Un blog qui met à l'honneur l'imaginaire sous toutes ses formes : fantasy, fantastique, science-fiction, postapocalyptique, thrillers fantastiques... jeunesse et adulte. J'y partage mes avis lectures mais y parle aussi des festivals, des artistes, des librairies. Auteurs confirmés ou jeunes plumes, tout le monde y trouve sa place.
Le Roi des Sables nous entraîne à nouveau sur les traces de Torfa et de ses amis. Toujours en quête d'aventures, les voici traversant les Territoires de l'Ouest, déserts arides par-delà les montagnes réputés pour leurs multiples dangers.
Or justement le roman à peine entamé, une première menace pointe son nez obligeant les héros à se séparer bien malgré eux.
Valentin Frété choisit donc de nous raconter son récit à deux voix puisque tantôt on suit Torfa, et tantôt on suit Ard. Le texte en est donc que plus dynamisé. Livrés à eux-mêmes, les deux compères séparés vont devoir apprendre à survivre seuls. Car même si ce sont deux forces de la nature, on l'aura déjà remarqué qu'en agissant ensemble, ils sont nettement plus forts.
Ce roman se révèle peu à peu comme un roman d'initiation où les personnages en apprennent plus sur eux en tâtant leurs forces et leurs faiblesses. Une aventure dont ils ressortiront changés. Valentin Frété signe ici un roman plus intimiste, plus psychologique puisqu'il explore les couloirs de la conscience humaine, de la force du mental et même de la folie à travers des mises à l'épreuve pour ses héros aussi bien physiques que morales.
Croquis d'Ard de Valentin Frété
C'est encore une fois un récit rédigé dans la tradition des textes de mythologie nordique puisque l'on retrouve la mise en scène de divinités, de créatures fabuleuses et de héros. En effet, Torfa s'illustre bien comme le héros nordique par excellence qui va devoir affronter dans ce tome de nombreuses créatures fantasmagoriques afin de prouver sa valeur. Il est suivi de loin en loin par son protecteur divin Thor, dieu du Tonnerre qui fait en sorte que son protégé reste sur la bonne voie. Guerrier brutal avec son célèbre marteau Mjollnir, Torfa pourrait presque être son reflet.
Le Roi des Sables ancre bien Les Chroniques du Nord dans de l'Heroic fantasy pure, où les héros y sont malmenés par des combats violents. Ainsi, qu'elle soit anglo-saxonne ou française, on ne voit pas la différence car la qualité est bien au rendez-vous.
Qu'on se rassure les dernières lignes de ce tome ne nous conduisent pas encore au Walhalla car Valentin Frété ne nous a pas encore tout dévoilé sur ses héros.
Le doyen éternel sonne la fin des aventures pour nos héritiers. La
confrontation avec leur pire ennemi, le malfaisant Saat approche. Plus qu’une
menace pour eux, c’est toute l’humanité qui risque de pâtir de l’hégémonie de
cet être démoniaque. Et tous en sont douloureusement conscients.
Au cœur du Jal’Dara puis du Jal’Karu,
ils ont pris connaissance de certains éléments, seulement seront-ils
suffisants pour vaincre ? Finalement la rencontre avec Nol l’Etrange
sera-t-elle à la hauteur de leurs espérances pour mener à bien la mission qu’ils
se sont assignés. Mais rien n’est moins sûr car leur adversaire est puissant.
Pire même, il est fou à lier. Or comment ramener un fou à la raison ? Cela
est sans doute impossible d’autant que les pouvoirs du mal ont l’air inépuisables,
imbattables, inaltérables.
C’est donc bien désemparés que
nos aventuriers se lancent dans leur ultime combat. Ce roman, c’est aussi le
moment de la séparation où finalement chacun va devoir affronter seul son
destin.
Dans Le doyen éternel les évènements s’accélèrent, les péripéties s’enchaînent
et emportent avec elles le lecteur dans un tourbillon d’émotions : désir,
crainte, tristesse et joie.
Pierre Grimbert conclut son Secret de Ji avec une grande habileté en se ménageant une ouverture sur d’autres romans. Ce qu’il réalise de 2004 à 2012 puisque deux nouveaux cycles viennent compléter la saga, Les Enfants de Ji et Les Gardiens de Ji. Un récit de high fantasy d’une grande finesse. Tout y est, l’épopée épique, la magie, les complots, la romance. Un cycle d’une fantasy à la hauteur des meilleurs auteurs anglo-saxons. Une tétralogie qui révèle une fantasy française dont on est tous fiers.
La Caverne de la Rosed’Or
est une série de cinq téléfilms italiens de fantasy
qui fleure bon l’enfance. Diffusée en France pendant les vacances de Noël de
1991 à 1996, cette série, sans doute l’une des plus anciennes pour le genre,
fut un véritable émerveillement visuel et scénaristique pour les enfants petits
et grands de l’époque.
Réalisés par Lamberto Bava, ces
téléfilms racontent le destin hors norme d’une jeune princesse rebelle prête à
affronter tous les dangers pour sauver son royaume. Chaque film correspond à
une quête que doit mener la jeune Fantaghiro pour sauver son peuple, son amour
ou sa famille des griffes de puissants sorciers ou sorcières maléfiques.
Fantaghiro évolue dans un
moyen-âge idéalisé où la magie peut prendre bien des formes. A l’instar de
Cendrillon, elle a, elle-aussi, une fée marraine qui la protège au moment les
plus critiques de sa vie. Elle se nomme la sorcière blanche et va notamment
jouer un rôle déterminant dans l’intrigue du premier épisode car c’est elle qui
va lui permettre de rencontrer son grand amour le prince Romualdo et de le
garder.
Chemin faisant, Fantaghiro multiplie les rencontres insolites comme celle de petits-êtres magiques qui
ressemblent à des légumes ou à des champignons. Ceux-ci peuplent une forêt
enchantée dans laquelle Fantaghiro devra délivrer des enfants emprisonnés par le
terrible Tarabas.
Dans ses quêtes, elle est accompagnée d’un cheval doué de paroles, Crin d’or, et d’une pierre
magique parlante qui a la capacité de toujours revenir à son propriétaire. Chaque
aventure est motivée pour combattre un danger, c’est une lutte perpétuelle
entre le Bien incarné par Fantaghiro et Romualdo et le Mal personnifié tantôt
par la sorcière noire, tantôt par le prince des ténèbres Tarabas et son infâme
mère, ou tantôt par le cruel Darken.
Même si Fantaghiron’est pas une
magicienne à proprement parlé, la magie occupe bien une place centrale au sein
de chaque épisode et la jeune femme en dispose sous la forme d’éléments
ensorcelés dont elle se sert pour mener à bien sa quête comme le baiser magique
qu’elle obtient de Tarabas pour sauver son amour.
La Caverne de la Rose d’Or est donc une jolie saga de fantasy qui réunit tous les éléments
traditionnels au genre afin de s’assurer une belle audience même si à l'heure d'aujourd'hui on trouverait sans doute cette série un peu vieillissante. Magie, aventure et
amour, tout y était pour remporter l’adhésion du public. D’autant que le casting
est suffisamment bon pour donner du poids à la série. Le duo formé par
Alessandra Martines et Kim Rossi Stuart est admirable. Alessandra y campe une
magnifique Fantaghiro aussi téméraire que piquante et Kim Rossi Stuart est si chevaleresque,
si envoûtant sous les traits du prince Romualdo que l’on ne peut que succomber
sous leurs charmes respectifs. Autres prestations remarquables à souligner, ce
sont celles des acteurs qui incarnent les méchants de l’histoire. Il y a quand
même des grands noms du cinéma avec la participation d’Ursula Andress en tant
que mère du prince des ténèbres et Jean-Pierre Cassel qui lui sera le père de
ce dernier. Tous deux personnifient avec une grande justesse la noirceur, la
monstruosité et la perfidie. Quant à Brigitte Nielsen, elle joue à la
perfection cette sorcière noire que l’on déteste dans ses premières apparitions
mais qui révèle certaines failles au cours de l’histoire. Enfin le ténébreux Tarabas,
alias Nicholas Rogers demeure une belle découverte pour son public car au lieu
d’être un personnage détestable, il devient au contraire très attachant, et
nous promet quelques belles surprises dans l’évolution de son personnage.
Finalement, La Caverne de la Rose d'Or, c’est une belle distribution qui nous offre pour l'époque un divertissement sous le signe d’une fantasy
terriblement enchanteresse.