L'influence du "gaming" à la littérature

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20/10/2026

Guy Gavriel Kay, De l'encre dans la nuit, éditions L'Atalante

Guy Gavriel Kay, De l'encre dans la nuit, 
éditions L'Atalante

Octobre marque le retour du mois de l'Imaginaire. Or, pour l'occasion, sur les étals des librairies fleurissent de très belles parutions. Aussi au programme du mois, les éditions L'Atalante nous ont réservé la très attendue sortie du nouveau titre de Guy Gavriel Kay. 

Voilà de quoi ravir les amateurs de ce désormais grand nom de l'imaginaire. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les édition L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Poète de taverne, Thierry Villar ne pensait pas se retrouver un jour à côtoyer de très près le pouvoir. Et pourtant le voilà contraint à devoir enquêter sur l'effroyable assassinat du frère du roi. Un meurtre, révélateur des luttes intestines pour le trône de Ferrière qui agitent autant les vieilles familles rivales que les ennemis de longue date. A Thierry de la jouer fine en nouant les bonnes alliances pour survivre à ce complot aux conséquences s'annonçant déjà très retentissantes. 

Mon avis :

Avec De l'encre dans la nuit, Guy Gavriel Kay signe à nouveau une très belle fresque de fantasy historique réhaussée d'un soupçon de magie. 

Son récit prend cadre en pleine guerre de Cent Ans qui a opposé les Français aux Anglais de 1337 à 1453. Conflit de 116 ans auquel s'est ajouté une lutte intestine entre deux familles rivales : les Bourguignons et les Armagnacs se traduisant par une véritable guerre civile qui a profondément affaibli la France. 

Guy Gavriel Kay fait débuter son histoire au moment de l'assassinat du frère du roi, Louis Ier d'Orleans, commandité par Jean sans Peur pour permettre aux Bourguignons de regagner en influence. Un jeu de pouvoir dû à la folie du roi Charles VI. 

L'auteur s'appuie sur ces éléments clés pour nourrir son intrigue tout en se jouant de l'Histoire. 

En effet, le récit se pare donc de notes uchroniques car l'auteur y multiplie les rencontres entre certaines figures de l'Histoire qui n'ont pas eu lieu dans la réalité mais viennent habilement servir son intrigue ici. 

Aussi, Jeanne d'Arc vient dans ce roman en aide à Charles VI en lui redonnant sa raison plutôt qu'à Charles VII pour lui remettre le trône. L'intérêt étant ici de rebattre les cartes pour donner aux évènements une toute autre saveur.  

D'autant qu'une certaine magie œuvre entre ces lignes. Celle-ci est d'ailleurs intimement liée à l'entremonde et donne quelques dons divinatoires à certains protagonistes. La manifestation de ce pouvoir est discrète mais bien utile pour servir les faits relatés dans ce roman et expliquer la tournure que Guy Gavriel Kay a choisie de donner à certains épisodes historiques. 

Derrière l'Histoire que met en exergue De l'encre dans la nuit, l'auteur nous plonge avant toute chose dans une enquête piquée de secrets d'État et de complots. 

Le récit n'en est que plus passionnant surtout en raison des nombreux dangers qu'encourt le héros. Hissé au rang d'enquêteur, ce poète de taverne n'a pas vraiment les épaules pour endosser un tel rôle et pourtant lui laisse-t-on un autre choix ? Côtoyer le pouvoir n'est pas de tout repos comme Thierry Villar en fera les frais plus d'une fois. 

La plume de Guy Gavriel Kay est à nouveau incisive pour tailler dans le tumulte de l'époque mais aussi très poétique pour nous livrer des morceaux choisis de poésie portés par la verve de son héro atypique. 

Le style est enlevé et entraînant ne laissant finalement aucun temps mort au lecteur. 

Guy Gavriel Kay y distille suffisamment de mystères et de suspense pour tenir ses lecteurs en haleine. 

Pour qui aime l'Histoire, c'est immersif et divertissant car ce livre joue beaucoup avec notre rapport au passé. 

L'auteur nous démontre que l'Histoire ne tient qu'à une succession de détails et que si l'un vient à manquer ou à intervenir à un autre moment, les évènements prennent donc une toute autre direction. 

Pour conclure :

Avec De l'encre dans la nuit, Guy Gavriel Kay s'est réapproprié une époque trouble avec beaucoup d'habileté pour nous en livrer une version intelligente et palpitante. Du grand art ! 

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur : Voile vers Sarance, Le Seigneur des Empereurs, Tigane, Les Derniers Feux du Soleil et Comme un Diamant dans ma Mémoire. 

Informations

Guy Gavriel Kay
De l'encre dans la nuit
97910360002755
368 pages
Editions L'Atalante

15/10/2026

Stéphane Arnier, Voraces, T.2, La Dernière Transhumance, éditions Mnémos

Stéphane Arnier, 
Voraces, 
T.2, 
La Dernière Transhumance, 
éditions Mnémos

Avec la parution de Voraces, le tome 2 de la duologie de Stéphane Arnier, La Dernière Transhumance, l'heure du final a donc sonné.

En librairie depuis le 16 septembre, il était temps que je m'attelle à cette lecture. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Kaisu a enfin retrouvé sa fille Norda, son petit-fils Aslak, lui, est entre les mains des Vårks envahisseurs menés par le terrible Jarl, Måns. Chacun devra donc lutter coûte que coûte pour survivre surtout face à la menace grandissante des vitaux voraces que nul ne peut plus ignorer. Pour Kaisu et les siens, le temps est venu de s'engager dans un voyage périlleux sur les traces de ces vitaux migrateurs afin d'en comprendre les mystères et de trouver peut-être un remède au péril funeste qui les attend au bout du chemin. 

Mon avis :

Avec sa duologie, La Dernière Transhumance, Stéphane Arnier signe un récit de low fantasy poétique qui nous plonge dans une lente odyssée piquée de dangers et de révélations.

Point d'épique entre ses lignes mais un véritable héroïsme de la part de certains personnages. 

C'est un univers tourné sur une nature qui s'avère à la fois grandiose et inquiétante. Entre ces lignes la nature se pare des couleurs chatoyantes de l'automne annonçant le retour de l'hiver avec ses premiers frimas. Les descriptions sont très immersives et favorisent l'installation d'une atmosphère à la saveur toute particulière surtout qu'une magie est à l'œuvre. 

Si celle-ci était fugace dans le premier tome, elle est beaucoup plus marquée dans ce second volet. Intiment liée à la faune et à la flore, elle s'exprime par la perception de ces petits organismes aériens et colorés qui virevoltent dans l'air et s'accrochent aux végétaux et aux animaux. Si la majorité d'entre eux sont inoffensifs, les rouges appelés les voraces rendent littéralement fous ses porteurs en développant des appétits inassouvissables. Ces organismes colonisateurs transforment donc ses hôtes en véritables tueurs. Dans ce récit, la magie est pervertie rendant l'environnement dangereux car les humains et les animaux peuvent devenir d'impitoyables ennemis pour autrui.

Ce surnaturel permet à Stéphane Arnier d'explorer notamment la figure du monstre car le vorace exacerbe les plus bas instincts de son hôte. Si certains tentent de lui résister au mieux, d'autres y succombent avec délectation et sans la moindre honte. Ces voraces apparaissent finalement comme une métaphore du pouvoir qui saoule et fait perdre pied. Ils renvoient donc à la soif de possession et de domination. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si ces voraces s'épanouissent si facilement dans le cœur des colonisateurs les plus acharnés. 

Ce second tome est un tantinet plus sombre car piqué de scènes pour le moins horrifiques. La folie est si développée chez certains individus que la raison n'a plus sa place. 

10/10/2026

Étienne Cunge, La REP, éditions Critic

Étienne Cunge, La REP, éditions Critic

Étienne Cunge est déjà l'auteur de quatre romans de science-fiction. Son dernier en date vient tout juste de rejoindre les rayonnages des librairies. 

Il s'agit de La REP qui vient donc de paraître aux éditions Critic. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après l'ère ténébreuse marquée par l'effondrement des sociétés, l'humanité a tout de même survécu et s'est organisée d'une autre manière. C'est ainsi qu'est née la REP formant le dernier bastion de la technologie où chaque individu peut disposer d'une IA personnelle implantée dans son cerveau s'il le souhaite. Mais certains lui ont préféré l'appel des grands espaces rejoignant ainsi les rangs des peuples nomades. Depuis longtemps, un statu quo a été établi entre les deux basé sur des échanges de biens. Seulement tout bascule lorsque l'un des camps nomades se retrouve la cible de drones armés. Un épisode sanglant qui met à mal les relations et menace même la survie de tous. Un échappatoire est-il donc encore possible face au désastre annoncé ?  

Mon avis :

Avec La REP, Étienne Cunge signe un roman de science-fiction mêlant dystopie et utopie. En effet, il a choisi d'inscrire son intrigue dans un monde en reconstruction après l'effondrement des sociétés et une réduction drastique des populations. 

Dans son roman, il confronte deux modèles de société qui ont tout de même réussi à établir des relations basées sur du troc. Pour autant on en sait pas beaucoup plus sur les origines de ce fonctionnement, tout du moins au départ du roman. 

La REP, ou nouvelle république s'est donc bâtie sur les avancées technologiques. L'IA est omniprésente dans chaque individu et est même devenue un précieux allié dans la gestion du quotidien. Tout est rationné, un salaire universel a été instauré, et des espaces de cultures ont été régénérés. Mais pour que ce système soit viable, il doit se conformer à des règles et des lois strictes. Aussi, un contrôle de la natalité a été également mis en place. La liberté de vivre est finalement conditionnée ici à de nombreux devoirs. 

Quant aux peuples nomades, ils ont plutôt choisi de se confronter aux dangers des grands espaces. Ils ont appris à décrypter leur environnement et à lire le ciel pour orienter leurs déplacements. D'ailleurs, leur savoir ancestral se transmet oralement par le biais de chansons et d'haïkus. 

Entre ses lignes, Étienne Cunge met en exergue deux manières de vivre en y soulignant que chaque mode de vie a ses avantages et ses limites. Ainsi, de ce livre se dégage toute une réflexion autour de la meilleure approche pour aborder l'avenir. L'auteur y exploite des idées intéressantes mais qui se heurtent finalement aux travers de l'humanité. Cette soif de conquête semble ancrer dans l'ADN de certains de nos semblables. Ici, elle sert aussi à alimenter l'intrigue puisqu'elle est l'élément perturbateur pour faire basculer l'équilibre.