L'influence du "gaming" à la littérature

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09/03/2026

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link est une nouvelliste de fantasy, de science-fiction et d'horreur qui a déjà une belle renommée. 

En effet, certains de ses textes ont remporté de nombreuses distinctions, parmi les plus prestigieuses comme les prix Hugo et Locus, pour ne citer qu'eux, qui ont notamment récompensé, "Le Sac à mains féérique". 

The Book of Love est son premier roman. Il vient de paraître en français aux éditions Albin Michel Imaginaire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Laura, Daniel, Mo et un certain Bowie viennent de revenir à la vie. Aucun d'eux ne sait comment il est mort et surtout pourquoi il a été ressuscité et par qui? En revanche, ils connaissent la prophétie qui annonce que "quatre sont revenus d'entre les morts. Deux resteront. Deux retrouveront le néant." Celle-ci est donc - on ne peut plus - explicite. Maintenant la question est de savoir qui restera et qui disparaîtra ? 

Mon avis :

The Book of Love est un récit contemporain piqué d'éléments fantaisistes et magiques. 

Outre le fait que des disparus reviennent mystérieusement à la vie, l'ombre d'une déesse déchue plane sur cet univers et ses étonnants personnages. Diminuée et incomplète, elle cherche à retrouver sa puissance. Or, pour être à nouveau elle-même et remettre la main sur la partie d'elle manquante, elle a lancé le défi à ces jeunes revenants de le lui retrouver en échange d'un avenir. 

Pour nourrir son univers, Kelly Link a emprunté des éléments à de nombreuses mythologies. Parmi lesquelles on peut citer la mythologie grecque à travers sa réappropriation des Enfers, non plus gardés ici par Hadès et son célèbre chien à trois têtes mais plutôt par un étrange personnage maudit rêvant de céder sa place à d'autres. 

L'Asie a également influencé ce texte puisque l'on retrouve un peu de la légende de la lune et du soleil qui s'aiment sans jamais réussir à se retrouver. En effet, dans ce roman, il est aussi question d'un amour impossible condamnant deux êtres à ne pouvoir se voir et se parler.

Il en ressort un univers riche et déjanté car cette histoire est pour le moins loufoque. 

La magie imprègne chaque page de ce roman. Elle constitue parfois l'essence même de certains protagonistes. Faux-semblants et illusions trompent d'ailleurs le lecteur autant que les héros de cette histoire. 

La magie est partout, elle transparait même dans les notes de musique égrenées par les personnages donnant à ce récit une dimension poétique. D'ailleurs ce récit est très musical, piqué de paroles de chansons et de nombreuses références musicales lui donnant ainsi une ambiance singulière cherchant à envoûter les lecteurs.

Comme le titre l'indique, The Book of Love parle beaucoup d'amour quelque soit la forme qu'il prend. Amour filial, amical ou charnel, ce puissant sentiment transcende l'humanité depuis la nuit des temps. Il est autant question ici de sexe que de la construction d'une relation. Dans ce roman, jouissance et frustration se télescopent dans un maelström de sentiments. 

27/02/2026

Christian Clément, Dark Gravity, éditions Pocket Imaginaire

Christian Clément, Dark Gravity,
 éditions Pocket Imaginaire 

Christian Clément est un auteur français de science-fiction. Dark Gravity est son premier roman. D'abord publié en grand format chez Michel Lafon en 2023, il vient d'être réédité en poche chez Pocket Imaginaire

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Suite à un terrible cataclysme, la terre voit sa gravité s'inverser. Alors que l'heure est à la survie, Hélène, une jeune alpiniste française, escalade les immeubles dans l'espoir de retrouver son fils. Chemin faisant, elle va croiser la route de certaines personnes dont l'arrogant scientifique Mattis Magnusson qui a justement besoin de ses compétences pour l'aider à regagner son laboratoire et tenter d'inverser la situation. Enfin si cela est encore possible? 

Mon avis :

Dark Gravity est un roman postapocalyptique qui nous propulse à New-York après un terrible cataclysme. Si les auteurs de science-fiction nous ont surtout habitué à des récits de fin du monde suite à des bouleversements climatiques ou à des virus mortels, Christian Clément, lui, a fait un autre choix. 

En effet, passionné par les sciences et notamment la physique, il a plutôt imaginé des recherches sur la compréhension et la maîtrise de la gravité qui auraient échappé à tout contrôle conduisant à un terrible désastre. 

Aussi, la Terre est sans dessus dessous car tout ce qui était à la surface se retrouve la tête en bas. Or, sous la pression de la gravité, les constructions finissent par se décrocher, toutes les canalisations sautent les unes après les autres noyant peu à peu les espaces, les fils électriques sont arrachés plongeant l'humanité dans le noir. Les morts se comptent sans doutent par milliards et ne cessent de croître avec le temps car aucun refuge n'est sûr. Tout peut vite s'avérer être un piège. Même l'espace n'est pas un endroit enviable car l'inversion de la gravité se révèle un danger mortel pour les vaisseaux en orbite autour de la terre qui sont repoussés toujours toujours plus loin de l'attraction terrestre. 

Le décor est posé et il est cauchemardesque. L'univers s'appuie sur un progrès scientifique réaliste et inquiétant tout en nous livrant à un chaos inévitable lorsque les repères disparaissent. 

Les codes du postapocalyptique sont donc bien au rendez-vous entre une humanité en partie décimée, des rescapés réduits à leurs plus bas instincts, ou encore un paysage de ruines et de désolation. 

Dark Gravity aborde des aspects scientifiques mais aussi psychologiques car ce livre questionne autant l'avancée des sciences que l'humanité dans ses comportements face à l'inimaginable. 

Dans ce genre de roman, la survie est au cœur des enjeux. Mais on parle également de lutte contre toute forme de dangers, de résilience et de reconstruction pour continuer à vivre en dépit du monde qui a changé. 

En faisant le choix d'un monde bouleversé à cause d'agissements humains, Christian Clément rappelle les dangers que les avancée scientifiques et technologiques peuvent exercer et le rôle de protecteur que les savants et les sachants de ce monde doivent toujours endosser. 

Il est important de toujours garder en tête que de grands pouvoirs génèrent de grandes responsabilités. 

24/02/2026

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, Le Laboratoire des Ombres, éditions Maison Pop

David S. Khara, Embraser le Monde, T.1, 
Le Laboratoire des Ombres
éditions Maison Pop

Romancier et scénariste français, David S. Khara est l'auteur de quelques succès comme Le projet Bleiberg, Une nuit éternelle ou encore Atomes crochus

Son dernier roman s'intitule Embraser le Monde. Il inaugure une série mêlant uchronie et espionnage du nom du Laboratoire des Ombres

Lu dans le cadre d'une Masse Critique Babelio, je remercie toute l'équipe ainsi que les éditions Maison Pop pour l'envoi de ce livre. 

Résumé:

Londres, 1841. Après le meurtre d'un fonctionnaire, Ashton, agent secret britannique, est chargé d'enquêter sur cette épineuse affaire touchant à la sécurité de l'État ainsi qu'à la paix mondiale. Ses investigations le conduisent à approcher l'inventeur Michael Faraday car ses fabuleuses découvertes sembleraient être détournées par quelques esprits machiavéliques semblant vouloir en faire une arme létale. Ensemble, ils décident d'unir leurs forces pour mettre ce criminel hors d'état de nuire et ainsi espérer éviter le pire. 

Mon avis :

Avec Le Laboratoire des Ombres, David S. Khara inaugure une très bonne série historique empruntant les codes du roman d'espionnage. 

Le récit prend cadre au moment stratégique de la convention de Londres, aussi appelée convention des Détroits en 1841 qui fut signée par les cinq puissances de l'époque : la Grande-Bretagne, l'Autriche, la France, la Prusse et la Russie. Son intérêt était de permettre à l'Empire ottoman de fermer le Bosphore et les Dardanelles à tous les vaisseaux de guerre, y compris en temps de paix, et à contrario, de choisir de laisser passer ses alliés. Instant crucial de géopolitique repris ici par l'auteur comme un enjeu de paix à préserver coûte que coûte face à une menace terroriste. En effet, David S. Khara utilise les progrès de l'époque, notamment les découvertes scientifiques de Michael Faraday autour de l'induction électromagnétique qu'il détourne pour en faire des armes de destruction. Le décor est posé. Il mêle habilement la politique et le progrès scientifique de l'époque pour nous plonger dans une aventure immersive où plane l'ombre d'un danger constant. 

David S. Khara s'est donc réapproprié l'illustre Michael Faraday pour l'entrainer dans une aventure trépidante où il en va de la sûreté nationale, et même internationale. L'univers est très réussi empruntant au roman d'espionnage, à travers l'introduction d'un protagoniste se révélant être un espion et agissant pour le compte du gouvernement britannique afin de percer les secrets qui menacent l'empire et ses alliés. 

Tous les deux forment un duo étonnant laissant naître peu à peu une solide amitié, à la manière de Sherlock Holmes et du docteur Watson. 

Embraser le Monde se révèle être un livre très riche. Il n'est pas un simple divertissement nous entraînant dans les dédales d'un Londres historique, parcourant autant les beaux quartiers que les bas-fonds. En effet, il aborde bien des sujets tournant bien évidemment autour des idéaux politiques, de l'anarchisme et du terrorisme dont peuvent user certains groupuscules pour déstabiliser le pouvoir en place. 

Mais ce récit est également engagé en proposant un personnage féminin incarnant une femme forte, libérée et indépendante évoluant dans une société où le carcan social est encore très présent. Il y a un propos féministe fort intéressant.