelle. Je vous déconseille donc de le lire avant comme si c'était une porte d'entrée sur cet incroyable univers car vous passeriez à côté de certaines subtilités. 

Pour conclure :

Enfin, même si la lecture de ce livre n'est pas nécessaire à la compréhension de l'histoire, il serait tout aussi regrettable de passer à côté de ce divertissant tête à tête avec les plus beaux personnages de ce cycle de romantasy. A bon entendeur!

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Fourth Wing, Iron Flame et Onyx Storm. 

informations

Rebecca Yarros
Threshing Day
9791042909536
224 pages
Editions Hugo

Lien vers le site

20/10/2026

Guy Gavriel Kay, De l'encre dans la nuit, éditions L'Atalante

Guy Gavriel Kay, De l'encre dans la nuit, 
éditions L'Atalante

Octobre marque le retour du mois de l'Imaginaire. Or, pour l'occasion, sur les étals des librairies fleurissent de très belles parutions. Aussi au programme du mois, les éditions L'Atalante nous ont réservé la très attendue sortie du nouveau titre de Guy Gavriel Kay. 

Voilà de quoi ravir les amateurs de ce désormais grand nom de l'imaginaire. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les édition L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Poète de taverne, Thierry Villar ne pensait pas se retrouver un jour à côtoyer de très près le pouvoir. Et pourtant le voilà contraint à devoir enquêter sur l'effroyable assassinat du frère du roi. Un meurtre, révélateur des luttes intestines pour le trône de Ferrière qui agitent autant les vieilles familles rivales que les ennemis de longue date. A Thierry de la jouer fine en nouant les bonnes alliances pour survivre à ce complot aux conséquences s'annonçant déjà très retentissantes. 

Mon avis :

Avec De l'encre dans la nuit, Guy Gavriel Kay signe à nouveau une très belle fresque de fantasy historique réhaussée d'un soupçon de magie. 

Son récit prend cadre en pleine guerre de Cent Ans qui a opposé les Français aux Anglais de 1337 à 1453. Conflit de 116 ans auquel s'est ajouté une lutte intestine entre deux familles rivales : les Bourguignons et les Armagnacs se traduisant par une véritable guerre civile qui a profondément affaibli la France. 

Guy Gavriel Kay fait débuter son histoire au moment de l'assassinat du frère du roi, Louis Ier d'Orleans, commandité par Jean sans Peur pour permettre aux Bourguignons de regagner en influence. Un jeu de pouvoir dû à la folie du roi Charles VI. 

L'auteur s'appuie sur ces éléments clés pour nourrir son intrigue tout en se jouant de l'Histoire. 

En effet, le récit se pare donc de notes uchroniques car l'auteur y multiplie les rencontres entre certaines figures de l'Histoire qui n'ont pas eu lieu dans la réalité mais viennent habilement servir son intrigue ici. 

Aussi, Jeanne d'Arc vient dans ce roman en aide à Charles VI en lui redonnant sa raison plutôt qu'à Charles VII pour lui remettre le trône. L'intérêt étant ici de rebattre les cartes pour donner aux évènements une toute autre saveur.  

D'autant qu'une certaine magie œuvre entre ces lignes. Celle-ci est d'ailleurs intimement liée à l'entremonde et donne quelques dons divinatoires à certains protagonistes. La manifestation de ce pouvoir est discrète mais bien utile pour servir les faits relatés dans ce roman et expliquer la tournure que Guy Gavriel Kay a choisie de donner à certains épisodes historiques. 

Derrière l'Histoire que met en exergue De l'encre dans la nuit, l'auteur nous plonge avant toute chose dans une enquête piquée de secrets d'État et de complots. 

Le récit n'en est que plus passionnant surtout en raison des nombreux dangers qu'encourt le héros. Hissé au rang d'enquêteur, ce poète de taverne n'a pas vraiment les épaules pour endosser un tel rôle et pourtant lui laisse-t-on un autre choix ? Côtoyer le pouvoir n'est pas de tout repos comme Thierry Villar en fera les frais plus d'une fois. 

La plume de Guy Gavriel Kay est à nouveau incisive pour tailler dans le tumulte de l'époque mais aussi très poétique pour nous livrer des morceaux choisis de poésie portés par la verve de son héro atypique. 

Le style est enlevé et entraînant ne laissant finalement aucun temps mort au lecteur. 

Guy Gavriel Kay y distille suffisamment de mystères et de suspense pour tenir ses lecteurs en haleine. 

Pour qui aime l'Histoire, c'est immersif et divertissant car ce livre joue beaucoup avec notre rapport au passé. 

L'auteur nous démontre que l'Histoire ne tient qu'à une succession de détails et que si l'un vient à manquer ou à intervenir à un autre moment, les évènements prennent donc une toute autre direction. 

Pour conclure :

Avec De l'encre dans la nuit, Guy Gavriel Kay s'est réapproprié une époque trouble avec beaucoup d'habileté pour nous en livrer une version intelligente et palpitante. Du grand art ! 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur : Voile vers Sarance, Le Seigneur des Empereurs, Tigane, Les Derniers Feux du Soleil et Comme un Diamant dans ma Mémoire. 

Informations

Guy Gavriel Kay
De l'encre dans la nuit
97910360002755
368 pages
Editions L'Atalante

15/10/2026

Stéphane Arnier, Voraces, T.2, La Dernière Transhumance, éditions Mnémos

Stéphane Arnier, 
Voraces, 
T.2, 
La Dernière Transhumance, 
éditions Mnémos

Avec la parution de Voraces, le tome 2 de la duologie de Stéphane Arnier, La Dernière Transhumance, l'heure du final a donc sonné.

En librairie depuis le 16 septembre, il était temps que je m'attelle à cette lecture. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Kaisu a enfin retrouvé sa fille Norda, son petit-fils Aslak, lui, est entre les mains des Vårks envahisseurs menés par le terrible Jarl, Måns. Chacun devra donc lutter coûte que coûte pour survivre surtout face à la menace grandissante des vitaux voraces que nul ne peut plus ignorer. Pour Kaisu et les siens, le temps est venu de s'engager dans un voyage périlleux sur les traces de ces vitaux migrateurs afin d'en comprendre les mystères et de trouver peut-être un remède au péril funeste qui les attend au bout du chemin. 

Mon avis :

Avec sa duologie, La Dernière Transhumance, Stéphane Arnier signe un récit de low fantasy poétique qui nous plonge dans une lente odyssée piquée de dangers et de révélations.

Point d'épique entre ses lignes mais un véritable héroïsme de la part de certains personnages. 

C'est un univers tourné sur une nature qui s'avère à la fois grandiose et inquiétante. Entre ces lignes la nature se pare des couleurs chatoyantes de l'automne annonçant le retour de l'hiver avec ses premiers frimas. Les descriptions sont très immersives et favorisent l'installation d'une atmosphère à la saveur toute particulière surtout qu'une magie est à l'œuvre. 

Si celle-ci était fugace dans le premier tome, elle est beaucoup plus marquée dans ce second volet. Intiment liée à la faune et à la flore, elle s'exprime par la perception de ces petits organismes aériens et colorés qui virevoltent dans l'air et s'accrochent aux végétaux et aux animaux. Si la majorité d'entre eux sont inoffensifs, les rouges appelés les voraces rendent littéralement fous ses porteurs en développant des appétits inassouvissables. Ces organismes colonisateurs transforment donc ses hôtes en véritables tueurs. Dans ce récit, la magie est pervertie rendant l'environnement dangereux car les humains et les animaux peuvent devenir d'impitoyables ennemis pour autrui.

Ce surnaturel permet à Stéphane Arnier d'explorer notamment la figure du monstre car le vorace exacerbe les plus bas instincts de son hôte. Si certains tentent de lui résister au mieux, d'autres y succombent avec délectation et sans la moindre honte. Ces voraces apparaissent finalement comme une métaphore du pouvoir qui saoule et fait perdre pied. Ils renvoient donc à la soif de possession et de domination. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si ces voraces s'épanouissent si facilement dans le cœur des colonisateurs les plus acharnés. 

Ce second tome est un tantinet plus sombre car piqué de scènes pour le moins horrifiques. La folie est si développée chez certains individus que la raison n'a plus sa place. 

10/10/2026

Étienne Cunge, La REP, éditions Critic

Étienne Cunge, La REP, éditions Critic

Étienne Cunge est déjà l'auteur de quatre romans de science-fiction. Son dernier en date vient tout juste de rejoindre les rayonnages des librairies. 

Il s'agit de La REP qui vient donc de paraître aux éditions Critic. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après l'ère ténébreuse marquée par l'effondrement des sociétés, l'humanité a tout de même survécu et s'est organisée d'une autre manière. C'est ainsi qu'est née la REP formant le dernier bastion de la technologie où chaque individu peut disposer d'une IA personnelle implantée dans son cerveau s'il le souhaite. Mais certains lui ont préféré l'appel des grands espaces rejoignant ainsi les rangs des peuples nomades. Depuis longtemps, un statu quo a été établi entre les deux basé sur des échanges de biens. Seulement tout bascule lorsque l'un des camps nomades se retrouve la cible de drones armés. Un épisode sanglant qui met à mal les relations et menace même la survie de tous. Un échappatoire est-il donc encore possible face au désastre annoncé ?  

Mon avis :

Avec La REP, Étienne Cunge signe un roman de science-fiction mêlant dystopie et utopie. En effet, il a choisi d'inscrire son intrigue dans un monde en reconstruction après l'effondrement des sociétés et une réduction drastique des populations. 

Dans son roman, il confronte deux modèles de société qui ont tout de même réussi à établir des relations basées sur du troc. Pour autant on en sait pas beaucoup plus sur les origines de ce fonctionnement, tout du moins au départ du roman. 

La REP, ou nouvelle république s'est donc bâtie sur les avancées technologiques. L'IA est omniprésente dans chaque individu et est même devenue un précieux allié dans la gestion du quotidien. Tout est rationné, un salaire universel a été instauré, et des espaces de cultures ont été régénérés. Mais pour que ce système soit viable, il doit se conformer à des règles et des lois strictes. Aussi, un contrôle de la natalité a été également mis en place. La liberté de vivre est finalement conditionnée ici à de nombreux devoirs. 

Quant aux peuples nomades, ils ont plutôt choisi de se confronter aux dangers des grands espaces. Ils ont appris à décrypter leur environnement et à lire le ciel pour orienter leurs déplacements. D'ailleurs, leur savoir ancestral se transmet oralement par le biais de chansons et d'haïkus. 

Entre ses lignes, Étienne Cunge met en exergue deux manières de vivre en y soulignant que chaque mode de vie a ses avantages et ses limites. Ainsi, de ce livre se dégage toute une réflexion autour de la meilleure approche pour aborder l'avenir. L'auteur y exploite des idées intéressantes mais qui se heurtent finalement aux travers de l'humanité. Cette soif de conquête semble ancrer dans l'ADN de certains de nos semblables. Ici, elle sert aussi à alimenter l'intrigue puisqu'elle est l'élément perturbateur pour faire basculer l'équilibre. 

06/10/2026

Maria Levski, La Malédiction de Waterdown, tome 1, éditions Château d'âmes

Maria Levski, 
La Malédiction de Waterdown, 
tome 1, 
éditions Château d'âmes

Maria Levski est une jeune autrice de romances contemporaines teintées de magie. La Malédiction de Waterdown est son deuxième roman. Il est paru aux éditions Château d'âmes en 2025. 

Découverte fortuite en librairie, j'ai immédiatement été séduite par la beauté du livre-objet et par le pitch très prometteur. 

Résumé :

Alyson, Skye et Margaret sont trois sœurs qui se sont un peu perdues de vue jusqu'au décès de leur grand-mère les obligeant à revenir à Waterdown en Écosse. Bien qu'elles y ont passé leur enfance, elles n'ont que peu de souvenirs du domaine. Mais l'hostilité des habitants de cette petite ville leur font bien ressentir que leur présence dérange, sans parler de la puissante famille Graham qui semble tenir la ville et détenir également des secrets sur leur propre famille. Mais peuvent-elles seulement leur faire confiance et répondre à la dernière volonté de leur aïeule sans le regretter au bout du compte ? 

Mon avis :

Avec La Malédiction de Waterdown, Maria Levski signe un récit où s'invite du réalisme magique. L'histoire prend cadre dans la cité fictive de Waterdown, située en plein cœur de l'Écosse. Un parti pris géographique qui a l'intérêt de voir fleurir ici et là des manoirs peuplés de fantômes et de secrets. Ce cadre est propice à instaurer une ambiance mystérieuse tirant peut-être même vers l'horrifique, qui sait ! 

On est informé dès le début qu'une malédiction pèse sur la lignée des Balfour. Celle-ci semble d'ailleurs être liée à un mythe local parlant d'une sorcière et d'un vagabond. Ainsi, une certaine magie plane sur ce livre, notamment à travers les découvertes que font les trois héroïnes sur leurs ancêtres. En outre, chacune à leur manière se découvre certaines prédispositions pour se connecter à leur passé familial. Que ce soit sous forme de visions ou de rêves, la magie du sang est à l'œuvre entre ces lignes et s'est réveillée depuis leur retour aux sources. 

Qui dit malédiction, dit menace. Aussi un danger s'installe progressivement au fil du récit. Celui-ci se manifeste notamment à travers le retour d'inquiétantes disparitions. Bien que palpable, le danger demeure non identifié. L'omniprésence de la fratrie des Graham n'est pas non plus pour rassurer car leurs intentions demeurent floues. 

Pour autant certains éléments auraient pu être davantage développés, comme le caractère inquiétant de cette famille Graham en jouant davantage sur les secrets que ses membres dissimulent. Ce genre d'intrigue se prête à une ambiance ténébreuse et pourtant ici il n'en est rien. L'autrice aurait pu davantage travailler le doute sur les intentions bonnes ou mauvaises des Graham vis-à-vis des sœurs Balfour, par exemple. Cela aurait eu le mérite de donner davantage de rythme à ce premier opus. 

Bien évidemment, il s'agit ici que d'un premier tome qui est surtout là pour poser le décor et les enjeux. Ce que Maria Levski fait. Toutefois, il m'a manqué ce petit quelque chose pour me captiver complètement d'autant que tous les éléments d'un bon roman sont là : les secrets familiaux, la vieille demeure, une ancienne magie, une malédiction et de l'amour impossible. 

Avec ce tome 1 de La Malédiction de Waterdown, Maria Levski signe donc une mise en bouche qui ne demande qu'à s'épanouir. 

29/09/2026

Alexiane Thill, Ombre noire, tome 4, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill, 
Ombre noire, 
T.4, 
Le Dernier Conte, 
éditions Hugo poche

La parution d'Ombre noire marque le point final de cette série au long cours écrit en quatre tomes. 

Si dans le tome précédent, les révélations se pressaient entre ses pages pour nous donner les clés de cet incroyable univers, le quatrième volet, lui, va davantage se consacrer à l'ultime et nécessaire affrontement entre l'ensemble des protagonistes du Dernier Conte qu'ils soient Héros ou non. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie à nouveau Olivia pour sa confiance renouvelée. 

Résumé :

Après avoir découvert la vérité sur les Contes, Warren et Ariane se retrouvent séparés. Alors que lui est de retour dans les Basses-Terres chargé de la mission d'informer les Monarques sur les véritables desseins de Marraine, elle, doit affronter la bonne fée et le machiavélique Pan afin de les empêcher ou tout du moins les ralentir dans l'accomplissement de leur ignoble projet. Affaiblis et ébranlés, trouveront-ils la force nécessaire pour triompher de leur némésis ? 

Mon avis :

En puisant dans les contes de fées pour construire son univers, Alexiane Thill nous rappelle la richesse et surtout le précieux trésor que représentent toutes ces histoires compilées au fil du temps qui nourrissent l'imaginaire collectif. 

La fantasy se nourrie clairement des mythes, des légendes et des contes que les auteurices reconnaissent ou non ces emprunts dans les mondes qui prennent vie sous leur plume. Or, dès les premières lignes de son récit, Alexiane Thill, elle, revendique cette héritage culturel qu'elle a grandement retravaillé pour nous immerger dans un véritable jeu de pistes afin d'identifier les contes mis en valeur ici et d'apprécier ou non ce qu'elle en a fait. 

C'est ce choix qui rend ce récit particulièrement immersif incitant à la réflexion et à l'introspection dans ses souvenirs de lectures. 

Le Dernier Conte nous entraîne dans un monde parallèle où l'on rencontre des trolls, des sirènes, des léviathans, des ogres, des fées, des sorcières... bref tout une communauté surnaturelle qui nous permet d'identifier directement l'environnement fantasy dans lequel on est propulsé. 

L'autrice mélange tous les tropes que l'on aime retrouver dans ce genre : les créatures chimériques, la lutte entre le bien et le mal, des batailles épiques, de la magie, des protagonnistes "grumpy sunshine" et même de la romance slow burn. 

Toutefois, ce quatrième opus nous rappelle que l'univers des Contes est parallèle au nôtre et que la fin va incomber le retour de Warren d'où il vient car il n'est pas originaire de là. 

26/09/2026

Alexiane Thil, Perle bleue, tome 3, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill,
Perle bleue,
 T.3,
Le Dernier Conte,
éditions Hugo poche

En signant sa saga du Dernier Conte, Alexiane Thill offre à ses lecteurs un voyage totalement dépaysant au pays des contes de fées. 

Personnellement, j'ai dévoré chaque page de Pomme d'or et de Rose rouge. Il n'était donc pas question de retarder ma lecture de Perle bleue d'autant que l'autrice a la fâcheuse habitude de conclure ses romans sur d'insoutenables cliffhangers. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Cherchant toujours un moyen pour empêcher la Nuit d'advenir, Warren et Ariane ont l'idée de s'unir. Toutefois la cérémonie est interrompue par la survenue des troupes de Blanche-Neige qui cherchent toujours à leur mettre la main dessus. Or, pour leur échapper, ils n'ont pas d'autre choix que de prendre la direction de la côte. Là-bas, ils retrouvent une vieille ennemie de la fée et s'associent à un pirate pour tenter de franchir la Barrière d'Écume et atteindre Neverland car c'est leur dernier espoir d'y trouver une solution. Mais ne vont-ils pas juste se mettre dans la gueule du loup ? 

Mon avis :

Comme dans ses tomes précédents, Alexiane Thill explore de nouveaux contes car ils sont les pièces maîtresses de cet univers foisonnant de fantasy. Or, en voyant ses protagonistes se rapprocher de la côte et embarquer à bord d'un navire, on devine de suite le conte qui sera, dans un premier temps, mis à l'honneur ici, à savoir La Petite Sirène. 

D'ailleurs, il est à noter qu'Alexiane Thill demeure plutôt fidèle au conte d'Hans Christian Andersen. Ainsi, cette version du conte s'est bien accomplie et les personnages du Dernier Conte en subissent les conséquences et tentent de dénouer les fils de l'histoire pour s'en servir à leur avantage. 

La plume d'Alexiane Thill se montre à nouveau très ingénieuse dans les emprunts qu'elle fait pour tricoter sa propre histoire. 

Après la forêt maudite et les marais, elle nous embarque donc en pleine mer à la rencontre de nouvelles créatures. Elle a, à nouveau, lâché la bride à son imagination pour donner vie à des êtres aussi incroyables que ténébreux. En variant les décors qui servent d'écrin à son histoire, l'écrivaine conforte notre évasion tout en renforçant l'atmosphère horrifique qu'elle a impulsée à son univers dès le premier roman. La corruption qui s'est lentement installée dans les différents mondes est juste glaçante. Aussi, l'ambiance est de plus en plus lourde et dérangeante. 

Dans Perle bleue, l'action est à son comble surtout lorsque le navire sur lequel ont embarqué les héros du Dernier Conte chevauche une mer déchaînée remplie de créatures monstrueuses qui ne ressemblent en rien au dessin animé naïf de Walt Disney. En effet, les sirènes d'Alexiane Thill sont effrayantes, diaboliques et puissantes. Le conte étant perverti, on en attendait pas moins de l'autrice que de nous brosser le portrait de créatures à nous flanquer la chair de poule. 

C'est un tome riche en batailles très épiques. L'autrice emprunte bien volontiers au roman de piraterie pour piquer son récit d'affrontements maritimes très immersifs. Le spectaculaire est donc de la partie, tout comme les révélations qui commencent à fleurir surtout à travers les souvenirs d'Ariane car ces derniers refont surface de plus en plus rapidement. 

Dans ce troisième volet, l'autrice joue sur nos nerfs en soufflant le froid et le chaud, ce qui met d'ailleurs nos cœurs à rude épreuve. La tension monte crescendo dans ce tome en raison de duels aussi inattendus qu'ébouriffants. 

En outre, Alexiane Thill se montre très habile pour faire le lien entre les deux contes mis en lumière ici puisque tout repose sur l'introduction d'un personnage dont le passé familial et une déconvenue de son présent assurent la connexion entre les deux. C'est brillant et bien vu ! 

Dans Le Dernier Conte, l'autrice se plaît à montrer l'envers du décor, à mettre en avant les réalités qui se cachent derrière les histoires. 

Or, c'est au Pays Imaginaire que tout semble se jouer, ou tout du moins qu'une vérité attend d'être découverte. 

22/09/2026

Alexiane Thill, Rose rouge, T.2, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill, Rose rouge, 
T.2, 
Le Dernier Conte, 
éditions Hugo poche

Après avoir bien accroché au premier tome de la série Le Dernier Conte d'Alexiane Thill, je ne pouvais donc qu'enchaîner avec la suite. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après avoir échapper in extremis aux griffes de Blanche-Neige, Ariane et Warren ont pris la route en compagnie de l'apothicaire Marcus et des nains, Dee et Tif pour aller se mettre à l'abri du courroux de la Monarque de Schneefall et poursuivre leur quête de trouver une Héroïne. Chemin faisant, les ennuis ne vont pas manquer de se succéder, alors seront-ils capables de surmonter l'adversité jusqu'au bout ? 

Mon avis :

Avec Rose rouge, Alexiane Thill poursuit l'exploration de son univers incroyable en y instillant des notes plus sombres, touchant même à l'horrifique. Si dans le premier volet, l'autrice s'est attelée à nous livrer une autre version du conte de Blanche-Neige, dans ce deuxième tome, elle a choisi d'entremêler l'histoire de La Belle et la Bête à celle de Cendrillon. Deux contes qui n'ont rien avoir l'un avec l'autre mais qui pourtant, dans la réécriture d'Alexiane Thill matchent très bien ensemble. 

Rose rouge se présente comme un road trip dans lequel les protagonnistes se sont lancés pour échapper à leurs poursuivants. Or, celui-ci va les emmener au cœur d'un territoire recouvert de brume et où sévit une créature non identifiée mais qui laisse derrière elle un sillage de disparitions inexpliquées et  de quelques cadavres horriblement mutilés. 

Très vite, Alexiane Thill installe dans son roman une atmosphère pesante où l'horreur se confronte à l'incompréhension. 

Des marais à perte de vue, un brouillard insondable, des rugissements effrayants et ces bien trop nombreuses disparitions, tels sont les ingrédients sur lesquels se basent les trois quarts de ce tome 2. 

Tout est réuni pour frissonner et tenir en haleine le lecteur quant à l'étendu des mystères que nous réserve ce présent récit. 

En outre, ce livre nous permet également d'en apprendre plus sur la fée Ariane qui commence à avoir des réminiscences de son passé car ses souvenirs la fuient depuis quelques années et elle tente également de lutter contre ce phénomène en sus de tenter de mener à bien sa quête. 

C'est donc un roman qui est piqué de quelques révélations autant sur l'univers des Contes que sur le passé de la fameuse Fée Tempête. 

L'immersion est donc totale et l'intérêt pour cette plaisante saga pleinement maintenu. 

D'autant que La Belle et la Bête reste mon conte préféré et je dois vous avouer que la réécriture proposée par Alexiane Thill est aussi glaçante que poignante. 

18/09/2026

Alexiane Thill, Pomme d'Or, T.1, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill, Pomme d'or, 
T.1, 
Le Dernier Conte, 
éditions Hugo Poche

Alexiane Thill est avant tout connue pour sa série de romance historique, Les MacCoy. Pourtant, elle est également l'autrice d'une autre série s'inscrivant cette fois-ci dans un contexte de fantasy. Celle-ci s'intitule Le Dernier Conte et autant vous le dire de suite, j'avais très envie de lire cette nouvelle réinterprétation des contes de fées. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Ariane est la dernière fée encore en vie. Depuis la disparition de Marraine et de ses sœurs, l'univers des Contes est fortement menacé par la Nuit qui approche. L'obscurité entraînerait sans surprise la mort de toutes choses. Ariane est donc le dernier espoir sauf que sa magie à elle est faible et elle ne sait pas trop comment s'y prendre pour remédier à la situation. Elle a juste l'idée de tenter de recréer un conte et pour cela, il lui faut trouver un Héros qu'elle vient dénicher dans notre monde, et plus particulièrement à Disneyland Paris. C'est ainsi que le castmember Warren se retrouve embarqué, bien malgré lui, dans le monde des Contes à devoir endosser un costume sans doute trop grand pour ses frêles épaules. Mais s'il veut retrouver le chemin de retour, il n'a pas d'autre choix que de coopérer. Enfin si une fin heureuse est encore possible ? 

Mon avis :

Avec Le Dernier Conte, Alexiane Thill nous entraîne donc au cœur d'une fantasy urbaine infusée aux contes de fées. L'univers qui prend vie sous cette plume de l'imaginaire se matérialise sous la forme d'un arbre, appelé le Sphérier, qui connecte les mondes entre eux. Chacun d'eux perçoit les échos des autres qui se transmettent de génération en génération sous la forme d'un héritage collectif. Notre monde fait partie du lot, ainsi que celui des Contes. Seulement ce dernier est en péril depuis la disparition progressive des fées, dont la plus importante d'entre elles, Marraine la bonne fée. En effet, c'est elle qui est à l'origine de chaque conte qu'elle créait grâce à sa puissante magie. Or, maintenant qu'elle n'est plus là, le Crépuscule s'est invité annonçant la venue de la Nuit éternelle qui ne manquera pas d'étouffer la moindre étincelle de vie en raison de l'absence de jour. Il n'y a donc pas d'autre choix que de recréer un conte pour réactiver la magie qui maintient en place l'existence de ce monde. Seulement le mode d'emploi semble s'être perdu en même temps que la disparition de Marraine. 

En fait dans Le Dernier Conte, il existe deux magies qui se complètent. Il y a celle propre aux contes qui est fondatrice et nourricière, et celle des arcanes étant nettement plus sauvage et instable. Or, la dernière fée ne semble maîtriser que la magie des arcanes qui, de prime abord, ne lui sera donc pas d'une grande utilité pour atteindre son but. 

En outre, ce monde des Contes se divise en deux plans : les Hautes-Terres correspondant au Pays Imaginaire et servant de berceau à la magie du Conte et les Basses-Terres regroupant les royaumes et principautés des différents peuples, tels les humains, les gnomes ou les nains. Ils sont administrés par les Héros et les Héroïnes qui ont obtenu leur Fin Heureuse. 

Plus que de se nourrir des différents contes, Alexiane Thill nous en propose une réinterprétation fort intéressante. Ainsi, Pomme d'Or met à l'honneur l'histoire de Blanche-Neige que l'on redécouvre sous un jour nouveau. L'autrice a retravaillé les portraits des héros et des méchants de notre enfance pour nous en livrer une version à la fois glaçante et bluffante. 

15/09/2026

Fabien Clavel, Feuillets de Brume, Les Nouvelles éditions ActuSF

Fabien Clavel, Feuillets de Brume, 
Les Nouvelles éditions ActuSF

Feuillets de Cuivre est le tout premier roman que j'ai lu de Fabien Clavel et j'ai de suite été emportée par la beauté de sa plume et son imaginaire débordant. 

C'était en 2021 et depuis lors, j'ai continué à explorer certains de ses autres récits, tels La Niréide, Abyss. Le Trône Vide, Buffy. Baroque Épopée ou encore Légendes des Mondes d'Aria. 

Vous remarquez l'éclectisme de ses textes car Fabien Clavel est un auteur qui aime se confronter à tous les genres. Le moins que l'on puisse dire est que cela lui réussit très bien. Sa bibliographie est d'ailleurs très impressionnante. 

Feuillets de Brume est son nouveau roman. Il paraît le 17 septembre prochain chez Les Nouvelles éditions ActuSF. 

Quel honneur pour moi de le lire en avant-première et de pouvoir ainsi poursuivre les aventures de l'inspecteur Ragon. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Dans Feuillets de Brume, on suit l'inspecteur Ragon dans certaines de ses enquêtes menées entre 1871 et 1910 aux quatre coins de Paris et même au-delà, du côté de la Normandie. Entre meurtres sordides et disparitions inquiétantes, Ragon a encore une fois de quoi faire travailler ses méninges. D'ailleurs sa curiosité intellectuelle sera d'autant plus nourrie qu'il devra même faire face à quelques vérités sorties tout droit de son passé. Mais sera-t-il prêt à tout entendre et accepter ce nouveau départ que la vie semble vouloir lui proposer ? 

Mon avis :

Feuillets de Brume prend cadre dans un contexte historique très riche. En effet, en 1870 la IIIe République succède au Second Empire après la défaite de la France contre la Prusse et la capture de Napoléon III. Pour autant, le régime demeure fragile car la France va traverser de nombreuses crises politiques, financières et idéologiques. Cela va se traduire par des moments de tension, à commencer par la Commune en 1871 lorsque le peuple de Paris s'est insurgé contre le gouvernement en place. Cet épisode est d'ailleurs marqué par l'adoption de réformes démocratiques, laïques et sociales. Il y a eu également la crise boulangiste entre 1886 et 1889 menaçant de renverser à nouveau le régime par un coup d'État, puis les attentats anarchistes entre 1893 et 1894. Et enfin, l'erreur judiciaire doublée d'un scandale antisémite que fut l'affaire Dreyfus et qui divisa tant la France entre 1894 et 1906. 

Le cadre posé est riche et se révèle d'ailleurs être le parfait terreau pour permettre à Fabien Clavel de développer ses intrigues mélangeant habilement réalité et imaginaire. 

D'autant que la magie imaginé par l'auteur est particulièrement surprenante. En effet, Fabien Clavel ne fait pas que jouer avec l'Histoire mais aussi et surtout avec la littérature. Aussi, les grandes œuvres débordent dans notre monde pour venir se réécrire d'une autre manière et influencer les évènements en cours. C'est particulièrement intelligent et permet à la fois de nourrir la culture des lecteurs tout en jouant avec eux. 

Comme son précédent roman, Feuillets de Brume est un véritable hommage aux belles lettres. L'auteur nous propose même une réinterprétation de certains monuments littéraires français, classiques ou populaires, a également piqué ses textes de nombreuses références aux œuvres sacrées nous entraînant ainsi au fil des épisodes dans un jeu de pistes fort récréatif. 

11/09/2026

Stacey McEwan, Les Artisans, T.1, A Forbidden Alchemy, éditions Olympe

Stacey McEwan, Les Artisans, 
T.1, 
A Forbidden Alchemy, 
éditions Olympe

Après une première trilogie de romantasy intitulée Glace, Stacey McEwan a repris la plume pour nous livrer le premier tome d'une nouvelle série de fantasy qui s'annonce déjà exceptionnelle. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A douze ans, les enfants des villages miniers de Fosse Belvère sont envoyés à la capitale, Belville afin de tester leurs capacités magiques. Pour Nina de Cachot, c'est l'occasion rêvée de s'extraire de sa condition en devenant une puissance magicienne au service du pouvoir. Pour le jeune Patrick de Claircoteau, c'est la crainte d'être éloigné des siens s'il était choisi. Ensemble, ils vont faire une découverte inattendue qui va faire basculer leur destin à tout jamais. Bien des années plus tard, alors que la révolte gronde, Nina recroise la route de Patrick qui lui propose un étrange marché. Mais peut-elle réellement lui faire confiance après toutes ces années? 

Mon avis :

A Forbidden Alchemy est une romantasy dotée d'un worldbuilding très riche. En effet, Stacey McEwan s'est inspirée du XIXe siècle à travers l'essor de l'exploitation minière et notamment l'extraction du charbon qui bat son plein pour donner un cadre fort crédible à son récit. 

L'univers qu'elle a imaginé s'appelle Fosse Belvère et est peuplé de villages miniers où le charbon est extrait au prix du sang par les Façonniers et est dominé par la capitale, Belville où siègent les Artisans, seuls détenteurs de la magie. 

Or, pour tenter d'améliorer leurs conditions de vie et de travail, les Façonniers multiplient les mouvements de grève. Mais chacune de leurs manifestations est violemment réprimée par le pouvoir en place. Dès lors une coalition se forme. 

A sa tête les membres d'une famille qui tiennent leur petit monde dans une poigne de fer n'hésitant pas user, à leur tour, de violence si nécessaire afin de se faire entendre et craindre. 

Ils sont d'ailleurs volontairement comparés à des gangsters par la chambre des Lords et nous rappelle la série Peaky Blinders car l'autrice y emprunte la même esthétique. 

L'univers dépeint est particulièrement immersif oscillant entre ombre et lumière. Le dur labeur, la saleté et la peur de mourir font le quotidien des Façonniers au cœur des mines, tandis que les plus aisés évoluent en pleine lumière dans l'opulence et la magie. 

Entre ces lignes, cette dernière se retrouve entre les mains de quelques élus capables de commander à l'eau, à la terre ou au feu, par exemple. On les appelle ici des charmeurs mais leur prédisposition est conditionnée à la prise d'une substance rare et précieuse, l'idium, que seuls les alchimistes sont capables de produire. 

Ce système de magie est fort ingénieux et s'intègre habilement à l'intrigue tissée de lutte et de mensonges d'État. 

Dès les premières lignes, on perçoit le propos social porté par l'autrice qui met ici en exergue une lutte féroce des classes. On retrouve d'ailleurs les mêmes leviers utilisés par les classes populaires pour obtenir des avancées sociales, à savoir la grève. 

Dans son roman, Stacey McEwan dénonce les injustices perpétrées au nom du profit des castes dites supérieurs. En outre, elle met à jour les mensonges et les manipulations utilisés par le pouvoir pour se maintenir en place. Enfin, il y a tout un questionnement sur les moyens utilisés pour faire gagner la cause. Finalement, le fil directeur de ce livre est de savoir si tout peut être permis pour renverser le pouvoir lorsque celui-ci est inique et injuste ? 

A Forbidden Alchemy est un récit engagé qui parle d'idéaux et de valeurs tout en confrontant l'âme humaine à ses pires dilemmes. 

On y suit tour à tour Nina et Patrick, deux âmes broyées par le système. Elle souhaite devenir une Artisane et s'affranchir ainsi de ses origines modestes. Pour y parvenir, elle réussit à intégrer l'institut après la cérémonie des prélèvements et devient une puissante charmeuse de terre. Mais Nina est vite rattrapée par les évènements et lorsqu'on lui demande de choisir son camp, elle prend la fuite. Tiraillée entre deux mondes, Nina va mûrir dans le sang et les larmes pour embrasser un destin où elle pourrait être l'étincelle qui fait la différence. Patrick lui s'est dessiné un autre destin. Secret et mystérieux, il a le mental d'un meneur d'hommes. Son charisme et son autorité naturelle font de lui un être à part. Aussi inquiétant qu'attirant, nul ne reste insensible à son charme ténébreux, surtout pas Nina qui tombe bien malgré elle dans sa toile. Incandescent, il incarne certaines valeurs mais son intransigeance pourrait bien lui faire tout incendier. 

Pour conclure :

Avec A Forbidden Alchemy, les éditions Olympe accueillent dans leur catalogue un nouveau récit de très grande qualité riche de thématiques variées et une fluidité dans le récit fort appréciable. Alors, je ne peux que vous recommander de le glisser dans vos PALs d'automne et autre Pumpkin Autumn Challenge. La DA du livre s'y prête sans parler des thématiques : alchimie, école, secrets...ect. Foncez donc en librairie car il vous y attend déjà !

Fantasy à la Carte

Informations

Stacey McEwan
Les Artisans
T.1
A Forbidden Alchemy
9782073124807
570 pages
Editions Olympe

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07/09/2026

Nox, Là où poussent les coquelicots, éditions Plume Blanche

Nox, Là où poussent les coquelicots, 
éditions Plume Blanche

Nox est une jeune autrice d'imaginaire dont j'avais envie de découvrir le travail surtout après vu le déferlement d'avis dithyrambiques sur les réseaux sociaux suite à la sortie de son roman, Là où poussent les coquelicots. 

Il faut bien avouer que l'effervescence autour de ce roman a clairement attisé ma curiosité d'autant qu'un exemplaire dormait tranquillement dans ma bibliothèque depuis un certain temps. 

En effet, j'ai acheté ce livre l'année dernière dans le cadre de la mystery box des éditions Plume Blanche. Vous serez d'accord avec moi, il était donc plus que temps de le sortir de la pile pour m'atteler à sa lecture.

Résumé :

Bien que Kat Evander appartienne au clan d'Athéna, elle ne se sent pas l'âme d'une guerrière et est plutôt attirée par la déesse Hécate dont le culte est aujourd'hui interdit. Alors qu'elle doit dissimuler à tous sa véritable identité, il est temps pour elle de vivre sa première Saison. Évènement majeur où chaque descendant des dieux doit exceller à chacune des épreuves qu'il va devoir affronter. La mère adoptive de Kat compte bien profiter du moment pour déclarer officiellement la jeune femme comme sa successeuse même si cela va à l'encontre des désirs de cette dernière. Mais qu'importe car le temps est à la survie et pour cela, Kat dispose de la meilleure des armes : les mensonges. Seulement à ce jeu, elle pourrait trouver plus fort qu'elle, qui sait ! 

Mon avis ;

Là où poussent les coquelicots est une romantasy très sombre infusée à la mythologie grecque. 

En effet, pour construire son univers, Nox s'appuie sur la disparition des dieux grecs due à la perte de croyance en leur existence. Toutefois des clans se revendiquant appartenir à telle ou telle divinité subsistent. Leurs membres bénéficient d'ailleurs encore de certaines grâces divines. Or, même si des alliances sont nouées, la plupart des clans demeurent rivaux et sur leurs gardes pour prévenir toute trahison, surtout que des monstres continuent de s'échapper des Enfers. Bien que les descendants d'Arès tentent de les contrer, cette guerre est loin d'être gagnée. Pour beaucoup, la présence de ces monstres est le prix qu'ils doivent encore payer de la trahison d'Hécate même si elle-même n'existe plus tout comme son clan qui a été éradiqué. C'est dans ce contexte que prend cadre le récit de Nox. Un monde où la magie est bannie car crainte. 

Dans son roman, les dieux sont omniprésents car Nox se réapproprie fort habilement des éléments notables des mythes pour donner une grande crédibilité à son monde. Aussi entre ces lignes on retrouve, par exemple, la mention de la torche dont use Hécate pour conduire Déméter auprès de sa fille Perséphone au cœur des Enfers. Il est également question de sa fonction de gardienne des clés. La réappropriation que nous propose Nox dans Là où poussent les coquelicots est très efficace et offre un bel écrin à son intrigue qui se révèle au fil des pages très prenante. 

Là où poussent les coquelicots est une histoire pleine de mensonges, de secrets et de non-dits. Il revient donc à chaque lecteur de démêler le vrai du faux dans ce récit complexe et prenant. 

En outre, la romance qui prend place dans ce livre n'est pas centrale à l'histoire. Elle n'est finalement là que pour adoucir les angles d'un texte âpre. 

Sachez que le récit est sombre et violent. Des personnages sont battus et torturés. Dès le début, on est averti que l'on ne sortira pas indemne de cette lecture. 

Et pour cause, l'autrice y questionne beaucoup la figure du monstre. Celle-ci prend d'ailleurs rarement les traits que l'on attend. Elle parle aussi du deuil et de la mort. Certains passages sont émotionnellement durs, voir insoutenables. 

Enfin, la quête de soi est également au cœur de ce roman puisque la protagoniste principale cherche à s'émanciper de l'identité qu'on lui a imposé pour embrasser ses véritables origines. 

A l'image de son roman, Nox nous brosse le portrait de personnages gris. Tous ont deux visages et ne sont donc ni blancs ni noirs. Chacun étant enfermé dans ses mensonges pour maintenir le masque qu'ils se sont choisis. C'est le cas pour son duo de personnages principaux donnant à cette histoire une saveur toute particulière. 

Kat est tiraillée entre son devoir envers sa famille d'adoption et ses véritables désirs. Elle s'est construite sur des mensonges et des secrets. Cela fait d'elle un personnage ambivalent car à la fois forte et pour autant également pleine de fêlures. C'est clairement un protagoniste très badasse qui n'hésite pas à se mesurer à plus fort qu'elle. Elle est particulièrement intelligente et rusée. Pour autant, il lui suffit d'une seule rencontre pour que son masque de froideur se fissure et nous dévoiler des pans de sa personnalité la rendant encore plus attachante à nos yeux. 

À ses côtés se tient Len, un homme puissant qui se révèle être aussi ténébreux que secret. Alors que tous le prend pour un soldat implacable et un tueur sanguinaire, la vérité est plus complexe qu'il n'y paraît. Len dissimule sous une carapace épaisse de profonds traumatismes que Kat va faire remonter à la surface sans réellement le vouloir. C'est une âme torturée, un chien fou que l'on a finalement juste envie de protéger.  Les liens qui unissent ces deux êtres  sont aussi inattendus que touchants.

Avec de telles âmes écorchées vives, on imagine sans mal que leur amour va mettre ce roman à feu et à sang. 

À la lecture du premier chapitre, j'ai craint le pire, à savoir de me retrouver dans un relationnel toxique que je n'avais clairement pas envie de lire à cet instant mais quelques pages plus tard, on découvre, à mon grand soulagement, une toute autre réalité.

Pour conclure :

Là où poussent les coquelicots est une histoire tissée de larmes et d'espoir qui prend aux tripes pour nous laisser pantois à la fin. Alors accrochez-vous car il se peut que votre cœur saigne arrivé à la dernière page de ce livre. 

Fantasy à la Carte

Informations

Nox
Là où poussent les coquelicots
9782381991641
456 pages
Editions Plume Blanche

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