L'influence du "gaming" à la littérature

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17/06/2018

Alex Evans, Sorcières associées, Sorcières associées, tome 1

Fantasy à la carte ne pouvait pas se contenter de lire le tome 2 sans explorer le premier volet des aventures de nos associées sorcières. 

La force du récit d'Alex Evans repose sur son duo d'héroïnes. En suivant tantôt l'une tantôt l'autre, l'autrice fait de ces femmes les fils d'Ariane de ses intrigues. Chacune y mène ici sa propre enquête afin de satisfaire les demandes de leurs clients. Ce procédé assure une bonne dynamique du roman tout en encadrant le lecteur tout au long de son exploration. Ce sont deux personnages forts que leurs origines et leur caractère opposent tout en leur conférant une certaine complémentarité au sein de leur petite société de services. Alors que Padmé est issue d'une riche famille Parassis, Tanit, elle, a grandit dans les bas-fonds du Nadinh, avant de devenir l'une de leurs espionnes. Il en résulte des personnalités très différentes rendant la lecture de leurs aventures passionnante. La noble Padmé est plutôt du genre collé-monté et stricte tandis que Tanit est une frondeuse et une aventurière de premier ordre. Son franc parlé vient heurter le langage policé de Padmé promettant aux lecteurs des échanges savoureux. 

Sorcières associées démarre sur les chapeaux de roue avec un vampire qui vient solliciter l'aide de nos deux sorcières. Envoûté par un charme, ce dernier est coincé dans cette dimension et est contraint à tuer, il lui faut donc par l'intermédiaire des filles trouver qui est à l'origine de ce méfait pour s'en libérer et retourner chez lui. En outre, une série d'incidents survenus dans une usine d'automobiles employant des zombies empêche la chaîne de production de fonctionner correctement. Il semblerait que la magie soit à l'oeuvre. En tout cas, le directeur le croit bien volontiers. A Tanit et Padmé de démêler tout ça et de découvrir quel esprit malveillant se cache derrière ces mystères. 

Alex Evans signe ici un roman très réussi tant par la richesse de son univers que par ses intrigues fouillées qu'elle conduit d'ailleurs habilement de front. Non seulement elle redonne au genre steampunk un certain éclat mais en plus, elle apporte à la fantasy un renouveau bienvenu. En faisant fi des convenances littéraires habituelles qui classe volontiers la fantasy dans un merveilleux médiéval, Alex Evans, elle, a choisi de la mettre dans un monde moderne, contemporain à la Révolution industrielle et saupoudrée de touches steampunk. Son univers y en ressort donc encore plus riche et surprenant. 

Au final Sorcières associées mêle subtilement l'ambiance vapeur et cuivre à la magie faisant de ce cycle, une saga de fantasy incontournable à lire. 

Fantasy à la carte

10/06/2018

Alex Evans, L'échiquier de Jade, Sorcières associées, tome 2

Emballées par l'imaginaire steampunk et foisonnant d'Alex Evans, les éditions ActuSF lui ont réitéré leur confiance en éditant le second volet de Sorcières associées

Bien que partageant un univers et des héros communs avec le premier tome, L'échiquier de jade peut se lire de manière indépendante sans pour autant en affecter la compréhension. Chaque roman possède sa propre intrigue qui prend la forme d'une nouvelle enquête menée par nos deux héroïnes. 

L'action de L'échiquier de Jade se déroule toujours dans la cité de Jarta, véritable plaque tournante, propice à tous les types d'échanges. Inspiré des villes d'Asie du XIXe siècle, à l'image de Singapour, Jarta nous propulse dans l'effervescence d'une ville modernisée par les nouvelles technologies favorisant un brassage d'une population très cosmopolite. En posant un tel décor, Alex Evans donne ainsi une pointe d'exotisme à son récit. 

En pleine campagne électorale, la cité de Jarta est en ébullition avec la venue d'une ambassadrice de Yartège (empire autocratique voisin). Comme si cela n'était déjà pas assez suffisant pour mettre le consulat à cran, il faut qu'un démon vienne semer la zizanie dans le quartier des Sept Cadrans, qu'un échiquier en jade destiné en cadeau diplomatique à l'ambassadrice soit volé, sans parler des actions violentes menées par la ligue antimagie. C'en est trop pour le Consul qui fait appel au binôme de Sorcières associées pour régler tous ces incidents magiques. Cette multitude d'investigations, en apparence sans rapport, va mener Tanit et Padmé à enquêter dans les coulisses du gouvernement, nécessitant doigté et diplomatie. Or, au vu du caractère bien trempé de Tanit, il est difficile de promettre que cela se passera sans bavures. 

L'échiquier de jade signe une enquête musclée menée par un duo de charme et de choc. 

Sous leur faux-air de Sherlock Holmes et du docteur Watson au féminin, Tanit et Padmé s'apparentent à deux détectives résolvant des énigmes impliquant la magie. Détentrices de pouvoir, elles réhabilitent par leurs actions la magie aux yeux du monde. Disparue il y a plus de 400 ans, sa soudaine réapparition en effraie plus d'un. Elles démontrent ainsi que celle-ci peut être utilisée à des fins bénéfiques et devient nécessaire à la bonne marche du monde.

En se nourrissant du genre steampunk, la fantasy d'Alex Evans donne naissance à un univers dans lequel la magie côtoie la technologie. Fortement influencée par la Révolution industrielle, l'autrice glisse dans son récit les inventions qui ont marqué cette époque. Pour preuve, l'aéronef tel le dirigeable y est utilisé comme moyen de déplacement. En outre, un accent tout particulier est mis sur le progrès avec l'usage d'automates qui deviennent de parfaits assistants pour effectuer tous types de tâches. Un tel choix donne une ambiance toute particulière à ce roman et s'attire ainsi un public élargi. 

Alex Evans réussit le tour de force de faire revivre le passé tout en dotant son récit de notes avant-gardistes. Le tout formant un univers cohérent et dépaysant. N'étant pas moi-même spécialement fascinée par le courant steampunk, je reste bluffée devant la facilité avec laquelle cette autrice me fait adhérer à son histoire. 

Avec ce second tome, les éditions ActuSF ne font que nous confirmer qu'il serait dommage de passer à côté de ce talent. 

Fantasy à la carte

03/06/2018

Fabien Cerutti, Le Testament d'involution, Le Bâtard de Kosigan, tome 4

Le Testament d'involution est le quatrième tome qui vient magistralement clôturer l'incroyable saga de fantasy historique signée par Fabien Cerutti. Un dernier volet qui était très attendu par ses lecteurs. Tous trépignaient d'impatience de découvrir tous les secrets du Bâtard et de voir enfin s'éclaircir les mystères autour de ces sociétés secrètes qui menacent la vie de Kergaël, l'héritier de Kosigan. 

Avec une intrigue étroitement liée à celle du Marteau des sorcières, cela n'a rien d'étonnant. Souvenez-vous que le troisième opus avait laissé Pierre Cordwain de Kosigan aux prises entre les sorcières du Cénacle lunaire d'un côté et le cardinal du Saint Office de l'Inquisition de l'autre. Entre la peste et le choléra, difficile de déterminer quel est le pire des maux. Pris entre ces deux feux, le voilà bien obligé de jongler et de mener deux stratégies de front en espérant ne pas y laisser trop de plumes, si ce n'est la vie. 

Tombé dans les filets des sorcières du Mondkreises, il compte tirer parti de ce mauvais pas en leur proposant une juteuse association. En échange d'une rondelette contribution, il leur offre son aide et celle de ses hommes pour évincer Las Casas. Pari audacieux quand on sait qu'il a promis à peu près la même chose au maître de l'Inquisition. L'étau se resserre autour de notre mercenaire avec une prophétie aux finalités floues qui est sur le point de s'accomplir. En effet, le testament d'involution cache en vérité le texte d'une prédiction promettant à celui qui la réalisera la toute puissance. C'est pourquoi les sœurs Stein mettent tout en oeuvre pour l'accomplir afin d'obtenir le pouvoir nécessaire pour vaincre l'Inquisition, tandis que Las Casas, sous le prétexte d'empêcher ses dernières d'agir, cache en réalité le désir de s'approprier ces puissants pouvoirs pour lui-même. 

Tantôt menant le jeu, tantôt se laissant porter par les événements, Pierre Cordwain réussira-t-il au final de tout ça à vraiment tirer son épingle du jeu?

Clairement ce roman est une belle réussite avec un auteur qui parvient à mener le suspense jusqu'au bout. En répondant à toutes ses promesses, ce final se conclut même dans une apothéose de surprises. 

Pierre Cordwain de Kosigan est de ces héros que l'on n'oublie pas. Condensé de cynisme, d'humour et de manipulation, ce charismatique personnage tient la dragée haute autant à ses ennemis qu'aux lecteurs des Chroniques de Kosigan. Avec un tel profil, on comprend sans mal le plaisir pris en suivant ses tribulations. 

Protéiforme ce cycle est une véritable explosion des genres (fantasy, espionnage, historique). Fabien Cerutti a employé les grands moyens pour nous en mettre plein la vue. Derrière ses deux époques de narration se cache une intrigue commune. C'est l'éternelle lutte entre les détenteurs de pouvoir, ceux dont le sang noir coule dans leurs veines et les membres de la Croix d'Adombrement (une secte religieuse qui trouve ses origines à l'époque médiévale). Un combat perpétuel qui aboutit toujours dans un bain de sang. Derrière les actions de ces groupuscules, c'est l'humanisme face à l'obscurantisme qui est en action. 

Fabien Cerutti est l'auteur d'un cycle qui exhibe fièrement une esthétique et un style exclusif et stupéfiant. Il porte ses lecteurs au bout de sa plume pour leur faire vivre des aventures extraordinaires. De livre en livre, on est subjugué par les étonnantes révélations que son héros nous fait. Entre Moyen-Age et fin XIXe siècle, cet écrivain nous fait voyager dans un cours d'Histoire en dévoilant des secrets inimaginables du passé. Mais qui pourrait croire que l'Histoire a été à ce point mystifiée? Des initiés à l'imagination fertile peut-être? Des élus comme Phooka et Dup de Book en Stock assurément. Je ne peux que les remercier d'avoir mis Fantasy à la carte dans la confidence et vous incite, vous, les lecteurs de fantasy d'aller à la rencontre de cet auteur qui sera à l'honneur sur Book en Stock en ce mois de juin. 

Fantasy à la carte

27/05/2018

Abel D'Halluin, Les portes de l'impossible, tome 1, Avalon, Reliquaire deuxième

Uther Pendragon est mort, Taliesin n'est plus, vingt-huit ans ont passé depuis la fin du premier reliquaire qui nous contait la vie extraordinaire d'Ygerne, la duchesse de Cornouailles et du roi Uther Pendragon. 

C'est au jeune muet Kendall, confident de Taliesin à qui revient la délicate mission de coucher sur papier la suite des événements. Cette tâche lui a été dévolue par Taliesin lui-même, le jour où ce dernier ne pouvait plus écrire. Devenu l'apprenti de Merlin, il est le parfait observateur pour nous faire part de ce qui a suivi. 

Refusant l'amour d'Uther après le soudain décès du duc de Cornouailles, Ygerne décide de rentrer au couvent d'Ynys Wydryyn et confie son enfant Arthur aux bons soins de Taliesin. Ne pouvant l’élever seul, ce dernier fait appel à une nourrisse qui s'occupait déjà du fils de Ban de Benoïc et de Morgause. Mais la disparition du ménestrel et une nouvelle invasion saxonne contraint la nourrice à fuir avec les deux bébés. Retrouvés quelques années plus tard par Merlin et Kendall, les deux compères arrivèrent trop tard pour Riwalenn mais purent tout de même sauver les garçons des griffes d'un Saxon. D'un commun accord avec Viviane, il fut décidé qu'Arthur irait vivre avec Merlin et Kendall tandis que Lancelot resterait avec la fée du lac. C'est ainsi qu'Arthur grandit dans la forêt de Brocéliande en ignorant ses véritables origines jusqu'à ce que le chevalier Gauvain ramène deux des trésors des fées, le rocher de vérité des nains transpercé par Excalibur. Avec cette redécouverte, c'est la prophétie de l'accession d'un roi au cœur pur qui revient sur toutes les langues. Tous s'imaginent en être dignes et tous se précipitent en vain pour détacher l'épée du rocher. Peine perdue jusqu'au moment où Arthur s'y essaye et triomphe en brandissant la magique épée. Ainsi, la prophétie s'est accomplie annonçant avec elle une nouvelle ère de paix et de prospérité.

Ce second reliquaire est un tournant dans l'histoire de la Matière de Bretagne. Abel D'Halluin met en exergue les événements les plus mémorables des légendes arthuriennes: le couronnement d'Arthur Pendragon, la constitution de la Table ronde, le mariage d'Arthur et de Guenièvre... Mais l'auteur fait aussi une grande place aux personnalités qui ont illustré cette période. Il insiste notamment sur les liens qui unissent Arthur à Lancelot et les conséquences funestes et inévitables qui en découleront. A travers le regard lucide et perçant de Kendall, on entrevoit la visée de quelques-uns des chevaliers de la Table ronde, à l'image de Méléagant ou de Perceval par exemple. 

Ce roman prépare également le terrain à l'avènement de Morgane, personnage aussi emblématique que controversé. Tantôt perçue comme une fée, tantôt comme une démone, on n'a pas fini d'entendre parler de cette magicienne au sombre caractère. Dès ce présent récit, on discerne les premiers signes de la puissance et de la place qu'elle va sans doute prendre dans la seconde partie de ce deuxième reliquaire. Un prochain livre qui s'annonce déjà aussi puissant qu'explosif. 

Le deuxième tome d'Avalon est écrit avec la même fluidité que le premier opus. Abel D'Halluin s'est réapproprié le mythe en l'habitant d'un nouvel élan. Il instaure une vraie proximité avec ces héros mythiques et nous fait complices de leurs vies. 

Finalement, le point fort de cet écrivain est de nous passionner pour un récit dont on connaît déjà toutes les finalités.

En refermant Les portes de l'impossible, notre seul souhait est donc de mettre rapidement la main sur la suite de ce reliquaire.

Fantasy à la carte  

20/05/2018

Thomas Geha, Des sorciers et des hommes

Auteur à multi-casquettes, Thomas Geha est un explorateur des littératures de l'Imaginaire. Tantôt écrivain de science-fiction teintée de post-apo avec son cycle Alone, tantôt auteur de fantasy avec son diptyque Sabre de Sang, il maîtrise à la perfection les codes des genres pour nous emmener au cœur de son imagination. 

Avec Des sorciers et des hommes, il signe un nouveau roman d'une fantasy aussi noire qu'acerbe. Vous me direz quoi de plus normal en choisissant pour héros, un duo de mercenaires sans scrupules prêt à tout pour gagner de l'argent. Mais à force de privilégier leurs intérêts personnels sans penser aux conséquences, ils pourraient bien le regretter amèrement. 

Le sorcier Pic Caram et son garde du corps Hent Guer ont monté un petit business qui, jusque-là, leur a toujours réussi. Ils vendent leurs services à qui est en mesure de les payer pour effectuer toute tâche délicate, y compris le meurtre. Par épisodes, Thomas Geha nous plonge dans l'étrange quotidien de ses anti-héros. Chaque souvenir rapporté nous permet de comprendre qui ils sont et ce qu'ils cherchent mais aussi ce qu'ils risquent. En effet, à force de jouer des tours pendables aux autres, l'addition pourrait être salée surtout si leurs victimes se retrouvaient malencontreusement à nouveau sur leur chemin.  

En écrivant une fantasy à contre pied, Thomas Geha ravit un public en recherche de nouvelles sensations. Ici les personnages mènent une vie de truands. Ils sont plus volontiers voleurs et menteurs que bienveillants et bons samaritains. En optant pour un tel credo, l'auteur pimente son récit juste ce qu'il faut pour lui donner du punch et apporter ce petit quelque-chose qui fait la différence. Cette fantasy "mercenaire" qui prend aujourd'hui de plus en plus de place sur les étals des libraires attire un public non négligeable. Les protagonistes y sont désabusés et se servent de leur noir humour comme d'une arme. C'est un plaisir renouvelé que de retrouver cette ambiance atypique qui nous fait sourire même aux plus sombres moments de l'action. 

Des sorciers et des hommes est le fruit d'une plume exaltée qui manie l'ironie avec une belle dextérité. En misant sur une intrigue aux enjeux complexes, Thomas Geha a réussi son pari d'obtenir toute l'attention de ses lecteurs. Son univers soigné, paré de notes exotiques d'Orient, nous fait traverser à dos de qerins (sortes de dromadaires à l'allure de dragons) des royaumes extraordinaires où l'opulence côtoie la pauvreté. Un tel décor permet à ce roman d'aventure d'être la hauteur de ses promesses tout en ménageant un final surprenant.  

Plus que de lire un bon roman, les éditions Critic m'ont permis par l'intermédiaire de ce partenariat, de découvrir un auteur insolite à la bibliographie attractive. 

Fantasy à la carte

13/05/2018

Abel D'Halluin, Les reines de Brocéliande, Avalon, reliquaire premier

Abel D'Halluin, professeur et passionné de légendes celtiques fait revivre sous sa plume la mythique Avalon. 

Avec l'idée en tête d'en faire une préquelle à une comédie musicale, Avalon a en réalité donné naissance à un premier roman réussi. 

Nourri par sa culture et ses recherches, l'auteur démarre son cycle de quatre tomes en s'attachant aux pas d'un célèbre barde des légendes arthuriennes, Taliésin. Bien que le choix de ce héros fasse clairement référence au mythique personnage, Abel D'Halluin a pris la liberté d'en faire finalement un ménestrel du roi Uther côtoyant certaines des personnalités les plus marquantes du mythe arthurien. 

Au cœur de la forêt de Brocéliande, le jeune Taliésin assiste à sa première fête de Beltane où sa mère Keridwenn l'a traîné de force dans l'espoir de le remettre à Morgause. Seulement les fées Viviane et Morgause sont préoccupées par un événement bien plus grave. En effet, au vu de la poussée du christianisme, l'île d'Avalon a refermé ses portes menaçant d'éteindre définitivement la magie des êtres issus des anciens rites. Pour inverser la tendance chacun des peuples doit remettre son trésor aux fées. Mais la dernière représentante des magiciens, Kéridwenn a troqué le sien auprès de l'empereur Constant en échange de la vie sauve. Elle est donc chargée par les fées de le retrouver pour que la magie soit préservée. Mais échouant lourdement, elle disparaît en ayant failli à sa mission. Ainsi, Taliésin demeure l'ultime héritier de cet ordre ancestral. Bien loin de ces considérations, il grandit à l'abris, protégé par son ami, le nain Gwyon jusqu'à ce qu'il rencontre Ygerne, la duchesse de Cornouailles. En la suivant à Tintagel, il n'imaginait pas vivre une vie d'aventures et rencontrer les grandes figures de la Matière de Bretagne. 

A travers ses mémoires, Taliésin est le témoin idéal de l'émergence de la Bretagne. Initié par Uther Pendragon, les territoires finiront par être unifiés par son héritier Arthur. 

En s'inspirant des anciens textes, Abel D'Halluin retrace les destins entrecroisés de Taliesin, d'Ygerne, de Gorlois, d'Uther et de Merlin dans un style très romanesque. Il a pris le parti d'insister sur la magie dont usent allègrement Merlin et Taliésin. Par ce choix, il revendique l'héritage fantasy de son récit. Les combats sont ainsi magnifiés et prennent une autre dimension. A travers le regard de son héros, l'auteur met l'accent sur les relations qu'entretiennent les personnes entre elles afin de mieux comprendre comment on en est arrivé là. Il 'appesantit beaucoup sur la psychologie de chacun d'entre eux en mettant en exergue leurs forces et leurs faiblesses. Abel D'Halluin ne s'est donc pas contenté de survoler ce mythe, il y mène une vraie réflexion. 

Soucieux des détails, l'auteur a pris le temps de décrire chaque créature et chaque lieu pour donner corps à son univers et assurer une pleine immersion à ses lecteurs. L'enchantement est total
Conteur exceptionnel, on en viendrait presque à le confondre avec ce célèbre barde qui lui a, pour l'occasion, prêté sa voix pour nous raconter ce folklore qui nous est si familier. 

On ne se lasse pas du mythe d'Avalon surtout quand il est si merveilleusement bien conté par la plume inspirée d'un passionné qui fait ses premières armes avec une belle virtuosité.

Fantasy à la carte

06/05/2018

Ruberto Sanquer, L'Aura Noire, Terre Arcane, tome 1

Ruberto Sanquer est une nouvelle autrice qui s'est illustrée dès son premier roman, L'Aura Noire avec une nomination pour le prestigieux prix Elbakin.net en 2017 dans la catégorie meilleur roman de fantasy jeunesse. Une récompense qui n'aurait pas été volée tant la qualité de ce premier récit est grande. Les éditions Scrineo ont eu donc du flair en éditant ce présent récit. 

Bien que ses romans m'avaient tapé dans l’œil depuis un certain temps, Ruberto Sanquer m'a donné l'occasion de plonger dans son univers en m'offrant son second tome. Pour cela, je la remercie car le voyage n'est pas décevant. 

Il y avait longtemps que je n'avais pas ressenti autant de papillons d'excitation en lisant un roman jeunesse. Pas depuis la saga Harry Potter de Joanne K. Rowling en tout cas. Il faut dire que je suis sensible à cette thématique d'apprenti-sorcier ou sorcière formés dans une école de magie. C'est un thème qui fonctionne bien. 

Dans L'Aura Noire, Ruberto Sanquer démontre une imagination fourmillante. Elle y a construit un univers merveilleux et assez enchanteur. 

Elle nous y raconte le destin d'une jeune orpheline prénommée Louyse qui s'apprête à passer son épreuve d'aspirante lors du solstice d'été. Louyse comme toutes ses camarades n'a qu'un seul but, qu'un seul rêve, celui de devenir une sorcière-guérisseuse. 
Pour obtenir ce statut, elles doivent suivre des cours dans différentes matières et passer plusieurs Sabbats afin de gravir les échelons et devenir ainsi des sorcières à part entière. Leur but ultime est d'obtenir des Ringtree, des anneaux de pouvoir qui viennent auréoler leurs poignets et symboliser leur magie. 
Louyse est une jeune fille têtue et acharnée qui devrait réussir ses épreuves haut la main. Sauf que les choses tournent mal dans la forêt interdite et elle échoue à son épreuve en faisant recaler ses douze camarades de promotion par la même occasion. Soulevant la colère de ses amies, elle se retrouve mise au ban, dénigrée par toutes, qui la tiennent pour seule responsable de devoir repasser l'épreuve au prochain solstice et gâcher ainsi leurs grandes vacances dans de nouvelles révisions. 
Seulement ce que notre novice ignore encore est qu'elle est victime d'un maléfice la condamnant à voir mourir toutes les personnes autour d'elle. En effet, une aura noire lui colle aux basques qu'elle va devoir éliminer coûte que coûte si elle veut accomplir son incroyable destin. Car l'ombre menace d'éteindre la lumière d'Isafjur, le dernier bastion magique du royaume Sylve. En fait, ces sorcières représentent l'ultime rempart pour préserver la nature et la vie contre une nouvelle apocalypse, créée par un démon majeur, qui viendra anéantir à nouveau la terre Arcane. 
Les enjeux sont grands. Peut-être trop pour les frêles épaules d'une héroïne d'apparence si fragile? 

Ruberto Sanquer fait un retour aux sources pour nourrir sa fantasy. Elle met essentiellement en scène une communauté de sorcières pratiquant une magie en connexion avec la terre. Elles célèbrent les saisons par l'intermédiaire de Sabbats. En faisant de tels choix, l'autrice affirme ainsi ses inspirations celtiques et arthuriennes. Elle redonne à la femme sa supériorité. Ici, elle y est vecteur de connaissances et prodigue les soins nécessaires pour préserver la vie. Derrière cette histoire destinée au premier abord à un jeune public, se cache la plume acérée d'une écrivaine féministe qui redore le blason de sorcières qui furent trop longtemps persécutées dans le passé. Clairement, Ruberto Sanquer fait partie de la nouvelle garde d'autrices, dignes héritières de Marion Zimmer-Bradley. Ecrire ce roman est également l'occasion pour elle d'aborder des thèmes forts et très actuels comme la sauvegarde de la planète qui est de plus en plus malmenée. C'est sa manière de tirer le signal d'alarme. On ne peut vivre bien qu'en bonne intelligence avec son environnement. A bon entendeur...

C'est un premier roman qui envoie du lourd et s'assure ainsi de suite toute l'attention de ses lecteurs. Bien que classée en littérature jeunesse, ce récit est intergénérationnel, et trouvera sans mal une belle place dans le cœur de tous les amateurs du genre.   


Fantasy à la carte

29/04/2018

Marie-Catherine Daniel, Entre troll et ogre

Bad Wolf, le label fantasy des éditions ActuSf a frappé à nouveau. Bien qu'encore jeune dans le milieu éditorial, il publie des récits ambitieux et originaux qui savent faire parler d'eux. Le fort de cet éditeur est de nous dénicher des textes incroyables écrits par des auteurs français qui pour certains y font leurs premières armes. 

Un label qui fait une belle part à une fantasy française novatrice qui s'est totalement libérée de l'emprise anglo-saxonne. 

En éditant Entre troll et ogre de Marie-Catherine Daniel, on se doute que cette sortie ne va pas passer inaperçue. Comme la belle couverture de Ronan Toulhoat le suggère, ce roman est une grenade à dégoupiller délicatement sous peine de tout faire sauter. Après tout ne dit-on pas que les ogres sont chatouilleux et les trolls, bagarreurs. Bien entendu, c'est surtout valable quand ils sont jeunes et fringants et pas quand ils ont plus de 70 ans et sont perclus d'arthrite comme le troll Arsouille. Improbable ou pas, c'est à ses basques que nous attache Marie-Catherine Daniel.  

En recevant une lettre de son jumeau Arpète, perdu de vue depuis plus de cinquante ans, Arsouille n'en croit pas ses yeux et doute même qu'elle soit vraiment de lui. Mais tout vieux croulant qu'il est, ça le titille quand même d'aller vérifier par lui-même. Le seul bémol, il ne sait pas vraiment lire. L'érudition n'est pas le fort des trolls, c'est bien connu. Il est donc obligé de reprendre le chemin des bancs de l'école pour réussir à déchiffrer la carte qui l'amènera à son frère. Le plus drôle est que c'est en tant que professeur qu'il s'y enrôle. Voilà qui donne le coup d'envoi d'une aventure burlesque et hilarante. Bon an mal an, Arsouille ne va pas hésiter à traverser tout le pays dans des conditions parfois extrêmes afin de retrouver Arpète. Bien que déterminé, cela ne va pas l'empêcher de se demander tout le long si les révélations au bout du chemin valent vraiment le déplacement. Le fin mot de cette histoire promet d'être explosif et Arsouille sera-t-il vraiment en mesure d'en accepter toutes les conséquences? 

A mi-chemin entre fantasy et post-apocalyptique, Marie-Catherine Daniel nous délivre un texte remarquablement intelligent et profondément humaniste. 

Sur fond d'humour et de situations comiques, elle s'interroge sur la vraie définition de l'humanité. En effet, son roman est une satire de la vie qui met en exergue la bestialité dont font preuve les humains au point d'en oublier leur propre humanité. Pire encore, ils en perdent leur identité en se laissant dominer par leurs plus bas instincts. C'est un roman soigné aux mots choisis dans lequel on sent le plaisir qu'elle a pris à l'écrire. Elle n'a pas lésiné sur les scènes tordantes comme par exemple cette grand-mère troll qui n'a pas d'autre choix que de dealer pour arrondir ses fins de mois.   

Récit caustique qui au-delà de nous faire rire n'en oublie pas de nous faire réfléchir sur les fondements de notre société décadente. Elle nous rappelle l'importance des valeurs qui se meurent comme l'éducation, la famille et la solidarité. 

Entre troll et ogre est une perle qui va dynamiter le genre tellement ce récit est époustouflant. C'est un livre à mettre entre toutes les mains afin que tous, nous ayons une vraie prise de conscience de ce que nous sommes et de ce nous faisons. 

Voilà une pépite à se partager sans hésitation. 
Fantasy à la carte

26/04/2018

2018: Les Futuriales font leur Odyssée

Fort de son succès, le festival littéraire Les Futuriales revient pour sa neuvième édition à Aulnay-sous-Bois, le 5 mai prochain. Au fur et à mesure des années, il est devenu un rendez-vous incontournable pour tous les passionnés de l'Imaginaire. Ils y voient là une occasion de discuter autour de ces incroyables littératures, de rencontrer des auteurs de talent, et de passer une journée ludique. 

Cette année c'est "le voyage spatial et les rencontres extra-terrestres" qui sont à l'honneur. Voici une thématique récurrente en science-fiction dont on ne se lasse pas de parler tant elle est inépuisable. Une programmation qui promet donc de nous mettre en orbite. 

D'ailleurs une première conférence viendra illustrer ce thème en portant sur "les projets de voyages habités vers Mars" animée par Jean-Marc Salotti (enseignant-chercheur, spécialiste de l'intelligence artificielle) à 14h30. Une autre sera destinée aux auteurs des littératures de l'Imaginaire qu'ils soient professionnels ou amateurs afin de donner des pistes sur "Comment écrire un premier roman? et quelle est la place dans l'édition pour les écrivains de l'Imaginaire?" à 16h. 

On y parlera aussi robotique à travers les différentes animations du Médi@bus qui proposera notamment des battles de robots Lego mindstorms, ainsi qu'une petite exposition sur les nouveautés des bibliothèques concernant ladite thématique. 

Mais que serait un salon littéraire sans l'inconditionnelle remise de prix. Les Futuriales n'échappent pas à la tradition et les récompenses décernées sont une valeur ajoutée pour les œuvres primées. Ici deux prix sont décernés. Il y a d'abord le prix Révélation du premier ou second roman francophone paru en 2017. Pas moins de dix romans sont en lice cette année. Ils ont été sélectionnés par Jean-Luc Riviera et la librairie folies d'encre. Il y a Les larmes de Yada de Lilie Bagage, Espérer le soleil de Nelly Chadour, Célestopol d'Emmanuel Chastellière, Senechal de Grégory Da Rosa, Sorcières associées d'Alex Evans, L'empire électrique de Victor Fleury, Les sœurs Carmines d'Ariel Holzi, Le Lys noir de François Larzem, Les papillons géomètres de Christine Luce et La mère des eaux de Rod Marty. Dix talents, dix univers qui offrent autant de perspectives de lectures différentes. Suspense jusqu'à samedi pour savoir lequel se verra gratifier de ce prestigieux prix. Il y a également un Prix des Lycéens qui est remis par les élèves d'Aulnay-sous-Bois. Quatre auteurs y sont en concurrence. Nadia Coste pour L'effet Ricochet, David Moitet pour New Earth Project, Pauline Pucciano pour Titania 3.0 et Olivier Gay pour Faux frère, vrai secret. Comme l'ensemble des littératures de l'Imaginaire, la young adult reçoit donc la même gratification. 
En plus de ces auteurs, d'autres seront également présents sur le salon comme Ruberto Sanquer, Estelle Faye ou Isabelle Bauthian pour ne citer qu'elles. Sans oublier les illustrateurs qui nous feront également l'honneur de faire l'étalage de leur art. Tous ont une belle actualité littéraire et artistique 2018 que vous pourrez découvrir si ce n'est pas déjà fait de 10h à 12h et de 14h à 18h sur leur stand de dédicaces.

Les Futuriales sonnent comme un avant-goût des Imaginales tant la qualité des auteurs invités et des activités proposées répondent bien à l'appel. Un salon qui a fait ses preuves depuis toutes ces années et qui mérite qu'on y fasse un crochet.


Fantasy à la carte

22/04/2018

David Bry, Que passe l'hiver

Avec Que passe l'hiver, David Bry signe une fantasy aussi sombre que poétique. 

Bien loin du fracas des armes et de la violence des grandes batailles, l'auteur suit la vie du jeune Stig Feyren qui s'apprête à fêter son premier solstice d'hiver. Toute à sa joie de venir vivre cet incroyable événement, d'assister enfin aux grands banquets, d'écouter les conteurs transmettre les plus fabuleuses légendes au coin du feu, de participer aux grandes chasses, d'échanger avec les autres clans, et surtout de rendre hommage au dieu Urian, il n'imagine pas un seul instant que cela puisse dérailler quelque-part. Mille fois rêvés grâce aux souvenirs de son frère Ewald, il attend d'y participer à son tour avec grande impatience. Seulement les festivités vont très vite s'entacher d'une touche mortelle lorsqu'un premier chef de clan meurt subitement. Un décès qui va jeter un froid et assombrir les réjouissances. D'autant que d'autres drames vont se succéder, et notre jeune Stig va même vite se retrouver en ligne de mire. Pour quelle raison, lui, le cadet d'un chef de clan dont tout le monde se moque, dérange-t-il autant? A lui de le découvrir ainsi que la ou les instigateurs qui se cachent derrière cette terrible menace? 

L'univers imaginé par David Bry se nomme La Clairière. Il est peuplé de quatre clans: Feyren, Oren, Lugen et Dewe qui vivent en bonne intelligence sous l’œil bienveillant d'Urian. Ils se confortent à la volonté de leur dieu qui leur a accordé à chacun un don. Ainsi, les Feyren ont la capacité de se transformer en animal, les Oren lisent les fils du destin, les Dewe se fondent dans l'obscurité et deviennent donc invisibles et les Lugen peuvent appeler à eux les esprits se trouvant de l'autre côté du voile. 

Cette apparente paix est bien évidemment trompeuse car Que passe l'hiver est avant tout une tragédie. L'auteur ne conçoit pas d'écrire une indulgente petite histoire. Le mal rôde, blesse et tue des êtres chers. Personne n'est épargné et surtout pas Stig qui voit ses illusions volées en éclats les unes derrière les autres.

Infirme, né avec un pied-bot, il est le paradoxe du guerrier. Détesté par son père, orphelin de sa mère, Stig n'a que son frère comme seul soutien. Alors comment cet être d'apparence si fragile peut venir à bout d'une menace quelle qu'elle soit? Lui qui n'a pour seule arme que sa bonté et son ouverture d'esprit. Mais saura-t-il démêler les augures avant qu'il ne soit trop tard? Avoir fait ce choix de héros est un défi réussi pour l'auteur car Stig nous émeut au plus profond de notre cœur et c'est avec un bel entrain qu'on plonge dans son aventure. 


Tragédien, poète, conteur, David Bry arbore bien des casquettes pour nous narrer son histoire. On est subjugué par la verve de ce talentueux auteur qui nous emporte bien loin dans sa chimère. 

On traverse ce roman comme dans un rêve, littéralement ensorcelé par la beauté des lieux que l'on découvre à travers le regard candide et émerveillé de Stig. C'est un voyage au pays des merveilles que nous offre David Bry où la magie côtoie tout de même la cruauté, la perfidie et la trahison car telles sont les conditions pour écrire une grande fresque romanesque. Alors attention à ne pas se laisser duper. 

Tantôt mélancolique, tantôt captivant, ce roman nous fait perdre très vite pied. Il devient une telle obsession qu'il est même douloureux de le lâcher. 


Fantasy à la carte

15/04/2018

Sigride Lucas, Daya ou la destinée, La tribu de Sailor, tome 1

Fantasy à la carte vous faisait découvrir, il y a peu, la plume d'une passionnée de bit-lit, Sigride Lucas à travers son roman Amalia. 

Pourtant avant de succomber au charme des vampires, elle a entamé un cycle d'une fantasy urbaine d'un autre genre: La tribu de Sailor. Bien loin de l'univers vampirique, cette première saga met à l'honneur une communauté de magiciens vivant dans des mondes parallèles. 

Comme le titre du premier roman l'indique, on va suivre ici le destin de Daya, une working girl des temps modernes qui ignore tout de son héritage familiale. En aucune façon, elle ne s'attendait à découvrir l'existence de ce monde incroyable et encore moins à en devenir actrice. 

Trompée par son mari, Daya décide de partir faire une croisière sur un paquebot de luxe pour noyer ses désillusions et oublier son chagrin. Sur place, elle fait la connaissance d'un homme mystérieux qui l'attire immédiatement et de manière presque incompréhensible. Plus étonnant encore est qu'il semble tout savoir d'elle. Alors qu'elle aurait dû mettre une distance avec cet effrayant inconnu, elle choisit d'écouter ses propos. Il est là pour lever le voile sur ses véritables origines. Elle est la descendante de la reine Mayga et son monde est en danger, menacé par la mégalomanie de l'un de ses frères. En fait, la reine a besoin d'elle pour sauver sa dimension. Seulement aura-t-elle l'audace de croire à sa destinée? 

Sigride Lucas signe un premier roman à l'intrigue cohérente. Elle nous embarque sans mal dans son histoire. Cette guerre entre frère et sœur pour étendre son hégémonie est un élément récurrent en littérature fantasy.  

Elle dote ses personnages de grands pouvoirs magiques pour être raccord avec le genre et offrir ainsi quelques belles scènes de combats que les amateurs sauront apprécier. 

Pour les amatrices de romance, elle donne à son récit une belle dose de sentiments et de sensualité qui combleront sans mal certains appétits. 

Nourrie par ses lectures, cette autrice a su fusionner tous les éléments fondamentaux du genre pour donner naissance à un récit qui ne déparaîtra pas de ses homologues. Seulement elle utilise peut-être trop de raccourcis dans son roman avec un enchaînement d’événements qui est parfois très rapide. Prenons l'exemple de son héroïne Daya qui accepte sans doute bien trop rapidement sa destinée. Il en va de même avec l'affrontement final, la capitulation n'est-elle pas trop facile ici? Il est de notoriété que les livres de fantasy sont des pavés. Sans écrire une bible, il est bon de prendre son temps pour poser les décors, pour apporter par exemple une touche de contradiction à ses personnages. Je dirais que ce qu'on apprécie d'un récit de fantasy, c'est l'accent mis sur les difficultés que les héros rencontrent. Ceux de Sigride Lucas ont grandement besoin d'un peu plus de bâtons dans leurs roues pour donner davantage de suspense à l'intrigue.

Au final, c'est un récit qui se lit sans aucune difficultés mais qui mériterait une petite révision pour atteindre sa pleine puissance. 

Fantasy à la carte

13/04/2018

Venez vivre une aventure rétrofuturiste à Roubaix

Depuis quelques années, le Nord affiche sans honte son penchant pour les littératures de l’Imaginaire. En ce sens beaucoup d’animations sont organisées pour rendre hommage à ces merveilleux univers. 

Il y a bien entendu la ville d’Arras qui se distingue chaque année avec son très beau festival Atrebatia, mais d’autres villes cht’ies s’y mettent aussi, à l’image de Roubaix et de sa médiathèque qui bouillonnent d’idées pour les faire valoir.

Alors que l’année dernière, elle consacrait une journée à la fantasy, cette année, c’est une après-midi « steampunk » qui est proposée à la Grande-Plage. Pour les néophytes, c'est un courant qui renvoie à la révolution industrielle en jouant sur une vision fantasmée de la place de l'Homme au sein d'une société automatisée. 

Alors à vos agendas et réservez votre 21 avril pour tout connaître de cet incroyable genre littéraire grâce à l’intervention d’Arthur Morgan, le co-fondateur de la communauté French Steampunk qui mènera une conférence sur le sujet à partir de 15h. Les festivités se poursuivront par l’organisation de jeux autour de ce monde magique fait de cuivre et de vapeur en partenariat avec le très branché Dernier bar avant la fin du monde et la Fédération francophone de duels de thés. Pour conclure cette journée en beauté, la médiathèque et le Coffee Book convieront à un Aperiteam tous ceux qui souhaiteraient venir boire un dernier verre à la condition d’être costumé ou au moins porteur d’un accessoire steampunk car autant se mettre à l’aise.
Que l’on soit fan ou simplement curieux, il sera bon de traîner ses guêtres du côté de Roubaix pour ne rien manquer de cette journée festive.

Fantasy à la carte

08/04/2018

Tiffany Schneuwly, L'Archipel des Rêves, Dévore-moi!, tome 2

Alors que L'Imaginarium nous faisait côtoyer un monde moderne familier du nôtre, L'Archipel des Rêves, lui, nous propulse à pieds-joints dans l'univers imaginaire de l'autrice. 

C'est avec une certaine excitation que l'on explore enfin l'Imaginarium. Pour mémoire, le premier tome ne nous l'avait fait qu'effleurer, nous mettant au supplice en attendant d'en savoir plus. Il était temps que le second tome arrive pour étancher partiellement notre soif de curiosité. 

C'est en partant à la recherche de l'âme de sa petite sœur que Maddy se retrouve au cœur de l'Imaginarium. Elle croit à peine à son intrépidité, elle, la jeune fille si timide, a bravé ses peurs pour accompagner Caleb et son oncle Landry dans leur monde inconnu. Seulement à peine y ont-ils posé un pied que le grabuge a rappliqué. Pour dissimuler leur présence l'oncle Landry s'est fait prisonnier. Seuls et désœuvrés, c'est à La Ruche qu'ils vont trouver refuge. Là-bas, Maddy découvre le plus incroyable des cabarets tenu par les fées. Bien que réticente Zénirée la reine des fées accepte de les aider et fait jouer ses connaissances au palais pour les mettre en contact avec une personne susceptible de pouvoir libérer Landry. Seulement comme c'est la coutume dans un récit fantasy, les choses ne se passeront pas comme une lettre à la poste. La preuve avec Caleb qui contracte un virus suite à un mauvais sort que les mages du général Côme lui ont lancé. Bien qu'ignorante des lieux, Maddy se voit dans l'obligation de partir en quête du remède. Enchaînées par un sortilège, les fées ne peuvent l'accompagner. C'est donc seule avec une carte du pays en mains que la jeune fille part explorer l'Imaginarium. En chemin, elle se fera des compagnons de voyage qui lui seront nécessaires pour accomplir sa quête car elle ne peut réussir seule avec Caleb au vu des dangers encourus. 

L'Archipel des Rêves est un merveilleux voyage onirique dans lequel on explore, goûte et apprécie cet Imaginarium que le premier volet nous a tant parlé. Ça y est, l'intrigue est posée et Tiffany Schneuwly laisse son imagination se lâcher tous azimuts. Quel plaisir de parcourir avec Maddy ces lieux fantastiques, de rencontrer des créatures dont on ne faisait que fantasmer l'existence. C'est dans ce second tome que l'autrice répond enfin à toutes nos attentes en laissant la fantasy s'épanouir comme une fleur au soleil.

Pourtant bien que notre curiosité sur la réalité de cet univers soit satisfaite, de nouvelles zones d'ombre apparaissent. En effet, Tiffany Schneuwly ne se prive pas d'ajouter ici ou là quelques mystères afin de relancer notre attention et multiplier nos questionnements. 

Finalement même arrivé au terme de notre lecture, on n'en demeure pas moins toujours sur notre faim. 

Avec L'Archipel des Rêves, Tiffany Schneuwly permet à son cycle d'être à la hauteur d'une young adult de qualité. 

Fantasy à la carte

05/04/2018

Isabelle Bauthian, Anasterry, Les Rhéteurs, tome 1

Après une première édition en grand format qui a rencontré un franc succès, Anasterry est ressorti en version poche chez Hélios en février dernier. L'occasion pour les amateurs de fantasy qui ne l'auraient pas encore fait de découvrir la stupéfiante plume de cette autrice. 

Anasterry est le premier volet de sa saga des Rhéteurs. Chaque roman explore la monarchie fédérale Civilisation qui se compose de quatre baronnies indépendantes et d'une capitale. 

Isabelle Bauthian commence donc avec Anasterry, une baronnie où la science et les arts se sont taillés une grande place depuis la fin de la guerre contre les mi-hommes venant d'Outre-Civilisation. 

Dans ce premier tome, on suit les tribulations de Renaldo, le cadet du baron de Montès et de son ami Thélban Acremont, l'héritier de la puissante guilde des épiciers. Ils se rendent à Anasterry sous le prétexte officiel de renégocier un contrat d'échanges auprès de Cal d'Anasterry, mais dont le but réel est d'enquêter sur la magie régnant là-bas. Arrivés sur place, ils sont emportés par les événements et tout particulièrement par leur rivalité amicale pour séduire une femme en s'affrontant à travers le pari de découvrir la faille de cette baronnie. De ce défi idiot, des révélations vont découler mettant à mal les relations diplomatiques entre Anasterry et Montès. Pire encore, c'est même la vie des deux amis qui risque d'être mise en danger. Au milieu de ce panier de crabes, ils devront donc la jouer finement pour survivre. 

Un premier roman aguicheur qui séduit le lecteur de bien des façons.

L'intrigue est portée par l'amitié de deux hommes au caractère et à la position sociale diamétralement opposés. Bien que l'un soit de noble naissance et l'autre, un roturier, ils ont su faire de leurs différences une force qui les lie par une solide relation. Au-delà de la mise à jour de complots et de secrets politiques, ce sont les liens que ces deux protagonistes entretiennent qui constituent le fil conducteur de ce récit. L'exploration de cette amitié naissante au fur et à mesure des chapitres favorisent l'attachement du lecteur envers ces deux héros. L'intrigue prend ainsi de suite une dimension passionnante. 

La magie des lieux, cette baronnie d'Anasterry située en plein cœur des marais exerce également une irrésistible attraction sur nous. C'est un endroit propice au mystère où finalement le nœud de l'action va se jouer. 

La diplomatie est un thème qui tient à cœur l'autrice qui en a fait son cheval de bataille dans ce roman. Ici les héros marchent perpétuellement sur des œufs. Plus ils iront loin dans la mise à jour des secrets, plus des décisions devront être prises quant à ce qu'ils feront de ces révélations. Une aventure qui est là pour permettre à ces deux jeunes gens, en passe de devenir des hommes d'influence, d'aiguiser leurs qualités de bons orateurs et de fins stratèges. 

Un livre qui donne le ton à l'ensemble de cette saga mettant à l'honneur un univers qui se veut progressiste et avantgardiste. Bien que la réflexion et la pondération soient ici de mises, des faiblesses et des archaïsmes demeurent encore. 

Isabelle Bauthian fait partie de ces nouveaux auteurs de fantasy qui vont marquer profondément le genre. Son point fort est indéniablement sa capacité de renouveler son style à chaque roman et ainsi de surprendre ses lecteurs. Pour preuve de la qualité de cette nouvelle plume est que ce roman a même été nominé pour le prestigieux prix Imaginales des lycéens. Alors à quand la récompense? 

Fantasy à la carte

01/04/2018

Paul Beorn, Calame, Les Deux Visages, tome 1

Après avoir triomphé avec Le septième Guerrier-Mage, récompensé par le prix Imaginales des lycéens en 2016, Paul Beorn revient avec un nouveau roman, Calame qui fera partie d'un cycle (Les Deux Visages) de deux tomes. 

Pour rappel, Paul Beorn est un jeune auteur français qui fait les honneurs des éditions Bragelonne. Pour un éditeur qui affiche à son catalogue davantage de traductions que la publication de jeunes plumes françaises, c'est dire le sensationnel de ces parutions. Confirmé par le grand stratéguerre lui-même, Stéphane Marsan, Calame est un excellent récit de fantasy. Auteur incontournable de fantasy française, Paul Beorn est à l'honneur en ce mois d'avril sur Book en Stock. En partenariat avec eux, Fantasy à la carte va donc vous donner son avis sur ce dernier. 

Calame nous relate la naissance de la légende d'un héros. Celle de Darran Dahl, l'homme qui a mené pendant une année la rébellion contre le "Roi Lumière" pour libérer les femmes du joug de ce despote misogyne. 
Paul Beorn nous emmène ici en Westalie où le pouvoir est détenu d'un côté par le roi qui est Gottaran, c'est-à-dire touché par Dieu lui conférant une puissante magie et d'un autre côté, l'Eglise qui, elle, met tout en oeuvre pour limiter celui du roi. Missionné par le roi lui-même, le légendier Jean de D'Arterac doit écrire l'histoire de Darran Dalh en mettant en exergue les failles de cet homme afin que tous cessent de le voir comme un héros. En effet, même si le roi a écrasé la rébellion dans le sang et tué Darran, même si beaucoup de ses alliés sont emprisonnés ou morts, les partisans de ce révolté sont encore trop nombreux dans le royaume. C'est pourquoi, il a grandement besoin de redorer son blason en ternissant celui de son ennemi. Et quoi de plus efficace que de faire passer le message par le plus grand ménestrel du royaume reconnu pour son impartialité sans faille. 
C'est ainsi que commence cette extraordinaire épopée que D'Arterac va reconstituer petit à petit en interrogeant différents témoins parmi les survivants de cette révolte. Le plus important d'entre eux est celui de la jeune Maura qui fut la lieutenante de l'insoumis Darran Dahl. Elle y voit là, l'occasion de gagner du temps pour orchestrer son évasion et ainsi poursuivre la lutte. 

En abordant son récit en pointillé, en ne délivrant que des fragments de cette histoire, Paul Beorn a trouvé là, un moyen efficace de ménager le suspense. 

A la lecture de ce nouveau livre, on peut clairement dire que cet auteur excelle dans le genre. Bien que son histoire relève d'une fantasy traditionnelle, mettant en jeu l'indétrônable quête de liberté menée par un groupe de héros, sa manière d'amener l'intrigue est tout simplement bluffante. En focalisant notre attention autour d'un personnage que l'on ne rencontre pas réellement mais qui prend une si grande place, Paul Beorn acquiert tout notre intérêt. On prend quand même connaissance des détails de sa vie par les quelques personnes qui ont partagé son quotidien. Voilà qui ne manque pas d'originalité. Ainsi, chacun y va de ses petites anecdotes et de ses opinions que D'Arterac, et à travers lui, nous lecteurs, allons devoir décortiquer et analyser afin de se faire sa propre idée sur l'homme qu'il était. C'est un biais pour le moins singulier pour relater le destin d'un héros considéré comme indestructible, mais aussi un héros taciturne et secret que même la lecture de ces témoignages ne va pas lever complètement le voile sur les nombreuses zones d'ombre qui entourent sa légende. Même si notre attention est braquée sur ce fameux surhomme que fut Darran Dalh, au fur et à mesure des témoignages entendus, des personnalités sortent du lot et on voit se profiler d'autres héros à l'horizon. Il n'est donc pas le seul personnage intéressant à suivre, c'est la vie de tout un groupe que l'on apprend à connaitre et à apprécier ou au contraire à détester ici. Des micro-histoires se mêlent à la quête donnant l'occasion à l'auteur d'explorer la psychologie humaine. 

D'ailleurs, le fait de transmettre ces éléments essentiellement par la jeune Maura, cela donne une dimension émouvante au roman. Elle y est tellement attachante que cela renforce notre intérêt pour Darran et son incroyable destin. 

Pour ancrer son histoire dans un contexte de fantasy, l'auteur permet à la magie de se manifester à travers certains personnages qui la maîtrisent. C'est le cas de Darran Dahl et de Maura par exemple. Ils sont Mindaran et à ce titre, ils peuvent agir sur certains éléments, à l'image de la jeune fille qui est capable de se connecter à l'esprit des animaux pour leur faire faire ce qu'elle souhaite. Face à ce pouvoir s'oppose celui que les rois se transmettent. On les appelle les Gottarans et ils sont bien plus puissants, plus imprévisibles et plus dangereux que les autres. Deux magies qui se mêlent et s'opposent tout en promettant un fabuleux spectacle. 

On est transcendé par la fantasy de cet écrivain. Le récit est si puissant, les personnages sont si déroutants qu'il nous est difficile de nous détacher de cette intrigue implacable. C'est un roman qui va jusqu'à perturber notre sommeil tant on se refuse de le lâcher même lorsque l'heure du coucher a sonné. Plus qu'une simple lutte entre le Bien et le Mal symbolisé respectivement par le peuple et le roi, Paul Beorn donne une complexité à son intrigue dans laquelle tous les enjeux ne sont pas toujours visibles. Bien des ennemis sont tapis dans l'ombre et ce sera aux vrais héros de déterminer le chemin à suivre. En fin stratège, il nous réserve quelques beaux retournements qui nous promettent déjà de prochaines nuits blanches.

Fantasy à la carte

25/03/2018

Isabelle Bauthian, Grish-Mère, Les Rhéteurs, tome 2

Cette année les pépites de fantasy vont un brin surprendre de par leur style, leurs héros atypiques ou encore leur histoire déconcertante. 

Les éditions ActuSf s'illustrent avec un nouveau récit d'Isabelle Bauthian. On avait découvert l'univers de cette autrice au style impétueux avec son premier roman Anasterry. Ayant été fortement plébiscitée par son public, elle a repris la plume pour nous emmener cette fois-ci à Grish-Mère. Une baronnie gouvernée par les femmes et érigée contre la domination masculine. C'est là-bas où doit se rendre le jeune factotum Sylve afin de remettre la main sur une précieuse relique qui a été dérobée à son seigneur et maître par sa faute. En se laissant abuser par un ménestrel peu scrupuleux, Sylve se doit de laver son honneur. Lui qui a été formé à la très sélecte école des Factotums à Landor, se faire avoir comme un bleu est une chose inacceptable. En effet, quand on incarne le parfait serviteur aussi bien pour accomplir de banales tâches domestiques ou en tant que guerrier accompli, on ne peut tolérer de voir sa réputation et celle de ses pairs entachées d'opprobre. En tout cas le naïf Sylve, lui, ne le peut pas. C'est donc dans un périlleux voyage qu'il va s'embarquer où il devra mobiliser toutes ses compétences pour en sortir victorieux. Seulement est-ce que son érudition et ses capacités de combattant émérite suffiront à lui sauver la tête? 

Isabelle Bauthian est une autrice qui ne s’embarrasse pas de détails superflus, elle nous plonge bille en tête au cœur de son aventure. 

Elle joue beaucoup sur le décalage entre le côté policé de son héros dû à sa fonction et sur ses réflexions intérieures insolentes qui viennent commenter les scènes. L'ensemble donne une dynamique à son récit bourré d'humour. Un bon moyen pour elle d'établir une vraie connivence avec son lecteur. 

On avait découvert certains de ses héros dans Anasterry, Grish-Mère va nous dévoiler d'autres facettes de leurs étonnantes personnalités. Pour ce roman, elle change de style et donne à sa plume une bonne dose de dérision qui ne manque pas de nous donner le sourire. 

Grish-Mère est un livre qui secoue nos habitudes de lecteurs de fantasy. Porté par un héros fort et gauche à la fois, cet incroyable récit arrive à nous déstabiliser. On part d'une quête quelconque, ici celle de réparer une injustice pour arriver à une complète remise en question des plus grandes certitudes du héros. 

Les blasés verront leur intérêt renouvelé. Quant aux inconditionnels de fantasy, ils en sortiront encore plus émerveillés car c'est une autrice qui met un point d'honneur à dépoussiérer le genre en proposant un récit intimiste et différent. 

Chaque roman correspond à l'exploration des baronnies qui constituent Civilisation, l'univers imaginé par Isabelle Bauthian. Gardons à l'esprit ici que Grish-Mère est la seule baronnie gouvernée par des femmes. Un endroit qui sert de refuge aussi bien à ces dernières qu'aux autres minorités rejetées telles les mi-hommes ou les magiciens. Ce qui confère au lieu une atmosphère particulière où la sororité s'épanouit franchement. Il y a une vraie solidarité entre les femmes qui mènent la vie dure aux hommes qui y sont minoritaires. Ce roman permet aussi à l'autrice de mener une démarche introspective en mettant à nu les dysfonctionnements de la société en présence. Ici, à Grish-Mère, bien que ce soient les femmes qui soient au pouvoir, cela ne les exempte donc pas de faire preuve de la même cruauté que les hommes. Elles leur font d'ailleurs subir les mêmes discriminations. 

Le point fort d'Isabelle Bauthian est de laisser ses lecteurs libres de lire un seul ou au contraire tous les romans constituant sa saga des Rhéteurs. Indépendant ou couplé, à vous de choisir vers lesquels vous succomberez...

Fantasy à la carte