L'influence du "gaming" à la littérature

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07/04/2026

Richard Canal, Colla Scura, éditions Critic

Richard Canal, Colla Scura, éditions Critic 

Auteur de science-fiction, de roman noir et de littérature générale, Richard Canal compte une trentaine de romans et plus du double de nouvelles dans sa bibliographie. 

Son dernier livre vient d'ailleurs de paraître aux éditions Critic sous le titre de Colla Scura. C'est un récit à la croisée des genres mêlant fort habilement le thriller au fantastique en passant par la science-fiction. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie très chaleureusement Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Les membres de la famille Malaterre ont un pouvoir particulier, celui d'emmagasiner du temps, au point de les rendre quasi immortels. Seulement les sources auxquelles ces derniers s'approvisionnent pour se recharger sont en voie d'extinction. Il faut dire qu'ils ne sont pas les seuls à être ainsi dotés et vont même vite devenir les cibles d'ennemis invisibles cherchant à s'emparer des fameux sabliers que chacun d'eux possède. L'heure est donc à la survie. Pour y parvenir seront-ils en mesure de faire taire les vieilles rancœurs afin de mutualiser leurs efforts pour trouver de nouvelles sources ? 

Mon avis :

Dans Colla Scura, Richard Canal excelle à mélanger les genres pour proposer un texte original et - il faut bien le dire - qui en envoie. Ce récit contemporain nous entraîne donc à perdre haleine aux quatre coins du monde dans une folle course contre la montre pour dégoter ce que les protagonistes appellent ici des spots. En effet, dans l'univers imaginé par Richard Canal existent des endroits spéciaux que seuls quelques élus sont capables de détecter en ressentant la puissante chaleur qu'ils dégagent sans pour autant s'y brûler. Ces endroits mystérieux constituent des réserves de temps permettant aux time-hoppers puisque c'est ainsi que sont qualifiés ces hommes et ces femmes si particuliers, de pouvoir traverser les époques sans que l'âge n'est prise sur eux. Ils défient donc la mort en embrassant une immortalité fragile car elle dépend de l'existence de ces fameuses réserves. 

L'univers imaginé par Richard Canal repose donc sur les secrets de l'espace-temps nourris à la théorie quantique et à l'existence potentielle d'univers parallèles. Celui-ci s'enracine dans une science-fiction qui s'intéresse à l'écoulement du temps et aux folles hypothèses scientifiques qui en ont découlé. 

Mais Colla Scura est aussi un thriller fantastique car des morts violentes surviennent entre ces lignes poussant certains des personnages à mener l'enquête pour sauver leur peau. Un ennemi invisible agit dans l'ombre et frappe là où on ne l'attend pas. Richard Canal n'hésite pas à faire tomber quelques têtes dans son roman, histoire de faire monter la pression. Ce roman exhale d'ailleurs un petit quelque chose du célèbre Da Vinci Code de Dan Brown. La référence tient sans doute aux investigations menées par deux des personnages de ce roman, les mettant sur la trace d'inventeurs de génie de la Renaissance pour comprendre notamment le fonctionnement des mystérieux artefacts en leur possession. Découvertes archéologiques et exploration du passé s'invitent dans ce contre la montre sanglant. 

L'écriture de Richard Canal est nerveuse et s'accorde bien avec la tension propre au polar. Colla Scura est un livre plutôt immersif et très bien rythmé. Danger et mystère se côtoient pour nous maintenir dans un suspense exaltant. 

03/04/2026

Jonathan Brychcy, Fragments d'un dieu mourant, collection Nagori, éditions ActuSF

Jonathan Brychcy Fragments d'un dieu mourant, collection Nagori, 
éditions ActuSF 

Jonathan Brychcy est un jeune auteur d'imaginaire. Fragments d'un dieu mourant est son premier texte publié. Il inaugure d'ailleurs avec d'autres, la nouvelle collection dédiée au format court des éditions ActuSF et qui s'intitule Nagori

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Dans un monde crépusculaire, un garde royal tente de sauver son roi de la profonde dépression dans laquelle ce dernier s'enfonce progressivement. C'est la raison pour laquelle, il s'est lancé dans la quête un peu désespérée de retrouver la déesse de ce monde qui, il l'espère, sauvera la vie de son souverain qu'il aime plus que tout. L'enjeu est de taille, mais sera-t-il à la hauteur pour autant ? 

Mon avis :

Avec Fragments d'un dieu mourant, Jonathan Brychcy signe une novella de fantasy très originale. En effet, la singularité de cet univers tient au fait que le monde qui prend vie sous la plume de Jonathan Brychcy dépend de la volonté du seigneur de ce lieu. Aussi, il est soumis aux émotions de ce dernier. La tristesse entraîne donc ici bien des désordres climatiques. 

Toute son intrigue repose sur une mythologie insolite donnant vie à une déesse dont l'antre se dissimule au cœur d'un jardin, décrit tel un paradis. C'est elle qui choisit celui qui est appelé à devenir l'élu et à venir gouverner ce monde. 

En quelques pages, Jonathan Brychcy a planté son décor tissé de songes et d'émotions. Aussi fabuleux qu'inquiétant, ce monde sombre peu à peu dans la folie dû au déchaînement des éléments. 

Fragments d'un dieu mourant nous conte donc le destin de deux hommes sans nom. En effet, leur identité se résume à leur fonction, l'un est roi, l'autre, garde royal. Entre ces lignes, on goûte autant à la détresse du premier qu'à la force et au courage du second. Ils forment un duo improbable mais lié par le puissant sentiment de l'amour. Celui-ci semble d'ailleurs avoir donné des ailes au garde royal qui n'hésite pas à se lancer dans une quête salvatrice, quitte à donner sa vie en échange de celle de l'être aimé. Tous deux drainent une puissance puisant dans des sentiments tantôt destructeurs, tantôt bienfaisants. L'un se doit d'être stratège tout en veillant à servir d'exemple aux autres tandis que l'autre revêt les atours du guerrier, toujours prêt à défendre son maître. Pourtant derrière les masques que tous deux arborent se cachent une profonde sensibilité se révélant telle une faille pour l'un et une force pour l'autre. Ils sont si différents l'un de l'autre mais se complètent au final si bien. 

29/03/2026

Aurélie Luong, L'Envol des Sables, éditions Argyll

Aurélie Luong, L'Envol des Sables, éditions Argyll 

Cette année, les éditions Argyll fêtent leur 5 ans d'existence. Et pour l'occasion, ils nous proposent un livre anniversaire signé par une très belle plume féminine. Il s'agit de L'Envol des Sables d'Aurélie Luong.

Or, il fallait bien une telle sortie pour marquer l'événement surtout de la part d'un éditeur qui nous a habitués depuis sa toute première parution à sélectionner des textes toujours très engagés et d'une grande qualité. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Tanger, VIIIe siècle. Ahmed et son "presque frère" Tariq combattent dans les rangs des Omeyyades depuis qu'ils ont été exclus de leur clan. Leur rencontre avec un seigneur renégat d'Hispania va leur donner l'idée de traverser la Méditerranée à la tête d'une petite armée pour conquérir des terres d'al-Andalus en leur nom afin d'offrir aux Amazighs, un refuge les mettant à l'abri du joug omeyyade. Seulement on ne double pas impunément le Calife et espérer échapper à ses représailles. Alors que les ennemis surgissent de toutes parts, dans un pays inconnu et hostile, comment ses deux guerriers prodiges vont-ils faire pour s'en sortir ? 

Mon avis :

L'Envol des Sables est une fantasy historique de haut vol qui nous entraîne au temps de l'hégémonie des Omeyyades. C'est une dynastie arabe qui a dominé le monde musulman entre 661 et 750, puis l'an-Andalus entre 756 et 1031. Or, pour nous conter cet incroyable épisode de conquête, Aurélie Luong a choisi de se concentrer sur un personnage historique en particulier aussi renommé que mystérieux, à savoir Tariq ibn Ziyad. Les nombreuses zones d'ombre qui courent autour de cette figure historique se révèlent comme autant d'invitations à venir combler les vides par des hauts faits mêlés de notes ésotériques puisant dans la mythologie berbère. 

En effet, ce roman s'enorgueillit de la présence des jinns qui accompagnent la quête du narrateur. Ils font bien entendu référence à ces créatures surnaturelles issues de la mythologie arabique préislamique connues pour être capables d'influencer spirituellement ou physiquement les hommes. Dans le cas d'Ahmed, elles lui permettent de maîtriser ses pouvoirs, notamment sur les éléments tel le vent. Non seulement il est capable de les voir mais en plus les jinns lui accroissent sa puissance. 

Tous les emprunts à la mythologie nord-africaine que fait Aurélie Luong s'imbriquent parfaitement à son intrigue historique rendant son univers particulièrement immersif et ensorcelant.