L'influence du "gaming" à la littérature

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31/08/2026

Robert Jackson Bennett, Une Larme de Poison, T.1, À L'Ombre du Léviathan, éditions Albin Michel Imaginaire

Robert Jackson Bennett, 
Une Larme de Poison
T.1, 
À L'Ombre du Léviathan
éditions Albin Michel Imaginaire

Au fil de ses parutions, Robert Jackson Bennett est devenu un nom incontournable des rayons d'imaginaire. 

Sa bibliographie ne cesse de s'enrichir de titres toujours plus exceptionnels les uns que les autres. Il excelle d'ailleurs à nous inventer des systèmes de magie incroyables et à nous plonger dans des univers de fantasy très immersifs. 

Une Larme de Poison est son nouveau roman. Il rejoint le catalogue des éditions Albin Michel Imaginaire le 2 septembre prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Comme chaque année, l'arrivée de la saison des pluies est crainte dans tout l'Empire car elle signifie que les léviathans vont revenir attaquer les frontières. Alors que tout le monde est sur les dents, un meurtre est commis. Or, la victime est un haut fonctionnaire qui a été retrouvé dans une riche demeure, le corps littéralement traversé par un arbre. La plus excentrique des investigatrices, Ana Dolabra, est dépêchée pour mener l'enquête. Seulement, elle est aussi connue pour refuser de sortir de chez elle. Alors c'est son assistant Dinios qui va se charger d'être ses yeux et ses oreilles durant la durée de l'enquête afin de lui apporter toute la matière nécessaire à former ses déductions. Chemin faisant, Dinios va vite prendre conscience que la corruption règne en maître dans les plus hautes sphères du pouvoir. Beaucoup auront sans doute à perdre si la vérité venait à éclater. Alors jusqu'où le ou les assassins seront prêts à aller pour l'empêcher dans sa mission ? D'ailleurs, Ana et Dinios sont-ils réellement en sécurité ? 

Mon avis :

Avec Une Larme de Poison, Robert Jackson Bennett nous propose à nouveau un roman à la croisée des genres. Ainsi, ici il mêle le thriller au biopunk et nous entraîne aux confins de l'Empire Khanum pour y résoudre un premier meurtre. 

L'univers qui prend vie sous la plume de Robert Jackson Bennett se teinte de biotechnologie augmentant les humains par l'intermédiaire de greffons entraînant ainsi des transformations corporelles dans le but de survivre et de s'adapter aux changements environnementaux. Ainsi le vivant s'en trouve profondément changé fusionnant, par exemple, le végétal aux cellules humaines. 

En dépit de cette évolution, la sécurité de tous n'est pas certaine surtout avec la saison des pluies. En effet, celle-ci s'accompagne toujours du retour des léviathans qui viennent se heurter aux fortifications protégeant l'Empire. Il est de notoriété que leur sang empoisonne les chairs et les esprits. Alors les détruire semble la seule alternative à la survie. 

Toutefois le roman laisse planer beaucoup de mystères autour de leur existence et le choix de cette gigantesque et monstrueuse créature marine issue de la mythologie du Proche-Orient ancien n'est clairement pas le fruit du hasard. En effet, face à cette monstruosité symbolisant le chaos, l'État semble le seul moyen pour garantir la paix et la sécurité. En échange de cette protection, chacun a renoncé à ses libertés individuelles pour vivre selon les codes et les lois édictés par le pouvoir en place. La société est donc régit en castes où chacun a sa place sans pouvoir y déroger. 

Or, une série d'odieux meurtres va ébranler le système dévoilant ses failles en mettant en exergue les trahisons des plus hauts placés dans la société. 

Une Larme de Poison est un récit d'une grande richesse. Il est d'abord politique en nous dévoilant des secrets d'État mettant en lumière ce que certains sont prêts à sacrifier au nom de la prospérité et de la conservation des privilèges. 

Mais, ce texte est aussi social et sociétal car l'auteur y porte un point de vue très engagé. En effet, les mutations que certains individus acceptent de faire subir à leur corps n'est pas sans danger ni souffrance comme le rappelle Robert Jackson Bennett entre ces lignes. Les greffes sont synonymes de pouvoirs mais aussi de faiblesses car elles sont loin d'être parfaitement maîtrisées. L'auteur nous en démontre d'ailleurs ses limites. Elles peuvent handicaper autant le corps que l'esprit. La question de la santé mentale est également abordée dans ce roman. 

Robert Jackson Bennett nous rappelle que la biotechnologie comme toute science doit revêtir une notion d'éthique. Or, dans son roman, certains protagonnistes ont tendance à l'oublier au nom de leurs intérêts personnels. Il est donc facile de verser dans les dérives faisant fi du danger. 

L'enquête qui voit le jour dans ce roman est particulièrement passionnante car elle touche à des secrets d'État. 

Or, pour mener les investigations, l'auteur s'est inspiré du duo formé par Sherlock Holmes et le docteur Watson. Ici, le célèbre détective britannique prend les traits de l'investigatrice Ana Dolabra et son acolyte, ceux de l'apprenti Dinios Kol. Ana partage la même excentricité qu'Holmes sans parler de sa capacité à déduire les faits à partir des indices relevés par son apprenti sur les scènes de crimes. A l'image de son homologue, elle résout les crimes de la même manière en pratiquant des petites expériences dans le plus grand secret. 

Quant à Dinios Kol, il est très observateur faisant de lui un excellent assistant. En effet, en acceptant d'être altéré magiquement, il a développé des capacités pour retranscrire dans les moindres détails ses souvenirs. Au même titre qu'Ana Dolabra, il est un être singulier dissimulant quelques secrets et démontrant une certaine trempe face à l'adversité. Sa jeunesse est tout bonnement rafraîchissante surtout qu'il ne se laisse pas impressionner par Ana et lui tient tête lorsque la situation l'exige. Leurs échanges sont parfois savoureux. Alors les suivre dans leur enquête est proprement divertissant. 

Pour conclure :

Avec Une Larme de Poison, Robert Jackson Bennett se fait à nouveau l'auteur d'un récit intriguant qui prend cadre dans un univers extraordinaire. Le suspense se mêle habilement au merveilleux pour nous tenir en haleine jusque dans les dernières lignes. Brillant ! 

Informations

A lire sur le blog mes avis sur : Les Maîtres Enlumineurs, Le Retour du Hiérophante, Les Terres Closes, La Cité des Marches, La Cité des Lames et La Cité des Miracles

Robert Jackson Bennett
Une Larme de Poison
T.1
A L'Ombre du Léviathan
9782226493583
504 pages
Editions Albin Michel Imaginaire

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26/08/2026

Louise Roullier, Oceano Nox, éditions Critic

Louise Roullier, Oceano Nox, éditions Critic

Pour avoir lu Grain de Sable, je connais déjà l'originalité de la plume de Louise Roullier. Elle fait partie des voix montantes de l'imaginaire francophone et témoigne déjà d'une maturité dans la publication de textes imposants. 

Oceano Nox est son nouveau roman. Il paraît chez Critic le 2 septembre prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Critic, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

L'écrivain Pinto Bem s'est embarqué comme comptable sur la galéasse San Creador dans le conflit qui oppose la cité des mages, Maravilhès et l'empire jambhai. À bord, il découvre très vite qu'une étrange épidémie sévit. Certains passagers semblent se laisser mourir. En interrogeant l'une des victimes, celle-ci commence à lui narrer un récit bien singulier. En effet, le malade se déclare être habité par un dieu et propose de lui conter son histoire. Bien qu'à peine croyable, il se laisse peu à peu envoûter par ce qu'il entend. Et s'il disait la vérité ? 

Mon avis :

Dans Oceano Nox, Louise Roullier nous immerge au cœur d'une fantasy d'inspiration historique nous contant un conflit armée opposant deux puissances, incarnées par Maravilhès, la cité des mages d'un côté, et l'empire jambhai de l'autre côté. Cette guerre est sans surprise le fruit de désirs expansionnistes et d'intolérances religieuses. 

Ce roman nous décrit plusieurs batailles maritimes, à l'image de la célèbre bataille de Lépante qui se déroula en 1571 et opposa la flotte ottomane à celle de la Sainte-Ligue, dont l'autrice nous confie d'ailleurs dans son avant-propos s'en être nourrie pour donner corps et crédit à ses descriptions. 

Ainsi, au fil des chapitres, on partage le quotidien de nombreux acteurs ou victimes collatérales de ce terrible conflit en passant du rameur cantonné à la chiourme à la capitaine de l'armada ou encore à la simple servante. 

Oceano Nox est une fantasy très épique dans laquelle on prend part au combat par intermittence. C'est toute l'originalité de la plume de Louise Roullier qui a pris le parti de nous faire découvrir son histoire façon kaléidoscope en nous faisant passer d'un camp à l'autre au gré des rencontres d'un dieu. On ne s'enlise donc pas dans des descriptions de combats à n'en plus finir. 

Le style choisi est de suite plus poétique et le récit très captivant. Ici, il nous est impossible de prendre fait et cause pour l'une ou l'autre des parties car il n'y a pas de réels méchants entre ces lignes, mais juste des âmes broyées par la marche de l'Histoire. C'est à la fois exaltant et terrifiant car il n'y a nul gagnant dans ce livre, juste beaucoup de sacrifices pour finalement aucun bénéfice. 

En outre, des mages prennent part à cette guerre. Les sorts fusent. La magie née de l'imaginaire de Louise Roullier ne manque pas d'ingéniosité, à travers l'usage de papiers à sorts pour réaliser le prodige souhaité. On pourrait d'ailleurs penser que la présence de mages et autres enchanteurs sur les navires de guerre vont faire basculer le conflit. Il n'en est rien. Même s'ils sont un atout indéniable pour Maravilhès, il ne faut pas sous-estimer la force brute et la détermination de l'empire. 

Et puis que dire de l'omniprésence d'un dieu déchu, on ne peut pas faire plus surnaturel, n'est-ce pas ? 

Guerre et magie se confrontent au fil des chapitres pour nous entraîner dans un maelström d'émotions. 

Oceano Nox se révèle être une histoire passionnante par le choix que fait Louise Roullier en nous y immergeant par l'entremise d'une correspondance épistolière témoignant des souvenirs d'une divinité. La lecture n'en ai que plus intense où les émotions sont exacerbées. 

Louise Roullier a construit Oceano Nox autour d'instantannés de vie d'un certain nombre de personnages. Certains épisodes sont courts d'autres plus longs. On y suit tour à tour des hommes et des femmes dans des destins tous plus tragiques les uns que les autres. Certaines destinées sont d'ailleurs plus touchantes que d'autres. C'est le cas, par exemple, de Sundar et Jai devant mettre leur amour à l'épreuve de la caste sociale et du jugement, ou encore de Salini qui incarne la fraîcheur et l'espoir de ce roman. 

Pour conclure :

Avec ce nouveau roman, Louise Roullier affiche son indéniable talent de conteuse. Gros coup de cœur pour ce texte autant sur le fond que la forme. L'autrice a bien travaillé sa copie pour écrire une fresque de fantasy aussi puissante qu'inoubliable. A ne pas manquer à la rentrée !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur Grain de Sable

Informations

Louise Roullier
Oceano Nox
9782375793633
456 pages
Editions Critic

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22/08/2026

Jean Krug, Nos Éclats de Souvenirs, éditions Critic

Jean Krug, Nos Éclats de Souvenirs
éditions Critic

Au fil des années, Jean Krug s'est imposé comme une voix incontournable de la science-fiction française. 

Nos Éclats de Souvenirs est son dernier roman. Il paraît chez Critic le 26 août prochain. 

Lu dans le cadre d'un partenariat, je remercie Éric Marcelin pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Kelgran semble être le dernier bastion de l'humanité. Les gens s'y sont réfugiés pour se protéger du froid se gavant des données émises par les millions de supports silicium abandonnés un peu partout et par le vaste datacenter qui domine le sommet de cette forteresse d'acier. Hanté par son passé, Ark tente de trouver de l'aide auprès des résistants. Sa rencontre avec Cosma va l'entraîner dans un road trip infernal à la recherche d'une vérité qu'il n'est pas très sûr d'accepter. 

Mon avis :

Avec Nos Éclats de Souvenirs, Jean Krug signe une nouvelle dystopie au rythme enlevé. 

Dans ce nouveau roman d'anticipation, l'auteur a imaginé une humanité retranchée dans une cité verticale emprisonnée dans la glace où les gens sont répartis en fonction de leur statut social. Sans surprise, les plus aisés se trouvent en haut de cette forteresse de béton et d'acier. Là où siège un immense data center. 

Dans ce récit, avoir le contrôle des données, c'est dominer le monde. Mais l'imaginaire de Jean Krug anticipe l'évolution technologique en nous décrivant une société où chaque humain possède une puce greffée dans leur cerveau. Ces puces permettent non seulement d'échanger les données mais donnent un accès direct aux souvenirs. Ainsi, les humains sont reprogrammables à l'infini jusqu'à finir par en perdre leur identité. 

En outre, entre ces lignes la donnée devient une source d'énergie que tous cherchent à s'approprier. En effet, l'abandon de millions de puces devenues obsolètes, voire corrompues se sont accumulées au fil des décennies au point de rendre ces données volatiles et capables d'émettre de la chaleur. Omniprésentes dans ce monde, elles s'immiscent partout et sont donc devenues un véritable enjeu. 

Dans ce présent devenu âpre, la survie tient finalement à peu de choses. D'ailleurs, faire pousser la moindre denrée alimentaire est difficile relevant presque du don réservé à certains élus. 

L'univers qui prend vie dans ce livre est marqué par les désastreuses conséquences de l'égoïsme des humains qui, au fil des siècles, n'a su que surexploiter une nature au point de la mettre à l'os. Les bouleversements climatiques se sont enchaînés au point d'enfermer le monde dans une gangue de glace. L'humanité y est déchue et doit vivre dans une obsolescence technologique rendue dangereuse. 

Pour autant, les mêmes erreurs semblent se reproduire à l'infini, à travers une éternelle lutte des classes que quelques âmes résistantes tentent d'abolir. 

Comme à son habitude la plume de Jean Krug est abrupte. Il aborde le futur sans ambages ni naïveté. Bien que l'espoir soit toujours porté par quelques résistants comme c'est le cas à chaque crise, il nous rappelle que le pire reste toujours à venir si cette même inertie ambiante perdure. 

Dans la lignée de ses précédents romans, la question environnementale demeure au cœur de son propos. Même si une poignée d'hommes et de femmes s'adaptent et sont capables de survivre à des conditions extrêmes, la majorité est tout de même sacrifiée et disparaît. 

Le modèle sociale est aussi questionné à travers une humanité qui reproduit les mêmes schémas et où le pouvoir de l'argent corrompt et détruit la vie. 

Mais, plus qu'un récit de science-fiction, Nos Éclats de Souvenirs est aussi un thriller bien rythmé qui nous emporte dans la course poursuite engagée par les deux personnages principaux de Jean Krug afin de retrouver leur identité volée. Le récit est très prenant et se lit très vite comme un page-turner au vu de la gravité des évènements relatés. 

Thriller et science-fiction matchent bien ensemble rendant la lecture purement additive. 

Même si une communauté de protagonistes évoluent autour d'eux, l'histoire repose surtout autour d'Ark et de Cosma. Si elle est une résistante plutôt badasse capable de se sortir des situations les plus critiques, ce n'est pas son cas à lui. Il est un simple jardinier semblant pris au piège d'une situation qu'il ne comprend pas. Pourtant l'un comme l'autre ne sont au final pas ce qu'ils paraissent. Entre non-dits et révélations, les deux héros de Jean Krug nous promettent une aventure surprenante, voir même dérangeante car on peut se demander jusqu'où ira le progrès pour tracer l'avenir de la planète. 

Pour conclure :

Avec Nos Éclats de Souvenirs, Jean Krug nous offre une aventure rugueuse où se glissent des notes cyberpunk pour nous faire goûter à un futur aussi amer que perturbant. A bon entendeur !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog mes avis sur les autres romans de l'auteur : Le Chant de Glace, La Cité d'Ivoire et La Couloir du Froid.

Informations

Jean Krug
Nos Éclats de Souvenirs
                                                                                                           9782375793718
                                                                                                                    360 pages
Editions Critic

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18/08/2026

M. L. Wang, Blood Over Bright Haven, label Calix, éditions Pygmalion

M. L. Wang, Blood Over Bright Haven
label Calix, 
éditions Pygmalion

M. L. Wang est une jeune romancière spécialisée dans les littératures de l'imaginaire. 

Elle se fait d'ailleurs l'autrice d'histoires toujours très poignantes à l'image de The Sword of Kaigen paru chez Calix en 2025 ou encore de Blood Over Bright Haven sorti chez le même éditeur au mois de février. 

Ayant beaucoup tourné sur les réseaux et après avoir entendu Emmanuel Chastellière, son traducteur, en parler en termes forts élogieux, j'avoue avoir ma curiosité de lectrice être piquée. 

En outre, pour être tout à fait transparente avec vous, le livre a rejoint ma PAL depuis un moment, il me fallait juste trouver le temps de le sortir. 

Résumé :

A Tiran, Sciona a travaillé dur pour devenir la première mage femme de l'Histoire. Or, maintenant qu'elle a réussi l'examen, le plus difficile reste pourtant à faire car elle était loin d'imaginer combien travailler en compagnie d'hommes arrogants va s'avérer compliqué sans parler des terribles découvertes que ses recherches vont dévoiler. Alors sera-t-elle quoi faire de ce lourd héritage pour tenter de changer le monde ? N'est-ce pas d'ailleurs à croire à l'impossible ? 

Mon avis :

Blood Over Bright Haven prend cadre dans la cité de Tiran. C'est d'ailleurs le berceau de la magie voulue par le dieu éponyme lui-même, d'après les textes sacrés. Elle est administrée par un haut magistère où siègent des hauts mages, nantis pour la plupart, qui sont en charge de maintenir les protections magiques autour de la ville afin de la prémunir des effets de la Souillure. Derrière Tiran se dessine une société de castes où l'injustice prédomine. En effet, la ville accueille en son sein des Kwens qui, pour échapper à la Souillure, ont réussi à trouver refuge à Tiran. En échange de cette protection, ils subissent une vie misérable servant les Tiranais et vivant dans la pauvreté et le dénuement le plus total en périphérie de la  cité. 

L'univers qui prend forme sous la plume de M. L. Wang s'inspire de l'industrialisation du XIXe siècle où toutefois le progrès ne résulte pas ici des avancées de la machinerie mais est plutôt due à la magie qui va puiser dans des sources d'énergie pour faire avancer les trains ou les automobiles, pour alimenter l'éclairage de la ville ou encore pour faire fonctionner les armes des gardes ou des mages.

La magie imaginée par M. L. Wang se révèle très ingénieuse. Les sorts sont réalisés par l'entremise d'un appareil appelé icantographe permettant de cartographier un espace pour procéder au siphonnage et ainsi aspirer tout ce qui se trouve dans cet espace et le transformer en énergie. L'expression du pouvoir se pare de notes steampunk alliant ici ingénierie et surnaturel. 

Ainsi, la fantasy de M. L. Wang est particulièrement crédible et demeure un point fort au roman. Mais ce n'est pas le seul car outre l'originalité de l'univers, l'autrice met en exergue de nombreuses thématiques toutes plus intéressantes les unes que les autres. 

15/08/2026

Rebecca Yarros, Onyx Storm, T.3, éditions Hugo poche

Rebecca Yarros, Onyx Storm, T. 3, éditions Hugo Poche

Lire la saga The Empyrean de Rebecca Yarros aura été mon challenge de l'été. 

Louangée par certains et critiquée par d'autres, cette romantasy ne laisse clairement pas indifférent. 

Et pour cause, maintenant que j'ai mis mon nez dedans, je peux vous confirmer que cette romance "enemies to lovers"  a de quoi plaire entre un univers de fantasy richement construit, une fluidité du texte, des relations humaines complexes, des amours contrariés, un ennemi omniprésent et des trahisons et révélations en pagaille, tout est réuni pour envoûter et tenir en haleine. 

Après avoir bien accroché aux deux premiers volets, j'avais hâte sans pour autant être si pressée de m'attaquer au tome 3. 

Étant donné que la suite n'est pas prête de paraître car écrire une telle série prend du temps - vous vous en doutez - je pressentais déjà la frustration à venir. Commençant à bien connaître la plume de Rebecca Yarros, il n'y avait aucune chance que je me trompe.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Hugo, je remercie Olivia pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Bien que Violet entame sa troisième année à Basgiath, l'heure est moins aux études et à la préparation du diplôme de fin d'année qu'à la recherche d'une solution pour contrer un ennemi de plus en plus prégnant. Aussi, elle s'apprête,  en compagnie de certains de ses camarades, à franchir les protections affaiblies d'Aretia pour essayer de trouver des alliés à la Navarre afin d'aider à vaincre les venins tout en cherchant les membres de la famille d'Andarna. La mission promet d'être dangereuse, pire encore, il n'est pas certain qu'elle soit couronnée de succès. Mais ont-ils un autre choix ? 

Mon avis :

Dans Onyx Storm, Rebecca Yarros poursuit l'exploration de son univers en nous entraînant au-delà des frontières de la Navarre et de Tyrrendor, à la rencontre d'autres peuples et à la découverte d'autres cultures. Ainsi, la magie se révèle être absente de certains lieux laissant nos manieurs de pouvoirs bien souvent démunis et où les dragons demeurent des curiosités à admirer voir des menaces à éviter. 

Dans ce troisième volet, on prend de la hauteur pour mieux comprendre le monde né sous la plume de Rebecca Yarros. Le récit commence à nous donner quelques clés de compréhension levant ainsi le voile sur le passé et notamment l'apparition des Venins. 

Onyx Storm est un récit de voyage et d'aventure dans lequel certains personnages de Rebeccas Yarros doivent mener une quête. Ce tome donne aussi l'occasion à chacun des manieurs de pouvoirs de développer leurs sceaux. Certains tenus encore secrets auparavant sortent au grand jour et s'avèrent des plus utiles au moment propice. 

Le texte est piqué de nombreuses révélations et des secrets familiaux sont mêmes révélés. 

Au fil des chapitres de ce roman, l'autrice nous prépare à un affrontement sans précédent avec l'ennemi. On le sait depuis le début, et on le craint au vu des implications de certains. Rebecca Yarros a bien préparé le terrain en faisant monter la tension crescendo. Elle prend même son temps pour amener cette terrible bataille qui, on l'imagine, nous laissera sans voix. 

Après l'exploration, place à l'action dans Onyx Storm qui se traduit par une conclusion explosive nous promettant du grand spectacle et une frustration extrême. 

En outre, ce tome 3 permet à l'autrice de développer certains protagonistes secondaires, en s'intéressant autant à leur relationnel qu'à leur passé. Il n'y a donc pas que Xaden et Violet qui sont détenteurs d'une histoire forte, les autres, aussi, et celle-ci ne demande qu'à être dévoilée. Cela a notamment l'intérêt de donner une réelle profondeur à cet univers. Chacun de ses personnages  a de la valeur à nos yeux au point de rendre leur disparition insoutenable. 

Voilà qui fait la force de la saga imaginée par Rebecca Yarros, ce sont donc aussi les personnages qui peuplent cette histoire. Tragédie oblige, certains sont sacrifiés car c'est un mal nécessaire pour faire grandir les survivants. 

Le deuil, la perte et l'absence accompagnent donc ce récit. L'autrice y ajoute le sens du sacrifice où l'intérêt collectif doit primer sur l'intérêt personnel. Un dogme d'ailleurs pas toujours facile à appliquer. 

Comme dans ses précédents romans, on retrouve la même intensité qu'affectionne Rebecca Yarros pour nous faire passer par tout un panel d'émotions fortes. Entre ces lignes, on passe donc facilement du rire aux larmes. 

C'est une saga facile à lire qui reste un plaisir de lecture, en dépit des frustrations volontairement voulues par l'autrice. 

Bien que moins épais que le tome 2, Onyx Storm reste tout de même long car l'autrice prend le temps d'expliquer certaines choses en amenant ses personnages sur des terrains précis. Le récit demeure malgré tout immersif et prenant tout du long. 

Maintenant avec une telle conclusion on reste sur notre faim. Or, ce qui est d'autant insoutenable est de ne pas savoir quand sortira le tome 4 qui est toujours en cours d'écriture. 

En outre, on se demande bien où Rebecca Yarros compte nous emmener puisque cette série est finalement prévue en 5 livres. 

Pour conclure :

L'attente promet d'être longue. Armons-nous donc de patience en rongeant notre frein. Il n'y a plus que cela à faire !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mes avis sur : Fourth Wing et Iron Flame

Informations

Rebecca Yarros
Onyx Storm
T.3
The Empyrean
9791042905231
1165 pages
Editions Hugo Poche

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04/08/2026

Thibault Lafargue, Le Bouffon de la Couronne, T.2, éditions ActuSF

Thibault Lafargue, Le Bouffon de la Couronne
T.2, 
éditions ActuSF

En signant son premier tome du Bouffon de la Couronne, Thibault Lafargue s'est immédiatement inscrit comme un auteur à suivre en littératures de l'imaginaire.

Pour avoir eu un gros coup de cœur l'année dernière sur ce début de saga fort prometteur, j'avais hâte de me plonger dans la suite. 

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse. 

Résumé :

Alors que le souverain Guillon Saintelarme a donné en épousailles sa fille Lysiane au fils du sultan, il charge parallèlement son bouffon Tirelangue de l'accompagner en Levance, rejoindre la cour du sultan. L'intérêt étant à la fois de protéger cette dernière tout en trouvant le moyen de pénétrer dans la bibliothèque de Marv'Dash afin de traduire le mystérieux poème de Mnémor. Seulement rien ne va se passer comme prévu et Tirelangue va vite se retrouver prisonnier du harem du sultan, aux prises avec les bassesses des énuques et les manigances des odalisques. Alors comment va-t-il pouvoir se sortir de cette impasse ? 

Mon avis :

Ce tome 2 du Bouffon de la Couronne s'ouvre sur un tout autre cadre puisque nous voici propulsé dans un décor très oriental où les protagonistes sont invités à évoluer au sein du palais du sultan et tout particulièrement au cœur de son harem. 

L'atmosphère y est aussi suave que piquante. Tout y est opulent. La richesse des lieux est indéniable mais derrière le vernis du luxe se dissimule une pesanteur alourdie par la drogue exhalée par les narguilés qui alanguie les corps et les esprits des résidents. 

L'ambiance de ce tome 2 est très étouffante et contribue à donner à ce récit une aura singulière nourrie par les peurs et les dangers. 

Ce tome 2 est tout aussi immersif que le premier volet car Thibault Lafargue réussit le tour de force de reprendre les mêmes ingrédients, à savoir les secrets et les trahisons mais en y ajoutant une petite dose d'horrifique à dessein.

En effet, dans ce tome 2, il a notamment pris le parti de mettre en valeur la difficile condition féminine passé et présent, à travers la thématique de la traite des femmes et des enfants. 

Par le prisme du harem, l'auteur nous parle donc d'esclavage, d'abus sexuel, de rapt, et de torture. 

Ce texte est violent. Il met à nu avec une certaine crudité toutes les horreurs faites aux femmes derrière les hauts murs de ces lieux de plaisir masculin. Les sévices sont autant physiques que morales. Les femmes y sont mises en concurrence pour plaire au sultan et obtenir la place de favorite. Sans surprise, les jeux de séduction y sont cruels. La jeunesse et la beauté y priment. A contrario, la vieillesse et la laideur sont reléguées au rebut. 

Pour autant, il n'y a pas que l'innommable qui s'invite entre ces murs car la plume de Thibault Lafargue est particulièrement sensible et nous introduit de la sororité. 

Il y a de la solidarité qui s'installe entre certaines femmes au nom de leur émancipation. Aussi ce récit fait souffler un vent d'espoir sur les âmes emprisonnées pour reconquérir leur vie et leur liberté. 

Ce tome 2 est puissant et riche en émotions. 

Thibault Lafargue nous y brosse de nombreux portraits de femmes tous plus touchants les uns que les autres. Ainsi, en filigrane des destins de Tirelangue, de Lysiane ou de Savyévane que l'on connait déjà très bien, on fait la rencontre de nombreux autres protagonistes féminins auxquels on ne résiste pas. Il faut dire qu'elles cachent toutes des histoires bouleversantes, à l'image de Malaïk'ha, cette femme en peine à la recherche de son âme sœur perdue. 

Ce second volet est finalement un kaléidoscope de petites histoires qui viennent enrichir l'intrigue et lui donner toutes les émotions que l'on apprécie de retrouver et de ressentir dans un roman. 

L'amour, l'amitié et la solidarité se confrontent ici à la monstruosité et à l'horreur.

Pour conclure :

Dans ce deuxième tome, Thibault Lafargue fait monter la tension crescendo jusqu'à sa conclusion qui nous laisse tout simplement pantois. Le plus dur - vous allez vite le comprendre - sera donc d'attendre le final. Rendez-vous l'année prochaine !

Fantasy à la Carte

A lire sur le blog, mon avis sur le tome 1

informations

Thibault Lafargue
Le Bouffon de la Couronne
Tome 2
8782376867326
698 pages
Editions ActuSF

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