L'influence du "gaming" à la littérature

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13/03/2026

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, éditions ActuSF

Alexandre Decrauze, Les Mille Verbes, collection Ithaque, 
éditions ActuSF 

Jeune auteur de bande dessinée, Alexandre Decrauze vient de signer sa toute première œuvre chez Les Nouvelles éditions ActuSF. Celle-ci s'intitule Les Mille Verbes et rejoint Fahrenheit 451 de Victor Santos au sein de la collection Ithaque

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Mécréant, Claude Horville a des rêves de grandeur. En effet, il se voit riche avec un titre de noblesse. Et pour atteindre ses objectifs, il est prêt à tout, y compris voler et assassiner si cela s'avère nécessaire. Mais sa vie bascule le jour où il se retrouve maudit. Dès lors, il n'a pas d'autre choix que de se lancer dans une course contre la montre pour retrouver la bohémienne, à l'origine du sort le condamnant à mort lorsque son millième mot sera prononcé. Mais arrivera-t-il à la retrouver à temps ?

Mon avis :

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze nous propulse au 18e siècle, période trouble marquée par la Révolution française. Le contexte est donc propice à la violence dont use et abuse, d'ailleurs, le personnage principal de cette bande dessinée. Le décor posé est sombre et sanglant. En outre, une certaine magie s'éveille entre ces pages et prend la forme d'une malédiction aussi originale qu'inéluctable pour le personnage maudit. En effet, Alexandre Decrauze a imaginé que celle-ci prenait la forme d'un nombre de mots limités à prononcer et lorsque le dernier serait atteint, cela signerait le glas pour le maudit. 

Voilà qui ne manque pas d'insolite -  vous en conviendrez - et pousse le protagoniste principal à rivaliser d'ingéniosité pour tenter de remédier à l'inéluctable. Tout va donc y passer, la violence et la menace pour retrouver la donzelle, ou la décision radicale de faire vœu de silence en rentrant dans les ordres. 

Seulement ne dit-on pas que la nature revient toujours au galop et que nul ne peut échapper son destin ? 

Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze signe une bande dessinée tournée vers l'action et le suspense. Aussi, Claude de Horville ne connaît aucun répit et nous entraîne à bride abattue à travers la France pour remonter la piste, plutôt froide au demeurant, de la fameuse bohémienne, responsable de tous ses tracas. Il en ressort un scénario très bien rythmé. Aucun temps mort entre ces planches car l'enjeu est grand, en tout cas pour le héros. 

A travers ce personnage de Claude de Horville, Alexandre Decrauze table d'ailleurs sur la figure de l'anti-héros. En effet, contrairement au schéma que l'on retrouve bien souvent en littérature, il ne s'agit pas ici de mettre en scène un méchant en quête de rédemption. Bien au contraire Claude de Horville demeure un mauvais garçon jusqu'au bout de l'aventure. Bien que responsable de sa situation, il ne cherche pas à se racheter mais juste à trouver le moyen de contourner la réalité pour tirer profit des situations et finalement réussir à se sortir de ce mauvais pas sans rien assumer de ses actes. 

Seulement est-ce que le destin lui laissera ce loisir ? 

Les Mille Verbes est une jolie bande dessinée qui nous offre une grande aventure piquée de bagarres, de rebondissements et de mystères. 

Construite à la manière d'une pièce de théâtre, l'histoire se déroule quatre actes avant que le rideau ne tombe. L'approche est originale et plutôt divertissante. Le graphisme est épuré. L'auteur joue beaucoup sur les ombres et les silhouettes. L'écrin est beau, notamment par ce choix d'une couverture très chatoyante qui capte le regard et suscite l'intérêt immédiatement. 

C'est encore une fois une très jolie bande dessinée qui rejoint cette collection Ithaque. Notons qu'il s'agit d'un grand format de 220 pages permettant à l'intrigue de s'épanouir. 

Les Mille Verbes reste un hymne à la littérature et aux belles lettres. L'auteur nous y propose un savant mélange entre subtilités graphiques et jeux de mots. Le talent est bien au rendez-vous même si je ne suis pas plus sensible que cela aux dessins. 

Par le truchement de son personnage principal, Alexandre Decrauze évoque le poids des erreurs et du passé. A travers cette malédiction qui pèse sur lui, c'est la mise en exergue de toute une philosophie autour du destin et des choix de vie dont il faut assumer toutes les conséquences même les plus néfastes et les plus inattendues. 

Pour conclure :

Avec Les Mille Verbes, la collection Ithaque s'enrichit d'un nouveau titre aussi insolite que récréatif. 

L'auteur y maintient une tension narrative tout au long de ses planches qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière bulle grâce à un personnage hauts en couleurs que l'on n'est finalement pas prêt d'oublier. 

Fantasy à la Carte

Informations

Alexandre Decrauze
Les Mille Verbes
9782376867180
232 pages
Collection Ithaque
Editions ActuSF

Lien vers le site

09/03/2026

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link, The Book of Love, éditions Albin Michel Imaginaire

Kelly Link est une nouvelliste de fantasy, de science-fiction et d'horreur qui a déjà une belle renommée. 

En effet, certains de ses textes ont remporté de nombreuses distinctions, parmi les plus prestigieuses comme les prix Hugo et Locus, pour ne citer qu'eux, qui ont notamment récompensé, "Le Sac à mains féérique". 

The Book of Love est son premier roman. Il vient de paraître en français aux éditions Albin Michel Imaginaire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Laura, Daniel, Mo et un certain Bowie viennent de revenir à la vie. Aucun d'eux ne sait comment il est mort et surtout pourquoi il a été ressuscité et par qui? En revanche, ils connaissent la prophétie qui annonce que "quatre sont revenus d'entre les morts. Deux resteront. Deux retrouveront le néant." Celle-ci est donc - on ne peut plus - explicite. Maintenant la question est de savoir qui restera et qui disparaîtra ? 

Mon avis :

The Book of Love est un récit contemporain piqué d'éléments fantaisistes et magiques. 

Outre le fait que des disparus reviennent mystérieusement à la vie, l'ombre d'une déesse déchue plane sur cet univers et ses étonnants personnages. Diminuée et incomplète, elle cherche à retrouver sa puissance. Or, pour être à nouveau elle-même et remettre la main sur la partie d'elle manquante, elle a lancé le défi à ces jeunes revenants de le lui retrouver en échange d'un avenir. 

Pour nourrir son univers, Kelly Link a emprunté des éléments à de nombreuses mythologies. Parmi lesquelles on peut citer la mythologie grecque à travers sa réappropriation des Enfers, non plus gardés ici par Hadès et son célèbre chien à trois têtes mais plutôt par un étrange personnage maudit rêvant de céder sa place à d'autres. 

L'Asie a également influencé ce texte puisque l'on retrouve un peu de la légende de la lune et du soleil qui s'aiment sans jamais réussir à se retrouver. En effet, dans ce roman, il est aussi question d'un amour impossible condamnant deux êtres à ne pouvoir se voir et se parler.

Il en ressort un univers riche et déjanté car cette histoire est pour le moins loufoque. 

La magie imprègne chaque page de ce roman. Elle constitue parfois l'essence même de certains protagonistes. Faux-semblants et illusions trompent d'ailleurs le lecteur autant que les héros de cette histoire. 

La magie est partout, elle transparait même dans les notes de musique égrenées par les personnages donnant à ce récit une dimension poétique. D'ailleurs ce récit est très musical, piqué de paroles de chansons et de nombreuses références musicales lui donnant ainsi une ambiance singulière cherchant à envoûter les lecteurs.

Comme le titre l'indique, The Book of Love parle beaucoup d'amour quelque soit la forme qu'il prend. Amour filial, amical ou charnel, ce puissant sentiment transcende l'humanité depuis la nuit des temps. Il est autant question ici de sexe que de la construction d'une relation. Dans ce roman, jouissance et frustration se télescopent dans un maelström de sentiments. 

En miroir avec toute cette thématique sentimentale, Kelly Link aborde des sujets empreints d'une plus grande gravité comme le deuil, le sentiment de perte, l'acceptation ou encore la reconstruction de soi. 

L'intrigue de ce roman est à l'image de l'univers, c'est-à-dire très riche. Cela part dans tous les sens nous plongeant parfois dans des situations ubuesques pour maintenir un effet de surprise quasi permanent. 

The Book of Love est un roman choral qui conte la destinée de nombreux personnages tantôt déjantés, tantôt touchants. Derrière certaines histoires se cachent des souffrances et des failles qui peuvent faire écho en nous. 

Aussi des personnalités sont plus attachantes que d'autres. Kelly Link explore toutes les facettes de l'humanité à travers sa communauté très hétéroclite de personnages. On retrouve un peu toutes les figures. Il y a celle de la femme forte, à l'image de Laura qui s'impose face à cette déesse déchue et compte bien lui tenir tête quoi qui lui en coûte. Daniel se révèle être un garçon sensible très attaché aux siens, faisant passer le bonheur de sa famille avant le sien. Il s'avère gauche quant à dévoiler ses sentiments mais demeure un roc sur qui on peut toujours compter. Quant à Mo, il est clairement une âme à vif. De retour à la vie, il se découvre orphelin. Son profond attachement à sa grand-mère et sa volonté de la retrouver font de ce garçon, un être à part qu'on ne peut qu'aimer. 

A travers tous ses personnages, Kelly Link fait preuve d'un vrai souci de représentation car la diversité est bien représentée dans ce roman. 

Pour conclure :

The Book of Love est finalement un récit singulier, un conte moderne qui nous fait emprunter des chemins insolites pour nous délivrer une analyse fine de l'âme humaine. 

Fantasy à la Carte

A lire sur la blogosphère l'avis des Blablas de Tachan

Informations 

Kelly Link
The Book of Love
9791035422844
734 pages
Éditions Albin Michel Imaginaire

Lien vers le site

27/02/2026

Christian Clément, Dark Gravity, éditions Pocket Imaginaire

Christian Clément, Dark Gravity,
 éditions Pocket Imaginaire 

Christian Clément est un auteur français de science-fiction. Dark Gravity est son premier roman. D'abord publié en grand format chez Michel Lafon en 2023, il vient d'être réédité en poche chez Pocket Imaginaire

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Suite à un terrible cataclysme, la terre voit sa gravité s'inverser. Alors que l'heure est à la survie, Hélène, une jeune alpiniste française, escalade les immeubles dans l'espoir de retrouver son fils. Chemin faisant, elle va croiser la route de certaines personnes dont l'arrogant scientifique Mattis Magnusson qui a justement besoin de ses compétences pour l'aider à regagner son laboratoire et tenter d'inverser la situation. Enfin si cela est encore possible? 

Mon avis :

Dark Gravity est un roman postapocalyptique qui nous propulse à New-York après un terrible cataclysme. Si les auteurs de science-fiction nous ont surtout habitué à des récits de fin du monde suite à des bouleversements climatiques ou à des virus mortels, Christian Clément, lui, a fait un autre choix. 

En effet, passionné par les sciences et notamment la physique, il a plutôt imaginé des recherches sur la compréhension et la maîtrise de la gravité qui auraient échappé à tout contrôle conduisant à un terrible désastre. 

Aussi, la Terre est sans dessus dessous car tout ce qui était à la surface se retrouve la tête en bas. Or, sous la pression de la gravité, les constructions finissent par se décrocher, toutes les canalisations sautent les unes après les autres noyant peu à peu les espaces, les fils électriques sont arrachés plongeant l'humanité dans le noir. Les morts se comptent sans doutent par milliards et ne cessent de croître avec le temps car aucun refuge n'est sûr. Tout peut vite s'avérer être un piège. Même l'espace n'est pas un endroit enviable car l'inversion de la gravité se révèle un danger mortel pour les vaisseaux en orbite autour de la terre qui sont repoussés toujours toujours plus loin de l'attraction terrestre. 

Le décor est posé et il est cauchemardesque. L'univers s'appuie sur un progrès scientifique réaliste et inquiétant tout en nous livrant à un chaos inévitable lorsque les repères disparaissent. 

Les codes du postapocalyptique sont donc bien au rendez-vous entre une humanité en partie décimée, des rescapés réduits à leurs plus bas instincts, ou encore un paysage de ruines et de désolation. 

Dark Gravity aborde des aspects scientifiques mais aussi psychologiques car ce livre questionne autant l'avancée des sciences que l'humanité dans ses comportements face à l'inimaginable. 

Dans ce genre de roman, la survie est au cœur des enjeux. Mais on parle également de lutte contre toute forme de dangers, de résilience et de reconstruction pour continuer à vivre en dépit du monde qui a changé. 

En faisant le choix d'un monde bouleversé à cause d'agissements humains, Christian Clément rappelle les dangers que les avancée scientifiques et technologiques peuvent exercer et le rôle de protecteur que les savants et les sachants de ce monde doivent toujours endosser. 

Il est important de toujours garder en tête que de grands pouvoirs génèrent de grandes responsabilités. 

Or, par le truchement de certains de ses personnages, l'auteur pointe du doigt les méfaits de l'hybris avec cet effet pervers lorsque la créature dépasse le maître. Ici la poignée d'humains responsables de ce cataclysme se retrouvent démunis lorsque leur découverte leur échappe. Si certains en tirent une leçon, ce n'est pas le cas chez tous car la démesure grise tellement les esprits qu'elle empêche toute réflexion pondérée et fait même fi de l'instinct de survie. 

Dark Gravity est un roman choral qui multiplie les points de vue pour donner de la hauteur à ce récit catastrophe. L'intérêt d'un tel choix est de dynamiser la lecture d'autant qu'ici on change souvent de plans passant de la Terre à l'espace. Cela rend donc le récit plus intéressant. 

Pour autant, je trouve qu'il y a beaucoup trop de personnages. Il n'a donc pas été aisé de rentrer dedans et d'éprouver des émotions vis-à-vis de cette communauté s'avérant très hétéroclite. Même si bien évidemment, certains sortent du lot, qu'on les aime ou les déteste d'ailleurs. 

Pour ma part, j'ai eu un petit faible pour Hélène et Jack qui ont réussi à apporter une note de douceur au milieu du chaos. Hélène incarne une femme de courage. Alpiniste professionnelle, elle dispose d'une force de caractère qui lui est utile pour affronter cette situation dramatique. Quant à Jack, il renvoie l'image de la sérénité malgré les dangers et l'adversité. Souffrant d'une maladie handicapante, il fait montre d'un mental solide pour affronter ce qui l'attend. En outre, il demeure un personnage très intéressant car il permet d'aborder la thématique importante de l'handicap et de sa réception dans la mentalité des gens. 

Pour conclure :

Dark Gravity est un roman dense où l'intrigue se déroule lentement. Christian Clément a pris son temps pour poser le décor et dévoiler l'ensemble des enjeux de son roman. L'action survient par intermittence pour créer la surprise et donner du rythme. En outre, l'originalité réside dans les causes de la catastrophe. Les amateurs du genre y trouveront sans doute leur compte dans le sens qu'il y a du spectaculaire et une certaine tension. A bon entendeur ! 

Fantasy à la Carte

Informations

Christian Clément
Dark Gravity
9782266356565
582 pages
Editions Pocket Imaginaire

Lien vers le site

17/02/2026

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos

Renée Zachariou, Mœdium, éditions Mnémos 

Après s'être essayée à la nouvelle, notamment dans Memoria, l'anthologie fêtant les 30 ans des éditions Mnémos, Renée Zachariou rejoint les pépites de l'imaginaire avec un format légèrement plus long. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Moira n'a jamais cru aux pouvoirs divinatoires de sa mère. Alors lorsque celle-ci décède, elle ne pense qu'à trier ses affaires et à fermer son agence de médium afin d'oublier son passé. Sauf que la découverte d'un étrange objet sur le bureau de sa mère va modifier ses plans et l'entraîner dans une aventure marquée par la survenue de visions dérangeantes et par des rencontres divines dont elle se serait bien passée. Et si sa mère avait réellement eu des pouvoirs ? 

Mon avis :

Mœdium est un roman contemporain piqué de notes d'imaginaire. En effet, un soupçon de magie vient télescoper ce présent accablé par le décès d'un proche. Elle prend bien des formes. Tout d'abord, celle d'un étonnant artefact ressemblant à un œuf et semblant dispenser d'incontrôlables visions. Don ou malédiction, la question se pose pour Moira qui se retrouve vite dépassée par la situation. Son existence est, d'ailleurs, intimement liée à la présence d'un duo d'êtres divins prénommés Trophonios et Agamida. Ils sont l'incarnation des deux fameux frères architectes de la mythologie grecque. Tantôt fils du roi de Béotie, Erginos ou celui d'Apollon, Trophonios a marqué les mémoires pour les nombreux temples qu'il aurait édifiés dont celui situé à Delphes en l'honneur d'Apollon. La légende lui a attribué un frère Agamède, architecte comme lui que Renée Zachariou a féminisé en Agamida. 

Ils nous apparaissent comme des divinités à part entière plutôt que comme des personnages légendaires qui cherchent simplement à continuer à exister. En effet, c'est la croyance en leur existence qui renforce le mythe et donne vie à leurs corps. 

Avec Mœdium, Renée Zachariou signe un univers moderne infusée d'une mythologie grecque revisitée. Ainsi, elle a déposé un vernis d'étrangeté sur le quotidien très lisse et routinier de son personnage principal. Moira se retrouve contrainte à devoir prendre la relève de sa mère afin de continuer à entretenir la mémoire autour de ces deux dieux par l'intermédiaire d'un œuf magique. 

Justement la mémoire demeure le fil directeur de ce court récit. L'autrice y met en exergue l'importance des souvenirs et du passé qui sont nécessaires pour avancer. Aussi, le temps d'un décès est souvent l'occasion de revenir en arrière, d'une mise au point pour laisser place à une introspection sur soi, sur ses choix et sur l'avenir que l'on se souhaite. 

La question de la famille est bien entendu au cœur des enjeux de ce texte à travers l'exploration du lien mère-fille que l'autrice fait. La famille y est donc abordée dans toute sa complexité entre amour et détestation, ou compréhension et incompréhension. 

Par des situations décalées et des personnages insolites, Renée Zachariou signe une fantasy urbaine singulière, tantôt drôle, tantôt poignante. 

Ce récit ne manque donc pas d'émotions. Le deuil étant un sujet faisant partie de la vie mais que peu n'arrive à accepter. Clairement, ce livre n'aura donc aucun mal à trouver un écho en chacun de nous. 

En outre, la mythologie présente entre ces pages est également l'occasion pour l'autrice d'introduire la thématique de la religion, encore très présente dans nos sociétés actuelles. Elle nous y rappelle que celle-ci n'a d'existence que par l'intermédiaire des croyances en telles ou telles figures divines et met en lumière toute sa fragilité. 

Mœdium est un court récit qui nous attache aux pas d'une jeune femme prénommée Moira. Bien ancrée dans son époque, elle a peine à croire en l'indicible. Trop terre à terre pour croire en la magie, sa rencontre avec deux êtres étranges va bouleverser toutes ses certitudes renversant ses repères. Moira incarne la figure de Madame tout le monde. Aucune âme d'héroïne ne sommeille en elle. Pourtant elle va devoir affronter un inconnu déstabilisant et à peine croyable. Renée Zachariou va l'entraîner dans une succession de situations allant du plus burlesque au plus dramatique. N'hésitant pas à la malmener dans le but de faire passer ses lecteurs par tout un panel d'émotions variées. Au regard de l'évolution de ce personnage, le défi est clairement relevé.

Lorsque l'on referme ce livre, on est finalement chamboulé comme son protagoniste principal car les sentiments mis à jour ici sont autant dérangeants que nécessaires. 

Pour conclure :

Avec Mœdium, Renée Zachariou se fait l'autrice d'un texte de fantasy à la saveur insolite. Finalement, cette plume atypique incarne cette nouvelle garde d'auteurs et d'autrices qui viennent admirablement bien renouveler le genre. Voilà une pépite de l'imaginaire qui va laisser une empreinte toute particulière sur les littératures de l'imaginaire. Rendez-vous en librairie le 18 février 2026. 

Fantasy à la Carte

Informations

Renée Zachariou
Mœdium
9782382672402
208 pages
Editions Mnémos

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10/02/2026

Alexandre Desoutter, Thorvald au fil d'or, éditions Argyll

Alexandre Desoutter, Thorvald au fil d'or
éditions Argyll 

Alexandre Desoutter est une nouvelle voix de l'imaginaire français. Son premier roman, Thorvald au fil d'or a rejoint le 23 janvier dernier l'excellent catalogue des éditions Argyll

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Destiné à reprendre la ferme familiale située au cœur des îles Lofoten, la vie de Thorvald va prendre un court inattendu. En effet, en repêchant le corps d'Aeryn, Thorvald n'imaginait pas mécontenter le puissant jarl de Norvège, Olaf, au point de se retrouver banni de sa terre natale. Contraint d'emprunter les routes de l'exil qui vont le conduire, entre autres, jusqu'aux rivages du mythique Vinland, il va découvrir ce que lui réserve sa destinée. 

Mon avis :

Thorvald au fil d'or nous plonge avec beaucoup d'élégance dans une fresque historique prenant cadre en Scandinavie autour de l'an mil. Alexandre Desoutter nous attache ici aux pas d'un homme condamné à l'exil. On suit donc les pérégrinations de Thorvald au cœur d'un monde en pleine mutation. 

Thorvald au fil d'or est donc le récit d'une exploration de terres sauvages, à la rencontre de peuples épris de liberté. Le contexte historique est à l'expansion de l'ère viking à travers la conquête de nouvelles terres, à l'image du Groenland ainsi qu'à l'union des clans sous l'égide de meneurs d'hommes charismatiques. 

Nourri par le folklore nordique, l'univers imaginé par Alexandre Desoutter se colore d'une pointe d'imaginaire. En effet, une forme de magie imprègne ces pages, et prend la forme d'une prophétie présagée par une Völva. Détentrice de grands pouvoirs, ces prêtresse sont vénérées dans la culture viking et leurs paroles ont un poids sur la destinée des personnes. Pour donner de la profondeur à son univers, Alexandre Desoutter introduit d'ailleurs la figure du guerrier nordique d'élite appartenant au culte d'Odin. Mais il ne s'agira pas ici du célèbre berserkr mais plutôt du úlfheđnar affilié au loup et non à l'ours. Il faut dire que Thorvald au fil d'or est également un récit de guerre alors ce genre d'emprunt s'y prête bien, tout comme la figure de la valkyrie, que l'on retrouve également parmis les rangs de ces célèbres guerriers. 

Avec Thorvald au fil d'or, Alexandre Desoutter signe une épopée digne des plus grandes sagas islandaises nous contant l'incroyable destin d'un homme appelé à unir les peuples pour les libérer d'un tyran. La plume d'Alexandre Desoutter est sublime et porte un texte de grande qualité autant du point de vue de la forme que du fond. 

L'histoire est d'ailleurs très envoûtante nous plongeant dans une intrigue tissée de batailles et de complots.

Dans ce roman, on part donc d'une exploration de terres inconnues, telles le Groenland ou le Vinland, correspondant au territoire autour du golfe de Saint-Laurent pour déboucher sur un récit de guerre et de reconquête de liberté. 

Aussi, dans son roman Alexandre Desoutter brasse beaucoup de thématiques tournant autour de la lutte contre un pouvoir dominateur et corrupteur, ou encore de solidarité et de communion autour d'une cause juste et d'intérêt général. 

Les émotions qui se pressent entre ses pages sont fortes. Elles illustrent la solide amitié qui lie les personnages entre eux, ainsi que le profond attachement ressenti vis à vis de la famille et des racines. 

En confrontant son personnage principal à l'exil, l'auteur se réapproprie la quête d'identité propre au roman d'apprentissage. Ainsi, pour mieux comprendre qui il est, Thorvald doit prendre le large avant de revenir à ses origines mieux armé afin d'affronter son passé et de s'en affranchir. L'histoire est belle et touchante. Elle met en lumière cette civilisation viking qui s'est forgée son identité dans le combat et la conquête. 

Thorvald au fil d'or est un récit historique très réussi mêlant puissance et mystère à la juste dose. 

Thorvald est un protagoniste charismatique. Bien que destiné à devenir simple fermier, il va voir sa vie se retrouver mêlée à l'avenir de toute une nation. Au fur et à mesure de l'aventure, on le découvre meneur d'hommes. Bon orateur, sa parole est d'or et pousse les autres hommes à se soulever contre l'injustice. Sa trajectoire de vie est passionnante et en le suivant, on goûte à l'essence même de ce qu'est un héros. Il a ce don de faire naître les plus nobles sentiments chez son prochain pour en tirer le meilleur. Il est donc pour beaucoup un modèle à suivre, pour peu que la jalousie n'assombrisse pas les cœurs les plus sombres. Thorvald appartient à cette caste de personnages que l'on n'oublie pas même après avoir achevé son histoire. 

Pour conclure :

Thorvald au fil d'or est un récit très immersif autant du point de vue de la qualité de l'intrigue que de son contexte historique décrit. En écrivant un tel premier récit, Alexandre Desoutter fait déjà montre d'un grand talent. Un nom à suivre !

Fantasy à la Carte

Informations

Alexandre Desoutter
Thorvald au fil d'or
9782488126298
480 pages
Editions Argyll

Lien vers le site

28/01/2026

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, Les Chemins de Ji, éditions Mnémos

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, 
Les Chemins de Ji
éditions Mnémos 

Les Racines du Wul est le 3e et dernier volet qui vient conclure de manière magistrale la nouvelle incursion dans le monde de Ji de Pierre Grimbert. 

En librairie depuis le 21 janvier, je n'ai pas souhaité faire durer le suspense plus longtemps et me suis donc attelée rapidement à la lecture de ce roman. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après bien des péripéties les conduisant d'un monde à l'autre, Liéronim et ses compagnons d'infortune sont bien décidés à ramener leur jeune protégé Danel auprès des siens. Seulement les fanatiques du Wul Melinem n'ont pas dit leur dernier mot et semblent bien décidés à remettre la main sur celui qu'ils appellent depuis le début le faisceau dans le seul but d'accroître leurs propres pouvoirs. Seulement en les entraînant sans le vouloir dans des mondes aussi dangereux, la compagnie pourrait bien leur donner les moyens de tous les dominer. 

Mon avis :

Dans Les Racines du Wul, Pierre Grimbert continue de nous balader dans les univers parallèles toujours plus dangereux les uns que les autres de son célèbre Ji. Alors que ses protagonistes ont l'espoir de retrouver la terre natale de Danel décrite comme un havre de paix, ils vont débarquer dans un lieu bien différent des souvenirs du jeune garçon. En effet, le monde qui prend vie sous la plume de Pierre Grimbert est sombre et peuplé d'horribles créatures. Le danger est partout, menaçant en permanence la compagnie sans leur laisser le moindre répit. Le merveilleux a laissé la place à l'horrifique et à la monstruosité

Il est vrai qu'une magie est à l'œuvre dans chacun de ses mondes, un pouvoir subsiste dans le moindre cailloux comme l'a très vite compris les membres du Wul. Mais celle-ci est dangereuse façonnant un monde âpre et implacable. Le cadre est posé dévoilant les secrets de la mystérieuse île de Ji. Elle est la porte d'entrée d'un monde infini s'ouvrant sur de nombreuses réalités parallèles. 

Au vu des envies que ces découvertes suscitent, on comprend vite la nécessité de l'existence de gardiens. Ils sont les derniers remparts face à la folie qu'un trop plein de pouvoir peut engendrer même chez les âmes les plus nobles. C'est d'ailleurs le fil directeur de cette nouvelle série. Pierre Grimbert questionne beaucoup la notion de pouvoir et en particulier ses conséquences tout au long de sa trilogie. Il aborde d'ailleurs la notion de colonisation, à travers cette volonté implacable qu'ont les membres du Wul à vouloir s'emparer d'un maximum d'artefacts pour conquérir et dominer davantage de territoires. 

L'auteur parle également de l'exploitation des créatures qui sont enlevées à leur environnement dans le but de nourrir un pouvoir. 

La question d'esclavage est donc abordée et l'auteur y met en exergue la violence dont use certains au nom de la conquête. 

En outre, à travers ses personnages, Pierre Grimbert balaie de nombreuses thématiques tournant autour du sacrifice, du partage, de l'entraide et du dépassement de soi. Au fil des épreuves, tous vont mûrir, changer et voir la vie sous un nouvel angle. Cette série dégage quelque chose du roman d'apprentissage même si la majorité des protagonistes sont adultes.

Pari tenu pour Pierre Grimbert qui signe avec Les Chemins de Ji une nouvelle épopée pleine de magie et de nouvelles révélations sur cet univers qu'il se plaît à enrichir depuis toutes ces années. 

Pour conclure :

Amateurs de fantasy épique, cette trilogie est pour vous. Vous y retrouverez de l'explosion de magie, des affrontements et une quête. Quoi demander de plus, je vous le demande !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur La Branche Romine et La Souche Perdue

Informations

Pierre Grimbert
Les Racines du Wul
T.3
Les Chemins de Ji
9782382672372
304 pages
Editions Mnémos

Lien vers le site

19/12/2025

François Baranger, Sorcier de Sang. T.4, Ars Obscura, collection Lunes d'encre, éditions Denoël

François Baranger, Sorcier de Sang, T.4, 
Ars Obscura,
 collection Lunes d'encre, 
éditions Denoël 

Sorcier de Sang est le 4e et dernier opus de la saga, Ars Obscura de François Baranger. 

Comme tous les amateurs de cette série d'uchronie de fantasy, j'avais hâte de m'atteler à cette lecture.

Il faut dire qu'au fil des tomes, je me suis attachée à la plume de cet auteur et à son imaginaire incroyable.

François Baranger a plus d'une corde à son arc et est très talentueux autant avec sa plume que ses pinceaux. Et ce n'est pas ce 4e tome qui démantira mes propos au regard de la qualité du récit. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Denoël, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Vaincu, Élégast est en fuite et Napoléon est défait. Irénion Brégante a pris la tête des armées et a rétabli le Consulat pour éviter que le chaos s'installe en Europe. Seulement le temps n'est pas à la paix car la puissance du sorcier Vakt est telle qu'il marche sur la France et l'Europe, à la tête de l'armée russe peuplée de monstruosités et de nombreux fanatiques. Très affaiblis par les premiers combats, nul ne pense échapper à son funeste destin. Mais tous choisissent de se battre jusqu'à leur dernier souffle dans l'espoir d'un lendemain meilleur. 

Mon avis :

Sorcier de Sang vient conclure de manière magistrale la saga mêlant uchronie et fantasy de François Baranger. 

Dans ce tome 4, l'auteur a d'ailleurs laissé libre cours à son imagination pour donner une autre conclusion à l'épisode des guerres napoléoniennes. 

En effet, dans Sorcier de Sang, Napoléon est hors jeu depuis que son sorcier personnel Elegast a été vaincu par Ludwig. Pour autant, la menace à l'Est perdure. On ne parle plus de coalition entre les Prussiens et les Anglais contre les Français menés par Napoléon Ier, mais plutôt des troupes russes conduites par le redoutable Vakt contre les armées françaises commandées par le Consul, Irénion Brégante. 

Sous la plume de François Baranger, la monarchie n'est donc pas rétablie après la chute de Napoléon. L'auteur priviligie ici une gouvernance moins absolue et plus représentative. 

Toutefois, l'essentiel du roman se concentre sur cet affrontement titanesque entre Vakt et les héros de François Baranger. On plonge donc dans cette ultime bataille qu'il nous prépare depuis le premier tome. Le récit est particulièrement épique. 

L'art Obscur est à l'œuvre et explose de partout. Les scènes sont très visuelles, et particulièrement spectaculaires. Le combat prend aux tripes car on sait que l'issue en sera automatiquement fatale pour certains. La question reste d'ailleurs de savoir pour qui. 

Dans ce 4e opus, on explore plus en profondeur cette magie venue du fond des âges rendue surpuissante grâce à l'usage de cristaux appelés ukronites. Clin d'œil à la kryptonite, peut-être car comme elle, son utilisation confère des pouvoirs extraordinaires aux simples humains devenant ainsi de puissants sorciers pour peu qu'ils maîtrisent le langage. 

12/12/2025

Arula Ratnakar, Submergée, collection RéciFs, éditions Argyll

Arula Ratnakar, Submergée, collection RéciFs, éditions Argyll 

Arula Ratnakar est une scientifique qui s'intéresse actuellement au développement neurologique embryonnaire. 

Elle est également l'autrice de nouvelles de science-fiction dont le premier texte, Submergée, vient d'être publié en France par les éditions Argyll. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après la mort brutale de sa consœur, Nythia, une brillante chercheuse, a décidé d'investiguer pour comprendre ce qui lui est arrivé. A l'aide d'une technologie avancée lui permettant de plonger dans les souvenirs de la défunte, la jeune femme remonte le temps et découvre petit à petit les incroyables découvertes à propos d'un remède révolutionnaire capable de sauver l'humanité des épidémies qui la menacent. Pour autant cette avancée pourrait bien avoir ses limites et dissimuler de nouvelles préoccupations peut-être moins acceptables que prévues ? 

Mon avis :

Avec Submergée, Arula Ratnakar nous plonge dans un récit de science-fiction teintée de notes postapocalyptiques. En effet, dans ce récit, l'humanité est décimée par des épidémies de plus en plus mortelles. Or, pour y faire face, des groupes de chercheurs travaillent à la recherche de remèdes. C'est le cas de Noor qui a orienté ses travaux d'étude sur les fonds marins pensant y trouver la solution.

Sans surprise Submergée est un récit très scientifique. L'autrice puise dans son expertise du cerveau pour nourrir son texte de progrès, notamment dans la compréhension des fonctions neuronales. Ainsi, la technologie imaginée entre ces lignes permet de pénétrer dans le cerveau de l'autre pour revivre ses souvenirs. 

Du point de vue des sciences et de la fiction c'est intéressant. Mais ça sert également l'intrigue car Arula Ratnakar a introduit une mort suspecte nécessitant une investigation. Or, quoi de mieux pour résoudre un mystère impliquant peut-être un crime que de pouvoir s'immerger dans les souvenirs du défunt ? 

Ainsi, l'autrice associe des notions de biologie marine à de la technologie avancée mais Arula Ratnakar a également ajouté des éléments propres aux investigations policières. 

En effet, Submergée est également une enquête empreinte de mystères et de danger. 

Les enjeux sont énormes et la vie n'a que peu de prix face à l'économie, au monde de la finance et aux groupes pharmaceutiques. 

Bien que court, le récit d'Arula Ratnakar est d'une grande richesse. Il faut dire qu'elle soulève des problématiques intéressantes. Il y est déjà question d'enjeux climatiques car elle y met en exergue les conséquences désastreuses sur la santé. Et elle nous parle aussi d'économie et de modèles de société à travers l'emprise de puissantes sociétés sur la vie des humains notamment sur les soins auxquels ils peuvent prétendre.

Elle aborde la question éthique des actions acceptables ou inacceptables pour assurer la survie de l'espèce humaine. L'autrice met en balance des valeurs morales face à la survie de l'humain. 

Or, pour illustrer son propos, elle a choisi de placer ses protagonistes face à des choix difficiles, à appréhender des vérités intolérables et à lutter contre un système impitoyable. 

05/12/2025

Jérôme Leroy, Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne, éditions Pocket Imaginaire

Jérôme Leroy, Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne, éditions Pocket Imaginaire 

Auteur et poète français, Jérôme Leroy a pas mal écrit pour la jeunesse, en plus de ses romans noirs. 

Il a reçu de nombreux prix pour ses écrits comme le prix de l'Académie française en 2011 ou le prix des lecteurs Quais du polar en 2017. 

En octobre dernier, les éditions Pocket Imaginaire ont décidé d'intégrer sa plume à leur collection "Les étoiles montantes de l'imaginaire". C'est ainsi que son roman, Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne s'est vu être réédité en octobre dernier. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Pocket Imaginaire, je remercie Emmanuelle Vonthron pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après la décennie terrible des années 2033 à 2043, le monde s'est replié sur lui-même. L'Europe forme la nouvelle Fédération européenne et a opté pour une gouvernance autour de la sobriété écologique et la non-violence. Pourtant lorsque le moment est venu pour la population de voter par référendum le rétablissement de la peine de mort, et que celui-ci est adopté, la surprise est totale. A Rouen, Adam Veen âgé de 17 ans est une Pionnière. Élevée dans les préceptes de ce système, elle n'y voit aucun mal jusqu'à ce qu'elle soit à son tour choisie pour donner la mort à un condamné et qu'elle s'y refuse. Choisira-t-elle la rupture ou au contraire suivra-t-elle les préceptes de cette société qu'elle vénère depuis sa naissance ? 

Mon avis :

Histoire de la fille qui ne voulait tuer personne est un récit postapocalyptique qui nous plonge dans un futur proche marqué par une forte dépopulation et une réorganisation mondiale radicale. 

Les bouleversements climatiques et les virus incontrôlables ont contraint les sociétés à s'adapter et à se réinventer. C'est le cas de la France qui, entre ses lignes, voit sa capitale se retrouver à Rouen après la disparition de Paris. Aussi, dans ce livre, la nature a bien souvent repris ses droits. Tempêtes, inondations, incendies n'ont pas complètement éradiqué les lieux, même si les paysages ont bien changé. 

De catastrophes en catastrophes, des politiques se sont mises en place, à l'image du mendozisme prônant la sobriété énergétique et alimentaire interdisant ainsi la consommation de viande et une égalité entre tous grâce à l'instauration du revenu unique. Pourtant ce modèle a vite présenté ses limites. Déjà parce que la population française a voté le rétablissement de la peine de mort, contredisant ainsi ses valeurs de non-violence. Ensuite, l'égalité pour tous semble plutôt utopique au regard de la différenciation faite entre la population du dedans et du dehors. En effet, beaucoup vivent en dehors des espaces délimités par les pouvoirs publics car il semblerait qu'il n'y ait pas de la place pour tout le monde. Contrairement à la propagande ambiante, l'égalité demeure donc un leurre et l'exclusion persiste. 

Dans son roman, Jérôme Leroy a confronté toutes les idées actuelles qui nourrissent le discours politique autour de l'instauration d'un autre modèle de société en les poussant à l'extrême et démontrer ainsi l'impossibilité de certains désirs. 

L'auteur a fait des choix intéressants qui mettent en exergue les contradictions d'un système qui se veut plus respectueux de la vie mais qui, pourtant, par crainte de certains comportements fait marche arrière et rétablit le droit d'ôter la vie. 

28/11/2025

Mu Ming, Colorer le monde suivi de Qui possède la lune, collection RéciFs, éditions Argyll

Mu Ming, Colorer le monde suivi de 
Qui possède la lune
collection RéciFs, éditions Argyll 

Mu Ming est une autrice de science-fiction et une programmeuse spécialisée en intelligence artificielle. Sa plume est célébrée par les distinctions littéraires les plus prestigieuses de la science-fiction chinoise, à l'image du prix Xingyun de la meilleures nouvelle autrice ou Galaxie de la meilleure nouvelle. 

Après avoir inauguré la collection RéciFs avec sa novella, "Le Bracelet de Jade", elle est de retour au catalogue des éditions Argyll en ce mois de novembre. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Un recueil, deux histoires fortes. 

Résumé :

La première nous conte le destin de la jeune Amy qui voit sa vie changée le jour où elle reçoit des implants rétiniens. Dans un monde où la vue corrigée est devenue la norme, elle compte sur cette intervention pour se défaire de son sentiment d'exclusion. Mais trouvera-t-elle ce qu'elle cherche au final?

Dans la deuxième histoire, on suit Xiaolin dans son parcours de vie au cœur d'une société en pleine mutation grâce à une technologie pas toujours bien acceptée. 

Mon avis :

Que ce soit pour "Colorer le monde" ou "Qui possède la lune", nous plongeons au cœur de deux récits de science-fiction teintés d'anticipation où la technologie a dessiné un nouveau modèle de société. 

Ainsi dans "Colorer le monde", Mu Ming parle d'humanité augmentée par le truchement d'implants rétiniens donnant aux détenteurs une nouvelle perception du monde. Devenu monnaie courante dans le monde imaginé par Mu Ming, choisir de ne pas en porter est synonyme d'exclusion car la différence est mal vue. C'est la raison pour laquelle Amy, bien que très jeune, souhaite de tout cœur que sa vue soit corrigée, même au déplaisir de sa mère qui préfère continuer à voir le monde à travers sa vieille monture ainsi que sa sensibilité d'artiste. C'est en tout cas la leçon qu'elle transmet à sa fille par l'intermédiaire de son journal intime lui faisant porter un regard neuf sur le monde qui l'entoure. 

"Colorer le monde" est un récit très poétique piqué de nombreuses références et artistiques. Mu Ming nous offre une véritable balade faisant le lien entre le présent et le passé par l'intermédiaire des trésors littéraires du passé à l'image de L'Odyssée d'Homère ou des œuvres artistiques telles celles de William Turner. 

"Colorer le monde" critique le conformisme de la masse pour répondre à une forme de normalité. Ici, Mu Ming s'attache à prôner la culture de la différence pour un meilleur épanouissement personnel. Les questionnements portés par cette autrice sont intéressants et variés. 

12/11/2025

Mina Fears, The Scorpion Queen, collection Stardust, éditions Hugo

Mina Fears, The Scorpion Queen, collection Stardust, 
éditions Hugo

Mina Fears est une jeune autrice américaine qui a publié son tout premier roman en 2024. Il s'agit d'un récit de fantasy à destination d'un public plutôt Young-Adult qui s'intitule The Scorpion Queen

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Aminata voit sa vie et son futur basculer, le jour où sa sœur l'a fait accuser d'infidélité alors qu'elle était promise au beau et doux Kader. Bien qu'elle ait essayé de se disculper, nul ne la croit, même pas ses propres parents qui la rejettent et la déshéritent sur le champs. C'est ainsi qu'elle devint la servante de la fille de l'empereur qui, contre toute attente, se montre aimable et généreuse à son égard. Chacune étant confrontée à sa propre détresse, une solidarité s'installe naturellement entre les deux. Mais en voulant libérer la jeune princesse de sa propre malédiction, Aminata va devoir faire des choix difficiles. Alors quel chemin suivra-t-elle? 

Mon avis :

The Scorpion Queen est un roman de fantasy historique puisant dans la mythologie africaine et empruntant particulièrement au conte malinké en mettant en scène la quête de liberté d'une jeune fille. 

Dans ce roman, on évolue aux côtés d'Aminata au cœur du palais impérial. Le décorum fait très Mille et Une Nuits dans le sens que les prétendants de la princesse sont soumis à des épreuves qui les condamnent tous à une horrible mort. Or, pour contrer ce mauvais sort, la jeune fille compte sur ses trois domestiques dont Aminata pour l'aider à trouver l'artefact qui sauvera la vie de son futur époux. Bien qu'il ne s'agisse pas ici de l'histoire d'une femme cherchant à échapper à la mort en contant des histoires à son sanguinaire bourreau, on retrouve tout de même des éléments similaires qui sont d'ailleurs propres au conte. En effet, ici, la princesse est sous l'emprise de son père, l'empereur, qui prend les traits du tortionnaire suppliciant tous les hommes souhaitant l'épouser. Elle nous apparaît donc telle une victime à sauver mais qui comme dans Les Mille et Une Nuits, cherche des stratagèmes pour se sortir par elle-même de cette terrible situation. 

Entre les intrigues de cour et l'aventure au cœur du désert, ce roman se teinte des notes suaves et sucrées des littératures orientales. 

L'ombre des dieux planent au-dessus des protagonistes rappelant ainsi les mythes locaux et notamment le culte dans les sept dieux du panthéon. 

La magie est également de la partie et s'exprime de bien des manières. Il y a bien entendu le pouvoir détenu par certains personnages divins ou humains mais aussi la présence d'objets ensorcelés, à l'image du marteau d'Hausakoy ou de la carte magique montrant le chemin vers l'antre de ce dieu. Derrière l'introduction de ces deux éléments, on peut, d'ailleurs, y voir la référence au marteau de Thor d'un côté, et à la carte du Maraudeur de l'autre côté. Les références de l'autrice sont donc multiples et viennent nourrir un univers intéressant et plutôt bien réussi pour un livre de Young-Adult. 

L'intrigue elle-même présente d'indéniable qualité car Mina Fears table sur des destins de femmes étonnants. Les rebondissements sont là et surprennent bien souvent car l'autrice fait évoluer ses protagonistes de manière fort inattendue. 

The Scorpion Queen n'est clairement pas un simple récit de romantasy comme on pourrait s'y attendre vu l'engouement pour ce sous-genre de la fantasy

La romance est bien là mais demeure en périphérie de l'intrigue pour laisser toute la place au récit d'aventure tissé de trahisons, de mensonges et de manipulations

Mina Fears a introduit des éléments comme un ordre secret constitué de rebelles cherchant à renverser le pouvoir pour libérer le peuple du joug d'un tyran. Toutefois, on peut regretter qu'elle n'est pas plus développé cette partie de l'intrigue qui donne à son roman une dimension politique fort intéressante. 

06/11/2025

Guy Gavriel Kay, La Voie Obscure, T.3, La Tapisserie de Fionavar, collection Neptune, éditions L'Atalante

Guy Gavriel Kay, La Voie Obscure, T.3, 
La Tapisserie de Fionavar, 
collection Neptune, 
éditions L'Atalante 

La Voie Obscure est le 3e volet qui vient conclure de manière magistrale la trilogie de La Tapisserie de Fionavar de Guy Gavriel Kay.

Cette saga de fantasy des années 80 connaît cette année, une nouvelle mise à l'honneur par les éditions L'Atalante qui viennent de l'intégrer à leur nouvelle collection de poches, intitulée Neptune. 

Après avoir eu le plaisir de lire les deux premiers tomes, il y a quelques semaines, le temps était venu pour moi d'enchaîner sur le troisième volet, d'autant qu'il vient tout juste de rejoindre les rayonnages des librairies. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions L'Atalante, je remercie Emma pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que Rakoth Maugrim réunit son armée, Kim, Jennifer, Dave et Paul rejoignent chacun de leurs côtés, leurs alliés pour l'affronter dans une bataille qui s'annonce déjà perdue d'avance. En effet, bien que la flamme de l'espoir semble près de s'éteindre, que peuvent-ils tenter une dernière fois pour espérer sauver Fionavar et au-delà, tous les autres mondes ?

Mon avis :

La Voie Obscure s'annonce donc comme le roman de l'apocalypse car si les armées de Rakoth Maugrim ne sont pas défaites, il en va de l'extinction de la lumière pour laisser place aux ténèbres éternelles. 

Dans ce livre, Guy Gavriel Kay nous plonge totalement dans l'épopée. En effet, finies les escarmouches et place à l'ultime combat, celui qui sera décisif quant à l'avenir de tous. Aussi, les évènements s'enchaînent vite, chacun fourbit ses armes ou prépare ses sorts. Le récit se teinte de notes épiques et devient de plus en plus immersif. 

L'auteur nous donne même rendez-vous avec le spectaculaire à travers des scènes à couper le souffle. Les créatures horrifiques se pressent entre ses lignes. Elles ont soif du sang des héros du Bien. Sous l'égide du terrible Rakoth Maugrim qui n'est pas sans nous rappeler le terrifiant Sauron, elles sont sorties des ombres pour éteindre la lumière et faire régner le Mal. 

29/10/2025

Judith Merril, Des Ombres sur le foyer, éditions Argyll

Judith Merril, Des Ombres sur le foyer
collection Neptune,
éditions Argyll 

Romancière, novelliste, anthologiste et éditrice, Judith Merril nous a laissé un solide héritage d'une science-fiction engagée. Malheureusement son nom est trop peu connu. La faute à de très rares traductions, sans doute. Heureusement certains éditeurs, connus pour leurs choix éditoriaux militants ont décidé de remédier à ce manquement et nous proposent une traduction de son premier roman, Des Ombres sur le foyer

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Argyll, je remercie Xavier et Simon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que les États-Unis sont touchés par une attaque nucléaire de grande ampleur, Gladys, une jeune mère au foyer doit faire face à cette situation inédite seule avec ses deux plus jeunes enfants. Son mari est porté disparu et son fils est enrôlé dans l'armée pour assurer la défense du pays et préparer sa contre-attaque. Pour Gladys, le moment est venu de faire des choix, de gérer cette crise avec force et intelligence. Ce qu'elle fait en s'étonnant elle-même de sa force de caractère. Mais alors qu'elle commence à prendre goût à cette nouvelle indépendance certains hommes tentent quelques ingérences dans ses décisions. Trouvera-t-elle la force d'y résister et de maintenir seule le cap ? 

Mon avis : 

Des Ombres sur le foyer est un roman de science-fiction qui se classe au rang de la fiction nucléaire. Pour comprendre ce sujet d'écriture, il faut s'en référer au contexte de l'époque puisque le roman paraît pour la première fois en 1949, soit en pleine Guerre Froide. A travers cette attaque nucléaire massive que subit les États-Unis dans le roman de Judith Merril, on ne peut pas s'empêcher de faire un parallèle avec les bombardements stratégiques américains à Nagasaki et à Hiroshima en 1945. En transposant l'usage de cette puissante arme létale sur le sol américain, l'autrice critique ouvertement la politique américaine et les choix qui ont été fait pour mettre fin à un long conflit. D'autant que va s'en suivre cette longue période de dissuasion nucléaire découlant de la course aux armements atomiques menée par les États-Unis, l'Union soviétique et leurs alliés dans le seul but de conserver sa suprématie. Cette période trouble est empreinte de défiance et de paranoïa. C'est d'ailleurs ce que l'autrice met en exergue ici. En effet, Des Ombres sur le foyer est un huis clos qui nous plonge au cœur d'évènements terrifiants que l'on découvre à travers les yeux d'une mère au foyer confinée à son domicile avec ses deux filles. 

Le récit est très intimiste mais il a le mérite d'être réaliste. On est confronté aux questionnements, aux doutes et aux angoisses ressenties dans ce genre de moments dramatiques. 

Les protagonistes sont reliés au monde par la radio qui diffuse des informations au compte-goutte et dont la véracité finit par poser question.

24/10/2025

Adrien Party, Stoker & Dracula, la fabrique d'une légende, éditions Actusf

Adrirn Party, Stoker & Dracula, la fabrique d'une légende
éditions Actusf 

Spécialiste des vampires, Adrien Party est avant tout connu pour son webzine, vampirisme.com. Mais, il est également l'auteur d'un premier essai publié aux éditions ActuSF en 2022 qui s'intitule Vampirologie

Toutefois que serait un expert en créatures aux longues dents si celui-ci faisait l'impasse sur la plus célèbre d'entre elles. C'est la raison pour laquelle, il récidive aujourd'hui en nous proposant un essai consacré à Dracula. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les Nouvelles Éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Le clerc de notaire Jonathan Harker est chargé de se rendre en plein cœur de la Transylvanie pour conclure une affaire immobilière avec le comte Dracula. Il est très vite témoin de phénomènes étranges dans le château de ce dernier. Retenu prisonnier, il réussit quand même à s'évader alors que Dracula avait prévu de le livrer à trois femmes vampires pendant que lui-meme voguerait vers L'Angleterre. Il le prend en chasse et découvre grâce au docteur Van Helsing qu'il a ensorcelé la meilleure amie de sa fiancée, Mina. Dès lors, comment vont-ils pouvoir tous se dégager des crocs acérés de cette abominable créature ? 

Mon avis :

Dans Stoker & Dracula, la fabrique d'une légende, Adrien Party va s'intéresser autant à la plus célèbre créature de la nuit qu'à son auteur. 

En effet, il ouvre son ouvrage sur les multiples casquettes endossées par Bram Stoker. Aussi, on commence par apprendre qu'il a d'abord été homme de loi en suivant les traces de son père, William Stoker qui fut greffier. Très vite, il témoigne d'une appétence pour le domaine juridique et les lois. Or, celle-ci transparait dans certains de ses textes, dont Dracula, notamment à travers la fonction de clerc de notaire occupée par Jonhatan Harker. 

Ensuite, il fut homme de théâtre lorsqu'il devint le directeur financier du Lyceum Theatre aux côtés d'Henri Irving dont la proximité, si l'on en croit la rumeur, lui inspira son personnage de Dracula. En tout cas, il n'a jamais cessé, en vain de vouloir le voir monter sur les planches pour incarner son célèbre personnage. 

C'est d'ailleurs son affection pour le théâtre qui le conduit à l'écriture, notamment par l'entremise de la critique des pièces. Ainsi, ses premières nouvelles commencent à être publiées, à l'image de sa toute première, "The Crystal Cup" parue en 1872 dans un journal londonien. 

Dans un deuxième temps, Adrien Party va se concentrer sur la genèse du roman de Bram Stoker en levant notamment le voile sur les nombreuses légendes qui entourent sa maturation. 

Il nous propose une relecture rapide de Dracula à la lumière des notes de l'auteur découvertes bien plus tard. Le regard qu'Adrien Party porte sur cette œuvre est très complet puisqu'il va jusqu'à nous parler de sa réception auprès du public, médias compris. Il nous donne d'ailleurs le recul nécessaire pour mieux appréhender ce roman.