L'influence du "gaming" à la littérature

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29/09/2026

Alexiane Thill, Ombre noire, tome 4, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill, 
Ombre noire, 
T.4, 
Le Dernier Conte, 
éditions Hugo poche

La parution d'Ombre noire marque le point final de cette série au long cours écrit en quatre tomes. 

Si dans le tome précédent, les révélations se pressaient entre ses pages pour nous donner les clés de cet incroyable univers, le quatrième volet, lui, va davantage se consacrer à l'ultime et nécessaire affrontement entre l'ensemble des protagonistes du Dernier Conte qu'ils soient Héros ou non. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie à nouveau Olivia pour sa confiance renouvelée. 

Résumé :

Après avoir découvert la vérité sur les Contes, Warren et Ariane se retrouvent séparés. Alors que lui est de retour dans les Basses-Terres chargé de la mission d'informer les Monarques sur les véritables desseins de Marraine, elle, doit affronter la bonne fée et le machiavélique Pan afin de les empêcher ou tout du moins les ralentir dans l'accomplissement de leur ignoble projet. Affaiblis et ébranlés, trouveront-ils la force nécessaire pour triompher de leur némésis ? 

Mon avis :

En puisant dans les contes de fées pour construire son univers, Alexiane Thill nous rappelle la richesse et surtout le précieux trésor que représentent toutes ces histoires compilées au fil du temps qui nourrissent l'imaginaire collectif. 

La fantasy se nourrie clairement des mythes, des légendes et des contes que les auteurices reconnaissent ou non ces emprunts dans les mondes qui prennent vie sous leur plume. Or, dès les premières lignes de son récit, Alexiane Thill, elle, revendique cette héritage culturel qu'elle a grandement retravaillé pour nous immerger dans un véritable jeu de pistes afin d'identifier les contes mis en valeur ici et d'apprécier ou non ce qu'elle en a fait. 

C'est ce choix qui rend ce récit particulièrement immersif incitant à la réflexion et à l'introspection dans ses souvenirs de lectures. 

Le Dernier Conte nous entraîne dans un monde parallèle où l'on rencontre des trolls, des sirènes, des léviathans, des ogres, des fées, des sorcières... bref tout une communauté surnaturelle qui nous permet d'identifier directement l'environnement fantasy dans lequel on est propulsé. 

L'autrice mélange tous les tropes que l'on aime retrouver dans ce genre : les créatures chimériques, la lutte entre le bien et le mal, des batailles épiques, de la magie, des protagonnistes "grumpy sunshine" et même de la romance slow burn. 

Toutefois, ce quatrième opus nous rappelle que l'univers des Contes est parallèle au nôtre et que la fin va incomber le retour de Warren d'où il vient car il n'est pas originaire de là. 

26/09/2026

Alexiane Thil, Perle bleue, tome 3, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill,
Perle bleue,
 T.3,
Le Dernier Conte,
éditions Hugo poche

En signant sa saga du Dernier Conte, Alexiane Thill offre à ses lecteurs un voyage totalement dépaysant au pays des contes de fées. 

Personnellement, j'ai dévoré chaque page de Pomme d'or et de Rose rouge. Il n'était donc pas question de retarder ma lecture de Perle bleue d'autant que l'autrice a la fâcheuse habitude de conclure ses romans sur d'insoutenables cliffhangers. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Cherchant toujours un moyen pour empêcher la Nuit d'advenir, Warren et Ariane ont l'idée de s'unir. Toutefois la cérémonie est interrompue par la survenue des troupes de Blanche-Neige qui cherchent toujours à leur mettre la main dessus. Or, pour leur échapper, ils n'ont pas d'autre choix que de prendre la direction de la côte. Là-bas, ils retrouvent une vieille ennemie de la fée et s'associent à un pirate pour tenter de franchir la Barrière d'Écume et atteindre Neverland car c'est leur dernier espoir d'y trouver une solution. Mais ne vont-ils pas juste se mettre dans la gueule du loup ? 

Mon avis :

Comme dans ses tomes précédents, Alexiane Thill explore de nouveaux contes car ils sont les pièces maîtresses de cet univers foisonnant de fantasy. Or, en voyant ses protagonistes se rapprocher de la côte et embarquer à bord d'un navire, on devine de suite le conte qui sera, dans un premier temps, mis à l'honneur ici, à savoir La Petite Sirène. 

D'ailleurs, il est à noter qu'Alexiane Thill demeure plutôt fidèle au conte d'Hans Christian Andersen. Ainsi, cette version du conte s'est bien accomplie et les personnages du Dernier Conte en subissent les conséquences et tentent de dénouer les fils de l'histoire pour s'en servir à leur avantage. 

La plume d'Alexiane Thill se montre à nouveau très ingénieuse dans les emprunts qu'elle fait pour tricoter sa propre histoire. 

Après la forêt maudite et les marais, elle nous embarque donc en pleine mer à la rencontre de nouvelles créatures. Elle a, à nouveau, lâché la bride à son imagination pour donner vie à des êtres aussi incroyables que ténébreux. En variant les décors qui servent d'écrin à son histoire, l'écrivaine conforte notre évasion tout en renforçant l'atmosphère horrifique qu'elle a impulsée à son univers dès le premier roman. La corruption qui s'est lentement installée dans les différents mondes est juste glaçante. Aussi, l'ambiance est de plus en plus lourde et dérangeante. 

Dans Perle bleue, l'action est à son comble surtout lorsque le navire sur lequel ont embarqué les héros du Dernier Conte chevauche une mer déchaînée remplie de créatures monstrueuses qui ne ressemblent en rien au dessin animé naïf de Walt Disney. En effet, les sirènes d'Alexiane Thill sont effrayantes, diaboliques et puissantes. Le conte étant perverti, on en attendait pas moins de l'autrice que de nous brosser le portrait de créatures à nous flanquer la chair de poule. 

C'est un tome riche en batailles très épiques. L'autrice emprunte bien volontiers au roman de piraterie pour piquer son récit d'affrontements maritimes très immersifs. Le spectaculaire est donc de la partie, tout comme les révélations qui commencent à fleurir surtout à travers les souvenirs d'Ariane car ces derniers refont surface de plus en plus rapidement. 

Dans ce troisième volet, l'autrice joue sur nos nerfs en soufflant le froid et le chaud, ce qui met d'ailleurs nos cœurs à rude épreuve. La tension monte crescendo dans ce tome en raison de duels aussi inattendus qu'ébouriffants. 

En outre, Alexiane Thill se montre très habile pour faire le lien entre les deux contes mis en lumière ici puisque tout repose sur l'introduction d'un personnage dont le passé familial et une déconvenue de son présent assurent la connexion entre les deux. C'est brillant et bien vu ! 

Dans Le Dernier Conte, l'autrice se plaît à montrer l'envers du décor, à mettre en avant les réalités qui se cachent derrière les histoires. 

Or, c'est au Pays Imaginaire que tout semble se jouer, ou tout du moins qu'une vérité attend d'être découverte. 

22/09/2026

Alexiane Thill, Rose rouge, T.2, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill, Rose rouge, 
T.2, 
Le Dernier Conte, 
éditions Hugo poche

Après avoir bien accroché au premier tome de la série Le Dernier Conte d'Alexiane Thill, je ne pouvais donc qu'enchaîner avec la suite. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Après avoir échapper in extremis aux griffes de Blanche-Neige, Ariane et Warren ont pris la route en compagnie de l'apothicaire Marcus et des nains, Dee et Tif pour aller se mettre à l'abri du courroux de la Monarque de Schneefall et poursuivre leur quête de trouver une Héroïne. Chemin faisant, les ennuis ne vont pas manquer de se succéder, alors seront-ils capables de surmonter l'adversité jusqu'au bout ? 

Mon avis :

Avec Rose rouge, Alexiane Thill poursuit l'exploration de son univers incroyable en y instillant des notes plus sombres, touchant même à l'horrifique. Si dans le premier volet, l'autrice s'est attelée à nous livrer une autre version du conte de Blanche-Neige, dans ce deuxième tome, elle a choisi d'entremêler l'histoire de La Belle et la Bête à celle de Cendrillon. Deux contes qui n'ont rien avoir l'un avec l'autre mais qui pourtant, dans la réécriture d'Alexiane Thill matchent très bien ensemble. 

Rose rouge se présente comme un road trip dans lequel les protagonnistes se sont lancés pour échapper à leurs poursuivants. Or, celui-ci va les emmener au cœur d'un territoire recouvert de brume et où sévit une créature non identifiée mais qui laisse derrière elle un sillage de disparitions inexpliquées et  de quelques cadavres horriblement mutilés. 

Très vite, Alexiane Thill installe dans son roman une atmosphère pesante où l'horreur se confronte à l'incompréhension. 

Des marais à perte de vue, un brouillard insondable, des rugissements effrayants et ces bien trop nombreuses disparitions, tels sont les ingrédients sur lesquels se basent les trois quarts de ce tome 2. 

Tout est réuni pour frissonner et tenir en haleine le lecteur quant à l'étendu des mystères que nous réserve ce présent récit. 

En outre, ce livre nous permet également d'en apprendre plus sur la fée Ariane qui commence à avoir des réminiscences de son passé car ses souvenirs la fuient depuis quelques années et elle tente également de lutter contre ce phénomène en sus de tenter de mener à bien sa quête. 

C'est donc un roman qui est piqué de quelques révélations autant sur l'univers des Contes que sur le passé de la fameuse Fée Tempête. 

L'immersion est donc totale et l'intérêt pour cette plaisante saga pleinement maintenu. 

D'autant que La Belle et la Bête reste mon conte préféré et je dois vous avouer que la réécriture proposée par Alexiane Thill est aussi glaçante que poignante. 

18/09/2026

Alexiane Thill, Pomme d'Or, T.1, Le Dernier Conte, éditions Hugo poche

Alexiane Thill, Pomme d'or, 
T.1, 
Le Dernier Conte, 
éditions Hugo Poche

Alexiane Thill est avant tout connue pour sa série de romance historique, Les MacCoy. Pourtant, elle est également l'autrice d'une autre série s'inscrivant cette fois-ci dans un contexte de fantasy. Celle-ci s'intitule Le Dernier Conte et autant vous le dire de suite, j'avais très envie de lire cette nouvelle réinterprétation des contes de fées. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Ariane est la dernière fée encore en vie. Depuis la disparition de Marraine et de ses sœurs, l'univers des Contes est fortement menacé par la Nuit qui approche. L'obscurité entraînerait sans surprise la mort de toutes choses. Ariane est donc le dernier espoir sauf que sa magie à elle est faible et elle ne sait pas trop comment s'y prendre pour remédier à la situation. Elle a juste l'idée de tenter de recréer un conte et pour cela, il lui faut trouver un Héros qu'elle vient dénicher dans notre monde, et plus particulièrement à Disneyland Paris. C'est ainsi que le castmember Warren se retrouve embarqué, bien malgré lui, dans le monde des Contes à devoir endosser un costume sans doute trop grand pour ses frêles épaules. Mais s'il veut retrouver le chemin de retour, il n'a pas d'autre choix que de coopérer. Enfin si une fin heureuse est encore possible ? 

Mon avis :

Avec Le Dernier Conte, Alexiane Thill nous entraîne donc au cœur d'une fantasy urbaine infusée aux contes de fées. L'univers qui prend vie sous cette plume de l'imaginaire se matérialise sous la forme d'un arbre, appelé le Sphérier, qui connecte les mondes entre eux. Chacun d'eux perçoit les échos des autres qui se transmettent de génération en génération sous la forme d'un héritage collectif. Notre monde fait partie du lot, ainsi que celui des Contes. Seulement ce dernier est en péril depuis la disparition progressive des fées, dont la plus importante d'entre elles, Marraine la bonne fée. En effet, c'est elle qui est à l'origine de chaque conte qu'elle créait grâce à sa puissante magie. Or, maintenant qu'elle n'est plus là, le Crépuscule s'est invité annonçant la venue de la Nuit éternelle qui ne manquera pas d'étouffer la moindre étincelle de vie en raison de l'absence de jour. Il n'y a donc pas d'autre choix que de recréer un conte pour réactiver la magie qui maintient en place l'existence de ce monde. Seulement le mode d'emploi semble s'être perdu en même temps que la disparition de Marraine. 

En fait dans Le Dernier Conte, il existe deux magies qui se complètent. Il y a celle propre aux contes qui est fondatrice et nourricière, et celle des arcanes étant nettement plus sauvage et instable. Or, la dernière fée ne semble maîtriser que la magie des arcanes qui, de prime abord, ne lui sera donc pas d'une grande utilité pour atteindre son but. 

En outre, ce monde des Contes se divise en deux plans : les Hautes-Terres correspondant au Pays Imaginaire et servant de berceau à la magie du Conte et les Basses-Terres regroupant les royaumes et principautés des différents peuples, tels les humains, les gnomes ou les nains. Ils sont administrés par les Héros et les Héroïnes qui ont obtenu leur Fin Heureuse. 

Plus que de se nourrir des différents contes, Alexiane Thill nous en propose une réinterprétation fort intéressante. Ainsi, Pomme d'Or met à l'honneur l'histoire de Blanche-Neige que l'on redécouvre sous un jour nouveau. L'autrice a retravaillé les portraits des héros et des méchants de notre enfance pour nous en livrer une version à la fois glaçante et bluffante. 

15/09/2026

Fabien Clavel, Feuillets de Brume, Les Nouvelles éditions ActuSF

Fabien Clavel, Feuillets de Brume, 
Les Nouvelles éditions ActuSF

Feuillets de Cuivre est le tout premier roman que j'ai lu de Fabien Clavel et j'ai de suite été emportée par la beauté de sa plume et son imaginaire débordant. 

C'était en 2021 et depuis lors, j'ai continué à explorer certains de ses autres récits, tels La Niréide, Abyss. Le Trône Vide, Buffy. Baroque Épopée ou encore Légendes des Mondes d'Aria. 

Vous remarquez l'éclectisme de ses textes car Fabien Clavel est un auteur qui aime se confronter à tous les genres. Le moins que l'on puisse dire est que cela lui réussit très bien. Sa bibliographie est d'ailleurs très impressionnante. 

Feuillets de Brume est son nouveau roman. Il paraît le 17 septembre prochain chez Les Nouvelles éditions ActuSF. 

Quel honneur pour moi de le lire en avant-première et de pouvoir ainsi poursuivre les aventures de l'inspecteur Ragon. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse.

Résumé :

Dans Feuillets de Brume, on suit l'inspecteur Ragon dans certaines de ses enquêtes menées entre 1871 et 1910 aux quatre coins de Paris et même au-delà, du côté de la Normandie. Entre meurtres sordides et disparitions inquiétantes, Ragon a encore une fois de quoi faire travailler ses méninges. D'ailleurs sa curiosité intellectuelle sera d'autant plus nourrie qu'il devra même faire face à quelques vérités sorties tout droit de son passé. Mais sera-t-il prêt à tout entendre et accepter ce nouveau départ que la vie semble vouloir lui proposer ? 

Mon avis :

Feuillets de Brume prend cadre dans un contexte historique très riche. En effet, en 1870 la IIIe République succède au Second Empire après la défaite de la France contre la Prusse et la capture de Napoléon III. Pour autant, le régime demeure fragile car la France va traverser de nombreuses crises politiques, financières et idéologiques. Cela va se traduire par des moments de tension, à commencer par la Commune en 1871 lorsque le peuple de Paris s'est insurgé contre le gouvernement en place. Cet épisode est d'ailleurs marqué par l'adoption de réformes démocratiques, laïques et sociales. Il y a eu également la crise boulangiste entre 1886 et 1889 menaçant de renverser à nouveau le régime par un coup d'État, puis les attentats anarchistes entre 1893 et 1894. Et enfin, l'erreur judiciaire doublée d'un scandale antisémite que fut l'affaire Dreyfus et qui divisa tant la France entre 1894 et 1906. 

Le cadre posé est riche et se révèle d'ailleurs être le parfait terreau pour permettre à Fabien Clavel de développer ses intrigues mélangeant habilement réalité et imaginaire. 

D'autant que la magie imaginé par l'auteur est particulièrement surprenante. En effet, Fabien Clavel ne fait pas que jouer avec l'Histoire mais aussi et surtout avec la littérature. Aussi, les grandes œuvres débordent dans notre monde pour venir se réécrire d'une autre manière et influencer les évènements en cours. C'est particulièrement intelligent et permet à la fois de nourrir la culture des lecteurs tout en jouant avec eux. 

Comme son précédent roman, Feuillets de Brume est un véritable hommage aux belles lettres. L'auteur nous propose même une réinterprétation de certains monuments littéraires français, classiques ou populaires, a également piqué ses textes de nombreuses références aux œuvres sacrées nous entraînant ainsi au fil des épisodes dans un jeu de pistes fort récréatif. 

11/09/2026

Stacey McEwan, Les Artisans, T.1, A Forbidden Alchemy, éditions Olympe

Stacey McEwan, Les Artisans, 
T.1, 
A Forbidden Alchemy, 
éditions Olympe

Après une première trilogie de romantasy intitulée Glace, Stacey McEwan a repris la plume pour nous livrer le premier tome d'une nouvelle série de fantasy qui s'annonce déjà exceptionnelle. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Olympe, je remercie Pascal Godbillon pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

A douze ans, les enfants des villages miniers de Fosse Belvère sont envoyés à la capitale, Belville afin de tester leurs capacités magiques. Pour Nina de Cachot, c'est l'occasion rêvée de s'extraire de sa condition en devenant une puissance magicienne au service du pouvoir. Pour le jeune Patrick de Claircoteau, c'est la crainte d'être éloigné des siens s'il était choisi. Ensemble, ils vont faire une découverte inattendue qui va faire basculer leur destin à tout jamais. Bien des années plus tard, alors que la révolte gronde, Nina recroise la route de Patrick qui lui propose un étrange marché. Mais peut-elle réellement lui faire confiance après toutes ces années? 

Mon avis :

A Forbidden Alchemy est une romantasy dotée d'un worldbuilding très riche. En effet, Stacey McEwan s'est inspirée du XIXe siècle à travers l'essor de l'exploitation minière et notamment l'extraction du charbon qui bat son plein pour donner un cadre fort crédible à son récit. 

L'univers qu'elle a imaginé s'appelle Fosse Belvère et est peuplé de villages miniers où le charbon est extrait au prix du sang par les Façonniers et est dominé par la capitale, Belville où siègent les Artisans, seuls détenteurs de la magie. 

Or, pour tenter d'améliorer leurs conditions de vie et de travail, les Façonniers multiplient les mouvements de grève. Mais chacune de leurs manifestations est violemment réprimée par le pouvoir en place. Dès lors une coalition se forme. 

A sa tête les membres d'une famille qui tiennent leur petit monde dans une poigne de fer n'hésitant pas user, à leur tour, de violence si nécessaire afin de se faire entendre et craindre. 

Ils sont d'ailleurs volontairement comparés à des gangsters par la chambre des Lords et nous rappelle la série Peaky Blinders car l'autrice y emprunte la même esthétique. 

L'univers dépeint est particulièrement immersif oscillant entre ombre et lumière. Le dur labeur, la saleté et la peur de mourir font le quotidien des Façonniers au cœur des mines, tandis que les plus aisés évoluent en pleine lumière dans l'opulence et la magie. 

Entre ces lignes, cette dernière se retrouve entre les mains de quelques élus capables de commander à l'eau, à la terre ou au feu, par exemple. On les appelle ici des charmeurs mais leur prédisposition est conditionnée à la prise d'une substance rare et précieuse, l'idium, que seuls les alchimistes sont capables de produire. 

Ce système de magie est fort ingénieux et s'intègre habilement à l'intrigue tissée de lutte et de mensonges d'État. 

Dès les premières lignes, on perçoit le propos social porté par l'autrice qui met ici en exergue une lutte féroce des classes. On retrouve d'ailleurs les mêmes leviers utilisés par les classes populaires pour obtenir des avancées sociales, à savoir la grève. 

Dans son roman, Stacey McEwan dénonce les injustices perpétrées au nom du profit des castes dites supérieurs. En outre, elle met à jour les mensonges et les manipulations utilisés par le pouvoir pour se maintenir en place. Enfin, il y a tout un questionnement sur les moyens utilisés pour faire gagner la cause. Finalement, le fil directeur de ce livre est de savoir si tout peut être permis pour renverser le pouvoir lorsque celui-ci est inique et injuste ? 

A Forbidden Alchemy est un récit engagé qui parle d'idéaux et de valeurs tout en confrontant l'âme humaine à ses pires dilemmes. 

On y suit tour à tour Nina et Patrick, deux âmes broyées par le système. Elle souhaite devenir une Artisane et s'affranchir ainsi de ses origines modestes. Pour y parvenir, elle réussit à intégrer l'institut après la cérémonie des prélèvements et devient une puissante charmeuse de terre. Mais Nina est vite rattrapée par les évènements et lorsqu'on lui demande de choisir son camp, elle prend la fuite. Tiraillée entre deux mondes, Nina va mûrir dans le sang et les larmes pour embrasser un destin où elle pourrait être l'étincelle qui fait la différence. Patrick lui s'est dessiné un autre destin. Secret et mystérieux, il a le mental d'un meneur d'hommes. Son charisme et son autorité naturelle font de lui un être à part. Aussi inquiétant qu'attirant, nul ne reste insensible à son charme ténébreux, surtout pas Nina qui tombe bien malgré elle dans sa toile. Incandescent, il incarne certaines valeurs mais son intransigeance pourrait bien lui faire tout incendier. 

Pour conclure :

Avec A Forbidden Alchemy, les éditions Olympe accueillent dans leur catalogue un nouveau récit de très grande qualité riche de thématiques variées et une fluidité dans le récit fort appréciable. Alors, je ne peux que vous recommander de le glisser dans vos PALs d'automne et autre Pumpkin Autumn Challenge. La DA du livre s'y prête sans parler des thématiques : alchimie, école, secrets...ect. Foncez donc en librairie car il vous y attend déjà !

Fantasy à la Carte

Informations

Stacey McEwan
Les Artisans
T.1
A Forbidden Alchemy
9782073124807
570 pages
Editions Olympe

Lien vers le site

07/09/2026

Nox, Là où poussent les coquelicots, éditions Plume Blanche

Nox, Là où poussent les coquelicots, 
éditions Plume Blanche

Nox est une jeune autrice d'imaginaire dont j'avais envie de découvrir le travail surtout après vu le déferlement d'avis dithyrambiques sur les réseaux sociaux suite à la sortie de son roman, Là où poussent les coquelicots. 

Il faut bien avouer que l'effervescence autour de ce roman a clairement attisé ma curiosité d'autant qu'un exemplaire dormait tranquillement dans ma bibliothèque depuis un certain temps. 

En effet, j'ai acheté ce livre l'année dernière dans le cadre de la mystery box des éditions Plume Blanche. Vous serez d'accord avec moi, il était donc plus que temps de le sortir de la pile pour m'atteler à sa lecture.

Résumé :

Bien que Kat Evander appartienne au clan d'Athéna, elle ne se sent pas l'âme d'une guerrière et est plutôt attirée par la déesse Hécate dont le culte est aujourd'hui interdit. Alors qu'elle doit dissimuler à tous sa véritable identité, il est temps pour elle de vivre sa première Saison. Évènement majeur où chaque descendant des dieux doit exceller à chacune des épreuves qu'il va devoir affronter. La mère adoptive de Kat compte bien profiter du moment pour déclarer officiellement la jeune femme comme sa successeuse même si cela va à l'encontre des désirs de cette dernière. Mais qu'importe car le temps est à la survie et pour cela, Kat dispose de la meilleure des armes : les mensonges. Seulement à ce jeu, elle pourrait trouver plus fort qu'elle, qui sait ! 

Mon avis ;

Là où poussent les coquelicots est une romantasy très sombre infusée à la mythologie grecque. 

En effet, pour construire son univers, Nox s'appuie sur la disparition des dieux grecs due à la perte de croyance en leur existence. Toutefois des clans se revendiquant appartenir à telle ou telle divinité subsistent. Leurs membres bénéficient d'ailleurs encore de certaines grâces divines. Or, même si des alliances sont nouées, la plupart des clans demeurent rivaux et sur leurs gardes pour prévenir toute trahison, surtout que des monstres continuent de s'échapper des Enfers. Bien que les descendants d'Arès tentent de les contrer, cette guerre est loin d'être gagnée. Pour beaucoup, la présence de ces monstres est le prix qu'ils doivent encore payer de la trahison d'Hécate même si elle-même n'existe plus tout comme son clan qui a été éradiqué. C'est dans ce contexte que prend cadre le récit de Nox. Un monde où la magie est bannie car crainte. 

Dans son roman, les dieux sont omniprésents car Nox se réapproprie fort habilement des éléments notables des mythes pour donner une grande crédibilité à son monde. Aussi entre ces lignes on retrouve, par exemple, la mention de la torche dont use Hécate pour conduire Déméter auprès de sa fille Perséphone au cœur des Enfers. Il est également question de sa fonction de gardienne des clés. La réappropriation que nous propose Nox dans Là où poussent les coquelicots est très efficace et offre un bel écrin à son intrigue qui se révèle au fil des pages très prenante. 

Là où poussent les coquelicots est une histoire pleine de mensonges, de secrets et de non-dits. Il revient donc à chaque lecteur de démêler le vrai du faux dans ce récit complexe et prenant. 

En outre, la romance qui prend place dans ce livre n'est pas centrale à l'histoire. Elle n'est finalement là que pour adoucir les angles d'un texte âpre. 

Sachez que le récit est sombre et violent. Des personnages sont battus et torturés. Dès le début, on est averti que l'on ne sortira pas indemne de cette lecture. 

Et pour cause, l'autrice y questionne beaucoup la figure du monstre. Celle-ci prend d'ailleurs rarement les traits que l'on attend. Elle parle aussi du deuil et de la mort. Certains passages sont émotionnellement durs, voir insoutenables. 

Enfin, la quête de soi est également au cœur de ce roman puisque la protagoniste principale cherche à s'émanciper de l'identité qu'on lui a imposé pour embrasser ses véritables origines. 

A l'image de son roman, Nox nous brosse le portrait de personnages gris. Tous ont deux visages et ne sont donc ni blancs ni noirs. Chacun étant enfermé dans ses mensonges pour maintenir le masque qu'ils se sont choisis. C'est le cas pour son duo de personnages principaux donnant à cette histoire une saveur toute particulière. 

Kat est tiraillée entre son devoir envers sa famille d'adoption et ses véritables désirs. Elle s'est construite sur des mensonges et des secrets. Cela fait d'elle un personnage ambivalent car à la fois forte et pour autant également pleine de fêlures. C'est clairement un protagoniste très badasse qui n'hésite pas à se mesurer à plus fort qu'elle. Elle est particulièrement intelligente et rusée. Pour autant, il lui suffit d'une seule rencontre pour que son masque de froideur se fissure et nous dévoiler des pans de sa personnalité la rendant encore plus attachante à nos yeux. 

À ses côtés se tient Len, un homme puissant qui se révèle être aussi ténébreux que secret. Alors que tous le prend pour un soldat implacable et un tueur sanguinaire, la vérité est plus complexe qu'il n'y paraît. Len dissimule sous une carapace épaisse de profonds traumatismes que Kat va faire remonter à la surface sans réellement le vouloir. C'est une âme torturée, un chien fou que l'on a finalement juste envie de protéger.  Les liens qui unissent ces deux êtres  sont aussi inattendus que touchants.

Avec de telles âmes écorchées vives, on imagine sans mal que leur amour va mettre ce roman à feu et à sang. 

À la lecture du premier chapitre, j'ai craint le pire, à savoir de me retrouver dans un relationnel toxique que je n'avais clairement pas envie de lire à cet instant mais quelques pages plus tard, on découvre, à mon grand soulagement, une toute autre réalité.

Pour conclure :

Là où poussent les coquelicots est une histoire tissée de larmes et d'espoir qui prend aux tripes pour nous laisser pantois à la fin. Alors accrochez-vous car il se peut que votre cœur saigne arrivé à la dernière page de ce livre. 

Fantasy à la Carte

Informations

Nox
Là où poussent les coquelicots
9782381991641
456 pages
Editions Plume Blanche

Lien vers le site

31/08/2026

Robert Jackson Bennett, Une Larme de Poison, T.1, À L'Ombre du Léviathan, éditions Albin Michel Imaginaire

Robert Jackson Bennett, 
Une Larme de Poison, 
T.1, 
À L'Ombre du Léviathan, 
éditions Albin Michel Imaginaire

Au fil de ses parutions, Robert Jackson Bennett est devenu un nom incontournable des rayons d'imaginaire. 

Sa bibliographie ne cesse de s'enrichir de titres toujours plus exceptionnels les uns que les autres. Il excelle d'ailleurs à nous inventer des systèmes de magie incroyables et à nous plonger dans des univers de fantasy très immersifs. 

Une Larme de Poison est son nouveau roman. Il rejoint le catalogue des éditions Albin Michel Imaginaire le 2 septembre prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Comme chaque année, l'arrivée de la saison des pluies est crainte dans tout l'Empire car elle signifie que les léviathans vont revenir attaquer les frontières. Alors que tout le monde est sur les dents, un meurtre est commis. Or, la victime est un haut fonctionnaire qui a été retrouvé dans une riche demeure, le corps littéralement traversé par un arbre. La plus excentrique des investigatrices, Ana Dolabra, est dépêchée pour mener l'enquête. Seulement, elle est aussi connue pour refuser de sortir de chez elle. Alors c'est son assistant Dinios qui va se charger d'être ses yeux et ses oreilles durant la durée de l'enquête afin de lui apporter toute la matière nécessaire à former ses déductions. Chemin faisant, Dinios va vite prendre conscience que la corruption règne en maître dans les plus hautes sphères du pouvoir. Beaucoup auront sans doute à perdre si la vérité venait à éclater. Alors jusqu'où le ou les assassins seront prêts à aller pour l'empêcher dans sa mission ? D'ailleurs, Ana et Dinios sont-ils réellement en sécurité ? 

Mon avis :

Avec Une Larme de Poison, Robert Jackson Bennett nous propose à nouveau un roman à la croisée des genres. Ainsi, ici il mêle le thriller au biopunk et nous entraîne aux confins de l'Empire Khanum pour y résoudre un premier meurtre. 

L'univers qui prend vie sous la plume de Robert Jackson Bennett se teinte de biotechnologie augmentant les humains par l'intermédiaire de greffons entraînant ainsi des transformations corporelles dans le but de survivre et de s'adapter aux changements environnementaux. Ainsi le vivant s'en trouve profondément changé fusionnant, par exemple, le végétal aux cellules humaines. 

En dépit de cette évolution, la sécurité de tous n'est pas certaine surtout avec la saison des pluies. En effet, celle-ci s'accompagne toujours du retour des léviathans qui viennent se heurter aux fortifications protégeant l'Empire. Il est de notoriété que leur sang empoisonne les chairs et les esprits. Alors les détruire semble la seule alternative à la survie. 

Toutefois le roman laisse planer beaucoup de mystères autour de leur existence et le choix de cette gigantesque et monstrueuse créature marine issue de la mythologie du Proche-Orient ancien n'est clairement pas le fruit du hasard. En effet, face à cette monstruosité symbolisant le chaos, l'État semble le seul moyen pour garantir la paix et la sécurité. En échange de cette protection, chacun a renoncé à ses libertés individuelles pour vivre selon les codes et les lois édictés par le pouvoir en place. La société est donc régit en castes où chacun a sa place sans pouvoir y déroger. 

Or, une série d'odieux meurtres va ébranler le système dévoilant ses failles en mettant en exergue les trahisons des plus hauts placés dans la société. 

Une Larme de Poison est un récit d'une grande richesse. Il est d'abord politique en nous dévoilant des secrets d'État mettant en lumière ce que certains sont prêts à sacrifier au nom de la prospérité et de la conservation des privilèges. 

Mais, ce texte est aussi social et sociétal car l'auteur y porte un point de vue très engagé. En effet, les mutations que certains individus acceptent de faire subir à leur corps n'est pas sans danger ni souffrance comme le rappelle Robert Jackson Bennett entre ces lignes. Les greffes sont synonymes de pouvoirs mais aussi de faiblesses car elles sont loin d'être parfaitement maîtrisées. L'auteur nous en démontre d'ailleurs ses limites. Elles peuvent handicaper autant le corps que l'esprit. La question de la santé mentale est également abordée dans ce roman. 

Robert Jackson Bennett nous rappelle que la biotechnologie comme toute science doit revêtir une notion d'éthique. Or, dans son roman, certains protagonnistes ont tendance à l'oublier au nom de leurs intérêts personnels. Il est donc facile de verser dans les dérives faisant fi du danger. 

L'enquête qui voit le jour dans ce roman est particulièrement passionnante car elle touche à des secrets d'État. 

Or, pour mener les investigations, l'auteur s'est inspiré du duo formé par Sherlock Holmes et le docteur Watson. Ici, le célèbre détective britannique prend les traits de l'investigatrice Ana Dolabra et son acolyte, ceux de l'apprenti Dinios Kol. Ana partage la même excentricité qu'Holmes sans parler de sa capacité à déduire les faits à partir des indices relevés par son apprenti sur les scènes de crimes. A l'image de son homologue, elle résout les crimes de la même manière en pratiquant des petites expériences dans le plus grand secret. 

Quant à Dinios Kol, il est très observateur faisant de lui un excellent assistant. En effet, en acceptant d'être altéré magiquement, il a développé des capacités pour retranscrire dans les moindres détails ses souvenirs. Au même titre qu'Ana Dolabra, il est un être singulier dissimulant quelques secrets et démontrant une certaine trempe face à l'adversité. Sa jeunesse est tout bonnement rafraîchissante surtout qu'il ne se laisse pas impressionner par Ana et lui tient tête lorsque la situation l'exige. Leurs échanges sont parfois savoureux. Alors les suivre dans leur enquête est proprement divertissant. 

Pour conclure :

Avec Une Larme de Poison, Robert Jackson Bennett se fait à nouveau l'auteur d'un récit intriguant qui prend cadre dans un univers extraordinaire. Le suspense se mêle habilement au merveilleux pour nous tenir en haleine jusque dans les dernières lignes. Brillant ! 

Informations

A lire sur le blog mes avis sur : Les Maîtres Enlumineurs, Le Retour du Hiérophante, Les Terres Closes, La Cité des Marches, La Cité des Lames et La Cité des Miracles. 

Robert Jackson Bennett
Une Larme de Poison
T.1
A L'Ombre du Léviathan
9782226493583
504 pages
Editions Albin Michel Imaginaire

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26/08/2026

Louise Roullier, Oceano Nox, éditions Critic

Louise Roullier, Oceano Nox, éditions Critic

Pour avoir lu Grain de Sable, je connais déjà l'originalité de la plume de Louise Roullier. Elle fait partie des voix montantes de l'imaginaire francophone et témoigne déjà d'une maturité dans la publication de textes imposants. 

Oceano Nox est son nouveau roman. Il paraît chez Critic le 2 septembre prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

L'écrivain Pinto Bem s'est embarqué comme comptable sur la galéasse San Creador dans le conflit qui oppose la cité des mages, Maravilhès et l'empire jambhai. À bord, il découvre très vite qu'une étrange épidémie sévit. Certains passagers semblent se laisser mourir. En interrogeant l'une des victimes, celle-ci commence à lui narrer un récit bien singulier. En effet, le malade se déclare être habité par un dieu et propose de lui conter son histoire. Bien qu'à peine croyable, il se laisse peu à peu envoûter par ce qu'il entend. Et s'il disait la vérité ? 

Mon avis :

Dans Oceano Nox, Louise Roullier nous immerge au cœur d'une fantasy d'inspiration historique nous contant un conflit armée opposant deux puissances, incarnées par Maravilhès, la cité des mages d'un côté, et l'empire jambhai de l'autre côté. Cette guerre est sans surprise le fruit de désirs expansionnistes et d'intolérances religieuses. 

Ce roman nous décrit plusieurs batailles maritimes, à l'image de la célèbre bataille de Lépante qui se déroula en 1571 et opposa la flotte ottomane à celle de la Sainte-Ligue, dont l'autrice nous confie d'ailleurs dans son avant-propos s'en être nourrie pour donner corps et crédit à ses descriptions. 

Ainsi, au fil des chapitres, on partage le quotidien de nombreux acteurs ou victimes collatérales de ce terrible conflit en passant du rameur cantonné à la chiourme à la capitaine de l'armada ou encore à la simple servante. 

Oceano Nox est une fantasy très épique dans laquelle on prend part au combat par intermittence. C'est toute l'originalité de la plume de Louise Roullier qui a pris le parti de nous faire découvrir son histoire façon kaléidoscope en nous faisant passer d'un camp à l'autre au gré des rencontres d'un dieu. On ne s'enlise donc pas dans des descriptions de combats à n'en plus finir. 

Le style choisi est de suite plus poétique et le récit très captivant. Ici, il nous est impossible de prendre fait et cause pour l'une ou l'autre des parties car il n'y a pas de réels méchants entre ces lignes, mais juste des âmes broyées par la marche de l'Histoire. C'est à la fois exaltant et terrifiant car il n'y a nul gagnant dans ce livre, juste beaucoup de sacrifices pour finalement aucun bénéfice. 

En outre, des mages prennent part à cette guerre. Les sorts fusent. La magie née de l'imaginaire de Louise Roullier ne manque pas d'ingéniosité, à travers l'usage de papiers à sorts pour réaliser le prodige souhaité. On pourrait d'ailleurs penser que la présence de mages et autres enchanteurs sur les navires de guerre vont faire basculer le conflit. Il n'en est rien. Même s'ils sont un atout indéniable pour Maravilhès, il ne faut pas sous-estimer la force brute et la détermination de l'empire. 

Et puis que dire de l'omniprésence d'un dieu déchu, on ne peut pas faire plus surnaturel, n'est-ce pas ? 

Guerre et magie se confrontent au fil des chapitres pour nous entraîner dans un maelström d'émotions. 

Oceano Nox se révèle être une histoire passionnante par le choix que fait Louise Roullier en nous y immergeant par l'entremise d'une correspondance épistolière témoignant des souvenirs d'une divinité. La lecture n'en ai que plus intense où les émotions sont exacerbées. 

Louise Roullier a construit Oceano Nox autour d'instantannés de vie d'un certain nombre de personnages. Certains épisodes sont courts d'autres plus longs. On y suit tour à tour des hommes et des femmes dans des destins tous plus tragiques les uns que les autres. Certaines destinées sont d'ailleurs plus touchantes que d'autres. C'est le cas, par exemple, de Sundar et Jai devant mettre leur amour à l'épreuve de la caste sociale et du jugement, ou encore de Salini qui incarne la fraîcheur et l'espoir de ce roman. 

Pour conclure :

Avec ce nouveau roman, Louise Roullier affiche son indéniable talent de conteuse. Gros coup de cœur pour ce texte autant sur le fond que la forme. L'autrice a bien travaillé sa copie pour écrire une fresque de fantasy aussi puissante qu'inoubliable. A ne pas manquer à la rentrée !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Grain de Sable. 

Informations

Louise Roullier
Oceano Nox
9782375793633
456 pages
Editions Critic

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22/08/2026

Jean Krug, Nos Éclats de Souvenirs, éditions Critic

Jean Krug, Nos Éclats de Souvenirs, 
éditions Critic

Au fil des années, Jean Krug s'est imposé comme une voix incontournable de la science-fiction française. 

Nos Éclats de Souvenirs est son dernier roman. Il paraît chez Critic le 26 août prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Kelgran semble être le dernier bastion de l'humanité. Les gens s'y sont réfugiés pour se protéger du froid se gavant des données émises par les millions de supports silicium abandonnés un peu partout et par le vaste datacenter qui domine le sommet de cette forteresse d'acier. Hanté par son passé, Ark tente de trouver de l'aide auprès des résistants. Sa rencontre avec Cosma va l'entraîner dans un road trip infernal à la recherche d'une vérité qu'il n'est pas très sûr d'accepter. 

Mon avis :

Avec Nos Éclats de Souvenirs, Jean Krug signe une nouvelle dystopie au rythme enlevé. 

Dans ce nouveau roman d'anticipation, l'auteur a imaginé une humanité retranchée dans une cité verticale emprisonnée dans la glace où les gens sont répartis en fonction de leur statut social. Sans surprise, les plus aisés se trouvent en haut de cette forteresse de béton et d'acier. Là où siège un immense data center. 

Dans ce récit, avoir le contrôle des données, c'est dominer le monde. Mais l'imaginaire de Jean Krug anticipe l'évolution technologique en nous décrivant une société où chaque humain possède une puce greffée dans leur cerveau. Ces puces permettent non seulement d'échanger les données mais donnent un accès direct aux souvenirs. Ainsi, les humains sont reprogrammables à l'infini jusqu'à finir par en perdre leur identité. 

En outre, entre ces lignes la donnée devient une source d'énergie que tous cherchent à s'approprier. En effet, l'abandon de millions de puces devenues obsolètes, voire corrompues se sont accumulées au fil des décennies au point de rendre ces données volatiles et capables d'émettre de la chaleur. Omniprésentes dans ce monde, elles s'immiscent partout et sont donc devenues un véritable enjeu. 

Dans ce présent devenu âpre, la survie tient finalement à peu de choses. D'ailleurs, faire pousser la moindre denrée alimentaire est difficile relevant presque du don réservé à certains élus. 

L'univers qui prend vie dans ce livre est marqué par les désastreuses conséquences de l'égoïsme des humains qui, au fil des siècles, n'a su que surexploiter une nature au point de la mettre à l'os. Les bouleversements climatiques se sont enchaînés au point d'enfermer le monde dans une gangue de glace. L'humanité y est déchue et doit vivre dans une obsolescence technologique rendue dangereuse. 

Pour autant, les mêmes erreurs semblent se reproduire à l'infini, à travers une éternelle lutte des classes que quelques âmes résistantes tentent d'abolir. 

Comme à son habitude la plume de Jean Krug est abrupte. Il aborde le futur sans ambages ni naïveté. Bien que l'espoir soit toujours porté par quelques résistants comme c'est le cas à chaque crise, il nous rappelle que le pire reste toujours à venir si cette même inertie ambiante perdure. 

Dans la lignée de ses précédents romans, la question environnementale demeure au cœur de son propos. Même si une poignée d'hommes et de femmes s'adaptent et sont capables de survivre à des conditions extrêmes, la majorité est tout de même sacrifiée et disparaît. 

Le modèle sociale est aussi questionné à travers une humanité qui reproduit les mêmes schémas et où le pouvoir de l'argent corrompt et détruit la vie. 

Mais, plus qu'un récit de science-fiction, Nos Éclats de Souvenirs est aussi un thriller bien rythmé qui nous emporte dans la course poursuite engagée par les deux personnages principaux de Jean Krug afin de retrouver leur identité volée. Le récit est très prenant et se lit très vite comme un page-turner au vu de la gravité des évènements relatés. 

Thriller et science-fiction matchent bien ensemble rendant la lecture purement additive. 

Même si une communauté de protagonistes évoluent autour d'eux, l'histoire repose surtout autour d'Ark et de Cosma. Si elle est une résistante plutôt badasse capable de se sortir des situations les plus critiques, ce n'est pas son cas à lui. Il est un simple jardinier semblant pris au piège d'une situation qu'il ne comprend pas. Pourtant l'un comme l'autre ne sont au final pas ce qu'ils paraissent. Entre non-dits et révélations, les deux héros de Jean Krug nous promettent une aventure surprenante, voir même dérangeante car on peut se demander jusqu'où ira le progrès pour tracer l'avenir de la planète. 

Pour conclure :

Avec Nos Éclats de Souvenirs, Jean Krug nous offre une aventure rugueuse où se glissent des notes cyberpunk pour nous faire goûter à un futur aussi amer que perturbant. A bon entendeur !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur les autres romans de l'auteur : Le Chant de Glace, La Cité d'Ivoire et La Couloir du Froid.

Informations

Jean Krug
Nos Éclats de Souvenirs
                                                                                                           9782375793718
                                                                                                                    360 pages
Editions Critic

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18/08/2026

M. L. Wang, Blood Over Bright Haven, label Calix, éditions Pygmalion

M. L. Wang, Blood Over Bright Haven, 
label Calix, 
éditions Pygmalion

M. L. Wang est une jeune romancière spécialisée dans les littératures de l'imaginaire. 

Elle se fait d'ailleurs l'autrice d'histoires toujours très poignantes à l'image de The Sword of Kaigen paru chez Calix en 2025 ou encore de Blood Over Bright Haven sorti chez le même éditeur au mois de février. 

Ayant beaucoup tourné sur les réseaux et après avoir entendu Emmanuel Chastellière, son traducteur, en parler en termes forts élogieux, j'avoue avoir ma curiosité de lectrice être piquée. 

En outre, pour être tout à fait transparente avec vous, le livre a rejoint ma PAL depuis un moment, il me fallait juste trouver le temps de le sortir. 

Résumé :

A Tiran, Sciona a travaillé dur pour devenir la première mage femme de l'Histoire. Or, maintenant qu'elle a réussi l'examen, le plus difficile reste pourtant à faire car elle était loin d'imaginer combien travailler en compagnie d'hommes arrogants va s'avérer compliqué sans parler des terribles découvertes que ses recherches vont dévoiler. Alors sera-t-elle quoi faire de ce lourd héritage pour tenter de changer le monde ? N'est-ce pas d'ailleurs à croire à l'impossible ? 

Mon avis :

Blood Over Bright Haven prend cadre dans la cité de Tiran. C'est d'ailleurs le berceau de la magie voulue par le dieu éponyme lui-même, d'après les textes sacrés. Elle est administrée par un haut magistère où siègent des hauts mages, nantis pour la plupart, qui sont en charge de maintenir les protections magiques autour de la ville afin de la prémunir des effets de la Souillure. Derrière Tiran se dessine une société de castes où l'injustice prédomine. En effet, la ville accueille en son sein des Kwens qui, pour échapper à la Souillure, ont réussi à trouver refuge à Tiran. En échange de cette protection, ils subissent une vie misérable servant les Tiranais et vivant dans la pauvreté et le dénuement le plus total en périphérie de la  cité. 

L'univers qui prend forme sous la plume de M. L. Wang s'inspire de l'industrialisation du XIXe siècle où toutefois le progrès ne résulte pas ici des avancées de la machinerie mais est plutôt due à la magie qui va puiser dans des sources d'énergie pour faire avancer les trains ou les automobiles, pour alimenter l'éclairage de la ville ou encore pour faire fonctionner les armes des gardes ou des mages.

La magie imaginée par M. L. Wang se révèle très ingénieuse. Les sorts sont réalisés par l'entremise d'un appareil appelé icantographe permettant de cartographier un espace pour procéder au siphonnage et ainsi aspirer tout ce qui se trouve dans cet espace et le transformer en énergie. L'expression du pouvoir se pare de notes steampunk alliant ici ingénierie et surnaturel. 

Ainsi, la fantasy de M. L. Wang est particulièrement crédible et demeure un point fort au roman. Mais ce n'est pas le seul car outre l'originalité de l'univers, l'autrice met en exergue de nombreuses thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres. 

15/08/2026

Rebecca Yarros, Onyx Storm, T.3, The Empyrean, éditions Hugo poche

Rebecca Yarros, Onyx Storm, T. 3, éditions Hugo Poche

Lire la saga The Empyrean de Rebecca Yarros aura été mon challenge de l'été. 

Louangée par certains et critiquée par d'autres, cette romantasy ne laisse clairement pas indifférent. 

Et pour cause, maintenant que j'ai mis mon nez dedans, je peux vous confirmer que cette romance "enemies to lovers"  a de quoi plaire entre un univers de fantasy richement construit, une fluidité du texte, des relations humaines complexes, des amours contrariés, un ennemi omniprésent et des trahisons et révélations en pagaille, tout est réuni pour envoûter et tenir en haleine. 

Après avoir bien accroché aux deux premiers volets, j'avais hâte sans pour autant être si pressée de m'attaquer au tome 3. 

Étant donné que la suite n'est pas prête de paraître car écrire une telle série prend du temps - vous vous en doutez - je pressentais déjà la frustration à venir. Commençant à bien connaître la plume de Rebecca Yarros, il n'y avait aucune chance que je me trompe.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Bien que Violet entame sa troisième année à Basgiath, l'heure est moins aux études et à la préparation du diplôme de fin d'année qu'à la recherche d'une solution pour contrer un ennemi de plus en plus prégnant. Aussi, elle s'apprête,  en compagnie de certains de ses camarades, à franchir les protections affaiblies d'Aretia pour essayer de trouver des alliés à la Navarre afin d'aider à vaincre les venins tout en cherchant les membres de la famille d'Andarna. La mission promet d'être dangereuse, pire encore, il n'est pas certain qu'elle soit couronnée de succès. Mais ont-ils un autre choix ? 

Mon avis :

Dans Onyx Storm, Rebecca Yarros poursuit l'exploration de son univers en nous entraînant au-delà des frontières de la Navarre et de Tyrrendor, à la rencontre d'autres peuples et à la découverte d'autres cultures. Ainsi, la magie se révèle être absente de certains lieux laissant nos manieurs de pouvoirs bien souvent démunis et où les dragons demeurent des curiosités à admirer voir des menaces à éviter. 

Dans ce troisième volet, on prend de la hauteur pour mieux comprendre le monde né sous la plume de Rebecca Yarros. Le récit commence à nous donner quelques clés de compréhension levant ainsi le voile sur le passé et notamment l'apparition des Venins. 

Onyx Storm est un récit de voyage et d'aventure dans lequel certains personnages de Rebeccas Yarros doivent mener une quête. Ce tome donne aussi l'occasion à chacun des manieurs de pouvoirs de développer leurs sceaux. Certains tenus encore secrets auparavant sortent au grand jour et s'avèrent des plus utiles au moment propice. 

Le texte est piqué de nombreuses révélations et des secrets familiaux sont mêmes révélés. 

Au fil des chapitres de ce roman, l'autrice nous prépare à un affrontement sans précédent avec l'ennemi. On le sait depuis le début, et on le craint au vu des implications de certains. Rebecca Yarros a bien préparé le terrain en faisant monter la tension crescendo. Elle prend même son temps pour amener cette terrible bataille qui, on l'imagine, nous laissera sans voix. 

Après l'exploration, place à l'action dans Onyx Storm qui se traduit par une conclusion explosive nous promettant du grand spectacle et une frustration extrême. 

En outre, ce tome 3 permet à l'autrice de développer certains protagonistes secondaires, en s'intéressant autant à leur relationnel qu'à leur passé. Il n'y a donc pas que Xaden et Violet qui sont détenteurs d'une histoire forte, les autres, aussi, et celle-ci ne demande qu'à être dévoilée. Cela a notamment l'intérêt de donner une réelle profondeur à cet univers. Chacun de ses personnages  a de la valeur à nos yeux au point de rendre leur disparition insoutenable. 

Voilà qui fait la force de la saga imaginée par Rebecca Yarros, ce sont donc aussi les personnages qui peuplent cette histoire. Tragédie oblige, certains sont sacrifiés car c'est un mal nécessaire pour faire grandir les survivants. 

Le deuil, la perte et l'absence accompagnent donc ce récit. L'autrice y ajoute le sens du sacrifice où l'intérêt collectif doit primer sur l'intérêt personnel. Un dogme d'ailleurs pas toujours facile à appliquer. 

Comme dans ses précédents romans, on retrouve la même intensité qu'affectionne Rebecca Yarros pour nous faire passer par tout un panel d'émotions fortes. Entre ces lignes, on passe donc facilement du rire aux larmes. 

C'est une saga facile à lire qui reste un plaisir de lecture, en dépit des frustrations volontairement voulues par l'autrice. 

Bien que moins épais que le tome 2, Onyx Storm reste tout de même long car l'autrice prend le temps d'expliquer certaines choses en amenant ses personnages sur des terrains précis. Le récit demeure malgré tout immersif et prenant tout du long. 

Maintenant avec une telle conclusion on reste sur notre faim. Or, ce qui est d'autant insoutenable est de ne pas savoir quand sortira le tome 4 qui est toujours en cours d'écriture. 

En outre, on se demande bien où Rebecca Yarros compte nous emmener puisque cette série est finalement prévue en 5 livres. 

Pour conclure :

L'attente promet d'être longue. Armons-nous donc de patience en rongeant notre frein. Il n'y a plus que cela à faire !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Fourth Wing et Iron Flame. 

Informations

Rebecca Yarros
Onyx Storm
T.3
The Empyrean
9791042905231
1165 pages
Editions Hugo Poche

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