L'influence du "gaming" à la littérature

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23/04/2017

L'Histoire Eternelle, touche de son aile, la Belle et la Bête

Après le dessin animé de Walt Disney (1991), et la comédie musicale d'abord montée à Brodway en 1997, puis à Paris en 2013, le célèbre conte de La Belle et la Bête revient à nouveau sur le devant de la scène sous la forme d'un film musical. C'est Bill Condon qui se lance dans sa réalisation, et le film sort le 22 mars 2017.

Cette formule n'est pas une nouvelle version du mythe mais plutôt une adaptation tournée en décors réels du film d'animation des studios Disney. On retrouve ainsi les mêmes chansons que dans le dessin animé. Le casting et le choix des lieux ont donc été minutieusement sélectionnés afin de coller au plus près de cette version. 

Hormis quelques détails ajoutés ici ou là, on replonge bien dans le classique de Disney. Parmi les ajouts, le plus notable est peut-être la référence à la maman de Belle, disparue prématurément car décédée des suites de la peste, comme on l'apprend dans le film. 

Pour l'histoire, je ne vais pas m'étaler dessus très longtemps puisqu'elle est connue de tous. C'est le destin d'une jeune fille qui refuse la vie conventionnelle imposée par le dictat de la société. Ainsi, elle ne veut pas se marier et faire des enfants simplement par convenance. Elle préfère garder son indépendance et n'hésite pas à échanger sa liberté contre la vie de son père lorsque celui-ci est emprisonné par une terrible créature pour avoir dérobé une rose dans le parc du château de cette dernière. Mais voilà refuser de se marier est très vite mal jugé surtout lorsqu'elle décline les avances de Gaston, le garçon le plus en vue du village. Un dédit qui ne manquera pas d'entraîner des réactions en chaîne par la suite. 
La Belle et la Bête est un film qui se classe parmi les films de fantasy. Déjà par l'omniprésence de la magie. Cela commence avec le prince qui a été ensorcelé par une enchanteresse comme châtiment pour sa vanité et son égoïsme. Ainsi lui est devenu une bête à l'aspect féroce et effrayant, et son personnel s'est transformé en objets animés. Les plus marquants demeurent le maître d'hôtel, Lumière et le majordome, Big Ben puisque ce sont les deux héros que l'on voit le plus. Ils deviennent très vite les amis les plus proches de Belle. De nombreux objets enchantés sont utilisés par les protagonistes à l'image du miroir magique qui permet à Belle de voir son père en danger et de révéler à tous l'existence de la Bête.  

D'autre part, il y a bien une quête qui est menée par les habitants du château pour que la Bête accède à sa rédemption en tombant amoureux de Belle et en se faisant aimer d'elle en retour. Ils vont d'ailleurs s'y appliquer dès que la jeune femme aura passé les portes de la demeure car ils voient en elle la sauveuse qui mettra un terme à cette malédiction. Pour ce faire, toutes les occasions seront bonnes pour créer intimité et rapprochement entre ces deux êtres que tout oppose. 

La lutte entre le Bien et le Mal est également à l'honneur dans cette production. Ici les apparences sont trompeuses, la Bête a beau être abominable, elle n'est pas le monstre de cette histoire. Le Mal transpire à travers le personnage de Gaston. Bel homme à n'en pas douter mais qui n'hésite pas à manipuler et à mentir pour arriver à ses fins. D'une cruauté rare, il est bien le mal à combattre surtout qu'il entraîne tout le village dans sa folie de vengeance quand il comprend que la Belle lui préfère la Bête. C'est un combat contre l'ignorance et l'intolérance que devra mener Belle afin de sauver tous les habitants de cette demeure ensorcelée. 

Tous les éléments qui qualifient la fantasy sont donc bien là. C'est même de la romantic fantasy portée par une héroïne qui se bat pour conserver sa liberté,  pour lutter contre l'idiotisme et pour combattre l'injustice.

Pour interpréter les rôles principaux, c'est un trio efficace qui a été choisi. Il y a d'abord la jeune Emma Watson qui incarne Belle. Une actrice que l'on ne présente plus car elle connait une carrière montante depuis son rôle d'Hermione Granger dans Harry Potter et grâce à ses engagements humanitaires. C'est une vraie féministe qui sait ce qu'elle veut. Ce qui a fait d'elle un choix incontournable pour ce rôle. Emma Watson ne manque pas de talents. Passionnée, courageuse, engagée elle insuffle à son personnage suffisamment de force pour capter son public. 


Dan Stevens se voit confier le rôle de la Bête. Sa principale difficulté a sans doute été d'endosser le costume et le lourd maquillage de son personnage. Quelle préparation mais le résultat est bien à la hauteur. Notamment connu pour son passage dans Downton Abbey en tant que Matthew Crawley, Dan Stevens s'est ici bien approprié les caractéristiques et les humeurs de la Bête. Il renvoie bien à l'écran les forces et les faiblesses de ce héros si attachant. Il forme d'ailleurs un duo étonnant avec Belle qui ne manque pas de charme et d'intérêt. 

L'autre grand personnage masculin est le célèbre Gaston joué par Luke Evans. Un acteur britannique qui affiche déjà une belle filmographie. Il a notamment joué dans Tamara Drewe (2010), mais aussi dans deux volets du Hobbit (2013-2014) ou encore dans La Fille du train (2016). C'est une mission importante que d'interpréter ce héros pompeux et vaniteux. Tâche réussie brillamment car Luke Evans y est détestable à souhait. Il a beau avoir le physique du chevalier, il n'en reste pas moins un anti-héros. Il est le vrai méchant de ce conte. Cruel, lâche, vantard et menteur, il personnifie tout ce que l'être humain peut renfermer de pire. 
Au casting de ce film, ces trois têtes d’affiches voient de prestigieux seconds rôles leur donner la réplique : Emma Thompson en Madame Samovar, Ian McKellen en Big Ben et Ewan McGregor en Lumière. Le réalisateur et les producteurs se sont offerts le luxe d’en faire des guets-stars discrètes, dont l’identité n’apparaît qu’à la fin du film, et dont la renommée ne fait que renforcer le prestige.

Au final La Belle et la Bête reflète bien le dessin animé avec tout de même un petit bémol au niveau du playback des chansons qui est clairement visible dans certaines scènes et peut-être tout de même perçu comme de l'amateurisme. C'est un beau succès aux Etats-Unis avec des recettes d'un montant de 432 316 034 dollars. Quant à la France, il totalise pour le moment 2 838 105 entrées pour quatre semaines de projection. Qu'on soit une princesse en herbe ou une éternelle nostalgique du grand Walt Disney, c'est de toute évidence un divertissement à ne pas manquer. 
Fantasy à la carte

16/04/2017

Patrick Bert, Sérénade dragonique, Olgir le barde, tome 1, éditions du dragon noir

La fantasy est une littérature qui inspire beaucoup d'auteurs français. Parler de leurs romans, c'est l'occasion de leur donner de la visibilité et de découvrir des textes inédits qui n'ont pas forcément l'opportunité de se faire connaitre. En effet, tous n'ont pas la chance de bénéficier du prestige d'être édité par les grandes maisons d'édition du genre. Ce qui, pour moi, n'enlève en rien à la qualité de leurs récits.

C'est pourquoi Fantasy à la carte a décidé de vous présenter aujourd'hui le premier tome du cycle Olgir le barde de Patrick Bert. Nouveau venu dans le paysage littéraire de la fantasy française, Patrick Bert signe un premier roman fluide et entraînant. Il nous raconte le destin d'Olgir, un barde gauche à la langue bien pendue mais aux piètres qualités d'orateur. C'est ce héros presque improbable que l'on va suivre tout au long de cette saga. 

Aux premiers abords, ridicule avec son costume aux couleurs criardes, Olgir ne correspond pas du tout à l’archétype du héros habituel de fantasy. En effet, ce n'est pas un chevalier à l'armure étincelante, prêt à pourfendre les méchants. Patrick Bert rompt lui aussi avec la tradition, ce qui se fait de plus en plus en fantasy. Il nous brosse le portrait d'un héros différent qui semble être devenu barde par accident mais dont le passé est trouble. Personnalité complexe qui promet d'orienter le récit vers quelques beaux retournements de situations, tout en faisant une belle place à l'humour. Héros gaffeur oblige!

Ainsi Patrick Bert donne le ton à sa fantasy qui sera aussi aventureuse que drôle.

Cependant l'histoire en elle-même est sérieuse puisque le royaume de Caltaron est envahi peu à peu par des créatures dangereuses venant de lointaines contrées. Avec son ami, le chevalier Almaric, il va mener l'enquête pour comprendre les raisons de cette invasion. Une longue investigation qui va les conduire jusqu'au ténébreux sorcier Ildarium. La lutte du Bien et du Mal est donc bien engagée.

Olgir le barde correspond bien à un cycle de high fantasy dans lequel une communauté de personnages s'allient pour affronter un maléfique sorcier. Mais Patrick Bert joue beaucoup avec les mots et avec ses lecteurs. Son texte est bourré de références. Il détourne ingénieusement, par exemple, des chansons de la variété française pour les adapter aux ritournelles chantées par Olgir. Un procédé qui lui permet d'instaurer efficacement une certaine complicité avec son lecteur, qui prend plaisir à en chercher toutes les références. 

Ce premier roman est plaisant et je le recommanderai bien volontiers à un jeune public qui appréciera le rocambolesque de l'histoire. Ce cycle peut d'ailleurs être étudié dans le cadre du programme scolaire en littérature de jeunesse. Une occasion d'initier les enfants à l'écriture, à jouer avec les mots et à développer leur imagination afin de réécrire leur propre histoire. 

Un premier tome qui appelle tout simplement la suite à être lu.



Fantasy à la carte

Patrick Bert
Sérénade dragonique
Tome 1
Olgir le barde
Editions du dragon noir


09/04/2017

A l'école des sorciers de The Magicians: une porte sur Fillory

Pour continuer à surfer sur la vague de succès de ces séries où la magie crève l'écran, Syfy a diffusé, il y a un an, la première saison de The Magicians, créée par John McNamara et Sera Gamble.  Elle est adaptée de la trilogie Les Magiciens de Lev Grossman. Néanmoins, pour sa diffusion française il a fallu attendre octobre dernier. 

Avant tout, quelques mots sur l'auteur. Journaliste et romancier, il a écrit deux autres romans indépendants, Warp (1997) et Le manuscrit oublié (2007) avant de publier sa trilogie. 

The Magicians relate les destins entremêlés de plusieurs jeunes adultes qui gravitent autour du héros Quentin Coldwater. Étourdi, rêveur et solitaire le jeune homme a toujours été un garçon à part, incompris par ses pairs, excepté par sa meilleure amie Julia qui a été sa compagne de jeu toute son enfance. Souvent le nez dans un bouquin et en particulier dans Les Chroniques de Fillory qui l'ont toujours fasciné, il est à peine étonné lorsqu'il se retrouve à devoir passer un test d'entrée dans une université de magie. A sa grande surprise il le réussit, lui qui se pensait ordinaire, seulement capable de réaliser des tours de passe-passe. Une nouvelle vie s'offre à Quentin. Brakebills est l'opportunité pour lui d'apprendre à devenir un vrai magicien. On pourrait le croire arrivé au paradis, lui qui est fasciné par ce monde, seulement les choses vont vite se corser. Surtout avec l'arrivée d'un être démoniaque qui trouble le quotidien de l'université et menace la vie des résidents. 

Cette série nous plonge dans une fantasy urbaine dans laquelle les magiciens se fondent dans le décor du monde contemporain. L'existence de la magie n'est connue que des seuls élus. Les apprentis-sorciers sont formés dans une école comme dans le cycle Harry Potter. Ils y apprennent des formules et des enchaînements de gestes précis pour lancer des sorts. C'est là-bas que Quentin va nouer des relations amicales ou non. Dépressif et timide, intégrer cette université apparaît comme un challenge pour lui de dépasser tout ça et de se révéler enfin. Ce ne sera pas seulement une quête initiatique pour le héros, mais aussi une quête de survie qu'il devra mener avec ses alliés afin de mettre hors d'état de nuire celui qu'ils appellent "La Bête". Un être dont l'identité est secrète qui tue, enlève et torture des magiciens. Tout au long de la première saison, Quentin et ses camarades ne cessent d'essayer de comprendre qui est-elle? et de trouver un moyen de l'arrêter. 

Une première saison inégale qui alterne les moments forts et les longueurs du scénario. Les scènes mobilisant la magie sont trop rares pour rendre la série spectaculaire. Malgré tout, on est tenus par la curiosité de découvrir l'identité du grand méchant de l'histoire et les spéculations vont bon train.

Le rôle de Quentin Coldwater revient à Jason Ralph qui a déjà cumulé quelques apparitions dans des séries comme Aquarius, Manhattan ou Madam Secretary. Jason Ralph interprète bien le jeune étudiant timoré et gentil. Néanmoins, on a quand même du mal à l'imaginer triompher du Mal. Olivia Taylor Dudley qui a joué également dans Aquarius, mais aussi dans Paranormal Activity 5 et Les dossiers secrets du Vatican, est la plus proche amie de Quentin à Brakebills. C'est une magicienne très douée dont l'importance va en grandissant dans cette lutte manichéenne. Personnage complexe, Olivia Taylor Dudley explore peu à peu toutes les facettes de son personnage. La meilleure amie de Quentin, Julia est interprétée par Stella Maeve qui a obtenu quelques petits rôles notamment dans Chicago Police Departement ou New York Unité Spéciale. Ambitieuse à souhait, elle ne supporte pas d'avoir échoué aux tests d'entrée de Brakebills, et fera tout pour apprendre la magie, quitte à s'associer à des magiciens renégats pas très fréquentables. Stella Maeve y est tour à tour touchante et énervante. Le rôle du voyageur Penny revient à Arjun Gupta qui est notamment apparu dans Les Experts et Limitless. Il est l'opposé de Jason Ralph, alors que l'un est timide, l'autre est un frondeur au sang chaud. Sombre  parfois, il cache certaines blessures qui le rendent intéressant à suivre. En magiciens doués, ils forment un beau duo avec Olivia Taylor Dudley qui explosent au moment où ils préparent l'affrontement avec la "Bête". La touche légère et égrillarde de cette série est apportée par le couple d'amis formé par Hale Appleman (Eliott) et Summer Bishil (Margo). Caricatures de la jeunesse privilégiée américaine, ils nous dévoilent peu à peu leurs névroses bien humaines dans lesquelles on peut se retrouver ou retrouver ses proches. 
The Magicians que l'on pourrait prendre comme une série destinée aux ados au vu du thème : histoires de jeunes apprenant la magie. Mais les apparences sont parfois trompeuses, et elle reste destinée à un public averti.

Cette série sombre n'est pas avare en violence et en scènes chocs. L'auteur et les scénaristes jouent beaucoup sur l'alternance du merveilleux et du gore, donc attention aux scènes qui peuvent heurter. 

Finalement c'est une saison 1 en dents de scie avec de bons moments et des scènes parfois aberrantes. Cependant avec un tel final, on reste curieux de voir la suite qui, quoiqu'il arrive, s'annonce déjà très noire.
Fantasy à la carte 

26/03/2017

Pierre Pevel, L'Héritier, Haut-Royaume, tome 2

Pierre Pevel, L'Héritier, tome 2, Haut-Royaume, éditions Bragelonne

Le Chevalier avait laissé Lorn plus mort que vif, le commandement de sa Garde d'Onyx revint donc au prince Alan qui refusait de voir l'oeuvre de son ami disparaître. Louable intention si ce n'est qu'en choisissant les nouvelles recrues parmi la noblesse, Alan changea peu à peu le visage de la Garde pour lui donner des allures de chevalerie. On s'éloigne donc de la bande de mercenaires recrutés par Lorn, assassins sans aucun doute mais pas moins attachants pour autant. 

Le récit redémarre à un moment critique pour le Haut-Royaume qui s’apprête à vivre des heures difficiles avec d'un côté la mort du Haut-Roi se profilant à l'horizon et de l'autre, une déclaration de guerre entre l'insoumise Arcante et le Haut-Royaume lui-même. En refusant de courber l'échine devant la reine Ceylane, Yssandre d'Arcante propulse sa cité dans une guerre des nerfs. En effet, le siège mené par l'aîné du Haut-Roi, le prince Yrdel promet d'être long, usant et inutile. Alors que beaucoup pensent que Ceylane n'agit que par jalousie et vengeance contre la belle Yssandre, l'ancienne favorite du Haut-Roi, la reine, elle, vise beaucoup plus loin. Elle est bien plus retors, plus intrigante qu'on ne le pense. Tout ceci n'est qu'une vaste partie d'échecs dans laquelle les puissants déplacent leurs pions dans l'ombre afin de servir leurs intérêts.  

Et c'est dans ce panier de crabes que vit Lorn Askarian. Fidèle soldat, guerrier acharné, mercenaire rusé, Lorn arbore tour à tour ces visages en fonction de la situation. On ne peut-être Premier Chevalier sans se faire quelques ennemis au passage. La question va être de savoir qui est le dernier à avoir voulu le tuer ? 

L'heure n'est plus à la rédemption pour lui mais bien à la vengeance. Il a pris trop de coups, il a été trop souvent trahi, et le tribut de ces trahisons est bien trop lourd pour qu'il ne réclame pas réparation. Lorn est de ces héros qui ont du sang sur les mains, le sang des justes comme celui des bourreaux. Rongé par l'Obscure qui l'affaiblit autant qu'elle le protège, elle fait ressortir tout ce qu'il y a de hideux chez lui, tout en décuplant ses forces. C'est cela qui va lui donner le pouvoir de vaincre. 

Avec des personnages comme Lorn Askarian, on côtoie une heroic fantasy différente de la lutte manichéenne classique dans laquelle les gentils sont des anges et les méchants, des démons. A l'image du monde réel, les choses ne sont pas si simples. Chacun renferme sa part d'ombre. A travers son héros, Pierre Pevel joue beaucoup sur l'ambivalence. Il n'est pas lisse. Bien au contraire, il nous dissimule encore bien des secrets, bien des noirceurs. Malgré cela, on s'attache sans mal à Lorn Askarian. Pourquoi ? Peut-être parce qu'il ne manque pas de courage ? ou par son terrible vécu ? Les exactions qu'il a subies ? Qui sait. 

C'est le pari fou de Pierre Pevel qui, avec ce nouveau cycle de fantasy casse l'ambiance qu'il a imposé dans ses récits antérieurs pour s'embarquer dans une saga aussi troublante qu'addictive. 

Pierre Pevel fait partie de cette caste d'auteurs qui rompt avec les codes de la fantasy traditionnelle pour proposer ici une fantasy sombre et rythmée

Fantasy à la carte

A lire sur le blog mon avis sur le tome 1, Le Chevalier et le tome 3, Le Roi
Informations

L'Héritier 
Tome 2
Haut-Royaume
978-2-8112-1773-0
624 pages
Editions Bragelonne