L'influence du "gaming" à la littérature

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29/05/2026

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess, tome 1, collection Stardust, éditions Hugo

Morgan H. Owen, Gladiator, Goddess,
tome 1, collection Stardust, 
éditions Hugo

Après sa duologie dystopique The Girl Soul, Morgan H. Owen inaugure une nouvelle série dont le premier tome est paru le 4 février 2026 dans la collection Stardust des éditions Hugo

Lu dans le cadre d'un partenariat avec la maison d'édition, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A la mort de son frère, Gia accepte de rejoindre l'école de gladiateurs pour marcher dans ses pas et réaliser son rêve de gosse. Mais son choix n'est pas du goût de tous, pas même à celui de sa mère qui souffre déjà de la perte de son époux et de ses deux fils. Pourtant Gia va persister, elle va apprendre à se battre auprès d'un ancien gladiateur et mener ses premiers combats. Ainsi, c'est sous le nom de Viatrix la Victorieuse qu'elle aligne ses premières victoires se faisant remarquer par la princesse Claudia. Sans réellement le vouloir, elle a lancé une mode donnant envie aux femmes de suivre sa voie. Mais voir des femmes s'émanciper de la sorte en se choisissant son propre destin mécontente la caste des plus aisés. Le frère de Claudia, appelé à devenir le prochain empereur souhaite étouffer dans l'œuf cette initiative en se débarrassant de Gia. Dans ce monde hostile, comment va-t-elle surmonter les obstacles et éviter les chausse-trappes pour mener à bien sa quête?

Mon avis : 

Dans Gladiator, Goddess, Morgan H. Owen signe une romantasy historique qui prend cadre au temps de l'empire romain. L'autrice nous entraîne à Pompéi en 79 avant Jésus-Christ peu de temps avant l'éruption du Vésuve. On évolue au milieu des gladiateurs. Ils sont là pour assurer le divertissement lors des nombreux jeux dont s'enorgueillissait l'empire romain. Pour beaucoup ils étaient des esclaves qui se battaient dans l'espoir bien souvent vain d'obtenir leur liberté. Les combats y étaient violents et mortels. Morgan H. Owen retranscrit d'ailleurs bien cette atmosphère lourde et fébrile lorsque ses protagonistes s'affrontent dans l'arène. C'est sanglant et impitoyable. 

En outre, au-delà du spectacle se dessinent des intrigues politiques. L'empereur étant mourant, les potentiels candidats à sa succession dont ses propres enfants intriguent dans l'ombre pour prendre sa place. 

Toutefois dans Gladiator, Goddess deux histoires s'écrivent. Celle des mortels qui cherchent à survivre ou à gagner en gloire et en pouvoir et celle des Dieux qui s'affrontent cherchant pour certaines divinités à contrer le pouvoir suprême de Jupiter. Les dieux et les déesses sont donc omniscients dans ce récit. Ils interviennent allègrement dans la vie des mortels en façonnant leur existence et en orientant leur destin. Leur seul présence donne au récit son caractère onirique exhalant une certaine magie. En outre, leurs interventions inopinées apportent au récit des renversements de situation inattendus dynamisant ainsi la lecture. 

Morgan H. Owen maîtrise parfaitement les codes de la romantasy. La romance proposée ici se passe entre deux femmes. 

Toutefois le texte s'avère plutôt riche car il ne s'agit pas simplement d'une histoire d'amour même si celle-ci demeure le fil directeur. L'autrice a également parsemé son roman d'un propos féministe en mettant en scène une femme gladiatrice qui tente de s'imposer dans ce monde d'hommes. Sans réellement le chercher elle initie un mouvement parmi les femmes de sa cité qui cherchent également à s'émanciper de leur condition par le combat dans l'arène. En outre, il est également question d'alcoolisme, de deuil, de reconstruction dans ce livre. 

Finalement Gladiator, Goddess coche donc toutes les cases d'un young-adult réussi. 

Nous découvrons cette histoire du point de vue de Gia qui, malgré son jeune âge, se démarque par son caractère. Elle est une femme forte qui se dessine un destin à la seule force de ses bras grâce à ses victoires dans l'arène. Elle s'impose à ce monde d'hommes, à cette société très politisée et divisée selon différentes castes. Elle est touchante dans cet amour qu'elle porte d'abord à sa famille puis à la princesse. C'est une personnalité entière qui fait fi des obstacles pour atteindre les buts qu'elle s'est fixés. 

A contrario, Claudia demeure un personnage plus mystérieux car rempli de secrets. Elle est une héritière qui a bénéficié de facilités dans sa vie. Pour autant celle-ci est loin d'être enviable car elle a des responsabilités qui la conduisent parfois à l'indicible. Couple improbable de par leur naissance, sauront-elles passer outre pour s'aimer au grand jour ? 

Pour conclure:

En choisissant pour décor la Rome antique, Morgan H. Owen table sur un univers différent de ce qu'on peut lire généralement en romantasy. Point de faes ou de vampires entres ces lignes mais des héroïnes fortes qui tentent de s'extraire de leurs conditions tout en s'affranchissant du diktat des dieux. Ce postulat ne manque pas de sel. A voir maintenant quelle suite va donner Morgan H. Owen à sa série ? 

Fantasy à la Carte

Informations

Morgan H. Owen
Gladiator, Goddess
T.1
9791042904050
497 pages
Collection Stardust 
Editions Hugo

09/05/2026

Geneva Lee, Filthy Rich Fae, T.1, éditions Hugo Roman

Geneva Lee, Filthy Rich Fae
T.1, éditions Hugo Roman

Geneva Lee est une autrice américaine à succès de romances. Sa bibliographie déborde déjà de plus d'une trentaine de livres. La plupart d'entre eux figurent sur les listes des best-sellers du New York Times et de USA Today

Sa série la plus marquante s'intitule The Royal Saga et elle s'est d'ailleurs vendue à quatre millions d'exemplaires dans le monde entier. 

Pour sa nouvelle saga, Filthy Rich Fae, elle a finalement repris le même modèle que Filthy Rich Vampires, parue précedemment, mais en nous attachant cette fois-ci aux pas de faes. Le premier tome est paru au mois de février chez Hugo Roman

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Cate Holloway est infirmière à l'hôpital Gage Memorial à la Nouvelle-Orléans. Un établissement qui appartient à la puissante famille Gage comme tout ce qui existe d'ailleurs dans la ville et que Cate s'est promis de ne jamais approcher. Malheureusement pour elle, son frère vient d'être admis aux urgences pour blessure par balle et lorsqu'elle découvre que la fusillade qu'il vient d'essuyer a un rapport avec le chef du clan Gage en personne, son sang ne fait qu'un tour et elle décide d'aller affronter ce prince ténébreux. Lachlan Gage est un fae aussi beau qu'insupportable. Pour preuve, il va lui proposer un dangereux marché, celui d'échanger son âme contre celle de son frère. Mais aura-t-elle le cran d'accepter ? Et si oui, où cela va-t-il l'entraîner ?

Mon avis :

Avec Filthy Rich Fae, Geneva Lee signe un nouveau roman de fantasy urbaine qui mêle pouvoir, complots et romance. Le monde qui prend vie sous la plume de cette autrice est peuplé de créatures surnaturelles qui se sont parfaitement bien intégrées à la société contrôlant même de vastes territoires et les villes. Ils sont les propriétaires d'établissements de luxe, profitent de trafics diverses qui leur assurent de colossales fortunes. Ils vivent à la fois dans notre monde et dans l'Autremonde où le temps s'écoule différemment et où l'espace pourrait s'apparenter au paradis, au vu de la magnificence des lieux. 

La société des Faes s'organise d'ailleurs en différentes cours, la Cour des Limbes, la Cour des Ombres, la Cour des Enfers... ect. Chacune d'elles est gouvernée par les princes et princesses héritiers dans une relative entente puisque les faes sont des créatures cruelles n'hésitant pas à supprimer les têtes couronnées pour renverser le pouvoir en place. C'est la raison pour laquelle chaque prince possède un double de pénombre qui le suit dès sa naissance afin de veiller sur lui et de le protéger des assassinats. Ce monde féérique est géré par des lois et des règles strictes. Les enfreindre, c'est devenir la cible de la Chasse Sauvage et donc rencontrer un destin funeste. 

Avec Filthy Rich Fae, Geneva Lee nous offre un univers plutôt intéressant. Assimiler des familles de faes à des clans mafieux qui font la loi sur le monde fonctionne bien. Il y a de bonnes idées et des éléments intéressants qu'il faudrait même développer davantage pour rendre l'univers encore plus crédible. 

Filthy Rich Fae est un premier tome qui pose le décor. Le ton est de suite donné à cette romance qui va évoluer dans un monde violent et âpre. Flingues, sexe, drogue et argent sont les maîtres mots de cette nouvelle saga. Comme l'autrice y expose des rivalités de cours, à travers des négociations de marchés épineuses et des passés dissimulant bien des ombres, le récit n'en que plus additif. C'est assez rythmé surtout passé la moitié du roman où les évènements s'accélèrent jusqu'à prendre un tournant inattendu, voir insupportable. Ce n'est pas pour rien que Geneva Lee est qualifiée de reine du cliffangher. Attendez-vous donc à de la frustration en fin de roman mais rappelez-vous aussi que c'est également la force d'un bon livre que de tenir en haleine. 

En outre, l'autrice a piqué son récit de nombreuses thématiques autour de la drogue, des addictions, du viol et de maltraitance des enfants. Le texte est donc parfois émotionnellement dur mais on peut féliciter Geneva Lee de mettre des mots sur les maux, à travers le portrait de personnages qui sont loin d'être lisses. 

14/04/2026

Nesrine Ammari, Le Chant de la Tempête, collection Stardust, éditions Hugo

Nesrine Ammari, Le Chant de la Tempête
tome 1, collection Stardust, 
éditions Hugo

Nesrine Ammari est une autrice algérienne qui s'épanouit dans l'écriture d'intrigues politiques prenant cadre dans de sombres univers de fantasy

Sa bibliographie compte pour le moment trois titres dont Les Trônes Trahis, paru initialement chez Hugo Stardust, puis au Livre de Poche et Comédie Carmine, publié chez HEA éditions, en 2024. 

Le Chant de la Tempête est donc son troisième roman. Il est en librairie depuis le 21 janvier 2026 et est sorti chez Hugo Stardust. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Kelsey Marlowe a intégré depuis quelques années l'institut dans l'espoir d'être formée afin de rejoindre les rangs de la marine royale. Il s'agit ni plus ni moins de l'armée chargée de protéger l'empire d'Oderion des dangers venus de l'océan. Ambitieuse, la jeune Kelsey l'est sans doute mais elle n'imaginait tout de même pas attirer si vite l'attention de l'impératrice en personne suite à un dangereux tournoi. Après que ce dernier ait pris fin, elle la charge de récupérer une boussole magique avec le concours du dernier prince du Peuple de l'Eau, retenu captif depuis la fin de la guerre. Bien que celui-ci ait ses pouvoirs rendus inoffensifs, sa proximité lui met littéralement les nerfs à vif, lui faisant ressentir des émotions qu'elle souhaite juste étouffer. Mais il est souvent difficile, voire impossible de renier sa nature et ses sentiments, n'est-ce pas ! 

Mon avis :

Le Chant de la Tempête débute comme un récit de dark académie pour évoluer vers une fantasy plus ténébreuse. En effet, ce roman s'ouvre sur le quotidien d'une jeune adulte qui en intégrant l'institut, souhaite embrasser une carrière de soldat afin de défendre l'empire. Ici le temps n'est plus aux cours mais à une série d'épreuves auxquelles doivent se soumettre les élus tirés au sort afin de tester leur bravoure et leur intellect. Voilà un cadre qui n'est pas sans rappeler le célèbre tournoi de la coupe du feu tirée de l'univers d'Harry Potter de J.K. Rowling, ne serait-ce dans le destin funeste de certains compétiteurs. Puis, l'autrice embraye sur l'intrigue politique à proprement dit qui nous plonge directement dans ce monde sombre et merveilleux peuplé de sirènes, de nymphes et de bien d'autres créatures oniriques marines. Ils forment ce que l'on appelle ici le Peuple de l'Eau et sont très liés à la famille Zephyr qui se partageaient les quatre îles suivantes : Ydra, Dylea, Melyos et Walorya. 

Tous vivaient en bonne intelligence jusqu'à ce que la guerre éclate suite à un renversement de pouvoir au sein de l'empire d'Oderion. En effet, la nouvelle impératrice Marcella Deloros s'est mise en tête de reconquérir toutes les îles et de tuer tous les représentants du Peuple de l'Eau, y compris les membres de la famille Zephyr. Le but étant d'étouffer la moindre étincelle de pouvoir qui viendrait la faire chuter de son trône. Toutefois, une exception a été faite, puisque le dernier de la fratrie est retenu captif à la forteresse Impériale lorsqu'elle y siège et que l'on retrouve dans son sillage à chacune de ses sorties. En effet, le port d'un collier et de deux bracelets brident littéralement ses pouvoirs le rendant inoffensif tout en le faisant terriblement souffrir. De la magie coule donc dans ses veines car tel est son héritage qu'il détient du Peuple de l'Eau et qui lui donnerait d'ailleurs la capacité d'interagir avec les éléments s'il n'était pas prisonnier. 

12/11/2025

Mina Fears, The Scorpion Queen, collection Stardust, éditions Hugo

Mina Fears, The Scorpion Queen, collection Stardust, 
éditions Hugo

Mina Fears est une jeune autrice américaine qui a publié son tout premier roman en 2024. Il s'agit d'un récit de fantasy à destination d'un public plutôt Young-Adult qui s'intitule The Scorpion Queen

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Aminata voit sa vie et son futur basculer, le jour où sa sœur l'a fait accuser d'infidélité alors qu'elle était promise au beau et doux Kader. Bien qu'elle ait essayé de se disculper, nul ne la croit, même pas ses propres parents qui la rejettent et la déshéritent sur le champs. C'est ainsi qu'elle devint la servante de la fille de l'empereur qui, contre toute attente, se montre aimable et généreuse à son égard. Chacune étant confrontée à sa propre détresse, une solidarité s'installe naturellement entre les deux. Mais en voulant libérer la jeune princesse de sa propre malédiction, Aminata va devoir faire des choix difficiles. Alors quel chemin suivra-t-elle? 

Mon avis :

The Scorpion Queen est un roman de fantasy historique puisant dans la mythologie africaine et empruntant particulièrement au conte malinké en mettant en scène la quête de liberté d'une jeune fille. 

Dans ce roman, on évolue aux côtés d'Aminata au cœur du palais impérial. Le décorum fait très Mille et Une Nuits dans le sens que les prétendants de la princesse sont soumis à des épreuves qui les condamnent tous à une horrible mort. Or, pour contrer ce mauvais sort, la jeune fille compte sur ses trois domestiques dont Aminata pour l'aider à trouver l'artefact qui sauvera la vie de son futur époux. Bien qu'il ne s'agisse pas ici de l'histoire d'une femme cherchant à échapper à la mort en contant des histoires à son sanguinaire bourreau, on retrouve tout de même des éléments similaires qui sont d'ailleurs propres au conte. En effet, ici, la princesse est sous l'emprise de son père, l'empereur, qui prend les traits du tortionnaire suppliciant tous les hommes souhaitant l'épouser. Elle nous apparaît donc telle une victime à sauver mais qui comme dans Les Mille et Une Nuits, cherche des stratagèmes pour se sortir par elle-même de cette terrible situation. 

Entre les intrigues de cour et l'aventure au cœur du désert, ce roman se teinte des notes suaves et sucrées des littératures orientales. 

L'ombre des dieux planent au-dessus des protagonistes rappelant ainsi les mythes locaux et notamment le culte dans les sept dieux du panthéon. 

La magie est également de la partie et s'exprime de bien des manières. Il y a bien entendu le pouvoir détenu par certains personnages divins ou humains mais aussi la présence d'objets ensorcelés, à l'image du marteau d'Hausakoy ou de la carte magique montrant le chemin vers l'antre de ce dieu. Derrière l'introduction de ces deux éléments, on peut, d'ailleurs, y voir la référence au marteau de Thor d'un côté, et à la carte du Maraudeur de l'autre côté. Les références de l'autrice sont donc multiples et viennent nourrir un univers intéressant et plutôt bien réussi pour un livre de Young-Adult. 

L'intrigue elle-même présente d'indéniable qualité car Mina Fears table sur des destins de femmes étonnants. Les rebondissements sont là et surprennent bien souvent car l'autrice fait évoluer ses protagonistes de manière fort inattendue. 

The Scorpion Queen n'est clairement pas un simple récit de romantasy comme on pourrait s'y attendre vu l'engouement pour ce sous-genre de la fantasy

La romance est bien là mais demeure en périphérie de l'intrigue pour laisser toute la place au récit d'aventure tissé de trahisons, de mensonges et de manipulations

Mina Fears a introduit des éléments comme un ordre secret constitué de rebelles cherchant à renverser le pouvoir pour libérer le peuple du joug d'un tyran. Toutefois, on peut regretter qu'elle n'est pas plus développé cette partie de l'intrigue qui donne à son roman une dimension politique fort intéressante. 

28/03/2025

Scarlett St. Clair, La Reine du Mythe et des Monstres, T. 2, Adrian & Isolde, éditions Hugo

Scarlett St. Clair, La Reine du Mythe et des Monstres, T.2, Adrian & Isolde
éditions Hugo

Après avoir bien apprécié Le Roi de la Guerre et du Sang, j'au profité de la sortie du tome 2 le 5 mars dernier pour enchaîner directement la lecture de La Reine du Mythe et des Monstres qui prend donc la suite de cette saga de romantasy signée Scarlett St. Clair.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia Debarge pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Maintenant qu'elle est couronnée reine de Revekka, Isolde doit apprendre à déjouer les pièges de la cour du Palais Rouge car les intrigues à son encontre vont bon train. En outre, les menaces arrivent de toutes parts, les villages aux alentours sont attaqués par des monstres et un brouillard cramoisi s'élève ici ou là contaminant les hommes d'un étrange mal mortel, déjà qualifié par certains de peste rouge. L'heure est à la peur et à la méfiance. Pour Isolde et les siens, il est urgent d'arrêter Ravena, la sorcière qu'ils pensent responsables de tous ces maux. Mais face à la vindicte populaire auront-ils seulement le temps d'endiguer la crise avant que cela ne dégénère ?

Mon avis :

Dans La Reine du Mythe et des Monstres, Scarlett St. Clair poursuit l'exploration de son monde. Celui-ci se dévoile à travers le passé de chacun des protagonistes de cette histoire. Ainsi, au fur et à mesure que les souvenirs affluent, on prend conscience que celui-ci est le terrain de jeu des deux déesses Dis et Asha qui l'ont façonné dans le seul but d'en prendre le contrôle par le biais d'êtres incarnés. Aussi, les monstres qui peuplent les pages de ce livre sont une arme puissante, pourvoyeuse de chaos. 

L'autrice emprunte d'ailleurs beaucoup au folklore slave pour nourrir le bestiaire merveilleux qui enrichir son univers. On ne s'étonne donc pas de croiser des Varcolacs (des créatures proches des loups-garous) ou des Appesarts rappelant les Wendigos. Scarlett St. Clair a fait un vrai effort sur le worldbuilding de sa saga, ce qui est fort appréciable. 

En outre, au travers des allers-retours présent et passé, elle nous montre les évolutions de la société qu'elle met en scène. Les sorcières ont disparu au profit des monstres. Derrière cette métaphore se cache la volonté forte de Scarlett St. Clair de critiquer ce patriarcat toxique qui étouffe les femmes et réduisant leur pouvoir à néant. Elle illustre son propos en dénonçant la chasse aux sorcières dont les femmes ont été victimes par le passé et sa résurgence dans la présent, accompagné d'un sentiment d'intolérance qui s'installe progressivement. 

Ce tome 2 est très marqué par la défiance et la suspicion. L'ambiance y est délétère et les trahisons de certains protagonistes n'arrangent rien. C'est aussi ce qui fait le sel de ce récit allègrement piqué de rebondissements et de coups bas. 

Dans La Reine du Mythe et des Monstres, Scarlett St. Clair profite des révélations du passé de ses personnages pour leur donner de la profondeur. Aussi, tous les portraits qu'elle brosse sont bien travaillés. Ceux-ci nous révèlent d'ailleurs toute la complexité des personnalités en présence. Les personnages qui prennent vie sous la plume de Scarlett St. Clair sont toutes en nuances, ni noirs ni blancs. Chacun révélant sa part de lumière ou de ténèbres à un moment de l'histoire.

En nous parlant des sentiments partagés entre d'autres couples, Scarlett St. Clair ne s'intéresse donc pas exclusivement à la relation amoureuse qui unit Isolde et Adrian et s'offre donc la possibilité de mettre en exergue toute les difficultés et l'ambiguïté des relations humaines au sens général. Le texte n'en est que plus bouleversant car on ne reste pas indifférent à certains amours narrés entre ces pages. 

Pour conclure :

Finalement, La Reine du Mythe et des Monstres répond bien à toutes les promesses du début en proposant un univers fouillé habité par des personnages intrigants à la personnalité tortueuse. 

La plume de Scarlett St. Clair est très fluide. Ce tome 2 est à l'image du premier, un vrai page-turner avec lequel on passe un bon moment de lecture.

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Le Roi de la Guerre et du Sang, A touch of darkness, A touch of ruin, A touch of malice, Game of Fate et Game of Retribution

Informations

Scarlett St. Clair
La Reine du Mythe et des Monstres
T.2
Adrian & Isolde
9782755670332
400 pages
Editions Hugo

Lien vers le site

23/03/2025

Scarlett St. Clair, Le Roi de la Guerre et du Sang, T.1, Adrian & Isolde, éditions Hugo New Romance

Scarlett St. Clair, Le Roi de la Guerre et du Sang, T.1, Adrian & Isolde
éditions Hugo New Romance 

Après sa saga à succès, Hadès & Perséphone, vendue à 800 000 exemplaires, Scarlett St. Clair a repris la plume et inaugure une nouvelle série intitulée Adrian & Isolde. Ainsi, elle délaisse la mythologie grecque pour investir un nouvel univers infusé à d'autres mythes, dont celui du vampire.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia Debarge pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Bien décidée à ne pas se marier, Isolde, princesse de Lara a bien du mal à accepter l'idée de devoir épouser le roi des vampires, Adrian Aleksandr Vasiliev, son pire ennemi. Mais pour sauver son royaume, sa famille et son peuple, elle n'a pas d'autre choix puisque la reddition des siens ne semble pas suffire au Roi de Sang qui a été jusqu'à demander sa main. Seulement, elle était loin d'imaginer qu'en acceptant de devenir sa reine, elle allait découvrir une vérité sur le monde qu'elle pensait pourtant bien connaître et qui va ébranler toutes ses certitudes. Mais sera-t-elle prête le moment venu à en assumer toutes les conséquences ?

Mon avis :

Adrian & Isolde est une romance qui prend cadre dans un univers de fantasy peuplé de vampires et de monstres. Scarlett St. Clair fait débuter son histoire en plein âge sombre dans le monde de Cordova. Le temps est à la guerre à cause des velléités conquérantes du royaume de Revekka, dirigé par l'implacable Roi de Sang. En effet, cette nation vampirique soumet, l'une après l'autre, les neufs éminentes maisons qui dominaient ce monde jusque-là. Or, pour éviter le pire, la maison de Lara a choisi de déposer les armes et scelle, malgré elle, cet accord par l'union entre la princesse héritière et le souverain ennemi. C'est un mariage qui n'est pas au goût de tous et suscite même moult animosités. 

Outre ce fil directeur qui nourrit le texte de nombreuses intrigues, l'autrice s'appuie sur une mythologie solide donnant ainsi une vraie profondeur à son univers. L'ombre de divinités plane donc sur ce récit et on doit même à l'une d'elles l'existence des monstres dont la figure du vampire arrive en tête, en réponse à la cruauté des hommes. 

Dans ce roman, il est également question de sorcières même si toutes semblent avoir disparu au moment où commence cette histoire, toutes brûlées sur le bûcher il y a 200 ans. Pour autant leur héritage demeure très prégnant entre ces lignes.

Le vampire occupe quasiment toute la pace dans le roman de Scarlett St. Clair. Elle nous en brosse d'ailleurs un portrait acéré. Il est une créature aussi cruelle qu'énigmatique. Sa présence suscite la terreur. Elle semble invincible et exerce une terrible menace sur l'ensemble des royaumes victimes de son assujétissement. Pourtant en dépit des apparences, la plume de Scarlett St. Clair n'est pas aussi manichéenne que l'on pourrait croire, au départ car elle aime jouer sur les faux-semblants. Aussi, ce premier volet lui donne l'occasion d'explorer la figure du monstre en questionnant notamment l'humanité de chacun de ses personnages qu'ils soient humains ou non. Elle s'intéresse à ce que l'on est prêt à faire au nom d'une cause qui nous paraît juste. 

Avec Le Roi de la Guerre et du Sang, l'autrice signe un premier tome plein de bruit et de fureur dominé par la notion de vengeance. Il est vrai que la romance occupe une grande place dans ce livre, toutefois elle n'éclipse pas pour autant d'autres thématiques comme la loyauté, la famille ou le poids du passé

09/07/2024

Sapir A. Englard, L'Alpha du Millénaire, T.1, éditions Hugo New Romance

Sapir A. Englard, L'Alpha du Millénaire, t.1, éditions Hugo New Romance 

Après le succès de sa saga des Loups du Millénaire, Sapir A. Englard signe une série préquelle intitulée L'Alpha du Millénaire qui prend cadre dans le même univers.

Reçu en service de presse, je remercie les éditions Hugo pour cet envoi. 

Résumé ;

Eve Knox débarque au sein de la meute de la côte Ouest pour y protéger la seule famille humaine au milieu des loups-garous. Alors que ses services sont d'abord rejetés, une série d'incidents mettant en danger les deux sœurs Morgan ramènent la famille à de meilleurs sentiments. Sur place, Eve recroise la route de Raphaël Fernandez, l'Alpha des Loups du Millénaire. Elle le déteste autant qu'il l'attire. Ils ont un passif ensemble même si lui semble l'avoir oublié. Pourra-t-elle mener à bien sa mission alors que la saison frénétique commence, rien n'est moins sûr ?

Mon avis :

Dans L'Alpha du Millénaire, Sapir A. Englard a basculé le lieu de l'action d'Est en Ouest. On retrouve des éléments communs tels la Maison de la Meute, le bal de Yule, la Frénésie ainsi que le retour de certains personnages. 

Mais, en changeant de points de vue, l'autrice se laisse l'opportunité d'approfondir son univers. En effet, dans cette nouvelle saga, elle porte son attention sur deux protagonistes rencontrés auparavant. Il s'agit de Raphaël, l'alpha des loups du Millénaire et d'une certaine Eve Knox qui entretiennent un relationnel ancien et conflictuel. 

En choisissant de mettre en scène des protagonistes comptant déjà plusieurs siècles à leur compteur, cela a le double intérêt de donner une certaine maturité au texte tout en étoffant l'univers par l'introduction de nombreuses créatures fantasmagoriques. 

Entre ces lignes, on retrouve aussi bien des loups-garous que des vampires en passant par les divinités. Neutres ou maléfiques, ces dernières sont dotées d'un si grand pouvoir qu'elles dessinent ce monde surnaturel et pèse sur les destins de tout à chacun y vivant. 

Dans ce premier volet, Sapir A. Englard table sur deux temps de narration correspondant au présent et au passé du personnage principal féminin. Cela permet de goûter à la magie qui s'égaille au sein des pages de ce roman, en remontant à sa source et en observant ses multiples manifestations. 

14/07/2023

Sapir A. Englard, Les Loups du Millénaire, T.3, éditions Hugo New Romance

Sapir A. Englard, Les Loups du Millénaire, T.3, éditions Hugo

Sur Fantasy à la Carte, on continue d'explorer la saga d'urban fantasy des Loups du Millénaire avec la lecture du tome 3, disponible en librairie depuis le mois de juin.

Lu dans le cadre d'un nouveau partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

La dernière confrontation de la meute de la côte Est avec le vampyre Konstantin a plongé Michelle dans le coma et profondément traumatisée Sienna. Rongée par la culpabilité de voir sa meilleure amie entre la vie et la mort, elle se promet d'être davantage présente pour elle si elle s'en sort. Alors lorsqu'elle est sauvée in extremis grâce au sacrifice de la guérisseuse Jocelyn et qu'elle lui propose de participer avec elle à un projet de téléréalité mettant à l'honneur les compagnes de la meute, elle n'a pas le cœur de lui refuser. Pour autant, l'idée ne la réjouit pas surtout avec cette journaliste fouineuse à l'origine de l'idée et qui semble chercher par tous les moyens à envenimer les tensions au sein de la meute. Alors qu'Aiden est occupé à traquer activement Konstantin, Sienna arrivera-t-elle à faire face à toutes ces attaques, sans s'y perdre elle-même ? 

Mon avis :

Dans ce tome 3, l'intrigue se complexifie rendant cette saga nettement plus intéressante à lire. En effet, Sapir A. Englard va y développer des éléments à peine effleurés dans le tome 1, dont j'avais souligné le manque dans une précédente chronique. Cela concerne un binôme de personnages secondaires dont les personnalités menacent l'harmonie de la meute. Animés par une soif de reconnaissance et rongés par une jalousie maladive, Michelle et Josh se sont engagés sur une pente glissante nuisible autant pour Sienna et Aiden que pour le fonctionnement de la meute. Non pas qu'ils soient foncièrement mauvais mais leurs désirs et leurs frustrations en font des personnages en demi-teinte qui viennent donner du relief à l'intrigue en y mettant un beau bazar. 

Clairement, cela permet à l'autrice d'introduire des dissidences dans son texte préparant ainsi le terrain à de nombreuses petites trahisons de voir le jour. Or, mensonges et manipulations sont bien les maîtres mots de ce troisième volet, ce qui le rend si plaisant à lire. 

07/07/2023

Sapir A. Englard, Les Loups du Millénaire, tome 2, Hugo New Romance

Sapir A. Englard, Les Loups du Millénaire, T.2, Hugo New Romance 

En librairie depuis le 10 mai, il était temps que je retourne dans Les Loups du Millénaire pour continuer avec ce tome 2 de lire les aventures de la meute de la côte Est.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Amélie pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Cela fait un an que Sienna est devenue la compagne de l'Alpha. Bien que très épris l'un de l'autre, la jeune louve rechigne à perpétuer les vieilles traditions qu'elle trouve désuètes et dépassées. Elle souhaite davantage être considérée comme l'égale de l'Alpha et non être soumise à lui. Or, à la suite d'une cérémonie de convenance, des tensions naissent mettant à mal les relations que le jeune couple entretient, aggravées par l'arrivée des parents d'Aiden qui se sont mis en tête de dicter la conduite de Sienna. Bien que fragilisée par ses dissensions perpétuelles, Sienna n'en oublie pas pour autant sa quête de retrouver ses géniteurs afin de comprendre les raisons de son abandon. Or, elle fait la connaissance d'un déconcertant personnage se présentant comme un thérapeute, venu lui proposer son aide. Mais peut-elle réellement lui faire confiance alors que l'unité de la meute est menacée ? 

Mon avis :

Dans ce second volet, Sapir A. Englard expérimente la vie de couple pour son duo de personnages qui doivent faire face à bien des désaccords. Passés leurs premiers mois de lune de miel, les choses sérieuses arrivent et tous les deux sont loin d'être suffisamment armés pour affronter ça sereinement. 

Clairement, avec Les Loups du Millénaire, l'autrice nous déroule une romance mise à mal par différents facteurs. L'arrivée de beaux-parents intrusives va mettre le feu au poudre entre une Sienna qui en vient à douter de la légitimité de sa place et un Aiden qui ne sait pas comment gérer la situation. Disputes, non-dits et mensonges par omission menacent sérieusement l'harmonie de leur ménage et fragilisent par la même occasion l'équilibre de la meute. Lui-même est déjà bien entamé par des rivalités internes mises à jour dès le tome 1 qui continuent d'être alimentées dans cette suite par un puissant sentiment de jalousie. 

30/06/2023

Melissa Bashardoust, Girl, Serpent, Thorn, Hugo Stardust

Melissa Bashardoust, Girl, Serpent, Thorn, éditions Stardust 

Autrice américaine, Melissa Bashardoust est une amoureuse des contes. Alors lorsque son tour est venu de prendre la plume pour coucher ses propres histoires sur papier, c'est tout naturellement qu'elle s'est tournée vers ce genre pour leur donner vie. 

Déjà deux titres à son actif, on imagine sans mal que d'autres suivront bientôt. En tout cas, on l'espère !

Or, après une première édition en grand format en 2022, son premier roman, Girl, Serpent, Thorn vient de ressortir en poche chez Hugo Stardust

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse qui m'a offert l'opportunité de découvrir cette très belle plume de l'Imaginaire anglophone. 

Résumé :

Soraya a été maudite à sa naissance. Depuis lors, elle vit recluse dans ses appartements, reléguée dans une aile du palais. Sa proximité est crainte par tous, y compris par sa propre famille car par son seul toucher, elle peut ôter la vie. Alors que son jumeau Sorush est devenu le nouveau Shah et s'apprête à épouser leur amie d'enfance, Laleh, Soraya, elle, voit sa malédiction lui peser de plus en plus. Elle ne rêve que de vie normale et de liberté. Or, sa rencontre avec le mystérieux Azad, l'homme qui a sauvé son frère des griffes d'une div, va la bouleverser plus que de raison. Il semble si bien la comprendre, alors lorsque viennent les promesses d'une autre vie, elle voudrait tant y croire. Mais, est-ce seulement réalisable ? 

Mon avis :

Pour nourrir l'univers de Girl, Serpent, Thorn, Melissa Bashardoust s'est inspirée du Shahnameh, littéralement Livre des Rois où il est question de démons, de rois serpents et d'oiseaux magiques, et particulièrement d'un récit proche de l'histoire de Raiponce. Elle y emprunte notamment l'idée d'une jeune fille prisonnière d'un donjon qui a besoin d'un héros pour en être délivrée comme c'est d'ailleurs le cas dans le conte de La Belle au Bois Dormant. 

Ainsi, elle puise allègrement dans la mythologie persane pour tracer les grandes lignes de son monde. On va retrouver, par exemple, le mont Arzür représentant les portes de l'enfer d'où jaillissent des démons, qualifiés ici de divs, autrement dit des monstres ou des ogres souvent représentés sous une forme animale. Ils sont décrits ici tout en fourrure, plumes ou écailles et sont souvent associés au Destructeur, Angna Mainyu, par opposition au Créateur, Ahura Mazda comme l'énonce le courant religieux zurvaniste. Or, l'ombre de ce Destructeur plane littéralement sur la destinée de certains des personnages de cette histoire dont l'héroïne elle-même qui se voit manipulée à son insu avec pour conséquence la mise en danger du Shah et de sa famille, ainsi qu'une déstabilisation de son règne. 

Entre ces lignes, Melissa Bashardoust tisse habilement des éléments notables de ce folklore oriental dans son intrigue pour lui donner un cadre aussi envoûtant que crédible. Dans Girl, Serpent, Thorn, on apprécie autant de croiser toutes ces créatures tirées du bestiaire merveilleux que de s'abreuver à toutes ces légendes que l'autrice a parsemées dans son texte. La lecture n'en que plus dépaysante surtout qu'elle revisite des mythes que l'on ne connait pas forcément. C'est donc un vrai plaisir de lecture! 

20/06/2023

Scarlett St. Clair, Game of Retribution, T.2, Hadès, éditions Hugo

Scarlett St. Clair, Game of Retribution, t.2, 
Hadès la saga, éditions Hugo

Après avoir lu Game of Fate, on enchaîne sur Fantasy à la Carte avec le tome 2 de la saga d'Hadès. Publié le 7 juin dernier, Scarlett St. Clair y poursuit sa réécriture du mythe d'Hadès et Perséphone en relatant les faits du point de vue du dieu des Enfers.

Lu dans le cadre d'un nouveau partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Maintenant que sa relation avec Perséphone est officialisée au déplaisir de Déméter, Hadès ne rêve plus que d'en faire sa reine des Enfers. Mais alors que sa bien-aimée hésite, cherchant d'abord à s'affirmer dans son nouveau rôle de déesse, lui-même est aux prises avec des affaires de plus en plus préoccupantes. Surtout depuis qu'Héra s'est mise en tête de renverser Zeus et qu'Hadès lui est refusé son concours, ne voulant pas déstabiliser l'Olympe. Pour autant se la mettre à dos alors qu'il souhaite se marier n'est peut-être pas l'idée du siècle. D'ailleurs, elle le met au défi de réaliser douze travaux pour elle en échange de sa bénédiction sur sa future union. Mais est-il bien raisonnable de rentrer dans le jeu d'une déesse bafouée et en colère ? 

Mon avis :

Réécrire l'histoire d'Hadès et Perséphone à travers le regard d'Hadès donne l'opportunité à Scarlett St. Clair de se réapproprier d'autres mythes afin qu'ils servent habilement les intérêts de son récit. Si dans sa première saga, on se frotte de très près aux principaux dieux et déesses du panthéon grecque, notamment à leurs personnalités et à leurs comportements parfois abjectes vis-à-vis des mortels, ce second cycle lui laisse davantage le loisir de jouer avec les mythes en leur donnant une nouvelle orientation. Ainsi, Game of Retribution va tourner autour d'un célèbre épisode mythologique, celui des douze travaux d'Héraclès que l'autrice a détourné pour mettre ici à l'épreuve le dieu des Enfers. Tout comme Héraclès, Hadès subit lui aussi les foudres d'Héra même s'il ne s'agit pas pour lui d'expier sa faute sur ordre d'Eurysthée pour avoir assassiner femme et enfants mais plutôt de complaire à une déesse majeure pour obtenir une faveur. Aussi, au programme des épreuves, il doit notamment affronter l'hydre sans faire usage de ses pouvoirs, bien entendu, histoire de pimenter le jeu, d'autant que le venin demeure une arme mortelle pour les dieux. Scarlett St. Clair nous entraîne ainsi au cœur de l'arène pour vivre de spectaculaires combats dignes des grands péplums. 

Ainsi, la romance est entrecoupée de passages épiques et sanglants qui sont là pour mettre à mal la destinée d'Hadès, pourtant déjà décidée par les Moires. 

En sus de l'histoire d'amour qui se construit en filigrane dans ces romans, la saga d'Hadès laisse les complots prendre davantage le pas sur le reste. Des trahisons sont à l'œuvre et une nouvelle titanomachie est en pleine genèse même si le vent de rébellion n'est pas menée cette fois-ci par les titans mais plutôt par les demi-dieux sous la houlette de Thésée et d'Héra en personne. Fiers de leurs personnes, les puissants Zeus et Poséidon ne voient rien revenir en dépit des avertissements d'Hadès. Lui seul cherche à comprendre ce qui se trame et se cherche des alliés pour venir prendre part à ses côtés lorsque la guerre sera officiellement déclarée.

10/06/2023

Sue Lynn Tan, La Fille de la Déesse de la Lune, éditions Hugo Stardust

Sue Lynn Tan, La Fille de la Déesse de la Lune, tome 1, Le Royaume Céleste
éditions Hugo Stardust

Après Une Magie Teintée de Poison de Judy I Lin, les éditions Hugo Stardust nous régalent encore une fois avec un nouveau titre de fantasy asiatique. Il est signé par une jeune plume de l'Imaginaire qui se nomme Sue Lynn Tan. 

La Fille de la Déesse de la Lune est le premier tome d'une duologie qui inaugure un cycle fort prometteur pour un premier roman. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo Stardust, je les remercie pour l'envoi surprise de ce service de presse. 

Résumé

Xingyin vit avec sa mère sur la lune sous le sceau du secret car son existence doit rester ignorée de tous et surtout de l'empereur céleste. C'est lui qui a condamné sa mère à rester recluse sur la lune après qu'elle est avalée l'élixir d'immortalité, destiné à son mari en récompense de ses hauts faits. Mais face à la puissance grandissante de ses pouvoirs, Chang'e sait qu'il lui faudra trouver bientôt un autre abris pour sa fille. Or, tout se précipite le jour où l'impératrice débarque avec son ministre pour lui demander des comptes sur l'activité magique anormale détectée dans ce lieu. Mais, les évènements déraillent séparant la suivante de l'adolescente. Sans le savoir Xingyin a rejoint le royaume céleste et fait la connaissance d'un charmant jeune homme qui lui vient en aide. Seulement, Liwei est le fils de son pire ennemi alors peut-elle réellement accepter sa proximité sans risquer de se mettre en danger. Et si la solution pour libérer sa mère de cette malédiction n'est elle pas de naviguer en eux troubles dans ce panier de crabes pour contraindre l'empereur d'intercéder en sa faveur ?  

Mon avis :

Avec La Fille de la Déesse de la Lune, on pousse la porte d'un univers fouillé inspiré de la Chine impériale, et plus particulièrement d'un conte chinois très populaire intitulé, Chang'e s'envole dans la lune. Dans sa première version, l'héroïne Chang'e s'échappe sur la lune après avoir avalé à tort un élixir d'immortalité et d'où elle ne redescend plus. 

Ici, le monde qui naît sous la plume de Sue Lynn Tan se divise en deux avec d'un côté, des royaumes peuplés d'immortels et de l'autre côté, ceux occupés par les mortels. Au fil des pages, on parcourt aussi bien le royaume céleste, le royaume du Phénix que le royaume des démons. On y rencontre de puissants immortels considérés, d'ailleurs, par les mortels comme des divinités. Pour passer de l'un à l'autre, on emprunte des nuages. La lune elle-même est éclairée par une allumeuse de bougies qui y vit recluse depuis qu'elle y a été exilée par l'empereur. Chaque immortel possède une puissante magie qui prend sa source dans son énergie vitale et dans les éléments qui l'entourent. En outre, on y croise également de mythiques créatures à chasser ou à protéger selon le danger qu'elles représentent. 

L'ensemble forme un cadre onirique très envoûtant dans lequel l'intrigue s'insère à la manière d'un conte car l'autrice nous y narre le destin épique d'une jeune fille en mettant notamment en exergue ses hauts faits. 

En effet, elle y affronte mille dangers dont le courroux impérial qui s'avère sans doute être le plus mortel de tous. Il faut dire que l'empereur et l'impératrice célestes gouvernent avec férocité et ne pardonnent aucun écart ni omission. Ils imposent un pouvoir qui appelle un respect teinté de crainte aux habitants du royaume céleste, ainsi qu'aux royaumes voisins. En se retrouvant à leur service bien malgré elle, Xingyin va les côtoyer de très près. Or, leur proximité va alourdir l'ambiance par un sentiment d'oppression, enfermant peu à peu le personnage principal.

Si le début du roman adopte un rythme lent car Sue Lynn Tan a choisi de prendre son temps pour poser le décor de son récit, elle accélère nettement les évènements par la suite poussant son héroïne à combattre des monstres ou à rivaliser d'ingéniosité pour déjouer les plans machiavéliques d'ennemis insoupçonnés. 

Au fil des chapitres, l'intrigue se complexifie car l'autrice introduit des éléments captivants, provoquant moult rebondissements, dont certains demeurent tout de même prévisibles pour un lecteur confirmé. 

La Fille de la Déesse de la Lune est un récit fluide fort plaisant à lire. L'intrigue s'enroule autour d'un trio de personnages dont on apprécie la compagnie. 

26/05/2023

Tricia Levenseller, La Fille du Roi Pirate, éditions Hugo Stardust

Tricia Levenseller, La Fille du Roi Pirateéditions Hugo Stardust 

Après le succès de La Reine des Ombres, vendu à plus de 20 000 exemplaires, Tricia Levenseller est de retour au catalogue des éditions Hugo Stardust avec La Fille du Roi Pirate.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse qui m'a donné l'occasion parfaite de découvrir cette plume de l'imaginaire que je ne connaissais point encore.  

Résumé :

Alosa Kalligan est la fille du redoutable Roi Pirate. Or, maintenant qu'elle est devenue une pirate à son tour, il a décidé de la mettre au défi de s'infiltrer sur le bateau d'un équipage rival pour leur subtiliser une carte et les lui livrer pieds et poings liés. C'est ainsi qu'elle organise l'abordage de son propre navire et qu'elle se laisse volontairement emprisonnée par l'ennemi. Mais alors qu'ils la pensent inoffensive car enfermée à double tour dans une cellule à fond de cale, Alosa trouve le moyen de s'éclipser chaque nuit afin de fouiller le gréement de fond en comble. Seulement, c'est sans compter le séduisant second, Riden, qui n'est jamais bien loin d'elle et dont la présence la perturbe plus qu'elle ne veut se l'avouer à elle-même. Alors réussira-t-elle à éblouir une nouvelle fois son père en menant à bien cette périlleuse mission ? 

Mon avis :

Comme mentionné dans le titre, La Fille du Roi Pirate nous immerge dans l'univers de la piraterie nourrie d'arraisonnages et de chasses aux trésors. Dans ce premier volet, les trois quart de l'action se déroulent à bord d'un navire pirate où la narratrice est confinée. A part suivre ses expéditions nocturnes émaillées d'escarmouches verbales ou physiques, il ne se passe pas grand chose. En tout cas, l'autrice est plutôt avare en détails concernant son monde imaginaire. La clé de celui-ci réside dans cette carte à reconstituer, censée indiquer l'emplacement de la légendaire Isla de Canta, une île mystérieuse remplie de richesses et gardée par des sirènes. 

Mythe ou réalité, la question se pose au début du roman. Cela a tout de même l'intérêt d'introduire la figure de la sirène et de donner ainsi au récit sa dimension onirique. L'autrice s'inspire, d'ailleurs, du folklore médiéval nord européen pour nourrir sa représentation de cette créature marine qui est donc ici mi-femme mi-poisson. Elle lui attribue cette même capacité d'ensorceler les humains par le chant et une beauté irrésistible. En outre, elle lui accorde également une sensibilité émotionnelle lui permettant de percevoir les sentiments des autres grâce au dégradé de couleurs qui se dégage de leurs auras. 

17/05/2023

Scarlett St. Clair, Game of Fate, T.1, Hadès, éditions Hugo

Scarlett St. Clair, Game of Fate
t.1, Hadès la saga
éditions Hugo 

Après le grand succès d'Hadès & Perséphone et à la suite d'un plébiscite de ses lecteurs et de ses lectrices, Scarlett St. Clair a rempilé pour réécrire sa célèbre saga, mais en nous contant, cette fois-ci, l'histoire du point de vue d'Hadès. 

C'est un exercice de style difficile qui ne s'accompagne pas toujours de succès alors nous verrons si cette nouvelle saga va plaire autant en France qu'Outre-Atlantique ? 

Lu dans le cadre d'un partenariat, je remercie les éditions Hugo New Romance pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Ebranlé par sa première rencontre avec Perséphone, il est difficile pour Hadès de rester de marbre. Non pas que le pari lancé par Aphrodite de faire craquer la jeune déesse lui fasse peur, mais la révélation des Moires sur ce fil qu'elles ont tissé liant leurs deux destins ensemble, le perturbe davantage. Sans parler de la beauté et de l'impétuosité de Perséphone qui l'intriguent et l'intéressent grandement. Pour autant, des affaires au sein de son royaume accaparent son attention, alors sera-t-il à même de tout gérer sans se laisser déborder ? 

Mon avis :

Pour rappel, Scarlett St. Clair a choisi d'insérer sa réécriture du mythe d'Hadès & Perséphone dans un univers de fantasy urbaine très glamour. 

Si dans le cycle précédent, on fréquentait assidûment les soirées branchées, ponctuées d'apparitions divines, en nous attachant exclusivement aux pas d'Hadès dans ce nouveau cycle, on arpente davantage les mythiques antres des Olympiens. Ainsi, on côtoie de suite les grandes figures de la mythologie grecque car rappelons que Perséphone, elle, n'avait aucun contact avec eux jusqu'à son union avec le dieu des Enfers puisque sa naissance a été dissimulée par sa mère, Déméter. 

Or, comme dans chaque tome d'Hadès & Perséphone, l'autrice se plaît à jouer avec les mythes en les glissant ici ou là au gré de sa narration, on ne s'étonne donc pas de retrouver l'un d'eux en guise de fil directeur de ce premier volet de la saga Hadès

En effet, entre ces lignes, le seigneur des Enfers pourchasse un certain Sisyphe d'Ephyra, caïd de la Triade, ayant enfreint plusieurs règles, dont la Loi de Xénia, créée par Zeus, après qu'il est assassiné un compétiteur qu'il avait lui-même invité sur son territoire. Tout au long du récit, l'énergumène va lui filer entre les doigts. Bénéficiant d'une relique datant de la Titanomachie, le mortel réussira à tromper la mort comme dans son mythe où la première fois, il enchaîna Thanatos pour échapper aux Enfers et la deuxième fois, convainquit Perséphone de le libérer. Pister sa trace va être un bon dérivatif pour Hadès afin de le libérer en partie de ses frustrations sexuelles et de ses angoisses personnelles. 

Cette nouvelle saga donne à Scarlett St. Clair l'opportunité d'explorer la rivalité entre les dieux et les déesses, ainsi que la complexité de leurs psychologies. Obnubilés par leurs antagonismes, ils ne perçoivent même pas le danger qui les menace. Seul le pragmatisme d'Hadès semble avoir décelé le piège, pourtant la méfiance qui les lie les empêchent littéralement de prendre la menace au sérieux. En effet, en ayant de moins en moins d'interactions avec les simples mortels, ces derniers ne croient plus en en eux, d'autant qu'ils n'empêchent pas les drames de s'abattre sur leurs épaules. C'est donc l'occasion parfaite pour ceux qui ont du sang divin d'intervenir et de remplacer les dieux eux-mêmes en s'en débarrassant une bonne fois pour toutes. 

Voilà de quoi enrichir cette intrigue que l'on pensait pourtant bien connaître mais qui réserve son lot de détails bienvenus pour apprécier encore plus cette réappropriation mythologique. 

26/04/2023

Sapir A. Englard, Les Loups du Millénaire, tome 1, éditions Hugo New Romance

Sapir A. Englard, Les Loups du Millénaire
tome 1, 
éditions Hugo New Romance

Autrice et productrice de musique, Sapir A. Englard signe le premier volet de sa saga, Les Loups du Millénaire, très jeune, à l'âge de 19 ans. Traduite en 12 langues, elle débarque en France, le 12 avril dernier, chez Hugo New Romance

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je les remercie pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Au sein de la meute de la côte Est vit Sienna, une jeune louve-garou, âgée de 19 ans. Alors que la cérémonie de la Frénésie approche, elle espère enfin trouver son compagnon pour la vie. Seulement cette année, elle perd vite le contrôle sur ses sens. Sa rencontre avec Aiden, l'Alpha de la meute y est sans doute pour quelque chose. Il est si séduisant, alors comment lui résister ? Pour autant, lui aussi a un secret qui le ronge et qui menace même sa place de leader. Et si la solution à leurs problèmes résidait dans leur rencontre ? 

Mon avis :

Dans sa saga, Les Loups du Millénaire, Sapir A. Englard nous immerge dans de l'urban fantasy. En effet, elle a choisi de mettre en scène une communauté très branchée de loups-garous. Mais, de son univers, l'autrice ne donne que peu de détails si ce n'est que l'action se passe sur la côte Est des Etats-Unis. D'ailleurs, entre ces lignes, on ne croise quasiment que des loups-garous qui vivent sous la domination de l'Alpha, Aiden Norwood. On ignore si d'autres créatures surnaturelles existent car cette meute semble vivre en autarcie. En outre, de son organisation interne, on apprend juste qu'elle est déstabilisée par une série d'incident mineurs. Néanmoins, le pouvoir de l'Alpha est remis en cause. Son absence de compagne lui est reprochée et son leadership est critiqué. Une instabilité qui est propice à l'émergence de complots car certains y voient là une belle occasion de renverser le pouvoir à leur profit. Dès lors, Sapir A. Englard laisse planer sur son texte le doute et la suspicion quant à l'identité des rivaux qui souhaiteraient s'arroger la place de chef. Pour autant, elle n'exploite pas assez ces tensions qui, selon moi, pourraient pimenter davantage le texte. De même, elle ne précise rien sur l'Alpha lui-même, notamment sur les raisons de son accès à cette position. Comme ce n'est que le premier volet, on peut imaginer que l'autrice va étoffer son monde avec les tomes suivants afin de le consolider  et de lui donner une vraie crédibilité. 

31/01/2023

Raven Kennedy, Gild, tome 1, La Saga d'Auren, tome 1, éditions Hugo Roman

Raven Kennedy, Gild, tome 1, La Saga d'Auren, éditions Hugo Roman

Autrice américaine, Raven Kennedy compte déjà six sagas d'imaginaire à son palmarès. Son crédo, c'est la romance qu'elle mêle habilement à la fantasy et ainsi dessiner de fabuleux univers dans lesquels elle plonge ses lecteurs.

Avec 1 million d'exemplaires vendus, on peut considérer que La Saga d'Auren est un best-seller dont les droits ont déjà été achetés par douze pays. En France, ce sont les éditions Hugo qui se sont emparées du phénomène outre-Atlantique pour la première fois. Après avoir foulé les terres d'une réécriture du mythe d'Hadès et Perséphone de Scarlett St. Clair (A touch of darkness, A touch of ruin et A touch of malice), c'est maintenant autour de celui du roi Midas de se voir revisiter. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Myriam pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A Highbell, capitale du 6e royaume, Auren vit littéralement dans une cage dorée. Favorite du roi Midas, elle est gardée sous cloche ne pouvant même pas se déplacer librement dans le palais. Une position qui lui vaut autant l'animosité de l'épouse royale que des autres femmes du harem. Auren a la particularité d'être recouverte de la tête aux pieds par une couche d'or faisant d'elle une curiosité que certains admirent pendant que d'autres jalousent. Objet de nombreuses convoitises, Auren est-elle si en sécurité sous la coupe de Midas ? D'ailleurs, malgré la décennie écoulée, le connait-elle vraiment ? Et si tout n'était qu'un jeu de dupes ? 

Mon avis :

Dans Gild, Raven Kennedy nous ouvre les portes du monde chimérique d'Orea, constitué par sept royaumes rivaux où une paix relative est instaurée depuis quelques temps. Néanmoins, dans ce premier volet, on découvre surtout le 6e royaume gouverné par le roi Midas et particulièrement Highbell, son palais fait d'or. C'est donc l'occasion pour l'autrice de se réapproprier ici le mythe grec du roi Midas qui, pour avoir accueilli Silène, se voit accordé un vœu par Dionysos et choisit la faculté de transformer en or tout ce qu'il touche. Mais dans la légende, ce don va vite devenir un fardeau l'empêchant de manger et boire et le coupant même de ses proches car tous transformés en statues d'or au moindre de ses contacts. 

Or, Raven Kennedy joue beaucoup avec cette capacité dans sa série puisqu'elle lui inspire son personnage principal. En effet, Auren a été partiellement transformée en statue dans le sens où elle est recouverte d'or mais a conservé sa mobilité humaine, faisant d'elle un être unique. De même, elle semble disposer de certains des pouvoirs de Midas sans que l'on en prenne pleinement la mesure dans ce tome 1. Entre ces lignes, la magie du roi demeure entourée d'une aura de mystères que l'on aura le loisir d'explorer au fil des tomes. D'autant que l'univers imaginé par l'autrice semble assez grandiose car elle n'a pas hésité à introduire de nombreuses chimères de son crû, à l'image de ces Griffes de feu, autrement dit les effrayantes créatures servant de bêtes de somme pour tirer les fameux navires pirates. De même que les faes sont intimement liés à la genèse du monde doré d'Orea et mieux encore, ils en sont sa principale menace. Gild pose donc les bases d'un univers fantasmagorique fouillé. Mais derrière la merveille se cache un jeu politique serré car la cour du roi Midas demeure un nid de vipères qui cherche à piéger en permanence Auren et les relations diplomatiques liant les royaumes entre eux se construisent sur bien des trahisons. Ainsi, la vision enchanteresse du mythe est vite éclipsée par le machiavélisme des protagonistes et l'implacabilité de l'environnement. 

Clairement, l'ambiance de cette saga est âpre et cruelle surtout envers la gente féminine qui y est traitée comme du bétail. Considérées comme des objets sexuels, les femmes mises en scène dans Gild sont maltraitées, déconsidérées et même violentées. Cela donne l'occasion à l'autrice d'orienter son propos autour de la toxicité d'une relation, notamment lorsqu'elle est sous emprise et du syndrome de Stockholm à travers Auren qui se sent redevable à son bourreau qui l'a sorti du ruisseau. Elle nous dépeint donc une société archaïque dominée par un patriarcat étouffant. 

16/01/2023

Judy I. Lin, Une magie teintée de poison, éditions Hugo Stardust

Judy I Lin, Une magie teintée de poison, éditions Hugo Stardust

Jeune autrice, Judy I. Lin a toujours mis un point d'honneur à s'évader dans les mondes imaginaires depuis sa plus tendre enfance. Alors rien d'étonnant de la retrouver aujourd'hui une plume à la main pour nous conter ses propres histoires extraordinaires. 

D'ailleurs, Une magie teintée de poison a l'honneur d'être classé dans la liste des Best-sellers Young Adult du New York Times, en plus de susciter l'engouement de la communauté virale des lecteurices. 

Lu dans le cadre d'un partenariat, je remercie les éditions Hugo pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Ning a perdu sa mère, morte empoisonnée par le thé qu'elle lui a servi. Sa sœur, elle, est entre la vie et la mort car sa mère a réussi, avant de mourir, à lui confectionner un remède pour ralentir les effets du poison. Mais Ning sait que ce n'est qu'une question de temps alors lorsqu'elle apprend qu'une prestigieuse compétition a lieu à la cité impériale pour trouver le plus grand maître du shénnong-shï, Ning y voit là sa chance de sauver sa sœur car une faveur sera accordée au gagnant par le princesse en personne. Ni une ni deux, elle s'embarque dans cette aventure au péril de sa vie car qui peut savoir quel terrible poison s'est immiscé dans les murs de cette cité et dans le cœur de ses habitants. Mais un autre choix est-il seulement possible ? 

Mon avis :

Une magie teintée de poison nous immerge dans un univers qui met à l'honneur le merveilleux asiatique et ses rites ancestraux. En effet, Judy I. Lin a conféré à la cérémonie du thé une puissante magie. Pour mémoire, le thé est considéré comme un art en Chine et au Japon. Alors, à chaque pays ses traditions et sa philosophie. Or, l'autrice a décidé d'articuler son intrigue autour de cet élément culturel majeur. Ainsi, elle s'est inspirée de Shen Nong, un héros civilisateur de la mythologie chinoise à qui on attribue la découverte du thé et de ses vertus médicinales pour imaginer ici la prestigieuse fonction de Shénnong-shï, autrement dit un maître du thé disposant notamment de grands pouvoirs de guérison. 

Cependant ce cadre ésotérique dissimule un monde impitoyable où règnent la compétition et la traîtrise. L'héroïne est parachutée à la cour impériale où elle est écartelée entre l'ambiance suspicieuse émanant du pouvoir en place et la tension avec ses rivaux. Dàxï est un royaume fragilisé, aux prises avec des luttes intestines qui orchestrent du désordre sur le territoire pour déstabiliser le pouvoir en place. Des empoisonnements ont été perpétrés, la mère et la sœur de Ning en ont fait les frais. Il se murmure même que l'empereur serait l'une des victimes. Sa fille, la princesse Ying-Zhen n'a rien confirmé à ce sujet mais a initié ce concours dans le but de trouver le meilleur maître du thé, alors toutes les hypothèses sont envisageables. Un contexte conspirateur qui donne à ce texte toute sa dimension intrigante maintenant ainsi une tension latente tout au long du roman. 

Une plume fluide, un rythme entraînant, des secrets à élucider, autrement dit d'indéniables qualités pour le premier volet de cette duologie.