L'influence du "gaming" à la littérature

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13/03/2026

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, éditions ActuSF

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, 
éditions ActuSF 

Jeune auteur de bande dessinée, Alexandre Decrauze vient de signer sa toute première œuvre chez Les Nouvelles éditions ActuSF. Celle-ci s'intitule Les Mille Verbes et rejoint Fahrenheit 451 de Victor Santos au sein de la collection Ithaque

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Mécréant, Claude Horville a des rêves de grandeur. En effet, il se voit riche avec un titre de noblesse. Et pour atteindre ses objectifs, il est prêt à tout, y compris voler et assassiner si cela s'avère nécessaire. Mais sa vie bascule le jour où il se retrouve maudit. Dès lors, il n'a pas d'autre choix que de se lancer dans une course contre la montre pour retrouver la bohémienne, à l'origine du sort le condamnant à mort lorsque son millième mot sera prononcé. Mais arrivera-t-il à la retrouver à temps ?

Mon avis :

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze nous propulse au 18e siècle, période trouble marquée par la Révolution française. Le contexte est donc propice à la violence dont use et abuse, d'ailleurs, le personnage principal de cette bande dessinée. Le décor posé est sombre et sanglant. En outre, une certaine magie s'éveille entre ces pages et prend la forme d'une malédiction aussi originale qu'inéluctable pour le personnage maudit. En effet, Alexandre Decrauze a imaginé que celle-ci prenait la forme d'un nombre de mots limités à prononcer et lorsque le dernier serait atteint, cela signerait le glas pour le maudit. 

Voilà qui ne manque pas d'insolite -  vous en conviendrez - et pousse le protagoniste principal à rivaliser d'ingéniosité pour tenter de remédier à l'inéluctable. Tout va donc y passer, la violence et la menace pour retrouver la donzelle, ou la décision radicale de faire vœu de silence en rentrant dans les ordres. 

Seulement ne dit-on pas que la nature revient toujours au galop et que nul ne peut échapper son destin ? 

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze signe une bande dessinée tournée vers l'action et le suspense. Aussi, Claude de Horville ne connaît aucun répit et nous entraîne à bride abattue à travers la France pour remonter la piste, plutôt froide au demeurant, de la fameuse bohémienne, responsable de tous ses tracas. Il en ressort un scénario très bien rythmé. Aucun temps mort entre ces planches car l'enjeu est grand, en tout cas pour le héros. 

A travers ce personnage de Claude de Horville, Alexandre Decrauze table d'ailleurs sur la figure de l'anti-héros. En effet, contrairement au schéma que l'on retrouve bien souvent en littérature, il ne s'agit pas ici de mettre en scène un méchant en quête de rédemption. Bien au contraire Claude de Horville demeure un mauvais garçon jusqu'au bout de l'aventure. Bien que responsable de sa situation, il ne cherche pas à se racheter mais juste à trouver le moyen de contourner la réalité pour tirer profit des situations et finalement réussir à se sortir de ce mauvais pas sans rien assumer de ses actes. 

Seulement est-ce que le destin lui laissera ce loisir ? 

Les Mille Verbes est une jolie bande dessinée qui nous offre une grande aventure piquée de bagarres, de rebondissements et de mystères. 

Construite à la manière d'une pièce de théâtre, l'histoire se déroule quatre actes avant que le rideau ne tombe. L'approche est originale et plutôt divertissante. Le graphisme est épuré. L'auteur joue beaucoup sur les ombres et les silhouettes. L'écrin est beau, notamment par ce choix d'une couverture très chatoyante qui capte le regard et suscite l'intérêt immédiatement. 

C'est encore une fois une très jolie bande dessinée qui rejoint cette collection Ithaque. Notons qu'il s'agit d'un grand format de 220 pages permettant à l'intrigue de s'épanouir. 

Les Mille Verbes reste un hymne à la littérature et aux belles lettres. L'auteur nous y propose un savant mélange entre subtilités graphiques et jeux de mots. Le talent est bien au rendez-vous même si je ne suis pas plus sensible que cela aux dessins. 

Par le truchement de son personnage principal, Alexandre Decrauze évoque le poids des erreurs et du passé. A travers cette malédiction qui pèse sur lui, c'est la mise en exergue de toute une philosophie autour du destin et des choix de vie dont il faut assumer toutes les conséquences même les plus néfastes et les plus inattendues. 

Pour conclure :

Avec Les Mille Verbes, la collection Ithaque s'enrichit d'un nouveau titre aussi insolite que récréatif. 

L'auteur y maintient une tension narrative tout au long de ses planches qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière bulle grâce à un personnage hauts en couleurs que l'on n'est finalement pas prêt d'oublier. 

Fantasy à la Carte

Informations

Alexandre Decrauze
Les Mille Verbes
9782376867180
232 pages
Collection Ithaque
Editions ActuSF

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09/03/2026

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link est une nouvelliste de fantasy, de science-fiction et d'horreur qui a déjà une belle renommée. 

En effet, certains de ses textes ont remporté de nombreuses distinctions, parmi les plus prestigieuses comme les prix Hugo et Locus, pour ne citer qu'eux, qui ont notamment récompensé, "Le Sac à mains féérique". 

The Book of Love est son premier roman. Il vient de paraître en français aux éditions Albin Michel Imaginaire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Laura, Daniel, Mo et un certain Bowie viennent de revenir à la vie. Aucun d'eux ne sait comment il est mort et surtout pourquoi il a été ressuscité et par qui? En revanche, ils connaissent la prophétie qui annonce que "quatre sont revenus d'entre les morts. Deux resteront. Deux retrouveront le néant." Celle-ci est donc - on ne peut plus - explicite. Maintenant la question est de savoir qui restera et qui disparaîtra ? 

Mon avis :

The Book of Love est un récit contemporain piqué d'éléments fantaisistes et magiques. 

Outre le fait que des disparus reviennent mystérieusement à la vie, l'ombre d'une déesse déchue plane sur cet univers et ses étonnants personnages. Diminuée et incomplète, elle cherche à retrouver sa puissance. Or, pour être à nouveau elle-même et remettre la main sur la partie d'elle manquante, elle a lancé le défi à ces jeunes revenants de le lui retrouver en échange d'un avenir. 

Pour nourrir son univers, Kelly Link a emprunté des éléments à de nombreuses mythologies. Parmi lesquelles on peut citer la mythologie grecque à travers sa réappropriation des Enfers, non plus gardés ici par Hadès et son célèbre chien à trois têtes mais plutôt par un étrange personnage maudit rêvant de céder sa place à d'autres. 

L'Asie a également influencé ce texte puisque l'on retrouve un peu de la légende de la lune et du soleil qui s'aiment sans jamais réussir à se retrouver. En effet, dans ce roman, il est aussi question d'un amour impossible condamnant deux êtres à ne pouvoir se voir et se parler.

Il en ressort un univers riche et déjanté car cette histoire est pour le moins loufoque. 

La magie imprègne chaque page de ce roman. Elle constitue parfois l'essence même de certains protagonistes. Faux-semblants et illusions trompent d'ailleurs le lecteur autant que les héros de cette histoire. 

La magie est partout, elle transparait même dans les notes de musique égrenées par les personnages donnant à ce récit une dimension poétique. D'ailleurs ce récit est très musical, piqué de paroles de chansons et de nombreuses références musicales lui donnant ainsi une ambiance singulière cherchant à envoûter les lecteurs.

Comme le titre l'indique, The Book of Love parle beaucoup d'amour quelque soit la forme qu'il prend. Amour filial, amical ou charnel, ce puissant sentiment transcende l'humanité depuis la nuit des temps. Il est autant question ici de sexe que de la construction d'une relation. Dans ce roman, jouissance et frustration se télescopent dans un maelström de sentiments. 

En miroir avec toute cette thématique sentimentale, Kelly Link aborde des sujets empreints d'une plus grande gravité comme le deuil, le sentiment de perte, l'acceptation ou encore la reconstruction de soi. 

L'intrigue de ce roman est à l'image de l'univers, c'est-à-dire très riche. Cela part dans tous les sens nous plongeant parfois dans des situations ubuesques pour maintenir un effet de surprise quasi permanent. 

The Book of Love est un roman choral qui conte la destinée de nombreux personnages tantôt déjantés, tantôt touchants. Derrière certaines histoires se cachent des souffrances et des failles qui peuvent faire écho en nous. 

Aussi des personnalités sont plus attachantes que d'autres. Kelly Link explore toutes les facettes de l'humanité à travers sa communauté très hétéroclite de personnages. On retrouve un peu toutes les figures. Il y a celle de la femme forte, à l'image de Laura qui s'impose face à cette déesse déchue et compte bien lui tenir tête quoi qui lui en coûte. Daniel se révèle être un garçon sensible très attaché aux siens, faisant passer le bonheur de sa famille avant le sien. Il s'avère gauche quant à dévoiler ses sentiments mais demeure un roc sur qui on peut toujours compter. Quant à Mo, il est clairement une âme à vif. De retour à la vie, il se découvre orphelin. Son profond attachement à sa grand-mère et sa volonté de la retrouver font de ce garçon, un être à part qu'on ne peut qu'aimer. 

A travers tous ses personnages, Kelly Link fait preuve d'un vrai souci de représentation car la diversité est bien représentée dans ce roman. 

Pour conclure :

The Book of Love est finalement un récit singulier, un conte moderne qui nous fait emprunter des chemins insolites pour nous délivrer une analyse fine de l'âme humaine. 

Fantasy à la Carte

A lire sur la blogosphère l'avis des Blablas de Tachan

Informations 

Kelly Link
The Book of Love
9791035422844
734 pages
Éditions Albin Michel Imaginaire

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27/02/2026

Christian Clément, Dark Gravity, éditions Pocket Imaginaire

Christian Clément, Dark Gravity,
 éditions Pocket Imaginaire 

Christian Clément est un auteur français de science-fiction. Dark Gravity est son premier roman. D'abord publié en grand format chez Michel Lafon en 2023, il vient d'être réédité en poche chez Pocket Imaginaire

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Suite à un terrible cataclysme, la terre voit sa gravité s'inverser. Alors que l'heure est à la survie, Hélène, une jeune alpiniste française, escalade les immeubles dans l'espoir de retrouver son fils. Chemin faisant, elle va croiser la route de certaines personnes dont l'arrogant scientifique Mattis Magnusson qui a justement besoin de ses compétences pour l'aider à regagner son laboratoire et tenter d'inverser la situation. Enfin si cela est encore possible? 

Mon avis :

Dark Gravity est un roman postapocalyptique qui nous propulse à New-York après un terrible cataclysme. Si les auteurs de science-fiction nous ont surtout habitué à des récits de fin du monde suite à des bouleversements climatiques ou à des virus mortels, Christian Clément, lui, a fait un autre choix. 

En effet, passionné par les sciences et notamment la physique, il a plutôt imaginé des recherches sur la compréhension et la maîtrise de la gravité qui auraient échappé à tout contrôle conduisant à un terrible désastre. 

Aussi, la Terre est sans dessus dessous car tout ce qui était à la surface se retrouve la tête en bas. Or, sous la pression de la gravité, les constructions finissent par se décrocher, toutes les canalisations sautent les unes après les autres noyant peu à peu les espaces, les fils électriques sont arrachés plongeant l'humanité dans le noir. Les morts se comptent sans doutent par milliards et ne cessent de croître avec le temps car aucun refuge n'est sûr. Tout peut vite s'avérer être un piège. Même l'espace n'est pas un endroit enviable car l'inversion de la gravité se révèle un danger mortel pour les vaisseaux en orbite autour de la terre qui sont repoussés toujours toujours plus loin de l'attraction terrestre. 

Le décor est posé et il est cauchemardesque. L'univers s'appuie sur un progrès scientifique réaliste et inquiétant tout en nous livrant à un chaos inévitable lorsque les repères disparaissent. 

Les codes du postapocalyptique sont donc bien au rendez-vous entre une humanité en partie décimée, des rescapés réduits à leurs plus bas instincts, ou encore un paysage de ruines et de désolation. 

Dark Gravity aborde des aspects scientifiques mais aussi psychologiques car ce livre questionne autant l'avancée des sciences que l'humanité dans ses comportements face à l'inimaginable. 

Dans ce genre de roman, la survie est au cœur des enjeux. Mais on parle également de lutte contre toute forme de dangers, de résilience et de reconstruction pour continuer à vivre en dépit du monde qui a changé. 

En faisant le choix d'un monde bouleversé à cause d'agissements humains, Christian Clément rappelle les dangers que les avancée scientifiques et technologiques peuvent exercer et le rôle de protecteur que les savants et les sachants de ce monde doivent toujours endosser. 

Il est important de toujours garder en tête que de grands pouvoirs génèrent de grandes responsabilités. 

Or, par le truchement de certains de ses personnages, l'auteur pointe du doigt les méfaits de l'hybris avec cet effet pervers lorsque la créature dépasse le maître. Ici la poignée d'humains responsables de ce cataclysme se retrouvent démunis lorsque leur découverte leur échappe. Si certains en tirent une leçon, ce n'est pas le cas chez tous car la démesure grise tellement les esprits qu'elle empêche toute réflexion pondérée et fait même fi de l'instinct de survie. 

Dark Gravity est un roman choral qui multiplie les points de vue pour donner de la hauteur à ce récit catastrophe. L'intérêt d'un tel choix est de dynamiser la lecture d'autant qu'ici on change souvent de plans passant de la Terre à l'espace. Cela rend donc le récit plus intéressant. 

Pour autant, je trouve qu'il y a beaucoup trop de personnages. Il n'a donc pas été aisé de rentrer dedans et d'éprouver des émotions vis-à-vis de cette communauté s'avérant très hétéroclite. Même si bien évidemment, certains sortent du lot, qu'on les aime ou les déteste d'ailleurs. 

Pour ma part, j'ai eu un petit faible pour Hélène et Jack qui ont réussi à apporter une note de douceur au milieu du chaos. Hélène incarne une femme de courage. Alpiniste professionnelle, elle dispose d'une force de caractère qui lui est utile pour affronter cette situation dramatique. Quant à Jack, il renvoie l'image de la sérénité malgré les dangers et l'adversité. Souffrant d'une maladie handicapante, il fait montre d'un mental solide pour affronter ce qui l'attend. En outre, il demeure un personnage très intéressant car il permet d'aborder la thématique importante de l'handicap et de sa réception dans la mentalité des gens. 

Pour conclure :

Dark Gravity est un roman dense où l'intrigue se déroule lentement. Christian Clément a pris son temps pour poser le décor et dévoiler l'ensemble des enjeux de son roman. L'action survient par intermittence pour créer la surprise et donner du rythme. En outre, l'originalité réside dans les causes de la catastrophe. Les amateurs du genre y trouveront sans doute leur compte dans le sens qu'il y a du spectaculaire et une certaine tension. A bon entendeur ! 

Fantasy à la Carte

Informations

Christian Clément
Dark Gravity
9782266356565
582 pages
Editions Pocket Imaginaire

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24/02/2026

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, Le Laboratoire des Ombres, éditions Maison Pop

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, 
Le Laboratoire des Ombres
éditions Maison Pop

Romancier et scénariste français, David S. Khara est l'auteur de quelques succès comme Le projet Bleiberg, Une nuit éternelle ou encore Atomes crochus

Son dernier roman s'intitule Embraser le Monde. Il inaugure une série mêlant uchronie et espionnage du nom du Laboratoire des Ombres

Lu dans le cadre d'une Masse Critique Babelio, je remercie toute l'équipe ainsi que les éditions Maison Pop pour l'envoi de ce livre. 

Résumé:

Londres, 1841. Après le meurtre d'un fonctionnaire, Ashton, agent secret britannique, est chargé d'enquêter sur cette épineuse affaire touchant à la sécurité de l'État ainsi qu'à la paix mondiale. Ses investigations le conduisent à approcher l'inventeur Michael Faraday car ses fabuleuses découvertes sembleraient être détournées par quelques esprits machiavéliques semblant vouloir en faire une arme létale. Ensemble, ils décident d'unir leurs forces pour mettre ce criminel hors d'état de nuire et ainsi espérer éviter le pire. 

Mon avis :

Avec Le Laboratoire des Ombres, David S. Khara inaugure une très bonne série historique empruntant les codes du roman d'espionnage. 

Le récit prend cadre au moment stratégique de la convention de Londres, aussi appelée convention des Détroits en 1841 qui fut signée par les cinq puissances de l'époque : la Grande-Bretagne, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie. Son intérêt était de permettre à l'Empire ottoman de fermer le Bosphore et les Dardanelles à tous les vaisseaux de guerre, y compris en temps de paix, et à contrario, de choisir de laisser passer ses alliés. Instant crucial de géopolitique repris ici par l'auteur comme un enjeu de paix à préserver coûte que coûte face à une menace terroriste. En effet, David S. Khara utilise les progrès de l'époque, notamment les découvertes scientifiques de Michael Faraday autour de l'induction électromagnétique qu'il détourne pour en faire des armes de destruction. Le décor est posé. Il mêle habilement la politique et le progrès scientifique de l'époque pour nous plonger dans une aventure immersive où plane l'ombre d'un danger constant. 

David S. Khara s'est donc réapproprié l'illustre Michael Faraday pour l'entrainer dans une aventure trépidante où il en va de la sûreté nationale, et même internationale. L'univers est très réussi empruntant au roman d'espionnage, à travers l'introduction d'un protagoniste se révélant être un espion et agissant pour le compte du gouvernement britannique afin de percer les secrets qui menacent l'empire et ses alliés. 

Tous les deux forment un duo étonnant laissant naître peu à peu une solide amitié, à la manière de Sherlock Holmes et du docteur Watson. 

Embraser le Monde se révèle être un livre très riche. Il n'est pas un simple divertissement nous entraînant dans les dédales d'un Londres historique, parcourant autant les beaux quartiers que les bas-fonds. En effet, il aborde bien des sujets tournant bien évidemment autour des idéaux politiques, de l'anarchisme et du terrorisme dont peuvent user certains groupuscules pour déstabiliser le pouvoir en place. 

Mais ce récit est également engagé en proposant un personnage féminin incarnant une femme forte, libérée et indépendante évoluant dans une société où le carcan social est encore très présent. Il y a un propos féministe fort intéressant. 

En outre, le parti pris d'utiliser la science à des fins politiques est également intéressant

La plume est d'une grande fluidité et nous entraîne dans un maelström de rebondissements très prenants. Le Laboratoire des Ombres est un texte riche en actions et en suspense qui contentera un public avide de sensations. 

Les personnages sont d'emblée attachants. David S. Khara s'appuie essentiellement ici sur trois protagonistes. Il y a la douce et intelligente Elvina qui cherche à s'extraire de sa condition de femme. Avide de savoirs, elle est pétillante et s'impose à sa manière à ce monde masculin très impitoyable vis-à-vis de la gente féminine. L'énigmatique Ashton cache, quant à lui, un lourd secret qui en fait un personnage surprenant mais si intéressant à suivre. Enfin, on retrouve entre ces pages, le fameux Michael Faraday, génie de son époque. L'auteur a fait de ce visionnaire, un esprit à la fois éclairé et épris de justice. Tous trois donnent à ce récit toute sa singularité et contribuent à le rendre encore plus palpitant. 

Pour conclure :

Avec Embraser le Monde, David S. Khara signe un premier tome de très grande qualité qui excelle à nous distraire tout en nous offrant un nouveau regard sur le passé. 

Fantasy à la Carte

Informations

David S. Khara
Embraser le Monde
Tome 1 
Le Laboratoire des Ombres
9782488201407
304 pages
Editions Maison Pop

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17/02/2026

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos 

Après s'être essayée à la nouvelle, notamment dans Memoria, l'anthologie fêtant les 30 ans des éditions Mnémos, Renée Zachariou rejoint les pépites de l'imaginaire avec un format légèrement plus long. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Moira n'a jamais cru aux pouvoirs divinatoires de sa mère. Alors lorsque celle-ci décède, elle ne pense qu'à trier ses affaires et à fermer son agence de médium afin d'oublier son passé. Sauf que la découverte d'un étrange objet sur le bureau de sa mère va modifier ses plans et l'entraîner dans une aventure marquée par la survenue de visions dérangeantes et par des rencontres divines dont elle se serait bien passée. Et si sa mère avait réellement eu des pouvoirs ? 

Mon avis :

Mœdium est un roman contemporain piqué de notes d'imaginaire. En effet, un soupçon de magie vient télescoper ce présent accablé par le décès d'un proche. Elle prend bien des formes. Tout d'abord, celle d'un étonnant artefact ressemblant à un œuf et semblant dispenser d'incontrôlables visions. Don ou malédiction, la question se pose pour Moira qui se retrouve vite dépassée par la situation. Son existence est, d'ailleurs, intimement liée à la présence d'un duo d'êtres divins prénommés Trophonios et Agamida. Ils sont l'incarnation des deux fameux frères architectes de la mythologie grecque. Tantôt fils du roi de Béotie, Erginos ou celui d'Apollon, Trophonios a marqué les mémoires pour les nombreux temples qu'il aurait édifiés dont celui situé à Delphes en l'honneur d'Apollon. La légende lui a attribué un frère Agamède, architecte comme lui que Renée Zachariou a féminisé en Agamida. 

Ils nous apparaissent comme des divinités à part entière plutôt que comme des personnages légendaires qui cherchent simplement à continuer à exister. En effet, c'est la croyance en leur existence qui renforce le mythe et donne vie à leurs corps. 

Avec Mœdium, Renée Zachariou signe un univers moderne infusée d'une mythologie grecque revisitée. Ainsi, elle a déposé un vernis d'étrangeté sur le quotidien très lisse et routinier de son personnage principal. Moira se retrouve contrainte à devoir prendre la relève de sa mère afin de continuer à entretenir la mémoire autour de ces deux dieux par l'intermédiaire d'un œuf magique. 

Justement la mémoire demeure le fil directeur de ce court récit. L'autrice y met en exergue l'importance des souvenirs et du passé qui sont nécessaires pour avancer. Aussi, le temps d'un décès est souvent l'occasion de revenir en arrière, d'une mise au point pour laisser place à une introspection sur soi, sur ses choix et sur l'avenir que l'on se souhaite. 

La question de la famille est bien entendu au cœur des enjeux de ce texte à travers l'exploration du lien mère-fille que l'autrice fait. La famille y est donc abordée dans toute sa complexité entre amour et détestation, ou compréhension et incompréhension. 

Par des situations décalées et des personnages insolites, Renée Zachariou signe une fantasy urbaine singulière, tantôt drôle, tantôt poignante. 

Ce récit ne manque donc pas d'émotions. Le deuil étant un sujet faisant partie de la vie mais que peu n'arrive à accepter. Clairement, ce livre n'aura donc aucun mal à trouver un écho en chacun de nous. 

En outre, la mythologie présente entre ces pages est également l'occasion pour l'autrice d'introduire la thématique de la religion, encore très présente dans nos sociétés actuelles. Elle nous y rappelle que celle-ci n'a d'existence que par l'intermédiaire des croyances en telles ou telles figures divines et met en lumière toute sa fragilité. 

Mœdium est un court récit qui nous attache aux pas d'une jeune femme prénommée Moira. Bien ancrée dans son époque, elle a peine à croire en l'indicible. Trop terre à terre pour croire en la magie, sa rencontre avec deux êtres étranges va bouleverser toutes ses certitudes renversant ses repères. Moira incarne la figure de Madame tout le monde. Aucune âme d'héroïne ne sommeille en elle. Pourtant elle va devoir affronter un inconnu déstabilisant et à peine croyable. Renée Zachariou va l'entraîner dans une succession de situations allant du plus burlesque au plus dramatique. N'hésitant pas à la malmener dans le but de faire passer ses lecteurs par tout un panel d'émotions variées. Au regard de l'évolution de ce personnage, le défi est clairement relevé.

Lorsque l'on referme ce livre, on est finalement chamboulé comme son protagoniste principal car les sentiments mis à jour ici sont autant dérangeants que nécessaires. 

Pour conclure :

Avec Mœdium, Renée Zachariou se fait l'autrice d'un texte de fantasy à la saveur insolite. Finalement, cette plume atypique incarne cette nouvelle garde d'auteurs et d'autrices qui viennent admirablement bien renouveler le genre. Voilà une pépite de l'imaginaire qui va laisser une empreinte toute particulière sur les littératures de l'imaginaire. Rendez-vous en librairie le 18 février 2026. 

Fantasy à la Carte

Informations

Renée Zachariou
Mœdium
9782382672402
208 pages
Editions Mnémos

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13/02/2026

Benoit Dahan & Cyril Lieron, Le Cauchemar du Loch Leathan, partie 1, Dans la tête de Sherlock Holmes, éditions Ankama

Benoit Dahan & Cyril Lieron, 
Le Cauchemar du Loch Leathan
partie 1, 
Dans la tête de Sherlock Holmes
éditions Ankama 

Pour le plus grand plaisir des amateurs du plus célèbre des détectives, Sherlock Holmes, dont je suis fière de faire partie, Cyril Lieron et Benoît Dahan poursuivent leur travail sur la série intitulée Dans la tête de Sherlock Holmes

En effet, le 5 décembre dernier est paru le volume 3 intitulé Le Cauchemar du Loch Leathan, partie 1, toujours chez Ankama

Reçu en cadeau de Noël comme ce fut le cas avec les précédents tomes, je remercie, à nouveau, mon amie Mathilde pour ce merveilleux cadeau. 

Résume :

Après avoir reçu une étrange lettre partiellement effacée et plutôt abscons si ce n'est qu'il y est question d'un grand danger, Sherlock Holmes décide de se rendre sur place, en Écosse, avec son ami, le docteur Watson, afin de comprendre de quoi il retourne. Arrivés sur les lieux, ils sont accueillis plutôt froidement car dans ce petit village des Highlands, personne n'apprécie de voir ses secrets être dévoilés. Mais comme à l'accoutumée, ce n'est pas un peu de mauvaise humeur et beaucoup de froideur qui vont démonter le grand Sherlock Holmes. Bien au contraire, sa curiosité piquée, il est bien décidé à résoudre cette nouvelle énigme. 

Mon avis :

Dans Le Cauchemar du Loch Leathan, on quitte Londres pour goûter à l'Écosse, et en particulier à ses mystères et à sa brume. Clin d'œil au célèbre Loch Ness et à sa légende, nous voici près d'un autre Loch tout aussi étrange et enténébré. Ainsi, Sherlock Holmes et le docteur Watson vont se frotter à une légende locale d'un monstre sortant des eaux et semblant s'attaquer aux pauvres bougres traînant à proximité. Voilà qui a de quoi ravir les amateurs de Nessy et nourrir une atmosphère pesante tirant sur l'horrifique à travers des noyades inexpliquées ou des folies soudaines. 

Le choix des couleurs répond d'ailleurs bien à l'ambiance mystérieuse désirée par les auteurs. 

En outre, celles-ci déposent une certaine patine à la bande dessinée lui conférant une élégance doublée d'une certaine intemporalité. 

En sus du vernis policier propre à l'enquête, il y a également une aura merveilleuse qui s'exprime à travers l'existence de cette créature dont on ignore si elle relève du mythe ou si elle est bien réelle. Un élément qui contribue à pimenter le scénario en installant un doute certain sur ce que l'on pense être le responsable de ces morts atroces. 

L'intrigue est très riche. Plus que divertissante, les auteurs y ont même glissé quelques thématiques intéressantes tournant, par exemple, autour du patriarcat et de la misogynie. Mais ils évoquent également le sectarisme et la manipulation des esprits. C'est particulièrement foisonnant, notamment dans les parallèles à faire avec notre époque actuelle.

Construit comme la première histoire, à savoir en deux parties, les auteurs ont trouvé le parfait procédé pour nous tenir en haleine avec un premier volet qui se conclut toujours sur un cliffhanger. Ils délivrent la juste dose d'éléments pour donner matière à réfléchir tout se réservant le loisir de nous surprendre par des révélations inattendues à venir tout à la fin. 

Benoit Dahan redonne vie à Sherlock Holmes et à son illustre acolyte avec beaucoup de talent. A travers eux, c'est également toute une époque qui renaît sous les crayons de cet incroyable dessinateur qui a su capturer et retranscrire l'esthétisme de ce siècle. 

J'apprécie tout particulièrement l'aspect vieilli que dégagent les pages de ces bandes dessinées. Elles rappellent le papier journal et apparaissent comme un clin d'œil aux journaux ou aux revues illustrées dans lesquels des extraits de bandes dessinées étaient publiés. Les dessins y sont remarquables. Benoit Dahan est très soucieux du détail aussi bien dans le choix des couleurs, la finesse du trait pour représenter la nature et l'expression des personnages. Chaque double page est une découverte, un jeu de pistes à la recherche d'indices pour tenter de résoudre le crime à la manière de Sherlock Holmes. 

Cette série est tout simplement prodigieuse aussi bien dans la complexité des intrigues que dans la qualité du produit fini. 

Pour conclure :

Benoit Dahan et Cyril Lieron nous offrent donc un fabuleux écrin à la hauteur de l'œuvre de Sir Arthur Conan Doyle. Qu'on se le dise cette réappropriation est très réussie ! 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur L'Affaire du Ticket Scandaleux : vol. 1 et 2

Informations

Benoit Dahan 
Cyril Lieron
Le Cauchemar du Loch Leathan
Partie 1
Dans la tête de Sherlock Holmes
9791033518044
51 pages
Editions Ankama

Lien vers le site

10/02/2026

Alexandre Desoutter, Thorvald au fil d'or, éditions Argyll

Alexandre Desoutter, Thorvald au fil d'or
éditions Argyll 

Alexandre Desoutter est une nouvelle voix de l'imaginaire français. Son premier roman, Thorvald au fil d'or a rejoint le 23 janvier dernier l'excellent catalogue des éditions Argyll

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Destiné à reprendre la ferme familiale située au cœur des îles Lofoten, la vie de Thorvald va prendre un court inattendu. En effet, en repêchant le corps d'Aeryn, Thorvald n'imaginait pas mécontenter le puissant jarl de Norvège, Olaf, au point de se retrouver banni de sa terre natale. Contraint d'emprunter les routes de l'exil qui vont le conduire, entre autres, jusqu'aux rivages du mythique Vinland, il va découvrir ce que lui réserve sa destinée. 

Mon avis :

Thorvald au fil d'or nous plonge avec beaucoup d'élégance dans une fresque historique prenant cadre en Scandinavie autour de l'an mil. Alexandre Desoutter nous attache ici aux pas d'un homme condamné à l'exil. On suit donc les pérégrinations de Thorvald au cœur d'un monde en pleine mutation. 

Thorvald au fil d'or est donc le récit d'une exploration de terres sauvages, à la rencontre de peuples épris de liberté. Le contexte historique est à l'expansion de l'ère viking à travers la conquête de nouvelles terres, à l'image du Groenland ainsi qu'à l'union des clans sous l'égide de meneurs d'hommes charismatiques. 

Nourri par le folklore nordique, l'univers imaginé par Alexandre Desoutter se colore d'une pointe d'imaginaire. En effet, une forme de magie imprègne ces pages, et prend la forme d'une prophétie présagée par une Völva. Détentrice de grands pouvoirs, ces prêtresse sont vénérées dans la culture viking et leurs paroles ont un poids sur la destinée des personnes. Pour donner de la profondeur à son univers, Alexandre Desoutter introduit d'ailleurs la figure du guerrier nordique d'élite appartenant au culte d'Odin. Mais il ne s'agira pas ici du célèbre berserkr mais plutôt du úlfheđnar affilié au loup et non à l'ours. Il faut dire que Thorvald au fil d'or est également un récit de guerre alors ce genre d'emprunt s'y prête bien, tout comme la figure de la valkyrie, que l'on retrouve également parmis les rangs de ces célèbres guerriers. 

Avec Thorvald au fil d'or, Alexandre Desoutter signe une épopée digne des plus grandes sagas islandaises nous contant l'incroyable destin d'un homme appelé à unir les peuples pour les libérer d'un tyran. La plume d'Alexandre Desoutter est sublime et porte un texte de grande qualité autant du point de vue de la forme que du fond. 

L'histoire est d'ailleurs très envoûtante nous plongeant dans une intrigue tissée de batailles et de complots.

Dans ce roman, on part donc d'une exploration de terres inconnues, telles le Groenland ou le Vinland, correspondant au territoire autour du golfe de Saint-Laurent pour déboucher sur un récit de guerre et de reconquête de liberté. 

Aussi, dans son roman Alexandre Desoutter brasse beaucoup de thématiques tournant autour de la lutte contre un pouvoir dominateur et corrupteur, ou encore de solidarité et de communion autour d'une cause juste et d'intérêt général. 

Les émotions qui se pressent entre ses pages sont fortes. Elles illustrent la solide amitié qui lie les personnages entre eux, ainsi que le profond attachement ressenti vis à vis de la famille et des racines. 

En confrontant son personnage principal à l'exil, l'auteur se réapproprie la quête d'identité propre au roman d'apprentissage. Ainsi, pour mieux comprendre qui il est, Thorvald doit prendre le large avant de revenir à ses origines mieux armé afin d'affronter son passé et de s'en affranchir. L'histoire est belle et touchante. Elle met en lumière cette civilisation viking qui s'est forgée son identité dans le combat et la conquête. 

Thorvald au fil d'or est un récit historique très réussi mêlant puissance et mystère à la juste dose. 

Thorvald est un protagoniste charismatique. Bien que destiné à devenir simple fermier, il va voir sa vie se retrouver mêlée à l'avenir de toute une nation. Au fur et à mesure de l'aventure, on le découvre meneur d'hommes. Bon orateur, sa parole est d'or et pousse les autres hommes à se soulever contre l'injustice. Sa trajectoire de vie est passionnante et en le suivant, on goûte à l'essence même de ce qu'est un héros. Il a ce don de faire naître les plus nobles sentiments chez son prochain pour en tirer le meilleur. Il est donc pour beaucoup un modèle à suivre, pour peu que la jalousie n'assombrisse pas les cœurs les plus sombres. Thorvald appartient à cette caste de personnages que l'on n'oublie pas même après avoir achevé son histoire. 

Pour conclure :

Thorvald au fil d'or est un récit très immersif autant du point de vue de la qualité de l'intrigue que de son contexte historique décrit. En écrivant un tel premier récit, Alexandre Desoutter fait déjà montre d'un grand talent. Un nom à suivre !

Fantasy à la Carte

Informations

Alexandre Desoutter
Thorvald au fil d'or
9782488126298
480 pages
Editions Argyll

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30/01/2026

Pierre Pevel, Stéphane Créty & Jérôme Maffre, La Veuve, vol.2, Gueule de cuir, éditions Drakoo

Pierre Pevel, Stéphane Créty & Jérôme Maffre, 
La Veuve, Vol. 2, 
Gueule de cuir
éditions Drakoo 

Alors que le 3e volet concluant cette série vient juste de rejoindre les rayonnages des librairies, il était temps que je m'attelle à la lecture du deuxième album. 

Gueule de cuir est une trilogie de bandes dessinées scénarisées par Pierre Pevel, illustrées par Stéphane Créty et mises en couleurs par Jérôme Maffre

Le second volet s'intitule La Veuve et continue de nous plonger dans des intrigues visant à renverser le pouvoir de Louis XIII et de son éminence rouge, Richelieu.

Résumé :

1633, un nouveau fléau s'est abattu sur le royaume de France. Il prend la forme d'une drogue appelée la sarne. En plus de décupler ses forces, elle coupe la faim mais provoque malheureusement la mort de manière précoce. Le cardinal Richelieu est certain que le roi des tombes est derrière ce trafic. Pour Gueule de Cuir qui enquête de son côté, cela ne fait aucun doute. Alors vont-ils s'unir pour sauver le royaume de ce nouveau péril ? 

Mon avis :

Gueule de cuir croque une période historique riche qui s'entremêle à un merveilleux teinté de ténèbres. 

Dans ce nouvel opus, Paris tombe peu à peu sous l'influence du Roi des Tombes prenant le pouvoir sur les mafieux locaux. Sa dernière trouvaille est la mise sur le marché d'une drogue aux effets aussi dévastateurs que mortels. L'intérêt étant ici de tenir les petites gens ou les grands de ce monde sous sa coupe tout en clairsemant les rangs des gêneurs. Sur son chemin va se trouver le fameux Gueule de cuir qui ne peut laisser faire de tels agissements en toute impunité.

Aussi, cette deuxième bande dessinée nous lance dans la croisade d'un homme, qui sous les traits d'un justicier masqué, va s'en prendre directement aux dealers de sarne pour mettre un terme à ce trafic de manière fort explosive. 

En effet, il ne va pas faire dans la dentelle et laisse un sillage de feu et sang. Le scénario imaginé par Pierre Pevel est tissé de violence et d'explosions. L'histoire est haletante, implacable et spectaculaire. La réaction de Gueule de cuir est brutale et féroce. Jérôme Maffre a d'ailleurs adopté les bonnes couleurs pour illustrer la violence des images. Les bulles sont tantôt flamboyantes oscillant entre le rouge sang et l'orange feu ou au contraire, ténébreuses pour bien souligner que les agissements de notre justicier masqué ne se font qu'à la faveur de la nuit. 

Stéphane Créty alterne les scènes de cavalcades sur les toits, les altercations à la pointe de l'épée ou les chevauchées à bride abattue. Toujours très bien armé, le célèbre Gueule de cuir n'hésite pas à tout faire cramer si nécessaire si tel est le seul moyen pour mettre un terme à cet immonde commerce volant la vie d'innocents et corrompant un peu plus les quartiers les plus défavorisés. 

Avec La Veuve, Pierre Pevel signe une nouvelle intrigue peuplée de complots, de corruption et de banditisme. 

Le fil directeur est passionnant, les mystères autour de cet étrange masque aux pouvoirs décuplés sont un atout majeur de cette bande dessinée. L'histoire est très originale. Elle met un coup de projecteur sur une période historique qui n'était pourtant pas déjà avare en intrigues de cour et en cabales, et dont Pierre Pevel se sert d'ailleurs allègrement pour nourrir cet univers singulier tout en lui apportant une saveur encore plus brûlante. Son ingrédient secret est bien entendu la magie qui œuvre entre ces pages. Mystérieuse, dangereuse et incontrôlable, elle appartient aux initiés car eux seuls sont à même de la contrôler. Puisant sa force dans un passé obscur et lointain, qui peut se targuer d'en comprendre sa source?

La Veuve est un récit palpitant qui se joue de ses personnages les traitant telles des marionnettes dans le seul but de remporter la partie. 

C'est épique et endiablé offrant aux lecteurs des moments forts divertissants. 

En outre, le récit est complété par un petit carnet glissé en fin d'ouvrage et faisant office de journal intime pour mieux comprendre qui se cache sous les traits de l'épéiste et surtout en apprendre davantage sur cet étrange masque. 

Le tout est une nouvelle fois magnifiquement illustré par le très talentueux Stéphane Créty. 

Pour conclure :

Gueule de cuir est une série très visuelle qui flirte avec le spectaculaire propre au cinéma et n'a donc rien à envier aux meilleurs film d'action. Évasion garantie!

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur L'épéiste

Informations

Pierre Pevel
Stéphane Créty
Jérôme Maffre
La Veuve
Vol. 2
Gueule de cuir
 9782382332528
64 pages
Editions Drakoo

28/01/2026

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, Les Chemins de Ji, éditions Mnémos

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, 
Les Chemins de Ji
éditions Mnémos 

Les Racines du Wul est le 3e et dernier volet qui vient conclure de manière magistrale la nouvelle incursion dans le monde de Ji de Pierre Grimbert. 

En librairie depuis le 21 janvier, je n'ai pas souhaité faire durer le suspense plus longtemps et me suis donc attelée rapidement à la lecture de ce roman. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après bien des péripéties les conduisant d'un monde à l'autre, Liéronim et ses compagnons d'infortune sont bien décidés à ramener leur jeune protégé Danel auprès des siens. Seulement les fanatiques du Wul Melinem n'ont pas dit leur dernier mot et semblent bien décidés à remettre la main sur celui qu'ils appellent depuis le début le faisceau dans le seul but d'accroître leurs propres pouvoirs. Seulement en les entraînant sans le vouloir dans des mondes aussi dangereux, la compagnie pourrait bien leur donner les moyens de tous les dominer. 

Mon avis :

Dans Les Racines du Wul, Pierre Grimbert continue de nous balader dans les univers parallèles toujours plus dangereux les uns que les autres de son célèbre Ji. Alors que ses protagonistes ont l'espoir de retrouver la terre natale de Danel décrite comme un havre de paix, ils vont débarquer dans un lieu bien différent des souvenirs du jeune garçon. En effet, le monde qui prend vie sous la plume de Pierre Grimbert est sombre et peuplé d'horribles créatures. Le danger est partout, menaçant en permanence la compagnie sans leur laisser le moindre répit. Le merveilleux a laissé la place à l'horrifique et à la monstruosité

Il est vrai qu'une magie est à l'œuvre dans chacun de ses mondes, un pouvoir subsiste dans le moindre cailloux comme l'a très vite compris les membres du Wul. Mais celle-ci est dangereuse façonnant un monde âpre et implacable. Le cadre est posé dévoilant les secrets de la mystérieuse île de Ji. Elle est la porte d'entrée d'un monde infini s'ouvrant sur de nombreuses réalités parallèles. 

Au vu des envies que ces découvertes suscitent, on comprend vite la nécessité de l'existence de gardiens. Ils sont les derniers remparts face à la folie qu'un trop plein de pouvoir peut engendrer même chez les âmes les plus nobles. C'est d'ailleurs le fil directeur de cette nouvelle série. Pierre Grimbert questionne beaucoup la notion de pouvoir et en particulier ses conséquences tout au long de sa trilogie. Il aborde d'ailleurs la notion de colonisation, à travers cette volonté implacable qu'ont les membres du Wul à vouloir s'emparer d'un maximum d'artefacts pour conquérir et dominer davantage de territoires. 

L'auteur parle également de l'exploitation des créatures qui sont enlevées à leur environnement dans le but de nourrir un pouvoir. 

La question d'esclavage est donc abordée et l'auteur y met en exergue la violence dont use certains au nom de la conquête. 

En outre, à travers ses personnages, Pierre Grimbert balaie de nombreuses thématiques tournant autour du sacrifice, du partage, de l'entraide et du dépassement de soi. Au fil des épreuves, tous vont mûrir, changer et voir la vie sous un nouvel angle. Cette série dégage quelque chose du roman d'apprentissage même si la majorité des protagonistes sont adultes.

Pari tenu pour Pierre Grimbert qui signe avec Les Chemins de Ji une nouvelle épopée pleine de magie et de nouvelles révélations sur cet univers qu'il se plaît à enrichir depuis toutes ces années. 

Pour conclure :

Amateurs de fantasy épique, cette trilogie est pour vous. Vous y retrouverez de l'explosion de magie, des affrontements et une quête. Quoi demander de plus, je vous le demande !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur La Branche Romine et La Souche Perdue

Informations

Pierre Grimbert
Les Racines du Wul
T.3
Les Chemins de Ji
9782382672372
304 pages
Editions Mnémos

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24/01/2026

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche 

Angel Arekin a une bibliographie déjà bien remplie peuplée de titres de fantasy, de romantasy, de romance contemporaine ou encore de suspense. Son imaginaire s'avère donc débordant car il a déjà exploré de nombreux rivages. 

Après le succès de sa saga, Le Porteur de Mort, une épopée de fantasy déjà très remarquée, parue en grand format chez Plume Blanche, elle a récidivé en 2025 avec un one shot. Celui-ci s'intitule Dieu & Sorcière et est une romantasy

L'ayant acheté il y a peu de temps, j'avais très envie de le lire au vue des nombreux retours positifs à son sujet. Je dois avouer que je n'ai pas été déçue et vous confirme que la qualité est bien au rendez-vous

Résumé :

Lifren Morgeline est la dernière sorcière de sa lignée capable de retenir dans sa prison le Roi Fantôme, le maître du Monde Souterrain. Mais l'arrivée du ténébreux Aren venu se réfugier dans son vieil hôtel en bravant les fantômes de la forêt qui l'entoure va bouleverser toutes ses certitudes, l'interrogeant notamment sur la justesse de sa quête ? Et si on l'avait trompée depuis sa plus tendre enfance? Quel chemin adoptera-t-elle à la lumière de cette terrible vérité ? 

Mon avis : 

Dieu & Sorcière est une romantasy de grande qualité car elle s'appuie sur un univers richement construit. En effet, le récit s'insère au cœur d'une mythologie originale empruntant autant à la mythologie grecque que nordique. 

Entre ses lignes, les personnages d'Angel Arekin sont les pions des dieux qui se livrent une guerre sans merci. Ainsi, le Dieu de la Mort est victime d'un puissant sort l'enchaînant à sa prison souhaité par Neith le dieu de la nature par pure vengeance pour s'être uni avec sa sœur Sekmet, aujourd'hui disparue. Tous deux nous apparaissent un peu comme les pendants de Zeus et d'Hadès, deux frères ennemis qui luttent pour étendre leurs pouvoirs. 

Mais l'autrice emprunte également d'autres figures divines, à l'image de la célèbre Hekat. Elle en a fait la mère des lignées de sorcières qui malheureusement sont en voie d'extinction, à l'exception de Lifren Morgeline, la dernière représentante de ses pairs. 

Les sources sont d'ailleurs multiples car derrière Guerre, Maladie et Vieillesse, on peut y voir les personnifications des Cavaliers de l'Apocalypse mentionnés dans le Nouveau Testament. 

Quant à l'Arbre de Vie présent dans ce roman, comment ne pas l'associer au fameux Yggdrasil, l'arbre monde de la mythologie nordique. 

Il en ressort un univers d'une grande richesse, minutieusement élaboré pour accueillir une intrigue infusée de trahisons et de manipulations. 

L'histoire est particulièrement passionnante car derrière la romance qui se dessine en filigrane, il est surtout question de relations familiales complexes, de reconstruction de soi et d'expiation. 

Dans Dieu & Sorcière, Angel Arekin a surtout cherché à explorer l'âme humain, à travers des personnages écorchés vifs, marqués par le deuil et l'abandon. 

Les émotions se bousculent entre ces pages pour nous tordre les tripes car comme souvent en dark romance, le personnage masculin n'est pas qu'un simple bad boy. Victime d'une enfance difficile, orphelin depuis sa naissance, il est une âme perdue jusqu'à sa rencontre avec sa rédemption qui prend les traits d'une jeune femme puissante. Pour autant, aucun des personnages d'Angel Arekin n'est véritablement blanc. Chacun a sa part de noirceur car responsable de ses actes qu'aucune noble cause ne peut véritablement justifier. Il est donc beaucoup question dans ce roman de pardon et de reconnaissance de ses erreurs.

Dieu & Sorcière est un récit envoûtant qui nous embarque dans un imbroglio d'intrigues bien ficelées, mais est également puissant de par la diversité des thèmes abordés. 

C'est un texte qui cherche surtout à mettre l'âme humaine à nu. L'humanité y est donc beaucoup questionnée ainsi que la figure du monstre. 

Angel Arekin table sur des personnages plutôt en demie teinte. Si Aren incarne au premier abord l'image du mauvais garçon cherchant à se faire oublier au milieu d'une forêt réputée comme étant hantée, la vérité se révèle plus complexe. Il n'est finalement pas qu'un simple assassin. Ancien gamin des rues devenu un tueur dans le but de survivre à l'adversité que le destin lui a réservé. Pourtant au fil des chapitres on va se rendre compte que ses origines en font un être exceptionnel qui s'ignore. Il dispose de grands pouvoirs et va devoir apprendre à les maîtriser tout comme à en assumer les grandes responsabilités qui vont avec. C'est un personnage irrévérencieux, drôle et ténébreux à la fois. A ses côtés se tient la belle Lifren Morgeline. Elle est à la fois forte et fragile. Enfermée dans ses certitudes, sa rencontre avec Aren va profondément l'ébranler. Elle qui pensait se servir de lui comme d'un rouage nécessaire à son plan d'action va vite se retrouver désemparée face à tout ce qu'il réveille d'incroyables en elle. Elle est une puissante sorcière incarnant la force et l'indépendance. Pourtant elle est la dernière de sa lignée faisant d'elle un être à part, à protéger. En tout cas, c'est la mission qu'Aren s'est adjoint. Pour autant, il n'est pas dit que Lifren le laisse faire. Voici deux êtres que tout oppose mais dont les âmes vont s'entremêler. Alors succomberont-ils à leur plus simple désir ? Et que peut-il naître du chaos? 

Pour conclure :

Avec Dieu & Sorcière, j'ai pu goûter à la plume enchanteresse d'une autrice de fantasy qui a déjà laissé sa marque dans le paysage des littératures de l'imaginaire. La grandeur des personnages et l'authenticité de l'univers font de ce roman, une romantasy digne de ce nom. Il n'est point question ici d'une romance prenant cadre dans un décor de fantasy mais bien d'un récit de fantasy de qualité agrémentée d'une romance touchante. Voilà qui change de ce que la romantasy a l'habitude d'offrir à ses lecteurs. Je ne peux donc que vous recommander de vous emparer de cette histoire pour lire enfin une romantasy de belle facture. A bon entendeur ! 

Fantasy à la carte

Informations

Angel Arekin
Dieu & Sorcière
9782381991351
684 pages
Editions Plume Blanche

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20/01/2026

Chantal Robillard, Dentelles des Mondes de Merlin, éditions Astérion

Chantal Robillard, Dentelles des Mondes de Merlin
éditions Astérion 

Dans la même collection d'anthologies parue chez Astérion, un sixième ouvrage signé Chantal Robillard est sorti à la fin de l'année 2025. Il s'intitule Dentelles des Mondes de Merlin. Il est composé de sept nouvelles et partage le même univers que son précédent roman, Merlin enquête au palais du Rhin

Ayant d'ailleurs fort bien apprécié ce roman, j'ai pris un certain plaisir à découvrir ce recueil nous proposant des nouvelles aventures du commandant Odilon Merlin. 

Mais avant de vous en parler plus en détails, je tiens à remercier Chantal Robillard pour l'envoi surprise de ce service de presse. 

Dans Dentelles des Mondes de Merlin, Chantal Robillard continue son exploration du mythe arthurien qu'elle a transposé à notre époque. 

Mon avis :

On retrouve donc la brigade du commandant Odilon Merlin entouré de ses hommes, les fameux chevaliers de la Table Ronde. Sauf que sous la plume facétieuse de cette dame de lettres, aucun n'a le moindre souvenir de sa vie antérieure. Aussi Odilon ne s'imagine pas avoir été l'un des plus grands magiciens de tous les temps, pas plus que Caradoc, Yvain ou Gauvain se projettent en chevaliers. 

Toute la singularité de cette réappropriation réside donc dans ce choix car Chantal Robillard a choisi de confronter ses grands figures de la littérature classique aux problématiques actuelles. 

Si, dans Merlin enquête au palais du Rhin, il était surtout question d'une enquête, dans ses nouvelles, l'autrice s'est davantage intéressée à la psychologie de ses personnages. Ainsi, on les retrouve dans leur intimité et on goûte à leur relationnel parfois compliqué. Il s'en dégage une ambiance plus intimiste. 

Chantal Robillard y arbore un rôle de confidente nous partageant ainsi les secrets, les souffrances ou les joies de ces grandes figures intemporelles. 

On les retrouve par exemple le temps d'un séjour passé à Brocéliande dans "Ne jamais baisser la garde" tous ensemble dans le but de resserrer leurs liens comme ce fut le cas lorsqu'Odilon a pris la tête de cette brigade peuplée de personnalités meurtries et  traumatisées notamment dans leurs chairs et leurs âmes, à l'image de Francis Caradoc et Claudin Jauffré qui se sont retrouvés criblés de balles lors d'un attentat visant Roissy. Chantal Robillard y souligne la belle solidarité qui lie ces hommes entre eux tout en les mettant face à ce mortel péril qui menace notre société par pure obscurantisme d'une caste

En outre, l'autrice ne pouvait pas faire l'impasse sur le célèbre Val sans retour. Haut lieu incontournable symbolisant la condamnation de l'homme pour ses péchés de chair. Le commissaire Singral en fera ici les frais même si son seul forfait est d'avoir succombé au charme d'une sorcière et de l'avoir épousé. 

Cette fraternité entre Merlin et ses hommes est d'ailleurs bien mise en valeur dans "Pour Merlin" car tous se mettent en quatre pour préserver sa pudeur, lui qui est un homme pudique détestant l'étalage de tout ce qui relève de l'intime. La plume de Chantal Robillard se fait parfois friponne laissant certains de ses protagonistes succomber à leurs instincts les plus primaires. Même Merlin n'est pas exempt du moindre sentiment, lui qui est également tombé dans les filets de la belle procureure adjointe Rosemonde Sagramore. Véritable enchanteresse à laquelle nul ne résiste, pas même le grand Merlin, lui qui fut un grand magicien dans une autre vie. Chantal Robillard rappelle que l'on est bien désarmé face à l'amour et à ses affres.