L'influence du "gaming" à la littérature

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27/02/2026

Christian Clément, Dark Gravity, éditions Pocket Imaginaire

Christian Clément, Dark Gravity,
 éditions Pocket Imaginaire 

Christian Clément est un auteur français de science-fiction. Dark Gravity est son premier roman. D'abord publié en grand format chez Michel Lafon en 2023, il vient d'être réédité en poche chez Pocket Imaginaire

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Suite à un terrible cataclysme, la terre voit sa gravité s'inverser. Alors que l'heure est à la survie, Hélène, une jeune alpiniste française, escalade les immeubles dans l'espoir de retrouver son fils. Chemin faisant, elle va croiser la route de certaines personnes dont l'arrogant scientifique Mattis Magnusson qui a justement besoin de ses compétences pour l'aider à regagner son laboratoire et tenter d'inverser la situation. Enfin si cela est encore possible? 

Mon avis :

Dark Gravity est un roman postapocalyptique qui nous propulse à New-York après un terrible cataclysme. Si les auteurs de science-fiction nous ont surtout habitué à des récits de fin du monde suite à des bouleversements climatiques ou à des virus mortels, Christian Clément, lui, a fait un autre choix. 

En effet, passionné par les sciences et notamment la physique, il a plutôt imaginé des recherches sur la compréhension et la maîtrise de la gravité qui auraient échappé à tout contrôle conduisant à un terrible désastre. 

Aussi, la Terre est sans dessus dessous car tout ce qui était à la surface se retrouve la tête en bas. Or, sous la pression de la gravité, les constructions finissent par se décrocher, toutes les canalisations sautent les unes après les autres noyant peu à peu les espaces, les fils électriques sont arrachés plongeant l'humanité dans le noir. Les morts se comptent sans doutent par milliards et ne cessent de croître avec le temps car aucun refuge n'est sûr. Tout peut vite s'avérer être un piège. Même l'espace n'est pas un endroit enviable car l'inversion de la gravité se révèle un danger mortel pour les vaisseaux en orbite autour de la terre qui sont repoussés toujours toujours plus loin de l'attraction terrestre. 

Le décor est posé et il est cauchemardesque. L'univers s'appuie sur un progrès scientifique réaliste et inquiétant tout en nous livrant à un chaos inévitable lorsque les repères disparaissent. 

Les codes du postapocalyptique sont donc bien au rendez-vous entre une humanité en partie décimée, des rescapés réduits à leurs plus bas instincts, ou encore un paysage de ruines et de désolation. 

Dark Gravity aborde des aspects scientifiques mais aussi psychologiques car ce livre questionne autant l'avancée des sciences que l'humanité dans ses comportements face à l'inimaginable. 

Dans ce genre de roman, la survie est au cœur des enjeux. Mais on parle également de lutte contre toute forme de dangers, de résilience et de reconstruction pour continuer à vivre en dépit du monde qui a changé. 

En faisant le choix d'un monde bouleversé à cause d'agissements humains, Christian Clément rappelle les dangers que les avancée scientifiques et technologiques peuvent exercer et le rôle de protecteur que les savants et les sachants de ce monde doivent toujours endosser. 

Il est important de toujours garder en tête que de grands pouvoirs génèrent de grandes responsabilités. 

24/02/2026

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, Le Laboratoire des Ombres, éditions Maison Pop

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, 
Le Laboratoire des Ombres
éditions Maison Pop

Romancier et scénariste français, David S. Khara est l'auteur de quelques succès comme Le projet Bleiberg, Une nuit éternelle ou encore Atomes crochus

Son dernier roman s'intitule Embraser le Monde. Il inaugure une série mêlant uchronie et espionnage du nom du Laboratoire des Ombres

Lu dans le cadre d'une Masse Critique Babelio, je remercie toute l'équipe ainsi que les éditions Maison Pop pour l'envoi de ce livre. 

Résumé:

Londres, 1841. Après le meurtre d'un fonctionnaire, Ashton, agent secret britannique, est chargé d'enquêter sur cette épineuse affaire touchant à la sécurité de l'État ainsi qu'à la paix mondiale. Ses investigations le conduisent à approcher l'inventeur Michael Faraday car ses fabuleuses découvertes sembleraient être détournées par quelques esprits machiavéliques semblant vouloir en faire une arme létale. Ensemble, ils décident d'unir leurs forces pour mettre ce criminel hors d'état de nuire et ainsi espérer éviter le pire. 

Mon avis :

Avec Le Laboratoire des Ombres, David S. Khara inaugure une très bonne série historique empruntant les codes du roman d'espionnage. 

Le récit prend cadre au moment stratégique de la convention de Londres, aussi appelée convention des Détroits en 1841 qui fut signée par les cinq puissances de l'époque : la Grande-Bretagne, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie. Son intérêt était de permettre à l'Empire ottoman de fermer le Bosphore et les Dardanelles à tous les vaisseaux de guerre, y compris en temps de paix, et à contrario, de choisir de laisser passer ses alliés. Instant crucial de géopolitique repris ici par l'auteur comme un enjeu de paix à préserver coûte que coûte face à une menace terroriste. En effet, David S. Khara utilise les progrès de l'époque, notamment les découvertes scientifiques de Michael Faraday autour de l'induction électromagnétique qu'il détourne pour en faire des armes de destruction. Le décor est posé. Il mêle habilement la politique et le progrès scientifique de l'époque pour nous plonger dans une aventure immersive où plane l'ombre d'un danger constant. 

David S. Khara s'est donc réapproprié l'illustre Michael Faraday pour l'entrainer dans une aventure trépidante où il en va de la sûreté nationale, et même internationale. L'univers est très réussi empruntant au roman d'espionnage, à travers l'introduction d'un protagoniste se révélant être un espion et agissant pour le compte du gouvernement britannique afin de percer les secrets qui menacent l'empire et ses alliés. 

Tous les deux forment un duo étonnant laissant naître peu à peu une solide amitié, à la manière de Sherlock Holmes et du docteur Watson. 

Embraser le Monde se révèle être un livre très riche. Il n'est pas un simple divertissement nous entraînant dans les dédales d'un Londres historique, parcourant autant les beaux quartiers que les bas-fonds. En effet, il aborde bien des sujets tournant bien évidemment autour des idéaux politiques, de l'anarchisme et du terrorisme dont peuvent user certains groupuscules pour déstabiliser le pouvoir en place. 

Mais ce récit est également engagé en proposant un personnage féminin incarnant une femme forte, libérée et indépendante évoluant dans une société où le carcan social est encore très présent. Il y a un propos féministe fort intéressant. 

17/02/2026

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos 

Après s'être essayée à la nouvelle, notamment dans Memoria, l'anthologie fêtant les 30 ans des éditions Mnémos, Renée Zachariou rejoint les pépites de l'imaginaire avec un format légèrement plus long. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Moira n'a jamais cru aux pouvoirs divinatoires de sa mère. Alors lorsque celle-ci décède, elle ne pense qu'à trier ses affaires et à fermer son agence de médium afin d'oublier son passé. Sauf que la découverte d'un étrange objet sur le bureau de sa mère va modifier ses plans et l'entraîner dans une aventure marquée par la survenue de visions dérangeantes et par des rencontres divines dont elle se serait bien passée. Et si sa mère avait réellement eu des pouvoirs ? 

Mon avis :

Mœdium est un roman contemporain piqué de notes d'imaginaire. En effet, un soupçon de magie vient télescoper ce présent accablé par le décès d'un proche. Elle prend bien des formes. Tout d'abord, celle d'un étonnant artefact ressemblant à un œuf et semblant dispenser d'incontrôlables visions. Don ou malédiction, la question se pose pour Moira qui se retrouve vite dépassée par la situation. Son existence est, d'ailleurs, intimement liée à la présence d'un duo d'êtres divins prénommés Trophonios et Agamida. Ils sont l'incarnation des deux fameux frères architectes de la mythologie grecque. Tantôt fils du roi de Béotie, Erginos ou celui d'Apollon, Trophonios a marqué les mémoires pour les nombreux temples qu'il aurait édifiés dont celui situé à Delphes en l'honneur d'Apollon. La légende lui a attribué un frère Agamède, architecte comme lui que Renée Zachariou a féminisé en Agamida. 

Ils nous apparaissent comme des divinités à part entière plutôt que comme des personnages légendaires qui cherchent simplement à continuer à exister. En effet, c'est la croyance en leur existence qui renforce le mythe et donne vie à leurs corps. 

Avec Mœdium, Renée Zachariou signe un univers moderne infusée d'une mythologie grecque revisitée. Ainsi, elle a déposé un vernis d'étrangeté sur le quotidien très lisse et routinier de son personnage principal. Moira se retrouve contrainte à devoir prendre la relève de sa mère afin de continuer à entretenir la mémoire autour de ces deux dieux par l'intermédiaire d'un œuf magique. 

Justement la mémoire demeure le fil directeur de ce court récit. L'autrice y met en exergue l'importance des souvenirs et du passé qui sont nécessaires pour avancer. Aussi, le temps d'un décès est souvent l'occasion de revenir en arrière, d'une mise au point pour laisser place à une introspection sur soi, sur ses choix et sur l'avenir que l'on se souhaite. 

La question de la famille est bien entendu au cœur des enjeux de ce texte à travers l'exploration du lien mère-fille que l'autrice fait. La famille y est donc abordée dans toute sa complexité entre amour et détestation, ou compréhension et incompréhension. 

Par des situations décalées et des personnages insolites, Renée Zachariou signe une fantasy urbaine singulière, tantôt drôle, tantôt poignante. 

Ce récit ne manque donc pas d'émotions. Le deuil étant un sujet faisant partie de la vie mais que peu n'arrive à accepter. Clairement, ce livre n'aura donc aucun mal à trouver un écho en chacun de nous.