L'influence du "gaming" à la littérature

accueil2

accueil2

26/03/2017

Pierre Pevel, L'Héritier, Haut-Royaume, tome 2

Le Chevalier avait laissé Lorn plus mort que vif, le commandement de sa Garde d'Onyx revint donc au prince Alan qui refusait de voir l'oeuvre de son ami disparaître. Louable intention si ce n'est qu'en choisissant les nouvelles recrues parmi la noblesse, Alan changea peu à peu le visage de la Garde pour lui donner des allures de chevalerie. On s'éloigne donc de la bande de mercenaires recrutés par Lorn, assassins sans aucun doute mais pas moins attachants pour autant. 

Le récit redémarre à un moment critique pour le Haut-Royaume qui s’apprête à vivre des heures difficiles avec d'un côté la mort du Haut-Roi se profilant à l'horizon et de l'autre, une déclaration de guerre entre l'insoumise Arcante et le Haut-Royaume lui-même. En refusant de courber l'échine devant la reine Ceylane, Yssandre d'Arcante propulse sa cité dans une guerre des nerfs. En effet, le siège mené par l'aîné du Haut-Roi, le prince Yrdel promet d'être long, usant et inutile. Alors que beaucoup pensent que Ceylane n'agit que par jalousie et vengeance contre la belle Yssandre, l'ancienne favorite du Haut-Roi, le reine, elle, vise beaucoup plus loin. Elle est bien plus retors, plus intrigante qu'on ne le pense. Tout ceci n'est qu'une vaste partie d'échecs dans laquelle les puissants déplacent leurs pions dans l'ombre afin de servir leurs intérêts.  

Et c'est dans ce panier de crabes que vit Lorn Askarian. Fidèle soldat, guerrier acharné, mercenaire rusé, Lorn arbore tour à tour ces visages en fonction de la situation. On ne peut-être Premier Chevalier sans se faire quelques ennemis au passage. La question va être de savoir qui est le dernier à avoir voulu le tuer? 

L'heure n'est plus à la rédemption pour lui mais bien à la vengeance. Il a pris trop de coups, il a été trop souvent trahi, et le tribut de ces trahisons est bien trop lourd pour qu'il ne réclame pas réparation. Lorn est de ces héros qui ont du sang sur les mains, le sang des justes comme celui des bourreaux. Rongé par l'Obscure qui l'affaiblit autant qu'elle le protège, elle fait ressortir tout ce qu'il y a de hideux chez lui, tout en décuplant ses forces. C'est cela qui va lui donner le pouvoir de vaincre. 

Avec des personnages comme Lorn Askarian, on côtoie une heroic fantasy différente de la lutte manichéenne classique dans laquelle les gentils sont des anges et les méchants, des démons. A l'image du monde réel, les choses ne sont pas si simples. Chacun renferme sa part d'ombre. A travers son héros, Pierre Pevel joue beaucoup sur l'ambivalence. Il n'est pas lisse. Bien au contraire, il nous dissimule encore bien des secrets, bien des noirceurs. Malgré cela, on s'attache sans mal à Lorn Askarian. Pourquoi? Peut-être parce qu'il ne manque pas de courage? ou par son terrible vécu? Les exactions qu'il a subies ? Qui sait. 

C'est le pari fou de Pierre Pevel qui avec ce nouveau cycle de fantasy casse l'ambiance qu'il a imposé dans ses récits antérieurs pour s'embarquer dans une saga aussi troublante qu'addictive. 

Pierre Pevel fait partie de cette caste d'auteurs qui rompt avec les codes de la fantasy traditionnelle pour proposer ici une fantasy sombre et rythmée

Fantasy à la carte

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire