L'influence du "gaming" à la littérature

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30/01/2026

Pierre Pevel, Stéphane Créty & Jérôme Maffre, La Veuve, vol.2, Gueule de cuir, éditions Drakoo

Pierre Pevel, Stéphane Créty & Jérôme Maffre, 
La Veuve, Vol. 2, 
Gueule de cuir
éditions Drakoo 

Alors que le 3e volet concluant cette série vient juste de rejoindre les rayonnages des librairies, il était temps que je m'attelle à la lecture du deuxième album. 

Gueule de cuir est une trilogie de bandes dessinées scénarisées par Pierre Pevel, illustrées par Stéphane Créty et mises en couleurs par Jérôme Maffre

Le second volet s'intitule La Veuve et continue de nous plonger dans des intrigues visant à renverser le pouvoir de Louis XIII et de son éminence rouge, Richelieu.

Résumé :

1633, un nouveau fléau s'est abattu sur le royaume de France. Il prend la forme d'une drogue appelée la sarne. En plus de décupler ses forces, elle coupe la faim mais provoque malheureusement la mort de manière précoce. Le cardinal Richelieu est certain que le roi des tombes est derrière ce trafic. Pour Gueule de Cuir qui enquête de son côté, cela ne fait aucun doute. Alors vont-ils s'unir pour sauver le royaume de ce nouveau péril ? 

Mon avis :

Gueule de cuir croque une période historique riche qui s'entremêle à un merveilleux teinté de ténèbres. 

Dans ce nouvel opus, Paris tombe peu à peu sous l'influence du Roi des Tombes prenant le pouvoir sur les mafieux locaux. Sa dernière trouvaille est la mise sur le marché d'une drogue aux effets aussi dévastateurs que mortels. L'intérêt étant ici de tenir les petites gens ou les grands de ce monde sous sa coupe tout en clairsemant les rangs des gêneurs. Sur son chemin va se trouver le fameux Gueule de cuir qui ne peut laisser faire de tels agissements en toute impunité.

Aussi, cette deuxième bande dessinée nous lance dans la croisade d'un homme, qui sous les traits d'un justicier masqué, va s'en prendre directement aux dealers de sarne pour mettre un terme à ce trafic de manière fort explosive. 

En effet, il ne va pas faire dans la dentelle et laisse un sillage de feu et sang. Le scénario imaginé par Pierre Pevel est tissé de violence et d'explosions. L'histoire est haletante, implacable et spectaculaire. La réaction de Gueule de cuir est brutale et féroce. Jérôme Maffre a d'ailleurs adopté les bonnes couleurs pour illustrer la violence des images. Les bulles sont tantôt flamboyantes oscillant entre le rouge sang et l'orange feu ou au contraire, ténébreuses pour bien souligner que les agissements de notre justicier masqué ne se font qu'à la faveur de la nuit. 

Stéphane Créty alterne les scènes de cavalcades sur les toits, les altercations à la pointe de l'épée ou les chevauchées à bride abattue. Toujours très bien armé, le célèbre Gueule de cuir n'hésite pas à tout faire cramer si nécessaire si tel est le seul moyen pour mettre un terme à cet immonde commerce volant la vie d'innocents et corrompant un peu plus les quartiers les plus défavorisés. 

Avec La Veuve, Pierre Pevel signe une nouvelle intrigue peuplée de complots, de corruption et de banditisme. 

Le fil directeur est passionnant, les mystères autour de cet étrange masque aux pouvoirs décuplés sont un atout majeur de cette bande dessinée. L'histoire est très originale. Elle met un coup de projecteur sur une période historique qui n'était pourtant pas déjà avare en intrigues de cour et en cabales, et dont Pierre Pevel se sert d'ailleurs allègrement pour nourrir cet univers singulier tout en lui apportant une saveur encore plus brûlante. Son ingrédient secret est bien entendu la magie qui œuvre entre ces pages. Mystérieuse, dangereuse et incontrôlable, elle appartient aux initiés car eux seuls sont à même de la contrôler. Puisant sa force dans un passé obscur et lointain, qui peut se targuer d'en comprendre sa source?

La Veuve est un récit palpitant qui se joue de ses personnages les traitant telles des marionnettes dans le seul but de remporter la partie. 

C'est épique et endiablé offrant aux lecteurs des moments forts divertissants. 

En outre, le récit est complété par un petit carnet glissé en fin d'ouvrage et faisant office de journal intime pour mieux comprendre qui se cache sous les traits de l'épéiste et surtout en apprendre davantage sur cet étrange masque. 

Le tout est une nouvelle fois magnifiquement illustré par le très talentueux Stéphane Créty. 

Pour conclure :

Gueule de cuir est une série très visuelle qui flirte avec le spectaculaire propre au cinéma et n'a donc rien à envier aux meilleurs film d'action. Évasion garantie!

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur L'épéiste

Informations

Pierre Pevel
Stéphane Créty
Jérôme Maffre
La Veuve
Vol. 2
Gueule de cuir
 9782382332528
64 pages
Editions Drakoo

28/01/2026

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, Les Chemins de Ji, éditions Mnémos

Pierre Grimbert, Les Racines du Wul, T.3, 
Les Chemins de Ji
éditions Mnémos 

Les Racines du Wul est le 3e et dernier volet qui vient conclure de manière magistrale la nouvelle incursion dans le monde de Ji de Pierre Grimbert. 

En librairie depuis le 21 janvier, je n'ai pas souhaité faire durer le suspense plus longtemps et me suis donc attelée rapidement à la lecture de ce roman. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après bien des péripéties les conduisant d'un monde à l'autre, Liéronim et ses compagnons d'infortune sont bien décidés à ramener leur jeune protégé Danel auprès des siens. Seulement les fanatiques du Wul Melinem n'ont pas dit leur dernier mot et semblent bien décidés à remettre la main sur celui qu'ils appellent depuis le début le faisceau dans le seul but d'accroître leurs propres pouvoirs. Seulement en les entraînant sans le vouloir dans des mondes aussi dangereux, la compagnie pourrait bien leur donner les moyens de tous les dominer. 

Mon avis :

Dans Les Racines du Wul, Pierre Grimbert continue de nous balader dans les univers parallèles toujours plus dangereux les uns que les autres de son célèbre Ji. Alors que ses protagonistes ont l'espoir de retrouver la terre natale de Danel décrite comme un havre de paix, ils vont débarquer dans un lieu bien différent des souvenirs du jeune garçon. En effet, le monde qui prend vie sous la plume de Pierre Grimbert est sombre et peuplé d'horribles créatures. Le danger est partout, menaçant en permanence la compagnie sans leur laisser le moindre répit. Le merveilleux a laissé la place à l'horrifique et à la monstruosité

Il est vrai qu'une magie est à l'œuvre dans chacun de ses mondes, un pouvoir subsiste dans le moindre cailloux comme l'a très vite compris les membres du Wul. Mais celle-ci est dangereuse façonnant un monde âpre et implacable. Le cadre est posé dévoilant les secrets de la mystérieuse île de Ji. Elle est la porte d'entrée d'un monde infini s'ouvrant sur de nombreuses réalités parallèles. 

Au vu des envies que ces découvertes suscitent, on comprend vite la nécessité de l'existence de gardiens. Ils sont les derniers remparts face à la folie qu'un trop plein de pouvoir peut engendrer même chez les âmes les plus nobles. C'est d'ailleurs le fil directeur de cette nouvelle série. Pierre Grimbert questionne beaucoup la notion de pouvoir et en particulier ses conséquences tout au long de sa trilogie. Il aborde d'ailleurs la notion de colonisation, à travers cette volonté implacable qu'ont les membres du Wul à vouloir s'emparer d'un maximum d'artefacts pour conquérir et dominer davantage de territoires. 

L'auteur parle également de l'exploitation des créatures qui sont enlevées à leur environnement dans le but de nourrir un pouvoir. 

La question d'esclavage est donc abordée et l'auteur y met en exergue la violence dont use certains au nom de la conquête. 

En outre, à travers ses personnages, Pierre Grimbert balaie de nombreuses thématiques tournant autour du sacrifice, du partage, de l'entraide et du dépassement de soi. Au fil des épreuves, tous vont mûrir, changer et voir la vie sous un nouvel angle. Cette série dégage quelque chose du roman d'apprentissage même si la majorité des protagonistes sont adultes.

Pari tenu pour Pierre Grimbert qui signe avec Les Chemins de Ji une nouvelle épopée pleine de magie et de nouvelles révélations sur cet univers qu'il se plaît à enrichir depuis toutes ces années. 

Pour conclure :

Amateurs de fantasy épique, cette trilogie est pour vous. Vous y retrouverez de l'explosion de magie, des affrontements et une quête. Quoi demander de plus, je vous le demande !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur La Branche Romine et La Souche Perdue

Informations

Pierre Grimbert
Les Racines du Wul
T.3
Les Chemins de Ji
9782382672372
304 pages
Editions Mnémos

Lien vers le site

24/01/2026

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche

Angel Arekin, Dieu & Sorcière, éditions Plume Blanche 

Angel Arekin a une bibliographie déjà bien remplie peuplée de titres de fantasy, de romantasy, de romance contemporaine ou encore de suspense. Son imaginaire s'avère donc débordant car il a déjà exploré de nombreux rivages. 

Après le succès de sa saga, Le Porteur de Mort, une épopée de fantasy déjà très remarquée, parue en grand format chez Plume Blanche, elle a récidivé en 2025 avec un one shot. Celui-ci s'intitule Dieu & Sorcière et est une romantasy

L'ayant acheté il y a peu de temps, j'avais très envie de le lire au vue des nombreux retours positifs à son sujet. Je dois avouer que je n'ai pas été déçue et vous confirme que la qualité est bien au rendez-vous

Résumé :

Lifren Morgeline est la dernière sorcière de sa lignée capable de retenir dans sa prison le Roi Fantôme, le maître du Monde Souterrain. Mais l'arrivée du ténébreux Aren venu se réfugier dans son vieil hôtel en bravant les fantômes de la forêt qui l'entoure va bouleverser toutes ses certitudes, l'interrogeant notamment sur la justesse de sa quête ? Et si on l'avait trompée depuis sa plus tendre enfance? Quel chemin adoptera-t-elle à la lumière de cette terrible vérité ? 

Mon avis : 

Dieu & Sorcière est une romantasy de grande qualité car elle s'appuie sur un univers richement construit. En effet, le récit s'insère au cœur d'une mythologie originale empruntant autant à la mythologie grecque que nordique. 

Entre ses lignes, les personnages d'Angel Arekin sont les pions des dieux qui se livrent une guerre sans merci. Ainsi, le Dieu de la Mort est victime d'un puissant sort l'enchaînant à sa prison souhaité par Neith le dieu de la nature par pure vengeance pour s'être uni avec sa sœur Sekmet, aujourd'hui disparue. Tous deux nous apparaissent un peu comme les pendants de Zeus et d'Hadès, deux frères ennemis qui luttent pour étendre leurs pouvoirs. 

Mais l'autrice emprunte également d'autres figures divines, à l'image de la célèbre Hekat. Elle en a fait la mère des lignées de sorcières qui malheureusement sont en voie d'extinction, à l'exception de Lifren Morgeline, la dernière représentante de ses pairs. 

Les sources sont d'ailleurs multiples car derrière Guerre, Maladie et Vieillesse, on peut y voir les personnifications des Cavaliers de l'Apocalypse mentionnés dans le Nouveau Testament. 

Quant à l'Arbre de Vie présent dans ce roman, comment ne pas l'associer au fameux Yggdrasil, l'arbre monde de la mythologie nordique. 

Il en ressort un univers d'une grande richesse, minutieusement élaboré pour accueillir une intrigue infusée de trahisons et de manipulations. 

L'histoire est particulièrement passionnante car derrière la romance qui se dessine en filigrane, il est surtout question de relations familiales complexes, de reconstruction de soi et d'expiation. 

Dans Dieu & Sorcière, Angel Arekin a surtout cherché à explorer l'âme humain, à travers des personnages écorchés vifs, marqués par le deuil et l'abandon. 

Les émotions se bousculent entre ces pages pour nous tordre les tripes car comme souvent en dark romance, le personnage masculin n'est pas qu'un simple bad boy. Victime d'une enfance difficile, orphelin depuis sa naissance, il est une âme perdue jusqu'à sa rencontre avec sa rédemption qui prend les traits d'une jeune femme puissante. Pour autant, aucun des personnages d'Angel Arekin n'est véritablement blanc. Chacun a sa part de noirceur car responsable de ses actes qu'aucune noble cause ne peut véritablement justifier. Il est donc beaucoup question dans ce roman de pardon et de reconnaissance de ses erreurs.

Dieu & Sorcière est un récit envoûtant qui nous embarque dans un imbroglio d'intrigues bien ficelées, mais est également puissant de par la diversité des thèmes abordés. 

C'est un texte qui cherche surtout à mettre l'âme humaine à nu. L'humanité y est donc beaucoup questionnée ainsi que la figure du monstre. 

Angel Arekin table sur des personnages plutôt en demie teinte. Si Aren incarne au premier abord l'image du mauvais garçon cherchant à se faire oublier au milieu d'une forêt réputée comme étant hantée, la vérité se révèle plus complexe. Il n'est finalement pas qu'un simple assassin. Ancien gamin des rues devenu un tueur dans le but de survivre à l'adversité que le destin lui a réservé. Pourtant au fil des chapitres on va se rendre compte que ses origines en font un être exceptionnel qui s'ignore. Il dispose de grands pouvoirs et va devoir apprendre à les maîtriser tout comme à en assumer les grandes responsabilités qui vont avec. C'est un personnage irrévérencieux, drôle et ténébreux à la fois. A ses côtés se tient la belle Lifren Morgeline. Elle est à la fois forte et fragile. Enfermée dans ses certitudes, sa rencontre avec Aren va profondément l'ébranler. Elle qui pensait se servir de lui comme d'un rouage nécessaire à son plan d'action va vite se retrouver désemparée face à tout ce qu'il réveille d'incroyables en elle. Elle est une puissante sorcière incarnant la force et l'indépendance. Pourtant elle est la dernière de sa lignée faisant d'elle un être à part, à protéger. En tout cas, c'est la mission qu'Aren s'est adjoint. Pour autant, il n'est pas dit que Lifren le laisse faire. Voici deux êtres que tout oppose mais dont les âmes vont s'entremêler. Alors succomberont-ils à leur plus simple désir ? Et que peut-il naître du chaos? 

Pour conclure :

Avec Dieu & Sorcière, j'ai pu goûter à la plume enchanteresse d'une autrice de fantasy qui a déjà laissé sa marque dans le paysage des littératures de l'imaginaire. La grandeur des personnages et l'authenticité de l'univers font de ce roman, une romantasy digne de ce nom. Il n'est point question ici d'une romance prenant cadre dans un décor de fantasy mais bien d'un récit de fantasy de qualité agrémentée d'une romance touchante. Voilà qui change de ce que la romantasy a l'habitude d'offrir à ses lecteurs. Je ne peux donc que vous recommander de vous emparer de cette histoire pour lire enfin une romantasy de belle facture. A bon entendeur ! 

Fantasy à la carte

Informations

Angel Arekin
Dieu & Sorcière
9782381991351
684 pages
Editions Plume Blanche

Lien vers le site

20/01/2026

Chantal Robillard, Dentelles des Mondes de Merlin, éditions Astérion

Chantal Robillard, Dentelles des Mondes de Merlin
éditions Astérion 

Dans la même collection d'anthologies parue chez Astérion, un sixième ouvrage signé Chantal Robillard est sorti à la fin de l'année 2025. Il s'intitule Dentelles des Mondes de Merlin. Il est composé de sept nouvelles et partage le même univers que son précédent roman, Merlin enquête au palais du Rhin

Ayant d'ailleurs fort bien apprécié ce roman, j'ai pris un certain plaisir à découvrir ce recueil nous proposant des nouvelles aventures du commandant Odilon Merlin. 

Mais avant de vous en parler plus en détails, je tiens à remercier Chantal Robillard pour l'envoi surprise de ce service de presse. 

Dans Dentelles des Mondes de Merlin, Chantal Robillard continue son exploration du mythe arthurien qu'elle a transposé à notre époque. 

Mon avis :

On retrouve donc la brigade du commandant Odilon Merlin entouré de ses hommes, les fameux chevaliers de la Table Ronde. Sauf que sous la plume facétieuse de cette dame de lettres, aucun n'a le moindre souvenir de sa vie antérieure. Aussi Odilon ne s'imagine pas avoir été l'un des plus grands magiciens de tous les temps, pas plus que Caradoc, Yvain ou Gauvain se projettent en chevaliers. 

Toute la singularité de cette réappropriation réside donc dans ce choix car Chantal Robillard a choisi de confronter ses grands figures de la littérature classique aux problématiques actuelles. 

Si, dans Merlin enquête au palais du Rhin, il était surtout question d'une enquête, dans ses nouvelles, l'autrice s'est davantage intéressée à la psychologie de ses personnages. Ainsi, on les retrouve dans leur intimité et on goûte à leur relationnel parfois compliqué. Il s'en dégage une ambiance plus intimiste. 

Chantal Robillard y arbore un rôle de confidente nous partageant ainsi les secrets, les souffrances ou les joies de ces grandes figures intemporelles. 

On les retrouve par exemple le temps d'un séjour passé à Brocéliande dans "Ne jamais baisser la garde" tous ensemble dans le but de resserrer leurs liens comme ce fut le cas lorsqu'Odilon a pris la tête de cette brigade peuplée de personnalités meurtries et  traumatisées notamment dans leurs chairs et leurs âmes, à l'image de Francis Caradoc et Claudin Jauffré qui se sont retrouvés criblés de balles lors d'un attentat visant Roissy. Chantal Robillard y souligne la belle solidarité qui lie ces hommes entre eux tout en les mettant face à ce mortel péril qui menace notre société par pure obscurantisme d'une caste

En outre, l'autrice ne pouvait pas faire l'impasse sur le célèbre Val sans retour. Haut lieu incontournable symbolisant la condamnation de l'homme pour ses péchés de chair. Le commissaire Singral en fera ici les frais même si son seul forfait est d'avoir succombé au charme d'une sorcière et de l'avoir épousé. 

Cette fraternité entre Merlin et ses hommes est d'ailleurs bien mise en valeur dans "Pour Merlin" car tous se mettent en quatre pour préserver sa pudeur, lui qui est un homme pudique détestant l'étalage de tout ce qui relève de l'intime. La plume de Chantal Robillard se fait parfois friponne laissant certains de ses protagonistes succomber à leurs instincts les plus primaires. Même Merlin n'est pas exempt du moindre sentiment, lui qui est également tombé dans les filets de la belle procureure adjointe Rosemonde Sagramore. Véritable enchanteresse à laquelle nul ne résiste, pas même le grand Merlin, lui qui fut un grand magicien dans une autre vie. Chantal Robillard rappelle que l'on est bien désarmé face à l'amour et à ses affres. 

13/01/2026

André David, Luna Incognita, éditions Critic

André David, Luna Incognita, éditions Critic

Luna Incognita est le deuxième roman d'André David. Pour mémoire, son premier livre, Les Naufragés de l'institut Fermi est paru chez Critic en 2022. La fin de l'année 2025 a donc été marquée par son grand retour au catalogue avec ce nouveau titre de science-fiction. 

Contactée il y a quelques semaines par l'auteur lui-même pour lire son nouveau livre, je tenais avant de commencer à le remercier très chaleureusement de sa confiance. Vous l'aurez donc compris, ce livre est un service de presse. 

Réusmé :

Avec la conquête de la lune, beaucoup de terriens vivent sur la lune depuis de nombreuses générations avec toujours cet espoir dans le cœur de beaucoup de poursuivre l'exploration de l'espace. C'est la raison pour laquelle les chantiers lunaires sont en ébullition pour mener à bien le projet Apollo et enfin trouver le moyen de conquérir d'autres planètes. Enez est l'une de ces personnes rêvant le plus de voir cette mission se concrétiser même si beaucoup tentent de l'en dissuader. Mais l'assassinat de son amant pourrait bien changer la donne ? 

Mon avis : 

Avec Luna Incognita, André David s'essaye au space opera en y mêlant des notes de thriller, histoire de pimenter son récit. 

Le cadre proposé par l'auteur est très immersif, nourri par une technologie avancée. Le voyage spatial étant ici en partie maîtriser puisque les planètes du système solaire sont colonisées. La plume d'André David s'appuie donc sur un discours scientifique solide nous proposant un univers futuriste crédible grâce à une machinerie de pointe. Il nous embarque donc à bord de vaisseaux pour un dépaysement total car le danger survient de partout. Naviguer dans l'espace ne reste pas sans risque. Toute défaillance ou erreur de calcul entraîne la mort de ces êtres vivants dont les ancêtres ont fait le choix de quitter la Terre. 

Le récit n'en est donc que plus implacable. C'est une aventure comme peut l'être chaque récit de space opera. Toutefois la notion d'urgence qu'André David a glissé dans son livre lui donne une certaine amertume. En effet, cette conquête s'est tout de même fait au prix du sang et elle continue de faire des ravages surtout chez ceux qui ont l'espoir d'aller encore plus loin pour voir si la vie n'y serait pas meilleure. 

Luna Incognita est un récit de survie. Celle de tous les personnages d'André David mais aussi de l'humanité en général. La plume de l'auteur est âpre et intransigeante. Mais il fallait bien cela pour porter un tel récit porteur de sujets aussi riches. 

Il y est donc question d'une réflexion autour de la vie après un effondrement. Sans surprise la Terre est devenue quasiment inhabitable poussant beaucoup d'humains à tenter leur chance sur la lune ou ailleurs. Les problèmes climatiques sont donc abordés et s'accompagnent de regrets et de nostalgie pour ceux qui se languissent de la vie d'avant sur la Terre. André David a ponctué son texte d'une réflexion autour d'une vie différente pour les humains qui ont dû s'adapter pour ne pas disparaître. 

La thématique de la colonisation demeure le fil directeur de ce roman à travers l'obsession des personnages à vouloir mener à bien cette ultime mission visant à construire le vaisseau qui les mènera vers Proxima du Centaure, autrement dit vers d'hypothétiques d'autres planètes situées hors du système solaire. La question de la légitimité d'un tel projet se pose car on s'interroge sur les conséquences néfastes d'une telle perspective. 

Ce roman est également très politique au vu des enjeux mis en exergue. La quête de pouvoir demeure l'obsession principale d'une caste qui est prête à toutes les extrémités pour le garder. Mensonges, manipulations et trahisons sont leurs principales armes face à une défiance toujours plus importante.