Quand l'auteur du Club des Punks contre l'Apocalypse Zombie retrouve le graphiste Zariel pour travailler sur un nouveau projet, on sait déjà que le livre sera dément.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse.
Alors qu'il était bien peinard à buller à l'ombre d'un arbre, voilà que Pam Pam est dérangé par une fille, un poils dépenaillée, qui, après lui avoir fait un bras d'honneur, disparaît dans un arbre. Outré par cette grossièreté, le lapin décide de la suivre afin de lui dire tout le bien qu'il pense d'un tel comportement. Une décision spontanée qu'il va d'ailleurs vite regretté au vu du déferlement d'ennuis qu'il va se manger. Mais au pays merveilleux, n'entre pas qui veut et surtout comment fait-on pour en sortir ?
Épaulé par son complice Zariel, ce doux dingue de Karim Berrouka nous entraîne encore une fois dans une aventure surréaliste dont lui seul a le secret.
Avec Pam Pam au Pays des Merveilles, il s'attaque cette fois-ci au célèbre conte de Lewis Carroll, Alice au Pays des Merveilles qu'il a d'ailleurs bien déconstruit pour nous servir une version déjantée dans laquelle c'est le lapin qui ne cesse de courir après une Alice insaisissable. En outre, bien loin de la vision ingénue du dessin animée de Walt Disney, la Alice de Karim Berrouka a quand même bien morflé, sans compter que c'est une vraie peste qui prend plaisir à rendre les autres chèvres, un comble pour un lapin, me direz-vous !
Tout à son obsession de mettre la patte sur cette foldingue, Pam Pam est contraint de passer un certain nombre d'épreuves dont il a cure et finit même par s'en lasser au point de désirer juste quitter au plus vite ce pays merveilleux qui a tout de l'enfer. Malheureusement pour lui, Karim Berrouka va le torturer pendant douze épisodes ne lui laissant pas le moindre répit.
Quand il n'est pas persécuté par un sphinx du Chechire à coup d'énigmes à résoudre sous peine d'être croqué, il est parachuté dans un labyrinthe dont le ticket de sortie dépend de la création d'un profil bafouant toute notion de vie privée, doublée d'une frénésie acheteuse, pour terminer sur le banc des accusés d'un tribunal qui l'imagine déjà en civet ou la tête roulant au sol.
Tantôt cocasse, tantôt ironique, la plume de Karim Berrouka n'épargne personne et surtout pas notre société qu'elle égratigne, bien volontiers, au passage en braquant notre attention sur ses dysfonctionnement dans sa vision consumériste poussée à l'excès ou dans le dévoiement politique au nom d'une écologie surpuissante.


