L'influence du "gaming" à la littérature

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02/06/2023

Emmanuel Chastellière, Himilce, éditions Argyll

Emmanuel Chastellière, Himilce, éditions Argyll 

Avec déjà huit livres au compteur, Emmanuel Chastellière a prouvé qu'il n'est pas la voix d'un genre unique car ses romans adorent faire rayonner l'Imaginaire au sens large.

A ce titre, vous les retrouverez classés dans des rayons différents en fonction du libraire ou du bibliothécaire, contentant ainsi bien des lecteurs. 

Après deux excursions aux accents uchroniques sur la lune avec Célestopol et Célestopol 1922 et deux chevauchées à la saveur âcre de la poudre au cœur du Coronado avec L'Empire du Léopard et La Piste des Cendres, j'étais très curieuse de me plonger dans son nouveau roman, Himilce où l'on remonte le temps pour rejoindre la fière Carthage.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Himilce, princesse ibère est donnée en mariage au général Hannibal Barca pour consolider une alliance entre son père, le roi de Castilo et Carthage afin de lutter contre l'hégémonie romaine. Après l'avoir suivi pendant un an dans ses campagnes militaires, Hannibal préfère envoyer son épouse auprès des siens pour la mettre à l'abri de toute forme de représailles. C'est ainsi qu'elle débarque dans la cité carthaginoise, seulement accompagnée d'un garde numide prénommé Aspar, où elle va devoir tant bien que mal trouver sa place. Mais y arrivera-t-elle seulement ?

Mon avis :

Avec Himilce, Emmanuel Chastellière a posé ses valises à Carthage, en 218 av. J.-C., alors que la deuxième guerre punique opposant Carthage à Rome est engagée. Or, pour s'assurer de la loyauté du peuple ibère et bénéficier du positionnement stratégique de la capitale de l'Oretania, le général Hannibal Barca qui a pris la tête des troupes carthaginoises, épouse la princesse Himilce et l'envoie pour sa sécurité dans sa famille où l'on va la suivre pas à pas. 

On ne va donc pas escorter ici ce célèbre général dans ses conquêtes et ses défaites mais plutôt s'intéresser à son épouse qui se retrouve propulsée en terre inconnue au milieu de personnes indifférentes, voire hostiles. Néanmoins, même sans être sur le front, on goûte entre ces lignes aux répercussions du conflit qui pèsent sur la capitale et ses habitants. Cela est d'ailleurs propice aux rivalités politiques où des factions cherchent à destabiliser le pouvoir pour mieux s'en emparer. Ici, deux clans s'affrontent avec d'un côté, les conservateurs menés par l'illustre homme politique et fin stratège Hannon le Grand qui sont contre la guerre et de l'autre côté, les réformateurs qui soutiennent la famille Barca dans leur bras de fer contre Rome. Un contexte politique qui sert l'intrigue d'Emmanuel Chastellière car il y voit là l'occasion de laisser proliférer des machinations ponctuées de trahisons inattendues. 

Finalement, on est vite happé par la tournure que prend l'intrigue portée par de nombreux rebondissements qui, il faut le dire, nous tiennent complètement en haleine. L'auteur se sert de réalités historiques ou de pratiques cultuelles pour paver son récit de mystères à résoudre, auréolé d'un sentiment d'inquiétude diffuse. 

29/05/2023

Johan Heliot, Guerre & Peur, éditions Mnémos

Johan Heliot, Guerre & Peur, éditions Mnémos 

Considéré par beaucoup comme le maître de l'uchronie française, Johan Heliot cumule déjà au compteur plus de 80 titres. 

Pour ma part, ce n'est que très récemment que l'occasion m'ait été donnée de lire deux de ses romans : La Fureur des Siècles (éditions Critic) et Bloodsilver (éditions Mnémos) et je dois dire que l'alchimie a pris instantanément avec cette plume qui se joue habilement de l'Histoire. 

Après la Conquête de l'Ouest et la Renaissance, le voici qui m'entraîne, avec son nouveau roman Guerre & Peur, dans le XXe siècle dévasté. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

1923, le jeune Jean Valmont s'apprête à rejoindre le front car la guerre opposant les Français aux Allemands perdure depuis dix ans. C'est le cœur déchiré de devoir quitter les siens et enserré par une peur panique de mourir que Jean débarque dans les tranchées pour participer à son premier affrontement. Mais alors qu'il pense sa derrière heure arrivée, il est le seul survivant au massacre de son bataillon. Doit-il ce miracle à un coup de chance ? Il n'y croit plus lorsqu'il voit débarquer un haut gradé lui demandant de le suivre. En effet, celui-ci lui confirme qu'il est devenu un être particulier en développant une capacité l'empêchant de mourir et lui propose de rejoindre son escouade afin de participer à une mission de la plus haute importance, à savoir mettre fin à la guerre. Seulement des forces obscures sont à l'œuvre, alors arriveront-ils à leur fin ? 

Mon avis :

Sous la plume de Johan Heliot, la Première Guerre Mondiale joue les prolongations et s'étire en longueur au point d'avoir quasiment essoré les deux camps. Or, face à cette impasse, les chefs d'Etat-Major eux-mêmes souhaitent trouver une sortie à ce conflit insensé. Mais, c'est sans compter l'intervention d'un inquiétant personnage se faisant appeler le Maître de la Terreur. C'est un véritable fauteur de troubles qui ne souhaite absolument pas le retour de la paix. 

Comme dans tout récit uchronique, on assiste donc à un défilé de personnages historiques qui viennent habilement prendre place entre ces lignes pour connaître un tout autre destin. 

Comme à son habitude, Johan Heliot a mis sa créativité au service de son imaginaire en insufflant une bonne dose d'onirisme à son texte. Celui-ci s'exprime par les dons particuliers que certains élus ont pu développer à travers la peur qui fait office ici de moteur. Il est de notoriété que cette dernière est un excellent outil pour influencer l'opinion, alors transformer son ascendance sur les esprits en pouvoir est une trouvaille plutôt ingénieuse. Clairement cela fonctionne bien ici pour donner naissance à une poignée de supers-héros qui n'ont pas à rougir de ceux tirés des premiers comics. Poigne d'acier, invisibilité ou immortalité, vous remarquerez que leurs dons n'ont rien de novateur mais pourtant s'avèrent bien utiles pour remplir les missions assignées. Elle n'est pas des moindres d'ailleurs puisqu'il s'agit de sauver l'Europe de l'extinction si ce conflit meurtrier devait encore continuer. 

26/05/2023

Tricia Levenseller, La Fille du Roi Pirate, éditions Hugo Stardust

Tricia Levenseller, La Fille du Roi Pirateéditions Hugo Stardust 

Après le succès de La Reine des Ombres, vendu à plus de 20 000 exemplaires, Tricia Levenseller est de retour au catalogue des éditions Hugo Stardust avec La Fille du Roi Pirate.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse qui m'a donné l'occasion parfaite de découvrir cette plume de l'imaginaire que je ne connaissais point encore.  

Résumé :

Alosa Kalligan est la fille du redoutable Roi Pirate. Or, maintenant qu'elle est devenue une pirate à son tour, il a décidé de la mettre au défi de s'infiltrer sur le bateau d'un équipage rival pour leur subtiliser une carte et les lui livrer pieds et poings liés. C'est ainsi qu'elle organise l'abordage de son propre navire et qu'elle se laisse volontairement emprisonnée par l'ennemi. Mais alors qu'ils la pensent inoffensive car enfermée à double tour dans une cellule à fond de cale, Alosa trouve le moyen de s'éclipser chaque nuit afin de fouiller le gréement de fond en comble. Seulement, c'est sans compter le séduisant second, Riden, qui n'est jamais bien loin d'elle et dont la présence la perturbe plus qu'elle ne veut se l'avouer à elle-même. Alors réussira-t-elle à éblouir une nouvelle fois son père en menant à bien cette périlleuse mission ? 

Mon avis :

Comme mentionné dans le titre, La Fille du Roi Pirate nous immerge dans l'univers de la piraterie nourrie d'arraisonnages et de chasses aux trésors. Dans ce premier volet, les trois quart de l'action se déroulent à bord d'un navire pirate où la narratrice est confinée. A part suivre ses expéditions nocturnes émaillées d'escarmouches verbales ou physiques, il ne se passe pas grand chose. En tout cas, l'autrice est plutôt avare en détails concernant son monde imaginaire. La clé de celui-ci réside dans cette carte à reconstituer, censée indiquer l'emplacement de la légendaire Isla de Canta, une île mystérieuse remplie de richesses et gardée par des sirènes. 

Mythe ou réalité, la question se pose au début du roman. Cela a tout de même l'intérêt d'introduire la figure de la sirène et de donner ainsi au récit sa dimension onirique. L'autrice s'inspire, d'ailleurs, du folklore médiéval nord européen pour nourrir sa représentation de cette créature marine qui est donc ici mi-femme mi-poisson. Elle lui attribue cette même capacité d'ensorceler les humains par le chant et une beauté irrésistible. En outre, elle lui accorde également une sensibilité émotionnelle lui permettant de percevoir les sentiments des autres grâce au dégradé de couleurs qui se dégage de leurs auras.