L'influence du "gaming" à la littérature

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19/02/2017

Miss Peregrine: la Super Nanny et ses enfants extraordinaires

Avant d'être adapté au cinéma, Miss Peregrine et les Enfants particuliers est un roman écrit par Ransom Rigg. C'est le premier volet d'une trilogie dont la suite sera peut-être mis en scène à son tour dans les mois à venir. Ce sont donc Hollow City et La Bibliothèque des âmes qui viennent compléter ce cycle. Les deux premiers tomes se sont même vus, en 2015, primés par le Grand Prix de l'Imaginaire. Cet auteur de fantasy a continué de profiter de son succès en écrivant deux autres romans s'inscrivant dans le même univers avec Le Journal de Miss Peregrine et les enfants particuliers et Contes des particuliers

Un univers qui a de doute évidence enthousiasmé le réalisateur Tim Burton qui en a fait un film aussi spectaculaire que bluffant. 

Miss Peregrine et les Enfants particuliers, c'est le destin d'un jeune garçon prénommé Jake qui a été bercé tout au long de son enfance par les histoires de son grand-père qui venait le garder. En effet, Abe Portman affirmait avoir été envoyé dans un pensionnat situé sur une petite île du Pays de Galle afin de le protéger des nazis. Mais cette institution avait la particularité d'abriter des enfants ayant des dons spéciaux qui vivaient cachés pour échapper aux Estres et aux Sépulcreux. 
A la mort violente de son grand-père, Jake accompagné de son père décide de rejoindre l'île afin de déterminer si son aïeul disait vrai. 
Arrivé sur les lieux, le jeune homme tombe sur les ruines du pensionnat donnant ainsi du poids aux dires d'Abe. Impression confirmée lorsqu'il rencontre certains pensionnaires particuliers comme Emma Bloom. En acceptant de suivre le petit groupe, Jake se retrouve en 1943 juste avant la bombardement de la demeure afin de rencontrer Miss Peregrine et les autres pensionnaires. C'est un voyage insensé et extraordinaire pour l'adolescent. Il se retrouve dans une boucle temporelle crée par Miss Peregrine elle-même qui s'avère être une Ombrune (c'est à dire une femme qui a le pouvoir de se transformer en oiseau) chargée de protéger les enfants des Particuliers corrompus dirigés par le malfaisant Barron. 
D'une nature peureuse, Jake accepte peu à peu la réalité de ce qu'il vit et n'hésite pas, face au danger, à mettre tout en œuvre pour protéger les enfants de Barron et des Sépulcreux envoyés par ce dernier, que lui-seul peut voir. 

Avec un scénario autant teinté de féerie, il en fallait pas plus au farfelu Tim Burton pour être inspiré et réaliser un film à sa mesure. 

Passée la première demi-heure, nous voici bien immergés dans le film. Il faut dire que l'histoire est belle et ne manque pas d’héroïsme. Comme à l'accoutumée, Tim Burton joue à merveille avec le fantastique et l'angoissant. Il fait ressortir les peurs enfantines. Il mise beaucoup sur les contrastes entre l'isolement de l'île où le ciel est gris et terne sur laquelle tout paraît à l'abandon et le pensionnat lui-même qui est si verdoyant, si pleine de vie. Il apparaît comme un ultime refuge, comme un paradis perdu. C'est un lieu magnifique qui semble tout droit sorti d'un conte. Il n'a pas ménagé sa peine pour réaliser des scènes spectaculaires à l'image du duel entre les squelettes anis et les Sépulcreux en pleine fête foraine. 


Même si les jeunes acteurs sont encore méconnus du public, ils sont encadrés par deux belles figures du cinéma américain: Samuel L. Jackson qui est absolument divin dans son rôle du maléfique et aliéné Barron et Eva Green, majestueuse en Ombrune et nurse pour enfants aux dons si particuliers

Le premier rôle revient à Asa Butterfield, un jeune acteur anglais qui cumule déjà quelques rôles au cinéma dans un registre fantastique comme Merlin, Hugo Cabret et Nanny McPhee et le Big Bang. Malgré son jeune âge, il nous embarque facilement dans son histoire et sait crée l'émotion chez son public alternant les scènes poignantes avec son grand-père et d'action avec Samuel L. Jackson. 

Sans évoquer chacun des personnages, je souhaite tout de même faire un petit focus sur Finlay MacMillan qui interprète avec brio un garçon inquiétant. Fermé et froid, il insuffle aussi bien la vie aux objets inanimés que le frisson aux spectateurs qui le regardent. 
Tim Burton enchante encore une fois sans mal son public. On reste bluffés par ce film ô combien féerique. Une belle production, un réalisateur prestigieux, de belles retombées médiatiques qui sont autant d'éléments qui ne peuvent que rejaillir positivement sur le genre. Toutefois les âmes fragiles devront s'abstenir car quelques scènes un peu sanguinolentes risquent de heurter leur sensibilité.
Fantasy à la carte

05/02/2017

Terry Goodkind, Le Cœur de la Guerre, tome 15, L’Épée de Vérité, éditions Bragelonne

Avec Le Cœur de la Guerre, Terry Goodkind arrive au terme des aventures de son héros, Richard Rahl.

L’Épée de Vérité de Terry Goodkind nous dévoile un grand cycle de high fantasy. Quinze tomes d'une sacrée aventure au cours desquels Richard a dû affronter pas moins de trois grandes menaces, trois grands oppresseurs: Darken Rahl, l'empereur Jagang et Sulachan.

Il est vrai que la vie a toujours été menacée par des êtres d'une terrible cruauté mais faire revenir à la vie Sulachan est sans doute la pire menace que le monde n'est jamais connu. A la différence de tous ces tyrans qui ne désiraient qu'une chose, dominer le monde, Sulachan lui veut détruire le voile afin qu'il n'y ait plus de séparation entre les vivants et les morts. Cela signifierait la fin de toute vie et donc plus de retour possible. Une réalité inacceptable pour Richard et les siens qui vont encore devoir tout faire pour empêcher ça. 

Seulement l'affaire s'annonce mal car il est toujours souillé par la marque de Jit, un mal qui le ronge le privant totalement de ses pouvoirs.

L'heure est venue de régler ses comptes. La confrontation est inévitable maintenant que Sulachan, Hannis Arc et les hordes de Shun-tuk sont aux portes du Palais du Peuple.

Toutefois une question demeure: Richard trouvera-t-il la solution pour sauver à nouveau le monde et détruire le Mal? et en aura-t-il le temps? C'est une leçon du sorcier à laquelle il a été si souvent confronté et dont le prix à payer est toujours sanglant et amère. 

Le Cœur de la Guerre achève un captivant et époustouflant cycle de fantasy. Chaque tome est une grande épopée qui nous fait perdre pied avec la réalité. C'est avec un pincement au cœur que je referme ce dernier roman car L’Épée de Vérité est une saga qui m'a accompagnée pendant de nombreuses années. Terry Goodkind nous donne réellement l'impression d'appartenir au clan de Richard Rahl. Donc clairement la fin de ce cycle me laisse un vide qui aura probablement besoin d'être comblé par un nouveau récit. Peut-être avec Les Chroniques de Nicci, qui sait? Ainsi l'auteur ne nous ferme donc pas totalement la porte de son univers. 

Fantasy à la carte

Terry Goodkind
Le Cœur de la Guerre
Tome 15
L’Épée de Vérité
Editions Bragelonne

29/01/2017

Terry Goodkind, Le Crépuscule des Prophéties, L’Épée de Vérité, tome 14

Le Crépuscule des Prophéties est le tome annonciateur de la fin des aventures du Sorcier de Vérité, du Maître de l'empire d'Haran. Un titre évocateur car Terry Goodkind avait annoncé lui même que la fin de son cycle serait au format d'une trilogie.

Après bien des luttes, bien des tyrans, Richard Rahl s'engage dans ce qui pourrait bien être son ultime combat pour libérer les peuples de l'oppresseur.

Ce quatorzième tome, c'est un peu le moment du bilan de sa vie, un retour sur ce qu'il a fait, sur les gens qu'il a rencontrés, qu'il a sauvés et qui l'ont sauvé même. C'est une pause nostalgique sur ce qu'il a eu ou sur ce qu'il n'aura peut-être jamais. 

Depuis que Richard et ses compagnons ont quitté le Troisième Royaume, leur temps est compté. Enfin celui de Richard et Kalhan surtout car leur vie, on le sait, ne tient plus qu'à un fil à cause de la malfaisante Jit. Seuls Zedd et Nicci seraient en mesure de les libérer de cette souillure à condition de trouver un champs de force afin de procéder en toute sécurité. Seulement perdus au milieu des Terres Noires, bien loin du Palais du Peuple, la situation paraît insurmontable surtout avec les hordes de demi-humains envoyés par Sulachan et Hannis Arc afin de les exterminer et de capturer Richard. 

Il semblerait que le péril n'ait jamais été aussi critique pour nos héros. Comment peuvent-ils se sortir de ce sombre marasme? Finalement, la lutte entre le Bien et le Mal n'a jamais été aussi prête de basculer en faveur du côté obscur. 

Terry Goodkind sème l'incertitude dans l'esprit de ses lecteurs quant à la conclusion qu'il apportera à sa saga de high fantasy. Ce héros qu'il a toujours présenté comme un surhomme, se sortant toujours plus fort des pires situations, semble la proie au doute quant à ses capacités et à sa volonté de faire à nouveau triompher le Bien. Richard serait-il arrivé en bout de course avant la ligne d'arrivée ?

Une chose est certaine, avec plus de 25 millions d'exemplaires vendus dans le monde entier, Terry Goodkind est un auteur qui plaît. 

Fantasy à la carte