L'influence du "gaming" à la littérature

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15/07/2022

Estelle Faye & Fabien Legeron, Hollywood Monsters, collection Echos, Gulf Stream Editeur

Estelle Faye & Fabien Legeron, Hollywood Monsters
collection Echos, 
Gulf Stream Editeur

Quand ils ne sont pas occupés à réaliser de courts métrages comme le multiprimé, Tout ce qui grouille sous la mer, récompensé par pas moins de douze prix, Estelle Faye et Fabien Legeron se retrouvent pour écrire des romans. D'ailleurs, quoi de mieux que d'avoir deux scénaristes aux commandes pour nous immerger dans l'ambiance d'un tournage des années 30. 

Ensemble, ils signent donc Hollywood Monsters qui est sorti depuis peu chez Gulf Stream Editeur

Mais avant de commencer à vous en parler plus en détails, je tiens à remercier Estelle Faye pour sa gentillesse et l'intérêt bienveillant qu'elle porte à Fantasy à la Carte

A Hollywood, le tournage du Nécromant défraie la chronique. Il semblerait qu'une malédiction se soit abattue dessus car plusieurs personnes travaillant à la réalisation du film ont été zombifiées. Pour l'accessoiriste Malachi et la toute jeune actrice Doris, il est urgent de démasquer le ou les coupables afin de faire cesser ces actes infâmes et si possible, sauver le film. Mais si pour cela, il leur faut aller jusqu'à faire arrêter l'être qu'ils admirent le plus, le feront-ils ? 

Dans Hollywood Monsters, Estelle Faye et Fabien Legeron nous plongent dans un thriller fantastique mâtiné de notes horrifiques. Ce livre est une enquête menée par les deux personnages principaux suite à la succession de zombifications de personnes, survenue sur le tournage d'un film. Ainsi, on retrouve les ressorts du polar à travers les interrogatoires de témoins, la recherche d'indices ou encore la filature menés par les deux héros. 

Quant au surnaturel, on le retrouve à travers la figure du monstre qui, au demeurant, est autant exploité en littérature qu'au cinéma. Rappelons que le film d'épouvante connait son essor dans les années 30 aux Etats-Unis. Or, c'est justement à ce cinéma hollywoodien que les auteurs rendent hommage dans ce livre. 

Ils font d'ailleurs revivre avec beaucoup de réalisme l'ambiance d'un tournage de l'époque à travers les balbutiements des effets spéciaux, l'organisation des prises de vues ou encore l'agencement des plateaux. Estelle Faye et Fabien Legeron ont un vrai souci du détail pour donner à leur histoire un cadre authentique. D'autant, qu'ils mettent également en lumière les difficultés économiques et sociales suite au krach boursier de 1929 et à la Grande Dépression qui a suivi. 

Créatures fantastiques et magie vaudou se mêlent à l'intrigue pour faire autant frissonner le lecteur que l'intéresser aux croyances mystiques évoquées ici. 

Hollywood Monsters est un récit sombre et l'écriture incisive des deux auteurs s'accorde bien à la tension qui monte crescendo entre ces lignes. Les chapitres sont courts et s'enchainent vite pour nous tenir en haleine jusqu'à l'apothéose finale. 

22/01/2021

Estelle Faye, Un Reflet de lune, éditions ActuSF

Estelle Faye, Un Reflet de lune, éditions ActuSF

Sept ans après la sortie d'Un Éclat de givre aux éditions Les Moutons électriques, Estelle Faye fait remonter sur scène son célèbre chanteur jazzy, Chet dans un nouveau roman intitulé Un Reflet de lune. C'est aux éditions ActuSF que celui-ci paraît, dans leur superbe collection, Perle d'Epices. On ne pouvait espérer plus bel écrin pour accueillir ce tout nouveau texte qui prend place dans le même univers que son premier succès. 

Pour avoir eu un vrai coup de cœur pour Un Éclat de givre, je ne vous cache pas que cette sortie m'enchante. D'ailleurs, je remercie Jérôme Vincent et les éditions ActuSF pour ce premier partenariat de l'année. 

Un an après la Grande Canicule, créée artificiellement par une bande de fanatiques, Chet se remet doucement du nouvel abandon de sa meilleure amie, Tess, partie à bord d'un train pour explorer les Terres vides. Il remonte depuis peu sur scène sous les traits de l’irrésistible Thaïs et enchaîne les concerts avec son pianiste et amant occasionnel, Damien. Tout pourrait être normal si ce n'est cette pluie diluvienne qui ne cesse de s'abattre sur Paris depuis quelque temps, mettant tout le monde à cran. Plus étrange encore, des clones de Chet ont été vus aux quatre coins de la ville comme si on voulait l'impliquer dans une affaire criminelle de grande envergure. Alors que Chet court après ses sosies, il se retrouve malgré lui dans une situation épineuse impliquant une nouvelle secte d’hurluberlus qui se sont mis en tête de purifier la ville. Alors, est-ce que Chet réussira encore à se sortir de ce marasme nauséabond qui menace autant la ville que sa vie ? 

Comme dans Un Éclat de givre, ce nouveau récit d'Estelle Faye est centré sur le duo que forment Chet et Paris. Leur vie et leur destin semblent intimement liés. Il est vrai que Chet est très attaché à sa ville et fait même preuve d'une certaine possessivité. Il aime parcourir ses lieux et en connait chaque recoin. A travers son regard, on découvre un Paris divisé en une multitude de quartiers différents qui dégagent autant d'ambiances variées. Chet aime se promener dans ses rues et se nourrir de ses diversités. 

Estelle Faye nous offre donc un univers dépaysant dans lequel la capitale revêt bien des visages. Ici, la Tour Eiffel baigne dans l'eau d'un lagon, bordé de maisons sur pilotis. Quant à Notre-Dame, elle est le quartier général d'une puissante communauté de gens du voyage. Ainsi, chaque zone de la ville est occupée par un clan différent qui a su s'adapter et développer de nouveaux modes de vie. Même si les humains d'avant l'apocalypse ont fortement pollué les lieux, à l'image de l'eau de la Seine devenue hautement toxique pour quiconque y plongerait un orteil, comme en fera l'expérience Chet au début de l'aventure, de nouveaux écosystèmes ont tout de même vu le jour. La végétation n'a jamais été aussi exubérante. Il faut dire qu'elle est le résultat de manipulations génétiques qui ont échappé à tout contrôle. Aussi, il faut se méfier de certains gazons cannibales ou des saules "étrangleurs". Néanmoins, cette nature tapageuse fait de Paris, un antre exotique et fascinant. A travers ses livres, Estelle Faye rend donc hommage à la ville lumière en la hissant au rang de personnage. Dans l'imaginaire de cette autrice, elle est un cœur qui bat à l'unisson de cette vie foisonnante qu'elle accueille en son sein. Mais avec Chet, on sent la relation particulière qui les lie. Âme sœur de cet être complexe, elle pourrait même être l'une de ses maîtresses car Chet est un séducteur. Tantôt homme, tantôt femme, nul ne lui résiste. Avec sa voix suave, cet artiste plaît et aime plaire, souvent plus que de raison, au point de créer de nombreux mécontentements parmi ses ex éconduit.e.s. Chet est un esprit libre qui assume pleinement toutes les facettes de sa personnalité. C'est un personnage charismatique qui porte l'aventure à lui seul. Ni fort, ni faible, il mène ses convictions jusqu'au bout et nous entraîne à perdre haleine dans ce labyrinthe que forme la capitale. A travers lui, c'est toute une musicalité qui se dégage, les moments où il chante, procurent des respirations dans notre lecture de ce livre et nous permet d'apprécier toute la poésie de ce texte. 

Un Reflet de lune est un récit fluide où l'action est menée tambour battant. Estelle Faye a ici emprunté au thriller pour colorer son post-apo où l'on retrouve un Chet au cœur d'une machination impliquant la sécurité de Paris. C'est donc dans une course contre la montre qu'il s'engage pour démasquer ceux qui en ont après lui et surtout comprendre le but d'avoir fait des clones de sa personne, tout en mettant à jour les agissements de cette organisation secrète qui semble vouloir racheter une pureté à la ville.

De fait, Estelle Faye laisse s'installer une atmosphère de suspicion et de défiance qui monte crescendo jusqu'à atteindre son point de rupture. On peut sans doute y voir là un effet miroir de ce que l'on vit actuellement. Elle nous rappelle qu'une situation sur laquelle on n'a pas prise peut vite dégénérer à en faire perdre la raison. 

Avec Un Reflet de lune, c'est un pari réussi pour Estelle Faye qui nous propose à nouveau un roman captivant. On plonge avec délectation dans ce Paris futuriste et merveilleux qui nous immerge dans une réalité parallèle très crédible.

Nouveau coup de cœur pour un univers époustouflant et une plume toute en délicatesse. 

Fantasy à la Carte

A lire aussi sur le blog mon avis sur Un Éclat de givre, ainsi que sur Les Seigneurs de Bohen et Les Révoltés de Bohen

Informations

Estelle Faye
Un Reflet de lune
321 pages
978-2-37686-332-8
Editions ActuSF

24/09/2021

Estelle Faye, Widjigo, éditions Albin Michel Imaginaire

Estelle Faye, Widjigo, éditions Albin Michel Imaginaire

Le 29 septembre prochain, Estelle Faye intègre le catalogue des éditions Albin Michel Imaginaire avec un nouveau roman qui s'intitule Widjigo.

Actrice, scénariste, réalisatrice, romancière, Estelle Faye cumule les casquettes. Sa plume talentueuse n'est pas passée inaperçue si l'on en croit les nombreuses distinctions déjà reçues pour récompenser certains de ses romans. Aussi, Porcelaine, légende du tigre et de la tisseuse reçoit le prix Elbakin en 2013, puis pour Thya (tome 1 de La Voie  des Oracles), ce sera les prix Elbakin et Imaginales en 2015 et enfin, Les Nuages de Magellan reçoit, quant à lui, les prix Bob Morane et Rosny aîné en 2019. 

Personnellement, j'ai un faible pour cette plume de l'Imaginaire francophone car depuis ma découverte des Seigneurs de Bohen, je n'ai pas cessé de lire ses autres livres, en continuant avec Les Révoltés de Bohen, Un Éclat de Givre ou encore Un Reflet de Lune

C'est donc avec un plaisir indéniable que je me suis plongée dans ce roman inédit.

Lu dans le cadre d'un partenariat avec les éditions Albin Michel Imaginaire, je remercie Gilles Dumay pour l'envoi de ce service de presse.  

1793, côtes de la Basse Bretagne,

Le jeune lieutenant de la République, Jean Verdier est chargé avec son régiment de ramener le noble Justinien de Salers, réfugié dans une forteresse, afin qu'il soit jugé par le tribunal révolutionnaire. Sur place, le vieux noble promet à Jean de le suivre sans faire de problèmes à la seule condition qu'il accepte d'écouter son histoire. Pour Jean, c'est le début d'une nuit étrange qui l'envoie sur la terre sauvage de Terre-Neuve, quarante ans plus tôt. 

Dans Widjigo, Estelle Faye confronte deux périodes historiques car on est tantôt en France sous la Terreur, tantôt à Terre-Neuve en 1753. Cela a le double intérêt narratif de dynamiser la lecture tout en nourrissant cette même ambiance diffuse d'angoisse.

L'intrigue principale prend donc cadre à Terre-Neuve, une île inhospitalière où plane l'ombre des croyances amérindiennes. Or, parmi leurs mythes demeurent, de manière prégnante, la légende du Wendigo, aussi nommé Widjigo chez les Algonquins. Il désigne un être surnaturel possédant une grande force spirituelle qui vit de préférence dans la forêt. Le Widjigo est également toujours associé à l'hiver, au froid et à la famine. On appréhende d'autant mieux son omniprésence entre ces lignes puisque Justinien de Salers se retrouve avec une poignée de compagnons, échoués sur l'île de Terre-Neuve après le naufrage de leur bateau. Très vite le froid, la faim et la peur vont se faire ressentir d'autant que la mort rôde et va frapper. Quand les survivants commencent à tomber, la suspicion s'installe. Pour Justinien de Salers, le criminel se cache peut-être parmi eux, à moins que ce soit l'oeuvre d'un autochtone ou d'un animal ? Toutes les hypothèses sont possibles et la folie gagne vite du terrain. 

Widjigo est un récit psychologique qui mêle du fantastique horrifique à quelques notes de thriller. Estelle Faye joue ici sur plusieurs tableaux et brouille bien volontiers les pistes. 

Elle s'appuie sur des personnages torturés qui cachent bien des secrets que l'on découvre petit à petit. Le héros lui-même, narrateur de cette histoire, ne nous dévoile son histoire que de manière diffuse. Il est si tourmenté que l'on en arrive parfois à s'interroger sur sa culpabilité. Quant aux autres personnages, ils ont tous une part d'étrangeté. Que ce soit le botaniste Clément Veneur qui avoue de suite à Justinien avoir été le seul survivant d'un massacre comme le jeune Gabriel faisant d'eux des êtres suspects aux yeux des autres. L’énigmatique métisse Marie, indienne de par sa mère, qui paraît toujours si froide et si détachée de tout et semble en savoir plus sur tout le monde. Le pasteur Ephraïm, aveuglé par sa foi et rongé par le remord, est inflexible avec sa fille Pénitence, quitte à la pousser à la névrose. 

La tragédie des histoires personnelles de chacun de ses personnages s'harmonise parfaitement avec l'ambiance lugubre que l'autrice a construit dans son livre.

Widjigo est un roman palpitant qui donne la chair de poule dès les premières lignes et dont il est impossible de se détacher avant d'arriver au terme de notre lecture. 

Les lieux décrits cadrent parfaitement bien avec les émotions que l'autrice cherche à susciter chez ses lecteurs : le trouble, le frisson, l'effroi et l'horreur.

Widjigo est un court roman incisif où l'affolement se dispute à la fascination. Tout y est pour ravir son public : le suspense, le meurtre, le secret et le mythe. La réalité et la légende se confondent, la frontière se trouble pour nous faire douter en permanence sur le contenu de ce que l'intrigue nous réserve.

Pari réussi pour Estelle Faye qui change complètement de registre en proposant avec Widjigo, un excellent roman d'épouvante.

Fantasy à la Carte

Sur la blogosphère, vous pouvez aussi lire l'avis de Just A Word.

Informations

Sur le blog, d'autres avis sont disponibles sur Les Seigneurs de Bohen, Les Révoltés de Bohen, Un Éclat de Givre et Un Reflet de Lune

Estelle Faye
Widjigo
978-2-226-45743-1
256 pages
Editions Albin Michel Imaginaire 

08/01/2021

Estelle Faye, Un Éclat de Givre, éditions Folio SF

Estelle Faye, Un Éclat de Givre, éditions Folio SF

Avant la sortie de son prochain roman, Un Reflet de Lune aux éditions ActuSF qui s'inscrit dans le même univers, j'avais envie de vous parler d'Un Éclat de Givre d'Estelle Faye. 

Dans ce roman, Estelle Faye nous plonge dans un Paris post-apocalyptique et nous attache aux pas d'un jeune chanteur de jazz, prénommé Chet. L'apocalypse survenue au XXIe siècle a laissé la place à un monde distordu dans lequel Paris semble être le seul endroit où un semblant de vie demeure. Au fil du temps, les survivants s'y sont entassés et vivotent sous une chaleur écrasante et perpétuelle. Enfant de ce nouveau siècle, Chet vit de ses représentations musicales et de petits services, pas toujours très légaux, qu'il rend ici ou là. Incapable de résister aux beaux yeux du bel apollon qui se présente à lui, le voilà qui accepte une mission bien payée mais suicidaire. Seulement il risque de comprendre trop tard où il a mis les pieds. 

Estelle Faye est une belle plume de l'Imaginaire français que je découvre au fur et à mesure de ses textes. J'avoue avoir été d'abord ensorcelée par son univers fantasy développé dans Les Seigneurs de Bohen (éditions Critic) et Les Révoltés de Bohen (éditions Critic). C'est donc tout naturellement que j'ai eu envie de lire ses autres romans.

Avec Un Éclat de Givre, elle explore un autre rivage d'Imaginaire et nous fait accoster dans un futur décadent mais qui n'est pourtant pas exempt de merveilleux. 

Suite à une exploitation excessive des sols, les hommes ont épuisé les ressources de la terre. La disette a pris le pas sur l'abondance et les populations ont été progressivement décimées. Ici, des restes de technologie côtoient la misère. Des enfants naissent même avec des dons de télépathie ou de télékinésie qu'ils perdent à l'âge adulte. 

Dans son roman, Estelle Faye tisse un monde bouleversé où les chimères d'hier sont devenues réalité. La vie ne semble se concentrer plus qu'à Paris et dans sa proche banlieue car les terres situées au-delà sont devenues hostiles et inhabitées. Cadre principal de l'action, Paris y est tantôt vibrante, tantôt inquiétante. Ce roman se lit comme un hommage à la ville lumière qui n'a rien perdu de sa superbe même si les hauts lieux de la capitale renaissent sous cette plume de manière bien différente. Ainsi, le centre commercial les Quatre-Temps nous apparaît comme figé pour l'éternité dans un passé perdu et la piscine Molitor est devenue un club privé à sirènes, nées de manipulations génétiques. Quant aux égouts, ils sont peuplés de dangereux rats hybrides, crées par des savants fous parce qu'à l'époque, ils ont trouvé cela amusant. Une torpeur s'est littéralement abattue sur la ville, la chaleur y est insoutenable. Le climat est toujours déréglé même si des apprentis scientifiques ont inventé au siècle dernier un régulateur. Celui-ci est d'ailleurs au cœur des enjeux de ce récit car tombé aux mains de fanatiques, il promet une canicule éternelle. C'est également un Paris où la nature a repris ses droits, la végétation s'y épanouie de manière désordonnée, formant un ensemble sauvage et luxuriant. 

Avec Un Éclat de Givre, elle signe un univers envoûtant que l'on s'imagine bien connaître mais qui, pourtant, ne cesse de nous étonner au fil des chapitres. 

Porté par un héros à la personnalité multiple, le roman n'en est que plus immersif. Chet est un homme qui se cherche. Il fascine, attache et surprend. En tant que chanteur, il doit se fondre dans toutes les chansons qu'il interprète. C'est pourquoi, au fur et à mesure du livre, on le voit enfiler de nombreux masques. A lui seul, il incarne de nombreux personnages. Âme solitaire, Chet est un héros tout en contradictions qui prend l'aventure à bras le corps et se découvre plein de ressources. 

A l'image de son héros, Un Éclat de Givre est un roman touchant qui véhicule son lot d'émotions et nous fait vibrer d'un bout à l'autre. 

Avec ce roman, je découvre une autre facette de cette autrice qui s'est réappropriée, ici, les codes d'un genre que je lis peu et qui pourtant, m'a totalement emportée. 

Fantasy à la Carte

Lisez également mes avis sur Les Seigneurs de Bohen et Les Révoltés de Bohen.

Estelle Faye
Un Éclat de Givre
Editions FolioSF

18/03/2019

Estelle Faye, Les Révoltés de Bohen, éditions Critic

2019 célèbre les 10 ans des éditions Critic. Fier de compter déjà 100 titres à son catalogue, cet éditeur nous a moult fois fait rêver, voyager et même oublier quelques instants notre quotidien pour vivre de grandes aventures littéraires. 

Que l'on suive un duo de héros mercenaires étonnants dans Des sorciers et des hommes de Thomas Geha, qu'on lise un récit engagé qui nous prend aux tripes avec Olangar de Clément Bouhélier ou que l'on se laisse bercer par les ritournelles du ménestrel Bertram, le héros de Camille Boulanger, Critic a toujours un récit qui vient contenter notre appétit de lecteur passionné. 

De belles sorties sont encore à prévoir cette année, parmi lesquelles on peut citer Estelle Faye qui revient avec un nouveau roman issu de son univers de Bohen. D'abord connue pour ses nouvelles, cette plume de fantasy française est tout autant à l'aise avec des récits plus longs. Pour preuve ce cycle composé pour le moment de deux tomes: Les Seigneurs de Bohen et Les Révoltés de Bohen

En 2018, Fantasy à la carte avait été subjugué par ce récit de la fin d'un empire appelant à un renouveau, conté à travers les destins d'une poignée de héros.

"Le retour des héros" 

Les Révoltés de Bohen prend la suite de cette incroyable saga. Quinze ans se sont écoulés depuis la fin de l'empire et pourtant tout est à refaire. Un tyran a laissé la place à un autre. Même si les cartes ont été redistribuées, Bohen et son peuple courent encore un grave danger. Les héros d'hier vont devoir reprendre du service côte à côte avec ceux d'aujourd'hui. Une nouvelle révolution est en marche avec à sa tête Andreï et Sigalit, la Voix de Bohen décidés à rallier un maximum de partisans pour renverser celui que l'on appelle l'Usurpateur. Ce dernier a profité du chaos ambiant pour s'emparer du pouvoir avec le soutien de la princesse Yule (fille aînée de empereur). Derrière ce nom se cache un esprit ancien Wurm que l'on nomme l'Autre et qui s'est approprié le corps de Sainte-Etoile afin de mener à bien son plan machiavélique de domination. 

Estelle Faye nous emporte avec la même fougue dans ce nouvel opus. Elle a nourri son intrigue de mystères et de non-dits qui nous captivent tout de suite. Tout en retrouvant des éléments similaires au premier tome, elle réussit le tour de force de nous surprendre et de nous tenir à nouveau en haleine jusque dans les dernières lignes de ce livre. L'écriture de ce second roman est déjà porteur d'un message fort. En effet, même avec les meilleures intentions du monde, le changement ne se fait pas comme ça. Car une révolution laisse la place au chaos qui profitera toujours au plus malin et pas forcément au plus grand nombre. 

"Une nouvelle révolution est en marche"

Derrière cette histoire des peuples qui se soulèvent pour retrouver leur liberté, se dessinent les destins de héros aux personnalités fortes. Ce sont ces hommes et ces femmes qui donnent de la puissance à ce récit, et rendent la lecture si passionnante. Personnellement, j'ai pris un grand plaisir à retrouver certaines figures de la révolution, de voir ce qu'ils sont devenus et quelle suite ils vont donner à leur vie. 

La fantasy d'Estelle Faye n'est pas avare en merveilleux. Elle ponctue son récit de magie qui se manifeste de bien des manières. Il y a notamment la présence de mages et de morguennes du côté des Havres, le retour des Vaisseaux noires qui me font penser au célèbre Black Pearl de Pirates des Caraïbes, l'existence des djinns du Royaume Vide ou les métamorphes en général comme Ioulia la perdrix ou encore la renaissance des dracs, ces créatures ailées asservies par les Wurms qui pourraient d'ailleurs bien servir cette révolte, à l'image des dragons de Daenerys Targaryen. 

Son écriture nous transporte dans une diversité d'ambiances aux notes parfois orientales, parfois médiévales. Ainsi, on retrouve tantôt le riad, tantôt nous voici au cœur de la toundra, quand ce ne sont pas des marais. Finalement, c'est un véritable voyage qu'elle nous offre ici dans lequel le dépaysement est garanti.

Miroir de ce qui se passe dans nos sociétés modernes, la fantasy de cette autrice est porteuse de plus d'un message. Car finalement cette thématique de la révolution est une manière de mettre fin à une société étriquée, enfermée dans des diktats étouffants dont les héros d'Estelle Faye cherchent à se libérer afin d'être eux-mêmes et de vivre comme bon leur semble sans subir le regard désapprobateur de l'autre. Elle nous propulse dans un monde finalement très proche du nôtre, où la nature humaine est incroyablement bien dessinée.

Ecrit sans fausse note, Les Révoltés de Bohen ne fait que confirmer l'étendue du talent de cette belle plume.

Fantasy à la carte

Estelle Faye
Les Révoltés de Bohen
Editions Critic


A lire aussi, Les Seigneurs de Bohen d'Estelle Faye, éditions Critic. 

18/03/2018

Estelle Faye, Les Seigneurs de Bohen

Les Seigneurs de Bohen n'est pas le premier coup d'essai d'Estelle Faye. Bien au contraire, elle est une autrice bien connue des familiers de la fantasy française. Déjà moult fois remarquée par des récits hauts en couleurs, elle revient ici avec un texte pressenti pour le nouveau prix Imaginales des bibliothécaires, ainsi que pour le prix Imaginales des lycéens. 

Alors que Jean-Louis Fetjaine et Jean-Laurent Del Socorro nous ont respectivement brossé des fresques historiques à travers leur roman, Estelle Faye, elle, demeure sur les sentiers balisés d'une fantasy plus traditionnelle. 

Ce roman nous conte les dernières heures de l'Empire de Bohen. A travers les souvenirs compilés de Ioulia La Perdrix, agent de renseignement de la famille impériale, on comprend comment l'Empire a été renversé. Enfin ce sont plutôt les histoires croisées des différents acteurs de cette chute qui nous sont contées ici. 

Parmi les figures phares de ce récit, il y a Maëve, une morguenne des Havres qui vient à la capitale pour chercher une solution auprès de l'impératrice afin d'éloigner définitivement la menace des vaisseaux noirs qui ne cessent de piller les côtes. Ensuite, vient le bretteur Sainte-Etoile qui en recherchant le neveu disparu d'un nobliau, va se retrouver à combattre dans les rangs des mercenaires menés par Sorenz Ab Abahain. Enfin, il y a le naïf clerc de notaire Wens qui se retrouve condamné aux mines pour trahison politique alors qu'il entretenait une liaison avec la fille de l'empereur. 

Trois héros, trois destins, un seul but.

Voici des personnages qui ne sont pas forcément voués à se rencontrer mais dont la vie est intrinsèquement liée à l'avenir de Bohen. 

Estelle Faye nous fait donc accoster sur les rivages de son univers chatoyant qui fait crépiter la magie dans un envoûtant maelstrom d'aventures. Elle y apparaît même, telle une morguenne, capable avec ses mots de nous tenir captifs de sa plume tout au long de la narration. 

Les Seigneurs de Bohen, c'est avant tout un récit vivant et coloré animé par la révolte des minorités opprimées qu'elles soient douées de magie ou non. Ici, elle traduit bien le malaise ambiant lorsque le monde est gouverné par des tyrans. De cet état ne peut naître qu'une révolution exécutée dans le sang et la douleur. Ce livre en est d'ailleurs un très beau témoignage.

Ce nouveau roman d'Estelle Faye vient s'ajouter au palmarès de ses œuvres. Si vous aviez besoin d'une preuve pour vous convaincre de la qualité de sa plume, ce bouquin en est clairement une. 

La notoriété des récompenses délivrées à l'occasion des Imaginales n'est plus à prouver. La sélection des œuvres en lice y est minutieuse et réfléchie. Pour preuve avec Les Seigneurs de Bohen et les autres. Pour ma part, je serais bien en peine de privilégier tel ou tel livre tant ils ont tous été un coup de cœur. 

Fantasy à la carte

Estelle Faye
Les Seigneurs de Bohen
Editions Critic

17/07/2022

Les 10 autrices incontournables en SFFF

Visuel réalisé par Anne-Laure de Chuuut Maman lit !

Après les Incontournables récents en SFFF, Nevertwhere propose un nouveau Tag #incontournablesSFFF consacré cette fois-ci aux autrices. Encore une fois, l'idée est excellente alors je la reprends à mon compte et m'en viens vous proposer les 10 autrices qui sont, selon moi, incontournables à lire. Toutes ont été de belles découvertes et m'ont offert de sacrés beaux coups de cœur livresques. C'est donc avec plaisir que je vous parle plus en détails ci-dessous. 

Kristen Britain

Kristen Britain s'est illustrée dès la sortie de son premier cycle, Cavalier Vert qui mêle tous les éléments essentiels au genre : magie, guerre, créatures maléfiques, artefacts, mystères, complots. Un récit si bien écrit que l'on ne s'ennuie pas le moindre instant. On peut le dire Kristen Britain est une magicienne des mots car le charme opère à peine le livre entamé. Un cycle de haut-vol qui nous plonge dans cette fantasy de la première heure. 

Jeanne-A Debats

Maintes fois récompensée par les prix les plus prestigieux, tels le Grand Prix de l'Imaginaire, le prix Julia Verlanger, le prix Rosny ou encore le prix Bob Morane, Jeanne-A Debats affiche visiblement un style remarquable. Sa série Testaments constituée de L'Héritière, d'Alouettes et d'Humain.e.s trop Humain.e.s est truffée de traits d'humour et de clins d’œil rendant la lecture parfois hilarante, voire même ahurissante. Somptueux bijou de l'Imaginaire français avec pour écrin une superbe écriture, ce cycle est assurément un incontournable du genre qu'il faut avoir lu. 

Catherine Dufour


Entends La Nuit, Danse Avec Les Lutins, L'Arithmétique terrible de la misère Au bal des absents ou encore Ada et la beauté des nombres, Catherine Dufour appartient à la nouvelle vague d'auteurs et d'autrices qui transcendent l'Imaginaire d'aujourd'hui. Chacun de ses romans, chacune de ses nouvelles se lit comme une pépite, un ovni du genre et une claque littéraire !

Estelle Faye


Estelle Faye est une très belle plume de l'Imaginaire français qui propose à chacune de ses sorties littéraires une nouvelle facette de son imagination sans limite. Qu'elle nous emporte dans une grande fresque de fantasy avec Les Seigneurs de Bohen et Les Révoltés de Bohen à l'ambiance troublante du thriller fantastique dans Widjigo en passant par le post-apocalyptique avec Un Éclat de Givre et Un Reflet de Lune qui nous brossent le portrait d'un futur décadent, Estelle Faye ose toutes les aventures littéraires et fait mouche à chaque fois. Je vous la recommande, lisez tous ses romans, vous ne serez pas déçu.   

Ellen Kushner


Fantasque, la plume d'Ellen Kushner séduit par l'originalité de sa fantasy, notamment dans son célèbre A la point de l'épée. Ne cherchez pas de la magie dans ce texte, vous n'en trouverez pas. La fantasy d'Ellen Kushner s'exprime ici à coup de duels et de trahisons. Son récit est puisant car porté par une ambiance mêlant panache des récits de cape et d'épée, nobles sentiments, détresse humaine et secrets enfouis. Quant à Thomas le Rimeur, ce livre nous immerge dans une histoire fascinante, auréolée de séduction et de fascination. Amour courtois et passion charnelle s'entrecroisent entre ces lignes pour nous livrer un récit passionnel et passionnant. Vous l'aurez compris avec Ellen Kushner, c'est la promesse de se plonger dans des romans rafraîchissants. 

Robin Hobb


Entre sa grande saga de L'Assassin Royal, Les Aventuriers de la Mer et Les Cités des Anciens publiées sous son pseudonyme de Robin Hobb et ses autres romans signés Megan Lindholm comme Le Dernier Magicien, Le Dieu dans L'Ombre, Gypsy ou encore Liavek, Robin Hobb est une signature de l'Imaginaire de référence. Quelque-soit le cycle lu, elle met toujours l'accent sur ses personnages. Alors que certains de ses pairs vont davantage mettre en exergue une magie spectaculaire ou encore des scènes de grandes batailles épiques, elle, va davantage se concentrer sur des questions plus intimistes. Elle va parler de ce qui la fascine le plus chez l'humain, sur ce qui détermine ses actions, sur ce qui le pousse à faire tel ou tel choix et ses conséquences. C'est sans doute la raison qui explique l'immense succès de ses sagas et en particulier celle de L'Assassin Royal

12/10/2016

Les Halliennales: une édition 2016 très "Walking Dead"

Les Halliennales sont à Hallennes-lez-Hautbourdin, ce que les Imaginales sont à Epinal, c'est à dire un beau festival qui met les littératures de l’Imaginaire à l’honneur.

Cette année, 80 auteurs ont répondu présents pour venir échanger et dédicacer leurs plus belles œuvres le temps d’un samedi du mois d'octobre. Parmi eux de nombreuses plumes bien connues du milieu comme Pierre Pevel, Estelle Faye, Fabien Clavel, Cindy Van Wilder ou Georgia Caldera pour ne citer qu’eux. Qui dit belle plume, dit file d'attente, il fallait donc s'armer de patience pour obtenir le ou les livres dédicacés et discuter tout son soûl avec ledit auteur.

Pour célébrer dignement l’événement, un concours littéraire était organisé pour la troisième année consécutive mettant en lice cinq romans: I.R.L. d'Agnes Marot, Les enfants de Peakwood de Rod Marty, Zombiguité d'Aurélie Medonça, Cité 19 de Stéphane Michaka et Le gardien de la source de Vanessa Terral. Cinq livres qui assuraient ici bien leur rôle d'ambassadeur des différentes littératures de l'Imaginaire. Et c'est le livre Les enfants de Peakwood de Rod Marty qui a remporté cette année le prix des Halliennales

Fidèle à la tradition, le festival organisait également un concours de nouvelles ouvert à trois catégories d'âges: 9/10 ans, 11/15 ans et 16 ans et plus. Et c'est Fabien Clavel, invité d'honneur qui a parrainé cet événement. Les meilleures se sont donc vues attribuées une belle distinction. 

Plus que des rencontres littéraires, les Halliennales offrent également un moment convivial autour d'échoppes artisanales éphémères où l'on pouvait trouver vêtements, fanzines, goodies, bijoux, accessoires... ect.

Pour cette édition, c'est le thème du zombie qui a été plébiscité et qui a été longuement débattu autour d'une table ronde, animée par Paul Clément en présence de Fabien Clavel, d'Aurélie Mendoça, de Denis Labbé et de Giuseppe Manunta. Une thématique, on le notera, qui est à la mode depuis quelques années aussi bien du point de vue littéraire que télévisuel.

Bien entendu pour les passionnés, le costume était de rigueur et de nombreux zombies et autres squelettes ont envahi les allées de l'espace de Pierre de Courbetin afin de se mettre en concurrence pour un incontournable concours de cosplay zombie. 

Une cinquième édition qui montre un succès crescendo avec environ 4000 visiteurs qui n'ont pas hésité à passer les portes du complexe pour se laisser ensorceler par l'imaginaire des auteurs invités.  

Fantasy à la carte 

01/06/2016

Les Imaginales: le festival international de tous les imaginaires

Chaque année des milliers de lecteurs de l’Imaginaire se réunissent lors de festivals annuels de littérature et d’art. C’est le moment pour les écrivains, les artistes, les éditeurs de venir parler de leurs œuvres. Ce sont de vrais instants d’échanges et de convivialités.

Le plus renommé de ces salons littéraires est le festival des Imaginales qui se déroule chaque année à Épinal le dernier weekend du mois de mai. C’est en 2002 que la ville accueille cet événement pour la première fois. Un choix de ville qui n'est pas dû au hasard puisque rappelons-le Épinal est la capitale de l'Image et au vu de l'importance du graphisme dans l'Imaginaire, le choix du lieu s'est naturellement imposé. D'autant qu'une nouvelle affiche est réalisée chaque année pour représenter au mieux l'événement. Et cette année, c'est à Hélène Larbaigt qu'est confiée cette tâche. Une belle affiche qui mêle tous les thèmes de l'imaginaire chers au festival. Ainsi sur quatre jours les conférences, les cafés-littéraires, les dîners insolites, les petits-déjeuners ou les déjeuners avec les auteurs, les expositions éphémères, les instants « dédicaces » se succèdent à tambour battant.

Nichés dans un parc arboré près duquel serpente la Moselle, les lieux inspirent à l’imagination et à la rêverie. Le temps de ce weekend, les conversations vont bon train entre lecteurs, auteurs, artistes et artisans.

Trois lieux différents sont installés pour accueillir les nombreux cafés littéraires et autres conférences du festival : l’Espace Cours, et les deux Magic Mirror. Des antres ésotériques propices à la révélation de secrets, au partage d’anecdotes sur les romans qui ont marqué l’actualité littéraire de ces dernières années. Ici on fait place à toutes les formes de l’Imaginaire : Science-fiction, Anticipation, Steampunk, Fantasy, Fantastique, Roman historique. Tout le monde y trouve ainsi son compte.  

C’est également l’occasion de remettre le prix prestigieux des Imaginales qui récompense les romans fantasy dans six catégories différentes : roman francophone, roman étranger traduit, illustration jeunesse, nouvelle et prix spécial. Ainsi Manon Fargetton pour L'Héritage des Rois Passeurs reçoit le prix Imaginales du roman francophone. Le prix Imaginales du roman étranger traduit revient à Marie Brennan pour le premier tome de son Histoire naturelle des dragons - Mémoire de Lady Trent. Quant au prix Imaginales du meilleur roman jeunesse, il est dévolu à La fille qui navigua autour de Féerie dans un bateau construit de ses propres mains. Le prix Imaginales de l'illustration est accordé à Melchior Ascaride pour l'identité graphique des Moutons électriques. Enfin le prix Imaginales de la nouvelle échoit à Estelle Faye pour Une robe couleur d'océan. Concernant le prix spécial du Jury, il incombe aux éditions Callidor pour leurs traductions inédites de classiques de l'imaginaire, collection L'âge d'or de la fantasy.
En outre, trois prix de lecteurs sont également décernés par une trentaine de classes niveau primaire, collège et lycée de toute la région. C’est l’occasion de donner la parole aux jeunes générations afin de mettre ces littératures de l’Imaginaire à l’honneur et la lecture en avant. D'illustres distinctions qui permettent aux auteurs d’assurer un excellent rayonnement à leur roman.

Pour la cuvée 2016, c’est Le Septième Guerrier Mage de Paul Béorn qui reçoit le prix Imaginales des lycéens, Phobos de Victor Dixen pour le prix Imaginales des collégiens, et Le Lutin du cabinet noir de Jean-François Chabas pour le prix Imaginales des écoliers.

La tradition des Imaginales est de désigner chaque année un thème spécifique qui sera au cœur des débats. Pour cette édition 2016, c'est l'Histoire de France, et celle des États-Unis, pays invité qui sont donc mis en avant. 

Mais tout l'intérêt de ce festival n'est pas seulement d'écouter les auteurs nous parler de leurs romans selon un certain angle. Les Imaginales, c'est aussi l'occasion de balades dans le parc du Cours pour partir à la rencontre des artistes et des artisans présents, de monter à bord d'une voiture des années 1900, ou encore de retourner sur les bancs de l'école d'antan. Également de la nouveauté pour cette édition 2016 avec l'inauguration de trois nouveaux lieux: un dôme consacré aux sciences et aux fictions afin d'en apprendre plus sur les sources de la science-fiction et autres genres; un pôle sur l'Histoire et une bulle destinée aux contes et aux légendes. Tout au long de ce long weekend, la ville vous invite à parcourir ses rues afin de visiter ses nombreux lieux d'expositions, et ce jusqu'à la fin du mois de juin. Ainsi à la galerie du Bailli, il est possible d'admirer les nombreux dessins d'Hélène Larbaigt issus de son célèbre Cabaret des fées désenchantées primé en 2015. La BMI nous propose quant à elle Légendes de Brucéro où s'égaillent fées, elfes, korrigans, trolls, dragons... tirés de son imaginaire farfelue. La librairie Quai des mots propose une exposition sur un ensemble de photographies d'Anthony Cools, et l'espace EDF expose quant à lui les œuvres de Philippe Jozelon sur le thème de "Hantises". Mais ceci n'est qu'un petit échantillon de ce qu'Épinal vous réserve ce weekend et au-delà si le cœur vous en dit. 
En brassant un public et des invités issus de tous les horizons, Les Imaginales constituent une vitrine internationale incontestable des littératures de l’Imaginaire du monde entier. Celles-ci reçoivent enfin la distinction qu’elles méritent et deviennent une littérature à part entière

Fantasy à la carte

26/04/2018

2018: Les Futuriales font leur Odyssée

Fort de son succès, le festival littéraire Les Futuriales revient pour sa neuvième édition à Aulnay-sous-Bois, le 5 mai prochain. Au fur et à mesure des années, il est devenu un rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de l'Imaginaire. Ils y voient là une occasion de discuter autour de ces incroyables littératures, de rencontrer des auteurs de talent, et de passer une journée ludique. 

Cette année c'est "le voyage spatial et les rencontres extra-terrestres" qui sont à l'honneur. Voici une thématique récurrente en science-fiction dont on ne se lasse pas de parler tant elle est inépuisable. Une programmation qui promet donc de nous mettre en orbite. 

D'ailleurs une première conférence viendra illustrer ce thème en portant sur "les projets de voyages habités vers Mars" animée par Jean-Marc Salotti (enseignant-chercheur, spécialiste de l'intelligence artificielle) à 14h30. Une autre sera destinée aux auteurs des littératures de l'Imaginaire qu'ils soient professionnels ou amateurs afin de donner des pistes sur "Comment écrire un premier roman? et quelle est la place dans l'édition pour les écrivains de l'Imaginaire?" à 16h. 

On y parlera aussi robotique à travers les différentes animations du Médi@bus qui proposera notamment des battles de robots Lego mindstorms, ainsi qu'une petite exposition sur les nouveautés des bibliothèques concernant ladite thématique. 

Mais que serait un salon littéraire sans l'inconditionnelle remise de prix. Les Futuriales n'échappent pas à la tradition et les récompenses décernées sont une valeur ajoutée pour les œuvres primées. Ici deux prix sont décernés. Il y a d'abord le prix Révélation du premier ou second roman francophone paru en 2017. Pas moins de dix romans sont en lice cette année. Ils ont été sélectionnés par Jean-Luc Riviera et la librairie folies d'encre. Il y a Les larmes de Yada de Lilie Bagage, Espérer le soleil de Nelly Chadour, Célestopol d'Emmanuel Chastellière, Senechal de Grégory Da Rosa, Sorcières associées d'Alex Evans, L'empire électrique de Victor Fleury, Les sœurs Carmines d'Ariel Holzi, Le Lys noir de François Larzem, Les papillons géomètres de Christine Luce et La mère des eaux de Rod Marty. Dix talents, dix univers qui offrent autant de perspectives de lectures différentes. Suspense jusqu'à samedi pour savoir lequel se verra gratifier de ce prestigieux prix. Il y a également un Prix des Lycéens qui est remis par les élèves d'Aulnay-sous-Bois. Quatre auteurs y sont en concurrence. Nadia Coste pour L'effet Ricochet, David Moitet pour New Earth Project, Pauline Pucciano pour Titania 3.0 et Olivier Gay pour Faux frère, vrai secret. Comme l'ensemble des littératures de l'Imaginaire, la young adult reçoit donc la même gratification. 
En plus de ces auteurs, d'autres seront également présents sur le salon comme Ruberto Sanquer, Estelle Faye ou Isabelle Bauthian pour ne citer qu'elles. Sans oublier les illustrateurs qui nous feront également l'honneur de faire l'étalage de leur art. Tous ont une belle actualité littéraire et artistique 2018 que vous pourrez découvrir si ce n'est pas déjà fait de 10h à 12h et de 14h à 18h sur leur stand de dédicaces.

Les Futuriales sonnent comme un avant-goût des Imaginales tant la qualité des auteurs invités et des activités proposées répondent bien à l'appel. Un salon qui a fait ses preuves depuis toutes ces années et qui mérite qu'on y fasse un crochet.


Fantasy à la carte

26/07/2017

Les Rencontres de l'Imaginaire de Brocéliande, une escapade en terre légendaire

Avant d'évoquer avec vous ces Rencontres de l'Imaginaire, je voudrais m'arrêter quelques instants sur le lieu en lui-même. A vrai dire, il n'y a pas de plus bel endroit pour installer un festival sur les littératures de l'Imaginaire que le château de Comper. C'est en ces murs que le Centre Arthurien a décidé de poser ses valises depuis 1990. 

C'est dans un paysage féerique que les visiteurs sont accueillis. On pénètre les lieux en passant sur un pont surplombant les anciennes douves, puis on franchit une petite porte fermée de grilles en fer forgé pour déboucher dans la cour du logis. Mais c'est de l'autre côté du château que l'on trouve la plus belle vue. Nos yeux se portent sur le fameux lac de Viviane qui s'étend à perte de vue et se confond au loin avec les arbres de la forêt de Brocéliande qui l'encadrent. C'est un paysage à couper le souffle qui s'étale sous nos yeux entre lac, forêt et lande. La Bretagne senorgueillit de ses merveilles. Un panorama qui donne vie à la légende et qui réveille quelque-chose au fond de notre cœur. Peut-être que par temps de brume, si votre esprit est suffisamment ouvert et que votre âme est pure, la fée du lac lèvera le voile invisible sur son palais de glace édifié par Merlin au milieu du lac. 

A Comper, l'émerveillement se poursuit lorsque l'on entre dans le château. Le début de la visite commence et se termine par la librairie spécialisée du Centre Arthurien. Pour les amoureux des livres et de la Matière de Bretagne, ce lieu est un véritable paradis qui offre plus de 600 références sur les légendes et l'Imaginaire en général. La librairie laissée derrière nous, on pénètre dans le cœur même de l'Histoire. On parcourt des espaces qui reconstituent les moments forts de la naissance d'Arthur à sa déchéance. C'est un véritable spectacle scénographique que nous propose le Centre Arthurien. Mises en scènes, effets de lumière, bande son sont là pour créer une ambiance au lieu permettant aux visiteurs de prendre la mesure du destin fabuleux de ces grands héros de la mythique Bretagne. 

Comper, c'est également un endroit qui donne la parole aux artistes en ménageant des espaces pour des expositions éphémères. C'est un lieu d'art et de création par excellence. A l'occasion de la quinzième édition des Rencontres de l'Imaginaire, c'est l'illustratrice Rebecca Dautremer qui est à l'honneur. Ainsi, quarante de ses œuvres parent cette année les murs du château afin de donner un aperçu de son travail. Les créations de trois autres illustrateurs sont également exposées comme celles de Séverine Pineaux à La Porte des Secrets (à Paimpont), ou encore celles de Lawrence Rasson et de Jim Colorex, à l'office du tourisme de Trehorenteuc. Découvrir ces lieux d'expositions apparaissaient comme un jeu de piste, un itinéraire artistique pour régaler nos yeux et notre âme devant tant de beauté, et de féerie. Ils mettent la nature et les êtres merveilleux au cœur de leurs œuvres, et le rendu nous laisse juste sans voix. Le trait délicat, l'éclat des couleurs, les jeux d'ombre et de lumière donnent de la puissance à ces compositions. Les créatures représentées nous apparaissent ainsi d'autant plus réelles. Elles donnent un souffle de vie à ces êtres chimériques et trouvent toute leur place au sein de ce lieu mythique. Des illustrations qui incitent tout simplement à la rêverie et au vagabondage de l'esprit. D'ailleurs, on perd vite la notion du temps lorsque l'on déambule d'un endroit à l'autre pour admirer ces réalisations.
D'autres auteurs et illustrateurs ont répondu à l'invitation. Ils étaient quarante. Ainsi, le temps d'un salon du livre, on pouvait discuter et se faire dédicacer leurs livres ou leurs illustrations dans la cour de Comper ou les écouter lors des tables rondes. Beaucoup d'habitués des lieux comme Nathalie Dau, Pierre Pevel, Estelle Faye, Hélène Larbaigt, Chantal Robillard, Brucero, Lawrence Rasson vous accueillaient sourire aux lèvres pour papoter autour de leurs œuvres. Les organisateurs du festival ont bien fait les choses en proposant quatre conférences qui portaient tantôt sur la féerie, les mythes celtiques, tantôt sur les contes ou l'uchronie. Des thèmes chers à la littérature fantasy puisqu'ils sont récurrents. Un bon moment pour explorer les univers des différents auteurs, illustrateurs présents et se donner ainsi de nouvelles pistes de lecture.
Bien entendu les Rencontres de l'Imaginaire n'est qu'un exemple de la saison culturelle du Centre Arthurien car les événements y sont nombreux et variés comme La Pentecôte du roi Arthur ou Les Médiévales de Brocéliande pour ne citer qu'eux. 

Les Rencontres de l'Imaginaire, c'est une semaine d'animations pour les petits et grands. Il y a par exemple des ateliers qui sont mis en place pour apprendre à devenir un vrai chevalier en maîtrisant les bases de l'escrime, ou à participer à un atelier de marionnettes. Il y a des balades contées, des récitals, des contes sous le grand chêne de Comper, des projections cinématographiques aussi. 

Un marché médiéval se tenait à Paimpont où les artisans créateurs de Brocéliand'co exposaient. 

La possibilité pour les écrivains et artistes en herbe de rencontrer des professionnels était également faisable. Une manière de renouveler le terreau en donnant la chance aux nouveaux talents de sortir de l'ombre. 

En somme le Centre Arthurien offre un festival très complet qui donne envie d'en découvrir toujours plus sur les légendes arthuriennes. On se laisse s'y facilement séduire par ce mythe éternel. 

C'est un lieu hors du temps que la forêt de Brocéliande. Elle dissimule des endroits secrets et incontournables comme Le Val sans Retour, la Fontaine de Barenton ou encore l'Arbre d'Or. Il est clair que l'on ressort de ce périple changé comme transformé par tous les êtres fantasmagoriques qui peuplent les lieux.  

Malgré un weekend largement arrosé, ma découverte du château de Comper a été ponctuée d'une belle éclaircie comme si la fée Viviane en personne m'invitait à visiter son antre en toute sérénité et au sec. 
Un festival unique qui fait tout simplement battre notre cœur à l'unisson des grands héros de la geste arthurienne. 

Fantasy à la carte