Après Miska et De l'or dans les mains, Eva Martin enchaîne avec un nouveau titre qui s'intitule Destinés. Il vient tout juste de paraître aux éditions Critic.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse.
Résumé :
Valen tout juste âgé de 16 ans est le prince parfait d'un royaume florissant. Il semble cumuler toutes les qualité : courageux, gentil et honnête. C'est bien simple, tout le monde l'aime. Un jour, alors que sa fête d'anniversaire bat son plein et que son père vient de l'introniser comme son successeur officiel, un terrible fléau vient de s'abattre sur le royaume étouffant toute vie sur son passage, à l'exception de celle de Valen et d'une huluberlue surnommée Folasse. Tous deux n'ont pas d'autre choix que de s'unir pour survivre et trouver des réponses. Mais ce qu'ils ignorent encore, c'est que Valen est au cœur d'une partie de Destinée lancée entre deux divinités et qu'une troisième, nommée Tricheur a décidé de corser le jeu. Impossible pour Valen et Folasse de rester les bras ballants lorsque les difficultés les entravent de plus en plus les mettant même en danger. Bien au contraire, les voici en route pour prendre leur revanche.
Mon avis :
Avec Destinés, Eva Martin change totalement de registre en nous proposant ici, non pas de la fantasy épique, mais plutôt humoristique.
La voici qui, comme Terry Pratchett en son temps, a décidé de jouer avec les codes du genre pour nous délivrer une aventure aussi drôle que décalée.
L'histoire prend cadre dans un univers inspiré de l'Antiquité. En effet, elle nous entraîne tantôt au cœur de la cité de Narras ressemblant à s'y méprendre aux villes méditerranéennes, tantôt au sein du domaine des dieux. D'ailleurs, Narras semble bénie des dieux tant il y fait bon vivre et où le climat y est toujours doux pendant que d'autres lieux concentrent tous les fléaux de la terre. C'est à croire que les immortels se sont concentrés sur ce petit bout de terre oubliant le reste du monde.
Ce qui n'est pas faux puisque sous la plume d'Eva Martin, les dieux sont quelque peu désabusés, préférant se distraire à coup de dés sur le dos de certains humains plutôt que d'exaucer leurs prières.
Entre ces lignes, les divinités se divertissent donc en jouant à Destinée, un jeu de plateau en vogue pour déité désenchantée. Évidemment, ils le font à l'insu des mortels qui continuent de croire en eux dans une certaine mesure. Sans surprise, à force de ne pas réaliser les vœux, les humains finissent par croire de moins en moins en leur existence.
Dans ce roman, le panthéon des dieux est largement moqué car ces derniers y sont présentés sous le jour peu flatteur d'êtres mesquins, calculateurs, menteurs et feignants. Rien de glorieux chez les divinités d'Eva Martin car elles sont plutôt décrites ici comme des êtres abjectes n'agissant que dans leurs intérêts personnels puisqu'ils préfèrent se jouer des humains que de les sauver des difficultés du quotidien et des catastrophes naturelles.
En plus de s'attaquer aux figures divines, Eva Martin s'est également intéressée à l'image du héros, à travers son personnage de Valen. Il nous apparaît comme le jeune homme parfait pétri des plus belles qualités qui est né pour vivre un grand destin puisque c'est ainsi que les dieux l'ont décidé. Sur le papier, le plan semblait parfait entre la quête à mener, la belle demoiselle en détresse à sauver, sans oublier l'épée magique qui attend d'être libérée par l'élu.
Mais c'est sans compter sur la facétie de l'autrice qui en introduisant le personnage de Folasse rebat les cartes d'un plan si bien dessiné. Aussi, l'histoire prend une tournure où il n'y a plus personne à sauver si ce n'est les deux personnages principaux de l'histoire eux-mêmes et que l'épée fabuleuse est complètement déjantée.
Sans surprise, il en ressort un texte piqué de scènes ubuesques où le héros d'hier est plus souvent dépassé qu'à son tour laissant sa compagne de voyage prendre les rennes d'une expédition prenant des allures d'un road trip au goût de revanche.
En cela, Destinés nous promet des moments de lecture savoureux car l'autrice y a détourné tous les éléments qui font le sel d'un récit classique de fantasy. C'est inattendu et cocasse à souhait.
Le succès de ce récit repose bien évidemment sur son improbable duo de personnages. Alors que son destin était écrit depuis sa naissance, Valen se retrouve très vite dépassé par la situation. Son rôle de héros est vite remis en question dans ce livre à cause du personnage de Folasse qui finit par lui ouvrir les yeux sur une réalité qu'il a du mal à accepter. Pour autant, sera-t-il à même de s'écrire une nouvelle destinée sans l'aide du script.
Quant à Folasse, elle incarne la vraie héroïne de l'histoire. Personnage irrévérencieux qui déboule dans le roman tel un grain de sable venant bloquer les rouages d'une histoire pourtant bien ficelée. Électron libre, elle dispose d'un don tout à fait particulier lui permettant de comprendre la volonté des dieux. Tous la prennent pour une folle mais la vérité est ailleurs. Aussi, elle va prendre les choses en mains pour contrer les plans diaboliques des entités supérieures quoi qui lui en coûte. Atypique et drôle, son franc parler secoue les croyances et le conformisme dans lesquels Valen a grandi. Elle incarne l'élément perturbateur du récit qui renverse la donne initiale pour s'emparer de la place d'héroïne à part entière.
Pour conclure :
Avec Destinés, on plonge dans une fantasy haute en couleurs nous offrant un moment de lecture fort rafraîchissant. A lire sans modération !
Fantasy à la Carte
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A lire sur le blog, mes avis sur Miska et De l'or dans les mains.


