L'influence du "gaming" à la littérature

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02/04/2025

Jean-Laurent Del Socorro, Les Amants du Ragnarök, éditions Albin Michel Imaginaire

Jean-Laurent del Socorro, 
Les Amants du Ragnarök
éditions Albin Michel Imaginaire 

Pour notre plus grand plaisir, Jean-Laurent Del Socorro Del Socorro vient de signer un nouveau titre chez Albin Michel Imaginaire

Cette fois-ci, il a délaissé la geste arthurienne pour investir la mythologie nordique. Son nouveau roman s'intitule Les Amants du Ragnarök.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Alors que le Ragnarök est annoncé, Thor a eu une vision de sa mort. Sa femme Iarnsaxa ne peut accepter son funeste sort et se met en tête de lui écrire un autre destin. Pour y réussir, elle se joint à Jórunn, une scalde éprouvée par le récent décès de sa compagne, morte sur le champs de bataille et cherchant à rejoindre le Valhalle pour lui faire ses adieux. Le chemin sera semé d'embûches et nul ne peut prédire à la réussite de la géante car personne n'a encore réussi à ce jour à mettre les nornes en défaut. Alors y parviendra-t-elle ?

Mon avis :

Pour son nouveau livre, Jean-Laurent Del Socorro a choisi le Ragnarök, autrement dit la fin des dieux comme cadre à son histoire. Une fin du monde qui a été prophétisée dans la mythologie nordique comprenant une série d'évènements dont un long hiver de 3 ans sans soleil, suivi d'une grande bataille dans la plaine de Vígríd au cours de laquelle la majorité des divinités, à l'image d'Odin, de Thor et de Loki, vont trouver la mort. 

Ainsi, dans Les Amants du Ragnarök, Jean-Laurent Del Socorro va nous rejouer cet épisode mythique en nous le contant du point de vue de protagonistes féminins. En effet, il nous attache aux pas d'une guerrière du nom d'Hervor qui lui est inspirée par l'héroïne légendaire du même nom incarnant le courage et la détermination des femmes guerrières à l'époque des Vikings, de la géante Iarnsaxa, toujours présentée comme la mère de Magni, fils de Thor et de la barde Jórunn faisant directement référence à Jórunn Skaldmær, une scalde norvégienne du IXe siècle. 

Ce parti pris de l'auteur a le double intérêt de mettre à l'honneur des destins féminins tout en réinjectant beaucoup d'humanité dans cette épopée mythique que l'on goûte à travers le regard très doux  de l'amante ou de l'épouse.

Avec Les Amants du Ragnarök, Jean-Laurent Del Socorro signe un texte d'une grande profondeur qui aborde le délicat sujet du deuil, à travers la perte, le manque et l'adieu. Il nous parle des relations humaines avec une très grande justesse en testant la force des sentiments qui lient certains de ses protagonistes. Ainsi, l'amour et les liens familiaux sont les thématiques que Jean-Laurent Del Socorro a choisi de mettre au cœur de son récit. 

Toutes les émotions suscitées par les mots de l'auteur viennent d'ailleurs contrebalancer l'action qui ne manque pourtant pas ici puisque rappelons qu'il s'agit ici ni plus ni moins de la fin d'un monde, celui des dieux nordiques détrônés par le christianisme. 

Or, pour être à la hauteur de cet évènement ô combien épique, l'auteur table sur trois fortes personnalités. Il nous dresse un portrait charismatique de chacune d'elles qui s'imposent naturellement dans ce monde dominé par les dieux et marquent à leur manière cet épilogue tragique de l'héritage viking. 

Hervor incarne la puissante guerrière dont la force et le courage en font une alliée de choix pour Odin lors de sa dernière bataille car tel est le destin des plus valeureux guerriers tombés au combat. A la différence des autres Einheriars, elle a gardé un lien très fort avec sa compagne Jórunn qui l'ancre toujours au présent et lui tisse un destin particulièrement héroïque aux côtés des Ases. Jórunn, elle, ne se distingue pas par ses qualités de combattante car c'est une barde. Elle est là pour chanter les hauts faits des autres. Pour autant, elle fait montre d'une force de caractère et réalise des prouesses juste par amour pour Hervor et démontre ainsi la force des sentiments. Elle porte les chants de l'Edda poétique et nous replonge dans les plus grandes sagas nordiques à l'image de la Völsunga. Sous la plume de Jean-Laurent Del Socorro, elle est à la fois témoin d'une époque et actrice d'un destin légendaire. C'est vraiment un très beau personnage féminin, très bouleversant dans les émotions qu'elle transmet. Enfin, Iarnsaxa est la géante qui a eu un fils avec le dieu Thor. Jean-Laurent Del Socorro a décidé de lui donner un rôle prépondérant dans le Ragnarök. Déjà il insiste sur l'amour indestructible qui la lie à Thor, à tel point qu'elle tente le tout pour le tout pour contrer le destin que les Nornes lui ont tissé. On apprécie cette mise à l'honneur d'une figure féminine très secondaire du mythe, d'autant qu'il nous en brosse un portrait très réussi. 

Pour conclure :

Avec Les Amants du Ragnarök, Jean-Laurent Del Socorro explore un autre héroïsme moins dans la force brute et plus dans la puissance des sentiments qui se révèlent être une arme redoutable. 

Ce retour en territoire viking ne vous laissera clairement pas indemne tant il est chargé d'émotions fortes.

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur Morgane Pendragon, Du Roi Je Serai L'Assassin, Peines de Mots Perdus, La Guerre des Trois Rois, Royaume de Vent et de Colères et Boudicca

Informations
Jean-Laurent Del Socorro
Les Amants du Ragnarök
9782226495167
304 pages
Editions Albin Michel Imaginaire

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28/03/2025

Scarlett St. Clair, La Reine du Mythe et des Monstres, T. 2, Adrian & Isolde, éditions Hugo

Scarlett St. Clair, La Reine du Mythe et des Monstres, T.2, Adrian & Isolde
éditions Hugo

Après avoir bien apprécié Le Roi de la Guerre et du Sang, j'au profité de la sortie du tome 2 le 5 mars dernier pour enchaîner directement la lecture de La Reine du Mythe et des Monstres qui prend donc la suite de cette saga de romantasy signée Scarlett St. Clair.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia Debarge pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Maintenant qu'elle est couronnée reine de Revekka, Isolde doit apprendre à déjouer les pièges de la cour du Palais Rouge car les intrigues à son encontre vont bon train. En outre, les menaces arrivent de toutes parts, les villages aux alentours sont attaqués par des monstres et un brouillard cramoisi s'élève ici ou là contaminant les hommes d'un étrange mal mortel, déjà qualifié par certains de peste rouge. L'heure est à la peur et à la méfiance. Pour Isolde et les siens, il est urgent d'arrêter Ravena, la sorcière qu'ils pensent responsables de tous ces maux. Mais face à la vindicte populaire auront-ils seulement le temps d'endiguer la crise avant que cela ne dégénère ?

Mon avis :

Dans La Reine du Mythe et des Monstres, Scarlett St. Clair poursuit l'exploration de son monde. Celui-ci se dévoile à travers le passé de chacun des protagonistes de cette histoire. Ainsi, au fur et à mesure que les souvenirs affluent, on prend conscience que celui-ci est le terrain de jeu des deux déesses Dis et Asha qui l'ont façonné dans le seul but d'en prendre le contrôle par le biais d'êtres incarnés. Aussi, les monstres qui peuplent les pages de ce livre sont une arme puissante, pourvoyeuse de chaos. 

L'autrice emprunte d'ailleurs beaucoup au folklore slave pour nourrir le bestiaire merveilleux qui enrichir son univers. On ne s'étonne donc pas de croiser des Varcolacs (des créatures proches des loups-garous) ou des Appesarts rappelant les Wendigos. Scarlett St. Clair a fait un vrai effort sur le worldbuilding de sa saga, ce qui est fort appréciable. 

En outre, au travers des allers-retours présent et passé, elle nous montre les évolutions de la société qu'elle met en scène. Les sorcières ont disparu au profit des monstres. Derrière cette métaphore se cache la volonté forte de Scarlett St. Clair de critiquer ce patriarcat toxique qui étouffe les femmes et réduisant leur pouvoir à néant. Elle illustre son propos en dénonçant la chasse aux sorcières dont les femmes ont été victimes par le passé et sa résurgence dans la présent, accompagné d'un sentiment d'intolérance qui s'installe progressivement. 

Ce tome 2 est très marqué par la défiance et la suspicion. L'ambiance y est délétère et les trahisons de certains protagonistes n'arrangent rien. C'est aussi ce qui fait le sel de ce récit allègrement piqué de rebondissements et de coups bas. 

Dans La Reine du Mythe et des Monstres, Scarlett St. Clair profite des révélations du passé de ses personnages pour leur donner de la profondeur. Aussi, tous les portraits qu'elle brosse sont bien travaillés. Ceux-ci nous révèlent d'ailleurs toute la complexité des personnalités en présence. Les personnages qui prennent vie sous la plume de Scarlett St. Clair sont toutes en nuances, ni noirs ni blancs. Chacun révélant sa part de lumière ou de ténèbres à un moment de l'histoire.

En nous parlant des sentiments partagés entre d'autres couples, Scarlett St. Clair ne s'intéresse donc pas exclusivement à la relation amoureuse qui unit Isolde et Adrian et s'offre donc la possibilité de mettre en exergue toute les difficultés et l'ambiguïté des relations humaines au sens général. Le texte n'en est que plus bouleversant car on ne reste pas indifférent à certains amours narrés entre ces pages. 

Pour conclure :

Finalement, La Reine du Mythe et des Monstres répond bien à toutes les promesses du début en proposant un univers fouillé habité par des personnages intrigants à la personnalité tortueuse. 

La plume de Scarlett St. Clair est très fluide. Ce tome 2 est à l'image du premier, un vrai page-turner avec lequel on passe un bon moment de lecture.

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Le Roi de la Guerre et du Sang, A touch of darkness, A touch of ruin, A touch of malice, Game of Fate et Game of Retribution

Informations

Scarlett St. Clair
La Reine du Mythe et des Monstres
T.2
Adrian & Isolde
9782755670332
400 pages
Editions Hugo

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23/03/2025

Scarlett St. Clair, Le Roi de la Guerre et du Sang, T.1, Adrian & Isolde, éditions Hugo New Romance

Scarlett St. Clair, Le Roi de la Guerre et du Sang, T.1, Adrian & Isolde
éditions Hugo New Romance 

Après sa saga à succès, Hadès & Perséphone, vendue à 800 000 exemplaires, Scarlett St. Clair a repris la plume et inaugure une nouvelle série intitulée Adrian & Isolde. Ainsi, elle délaisse la mythologie grecque pour investir un nouvel univers infusé à d'autres mythes, dont celui du vampire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia Debarge pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Bien décidée à ne pas se marier, Isolde, princesse de Lara a bien du mal à accepter l'idée de devoir épouser le roi des vampires, Adrian Aleksandr Vasiliev, son pire ennemi. Mais pour sauver son royaume, sa famille et son peuple, elle n'a pas d'autre choix puisque la reddition des siens ne semble pas suffire au Roi de Sang qui a été jusqu'à demander sa main. Seulement, elle était loin d'imaginer qu'en acceptant de devenir sa reine, elle allait découvrir une vérité sur le monde qu'elle pensait pourtant bien connaître et qui va ébranler toutes ses certitudes. Mais sera-t-elle prête le moment venu à en assumer toutes les conséquences ?

Mon avis :

Adrian & Isolde est une romance qui prend cadre dans un univers de fantasy peuplé de vampires et de monstres. Scarlett St. Clair fait débuter son histoire en plein âge sombre dans le monde de Cordova. Le temps est à la guerre à cause des velléités conquérantes du royaume de Revekka, dirigé par l'implacable Roi de Sang. En effet, cette nation vampirique soumet, l'une après l'autre, les neufs éminentes maisons qui dominaient ce monde jusque-là. Or, pour éviter le pire, la maison de Lara a choisi de déposer les armes et scelle, malgré elle, cet accord par l'union entre la princesse héritière et le souverain ennemi. C'est un mariage qui n'est pas au goût de tous et suscite même moult animosités. 

Outre ce fil directeur qui nourrit le texte de nombreuses intrigues, l'autrice s'appuie sur une mythologie solide donnant ainsi une vraie profondeur à son univers. L'ombre de divinités plane donc sur ce récit et on doit même à l'une d'elles l'existence des monstres dont la figure du vampire arrive en tête, en réponse à la cruauté des hommes. 

Dans ce roman, il est également question de sorcières même si toutes semblent avoir disparu au moment où commence cette histoire, toutes brûlées sur le bûcher il y a 200 ans. Pour autant leur héritage demeure très prégnant entre ces lignes.

Le vampire occupe quasiment toute la pace dans le roman de Scarlett St. Clair. Elle nous en brosse d'ailleurs un portrait acéré. Il est une créature aussi cruelle qu'énigmatique. Sa présence suscite la terreur. Elle semble invincible et exerce une terrible menace sur l'ensemble des royaumes victimes de son assujétissement. Pourtant en dépit des apparences, la plume de Scarlett St. Clair n'est pas aussi manichéenne que l'on pourrait croire, au départ car elle aime jouer sur les faux-semblants. Aussi, ce premier volet lui donne l'occasion d'explorer la figure du monstre en questionnant notamment l'humanité de chacun de ses personnages qu'ils soient humains ou non. Elle s'intéresse à ce que l'on est prêt à faire au nom d'une cause qui nous paraît juste. 

Avec Le Roi de la Guerre et du Sang, l'autrice signe un premier tome plein de bruit et de fureur dominé par la notion de vengeance. Il est vrai que la romance occupe une grande place dans ce livre, toutefois elle n'éclipse pas pour autant d'autres thématiques comme la loyauté, la famille ou le poids du passé