Jeune auteur de bande dessinée, Alexandre Decrauze vient de signer sa toute première œuvre chez Les Nouvelles éditions ActuSF. Celle-ci s'intitule Les Mille Verbes et rejoint Fahrenheit 451 de Victor Santos au sein de la collection Ithaque.
Lu dans le cadre d'un partenariat avec Les Nouvelles éditions ActuSF, je remercie Jérôme Vincent pour l'envoi de ce service de presse.
Résumé :
Mécréant, Claude Horville a des rêves de grandeur. En effet, il se voit riche avec un titre de noblesse. Et pour atteindre ses objectifs, il est prêt à tout, y compris voler et assassiner si cela s'avère nécessaire. Mais sa vie bascule le jour où il se retrouve maudit. Dès lors, il n'a pas d'autre choix que de se lancer dans une course contre la montre pour retrouver la bohémienne, à l'origine du sort le condamnant à mort lorsque son millième mot sera prononcé. Mais arrivera-t-il à la retrouver à temps ?
Mon avis :
Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze nous propulse au 18e siècle, période trouble marquée par la Révolution française. Le contexte est donc propice à la violence dont use et abuse, d'ailleurs, le personnage principal de cette bande dessinée. Le décor posé est sombre et sanglant. En outre, une certaine magie s'éveille entre ces pages et prend la forme d'une malédiction aussi originale qu'inéluctable pour le personnage maudit. En effet, Alexandre Decrauze a imaginé que celle-ci prenait la forme d'un nombre de mots limités à prononcer et lorsque le dernier serait atteint, cela signerait le glas pour le maudit.
Voilà qui ne manque pas d'insolite - vous en conviendrez - et pousse le protagoniste principal à rivaliser d'ingéniosité pour tenter de remédier à l'inéluctable. Tout va donc y passer, la violence et la menace pour retrouver la donzelle, ou la décision radicale de faire vœu de silence en rentrant dans les ordres.
Seulement ne dit-on pas que la nature revient toujours au galop et que nul ne peut échapper son destin ?
Avec Les Mille Verbes, Alexandre Decrauze signe une bande dessinée tournée vers l'action et le suspense. Aussi, Claude de Horville ne connaît aucun répit et nous entraîne à bride abattue à travers la France pour remonter la piste, plutôt froide au demeurant, de la fameuse bohémienne, responsable de tous ses tracas. Il en ressort un scénario très bien rythmé. Aucun temps mort entre ces planches car l'enjeu est grand, en tout cas pour le héros.
A travers ce personnage de Claude de Horville, Alexandre Decrauze table d'ailleurs sur la figure de l'anti-héros. En effet, contrairement au schéma que l'on retrouve bien souvent en littérature, il ne s'agit pas ici de mettre en scène un méchant en quête de rédemption. Bien au contraire Claude de Horville demeure un mauvais garçon jusqu'au bout de l'aventure. Bien que responsable de sa situation, il ne cherche pas à se racheter mais juste à trouver le moyen de contourner la réalité pour tirer profit des situations et finalement réussir à se sortir de ce mauvais pas sans rien assumer de ses actes.
Seulement est-ce que le destin lui laissera ce loisir ?
Les Mille Verbes est une jolie bande dessinée qui nous offre une grande aventure piquée de bagarres, de rebondissements et de mystères.
Construite à la manière d'une pièce de théâtre, l'histoire se déroule quatre actes avant que le rideau ne tombe. L'approche est originale et plutôt divertissante. Le graphisme est épuré. L'auteur joue beaucoup sur les ombres et les silhouettes. L'écrin est beau, notamment par ce choix d'une couverture très chatoyante qui capte le regard et suscite l'intérêt immédiatement.
C'est encore une fois une très jolie bande dessinée qui rejoint cette collection Ithaque. Notons qu'il s'agit d'un grand format de 220 pages permettant à l'intrigue de s'épanouir.
Les Mille Verbes reste un hymne à la littérature et aux belles lettres. L'auteur nous y propose un savant mélange entre subtilités graphiques et jeux de mots. Le talent est bien au rendez-vous même si je ne suis pas plus sensible que cela aux dessins.
Par le truchement de son personnage principal, Alexandre Decrauze évoque le poids des erreurs et du passé. A travers cette malédiction qui pèse sur lui, c'est la mise en exergue de toute une philosophie autour du destin et des choix de vie dont il faut assumer toutes les conséquences même les plus néfastes et les plus inattendues.
Pour conclure :
Avec Les Mille Verbes, la collection Ithaque s'enrichit d'un nouveau titre aussi insolite que récréatif.
L'auteur y maintient une tension narrative tout au long de ses planches qui nous tient en haleine jusqu'à la dernière bulle grâce à un personnage hauts en couleurs que l'on n'est finalement pas prêt d'oublier.
Fantasy à la Carte
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