L'influence du "gaming" à la littérature

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10/06/2018

Alex Evans, L'échiquier de Jade, Sorcières associées, tome 2

Emballées par l'imaginaire steampunk et foisonnant d'Alex Evans, les éditions ActuSF lui ont réitéré leur confiance en éditant le second volet de Sorcières associées

Bien que partageant un univers et des héros communs avec le premier tome, L'échiquier de jade peut se lire de manière indépendante sans pour autant en affecter la compréhension. Chaque roman possède sa propre intrigue qui prend la forme d'une nouvelle enquête menée par nos deux héroïnes. 

L'action de L'échiquier de Jade se déroule toujours dans la cité de Jarta, véritable plaque tournante, propice à tous les types d'échanges. Inspiré des villes d'Asie du XIXe siècle, à l'image de Singapour, Jarta nous propulse dans l'effervescence d'une ville modernisée par les nouvelles technologies favorisant un brassage d'une population très cosmopolite. En posant un tel décor, Alex Evans donne ainsi une pointe d'exotisme à son récit. 

En pleine campagne électorale, la cité de Jarta est en ébullition avec la venue d'une ambassadrice de Yartège (empire autocratique voisin). Comme si cela n'était déjà pas assez suffisant pour mettre le consulat à cran, il faut qu'un démon vienne semer la zizanie dans le quartier des Sept Cadrans, qu'un échiquier en jade destiné en cadeau diplomatique à l'ambassadrice soit volé, sans parler des actions violentes menées par la ligue antimagie. C'en est trop pour le Consul qui fait appel au binôme de Sorcières associées pour régler tous ces incidents magiques. Cette multitude d'investigations, en apparence sans rapport, va mener Tanit et Padmé à enquêter dans les coulisses du gouvernement, nécessitant doigté et diplomatie. Or, au vu du caractère bien trempé de Tanit, il est difficile de promettre que cela se passera sans bavures. 

L'échiquier de jade signe une enquête musclée menée par un duo de charme et de choc. 

Sous leur faux-air de Sherlock Holmes et du docteur Watson au féminin, Tanit et Padmé s'apparentent à deux détectives résolvant des énigmes impliquant la magie. Détentrices de pouvoir, elles réhabilitent par leurs actions la magie aux yeux du monde. Disparue il y a plus de 400 ans, sa soudaine réapparition en effraie plus d'un. Elles démontrent ainsi que celle-ci peut être utilisée à des fins bénéfiques et devient nécessaire à la bonne marche du monde.

En se nourrissant du genre steampunk, la fantasy d'Alex Evans donne naissance à un univers dans lequel la magie côtoie la technologie. Fortement influencée par la Révolution industrielle, l'autrice glisse dans son récit les inventions qui ont marqué cette époque. Pour preuve, l'aéronef tel le dirigeable y est utilisé comme moyen de déplacement. En outre, un accent tout particulier est mis sur le progrès avec l'usage d'automates qui deviennent de parfaits assistants pour effectuer tous types de tâches. Un tel choix donne une ambiance toute particulière à ce roman et s'attire ainsi un public élargi. 

Alex Evans réussit le tour de force de faire revivre le passé tout en dotant son récit de notes avant-gardistes. Le tout formant un univers cohérent et dépaysant. N'étant pas moi-même spécialement fascinée par le courant steampunk, je reste bluffée devant la facilité avec laquelle cette autrice me fait adhérer à son histoire. 

Avec ce second tome, les éditions ActuSF ne font que nous confirmer qu'il serait dommage de passer à côté de ce talent. 

Fantasy à la carte

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