Après L'Impératrice du Sel et de la Fortune et Quand la tigresse descendit de la montagne, Nghi Vo conclut son triptyque d'histoires avec Entre les méandres.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse.
Résumé :
De retour sur les routes, l'adelphe Chih et Presque-Brillante se sont arrêtées dans une taverne pour y prendre un thé, au moment où un client malotru a décidé de s'en prendre physiquement à la serveuse. Mais alors que l'adelphe pensait intervenir pour calmer la situation, elle est interrompue par une femme qui, en un tour de main, met ce dernier hors d'état de nuire. Or, Presque-Brillante a reconnu le style du Singe du Sud dans sa technique de combat. Au vu de la rareté des adeptes de cette école d'arts martiaux, Chih a envie d'en apprendre plus et propose d'accompagner cette combattante et sa sœur sur un bout de chemin. Accepteront-elles ?
Mon avis :
Dans sa série Les archives des Collines-Chantantes, Nghi Vo compile des histoires qu'elle nous narre sous la forme de contes. Racontés de manière éparse, il nous faut toujours démêler ce qui touche directement les personnages présents de ce qui relève de figures légendaires.
Chacune des sorties de l'archiviste est donc l'occasion de collecter ces récits de vie afin de les consigner et ainsi en garder une trace. Aussi, le duo formé par l'adelphe et la huppe incarne ici la mémoire à transmettre aux générations suivantes. D'ailleurs, cette thématique est le fil directeur de ces trois novellas car derrière les hauts faits qui nous sont contés se dessine le destin agité d'un empire.
Bien loin des canons classiques de la fantasy où l'intrigue s'inscrit dans une lutte entre le Bien et le Mal avec des personnages qui prennent part pleinement à celle-ci, ici Nghi Vo nous propose plutôt une balade louvoyant entre présent et passé. En effet, ses deux principaux interviennent davantage comme observatrices plutôt qu'en tant que véritables actrices des événements. Submergées par l'afflux d'informations, elles sont davantage concentrées sur la manière de les retranscrire. Ainsi, Nghi Vo articule sa dernière novella autour du questionnement sur les choix faits par le passeur d'histoires car obligatoirement des détails seront occultés pendant que d'autres seront ajoutés. L'autrice rappelle que ces annales sont donc le fruit d'une perception subjective d'un tiers et qu'elles ne reflètent à ce titre que la vérité du témoin.


