L'influence du "gaming" à la littérature

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04/12/2016

George R. R. Martin, Le Trône de Fer, Intégrale 5, éditions France Loisirs

Attendu comme le Graal par beaucoup de fans de Game of Thrones, la sortie du cinquième intégrale du Trône de Fer de G.R.R. Martin a fait grand bruit. 

Comme des milliers d'autres, je dois vous confier que moi aussi, je me réjouissais de retrouver la froideur du Nord et la touffeur de l'antique Valyria. Un intégrale qui s'annonçait sous les meilleurs auspices puisque l'auteur tournait à nouveau son attention vers un trio de héros indispensable à cette œuvre, Tyrion Lannister, Daenerys Targaryen et Jon Snow. 

Rappelez-vous la situation dans laquelle l'intégrale 3 avait laissé Tyrion Lannister. Parricide en fuite, il lui fallait à tout prix quitter Westeros afin de se mettre à l'abris des foudres de sa sœur. Pour lui, c'est le début d'une grande aventure mais aussi le risque réel de perdre la vie. En effet, malgré tout son babil, ça ne l'empêchera pas de tomber aux mains de ser Jorah Mormont qui souhaite se servir de sa petite personne pour reconquérir les faveurs de Daenerys. En revanche, ce que Tyrion ignore, c'est qu'être prisionnier de ser Jorah va être le moindre mal de ce que ce nouvel opus va lui réserver...

Pour Daenerys Targaryen, le moment est venu de faire un choix. Profiter d'une flotte de guerre mise à sa disposition pour reconquérir Westeros, ou rester à Meereen afin de pacifier la situation avec les esclavagistes, et de mettre un terme aux meurtres perpétrés par les Fils de la Harpie. Elle choisit la voie du cœur, et épouse le puissant Hizdahr zo Loraq pour rétablir la paix. Cependant, trahisons et déloyautés pourraient bien mettre en péril ce qu'elle a entrepris jusqu'ici.

Plus au Nord, une nouvelle guerre s'annonce entre les forces de Stannis Baratheon et le clan Bolton, devenu maître des ruines de Winterfell. Mais le terrible hiver leur laissera-t-il le loisir de s'affronter?

Du côté du Mur, le Lord Commandant Jon Snow est de plus en plus tiraillé entre les vœux qu'il a prononcés pour la Garde de Nuit et sa loyauté envers les siens. En outre, il a dû faire des choix, et prendre des mesures sans précédent pour faire face à la terrible menace des Marcheurs Blancs. Seulement a-t-il eu raison? et ne risque-t-il pas sa vie en les prenant? Seul l'avenir le confirmera. 
Mais auront-il tous un avenir? C'est la grande question que soulève la fin du cinquième opus de G.R.R. Martin. 

L'auteur s'est encore une fois lâché dans le développement de son histoire. Il laisse mûrir lentement chacune des situations soit pour faire enrager son public, soit pour enrichir sa série. C'est pourquoi ce nouvel opus dépasse largement les 1000 pages. Il nous tient car on ne peut pas abandonner la partie tant qu'on ignore ce qu'il va arriver aux héros. Qu'on sache enfin si les gentils vont vraiment gagner à la fin de cette histoire. Le doute est permis car au final quand ils se seront tous entre-tués, ne restera-t-il pas que les Marcheurs Blancs pour se délecter des morts....?


Fantasy à la carte

G.R.R. Martin
Le Trône de Fer
Intégrale 5
Editions France Loisirs

27/11/2016

L'Artbook, Keith Parkinson, éditions Milady

Pour écrire sur l'illustrateur Keith Parkinson, il m'a fallu m'immerger dans son monde. Pour faciliter la tâche, il fallait donc que je me procure son magnifique artbook retraçant son travail. 

Tombé entre mes mains, le livre est juste superbe. Traduit et édité par les éditions Milady en 2010, il retransmet bien l'essence du travail de l'artiste. Au fur et à mesure que l'on tourne les pages, ce beau-livre nous fait faire connaissance plus en profondeur avec le cheminement artistique de Keith Parkinson.

La première chose à louer dans cet artbook est l'introduction signée par Terry Goodkind, un grand nom du genre et aussi un proche ami de l'illustrateur. Quoi de plus prestigieux pour promouvoir un livre! Il y confie l'importance pour lui de collaborer avec Keith Parkinson. Partageant la même vision des choses, et particulièrement de l'art, ils ont formé le tandem idéal pour produire d'accrocheuses couvertures de fantasy. Il faut dire que Keith Parkinson a une vraie sensibilité avec une grande capacité pour traduire le cœur d'un roman à travers un seul tableau, sans pour autant le surcharger.

Les premières pages sont consacrées au processus de création de l'artiste. Il nous explique les différentes étapes qu'il suit en fonction de ce qu'on lui demande pour aboutir à tel ou tel tableau. Un chapitre qui nous fait tout simplement pénétrer dans son atelier. En fait, il commence par sélectionner le support sur lequel il va œuvrer, puis il passe à la sélection du dessin qui viendra trôner au centre de sa composition finale. Il commence toujours par peindre l'arrière-plan pour terminer par l'intégration de ce qui va venir occuper le devant de la scène. Un long travail minutieux qui demande du temps et de l'inspiration.

Un début de livre qui nous dévoile les esquisses qu'il a réalisées pour telle ou telle couverture. Chaque dessin est annoté de sa main pour aiguillonner le maquettiste lors de l'impression finale. Cela témoigne de l'ampleur de la besogne. Car être un illustrateur professionnel, ce n'est pas seulement se contenter de réaliser un dessin. Une commande, c'est bien souvent plusieurs essais pour plaire au commanditaire et lui donner du choix. C'est un travail exigeant et fort intéressant. 

Le reste de l'artbook fait un état des lieux de quelques-unes de ses œuvres. Tout n'y est pas car cela ne tiendrait pas dans un seul livre, mais cela donne une idée générale du style de l'artiste.

Keith Parkinson a pris soin de commenter chacune des illustrations choisies afin de partager ses souvenirs, des détails de réalisation. Il y fait quelques confidences sur les lieux ou les personnes qui l'ont inspirés par exemple. On réalise ainsi que c'est un amoureux de la nature. Ce qui ressort bien dans les couvertures de L’Épée de Vérité, par exemple. Les paysages y sont justes époustouflants. 

L'important ici n'est pas de vous faire un contre-rendu détaillé de chacune des œuvres présentées, ce serait trop fastidieux et sans intérêt pour vous. Autant vous laissez découvrir ces merveilles par vous-même, la délectation n'en sera que meilleure. Pour moi ce qui est incroyable dans ce livre est de constater que chaque création aussi bien une couverture de livre, de magazine, une jaquette de jeu vidéo qu'une carte à jouer, toutes sont en réalité de grands tableaux. Clairement c'est de l'Art qui nous raconte une histoire avec un grand H. Et ceux-ci ne sont pas figés. Bien au contraire, ils transfigurent du mouvement, de l'action. Ce qui est pour le moins prodigieux. 

Artiste dans l'âme, Keith Parkinson a profondément marqué son temps. Un beau-livre qui honore sa mémoire et que les amateurs des univers de fantasy ne peuvent que se réjouir de posséder dans leur bibliothèque. 

Fantasy à la carte

Keith Parkinson
L'Artbook
Editions Milady

20/11/2016

Joanne K. Rowling, John Tiffany & Jack Thorne, Harry Potter et l'Enfant maudit, tome 8, éditions Gallimard

Quel fan n'a jamais rêvé de connaître la vie d'adulte d'Harry Potter? J.K. Rowling avait amorcé les choses en écrivant son dernier chapitre dix-neuf ans plus tard dans lequel on découvrait un Harry adulte marié avec Ginny Weasley et père de trois enfants. Mais ces quelques lignes nous avaient clairement laissés sur notre faim. Et au plus grand désespoir des plus fervents lecteurs, l'auteure avait été intraitable en déclarant en 2007 que le septième tome serait bel et bien le dernier. Et voilà que J.K. Rowling s'associe à John Tiffany et Jack Thorne pour écrire une huitième histoire sous la forme d'une pièce de théâtre. C'est en juillet 2016 que cette pièce est jouée à Londres, et connaît dès sa première représentation un beau succès. 

Avec plus de 2,6 millions d'exemplaires vendus au Royaume-Unis et aux États-Unis, les Français, fans du plus célèbre sorcier à lunettes trépignaient d'impatience de découvrir à leur tour le texte intégral de la pièce en librairie. Comme quoi Harry Potter représente un vrai cataclysme puisque petits et grands n'ont pas hésité à se lancer dans la lecture d'un texte de théâtre. Ce qui témoigne bien de l'ampleur de l’événement.  
Comme tous ces passionnés, j'étais moi-même curieuse de découvrir cette histoire inédite même si le choix du format n'est pas ce que je préfère. Il faut bien le reconnaître une pièce de théâtre ne se lit pas comme un roman.

Néanmoins on échappe pas au phénomène Harry Potter et comme le roman m'est arrivé entre les mains il y a peu, je peux vous certifier que je n'ai pas résisté bien longtemps pour y plonger tête la première.

Harry Potter et l'Enfant maudit est une belle occasion de retrouver Harry et ses amis, de les voir grandis, devenus parents. Ils vont apprendre ce que ces responsabilités impliquent. Pas facile d'être parent à son tour, et Harry va en prendre toute la mesure avec son second fils, Albus qui est à l'honneur dans cette présente histoire. On suit ses aventures à Poudlard, les amitiés qu'il se fait. Pas évident de marcher dans les pas d'un père si légendaire. Albus va d'ailleurs en subir toutes les conséquences, plus que son frère ou sa sœur d'ailleurs. Il va en souffrir et va donc tout faire pour se démarquer à son tour comme son père avant lui. Mais alors qu'Harry a subi son destin, Albus, lui, va tenter de forger le sien. Seulement chacune de nos décisions a des répercussions et pas toujours celles que l'on escompte. 

Une pièce de théâtre qui offre l'opportunité de voir qu'en changeant un seul élément du passé, cela peut tout remettre en question, et que l'histoire aurait pu tourner tout autrement. 
Pour les plus nostalgiques, se replonger dans cette saga sera un bonheur. Le temps de quatre actes, on est à nouveau transportés par la magie potterienne. Et je dirais que le plus grand plaisir de lire ce livre est là. Finalement, l'histoire en elle-même ne nous fait pas de grandes révélations. J. K. Rowling y multiplie davantage les allers-retours dans le passé plutôt que de proposer une vraie avancée dans le présent d'Harry et des siens. 

Un texte tout de même porteur qui aborde des thématiques fortes: l'amitié, le courage, l'amour filial pour ne citer qu'elles. Entre passé et présent J.K. Rowling donne à sa saga un nouveau regard et permet à notre imaginaire de s'évader une fois de plus.

En refermant ce livre une chose demeure présent dans notre esprit, et si Voldemort n'était pas mort, que ce serait-il passé? 

Avec déjà 573 000 exemplaires vendus et l'approche des fêtes de Noël, les éditions Gallimard visent les 700 000 et il se peut qu'elles soient largement exaucées car quel triomphe en librairie puisque le livre est numéro un des ventes depuis sa sortie. C'est encore une belle consécration pour le plus grand sorcier de tous les temps et sa maman!
  
Fantasy à la carte 

Joanne K. Rowling
Harry Potter et l'Enfant maudit
Editions Gallimard