L'influence du "gaming" à la littérature

Google console

accueil2

accueil2

28/01/2026

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, Les Chemins de Ji, éditions Mnémos

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, 
Les Chemins de Ji
éditions Mnémos 

Les Racines du Wul est le 3e et dernier volet qui vient conclure de manière magistrale la nouvelle incursion dans le monde de Ji de Pierre Grimbert. 

En librairie depuis le 21 janvier, je n'ai pas souhaité faire durer le suspense plus longtemps et me suis donc attelée rapidement à la lecture de ce roman. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après bien des péripéties les conduisant d'un monde à l'autre, Liéronim et ses compagnons d'infortune sont bien décidés à ramener leur jeune protégé Danel auprès des siens. Seulement les fanatiques du Wul Melinem n'ont pas dit leur dernier mot et semblent bien décidés à remettre la main sur celui qu'ils appellent depuis le début le faisceau dans le seul but d'accroître leurs propres pouvoirs. Seulement en les entraînant sans le vouloir dans des mondes aussi dangereux, la compagnie pourrait bien leur donner les moyens de tous les dominer. 

Mon avis :

Dans Les Racines du Wul, Pierre Grimbert continue de nous balader dans les univers parallèles toujours plus dangereux les uns que les autres de son célèbre Ji. Alors que ses protagonistes ont l'espoir de retrouver la terre natale de Danel décrite comme un havre de paix, ils vont débarquer dans un lieu bien différent des souvenirs du jeune garçon. En effet, le monde qui prend vie sous la plume de Pierre Grimbert est sombre et peuplé d'horribles créatures. Le danger est partout, menaçant en permanence la compagnie sans leur laisser le moindre répit. Le merveilleux a laissé la place à l'horrifique et à la monstruosité

Il est vrai qu'une magie est à l'œuvre dans chacun de ses mondes, un pouvoir subsiste dans le moindre cailloux comme l'a très vite compris les membres du Wul. Mais celle-ci est dangereuse façonnant un monde âpre et implacable. Le cadre est posé dévoilant les secrets de la mystérieuse île de Ji. Elle est la porte d'entrée d'un monde infini s'ouvrant sur de nombreuses réalités parallèles. 

Au vu des envies que ces découvertes suscitent, on comprend vite la nécessité de l'existence de gardiens. Ils sont les derniers remparts face à la folie qu'un trop plein de pouvoir peut engendrer même chez les âmes les plus nobles. C'est d'ailleurs le fil directeur de cette nouvelle série. Pierre Grimbert questionne beaucoup la notion de pouvoir et en particulier ses conséquences tout au long de sa trilogie. Il aborde d'ailleurs la notion de colonisation, à travers cette volonté implacable qu'ont les membres du Wul à vouloir s'emparer d'un maximum d'artefacts pour conquérir et dominer davantage de territoires. 

L'auteur parle également de l'exploitation des créatures qui sont enlevées à leur environnement dans le but de nourrir un pouvoir. 

La question d'esclavage est donc abordée et l'auteur y met en exergue la violence dont use certains au nom de la conquête. 

En outre, à travers ses personnages, Pierre Grimbert balaie de nombreuses thématiques tournant autour du sacrifice, du partage, de l'entraide et du dépassement de soi. Au fil des épreuves, tous vont mûrir, changer et voir la vie sous un nouvel angle. Cette série dégage quelque chose du roman d'apprentissage même si la majorité des protagonistes sont adultes.

Pari tenu pour Pierre Grimbert qui signe avec Les Chemins de Ji une nouvelle épopée pleine de magie et de nouvelles révélations sur cet univers qu'il se plaît à enrichir depuis toutes ces années. 

Pour conclure :

Amateurs de fantasy épique, cette trilogie est pour vous. Vous y retrouverez de l'explosion de magie, des affrontements et une quête. Quoi demander de plus, je vous le demande !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur La Branche Romine et La Souche Perdue

Informations

Pierre Grimbert
Les Racines du Wul
T.3
Les Chemins de Ji
9782382672372
304 pages
Editions Mnémos

Lien vers le site

24/01/2026

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche 

Angel Arekin a une bibliographie déjà bien remplie peuplée de titres de fantasy, de romantasy, de romance contemporaine ou encore de suspense. Son imaginaire s'avère donc débordant car il a déjà exploré de nombreux rivages. 

Après le succès de sa saga, Le Porteur de Mort, une épopée de fantasy déjà très remarquée, parue en grand format chez Plume Blanche, elle a récidivé en 2025 avec un one shot. Celui-ci s'intitule Dieu & Sorcière et est une romantasy

L'ayant acheté il y a peu de temps, j'avais très envie de le lire au vue des nombreux retours positifs à son sujet. Je dois avouer que je n'ai pas été déçue et vous confirme que la qualité est bien au rendez-vous

Résumé :

Lifren Morgeline est la dernière sorcière de sa lignée capable de retenir dans sa prison le Roi Fantôme, le maître du Monde Souterrain. Mais l'arrivée du ténébreux Aren venu se réfugier dans son vieil hôtel en bravant les fantômes de la forêt qui l'entoure va bouleverser toutes ses certitudes, l'interrogeant notamment sur la justesse de sa quête ? Et si on l'avait trompée depuis sa plus tendre enfance? Quel chemin adoptera-t-elle à la lumière de cette terrible vérité ? 

Mon avis : 

Dieu & Sorcière est une romantasy de grande qualité car elle s'appuie sur un univers richement construit. En effet, le récit s'insère au cœur d'une mythologie originale empruntant autant à la mythologie grecque que nordique. 

Entre ses lignes, les personnages d'Angel Arekin sont les pions des dieux qui se livrent une guerre sans merci. Ainsi, le Dieu de la Mort est victime d'un puissant sort l'enchaînant à sa prison souhaité par Neith le dieu de la nature par pure vengeance pour s'être uni avec sa sœur Sekmet, aujourd'hui disparue. Tous deux nous apparaissent un peu comme les pendants de Zeus et d'Hadès, deux frères ennemis qui luttent pour étendre leurs pouvoirs. 

Mais l'autrice emprunte également d'autres figures divines, à l'image de la célèbre Hekat. Elle en a fait la mère des lignées de sorcières qui malheureusement sont en voie d'extinction, à l'exception de Lifren Morgeline, la dernière représentante de ses pairs. 

Les sources sont d'ailleurs multiples car derrière Guerre, Maladie et Vieillesse, on peut y voir les personnifications des Cavaliers de l'Apocalypse mentionnés dans le Nouveau Testament. 

Quant à l'Arbre de Vie présent dans ce roman, comment ne pas l'associer au fameux Yggdrasil, l'arbre monde de la mythologie nordique. 

Il en ressort un univers d'une grande richesse, minutieusement élaboré pour accueillir une intrigue infusée de trahisons et de manipulations. 

L'histoire est particulièrement passionnante car derrière la romance qui se dessine en filigrane, il est surtout question de relations familiales complexes, de reconstruction de soi et d'expiation. 

Dans Dieu & Sorcière, Angel Arekin a surtout cherché à explorer l'âme humain, à travers des personnages écorchés vifs, marqués par le deuil et l'abandon. 

Les émotions se bousculent entre ces pages pour nous tordre les tripes car comme souvent en dark romance, le personnage masculin n'est pas qu'un simple bad boy. Victime d'une enfance difficile, orphelin depuis sa naissance, il est une âme perdue jusqu'à sa rencontre avec sa rédemption qui prend les traits d'une jeune femme puissante. Pour autant, aucun des personnages d'Angel Arekin n'est véritablement blanc. Chacun a sa part de noirceur car responsable de ses actes qu'aucune noble cause ne peut véritablement justifier. Il est donc beaucoup question dans ce roman de pardon et de reconnaissance de ses erreurs.

Dieu & Sorcière est un récit envoûtant qui nous embarque dans un imbroglio d'intrigues bien ficelées, mais est également puissant de par la diversité des thèmes abordés. 

C'est un texte qui cherche surtout à mettre l'âme humaine à nu. L'humanité y est donc beaucoup questionnée ainsi que la figure du monstre. 

Angel Arekin table sur des personnages plutôt en demie teinte. Si Aren incarne au premier abord l'image du mauvais garçon cherchant à se faire oublier au milieu d'une forêt réputée comme étant hantée, la vérité se révèle plus complexe. Il n'est finalement pas qu'un simple assassin. Ancien gamin des rues devenu un tueur dans le but de survivre à l'adversité que le destin lui a réservé. Pourtant au fil des chapitres on va se rendre compte que ses origines en font un être exceptionnel qui s'ignore. Il dispose de grands pouvoirs et va devoir apprendre à les maîtriser tout comme à en assumer les grandes responsabilités qui vont avec. C'est un personnage irrévérencieux, drôle et ténébreux à la fois. A ses côtés se tient la belle Lifren Morgeline. Elle est à la fois forte et fragile. Enfermée dans ses certitudes, sa rencontre avec Aren va profondément l'ébranler. Elle qui pensait se servir de lui comme d'un rouage nécessaire à son plan d'action va vite se retrouver désemparée face à tout ce qu'il réveille d'incroyables en elle. Elle est une puissante sorcière incarnant la force et l'indépendance. Pourtant elle est la dernière de sa lignée faisant d'elle un être à part, à protéger. En tout cas, c'est la mission qu'Aren s'est adjoint. Pour autant, il n'est pas dit que Lifren le laisse faire. Voici deux êtres que tout oppose mais dont les âmes vont s'entremêler. Alors succomberont-ils à leur plus simple désir ? Et que peut-il naître du chaos? 

Pour conclure :

Avec Dieu & Sorcière, j'ai pu goûter à la plume enchanteresse d'une autrice de fantasy qui a déjà laissé sa marque dans le paysage des littératures de l'imaginaire. La grandeur des personnages et l'authenticité de l'univers font de ce roman, une romantasy digne de ce nom. Il n'est point question ici d'une romance prenant cadre dans un décor de fantasy mais bien d'un récit de fantasy de qualité agrémentée d'une romance touchante. Voilà qui change de ce que la romantasy a l'habitude d'offrir à ses lecteurs. Je ne peux donc que vous recommander de vous emparer de cette histoire pour lire enfin une romantasy de belle facture. A bon entendeur ! 

Fantasy à la carte

Informations

Angel Arekin
Dieu & Sorcière
9782381991351
684 pages
Editions Plume Blanche

Lien vers le site

20/01/2026

Chantal Robillard, Dentelles des Mondes de Merlin, éditions Astérion

Chantal Robillard, Dentelles des Mondes de Merlin
éditions Astérion 

Dans la même collection d'anthologies parue chez Astérion, un sixième ouvrage signé Chantal Robillard est sorti à la fin de l'année 2025. Il s'intitule Dentelles des Mondes de Merlin. Il est composé de sept nouvelles et partage le même univers que son précédent roman, Merlin enquête au palais du Rhin

Ayant d'ailleurs fort bien apprécié ce roman, j'ai pris un certain plaisir à découvrir ce recueil nous proposant des nouvelles aventures du commandant Odilon Merlin. 

Mais avant de vous en parler plus en détails, je tiens à remercier Chantal Robillard pour l'envoi surprise de ce service de presse. 

Dans Dentelles des Mondes de Merlin, Chantal Robillard continue son exploration du mythe arthurien qu'elle a transposé à notre époque. 

Mon avis :

On retrouve donc la brigade du commandant Odilon Merlin entouré de ses hommes, les fameux chevaliers de la Table Ronde. Sauf que sous la plume facétieuse de cette dame de lettres, aucun n'a le moindre souvenir de sa vie antérieure. Aussi Odilon ne s'imagine pas avoir été l'un des plus grands magiciens de tous les temps, pas plus que Caradoc, Yvain ou Gauvain se projettent en chevaliers. 

Toute la singularité de cette réappropriation réside donc dans ce choix car Chantal Robillard a choisi de confronter ses grands figures de la littérature classique aux problématiques actuelles. 

Si, dans Merlin enquête au palais du Rhin, il était surtout question d'une enquête, dans ses nouvelles, l'autrice s'est davantage intéressée à la psychologie de ses personnages. Ainsi, on les retrouve dans leur intimité et on goûte à leur relationnel parfois compliqué. Il s'en dégage une ambiance plus intimiste. 

Chantal Robillard y arbore un rôle de confidente nous partageant ainsi les secrets, les souffrances ou les joies de ces grandes figures intemporelles. 

On les retrouve par exemple le temps d'un séjour passé à Brocéliande dans "Ne jamais baisser la garde" tous ensemble dans le but de resserrer leurs liens comme ce fut le cas lorsqu'Odilon a pris la tête de cette brigade peuplée de personnalités meurtries et  traumatisées notamment dans leurs chairs et leurs âmes, à l'image de Francis Caradoc et Claudin Jauffré qui se sont retrouvés criblés de balles lors d'un attentat visant Roissy. Chantal Robillard y souligne la belle solidarité qui lie ces hommes entre eux tout en les mettant face à ce mortel péril qui menace notre société par pure obscurantisme d'une caste

En outre, l'autrice ne pouvait pas faire l'impasse sur le célèbre Val sans retour. Haut lieu incontournable symbolisant la condamnation de l'homme pour ses péchés de chair. Le commissaire Singral en fera ici les frais même si son seul forfait est d'avoir succombé au charme d'une sorcière et de l'avoir épousé. 

Cette fraternité entre Merlin et ses hommes est d'ailleurs bien mise en valeur dans "Pour Merlin" car tous se mettent en quatre pour préserver sa pudeur, lui qui est un homme pudique détestant l'étalage de tout ce qui relève de l'intime. La plume de Chantal Robillard se fait parfois friponne laissant certains de ses protagonistes succomber à leurs instincts les plus primaires. Même Merlin n'est pas exempt du moindre sentiment, lui qui est également tombé dans les filets de la belle procureure adjointe Rosemonde Sagramore. Véritable enchanteresse à laquelle nul ne résiste, pas même le grand Merlin, lui qui fut un grand magicien dans une autre vie. Chantal Robillard rappelle que l'on est bien désarmé face à l'amour et à ses affres. 

13/01/2026

André David, Luna Incognita, éditions Critic

André David, Luna Incognita, éditions Critic

Luna Incognita est le deuxième roman d'André David. Pour mémoire, son premier livre, Les Naufragés de l'institut Fermi est paru chez Critic en 2022. La fin de l'année 2025 a donc été marquée par son grand retour au catalogue avec ce nouveau titre de science-fiction. 

Contactée il y a quelques semaines par l'auteur lui-même pour lire son nouveau livre, je tenais avant de commencer à le remercier très chaleureusement de sa confiance. Vous l'aurez donc compris, ce livre est un service de presse. 

Réusmé :

Avec la conquête de la lune, beaucoup de terriens vivent sur la lune depuis de nombreuses générations avec toujours cet espoir dans le cœur de beaucoup de poursuivre l'exploration de l'espace. C'est la raison pour laquelle les chantiers lunaires sont en ébullition pour mener à bien le projet Apollo et enfin trouver le moyen de conquérir d'autres planètes. Enez est l'une de ces personnes rêvant le plus de voir cette mission se concrétiser même si beaucoup tentent de l'en dissuader. Mais l'assassinat de son amant pourrait bien changer la donne ? 

Mon avis : 

Avec Luna Incognita, André David s'essaye au space opera en y mêlant des notes de thriller, histoire de pimenter son récit. 

Le cadre proposé par l'auteur est très immersif, nourri par une technologie avancée. Le voyage spatial étant ici en partie maîtriser puisque les planètes du système solaire sont colonisées. La plume d'André David s'appuie donc sur un discours scientifique solide nous proposant un univers futuriste crédible grâce à une machinerie de pointe. Il nous embarque donc à bord de vaisseaux pour un dépaysement total car le danger survient de partout. Naviguer dans l'espace ne reste pas sans risque. Toute défaillance ou erreur de calcul entraîne la mort de ces êtres vivants dont les ancêtres ont fait le choix de quitter la Terre. 

Le récit n'en est donc que plus implacable. C'est une aventure comme peut l'être chaque récit de space opera. Toutefois la notion d'urgence qu'André David a glissé dans son livre lui donne une certaine amertume. En effet, cette conquête s'est tout de même fait au prix du sang et elle continue de faire des ravages surtout chez ceux qui ont l'espoir d'aller encore plus loin pour voir si la vie n'y serait pas meilleure. 

Luna Incognita est un récit de survie. Celle de tous les personnages d'André David mais aussi de l'humanité en général. La plume de l'auteur est âpre et intransigeante. Mais il fallait bien cela pour porter un tel récit porteur de sujets aussi riches. 

Il y est donc question d'une réflexion autour de la vie après un effondrement. Sans surprise la Terre est devenue quasiment inhabitable poussant beaucoup d'humains à tenter leur chance sur la lune ou ailleurs. Les problèmes climatiques sont donc abordés et s'accompagnent de regrets et de nostalgie pour ceux qui se languissent de la vie d'avant sur la Terre. André David a ponctué son texte d'une réflexion autour d'une vie différente pour les humains qui ont dû s'adapter pour ne pas disparaître. 

La thématique de la colonisation demeure le fil directeur de ce roman à travers l'obsession des personnages à vouloir mener à bien cette ultime mission visant à construire le vaisseau qui les mènera vers Proxima du Centaure, autrement dit vers d'hypothétiques d'autres planètes situées hors du système solaire. La question de la légitimité d'un tel projet se pose car on s'interroge sur les conséquences néfastes d'une telle perspective. 

Ce roman est également très politique au vu des enjeux mis en exergue. La quête de pouvoir demeure l'obsession principale d'une caste qui est prête à toutes les extrémités pour le garder. Mensonges, manipulations et trahisons sont leurs principales armes face à une défiance toujours plus importante. 

07/01/2026

Freya Marske, A Marvellous Light, T.1, The Last Binding, éditions Bragelonne

Freya Marske, A Marvellous Light, T.1,
 The Last Binding
éditions Bragelonne 

A Marvellous Light est le premier roman de Freya Marske. Il inaugure une trilogie de fantasy historique de grande qualité. 

Parue aux éditions Bragelonne, cette saga nous est proposée en deux versions : brochée et reliée avec un beau jaspage sur la tranche du livre. 

Je le reconnais bien volontiers, j'ai cédé à l'appel de ce bel écrin pour me lancer dans cette série. Je n'ai aucune volonté mais avouez qu'il est juste trop beau ce premier tome ?

Résumé :

Suite à une erreur administrative, le jeune noble Robin Blyth rejoint le gouvernement britannique après la disparition subite de son prédécesseur. Mais en acceptant ce poste il était loin de se douter qu'il deviendrait un agent de liaison avec une société magique secrète. Toutefois lorsqu'il se retrouve frappé d'une malédiction manquant de le tuer, il prend conscience du danger mortel qui le guette et n'a d'autre choix que de s'associer à son homologue magicien, Edwin Courcey pour l'aider à se sortir de ce mauvais pas. Pour autant, arriveront-ils à s'entendre pour résoudre cette énigme et ainsi rester en vie ? 

Mon avis :

A Marvellous Light est donc une fantasy historique qui nous transporte dans une Angleterre edwardienne alternative. En effet, la magie existe, elle est même l'apanage de certaines familles. Toutefois, son existence n'est pas connue du grand public. Les magiciens vivent donc dans le secret et lorsque celles-ci est révélée, on parle de "déboisselage". C'est une sorte de rituel de vérité. De même que lorsque le moment est venu de faire oublier cette fracassante révélation aux simples humains, les magiciens peuvent avoir recours au léthé-menthe. C'est une combinaison très efficace pour oblitérer les souvenirs. En outre, la magie qui prend vie dans cet univers se nourrit aussi du sang et est surtout liée à la terre et au domaine. Certaines demeures dégagent une telle puissance qu'elles renforcent le pouvoir de ses propriétaires, notamment à travers des rituels de sang qui viennent sustenter la terre et donne en retour un soutien inattendu et puissant.

Derrière A Marvellous Light se dessine un univers riche et complexe qui emprunte autant au folklore qu'à la mythologie grecque. Le cadre historique est très immersif notamment grâce à cette pointe de merveilleux. 

En outre, il permet à l'autrice d'introduire des thématiques intéressantes autour des droits des femmes par l'accès à l'université. La période edwardienne est marquée par des avancées avec, par exemple, l'engagement des suffragettes. 

Dans le roman de Freya Marske, on fréquente la bonne société. On goûte même aux mesquineries de certains nobles qui aiment tout particulièrement martyriser les non-mages. C'est en tout cas le cas de la famille de l'un des personnages principaux qui en a presque fait sa marque de fabrique. L'intérêt étant ici, en plus d'explorer l'âme tortueuse de certains humains, de s'intéresser à la toxicité des relations familiales à travers la figure d'un protagoniste qui sert de souffre douleur à son frère et à sa sœur. 

A Marvellous Light met à jour une machination visant à asseoir le pouvoir d'une caste sur le reste du monde. Cela met en lumière la lutte des classes qui étouffe bien des sociétés. Freya Marske y questionne donc avec beaucoup d'habileté les notions de liberté et d'humanité. 

02/01/2026

Jérémy Angelo, La librairie des poèmes infusés, éditions Twinkle

Jérémy Angelo, La librairie des poèmes infusés
éditions Twinkle 

Jeremy Angelo est un auteur d'imaginaire dont la bibliographie compte une dizaines de titres. Beaucoup de ses romans sont d'ailleurs parus chez Twinkle éditions qui a la spécificité de publier de très beaux livres reliés et ornés d'un beau jaspage.

Chaque année, ils éditent des romances de saison. 

Aussi, pour marquer cette fin d'année 2025, ils nous ont proposé un nouveau roman de Jérémy Angelo qui s'intitule La librairie des poèmes infusés. 

Résumé :

Après le décès de leur parent, Salomé et sa sœur Maëlle sont parties vivre en Écosse chez leur grand-père. En dépit de son immense chagrin, Salomé espère toujours devenir Maîtresse infuseuse. Or, en se renseignant auprès de la bibliothécaire du coin, elle a appris que le plus grand Maître infuseur d'Écosse vivait non loin, dans les Highlands. Prenant donc son courage à deux mains, elle décide de se rendre auprès de lui pour qui la prenne comme apprentie. Mais l'accueil qu'il lui réserve sur place est pour le moins glacial. Alors dans ces conditions, arrivera-t-elle, quand même, à atteindre son but de devenir Maîtresse infuseuse ? 

Mon avis :

La librairie des poèmes infusés est un roman contemporain coloré d'un léger merveilleux. Jérémy Angelo nous transporte en Écosse, une terre bercée par les légendes dont il nourrit son texte. Le décor est majestueux et mystérieux propre aux Highlands. On prend plaisir à parcourir entre ces pages cette terre sauvage et à rencontrer ses chaleureux habitants. 

Toute l'originalité du texte réside dans cette pointe fantastique qui associe le rituel du thé à de la poésie, le tout accompagné d'un soupçon de magie. 

La librairie des poèmes infusés n'est donc pas qu'une simple romance. En fait, c'est une ode à la littérature et à la poésie par l'entremise de la magie. Mais c'est également une déclaration d'amour pour ce pays magnifique qu'est l'Écosse. Les lieux décrits dégagent à eux seuls une vraie magie par le mysticisme ambiant

La lecture n'en est donc que plus envoûtante surtout à travers la présence de tous ces livres, le froissement du vieux papier ou encore l'atmosphère feutré propre au cottage. L'univers est immersif et plaisant. 

Romance oblige, on y retrouve tous les clichés mais l'histoire reste belle et agréable à lire. En effet, un être bourru, écorché par son passé qui tombe sous le charme d'une plaisante jeune femme, on n'est point surpris par la trame du récit. Toutefois, l'intrigue est efficace et on se laisse facilement emporter. 

En outre, le récit est enrichi de thématiques intéressantes tournant autour du deuil mais aussi de la reconstruction de soi après un échec ou une terrible perte. Jérémy Angelo y juxtapose la solidarité dont les humains peuvent faire parfois preuve au commérage et au jugement porté par des âmes à la langue bien trop pendue. C'est le revers de la médaille des petites communautés où tout le monde se connaît et où les jugements vont bon train. 

L'amour est bien entendu le fil conducteur dans ce livre auquel s'ajoute l'amitié et la fraternité. 

29/12/2025

Mickaël Brun-Arnaud, Les souvenirs de Ferdinand Taupe, T.1, Mémoires de la forêt, éditions L'école des loisirs

Mickaël Brun-Arnaud, Les souvenirs de Ferdinand Taupe, T.1, 
Mémoires de la forêt
éditions L'école des loisirs 

Vendue à plus de 300 000 exemplaires, la série Mémoires de la forêt de Mickaël Brun-Arnaud est un véritable succès. 

Noël approchant, les éditions L'école des loisirs ont eu la bonne idée de lui offrir un second écrin faisant du premier tome, Les souvenirs de Ferdinand Taupe, un cadeau incontournable de cette fin d'année. En tout cas, personnellement je n'ai pas résisté plus longtemps avec cette nouvelle édition qui a fini de me convaincre de me lancer enfin dans la lecture de cette saga déjà fort plébiscitée. 

Mieux encore, je me suis même félicitée d'avoir attendu au regard de la beauté de ce livre-objet. Entre sa couverture rigide rehaussée de dorures à chaud et le jaspage sur la tranche, ce livre est un émerveillement visuelle.  

Élégante et luxueuse, cette édition est parfaite pour accueillir ce fabuleux récit magnifiquement illustré par la talentueuse Sanoe. Le petit plus est le carnet de croquis glissé en fin d'ouvrage qui nous donne un aperçu du travail de l'illustratrice et nous régale les yeux et l'âme. 

Résumé :

Archibald Renard tient la célèbre librairie de Bellécorce. Elle est dans sa famille depuis de nombreuses générations et fait sa fierté. Il se targue de toujours satisfaire sa clientèle par des conseils de lectures avisés. Seulement, la demande inattendue d'un habitué de l'établissement va ébranler ses certitudes. En effet, Ferdinand Taupe souhaite récupérer son livre déposé des décennies auparavant alors qu'Archibald vient tout juste de le vendre à une personne dont il ne garde aucun souvenir. Face à la déconfiture de son fidèle client, Archibald décide d'accompagner Ferdinand afin de remettre la main sur son livre mais aussi et surtout retrouver la trace de son épouse Maude, portée disparue. Le voyage s'annonce déjà mouvementé car les indices sont maigres. Mais qu'à cela ne tienne, Archibald est bien décidé à aider son ami alors en route, il n'y a plus de temps à perdre. 

Mon avis :

Dans Mémoires de la forêt, on plonge dans un univers anthropomorphique où les animaux de la forêt tiennent le premier rôle. Aussi, entre ces pages ils se comportent et s'habillent comme des humains. Le récit prend cadre dans un décor enchanteur où l'on visite par exemple une merveilleuse librairie nichée dans un arbre et où l'on séjourne dans une ravissante maison d'hôtes tenue par une poule. 

Toute la magie est là. Il est à noter que vous ne trouverez pas dans ce livre une explosion de pouvoirs mais plutôt un merveilleux réconfortant. La magie s'exprime donc davantage par les mots de Mickaël Brun-Arnaud et les illustrations de Sanoe. Rien d'ostentatoire mais un envoûtement complet. 

Mémoires de la forêt est une véritable ode à la nature. L'auteur y magnifie l'habitat des animaux. Tout y est verdoyant et apaisant. La forêt y est décrite comme un havre de paix à préserver d'autant qu'il y est question à un moment du récit d'un incendie ravageur. C'est une manière pour l'auteur de rappeler l'inconséquence ou la malveillance humaine. Il y a donc une petite pointe écologique derrière cet amour que Mickaël Brun-Arnaud semble vouer à la nature et particulièrement à la forêt. 

Mais la richesse de ce texte va beaucoup plus loin car l'auteur y traite de nombreuses thématiques. La première d'entre elles est bien entendu la maladie d'Alzheimer. Elle est même centrale au récit à travers le mal de l'oubli-tout qui touche l'un des principaux protagonistes de l'histoire. Il traite ce sujet délicat avec beaucoup d'intelligence et démontre combien tout l'entourage est impacté et insiste sur la souffrance qui en découle pour tout le monde. L'important est de l'aborder avec bienveillance et patience pour ne pas aggraver la souffrance des patients. Le texte est touchant et d'une grande perspicacité, idéal pour un jeune public qui serait notamment confronté à Alzheimer ou à toute autre maladie. 

23/12/2025

Pierre Pevel, Étienne Willem & Capia, L'Elixir de l'oubli, partie 1, Le Paris des Merveilles, éditions Drakoo

Pierre Pevel, Étienne Willem & Capia, L'Elixir d'Oubli
partie 1, 
Le Paris des Merveilles
éditions Drakoo 

Le grand projet d'Étienne Willem était de mettre en images le célèbre Paris des Merveilles de Pierre Pevel. C'est chose faite depuis 2022 avec la parution de la toute première bande dessinée de cette série éditée chez Drakoo

Pour mémoire, Le Paris des Merveilles est une trilogie signée Pierre Pevel. Mais l'adapter en bande dessinée a nécessité des partis pris. Le premier d'entre eux a été de partir sur deux volumes par tome. 

Aussi, Les Enchantements d'Ambremer sont déjà parus en 2022 et 2023. La disparition prématurée d'Étienne Willem a mis un coup d'arrêt, chaque lecteur pensant que l'aventure s'arrêterait là. Mais c'est sans compter l'amour que voue le directeur éditorial de Drakoo, Christophe Arleston et Pierre Pevel à cette série dans ce format-ci, sans parler de leur amitié pour le dessinateur. Et quel meilleur hommage que de continuer à faire vivre ce superbe projet qui lui tenait tant à cœur.

C'est donc la dessinatrice Capia qui a pris la relève d'Étienne Willem et comme elle le dit elle-même en interview, son challenge a donc été de respecter au maximum le style du dessinateur. 

Résumé :

Dans L'Elixir d'Oubli, Louis Denizart Hipolyte Griffont poursuit ses investigations sur le meurtre d'un antiquaire. Ce qui le ramène à une autre vieille affaire lorsqu'il était encore un jeune capitaine de cavalerie et que l'existence de l'Outremonde n'était pas encore connu de tous jusqu'à ce que la guerre entre les dragons et les Fées poussent bien des créatures à se réfugier sur terre. Des souvenirs qui lui rappellent notamment sa rencontre avec la délicieuse mais non moins intrépide baronne Saint-Gil avec laquelle il a partagé plus que de l'amitié. Ce fut également le temps où les cercles de mages ont vu le jour, notamment pour se prémunir des débordements de ce conflit magique. 

Mon avis :

Ce premier album respecte bien le roman initial. On y retrouve toute l'essence de l'intrigue imaginée par Pierre Pevel. 

Mais, plus que de replonger dans un récit captivant, on retourne dans le passé des personnages pour mieux comprendre les liens qui les unissent. 

En outre, en jouant avec les époques du XVIIIe et du XXe siècle, Pierre Pevel réaffirme sa volonté d'écrire une uchronie de fantasy. Aussi, le monde dans lequel évoluent les protagonistes est influencée par la magie. Les figures historiques voient donc leur destin prendre une autre tournure. 

Le décor est posé et il forme un écrin fort divertissant pour mettre en valeur une enquête riche en révélations et en rebondissements. 

Le Paris des Merveilles est une trilogie riche en action. Un fait que les dessinateurs ont bien intégré car les scènes choisies dégagent une vraie énergie. C'est particulièrement rythmé et fait honneur aux romans. 

Capia n'a en rien dénaturé le travail d'Étienne Willem pour faire vivre ce Paris utopique influencé par le steampunk. 

Franchement c'est un énorme plaisir que de lire ces bandes dessinées. Elles sont divertissantes, drôles et prenantes. C'est pour moi devenu un rendez-vous incontournable de fin d'année grâce à mon amie Mathilde qui prend plaisir à me les offrir à mon anniversaire ou à Noël. Je la remercie ici pour ses choix et son bon goût.

Il est à noter que le scénario a conservé ce même humour présent des les deux premiers volets. La patte de Pierre Pevel est donc bien là ainsi que l'esprit d'Étienne Willem. 

En outre, les illustrations sont toujours aussi belles. Il y a une vraie cohérence avec le travail réalisé précédemment par Étienne Willem. Point de rupture donc entre toutes ces bandes dessinées qui partagent ce même esthétisme qui a fait le succès de la série. 

19/12/2025

François Baranger, Sorcier de Sang. T.4, Ars Obscura, collection Lunes d'encre, éditions Denoël

François Baranger, Sorcier de Sang, T.4, 
Ars Obscura,
 collection Lunes d'encre, 
éditions Denoël 

Sorcier de Sang est le 4e et dernier opus de la saga, Ars Obscura de François Baranger. 

Comme tous les amateurs de cette série d'uchronie de fantasy, j'avais hâte de m'atteler à cette lecture.

Il faut dire qu'au fil des tomes, je me suis attachée à la plume de cet auteur et à son imaginaire incroyable.

François Baranger a plus d'une corde à son arc et est très talentueux autant avec sa plume que ses pinceaux. Et ce n'est pas ce 4e tome qui démantira mes propos au regard de la qualité du récit. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Denoël, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Vaincu, Élégast est en fuite et Napoléon est défait. Irénion Brégante a pris la tête des armées et a rétabli le Consulat pour éviter que le chaos s'installe en Europe. Seulement le temps n'est pas à la paix car la puissance du sorcier Vakt est telle qu'il marche sur la France et l'Europe, à la tête de l'armée russe peuplée de monstruosités et de nombreux fanatiques. Très affaiblis par les premiers combats, nul ne pense échapper à son funeste destin. Mais tous choisissent de se battre jusqu'à leur dernier souffle dans l'espoir d'un lendemain meilleur. 

Mon avis :

Sorcier de Sang vient conclure de manière magistrale la saga mêlant uchronie et fantasy de François Baranger. 

Dans ce tome 4, l'auteur a d'ailleurs laissé libre cours à son imagination pour donner une autre conclusion à l'épisode des guerres napoléoniennes. 

En effet, dans Sorcier de Sang, Napoléon est hors jeu depuis que son sorcier personnel Elegast a été vaincu par Ludwig. Pour autant, la menace à l'Est perdure. On ne parle plus de coalition entre les Prussiens et les Anglais contre les Français menés par Napoléon Ier, mais plutôt des troupes russes conduites par le redoutable Vakt contre les armées françaises commandées par le Consul, Irénion Brégante. 

Sous la plume de François Baranger, la monarchie n'est donc pas rétablie après la chute de Napoléon. L'auteur priviligie ici une gouvernance moins absolue et plus représentative. 

Toutefois, l'essentiel du roman se concentre sur cet affrontement titanesque entre Vakt et les héros de François Baranger. On plonge donc dans cette ultime bataille qu'il nous prépare depuis le premier tome. Le récit est particulièrement épique. 

L'art Obscur est à l'œuvre et explose de partout. Les scènes sont très visuelles, et particulièrement spectaculaires. Le combat prend aux tripes car on sait que l'issue en sera automatiquement fatale pour certains. La question reste d'ailleurs de savoir pour qui. 

Dans ce 4e opus, on explore plus en profondeur cette magie venue du fond des âges rendue surpuissante grâce à l'usage de cristaux appelés ukronites. Clin d'œil à la kryptonite, peut-être car comme elle, son utilisation confère des pouvoirs extraordinaires aux simples humains devenant ainsi de puissants sorciers pour peu qu'ils maîtrisent le langage. 

12/12/2025

Arula Ratnakar, Submergée, collection RéciFs, éditions Argyll

Arula Ratnakar, Submergée, collection RéciFs, éditions Argyll 

Arula Ratnakar est une scientifique qui s'intéresse actuellement au développement neurologique embryonnaire. 

Elle est également l'autrice de nouvelles de science-fiction dont le premier texte, Submergée, vient d'être publié en France par les éditions Argyll. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après la mort brutale de sa consœur, Nythia, une brillante chercheuse, a décidé d'investiguer pour comprendre ce qui lui est arrivé. A l'aide d'une technologie avancée lui permettant de plonger dans les souvenirs de la défunte, la jeune femme remonte le temps et découvre petit à petit les incroyables découvertes à propos d'un remède révolutionnaire capable de sauver l'humanité des épidémies qui la menacent. Pour autant cette avancée pourrait bien avoir ses limites et dissimuler de nouvelles préoccupations peut-être moins acceptables que prévues ? 

Mon avis :

Avec Submergée, Arula Ratnakar nous plonge dans un récit de science-fiction teintée de notes postapocalyptiques. En effet, dans ce récit, l'humanité est décimée par des épidémies de plus en plus mortelles. Or, pour y faire face, des groupes de chercheurs travaillent à la recherche de remèdes. C'est le cas de Noor qui a orienté ses travaux d'étude sur les fonds marins pensant y trouver la solution.

Sans surprise Submergée est un récit très scientifique. L'autrice puise dans son expertise du cerveau pour nourrir son texte de progrès, notamment dans la compréhension des fonctions neuronales. Ainsi, la technologie imaginée entre ces lignes permet de pénétrer dans le cerveau de l'autre pour revivre ses souvenirs. 

Du point de vue des sciences et de la fiction c'est intéressant. Mais ça sert également l'intrigue car Arula Ratnakar a introduit une mort suspecte nécessitant une investigation. Or, quoi de mieux pour résoudre un mystère impliquant peut-être un crime que de pouvoir s'immerger dans les souvenirs du défunt ? 

Ainsi, l'autrice associe des notions de biologie marine à de la technologie avancée mais Arula Ratnakar a également ajouté des éléments propres aux investigations policières. 

En effet, Submergée est également une enquête empreinte de mystères et de danger. 

Les enjeux sont énormes et la vie n'a que peu de prix face à l'économie, au monde de la finance et aux groupes pharmaceutiques. 

Bien que court, le récit d'Arula Ratnakar est d'une grande richesse. Il faut dire qu'elle soulève des problématiques intéressantes. Il y est déjà question d'enjeux climatiques car elle y met en exergue les conséquences désastreuses sur la santé. Et elle nous parle aussi d'économie et de modèles de société à travers l'emprise de puissantes sociétés sur la vie des humains notamment sur les soins auxquels ils peuvent prétendre.

Elle aborde la question éthique des actions acceptables ou inacceptables pour assurer la survie de l'espèce humaine. L'autrice met en balance des valeurs morales face à la survie de l'humain. 

Or, pour illustrer son propos, elle a choisi de placer ses protagonistes face à des choix difficiles, à appréhender des vérités intolérables et à lutter contre un système impitoyable. 

05/12/2025

Jérôme Leroy, Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne, éditions Pocket Imaginaire

Jérôme Leroy, Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne, éditions Pocket Imaginaire 

Auteur et poète français, Jérôme Leroy a pas mal écrit pour la jeunesse, en plus de ses romans noirs. 

Il a reçu de nombreux prix pour ses écrits comme le prix de l'Académie française en 2011 ou le prix des lecteurs Quais du polar en 2017. 

En octobre dernier, les éditions Pocket Imaginaire ont décidé d'intégrer sa plume à leur collection "Les étoiles montantes de l'imaginaire". C'est ainsi que son roman, Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne s'est vu être réédité en octobre dernier. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après la décennie terrible des années 2033 à 2043, le monde s'est replié sur lui-même. L'Europe forme la nouvelle Fédération européenne et a opté pour une gouvernance autour de la sobriété écologique et la non-violence. Pourtant lorsque le moment est venu pour la population de voter par référendum le rétablissement de la peine de mort, et que celui-ci est adopté, la surprise est totale. A Rouen, Adam Veen âgé de 17 ans est une Pionnière. Élevée dans les préceptes de ce système, elle n'y voit aucun mal jusqu'à ce qu'elle soit à son tour choisie pour donner la mort à un condamné et qu'elle s'y refuse. Choisira-t-elle la rupture ou au contraire suivra-t-elle les préceptes de cette société qu'elle vénère depuis sa naissance ? 

Mon avis :

Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne est un récit postapocalyptique qui nous plonge dans un futur proche marqué par une forte dépopulation et une réorganisation mondiale radicale. 

Les bouleversements climatiques et les virus incontrôlables ont contraint les sociétés à s'adapter et à se réinventer. C'est le cas de la France qui, entre ses lignes, voit sa capitale se retrouver à Rouen après la disparition de Paris. Aussi, dans ce livre, la nature a bien souvent repris ses droits. Tempêtes, inondations, incendies n'ont pas complètement éradiqué les lieux, même si les paysages ont bien changé. 

De catastrophes en catastrophes, des politiques se sont mises en place, à l'image du mendozisme prônant la sobriété énergétique et alimentaire interdisant ainsi la consommation de viande et une égalité entre tous grâce à l'instauration du revenu unique. Pourtant ce modèle a vite présenté ses limites. Déjà parce que la population française a voté le rétablissement de la peine de mort, contredisant ainsi ses valeurs de non-violence. Ensuite, l'égalité pour tous semble plutôt utopique au regard de la différenciation faite entre la population du dedans et du dehors. En effet, beaucoup vivent en dehors des espaces délimités par les pouvoirs publics car il semblerait qu'il n'y ait pas de la place pour tout le monde. Contrairement à la propagande ambiante, l'égalité demeure donc un leurre et l'exclusion persiste. 

Dans son roman, Jérôme Leroy a confronté toutes les idées actuelles qui nourrissent le discours politique autour de l'instauration d'un autre modèle de société en les poussant à l'extrême et démontrer ainsi l'impossibilité de certains désirs. 

L'auteur a fait des choix intéressants qui mettent en exergue les contradictions d'un système qui se veut plus respectueux de la vie mais qui, pourtant, par crainte de certains comportements fait marche arrière et rétablit le droit d'ôter la vie. 

28/11/2025

Mu Ming, Colorer le monde suivi de Qui possède la lune, collection RéciFs, éditions Argyll

Mu Ming, Colorer le monde suivi de 
Qui possède la lune
collection RéciFs, éditions Argyll 

Mu Ming est une autrice de science-fiction et une programmeuse spécialisée en intelligence artificielle. Sa plume est célébrée par les distinctions littéraires les plus prestigieuses de la science-fiction chinoise, à l'image du prix Xingyun de la meilleures nouvelle autrice ou Galaxie de la meilleure nouvelle. 

Après avoir inauguré la collection RéciFs avec sa novella, "Le Bracelet de Jade", elle est de retour au catalogue des éditions Argyll en ce mois de novembre. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Un recueil, deux histoires fortes. 

Résumé :

La première nous conte le destin de la jeune Amy qui voit sa vie changée le jour où elle reçoit des implants rétiniens. Dans un monde où la vue corrigée est devenue la norme, elle compte sur cette intervention pour se défaire de son sentiment d'exclusion. Mais trouvera-t-elle ce qu'elle cherche au final?

Dans la deuxième histoire, on suit Xiaolin dans son parcours de vie au cœur d'une société en pleine mutation grâce à une technologie pas toujours bien acceptée. 

Mon avis :

Que ce soit pour "Colorer le monde" ou "Qui possède la lune", nous plongeons au cœur de deux récits de science-fiction teintés d'anticipation où la technologie a dessiné un nouveau modèle de société. 

Ainsi dans "Colorer le monde", Mu Ming parle d'humanité augmentée par le truchement d'implants rétiniens donnant aux détenteurs une nouvelle perception du monde. Devenu monnaie courante dans le monde imaginé par Mu Ming, choisir de ne pas en porter est synonyme d'exclusion car la différence est mal vue. C'est la raison pour laquelle Amy, bien que très jeune, souhaite de tout cœur que sa vue soit corrigée, même au déplaisir de sa mère qui préfère continuer à voir le monde à travers sa vieille monture ainsi que sa sensibilité d'artiste. C'est en tout cas la leçon qu'elle transmet à sa fille par l'intermédiaire de son journal intime lui faisant porter un regard neuf sur le monde qui l'entoure. 

"Colorer le monde" est un récit très poétique piqué de nombreuses références et artistiques. Mu Ming nous offre une véritable balade faisant le lien entre le présent et le passé par l'intermédiaire des trésors littéraires du passé à l'image de L'Odyssée d'Homère ou des œuvres artistiques telles celles de William Turner. 

"Colorer le monde" critique le conformisme de la masse pour répondre à une forme de normalité. Ici, Mu Ming s'attache à prôner la culture de la différence pour un meilleur épanouissement personnel. Les questionnements portés par cette autrice sont intéressants et variés. 

22/11/2025

Pascale Quiviger, H, Mort ou Vif, éditions du Rouergue

Pascale Quiviger, H, Mort ou Vif, éditions du Rouergue 

Pascale Quiviger est une autrice de grand talent, à qui l'on doit la saga du Royaume de Pierre d'Angle. C'est un univers de grande qualité qu'elle a continué à développer à travers d'autres romans indépendants. 

Aussi, après La dernière saison de Selim, elle poursuit l'aventure menée par les héros d'hier et d'aujourd'hui. 

Lu dans le cadre de la dernière Masse critique mauvais genres, je remercie l'équipe de Babelio et les éditions du Rouergue pour l'envoi de ce roman. 

Résumé :

Le Roi Fénélon vient de mourir. Il laisse derrière lui une fille malade, un gendre avide, un royaume exsangue et un étrange testament. Ce dernier soulève d'ailleurs beaucoup d'interrogations car il est question d'un héritier inattendu que tous pensaient décédé depuis fort longtemps. Désigné comme exécuteur testamentaire, Mercenaire accompagné de sa fidèle Esmée s'embarquent sur la piste de ce "H" même si les indices sont maigres et les concurrents nombreux. Alors arriveront-t-ils à résoudre cette nouvelle énigme à temps? 

Mon avis :

Avec H, Mort ou Vif, nous voici dans un nouveau royaume et une nouvelle histoire mais néanmoins avec également quelques têtes connues. 

En effet, Pascale Quiviger a choisi de faire un pont entre ses différents récits de fantasy avec des intrigues qui s'entremêlent par l'intermédiaire de personnages inoubliables. 

Son nouveau roman nous plonge dans les investigations d'Esmée et de Mercennaire pour retrouver un héritier que tout le monde croyait mort à la naissance. L'ambiance se teinte donc de mystère et de danger. Il faut dire que la nouvelle agite les grands de ce monde qui voit là l'occasion de renverser le pouvoir et de rebattre les cartes à leur avantage. 

Complots et manipulations s'invitent donc dans cette partie pour mettre notre couple d'enquêteurs sur des fausses pistes et des impasses. 

Le danger rôde partout surtout que l'on parle d'intrigues de cour et de secrets de famille. La soif de pouvoir se montre une nouvelle fois sans limite. 

Le récit s'annonce dès le début fort prometteur et il faut bien reconnaître que Pascale Quiviger répond bien aux attentes de ses lecteurs. Elle a, d'ailleurs, repris la même formule utilisée dans son précédent roman, La dernière saison de Selim, à savoir une investigation menée par un duo irrésistible. En effet, on retrouve l'intrépide Esmée, un personnage phare du Royaume de Pierre d'Angle et le flegmatique Mercennaire, rencontré récemment. Elle les réunit une nouvelle fois et sans surprise, ils font des étincelles. Bien que de caractère opposé, ils se complètent parfaitement pour résoudre les énigmes les plus corsées. Leur histoire est attachante et s'écrit en filigranes des intrigues en cours. 

Pascale Quiviger nous fait la joie de renouer avec des figures de la première heure, à l'image du jeune Lysandre qui a bien grandi et endosse maintenant le rôle éminent d'ambassadeur.

H, mort ou vif dégage à la fois un sentiment de nostalgie et une soif de nouvelles aventures. 

12/11/2025

Mina Fears, The Scorpion Queen, collection Stardust, éditions Hugo

Mina Fears, The Scorpion Queen, collection Stardust, 
éditions Hugo

Mina Fears est une jeune autrice américaine qui a publié son tout premier roman en 2024. Il s'agit d'un récit de fantasy à destination d'un public plutôt Young-Adult qui s'intitule The Scorpion Queen

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Aminata voit sa vie et son futur basculer, le jour où sa sœur l'a fait accuser d'infidélité alors qu'elle était promise au beau et doux Kader. Bien qu'elle ait essayé de se disculper, nul ne la croit, même pas ses propres parents qui la rejettent et la déshéritent sur le champs. C'est ainsi qu'elle devint la servante de la fille de l'empereur qui, contre toute attente, se montre aimable et généreuse à son égard. Chacune étant confrontée à sa propre détresse, une solidarité s'installe naturellement entre les deux. Mais en voulant libérer la jeune princesse de sa propre malédiction, Aminata va devoir faire des choix difficiles. Alors quel chemin suivra-t-elle? 

Mon avis :

The Scorpion Queen est un roman de fantasy historique puisant dans la mythologie africaine et empruntant particulièrement au conte malinké en mettant en scène la quête de liberté d'une jeune fille. 

Dans ce roman, on évolue aux côtés d'Aminata au cœur du palais impérial. Le décorum fait très Mille et Une Nuits dans le sens que les prétendants de la princesse sont soumis à des épreuves qui les condamnent tous à une horrible mort. Or, pour contrer ce mauvais sort, la jeune fille compte sur ses trois domestiques dont Aminata pour l'aider à trouver l'artefact qui sauvera la vie de son futur époux. Bien qu'il ne s'agisse pas ici de l'histoire d'une femme cherchant à échapper à la mort en contant des histoires à son sanguinaire bourreau, on retrouve tout de même des éléments similaires qui sont d'ailleurs propres au conte. En effet, ici, la princesse est sous l'emprise de son père, l'empereur, qui prend les traits du tortionnaire suppliciant tous les hommes souhaitant l'épouser. Elle nous apparaît donc telle une victime à sauver mais qui comme dans Les Mille et Une Nuits, cherche des stratagèmes pour se sortir par elle-même de cette terrible situation. 

Entre les intrigues de cour et l'aventure au cœur du désert, ce roman se teinte des notes suaves et sucrées des littératures orientales. 

L'ombre des dieux planent au-dessus des protagonistes rappelant ainsi les mythes locaux et notamment le culte dans les sept dieux du panthéon. 

La magie est également de la partie et s'exprime de bien des manières. Il y a bien entendu le pouvoir détenu par certains personnages divins ou humains mais aussi la présence d'objets ensorcelés, à l'image du marteau d'Hausakoy ou de la carte magique montrant le chemin vers l'antre de ce dieu. Derrière l'introduction de ces deux éléments, on peut, d'ailleurs, y voir la référence au marteau de Thor d'un côté, et à la carte du Maraudeur de l'autre côté. Les références de l'autrice sont donc multiples et viennent nourrir un univers intéressant et plutôt bien réussi pour un livre de Young-Adult. 

L'intrigue elle-même présente d'indéniable qualité car Mina Fears table sur des destins de femmes étonnants. Les rebondissements sont là et surprennent bien souvent car l'autrice fait évoluer ses protagonistes de manière fort inattendue. 

The Scorpion Queen n'est clairement pas un simple récit de romantasy comme on pourrait s'y attendre vu l'engouement pour ce sous-genre de la fantasy

La romance est bien là mais demeure en périphérie de l'intrigue pour laisser toute la place au récit d'aventure tissé de trahisons, de mensonges et de manipulations

Mina Fears a introduit des éléments comme un ordre secret constitué de rebelles cherchant à renverser le pouvoir pour libérer le peuple du joug d'un tyran. Toutefois, on peut regretter qu'elle n'est pas plus développé cette partie de l'intrigue qui donne à son roman une dimension politique fort intéressante. 

06/11/2025

Guy Gavriel Kay, La Voie Obscure, T.3, La Tapisserie de Fionavar, collection Neptune, éditions L'Atalante

Guy Gavriel Kay, La Voie Obscure, T.3, 
La Tapisserie de Fionavar, 
collection Neptune, 
éditions L'Atalante 

La Voie Obscure est le 3e volet qui vient conclure de manière magistrale la trilogie de La Tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay.

Cette saga de fantasy des années 80 connaît cette année, une nouvelle mise à l'honneur par les éditions L'Atalante qui viennent de l'intégrer à leur nouvelle collection de poches, intitulée Neptune. 

Après avoir eu le plaisir de lire les deux premiers tomes, il y a quelques semaines, le temps était venu pour moi d'enchaîner sur le troisième volet, d'autant qu'il vient tout juste de rejoindre les rayonnages des librairies. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Rakoth Maugrim réunit son armée, Kim, Jennifer, Dave et Paul rejoignent chacun de leurs côtés, leurs alliés pour l'affronter dans une bataille qui s'annonce déjà perdue d'avance. En effet, bien que la flamme de l'espoir semble près de s'éteindre, que peuvent-ils tenter une dernière fois pour espérer sauver Fionavar et au-delà, tous les autres mondes ?

Mon avis :

La Voie Obscure s'annonce donc comme le roman de l'apocalypse car si les armées de Rakoth Maugrim ne sont pas défaites, il en va de l'extinction de la lumière pour laisser place aux ténèbres éternelles. 

Dans ce livre, Guy Gavriel Kay nous plonge totalement dans l'épopée. En effet, finies les escarmouches et place à l'ultime combat, celui qui sera décisif quant à l'avenir de tous. Aussi, les évènements s'enchaînent vite, chacun fourbit ses armes ou prépare ses sorts. Le récit se teinte de notes épiques et devient de plus en plus immersif. 

L'auteur nous donne même rendez-vous avec le spectaculaire à travers des scènes à couper le souffle. Les créatures horrifiques se pressent entre ses lignes. Elles ont soif du sang des héros du Bien. Sous l'égide du terrible Rakoth Maugrim qui n'est pas sans nous rappeler le terrifiant Sauron, elles sont sorties des ombres pour éteindre la lumière et faire régner le Mal. 

29/10/2025

Judith Merril, Des Ombres sur le foyer, éditions Argyll

Judith Merril, Des Ombres sur le foyer
collection Neptune,
éditions Argyll 

Romancière, novelliste, anthologiste et éditrice, Judith Merril nous a laissé un solide héritage d'une science-fiction engagée. Malheureusement son nom est trop peu connu. La faute à de très rares traductions, sans doute. Heureusement certains éditeurs, connus pour leurs choix éditoriaux militants ont décidé de remédier à ce manquement et nous proposent une traduction de son premier roman, Des Ombres sur le foyer

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que les États-Unis sont touchés par une attaque nucléaire de grande ampleur, Gladys, une jeune mère au foyer doit faire face à cette situation inédite seule avec ses deux plus jeunes enfants. Son mari est porté disparu et son fils est enrôlé dans l'armée pour assurer la défense du pays et préparer sa contre-attaque. Pour Gladys, le moment est venu de faire des choix, de gérer cette crise avec force et intelligence. Ce qu'elle fait en s'étonnant elle-même de sa force de caractère. Mais alors qu'elle commence à prendre goût à cette nouvelle indépendance certains hommes tentent quelques ingérences dans ses décisions. Trouvera-t-elle la force d'y résister et de maintenir seule le cap ? 

Mon avis : 

Des Ombres sur le foyer est un roman de science-fiction qui se classe au rang de la fiction nucléaire. Pour comprendre ce sujet d'écriture, il faut s'en référer au contexte de l'époque puisque le roman paraît pour la première fois en 1949, soit en pleine Guerre Froide. A travers cette attaque nucléaire massive que subit les États-Unis dans le roman de Judith Merril, on ne peut pas s'empêcher de faire un parallèle avec les bombardements stratégiques américains à Nagasaki et à Hiroshima en 1945. En transposant l'usage de cette puissante arme létale sur le sol américain, l'autrice critique ouvertement la politique américaine et les choix qui ont été fait pour mettre fin à un long conflit. D'autant que va s'en suivre cette longue période de dissuasion nucléaire découlant de la course aux armements atomiques menée par les États-Unis, l'Union soviétique et leurs alliés dans le seul but de conserver sa suprématie. Cette période trouble est empreinte de défiance et de paranoïa. C'est d'ailleurs ce que l'autrice met en exergue ici. En effet, Des Ombres sur le foyer est un huis clos qui nous plonge au cœur d'évènements terrifiants que l'on découvre à travers les yeux d'une mère au foyer confinée à son domicile avec ses deux filles. 

Le récit est très intimiste mais il a le mérite d'être réaliste. On est confronté aux questionnements, aux doutes et aux angoisses ressenties dans ce genre de moments dramatiques. 

Les protagonistes sont reliés au monde par la radio qui diffuse des informations au compte-goutte et dont la véracité finit par poser question.