Stéphane Arnier est une nouvelle voix de l'imaginaire français que j'ai pris plaisir à découvrir avec la parution en mai 2025 de La Brume l'emportera.
Pour autant, il était déjà l'auteur d'une série publiée en autoédition de 2015 à 2021 qui s'intitule Mémoires du Grand Automne.
Le 22 avril prochain sort son nouveau roman. C'est le premier tome d'une duologie qui paraît chez Mnémos sous le titre de La Dernière Transhumance.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse.
Dans les terres reculées du Nord vivent Kaisu et sa tribu. A la tête de son troupeau de rennes, elle s'apprête à partir en transhumance accompagnée des membres de sa famille. Ce sera sans doute sa dernière vu son âge avancé. Seulement l'irruption d'un étranger parmi eux va bouleverser l'expédition tout en faisant remonter des souvenirs enfouis qu'elle aurait préférés oublier. Mais il ne sera pas le seul élément perturbateur car sa présence sonne également le retour d'anciens ennemis qui semblent bien décidé à assouvir leur grande avidité. La nature est agitée et signe un mauvais présage. Nul ne sait comment les évènements vont tourner mais le pire reste sans doute à craindre.
Dans La Dernière Transhumance, Stéphane Arnier nous entraîne sur les terres sauvages du Grand Nord à la suite d'une famille issue d'un peuple nomade vivant au gré du cycle des saisons de leur troupeau de rennes. Il donne vie ici à un univers qui se révèle très réaliste. Et pour cause, l'auteur s'inspire du peuple autochtone des Samis qui vit au nord de la Finlande, de la Norvège et de la Suède ainsi qu'en Laponie. Ces derniers ont vu leur mode de vie menacé en raison d'une législation permettant l'exploitation des ressources présentes sur leurs terres.
Dans son récit, Stéphane Arnier s'est donc emparé de cette menace à travers les raids des Vårks qui souhaitent mettre la main sur les richesses se trouvant dans les sols inars, d'où l'exploitation des mines. D'ailleurs, aveuglés par leur avidité, ils vont même jusqu'à enlever les Inars pour les faire travailler de force dans leurs fameuses mines.
Mais La Dernière Transhumance, c'est aussi la confrontation avec une famille qui cherche à maintenir leur héritage ancestral en reproduisant les mêmes gestes, et en suivant les mêmes routes que leurs aïeux. Les legs du passé doivent être préservés. Ils ont un lien très fort avec la nature au point d'être les seuls à percevoir ces êtres, invisibles pour beaucoup de personnes, que l'on appelle les vitaux. Leur seul présence ancre ce récit dans une certaine magie. Insaisissables et évanescents, ces organismes arborent bien des couleurs signalant leur degré de dangerosité. Aussi, les rouges sont à éviter rendant les porteurs avec qui ils ont fusionnés complètement fous. Leur présence exerce une certaine fascination mais deviennent vite dérangeants laissant s'installer une atmosphère plutôt oppressante. Cette pesanteur est même accentuée lorsque certains chiens vårks sont contaminés à leurs tours et deviennent incontrôlables. Ils ressemblent un peu à la bête du Gévaudan et leur seule présence met la chair de poule.













