Avec la parution de Voraces, le tome 2 de la duologie de Stéphane Arnier, La Dernière Transhumance, l'heure du final a donc sonné.
En librairie depuis le 16 septembre, il était temps que je m'attelle à cette lecture.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Mnémos, je remercie Estelle Hamelin pour l'envoi de ce service de presse.
Résumé :
Alors que Kaisu a enfin retrouvé sa fille Norda, son petit-fils Aslak, lui, est entre les mains des Vårks envahisseurs menés par le terrible Jarl, Måns. Chacun devra donc lutter coûte que coûte pour survivre surtout face à la menace grandissante des vitaux voraces que nul ne peut plus ignorer. Pour Kaisu et les siens, le temps est venu de s'engager dans un voyage périlleux sur les traces de ces vitaux migrateurs afin d'en comprendre les mystères et de trouver peut-être un remède au péril funeste qui les attend au bout du chemin.
Mon avis :
Avec sa duologie, La Dernière Transhumance, Stéphane Arnier signe un récit de low fantasy poétique qui nous plonge dans une lente odyssée piquée de dangers et de révélations.
Point d'épique entre ses lignes mais un véritable héroïsme de la part de certains personnages.
C'est un univers tourné sur une nature qui s'avère à la fois grandiose et inquiétante. Entre ces lignes la nature se pare des couleurs chatoyantes de l'automne annonçant le retour de l'hiver avec ses premiers frimas. Les descriptions sont très immersives et favorisent l'installation d'une atmosphère à la saveur toute particulière surtout qu'une magie est à l'œuvre.
Si celle-ci était fugace dans le premier tome, elle est beaucoup plus marquée dans ce second volet. Intiment liée à la faune et à la flore, elle s'exprime par la perception de ces petits organismes aériens et colorés qui virevoltent dans l'air et s'accrochent aux végétaux et aux animaux. Si la majorité d'entre eux sont inoffensifs, les rouges appelés les voraces rendent littéralement fous ses porteurs en développant des appétits inassouvissables. Ces organismes colonisateurs transforment donc ses hôtes en véritables tueurs. Dans ce récit, la magie est pervertie rendant l'environnement dangereux car les humains et les animaux peuvent devenir d'impitoyables ennemis pour autrui.
Ce surnaturel permet à Stéphane Arnier d'explorer notamment la figure du monstre car le vorace exacerbe les plus bas instincts de son hôte. Si certains tentent de lui résister au mieux, d'autres y succombent avec délectation et sans la moindre honte. Ces voraces apparaissent finalement comme une métaphore du pouvoir qui saoule et fait perdre pied. Ils renvoient donc à la soif de possession et de domination. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si ces voraces s'épanouissent si facilement dans le cœur des colonisateurs les plus acharnés.
Ce second tome est un tantinet plus sombre car piqué de scènes pour le moins horrifiques. La folie est si développée chez certains individus que la raison n'a plus sa place.
Dans La Dernière Transhumance, différentes thématiques se confrontent avec d'un côté le colonialisme, la conquête et l'enrichissement grâce l'exploitation minière et de l'autre côté, la préservation de l'environnement et de l'héritage familiale, la résistance, la liberté et la résilience.
Dans ce roman, on est confronté à un brassage d'émotions tantôt l'émerveillement, la tristesse, tantôt l'écœurement et la peur.
Finalement ce livre est un voyage aux mille et une saveurs tout de même porteur d'un message d'espoir en dépit de toute l'adversité et la cruauté humaine rencontrée.
C'est un roman choral qui nous attache à de nombreux destins issus des deux peuples mis à l'honneur ici. On découvre cette histoire à travers multiples points de vue, ce qui permet à l'auteur de mettre en exergue le dialogue qui s'installe progressivement entre les deux camps. Bien des personnalités se rencontrent et s'affrontent dans cette duologie. Certaines sont plus attachantes que d'autres. Tout dépendra de votre sensibilité du moment pour savoir apprécier ou non les nombreux protagonistes de Stéphane Arnier.
Pour conclure :
Voraces conclut magistralement cette série de La Dernière Transhumance tout en nous permettant de renouer le temps d'une nouvelle lecture avec la délicatesse de cette plume de l'imaginaire.
Fantasy à la Carte
A lire sur le blog mes avis sur : Vitaux et La Brume l'emportera.
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