L'influence du "gaming" à la littérature

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21/02/2016

Damien Bador, Coralie Potot, Vivien Stocker, Dominique Vigot, L'Encyclopédie du Hobbit

L’Encyclopédie du Hobbit est une immersion dans l’univers merveilleux de John Ronald Ruel Tolkien. Un imaginaire qui demeure encore bien souvent mal connu du public. Ce bel ouvrage apparaît donc comme le moyen d’aller plus loin dans l’œuvre du père fondateur de la fantasy moderne. Fruit d’un long travail de recherches à partir des textes originaux mené par un collectif de passionnés, issu pour l’essentiel du milieu associatif, le résultat en est bluffant.

En effet, plus qu’un ouvrage encyclopédique, ce livre édité par le Pré aux Clercs, maison d’édition renommée pour ses beaux-livres, apparaît comme un véritable objet d’art alternant textes et illustrations de grande qualité. 

Il est construit sur un modèle assez simple. Tout abord, il s’ouvre sur une longue introduction qui revient sur la carrière de J.R.R. Tolkien afin de comprendre comment est né dans l’esprit de ce génie cet univers grandiose qu’il a enrichi au fur et à mesure de ses écrits. Puis, le livre se divise en sept grandes parties avec les personnages, les peuples, les langues et écritures, les objets et constructions, les lieux de l’aventure, les événements remarquables et les sources d’inspiration. Chacune d’elle permet de faire un tour d’horizon de cette œuvre du Hobbit

C’est donc une étude très complète qui traite de divers aspects du Hobbit et de l’univers Tolkienien en général. Ainsi, ces passionnés se placent aussi bien du point de vue historique, linguistique qu’anthropologique. Ils commencent d’abord par dresser le portrait de chacun des personnages principaux et secondaires afin de rappeler l’importance de leur rôle dans l’histoire. Puis, ils expliquent avec une grande précision les caractéristiques de chacun des peuples, de chacune des créatures que J.R.R. Tolkien a mis en scène dans son livre. Il faut dire que les nombreuses traductions des œuvres originales sont loin d’être toujours à la hauteur tout comme les adaptations cinématographiques qui demeurent assez simplistes et font l’impasse sur bien trop d’éléments. C’est pour cette raison que ce collectif a voulu, à travers ces deux premiers chapitres, redonner la primeur à chacun des héros inventés par l’auteur. Car il ne faut pas oublier l’imaginaire extraordinaire dont a fait preuve Tolkien. Il est tout de même l’inventeur d’un immense territoire dans lequel évoluent de nombreux peuples tantôt en bonne entente, tantôt en conflit. 
Ensuite il est question des différentes langues et diverses écritures qui occupent une grande importance dans ses romans car Tolkien est un linguiste avant tout. Il était donc normal qu’il fasse correspondre à chacun de ses peuples un langage spécifique. Et c’est un élément remarquable car il a poussé le souci du détail à inventer des dialectes avec des alphabets et des prononciations propres afin de donner une vraie crédibilité à ses livres. 

Mais en plus d’être un linguiste, Tolkien s’avère aussi être un géographe émérite en imaginant un monde au relief très détaillé. Ainsi L’Encyclopédie du Hobbit met en lumière chaque lieu marquant de l’aventure pour assurer une meilleure visualisation aux lecteurs. 

Ces passionnés ont également compris que la magie de Tolkien passe par l’omniprésence d’objets merveilleux dont l’anneau unique occupe une place centrale. Ces artefacts sont les premiers éléments à donner un caractère fantasy au récit. 

Enfin, ce livre conclut sur les nombreuses sources d’inspiration tirées pour la plupart des légendes celtiques, arthuriennes même, et scandinaves. Grand littéraire, Tolkien est fasciné par ses écrits du passé, il participe à la traduction de textes médiévaux et même à la réécriture de poèmes scandinaves. Tout ce travail va contribuer à alimenter son imaginaire et à donner ainsi naissance à sa future Terre du Milieu. 


Née de l’imagination de mordus, L’Encyclopédie du Hobbit pourrait être qualifié d’artbook puisque chaque texte est agrémenté de belles illustrations. En effet, ce livre alterne crayonnés, peintures, pastels qui viennent rehausser magistralement les observations de chaque auteur faisant de ce livre un véritable beau-livre. De plus, le papier utilisé est de bonne qualité, épais et chaque feuillet revêt un aspect vieilli qui donne un caractère précieux à l’ouvrage. Autre caractéristique à signaler est la couverture sobre par ses couleurs mais qui donne l’impression d’avoir à faire à un grimoire qui renfermerait les secrets de J.R.R. Tolkien sur son œuvre du Hobbit.

Plus qu’une simple littérature, la fantasy constitue une source d’inspiration à part entière pour des artistes qui se servent de ces écrits pour donner vie à des dessins qui invitent à la rêverie, au vagabondage de l’esprit, à la création artistique. On peut donc le dire sans se tromper que la fantasy a su inspirer des carrières artistiques pour des illustrateurs de renom.


Fantasy à la carte

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