Un blog qui met à l'honneur l'imaginaire sous toutes ses formes : fantasy, fantastique, science-fiction, postapocalyptique, thrillers fantastiques... jeunesse et adulte. J'y partage mes avis lectures mais y parle aussi des festivals, des artistes, des librairies. Auteurs confirmés ou jeunes plumes, tout le monde y trouve sa place.
L'influence du "gaming" à la littérature
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25/06/2022
A.D. Martel, Les Disparus d'Arkantras, tome 1, De Rouages & de Sang, éditions Scrineo
22/06/2022
Nnedi Okorafor, Le Livre de Phénix, collection Perles d'épice, éditions ActuSF
En ce mois de juin, les éditions ActuSF nous proposent un nouveau titre de Nnedi Okorafor. Il s'agit d'une préquelle à son déjà très remarqué Qui a peur de la mort ? dont on attend d'ailleurs l’adaptation cinématographique.
Le Livre de Phénix est un conte pré-apocalyptique brûlant qui s'est déjà illustré en recevant le prix Kund Lakwitz du meilleur roman étranger et en étant finaliste des prix Campbell et Arthur C. Clarke.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse.
Phénix est un organisme accéléré aux capacités bien supérieures à celles d'un humain lambda. Crée dans l'une des tours préposées aux expérimentations génétiques, elle ne se pose que peu de questions quant au sens de ces expériences et à son propre rôle dans tout ceci, mais tout change après le décès de son amant, Saeed. En cherchant à comprendre ce qui lui est arrivé, elle va prendre la mesure de l’ignominie perpétrée entre ces murs et chercher par tous les moyens à y mettre un terme. Or, une seule solution s'impose à elle : la fuite afin d'avoir les mains libres pour détruire toutes les tours. Elle est rejointe par d'autres dans sa quête de vengeance et de justice, pour autant, pourront-ils réussir l'impossible ?
Le Livre de Phénix est un récit de science-fiction qui dessine le futur d'une humanité génétiquement modifiée.
En nous attachant aux pas de Phénix, Nnedi Okorafor donne une réalité aux rêves et fantasmes de quelques scientifiques. En effet, elle y a imaginé la création d'êtres supérieurs, réalisés à partir de cellules humaines dont la croissance est accélérée et côtoyant des humains également améliorés ou des créatures hybrides modifiées ou fusionnées avec d'autres.
Sous le couvert de faire progresser la recherche et de trouver des remèdes à de graves maladies, des expériences scientifiques sans aucune éthique sont menées ici. Balayant la souffrance des êtres créés ou modifiés, les scientifiques en charge agissent sans le moindre état d'âme, ni esprit critique. Mauvais traitements, exploitation et déconsidération, voilà ce que subissent jour après jour les créations entre les murs de ces tours.
En mettant l'accent sur ces dérives scientifiques, Nnedi Okorafor alerte sur les dangers d'une science mégalomane qui pulvérise la morale au profit d'intérêts privés.
En outre, elle souligne aussi l'importance de prendre en compte les sentiments et les émotions de ces êtres qui ne doivent en aucun cas être considérés comme des choses sous peine de faire naître la révolte.
Le Livre de Phénix nous parle de futur mais aussi de présent et de passé car l'autrice y dénonce aussi les abus et les outrages que le peuple africain subit sous la forme d'essais cliniques sauvages et non consentis. Ce roman est donc aussi un coup de gueule d'une autrice qui souhaite que les minorités cessent d'être les victimes de puissances rêvant à l'immortalité ou au profit.
Comme Le Livre de Phénix est vraiment un récit puissant riche de sagesse et de sagacité, il lui fallait une héroïne incandescente pour porter cette histoire pleine de férocité. Or, Phénix incarne tout ça et même plus encore car elle est une âme qui ne meurt jamais et renaît toujours de ses cendres. A chaque coup d'éclat la poussant à s'embraser, elle revient plus forte, plus déterminée pour mener à bien sa quête. Révoltée et insoumise, elle s'est arrogée la mission de faire cesser ces atrocités. Pour ce faire, elle est disposée à envoyer un message fort à l'organisation gouvernementale qui se cache derrière le financement de ces expérimentations, en détruisant tous les laboratoires. Fière et téméraire, elle brave tous les dangers et louvoie même pour échapper à une traque sans merci.
18/06/2022
David Bry, Le Chant des Géants, éditions de L'Homme Sans Nom
Auteur de fantasy, d'anticipation et d'uchronie, David Bry est une plume de l'imaginaire que l'on aime beaucoup sur Fantasy à la Carte.
Envoûtée par Que Passe L'hiver, Le Garçon ou la ville qui ne souriait plus ou encore La Princesse au Visage de Nuit, ces trois textes m'ont déjà permis d'apprécier pleinement toutes les nuances de cette belle écriture.
Pour son dernier roman, Le Chant des Géants, les éditions de L'homme Sans Nom ont mis les petits plats dans les grands en éditant un très bel hardback aux en-tête de chapitres illustrés et agrémenté d'un signet.
Résumé :
L'île d'Oestant est en paix. Depuis longtemps, l'entente règne entre les clans mais tout change le jour où Ianto manque de se faire empoisonner au château de Ler du roi Lothar. Ce crime ne pouvant pas rester impuni, un nouveau conflit armé éclate faisant beaucoup de victimes dont Arthus, le père de Ianto et de Bran. Après une ultime bataille sanglante, Lothar est défait et fait prisonnier. Comme il est l'aîné, Ianto prend la place de son père et souhaite entériner la paix en épousant Sile, la fille de Lothar et ce, malgré l'intérêt que son frère pouvait porter à cette dernière. A Oestant, une nouvelle ère s'ouvre, déjà imprégnée par le sang et les larmes. Grisé par le pouvoir, Ianto change sous les yeux d'un Bran de plus en plus impuissant, alors pourra-t-il réellement y changer quelque chose ?
Mon avis :
Le Chant des Géants nous plonge dans une fantasy épique marquée par le complot et la trahison.
Bercé par les légendes celtiques et nordiques, ce texte s'en est clairement inspiré.
L'histoire prend cadre sur une île où se sont établis plusieurs seigneurs et leur peuple. David Bry a d'ailleurs emprunté quelques éléments de la société féodale comme l'hommage lige, l’allégeance ou la vassalité pour parfaire l'ambiance historique de son livre. Il nous entraîne au cœur des rivalités entre clans, et même au sein d'une famille pour nourrir son texte de péripéties aussi inattendues que dramatiques.
De plus, en nous transmettant cette histoire par le biais d'un conteur, David Bry la sacralise en la faisant rentrer dans le domaine de la légende et du mythe.
Un caractère sacré qui est renforcé ici par l'omniprésence des Géants veillant sur l'île d'Oestant avec Baile, Leborcham et Fraech dont l'antre est jalousement gardé par les immortels. Ils sont dépositaires d'une magie dont on sait que peu de choses. Ils semblent avoir une influence sur l'espace-temps et la destinée des hommes et des femmes qu'ils modèlent à leur guise. Ce sont des êtres insaisissables qui apparaissent et disparaissent au gré de leurs envies. Leur présence dans ce texte lui donne sa dimension onirique. La magie dispensée par David Bry dans ses romans est toujours éthérée, et s'exprime par touches discrètes en apportant juste ce qu'il faut pour émerveiller le lecteur.
Avec Le Chant des Géants, il signe encore un texte bouleversant car empreint d'émotions fortes.
Il nous y conte le destin de deux frères qui, à la suite d'une succession d'événements, vont se déchirer lentement jusqu'au point de rupture. Ici, David Bry s'intéresse beaucoup au relationnel qu'entretiennent ses personnages, et met notamment l'accent sur la relation fraternelle lorsqu'elle est soumise à la jalousie et à la frustration la faisant basculer de l'amour à la haine.


